Bonsoir,
Voici le chapitre suivant , avec l'identité de la personne qui ouvre fameuse porte de chambre ! Bonne lecture ;p
CHAPITRE 14
Obnubilés, ses ambres ne quittèrent pas une seule seconde cette clenche. Elle la vit s'abaisser silencieusement, avant que la porte ne s'entrouvre pour laisser passer une silhouette qui resta devant l'entrée maintenant fermée. Levant légèrement la tête, ses yeux tombèrent dans un gouffre sans fond qui la fixait intensément. Droit comme une statue, l'homme croisait ses bras derrière son dos, laissant cet horrible silence inconfortable les entourer progressivement.
Sa simple présence ici était un prélude au principal acte qui allait suivre. Malgré la distance qui les séparait encore, Hermione ressentit une onctueuse chaleur galvaniser ses sens, rien qu'avec ce regard qu'il posait sur elle. Il la regardait réellement. Et à voir son visage désormais expressif, il y avait une certaine convoitise dans ses traits qui ne put qu'accentuer l'impatience de la Lionne. Un empressement qu'elle se décida de lui faire remarquer, quand elle ne le vit toujours pas engager le moindre pas vers elle.
- Est-ce que tu comptes rester planté encore longtemps devant l'entrée ? Le brusqua-t-elle d'une voix doucereusement moqueuse.
Pour toute réaction, elle obtint l'ombre d'un rictus qui releva le coin de ses lèvres fines.
- Sais-tu combien de temps il faut pour faire fondre quatre malheureux carrés de chocolat pâtissier dans un bain-marie ?
Hein ?! Chocolat pâtissier ? Bain-marie ? Elle ne lui demandait pas de faire un gâteau nom d'un Magyar enroué, mais simplement de la rejoindre dans ce lit. Ses paupières se plissèrent donc quelques secondes, durant lesquelles son cerveau tenta de comprendre le sens de ses propos. En la voyant sans doute réfléchir sur le sujet, Severus s'avança à grandes enjambées, ce qui dissipa toute réflexion. Son entière attention demeura sur ce corps masculin, ses yeux venant nourrir son appétence en le parcourant ainsi sans retenue. Mais lorsqu'il s'arrêta soudainement à deux pas du lit, la sorcière releva brusquement la tête pour chercher son regard.
Quoi, encore ?!
Fronçant les sourcils, elle l'observa en attendant qu'il s'explique. Il n'allait tout de même pas fuir en étant aussi près du but…Si ?
- Je n'avais pas prévu d'entretenir ce genre de…relation avec McFray en venant ici…, précisa-t-il d'un air qu'elle qualifierait d'ennuyé, …Je n'ai donc rien pris avec moi. Et on ne peut pas utiliser de sortilège de contraception…
Savoir qu'il n'avait nullement imaginé cette évolution avec la prétendue relation qu'il aurait dû initialement mener avec Elena, la rassura. Cela signifiait donc qu'il était en ce moment même dans cette chambre, devant elle, parce qu'il la désirait vraiment. Soulagée qu'il ne s'agisse que d'un sursaut de sa responsabilité dans ce qui suivrait, elle s'empressa de le rassurer.
- J'ai toujours utilisé un moyen moldu, parce que je trouve que notre concentration pour formuler le sortilège peut être altérée au vu de la situation qui le requière…
- Ce sortilège permet aussi d'éviter d'attraper des choses que je préfèrerai garder éloignées de mon anatomie, ajouta-t-il d'un ton professoral.
- Et bien je n'ai jamais eu de comportement à risque, annonça-t-elle rapidement en voulant dissiper la méfiance qu'il paraissait avoir. J'imagine que toi non plus ?
- Non, en effet.
Ses trois mots furent prononcés d'une voix si basse, caverneuse, qu'Hermione en sentit les échos venir raisonner en elle. Plus aucune barrière ne semblait se dresser entre eux, désormais libres de s'adonner à ces plaisirs tant attendus. Un constat qui émoustilla la Lionne, la faisant se tortiller sous le drap qui cachait encore son corps nu. Et à voir la lueur qui dansait dans la noirceur de son regard, il en vint à la même conclusion qu'elle. Hermione retint sa respiration quand Severus finit de supprimer la distance qui les éloignait encore. Restant allongée sur ce lit, sa tête demeura résolument tournée vers la sienne, ne pouvant s'extraire de ses deux perles magnétiques. Severus quant à lui la surplombait toujours de toute sa hauteur, les bras joints derrière son dos. À ce détail, ses noisettes parvinrent à se défaire de l'intensité de ses onyx pour descendre le long de son torse, avant d'essayer de guetter ce qu'il dissimulait visiblement avec ses deux mains cachées.
Mais elle ne vit rien ainsi placée, il était trop près d'elle. L'unique chose qui lui sauta aux yeux fut cette forme qui paraissait se tendre dans sa direction, au niveau du bassin du sorcier. Elle n'avait qu'à avancer le bras pour le toucher, mais pourtant elle hésita. Hermione avait envie d'attraper ses hanches pour pouvoir le défaire de ce bas de pyjama et découvrir enfin son corps nu dans son intégralité, une fois que le t-shirt serait également retiré. Seulement, elle ne fut pas certaine qu'il se laisserait faire aussi facilement. Mâchouillant sa lèvre inférieure tout en y pensant, elle finit par relever les yeux vers les siens, désireuse de trouver le moindre signe approbateur de sa part qui lui prouverait qu'elle pouvait enfin agir à sa guise sans qu'il ne se braque.
La jeune femme ne rencontra toutefois qu'un air narquois, qui lui laissa présager qu'il avait deviné ses dernières intentions. Le rictus moqueur qui se dessina ensuite sur son visage confirma cette hypothèse.
- J'ai autre chose en tête…, avoua-t-il d'une voix atrocement rocailleuse.
Et avant de lui laisser le temps d'en penser d'avantage, le Serpentard bougea enfin ses bras, lui révélant la raison de cette posture qu'il conservait depuis son entrée dans cette chambre. Curieuse, Hermione laissa donc retomber son regard sur ces mains qui apparurent devant lui. Il était en train de lui présenter un petit bol dans lequel un mélange onctueusement fondu dégageait des vapeurs qui la firent instantanément saliver. Du chocolat. Par Merlin, elle comprit maintenant mieux son intervention de tout à l'heure concernant le temps de préparation d'un bain-marie moldu. Voilà donc ce qu'il trafiquait tandis qu'elle l'attendait sagement ici. Amusée par cette surprise qui lui rappela la remarque qu'il lui avait faite concernant son penchant pour le chocolat fondu et les fraises, ses yeux cherchèrent à capter les siens.
- Il n'y avait plus de fraise ? Lança-t-elle malicieusement.
- Non. Et je ne vais pas non plus attendre de te prendre sur le comptoir de ma cuisine pour déguster la saveur de ta peau mélangée à du chocolat.
Diantre. Il faisait référence à la meilleure séance de galipettes qu'elle avait avouée avoir eue avec lui, quand Louis l'avait questionnée. Un mensonge construit de toutes pièces qu'il avait toutefois retenu.
- Tu t'es bien amusée en me provoquant tout au long de cette semaine, reprit-il avec une légère malice dans le blanc des yeux. Maintenant, c'est à moi d'en faire autant.
Hermione n'était pas certaine de la manière dont elle devait accueillir cette remarque. Était-il en train d'insinuer qu'il voulait se venger pour son comportement ? Ou juste profiter de cette situation qu'ils partageaient ? Et puis, comment comptait-il lui rendre la pareille ?! La jeune femme laissa ses sourcils se froncer sous la confusion qui s'empara d'elle à cet instant. Un état qui sembla amuser ce diable de Serpentard si elle en crut ses traits qui se détendirent. D'un geste prompt, il lui tendit ensuite le bol.
- Je veux que tu t'enduises de chocolat aux endroits où tu souhaiterais que je vienne le…récupérer…
Chaude, sensuelle, explicite.
Sa voix était à l'image de l'atmosphère qui régnait désormais dans cette chambre. Ajouté à cela toute la tension sexuelle que dégageaient inévitablement leurs deux corps parfaitement alertes. C'en était presque étouffant. Certes excitant, mais oppressant. Hermione n'avait qu'une hâte : celle de le sentir la toucher, l'embrasser en faisant courir sa langue experte sur sa peau impatiente. N'hésitant donc guère davantage, la Gryffondor se redressa sur le lit pour s'assoir. Le drap fin glissa le long de ses courbes nues, dévoilant ces dernières jusqu'à son nombril. Un spectacle dont le principal témoin ne manqua d'ailleurs pas une seule seconde. Elle pouvait même sentir ses obsidiennes lui embraser l'échine sous leur insistance, actuellement focalisées à hauteur de sa poitrine.
Oh elle savait exactement où elle allait se mettre du chocolat. La Lionne attrapa alors le bol d'une main, s'attirant à nouveau pleinement l'attention de l'homme.
- Interdiction de tâcher les draps, la prévint-il d'un ton qui était toutefois loin de celui de la réprimande.
- Autant les enlever dans ce cas…, répliqua-t-elle vivement en se dégageant du tissu qui finit enroulé au pied du lit.
Hermione se délecta du sifflement appréciateur qu'il ne put contenir à la découverte visuelle de son entière nudité qu'il revoyait pour la seconde fois. Elle aperçut également ses narines frémir sous ses grandes inspirations qui avaient probablement pour but d'atténuer son envie irrépressible de lui sauter dessus. Il n'était d'ailleurs guère difficile pour la Rouge & Or de distinguer cette concupiscence qu'il lui destinait. Alors très délicatement, elle vint tremper son index dans ce chocolat désormais tiède. Doux, brillant et merveilleusement parfumé, ce liquide s'entortilla autour de son doigt, avant qu'elle ne porte ce dernier à hauteur de son visage. S'il avait l'intention de venir le récupérer par la suite comme il le lui avait annoncé, Hermione voulait avant tout sentir sa bouche prendre une nouvelle fois possession de la sienne. Elle colora donc soigneusement le contour de ses lèvres, ne pouvant résister à l'envie de sortir la pointe de sa langue pour goûter à ce parfum enivrant qui embaumait déjà jusqu'à ses narines. Une liberté qui fit plisser des yeux son ancien professeur.
- Le chocolat est pour moi, lui rappela-t-il à voix basse.
- Je pourrais aussi t'en mettre si tu veux…, rétorqua-t-elle avec un sourire fripon.
Et pour renforcer ses insinuations, elle mit en bouche son doigt pour suçoter sa dernière phalange recouverte de chocolat, sans quitter ces deux charbons ardents qui se consumaient à petit feu sous son manège. Son sourire s'agrandit quand elle remarqua cette crispation qu'il eut au niveau de la jonction de ses mâchoires en saisissant parfaitement les sous-entendus délicieux qu'elle laissait planer au-dessus de ses paroles. Il n'avait pas besoin de plus amples détails pour deviner où elle apposerait le chocolat sur lui.
- Contente-toi de vider ce bol sur ton corps, nous n'avons pas toute la nuit.
Bouh, lui et ses directives. Ce Serpentard était définitivement trop conventionnel. Beaucoup trop, même. Une tendance qui était loin de s'inscrire dans le caractère de la jeune femme. Cette dernière se rallongea donc confortablement sur le matelas, rassemblant ses cheveux au-dessus de sa tête pour dégager son cou et sa gorge de ses nombreuses boucles brunes envahissantes. Rapidement, son index droit plongea à nouveau dans le contenu pour capturer une lourde couche de chocolat qu'elle déposa avec précaution sous son lobe d'oreille pour glisser le long de sa jugulaire, s'arrêtant au centre de ses deux clavicules. Se tartiner ainsi de cette mixture lui donna vaguement l'impression de n'être qu'une sorte de biscotte humaine, jusqu'à ce qu'elle recroise le regard brûlant de cet homme encore tout habillé. Il suivait chacun de ses gestes avec une certaine appréhension et une hâte maladive, sachant pertinemment qu'ensuite ce serait sa bouche aidée de sa langue, qui viendrait ôter cet exquis chocolat fondu.
Ce désir brut qui transparaissait dans ses iris la fit se sentir d'une extrême sensualité. Elle se voyait belle, sans pudeur ni gêne, à travers ces billes qui la scrutaient. Ce fut probablement cet état d'esprit qui renforça sa confiance en elle, la poussant à dépasser les règles que ne cessaient de fixer Severus. Audacieusement, Hermione déposa le bol à côté d'elle sur le lit, quand ses trois plus grands doigts furent enduits de ce mélange. De sa main libre, elle flâna sur la peau chaude et sensible de sa hanche, pendant que sa jumelle dessina trois sillons chocolatés qui descendirent promptement sur son buste, passant entre ses deux monts déjà érigés sous son excitation graduelle. Elle tourna ensuite sous son sein droit, traçant la courbe de celui-ci avec une adresse qui fit pétiller les deux onyx posés sur elle. Ses doigts finirent de peindre sa peau en remontant sur son mamelon, taquinant cette chair plus fine qu'elle recouvrit entièrement.
Sa seconde main vierge de tout chocolat caressa sagement son ventre, avant de remonter innocemment sur son sein. Ses doigts pianotèrent sur cette peau moelleuse, son pouce aguichant au passage sa pointe douloureusement durcie. Un léger gémissement mourut dans sa gorge en sentant ses connexions nerveuses s'enflammer à ce simple contact. Une réaction qui n'échappa nullement aux yeux courroucés du sorcier.
- Hermione…, la prévint-il d'un ton menaçant.
Un danger auquel elle ne voulait que se frotter par Merlin. Téméraire, la Lionne empoigna alors brusquement ses deux seins, malaxant sa poitrine pour se procurer par elle-même ce plaisir qu'il tardait à lui octroyer. Ses doigts raffermirent leurs prises, jusqu'à pincer ses tétons tendus. Cette fois-ci, son miaulement franchit ses lèvres en un son qui tordit les traits du Serpentard. Il grogna en réponse, fronçant les sourcils.
- Ton petit jeu ne fonctionnera pas, je ne te toucherai pas tant qu'il restera du chocolat dans ce bol, murmura-t-il catégoriquement.
Et pour la narguer davantage, l'homme plaça sa main droite sur son membre qui déformait royalement son bas de pyjama. Ses noisettes ne purent que rester fixées sur ces gestes verticaux qui effleurèrent ce pénis encore caché par le vêtement. Ce maudit Vert & Argent la provoquait, lui rendant l'exacte monnaie de sa pièce. Comprenant qu'elle ne parviendrait pas à avoir raison dans cet énième échange conflictuel, Hermione prit sur elle.
La Rouge & Or lui lança néanmoins une moue quelque peu contrariée, avant d'obtempérer. Ses doigts salis attrapèrent du chocolat dans le bol pour l'étaler sur son second sein, sous les yeux victorieux et le rictus goguenard de Severus. Non mais quel homme têtu et outrageusement borné celui-là ! Heureusement qu'elle avait déjà eu la preuve qu'il pouvait toutefois se lâcher pour devenir très…imaginatif et passionné, sinon elle en douterait sérieusement. Pressée qu'il s'abandonne enfin pour cette facette de sa personnalité qui l'intéressait fortement à cet instant, Hermione finit de recouvrir généreusement sa poitrine de chocolat. Si généreusement, qu'une fois le périmètre de son nombril tracé et les courbes de sa taille dessinées ; le petit bol fut vidé. Quatre carrés de chocolat étaient visiblement insuffisants pour qu'elle puisse finir de se tartiner. Un constat qui ne fut pas au goût du professeur de DCFM.
- Enfin par Salazar ! Clama-t-il plus impatient que jamais.
Et avant qu'elle ne puisse réagir, l'ex-espion attrapa rapidement le bol qu'il déposa sur la table de nuit. Il se débarrassa ensuite de son t-shirt qu'il balança plus loin sur le matelas. Ses ambres s'abreuvèrent donc de chaque centimètre de peau qu'il lui offrit, bien qu'elle l'ait déjà vu torse nu. Le contexte n'était actuellement plus le même que les précédents, loin de là. Quand Severus grimpa sur le lit pour se placer à califourchon à hauteur de ses genoux, toute pensée rationnelle cessa de l'encombrer. Son cœur pulsa plus vite, raisonnant dans un bruit assourdissant contre les parois de sa cage thoracique. Toujours vêtu de son pantalon, ses mollets encadraient ses jambes, l'empêchant de se trémousser. À vrai dire, elle ne pouvait plus réellement bouger comme elle le désirait. Avec cette interdiction de tâcher les draps, Hermione n'avait pas intérêt à trop gigoter, sans quoi le chocolat finirait réparti sur ce blanc immaculé qui habillait leur lit.
Cette histoire de s'enduire de la sorte était en fait un fin stratagème pour l'immobiliser complètement. Et la chose s'avèrerait être une horrible torture s'il allait s'appliquer à le…récupérer. Plissant les paupières, la Gryffondor observa cet homme bien trop narquois pour être innocent.
- Pourquoi est-ce que j'ai l'impression de m'être faite avoir ? Demanda-t-elle prudemment en n'appréciant pas ce rictus qui doubla de taille à sa question.
- Il ne fallait pas provoquer un Serpentard, et encore moins leur actuel Directeur.
Elle s'apprêtait à contester cette référence à sa maison, lorsqu'elle sentit une merveilleuse sensation de chaleur s'emparer de ses cuisses, ce qui la stoppa dans son élan. D'un coup d'œil, la jeune femme vit qu'il s'agissait de ses deux grandes mains qui rentraient enfin en contact avec sa peau. Et maintenant qu'elles étaient posées sur elle, ces deux-là ne demeurèrent pas inactives très longtemps. Elles s'aventurèrent ensemble vers ses hanches, se plaisant à laisser leur pouce taquiner la face interne de ses cuisses, remontant progressivement vers leur délicieux croisement. Un cheminement que son corps anticipa en la faisant se tortiller sous cette lente caresse qu'il lui prodiguait. Seulement, le Serpent ne l'entendit pas ainsi. Ce bougre contourna la source centrale de son désir pour bloquer ses deux mains sur son bassin, ce qui l'empêcha totalement de bouger.
- Je t'avais prévenue : il fallait mettre du chocolat là où tu voulais que je le récupère, railla-t-il.
- Oui, mais je ne pouvais pas faire grand-chose avec ces quatre malheureux morceaux, répliqua-t-elle vivement.
- Je n'avais pas la patience de faire fondre toute la tablette.
Un aveu qui s'imprima au plus profond de son être, la forçant à serrer les cuisses pour tempérer ce frémissement qui s'y concentrait. Comprenant parfaitement les tourments qui la hantaient, Severus attrapa sa petite main droite vers laquelle il se pencha jusqu'à pouvoir la porter à sa bouche. Et sans parvenir à quitter ses ambres endiablées, l'homme embrassa la paume chocolatée de la sorcière. Cette dernière se réjouit de sentir ces lèvres chaudes contre sa peau, avant de pousser un léger couinement quand sa langue douce la chatouilla en léchant ce chocolat qui la recouvrait. De sa pointe, elle parcourut chacun des plis de sa main souillée avec une exquise lenteur. Elle lapa ensuite plus franchement ses doigts dans toute leur longueur, avant qu'ils ne finissent absorbés par ce gouffre brûlant qu'était la bouche de ce diable d'homme. Il les suça successivement comme s'ils étaient d'onctueux esquimaux, s'appliquant méticuleusement à retirer toute trace de sa friandise fondue.
Un soin qui engendra des soupirs appréciateurs de la part d'Hermione. Impuissante, elle ne pouvait que se soumettre à ses coups de langue envahisseurs, se perdant dans ce sombre océan qui lui faisait face. Toutefois quand il relâcha sa paume pour abaisser davantage son visage vers son corps, la Gryffondor ne parvint pas à retenir un gémissement en le voyant s'approcher de son intimité. Ses cheveux noirs basculèrent sur la peau de son ventre, encadrant ce nez pointu qui glissa sur ses nombreuses petites boucles, jusqu'à s'arrêter sur cette chair rosée découverte. Elle l'entendit humer le parfum atypique de son excitation, la paralysant. Hermione attendait qu'il daigne la toucher à cet endroit douloureusement inexploité. D'autant plus que de voir ainsi sa tête suspendue au-dessus de son entrecuisse la rendit folle d'impatience. Elle tenta d'onduler son bassin pour provoquer un contact, mais les deux grandes mains de Severus se reposèrent sur elle pour la bloquer une nouvelle fois encore. Hermione n'eut droit qu'à un regard légèrement moqueur de sa part, en guise d'explications.
- Il n'y a pas de chocolat ici…, commença-t-il en prenant soin d'expirer son souffle fiévreux sur ses replis extrêmement réceptifs, …c'est dommage, j'aurais bien voulu te goûter…
- Comme si l'absence de chocolat t'en empêchait réellement ! Se plaignit-elle en comprenant qu'il lui refuserait cette attention.
- Toujours aussi Gryffondor, à vouloir ainsi briser la moindre petite règle instaurée, fit-il remarquer en haussant un sourcil en rencontrant son regard frustré.
- Cette règle est stupide, critiqua-t-elle promptement. Et je croyais que nous n'avions pas toute la nuit…
Outch. À le voir plisser les yeux et serrer les dents de la sorte, Hermione devina qu'elle venait d'ébranler le faible équilibre qu'ils partageaient depuis ce soir.
- Très bien.
Deux mots qui ne furent pas prononcés avec la véhémence à laquelle elle s'était attendue. Non, ils relevaient plutôt de l'espièglerie. Et ses lèvres élevées sur le coin droit de sa bouche paraissaient être amusées ; une réaction qui l'inquiéta venant de la part d'un Serpent aussi fourbe que lui.
Hermione comprit qu'elle avait eu raison de douter des agissements de Severus, à peine deux secondes plus tard. Ce dernier venait de bondir sur elle comme un démon possédé, supprimant toute douceur, modération et délicatesse. Ses lèvres trouvèrent rapidement son flanc droit, sur lequel elles attrapèrent avec gourmandise le chocolat qui la recouvrait. Il ne dégustait plus, il la mangeait toute entière et avec un empressement pleinement libéré. Elle eut à peine le temps de se faire aux sensations cuisantes que faisait naître sa langue sous son passage, que cette dernière partit de l'autre côté. Elle lui fit subir le même traitement fougueux, remontant le long de sa taille, mais s'arrêtant toutefois avant la courbe de son sein. Complètement abandonnée aux caresses langoureuses de Severus, Hermione s'accrocha docilement à ses cheveux de jais, ne pouvant toujours pas se tortiller sous le plaisir qu'il lui déclenchait puisqu'elle restait clouée sous ses mains puissantes.
La Lionne constata cependant que sa langue se déplaça sur son ventre, tournoyant sur son échine qui y répondit favorablement en se dressant dans une chair de poule généralisée. Ces muscles se tendirent sous la souplesse de cette aventureuse qui dégustait à la fois sa peau et le chocolat, laissant ses lèvres brûlantes et gourmandes la marquer au fer rouge derrière elles.
Une véritable torture. Il lui était impossible de bouger pour atténuer ce nœud empli de frustration coincé au creux de ses cuisses, tout comme il lui était interdit d'extérioriser ses sensations étourdissantes, la pièce n'étant pas protégée magiquement pour contenir leurs soupirs débordants d'allégresse. Le plus pénible pour la jeune femme fut tout de même de garder le silence. Elle s'en mordait la lèvre inférieure, pour éviter de réveiller toute la maisonnée sous les caresses exigeantes de Rogue. Ce tortionnaire fut d'ailleurs satisfait de l'état dans lequel il se chargeait de la plonger, quand il releva la tête pour l'observer et qu'il ne trouva que deux noisettes assombries par de furieuses envies qui y flottaient sans vergogne.
- C'est encore plus savoureux que ce à quoi je m'attendais…, lui souffla-t-il en se pourléchant les lèvres.
Cette vision était effroyablement érotique.
Elle eut à peine le temps de formuler cette pensée dans son esprit embrumé, qu'elle en fut interrompue par Severus qui se déplaça, requérant sa pleine attention. Il posa ses deux mains de part et d'autre de son corps pour s'appuyer sur le matelas, puis il écarta de force ses jambes nues à l'aide de son genoux, venant s'allonger au milieu de celles-ci. L'homme retomba ensuite sur elle, son torse couvrant désormais sa féminité ainsi que son ventre, alors que sa tête planait dangereusement au-dessus de sa poitrine offerte. Le regard scrutateur avec lequel il balayait ses deux seins chocolatés lui rappela celui d'un prédateur qui examinait sa proie pour prendre tous les paramètres en compte, avant de fondre sans scrupule sur elle. À la différence près que dans ces deux billes sombres, il y avait en plus un éclat scintillant de luxure qui fit écho à l'entrejambe délaissée de la jeune femme. Une entrejambe qu'elle tenta de stimuler en rabattant ses jambes dans le dos du Serpentard, entourant désormais sa taille. Elle ondula ses hanches contre cette dernière, pour renforcer le contact avec cette peau bouillante qu'elle devinait collée contre ses replis fiévreux.
Sa recherche de stimuli fit gronder Severus, qui se décida à poursuivre au plus vite ses soins pour parvenir à ses fins. Sa délicieuse torture reprit donc de plus belle, sa bouche dévorant déjà avec envie les contours appétissants de sa poitrine. Hermione serra les dents pour s'empêcher de gémir sous ses lèvres expertes, cambrant toutefois son dos pour accentuer le traitement intraitable qu'il lui prodiguait. Ses doigts restèrent entremêlés entre les mèches de cheveux noires, désireux de l'inciter indirectement à remonter sur ses aréoles, pour qu'il taquine sa chair durcie et tendue qui pointait en l'air. Un message qu'elle n'eut nul besoin de préciser davantage. Une langue douce, chaude et déterminée apparut bien vite sur la peau raffinée de ses seins, léchant avec précision la moindre petite tâche de chocolat qui la recouvrait à cet endroit. Son assiduité en devenait presque insoutenable. Il s'évertua à parcourir successivement toute la circonférence de ses deux globes, dans un mouvement de spirale entêtant dont elle n'attendait que le dénouement : cet instant où sa bouche rencontrerait enfin ses mamelons impatients.
Et quand il y parvint, la Lionne se tendit comme un arc contre ses lèvres, lui offrant au maximum son buste devenu si sensible sous ses caresses exaltantes. Ses gémissements se firent plus nombreux, bien qu'aucun son ne sortit réellement de sa bouche qu'elle s'obstina à garder scellée pour ne pas crier sous l'ardeur qui transparaissait dans ses gestes. Il la rendait tout simplement folle. Cette langue lui échauffait les sens, tandis qu'elle tourbillonnait autour de l'un de ses tétons, dans une danse infernale. Elle fut ensuite rejointe par une grande paume adroite qui s'occupa simultanément de son jumeau, lorsque plus aucune trace de chocolat ne peignait sa charmante peau de pêche. Hermione ne put alors plus se retenir de gigoter, débordée par cette avalanche de sensations qu'il concentrait sur son buste. Ses yeux se fermèrent d'eux-mêmes, la laissant savourer au mieux ce qu'il lui faisait subir.
Sa main la malaxait savamment, pendant que sa bouche embrassait, suçotait et agaçait inlassablement ses mamelons. Mais lorsqu'il se permit se mordiller et pincer sauvagement ses deux pointes engorgées, la jeune femme perdit le contrôle. Un léger cri étouffé perça le silence voluptueux de la chambre, suivi de près par des râles plus caverneux qu'il échappa à son tour pour toute réponse. Ses mains appuyèrent sur ce crâne chevelu qu'elles maintenaient, voulant qu'il poursuive tandis que son esprit commençait sérieusement à s'en aller vers d'autres contrées très alléchantes et prometteuses.
Sauf que ce maraud se plut à la maintenir fermement dans la réalité, en cessant brusquement ses merveilleuses provocations. Frustrée, la Gryffondor rouvrit précipitamment ses paupières, cherchant son regard qu'elle découvrit juste en face d'elle. Son avidité mêlée au feu qui y flamboyait tempérèrent légèrement l'irritation qui la transperça suite à son inactivité subite.
- Severus…, râla-t-elle bien que cela sonne davantage comme une supplique qu'une plainte.
- Je veux que tu m'attendes pour jouir sorcière, annonça-t-il d'une voix qui la fit frissonner malgré elle.
- Et bien dépêche-toi un peu dans ce cas…, le brusqua-t-elle en resserrant ses jambes autour de sa taille pour renforcer la pression qu'elle exerçait sur la peau de son torse avec son entrejambe.
Tout aussi pressé qu'elle, Severus ne se fit pas prier. Sa bouche fondit à nouveau sur sa peau succulente, remontant désormais vers son cou en suivant le chemin qu'elle avait tracé de chocolat. Et malgré la fougue qui l'animait, l'homme s'attarda plus que de raison sur ce petit point qu'il découvrit au beau milieu de sa jugulaire. Il s'amusa à attraper son échine sous ses dents taquines qui la mordillèrent, pendant que sa bouche téta ensuite sa peau meurtrie, transformant la Lionne en une petite chose frissonnante dont les lèvres bougèrent sous des paroles insensées qui ne furent jamais prononcées. Conscient cependant qu'ils ne disposeraient pas de magie pour faire ensuite disparaitre toute trace de leurs ébats, le Serpentard s'arrêta à temps pour que ce suçon ne s'imprime pas totalement. Hermione sentit alors sa langue s'approcher de son lobe d'oreille, qu'il ne put s'empêcher de gober entièrement pour le soumettre lui aussi à son traitement infernal.
Elle n'en pouvait plus. La tension qui l'animait allait être sous peu à son apogée, la rendant complètement folle de désir. Un état qu'il partageait visiblement, si elle en crut cet océan profond qui se reposa sur elle quand il releva la tête dans sa direction. Severus se déplaça donc une seconde fois, remontant sur ce corps féminin contre lequel il aligna son bassin au sien, les faisant tous deux frémir en sentant ce premier contact se faire.
Il ne restait plus que quelques traces de chocolat autour de ses lèvres. Un détail qu'il corrigea rapidement en venant les ôter avec aisance. Mais lorsqu'il eut terminé et voulut relever son visage, Hermione l'en empêcha. Ses deux mains gardèrent sa tête baissée, profitant de cette proximité pour capturer ces lèvres si proches des siennes qui l'avaient tant tourmentée jusqu'à présent. Echaudée comme elle l'était, la jeune femme ne s'embarrassa pas des convenances. La Lionne l'embrassa avec hâte, forçant ses lèvres pour provoquer sa langue avec laquelle il l'avait torturée. À son tour elle le nargua, bataillant et partageant sa fièvre dans cet échange qui sortit des sentiers battus, lui arrachant des gémissements éraillés. Leurs corps se cherchèrent, se frottant l'un contre l'autre pour trouver un semblant de connexion qu'ils désiraient plus que tout. Ce même besoin animal les habitait, rendant leurs gestes approximatifs et incontrôlés. Ils étaient arrivés à ce point de non-retour, où seule l'union de leurs corps pourraient mettre fin à cette tempête diabolique qui s'abattait sur eux.
Sans même s'écarter de sa chaleur étourdissante et de ce baiser déchaîné, Severus fit descendre son bas de pyjama sur ses jambes, aidé des pieds d'Hermione qui parvinrent à l'en débarrasser totalement avec une habilité remarquable. Ils étouffèrent des cris démesurés en sentant enfin cette nudité absolue caractériser leurs deux corps allongés l'un sur l'autre. Complètement possédée par sa soif concupiscente, la Rouge & Or ne tint pas longtemps avant d'onduler ses hanches contre cette rudesse soyeuse, cherchant à calmer le brasier qui crépitait entre ses cuisses. Des mouvements lascifs qui arrachèrent des soupirs à l'homme, le poussant à laisser l'une de ses mains descendre le long de sa silhouette pour s'interposer à la jonction de leurs corps. La jeune femme couina contre sa bouche en sentant cette large paume chaude couvrir entièrement sa féminité, tandis que deux doigts aventuriers s'immiscèrent dans son étroitesse plus que prête. Un constat qui fit rapidement son chemin jusqu'à l'esprit de Severus, ce dernier s'empressant de retirer sa main pour attraper son membre douloureux et le placer contre cette entrée accueillante.
Toute aussi endiablée, ce fut Hermione qui les unit en rehaussant son bassin pour sentir cette longueur glisser en elle dans une sensation de félicité enchanteresse. Leurs rétines s'écarquillèrent d'un plaisir innommé quand leurs hanches s'entrechoquèrent, Severus s'étant enfoncé jusqu'à la garde dans sa délicieuse moiteur. Ils restèrent quelques secondes immobiles, leurs lèvres enfin désunies, se contentant d'apprécier cet instant qu'ils attendaient tant. Leurs regards s'encrèrent infailliblement, marqués par cette même attraction physique à laquelle ils allaient s'abandonner. Une envie commune qui les rattrapa, encourageant le Vert & Argent à se mouvoir en elle. Ses coups de reins étaient dans un premier temps outrageusement lents, leur laissant le temps de profiter de cette étreinte. La jeune femme fit glisser ses mains sur son dos imposant, découvrant sous ses doigts ses muscles tendus sous les efforts qu'il fournissait. Elle se plut à descendre le long de sa colonne vertébrale, jusque sur ses fesses qu'elle empoigna avec vigueur, appuyant dessus en accompagnant ainsi ses mouvements. Son bassin suivit son rythme, tandis que leurs yeux ne se quittèrent pas, se délectant du plaisir provoqué qu'ils pouvaient tous deux lire chez l'autre.
Leurs souffles se mélangèrent, s'accélérant à en devenir irréguliers suite aux soupirs, expirations et gémissements incontrôlés qui leur échappèrent. Une cadence qui devint cependant rapidement insuffisante pour faire face à leur profond désir. L'homme ajusta alors sa position, tombant sur ses avant-bras pour être ainsi entièrement allongé sur elle. Se soutenant sur le côté gauche, il cala ensuite sa main droite sous les reins d'Hermione, la forçant à se cambrer pour accentuer leur angle de rencontre. Cette dernière vint même enrouler ses jambes autour de ses hanches, surpassant sa demande. À cet instant, leurs impulsions se précipitèrent dans une fluidité grisante, bercée par l'unique son du bruissement des draps, tous deux se concentrant pour museler leurs réactions. Cette absence presque totale de bruit consolida l'ambiance intimiste qu'ils partageaient, les plongeant entièrement dans l'instant présent qu'ils vivaient.
Un moment dont elle s'abreuva pleinement de chaque seconde écoulée, n'étant pas encore rassasiée de ce corps masculin qui ondoyait entre ses bras et ses cuisses, ce qui attisa férocement son plaisir croissant. Elle ignora totalement ses longs cheveux bouclés qui s'éparpillaient anarchiquement autour d'elle, tout comme cette chaleur cuisante qui devait colorer ses joues sous l'effort, ou encore cette impression inquiétante selon laquelle son cœur allait se rompre d'une minute à l'autre à force de tambouriner de la sorte dans sa poitrine. Non. La seule chose dont elle se préoccupa, ce fut le défilé de sensations qui s'emparaient d'elle à chaque nouvelle poussée qu'il lui insufflait. Lorsqu'il les intensifia encore davantage, Hermione crut d'ailleurs percuter la tête du lit, ou mourir étouffée à être ainsi clouée dans le matelas sous le puissant martèlement de ses hanches. Ses mains se cramponnèrent donc à ses épaules, tandis qu'elle répondait toujours à ses assauts infernaux avec une dévotion déterminée.
Elle y était presque, elle le pressentait. Cette évidence raisonna dans tout son être, préparant son corps à faire face à la vague de plaisir incommensurable qui déferlerait sous peu sur elle.
- Severus…
Un dernier souffle qu'elle expira avant de sentir une bouche brûlante et passionnée recouvrir la sienne, dans un nouveau baiser tout aussi sensuel que le premier. Ajouté à cela cette main sous ses reins qui se déplaça sur son ventre, descendant ensuite entre leurs deux toisons confondues pour trouver sans peine le nœud entremêlé qu'il s'empressa de cajoler. Sous ses doigts habiles, sa langue enflammée et ses mouvements intraitables ; il ne fallut guère plus à la jeune femme pour qu'elle se perde dans cette volupté ravissante. Une bourrasque électrisa toutes ses cellules, tendant également chacun de ses muscles, emportant avec elle Severus qui lâcha un cri étouffé à travers leur baiser. L'homme ralentit ses coups de reins, ne bougeant plus que paresseusement, prolongeant ainsi leur jouissance jusqu'à son maximum. Égarée entre ce monde de délices absolus et l'amère réalité, Hermione eut vaguement conscience de l'énorme poids qui pesa soudainement sur sa poitrine. Un corps chaud, humide et essoufflé reposa sur elle, mais dont la présence réconfortante balaya avec facilité la sensation quasi-douloureuse de cette masse écrasante.
Ses bras l'enserrèrent davantage, pendant que son rythme cardiaque tentait tant bien que mal de revenir à une vitesse normale. Et silencieusement, ils savourèrent cet instant de béatitude totale où le monde pourrait bien disparaitre qu'ils s'en moqueraient complètement.
Severus finit néanmoins par revenir à lui-même, se rendant compte qu'il restait échoué sur cette pauvre petite sorcière. Encore engourdi, il se releva lentement, croisant deux ambres pétillantes d'une allégresse inouïe.
- Je crois que l'on ne pouvait pas mieux enfreindre en une fois, toutes les règles fixées en début de semaine, fit-il remarquer d'une voix pâteuse.
Un sourire apparut de lui-même sur les lèvres de la Lionne, charmée par les traits détendus et rieurs de son amant. Elle ne put s'empêcher de constater que cela lui allait à ravir.
Des pensées qui furent écourtées quand il se pencha vers la table de nuit la plus proche, attrapant aisément au vol une poignée de mouchoirs avant de lui en tendre un.
- À la moldue…, ajouta-t-il en décelant une brève incompréhension dans ses yeux.
Et alors qu'il se retira pour venir s'allonger sur le dos à ses côtés, Hermione se demanda combien d'expériences « à la moldue » il avait eues pour avoir pensé aussi rapidement à remplacer le Recurvite par ces mouchoirs dont elle n'avait jamais fait attention jusqu'à présent. Son propre esprit était encore trop léthargique pour se préoccuper de ce genre de détail. Préférant mettre cela sur le compte de son sens de la débrouillardise qu'il avait surdéveloppé par son passé d'espion et de Mangemort, la jeune femme s'essuya également avant que ces draps immaculés ne soient tachés. Elle se remit ensuite difficilement sur pieds, s'attirant le regard intéressé bien que fatigué de Severus.
- Où est-ce que tu vas encore te promener ? L'interrogea-t-il en calant un oreiller sous sa tête braquée dans sa direction.
- Juste aux toilettes, répondit-elle en tournant déjà les talons pour se diriger vers la porte.
- Tu es nue, objecta-t-il.
- Tout le monde dort…
- Hermione, reprit-il d'une voix ferme qui suffit à l'arrêter avant qu'elle ne pose sa main sur la clenche.
Et lorsqu'elle consentit à se retourner pour lui faire face, la Gryffondor se prit une boule de tissus en plein visage, manquant de la faire hoqueter de surprise. D'une main, elle déroula le vêtement pour voir de quoi il s'agissait. Un t-shirt blanc, ample, froissé : celui qu'il portait pour dormir. Hermione glissa ses noisettes sur cet homme nu allongé, qui l'observait avec un rictus goguenard.
- Si tu veux sortir de cette chambre, tu mets au moins ça sur toi…, lui ordonna-t-il en la fixant, …Mais évidemment quand tu reviendras, tu devras l'enlever si tu veux dormir dans ce lit.
La Rouge & Or leva les yeux au ciel devant sa manie dictatoriale qui revint bien vite au galop. Mais bon. Elle devait avouer qu'elle n'avait pas vraiment envie de se retrouver en face de Gaspard ou Gillian en tenue d'Eve. Et elle préférait ne pas penser à la tête que Louis ferait s'ils se croiseraient sur le palier. Lui octroyant donc une moue faussement indignée, elle passa le t-shirt qui la recouvrit presque jusqu'aux genoux.
- Ce sera tout ?!
- Oui, consentit-il après l'avoir longuement détaillée de la tête aux pieds.
Un examen visuel qui la fit frissonner, tout comme le timbre profond de sa voix. Hermione disparut ensuite de la chambre, pour y revenir quelques minutes plus tard. Elle le retrouva d'ailleurs comme elle l'avait laissé : sur le lit, bien que désormais recouvert des draps. La lampe de chevet était toujours allumée, lui permettant de voir qu'il lui tournait le dos. Il ne dormait quand même pas déjà, si ? Elle ne s'était pas absentée longtemps pourtant. Marchant toutefois à pas de loup dans le doute, la Lionne éteignit la lumière avant de grimper sur ce matelas, une fois qu'elle se débarrassa de son unique vêtement. Et lorsqu'elle s'y allongea, elle remarqua avec effarement que ce Serpentard était étendu en plein milieu, ne lui laissant que peu de place sur son côté initial. D'autant plus que…c'était son oreiller qu'il avait pris ? Ne se gênant pas plus que lui, Hermione roula sur le côté, venant se caler contre ce corps chaud qui pourrait être qualifié de bouillotte humaine. Ses courbes épousèrent parfaitement les siennes, les faisant faiblement frémir.
Et tandis qu'elle plaçait l'autre oreiller sous sa tête, une voix qu'elle croyait endormie se fit entendre.
- Que crois-tu être en train de faire ?
Hein ? Pensa-t-elle en fronçant les sourcils, ses gestes demeurant suspendus en l'air.
- Je pensais avoir été clair Granger, je ne suis pas plus une peluche maintenant que cet après-midi.
Ne sachant pas sur quel ton mettre sa remarque, Hermione resta penaude quelques secondes, cherchant dans ce silence pesant une quelconque réponse. Mais après se remémorer sa mine détendue et ses propos taquins de tout à l'heure, elle décida de placer ses phrases sur le compte de cette même légèreté post-coïtale qui semblait l'animer. La Gryffondor passa donc un bras sur sa taille, enserrant son ventre pour se coller encore plus à lui et retrouver ainsi son parfum enivrant actuellement mêlé à des restes de senteurs chocolatées.
- Tu n'avais qu'à pas prendre toute la place dans le lit, cela m'oblige à m'accrocher à toi pour m'éviter de tomber pendant la nuit.
Elle entendit un reniflement familier qui fit suite à ses mots, lui laissant penser qu'il n'était pas ignorant du léger sarcasme qu'elle venait de lui adresser, ni de la mauvaise foi qui y était perceptible.
- Et puis sache qu'aucune de mes peluches ne m'a faite vivre le genre de moment que nous venons d'avoir…, poursuivit-elle malicieusement.
Cette fois-ci, il lui attrapa la main qui reposait distraitement sur sa peau, la portant à sa bouche pour y déposer un langoureux baiser sur sa paume. Un geste qui l'émoustilla suffisamment pour la faire frissonner contre lui.
- S'il n'y avait pas ce mariage aujourd'hui, je m'évertuerais toute la nuit durant à te faire passer l'envie de me qualifier de peluche…, annonça-t-il de cette voix veloutée qui ravit son ouïe.
Le sourire qui étirait déjà ses lèvres s'accentua. Mais elle ne sut si cela était dû à sa manière presque charmante de bougonner en refusant d'être associé au terme « peluche », ou à son délicieux sous-entendu qui flotta dans cette pièce encore chargée en énergie. Trop harassée pour y penser davantage, Hermione embrassa furtivement la peau de ce dos contre lequel elle se pelotonna, avant de clore ses paupières. Ils avaient intérêt à dormir un minimum pour affronter la longue journée qui les attendait sous peu, avec le mariage de Martin et toutes les festivités qui s'en suivraient.
Et voilà, un très long citron chocolaté. Ne vous habituez pas trop à cette longueur de chapitre, elle est bien sûr exceptionnelle ahaha...
J'espère que vous avez apprécié, sans en faire une indigestion. Pour la suite, nous arrivons enfin aux festivités matrimoniales, ce qui signifie aussi que nous approchons de plus en plus de la fin de cette histoire !
Merci à tous pour vos lectures et reviews, passez une bonne nuit, pis une bonne semaine. A bientôt ;)
