Bonsoir à tous ^^

Nouveau chapitre. Je m'excuse, il est très court. Mais il annonce le retour à l'action, la fin de cet isolement pour eux trois. J'espère qu'il vous plaira quand même.

Merci pour vos review ^^

Et je ne m'étends pas en blabla cette semaine, je vous laisse à ce nouveau mais très court chapitre

Bonne lecture.


Drago Malefoy installa une chaise au milieu de ce qui aurait pu être assimilé comme étant une pièce. Sauf que c'était une tente. Harry s'installa donc dessus, tapota ses cuisses de ses mains, incertain, mal à l'aise. Hermione était sur une des marches, en face de lui. Elle avait entouré ses jambes de ses bras, et le contemplait faire, le cœur visiblement lourd. Résignée. Mais lui comme elle savait qu'il ne leur restait plus beaucoup d'option ni beaucoup de temps. Il n'avait pas de temps à perdre en lecture, en réflexion, en discussion. Ils n'avaient même plus de temps à prendre pour se ressaisir, se remettre d'un cauchemar trop violent ou d'une culpabilité étouffante. Alors Harry ferma les yeux, oubliant presque tout, emportant cette vision d'Hermione, assise près de lui, avant de vider son esprit et de chercher celui de Voldemort.

Il resta là, silencieux, de longues minutes. Il aurait été incapable de dire combien de temps en fait. Il était là. A chercher l'esprit de Voldemort. Hermione sut exactement à quel moment il commença à s'agacer. Elle aperçut tout de suite le pli nerveux au coin de ses lèvres, repéra immédiatement le froncement de sourcil furieux. Elle hésita un instant à ouvrir la bouche, juste avant de voir cette expression si propre à Harry, qui indiquait qu'il détestait déjà l'échec qu'il voyait arriver. Il ne supportait pas d'échouer, plus depuis le début de cette chasse. Elle savait qu'il avait, comme elle, plus qu'elle, atrocement conscience que des milliers de vie dépendait de sa réussite et que chaque échec le mutilait un peu plus. Et apercevoir cette expression d'échec imminent sur son visage lui entailla le cœur, elle serra ses jambes et s'apprêta à dire quelque chose. Puis l'expression disparut, le corps d'Harry se tendit, comme s'il était sur le point de se rompre, son visage se pencha en arrière, son souffle devint erratique et ses jointure de doigts devinrent blanches tellement il serrait les poings.

- Granger ? Demanda Drago en s'approchant d'elle.

- C'est bon, il l'a, se contenta de dire celle-ci avec une tristesse profonde.

Harry ne percevait rien. Plus de voix, pas de douleur, pas de tente. Juste des images. Par saccades. Des meurtres. Des corps. De la colère. De la fureur. Celle du seigneur des ténèbres. Un flash. Une femme. Rowena Serdaigle. Un nouveau corps. Du sang. Poudlard. Le château. De la rage. Des mangemorts. Du feu. Un massacre. Une couronne. Magnifique. Assombrie par la noirceur. Un cadavre. L'uniforme de Serdaigle. Le symbole de sa maison. Et tout s'évanouit. Il rouvrit les yeux et resta figé. Et tout ce qu'il vit, ce fut la toile. Avec sa couleur pas vraiment blanche, dépassée, vieillie, elle s'agitait faiblement, animée par le vent qui se trouvait dehors, alors qu'Harry reprenait son souffle, n'ayant même pas eu conscience jusque-là d'avoir été essoufflé. Puis il baissa la tête.

Hermione était toujours assise sur les marches, elle n'avait pas bougé. Elle enserrait ses jambes pliées de ses deux bras, son visage entouré de mèches qui s'échappaient de sa queue de cheval. Elle fixait son visage, attendant son verdict. Et Drago Malefoy était assis juste à ses côtés. Les avant-bras posé sur ses genoux, le visage toujours impassible, le fixant, en attendant qu'il décide de la suite. Comme s'il savait qu'Harry trouverait déjà le prochain. Son calme l'aida à remettre ses idées en place et il se frotta la nuque, avec une grimace de douleur.

- L'un d'eux est à Poudlard, murmura Harry en observant leurs réactions.

- A Poudlard ? répéta Drago Malefoy de sa voix traînante alors qu'Hermione pâlissait.

- J'ai vu le château. Et Rowena Serdaigle, reprit le survivant en ôtant son sweat et son tee-shirt. On doit y aller. Tout de suite.

- On ne peut pas faire ça, tempéra aussitôt la jeune femme. Il nous faut un plan, il nous faut un peu de temps pour le mettre au point.

- Hermione, depuis quand un de nos plans a réellement marché ? s'exclama Harry. On a un plan, on y va et tout part en vrille. Alors il faut juste y aller.

- Non, l'interrompit Drago Malefoy. Granger a raison. Poudlard est aux mains de Rogue et rempli de mangemort. Il te faut un plan. Et votre plan pour Gringotts a plutôt bien marché.

Hermione le fixa avec stupeur. Il venait de dire qu'elle avait raison. Et ça amena un sourire au coin de ses lèvres alors qu'elle se tournait vers Harry avec un air presque mutin. Qu'Harry comprit parfaitement. Ils n'étaient plus que tous les deux. Hermione cédait si souvent maintenant, elle ne luttait plus vraiment contre ses décisions, même les plus suicidaires. Mais ils n'étaient plus tous les deux, l'avis de Drago pouvait faire pencher la balance. Parce qu'il était quelqu'un de confiance et d'avisé.

- Marcher est un grand mot, fit remarquer celui-ci. On a eu de la chance.

- Et l'aide d'un dragon, admit le blond. Mais tu ne peux pas arriver à Poudlard par la grande porte.

- On ira à Pré au lard, décida Harry. De là, on prendra le passage secret dans la cave d'Honeydukes. Mais il faut y aller, le plus rapidement possible.

- Harry, on ne peut pas simplement débarquer. Poudlard est gardé, Rogue est directeur, il doit probablement y avoir des mangemorts et des partisans. Même à Pré au lard.

- Il faut qu'on aille à Poudlard, que proposes-tu ? Demanda Harry d'un ton presque mordant qui l'irrita lui-même.

Mais le sentiment d'urgence s'était emparé de lui. Il avait vu des morts. Par dizaine. Il ne pouvait plus rester là alors qu'il avait une piste. Il ne pouvait pas vivre avec la pensée qu'à ce moment même, alors qu'ils perdaient du temps à se décider, des gens mourraient. Par dizaine. Sans raison. Il ne pouvait pas tolérer ça, il ne pouvait pas accepter de perdre du temps. Il devait y aller. C'était la seule chose qui s'imposait à lui. Qu'Hermione sembla comprendre.

- D'accord, céda Hermione. On ira. Tu as vu autre chose ?

Il la bénit presque. Encore une mission suicidaire. Encore un oui. Qui deviendrait une autre réussite, il l'espérait. Il n'avait pas vraiment le choix. Il devait le faire.

- Oui, je crois. Est-ce que Rowena aurait eu une couronne ?

- Un diadème, répondit aussitôt Hermione. Rowena avait un diadème.

- Le diadème perdu de Serdaigle, c'est ainsi qu'il est appelé dans les livres, compléta Drago Malefoy de sa voix traînante. Tu veux aller te jeter dans la gueule du loup pour un objet qui a disparu depuis des centaines d'années ?

- S'il en a fait un horcruxe, c'est qu'il n'est pas si perdu que ça, trancha Harry.

- Donc tu sais juste ce que c'est, mais pas où c'est, conclut Drago.

- C'est à Poudlard.

- Poudlard est immense, lâcha Drago en se relevant, glissant ses mains dans ses poches.

- Peu importe, il faut y aller.

- Tu pourrais tout aussi bien te tuer directement. Il y a des mangemorts et des détraqueurs à Poudlard. Ne fais pas l'imbécile. Même à pré au lard, ils doivent être présents. Ce doit être l'endroit où tu es le plus attendu.

- Nous irons quand même, trancha Harry.

- On a aussi des alliés, ajouta Hermione pour éviter que ça ne dégénère en dispute.

- Qui sont sans doute pieds et poings liés.

- Tu n'es pas obligé de nous suivre, rétorqua Harry en se relevant brusquement.

Le regard de Malefoy s'assombrit alors qu'il le fixait. Et Harry attendit. Parce que c'était vrai. Rien ne le liait à eux. Il avait aidé, il avait cuisiné, il avait calmé sa colère, soigné. Mais rien ne le rattachait à eux. Tout ce qu'il voulait, c'était la mort de Voldemort pour la libération de sa famille. Il n'était pas obligé de s'impliquer. Mais les secondes s'égrenaient, et il était incapable de dire ce que pensait où ressentait Drago Malefoy. Il était incapable de définir son camp, ses pensées, sa loyauté, sa décision.

- Granger, finit par demander Drago sans cesser de dévisager Harry. Tu en penses quoi ?

Il demandait l'avis d'Hermione. Cela laissa Harry tout aussi perplexe. Mais il ne pouvait toujours rien voir derrière ce visage impassible, son regard gris qui semblait si froid. Il jeta un coup d'œil à Hermione qui observait Drago et sut qu'elle voyait autre chose que lui semblait incapable de voir. Comme avec lui. Car elle lui répondit, comme si la tension dans la tente n'était pas sur le point d'exploser.

- Les visions d'Harry nous ont toujours guidées, ce sont ses pensées à lui. S'il dit qu'il faut aller à Poudlard, c'est qu'il faut aller à Poudlard.

Il vit Malefoy froncer les sourcils, de façon imperceptible. Son regard se rembrunit mais il finit par hausser les épaules et Harry haussa un sourcil au moment où il comprit que Malefoy suivrait.

- Très bien. Près au lard alors.

Il cédait. Il viendrait. Il aiderait. Il s'alliait. Il choisissait un camp. Et il se détourna pour commencer à ranger. Ramasser leurs affaires. Pour se mettre en route. Alors qu'Hermione se rapprochait de lui, caressant son visage du bout des doigts.

- Tu sais que c'est au moins aussi dangereux que Gringotts, soupira-t-elle. Plus sûrement.

- Après celui-là, il ne restera plus que le serpent Hermione. Ne doute pas maintenant, s'il te plaît.

C'était un cri du cœur. Il fallait qu'elle croie en lui. Elle ne pouvait pas douter de lui. Il ne pouvait pas faire ça seul. Définitivement pas. Il avait un besoin irrépressible d'elle. De sa main sur sa joue. De son sourire tendre et tremblant, abîmé. De sa proximité. De sa chaleur. De son souffle. Il ne se soucia pas un instant de la présence de Drago alors qu'il se penchait vers elle, guidé uniquement par ce besoin d'elle. De la savoir en vie, près de lui.

- Je ne doute pas de toi Harry, rassura-t-elle, ses lèvres tout près des siennes au point que son souffle le chatouilla.

Et il ne résista plus. Leurs lèvres se joignirent. Il glissa une main dans ses cheveux, l'autre sur sa taille. Il l'attira plus près de lui. Pour la sentir, vivante. Ils allaient à Poudlard. L'endroit où ils s'étaient sentis le plus en sécurité du monde sorcier. Mais sans Dumbledore, maintenant, c'était pour eux, l'endroit le plus dangereux qui existait en ce monde. Alors il l'embrassa comme si c'était la dernière fois qu'il pouvait le faire. Comme si c'était la dernière fois qu'il la sentait si chaude et si vivante tout contre lui. Et il mêla sa langue à la sienne en gravant dans tout son être chaque émotion qu'elle déclenchait en lui, chaque sentiment, chaque chaleur, chaque effet qu'elle avait sur son être. Et pendant un instant, il oublia la guerre, la menace imminente qui planait sur leurs vies et tout ne devint qu'elle. Tout son être redevint euphorie, passion, désir, affection. Tout son être devint le Harry qui ne pouvait pas se passer d'Hermione. Il n'y avait plus de peur, plus de désespoir. Juste l'affection profonde qui les liait au-delà de toute raison.

Quand il se sépara d'elle, le souffle court et le cœur affolé, il appuya son front contre le sien avant de l'enlacer étroitement, la gardant tout contre lui. Puis, à regret, la réalité le rattrapa. Il eut besoin de quelques secondes. Quelques-unes de plus pour que son attachement pour elle soit surpassé par sa volonté de sauver le monde et mettre fin à la guerre. Au point de la mettre encore en danger et de l'exposer à un danger de mort. Alors il s'éloigna, la relâcha et tourna la talons, pour sortir.

Hermione le regarda sortir, passa une main sur son visage troublé puis dans ses cheveux avant de se mettre en quête de sa veste, son regard s'arrêtant sur Drago qui la contemplait. Il ne semblait pas gêné ou quoi que ce soit d'autre. Il avait son expression habituelle. Et cette fois, Hermione fut bien incapable de voir au-delà de son air impassible alors qu'elle passait sa veste.

- Il sait, finit-elle par lui dire. Que c'est dangereux. Il n'aime pas, foncer tête baissée dans les ennuis. Mais il n'a pas le choix. Il faut que ce soit fait. Tu veux tes parents en sûreté ? Alors il doit trouver les objets, les détruire, pour pouvoir le tuer. Il sait.

- C'est pour ça que tu dis oui à toutes ses missions suicides ?

- C'est déjà dur pour lui de s'y résoudre, de nous mettre en danger. Je suis là pour l'aider, pas pour lui rendre la tâche difficile. Je vais plier la tente. Tu devrais sortir.

Il hocha la tête, sortit pour la laisser faire et aperçut la silhouette de Potter au loin. Avec une hésitation, il finit par le rejoindre. Et il vit sur son visage ce que Granger venait de dire. La détermination mais surtout la peur, de l'échec, du danger. Potter était son exact opposé. Un bouillon de sentiment. Son visage passant d'une émotion à une autre plus rapidement que le temps passait de la pluie au soleil. Il ignorait totalement si c'était une force ou une faiblesse. Mais quand il le vit jeter un regard sombre d'inquiétude vers Granger qui pliait magiquement la tente, il ne put se résoudre à le laisser avec ce visage tordu d'angoisse.

- Je veillerais sur elle.

Le visage d'Harry Potter devint surprise puis perplexité alors qu'il se tournait vers lui, le dévisageant. Il ne comprenait pas pourquoi Drago se donnerait ce mal. Même le concerné ne se l'expliquait pas vraiment. Mais Potter devait veiller sur le monde, sur ses parents, tuer le lord. S'il pouvait le rassurer un peu, lui offrir une seconde de répit dans ce tsunami de sensation que Drago devinait en lui, alors il pouvait essayer. Il ne voulait pas le voir échouer.

- Pourquoi ?

- Contentes-toi de ça, veille sur mes parents et tue-le. C'est tout. Je veillerais sur elle si tu ne peux pas le faire.

- Merci.

Ils s'observèrent mutuellement, alors qu'une chose étrange naissait entre eux. Harry, satisfait de savoir que quelqu'un veillerait sur la personne la plus précieuse de sa vie. Soulagé même. Drago savait se battre. Au pire il savait fuir. Il pourrait mettre Hermione à l'abri, savoir cela le rassura un peu. Drago fut satisfait de voir le visage de son comparse se détendre un peu, ainsi il pourrait se concentré et réussir. Tout ça, c'était dans ses calculs. Rien à voir avec un quelconque attachement. Tout pour que Potter réussisse. Même s'il avait l'impression de se mentir un peu à lui-même. Parce que leurs compagnies, sans les insultes était étrangement agréable. Tout lui aurait paru agréable après le manoir, la compagnie de Voldemort et les mangemorts. Mais il aurait presque pu s'habituer à eux. Mais non. Tout ça, c'était pour que Potter réussisse.

- C'est bon.

La voix d'Hermione interrompit leur échange visuel et ils se tournèrent vers elle. Sa main serrait la lanière de son petit sac qu'elle avait passé en bandoulière sur son épaule. Elle les attendait. Elle tendit la main. Et ils la saisirent, sans une hésitation. La seconde suivante, dans ce coin désert du pays, il n'y avait plus personne.