Voilà Voilà! Je sais, ça fait longtemps, un peu trop même. Mais même si je déteste devoir vous dire ça, ça risque d'être toujours comme ça à présent. Je suis rentrée dans une licence très exigeante. (je ne sais pas si certains qui regardent les infos en ont entendu parler récemment c'est passé sur france 2, la licence Humanités.) et quand je dit exigeante, c'est que je dispose de très peu de temps pour écrire. D'ailleurs, à chaque fois que j'écrit, c'est que je me retrouve sur mon ordi à devoir y faire autre chose xD enfin bon, faut bien se détendre et vive la procrastination! Surtout si elle donne lieu à de nouveaux chapitres!
Sinon, vous verrez que ce chapitre est loin d'être joyeux et insouciant. J'espère qu'il ne vous fera pas trop desespere et que vous aurez (quand même) envie de revenir pour la suite.
J'espère, après une longue attente, ne pas trop vous décevoir en tout cas!
Bonne lecture!
Et mes habituels remerciement pour leurs trop gentils reviews qui m'encouragent un max! :p
Merci luffynette, hachi, eladora, melfique, Remus J. Potter-Lupin et Nayla HP. (Ma doué! vous commencez a etre nombreux ;) )
Sentence
Remus frappa à la porte des Pattermole, la domestique leur ouvrit sans l'étincelle de bonne humeur qu'elle semblait toujours avoir.
« M'sieur. Madame et Monsieur ne souhaitent pas qu'on les dérange. »
Elle s'apprêtait à refermer la porte mais Remus la retint avec le pied.
« Ecoutez-moi, c'est important. Je viens ici parce que j'ai peut-être la solution qu'il vous faut pour soigner Andy. »
Elle plissa les yeux d'un air suspicieux, hésitant à prendre une décision qui ne respectait pas les ordres direct données par ses employeurs. Néanmoins, elle s'effaça pour leur laisser le passage.
« Restez-là, je vais voir si monsieur vous reçoit. »
Ils s'entassèrent tous les quatre dans la petite entrée. Remus fit un signe de la main aux adolescents pour qu'ils comprennent qu'ils devaient garder le silence et qu'ils ne devaient pas faire de bruit. C'est particulièrement bouleversés, qu'ils acquiescèrent.
L'apothicaire en personne fit irruption dans l'entrée et adressa à Remus un sourire sans joie.
« Monsieur Lupin » Murmura-t-il en lui tendant sa main que le loup-garou serra. « Les enfants. » Il les salua d'un signe de tête.
D'un geste, il les invita à passer dans la salle à manger, attenante au vestibule.
« C'est gentil de nous offrir votre aide, mais Andy a reçu tous les soins qu'il soit possible de lui prodiguer après cet accident… »
« Comment ça s'est passé ? » S'enquerra Remus, inquiet.
« Hier soir, la nuit était déjà tombée et j'ai demandé à Andy d'aller me chercher des herbes au jardin. Il a un talent pour ça vous savez, alors j'ai pris l'habitude de lui demander lorsque j'en ai besoin. Je n'aurai pas dû… »
Son visage se ferma.
« Mais on a jamais vraiment fait attention à ce Lupus Pestis. Vous savez, il ne sort jamais des bois. Je ne me suis pas méfié et… »
Sa voix s'étrangla
« Et maintenant mon fils est entre la vie et la mort. Sa magie accidentelle l'a protégée, mais j'aurai préféré apprendre d'une autre façon que mon fils est un sorcier… Il semble être en bonne voie de guérison de ses blessures physiques, mais il lutte contre le venin de ce loup. Soit il mourra, soit il vivra et se transformera chaque jour en cette bête sanguinaire. »
Un frisson de colère le traversa. L'homme semblait en vouloir au monde entier, et par-dessus-tout, à lui-même.
Remus lui posa une main rassurante sur l'épaule. S'il avait pu, il aurait tenté de réconforter l'homme, mais c'était vain. La seule solution était d'espérer que la potion emmenée par Severus pourrait lutter contre le venin qui s'attaquait au petit garçon.
Derrière les deux hommes, les adolescents n'en menaient pas large. Hermione était bouleversée et le visage des deux garçons s'était décomposé au fur et à mesure du récit de l'apothicaire. Harry particulièrement avait trouvé une chaise et s'était assis, les coudes sur les genoux, la tête entre les mains.
Rose, et maintenant Andy. Le meilleur ami de Mégane. Quand est-ce qu'il allait arrêter de faire venir les catastrophes ? S'il avait su les conséquences de leur petite balade sous le manoir, il n'aurait pas accepté d'accompagner Draco. Et le garçon blond n'aurait pas osé s'y aventurer seul. Tout était de sa faute…
« Je peux vous emmener le voir si vous y tenez, mais je ne crois pas que vous pourrez y faire grand-chose. Pas même Monsieur Snape, alors qu'il est un excellent maitre des Potions. »
« Justement, je l'ai prévenu, il arrive. Il pourra vous confirmez lui-même s'il n'y a rien à faire. »
L'apothicaire le regarda d'un air blasé.
« Vous savez, j'ai aussi fait des études de médecine magique avant de commencer dans l'apothicaire. Je sais qu'il n'y a rien à faire. »
Mais en cinquante ans, même la médecine magique a fait des progrès. Pensa Remus qui aurait voulu pouvoir rassurer l'homme en lui disant ces quelques mots.
Il emboita néanmoins le pas à l'homme qui le conduisit en haut d'un escalier en bois. La lumière de la chambre de l'enfant était tamisée et sur un petit lit reposait le garçon frêle qu'il avait si souvent vu en compagnie de Mégane. Les fossettes et le sourire n'étaient plus là et sa figure était pâle. De temps en temps, des spasmes le secouaient violemment de haut en bas.
Sa mère était assise dans un fauteuil à côté de lui. Elle s'était assoupie après une nuit sûrement très difficile.
« Il est particulièrement calme depuis une heure. J'espère que ce n'est pas un mauvais signe. Il passe par des périodes de crises lorsque son corps cherche à rejeter le venin. S'il y parvient, j'ai bien peur qu'il ne survive pas dans le processus. Et si c'est le venin qui l'emporte… »
Sa voix se brisa une nouvelle fois. L'homme ne semblait pas savoir s'il préférait perdre son fils ou hériter d'une forme animale de l'Andy qu'il connaissait. Une larme coula sur sa joue que Remus perçut malgré la pénombre.
Snape arriva au foyer des Pattermole, sa potion à la main. A peine eut-il levé la main sur la poignée que la domestique lui ouvrit. Il ne lui jeta pas un regard et entra dans la salle à manger d'un pas vif. Les trois ados étaient là. Hermione et Draco mutuellement dans les bras l'un de l'autre et Harry, prostré sur lui-même dans un fauteuil à l'écart.
Le bruit de son arrivée fit relever la tête au survivant et à ses acolytes. Il les interrogea du regard et Hermione désigna l'escalier du doigt. Avec un dernier regard sur la scène d'apitoiement générale qui semblait avoir pris les trois ados, et plus particulièrement sur le garçon brun, il grimpa les escaliers.
Dans l'encadrement de la porte, de dos, il reconnut Remus. Celui-ci se retourna en entendant les bruits de pas.
« Severus » Souffla-t-il.
« Monsieur Snape » L'accueillit l'apothicaire sobrement. « C'est gentil de s'inquiéter de la sorte, mais comme je l'ai dit tout à l'heure, je ne crois pas qu'il soit possible de faire quelque chose pour mon fils. Il se bat avec ses propres démons à l'heure qu'il est… »
« Monsieur Pattermole… j'ai peut-être une solution au problème, mais je dois d'abord échanger quelques mots avec Remus si vous le permettez, en privé. »
L'apothicaire fit un signe de la main pour dire qu'il comprenait et retourna dans la pénombre de la chambre de son fils. Severus attrapa son collègue par le bras, fermement comme il aurait pu le faire avec ses élèves et le traina un peu plus loin.
« Lupin, je comprends tout à fait ton besoin de soigner ce gamin. Mais plusieurs problèmes se posent… » Chuchota-t-il précipitamment.
« Lesquels ? »
« Déjà, je ne suis pas en mesure de savoir si ça va fonctionner. Si on arrive trop tard, la potion sera incapable de détruire le venin. S'il est déjà dans son organisme… »
« Comme moi tu veux dire ? Le venin est dans mon organisme ? »
« En effet, la potion ne fait que l'annihiler en partie lorsque tu la prends, mais il fait partie de toi. Et si le venin s'est déjà intégré dans le sang du petit, il n'y aura aucun espoir pour lui, et il se transformera toutes les nuits. Comme Karl Summers, en lupus Pestis ! »
« Pattermole a dit que son fils se battait encore contre l'invasion du venin dans son organisme, tout n'est peut-être pas perdu. » insista Remus.
« Autre chose » coupa Snape « Je peux lui donner de la potion, mais il faudra renouveler les prises pendant quelques jours… »
« Et où est le problème ? » osa Remus
« Le problème, Lupin ! C'est que je n'ai pas le temps d'en refaire pour la prochaine pleine lune ! Donc c'est ta décision… »
Remus s'appuya contre le mur, soufflé. Bien sûr, il n'avait pas pensé à ça. La prochaine lune serait bien difficile, ça faisait longtemps qu'il n'en avait pas vécu une sans l'influence de la potion. Soit, il n'allait pas retirer tout espoir de survie d'Andy pour sa propre poire. Il n'allait pas jouer les égoïstes pour une seule pleine lune alors que le petit serait condamné à vivre sa propre transformation quotidiennement.
« Et bien.. » Hésita-t-il « Je ne reviendrai pas sur ma décision, tu peux lui donner mon remède. Cependant, à la prochaine pleine lune je compte sur toi pour m'attacher correctement. Un lupus Pestis rôde dans ses bois, je ne vais pas ajouter une seconde menace dans ce village. Et puis… »
« Oui ? » souffla son collègue
« Et puis ça aurait pu être moi, j'aurai pu tuer ce gosse. »
Le professeur des potions observa d'un air grave et respectueux l'homme en face de lui. Le courage dont il faisait preuve ne cessait de l'impressionner. Il acquiesça d'un signe de tête et reparti vers la chambre du petit Andy Pattermole. Il fallait agir vite.
Avant qu'ils n'atteignent tous deux la pièce noire, un cri déchirant perça l'air. En deux pas Severus était dans la chambre du gamin. Le cri avait réveillé la mère et elle tentait, à l'aide de son mari, d'empêcher son fils de se débattre.
« Vous voyez ! On ne peut rien y faire ! » Cria désespérément Pattermole, le désespoir se lisant dans ses yeux.
La crise était passée aussi vite qu'elle était arrivée, l'enfant était retombé sur son matelas comme une vulgaire poupée de chiffon. A côté de lui, sa femme s'essuyait les yeux dans ses manches.
« J'ai peut-être une solution monsieur Pattermole, je dois administrer une potion de mon cru à votre fils mais j'ai besoin de votre autorisation. »
« Quelle potion ? » Demanda l'apothicaire, prudent.
« Laissez-moi vous expliquer plus tard. Je peux vous assurer que vous ne connaissez pas cette potion particulière…Pour le moment il n'y a pas de temps pour réfléchir. »
« Je veux la sentir d'abord » Lui répondit l'apothicaire d'un ton méfiant.
Mais sa femme n'était pas de cet avis, elle se précipita vers le maitre des potions et désespérément, le supplia.
« Si vous pouvez sauver mon fils, allez-y ! Vite ! » Elle se tourna vers son mari et courut dans ses bras « Je sais qu'il n'y a pas d'autres solutions alors pourquoi ne pas essayer… »
Serrant sa femme dans ses bras, l'apothicaire donna son accord d'un signe de tête et Severus s'approcha de l'enfant. Il lui fit avaler une dose de potion tue-loup. Aucune réaction n'arriva mais il ne parut pas découragé pour autant.
Il sortit de sa cape deux ou trois autres fioles de la même potion et les posa sur la table de nuit.
« Vous devez lui en donner toutes les deux heures jusqu'à ce qu'il ne fasse plus aucunes crises. Tant qu'il en fait, c'est qu'il résiste au venin et c'est bon signe. La potion l'aidera, elle annihilera le venin et lui permettra de l'éliminer plus rapidement. »
Il se redressa.
« Nous prenons congé, surveillez bien ses réactions. Si vous avez besoin de moi vous pouvez me contacter par un patronus. Si… »
« C'est dans mes cordes. » Acquiesça gravement l'apothicaire. « Mais je voudrais savoir ce qu'est cette potion. »
Il s'avança vers la table de nuit de son fils et prit la première fiole, renversa le capuchon et renifla.
« Je ne la connait pas, alors ? »
Severus garda le visage impassible.
« Je ne suis pas en mesure de le révéler. Désolé. Vous devrez vous contenter de cet échantillon. Libre à vous de l'analyser mais je crois que votre fils en a plus besoin que vous. »
Il reposa très vite la fiole de verre sur la table de nuit.
« Effectivement. Pardonnez-moi je suis juste curieux. » S'excusa-t-il
« Il n'y a pas de problème, Nous allons y aller. Bon courage. » Leur souhaita-t-il.
Il sortit de la pièce, Remus le suivit après avoir serré la main de Pattermole et lui avoir posé une main réconfortante sur l'épaule.
Snape descendit les escaliers, ses capes balayaient les marches derrière lui dans un bruit feutré. En bas, leurs trois protégés attendaient sagement les nouvelles.
« Alors ? » Demanda Draco, inquiet.
« On ne peut pas dire » lui répondit Remus « Il faut attendre. »
Le garçon blond hocha la tête et se levant, aida Hermione à faire de même. Celle-ci était pâle comme un linge. Derrière eux Harry sortit péniblement de sa transe et sortit de la maison. Snape fermait la marche, le visage toujours d'une impassibilité à toute épreuve.
Le trajet vers la maison fut particulièrement silencieux. Hermione et Draco qui semblait se rapprocher de plus en plus avec les épreuves se tenaient serrés et chuchotaient tranquillement, mais Harry avait l'air nettement moins calme, il ruminait tout en marchant.
En deux grandes enjambées Snape le rejoignit et chemina quelques instants à ses côtés. Indéniablement, quelque chose le turlupinait.
« Un problème ? » osa-t-il.
Harry leva les yeux vers son professeur qui le regardait d'un air inquisiteur. Puis il les rebaissa immédiatement au grand agacement de ce dernier. Potter ne pouvait-il pas arrêter d'éluder les questions de cette façon ? Merlin, quel était le problème avec ce garçon ?
Il choisit de se taire mais continua à marcher à ses côtés, le regard fixé droit devant lui tout en jetant un coup d'œil distrait à Harry de temps à autre.
Au fur et à mesure, il sentit à coté de lui le garçon se crisper comme pour se retenir de parler ou de faire une remarque acerbe.
« Quoi ? » Finit-il par craquer en se retournant sur son passage.
Snape leva un sourcil, satisfait.
« Dit avec tant de respect et d'élégance… » Ricana-t-il. « On dit usuellement comment ou pardon ou bien excus… »
« C'est bon laissez tomber j'ai compris. » Ronchonna-t-il « Pardon, professeur, qu'il-y-a-t-il ? » Singea-t-il, une octave plus haute que sa voix habituelle.
Le maitre des potions fronça les sourcils devant la mauvaise humeur qu'il manifestait.
« Il me semblait avoir fait remarquer auparavant que mon nom était Severus. »
Un silence gênant s'installa et ils marchèrent sans piper un mot pendant un court instant.
« Tout le monde meurt… » finit par cracher Harry presque malgré lui.
« Effectivement… » Fit Snape de sa voix trainante. « Si c'est cela qui te bouleverse autant, je ne peux rien y faire… »
Il savait qu'il se montrait un poil injuste avec le garçon, alors même que celui-ci avait commencé à accepter de se confier à lui. Mais il n'avait pas pu s'en empêcher.
Harry lui lança une œillade particulièrement agacée.
« Ce n'est pas ça que je veux dire ! C'est seulement que… tout le monde meurt… autour de moi...»
Sa voix s'étrangla alors qu'il finissait sa phrase. Son professeur ne fit pas mine d'avoir entendu ce qu'il venait de dire et continua de marcher en silence à ses côtés. Harry se tut et regarda ses pieds, tout en envoyant des coups de pieds à chaque caillou qui avait le malheur de croiser sa route.
Il ne savait pas pourquoi mais quelque chose le poussa à continuer de se confier.
« Je veux dire…Tout le monde meurt… à cause de moi… »
« Comment ça à cause de toi… » Grinça son professeur.
« Vous savez… Quirrel… Cédric… Mes parents… et maintenant, cette vielle dame et peut-être Andy… »
Snape s'arrêta brusquement de marcher et fronça les sourcils en direction de son élève. Il l'observa alors que celui-ci s'arrêtai de même, interloqué par son attitude. L'ado semblait rongé par la culpabilité et le remord.
« Je crois qu'il faut que nous ayons une conversation importante monsieur Potter. Mais pas ici, et pas maintenant.»
Et surtout, pas sans Remus, beaucoup plus doué que lui pour raisonner Harry.
Il repartit en trombe à la suite des autres qui avaient pris de l'avance alors que celui-ci tentait de savoir s'il avait réussi à s'attirer une fois de plus des ennuis ou pas.
A leur arrivée au manoir, Severus prépara un chocolat chaud qu'il mit de force dans les mains d'Harry et le fit s'installer à la table de la cuisine. Il avait mis Remus au courant, celui-ci se trouvait aussi en face de lui et le regardai d'un air inquiet. Harry avait l'étrange impression d'être devenu un cobaye de laboratoire, deux paires d'yeux fixés au-dessus de sa tête.
« Vous comptez m'observer comme ça combien de temps ? » grommela-t-il d'un air maussade.
« On est d'excellent humeur à ce que je vois » Fit remarquer Snape en s'emparant d'une tasse de café qu'il venait aussi de préparer et d'en tendre une à son collègue.
Harry soupira et poussa sa tasse de chocolat chaud hors de sa portée. Il posa la tête dans sa main et observa les deux hommes qui l'observaient aussi. Il n'était pas très bien, certes, mais est-ce que ça valait toute cette mise en scène stupide ? Après tout, il s'était toujours débrouillé tout seul auparavant.
« Bois ton chocolat Harry, ça te fera du bien. » Lui conseilla Remus.
Son estomac semblait lui jouer des tours, il se sentait un peu nauséeux et il ne pensait pas que boire du chocolat chaud lui ferait vraiment du bien. Néanmoins pour plaire au lycanthrope qui le regardai avec inquiétude, il attrapa sa tasse, but une gorgée du liquide crémeux et la reposa devant lui. Une étrange paix s'empara de lui et il regarda d'un air suspicieux le maitre des potions qui, plus tôt, lui avait tendu la tasse. Celui-ci se contenta de lever un sourcil, le défiant de faire tout commentaire.
Il éloigna de nouveau le liquide brulant et soupira, encore une fois.
« Donc… »
« Harry, tu n'as pas l'air d'aller bien… Je m'inquiète, on s'inquiète » se reprit-il « Pour toi. »
Il observa à son tour les deux adultes qui l'observaient.
Remus prit alors place en face de lui sur la table.
« Harry, Severus m'as dit tout à l'heure que tu avais dans l'idée que tes parents étaient morts à cause de toi. C'est ce que tu crois ? »
« Et bien… » Hésita le garçon « En quelque sorte si je n'avais pas été là… »
« Si tu n'avais pas été là, Vol… »
Son collègue derrière lui émit un claquement de langue agacé.
« Tu-sais-qui aurait tué tes parents même si tu n'avais pas été là Harry, tu n'es pas responsable de leurs morts ! » S'exclama Remus « Tu dois comprendre ça ! »
Il regarda ses mains et croisa, décroisa les doigts nerveusement.
« J'ai tué Cédric ! » s'exclama-t-il en relevant les yeux brusquement.
C'était donc ça, pensa Severus, encore cette histoire de Cédric. Il savait que la mort du garçon affectait encore Harry, mais ne pensait pas que celui-ci s'en rendait directement coupable.
« As-tu tué Cédric, Harry ? » demanda l'homme en noir d'un ton brusque.
« Non, pas vraiment… enfin si, en quelque sorte… »
Le maitre des potions se redressa et croisa le regard de l'adolescent en face de lui.
« Tenais-tu la baguette qui lui a jeté l'Avada Kedavra ? » Continua-t-il d'un ton patient.
« Non ! » se défendit-il vigoureusement « Mais je lui aie proposé de prendre la coupe en même temps que moi ! Je l'ai entrainé dans ce piège ! C'est la même chose ! » Hurla-t-il en se levant d'un bond.
Le sorcier en face de lui ne se démonta pas pour autant et posa une main sur l'épaule de l'adolescent pour le forcer à ce qu'il le regarde droit dans les yeux.
« As-tu prononcé le sortilège ? »
« Non mais… »
Il tenta de se défaire de la serre de prédateur qui lui agrippait l'épaule mais celle-ci se fit plus serrée.
« As-tu ordonné qu'on le fasse ? »
« Non mais… »
« Alors, tu n'es aucunement responsable de la mort de Cédric Diggory. Tu-sais-qui… Voldemort… » Concéda-t-il avec un grand effort « Est responsable de sa mort. Il l'a tué, il l'a assassiné, mais pas toi. »
« Mais je lui ai demandé de… » La voix s'étrangla au fond de sa gorge et il retomba sur son fauteuil.
« Savais-tu que la coupe était un portoloin ? »
« Non… »
« Savais-tu qu'elle te mènerais au cimetière ? Vers les Mangemorts ? »
« Non… »
« Alors, au risque de me répéter, tu n'es en rien responsable de cette mort. Cédric Diggory a été tué par l'un des plus grands mages noirs de tous les temps. Par un moins qu'homme, assoiffé de pouvoir. Par un monstre ! »
« Mais… » Hésita-t-il
« Oui ? » l'encouragea le lycanthrope
« J'aurai pu… J'aurai pu l'aider, ou j'aurai pu tuer Voldemort. »
Snape se mit à ricaner.
« Non. Tu n'aurais pas pu ! Décidément, t'enlever cette idée stupide du crane va être une chose plus difficile que prévue. Tu n'es pas le sauveur du monde des sorciers. Tu n'es pas censé débarrasser ce mage noir de la surface de la terre avec l'aide de tes maigres capacités de cinquième année. C'est le moment de me prouver, comme tu me l'as toujours bien fait savoir à Poudlard que la célébrité ne te monte pas à la tête. » Railla-t-il.
« La célébrité ne me monte pas à la tête… » Marmonna-t-il
« Tu n'es pas le sauveur du monde des sorciers ! »
« Ce n'est pas ce que je crois ! » S'agaça Harry
Le maitre des potions frappa la table de son poing.
« Alors prouve-le ! Reconnaitre que tu-sais-qui est le véritable coupable de la mort de Cédric, en est une preuve ! Il est normal de ne pas avoir su le sauver ni l'aider. Tu ne te rends pas compte de la chance que tu as eu d'en réchapper… encore ! »
Harry grogna pour la forme, mais dans son esprit la compréhension de l'idée se fit petit à petit. Il n'était pas responsable de la mort de Cédric, on n'attendait pas de lui qu'il vire voldy de la surface de la terre… intégré ! Mais rose Summers… c'était indubitablement de sa faute.
« Quelque chose d'autre te tracasse Harry » souffla Remus qui regardait le brun qui, tête baissé, recommençait à s'agiter nerveusement.
« Madame Summers, et Andy, ça c'est de notre faute. Si on n'avait pas exploré le tunnel, si… »
Severus était tout à fait satisfait que le garçon comprenne la portée de ses actes, mais pas au point qu'il se sente directement responsable du meurtre de Rose Summers.
« Admettons » murmura Remus « Que vous ayez pu être à l'origine de tous ces bouleversements, mais sincèrement, Harry… Je crois que n'importe qui d'autre aurait pu produire cet effet. Ce monstre n'allait pas rester éternellement tranquille. Il aurait de toute façon, à un moment ou à un autre, attaqué sa mère. Rose Summers jouait avec le feu… Et il l'a tué. Il. Pas toi, pas nous, pas Draco, mais ce monstre-là. Si ça peut te rassurer, ni moi ni Severus ni personne d'autre ne vous accuse de cette mort. Alors pourquoi te punir toi-même, ça n'a aucun sens. »
Il souffla.
« Quand à Andy, il y a des chances qu'il s'en sorte. Minces, mais il y en a. »
Harry hocha la tête, il admit qu'il se sentait mieux. Empoigna sa tasse de chocolat qui avait refroidi. Snape sortit négligemment sa baguette et la pointa vers l'objet. De la fumée en sortit aussitôt. Il but le liquide qui lui réchauffa la poitrine. Libéré, il était libéré. Et pour la première fois, quelqu'un l'avait compris.
La boisson le laissa dans un état de paix somnolente agréable. Il jeta un second coup d'œil interrogateur à son professeur de potion qui fit un léger sourire en coin. Il détourna son regard vers le bord de la table. Il lui restait une dernière chose à faire avant de se sentir mieux.
« Je… je suis désolé. »
« Pour ? » interrogea Remus étonné.
Il prit une profonde inspiration.
« Je suis désolé d'avoir pris le souterrain, de n'avoir pas réfléchi, d'avoir oublié ma baguette, d'avoir failli mourir congelé, de… »
« Je crois qu'on a compris le propos. » L'interrompit Remus en étouffant un petit rire. « Excuses acceptées. »
Il sourit au lycanthrope dont le visage, toujours aussi abimé avait retrouvé sa douceur habituelle. Avec la colère et le souci elle avait disparu du paysage ces deux derniers jours. Plein d'espoir il se retourna ensuite vers Snape qui le fixa sans aucune expression, puis qui acquiesça d'un brusque coup de tête.
Il fit alors le premier sourire qu'il n'avait pas fait depuis longtemps. Il avisa Snape, le sourire toujours jusqu'aux oreilles et lui demande d'un air enjoué.
« Ça veut dire qu'on peut récupérer nos balais ? »
Le temps était parfait pour voler, sec et lumineux, même si la température était très basse et le froid mordant.
Le maitre des potions ricana jaune alors que le garçon le regardait plein d'espoir. Un peu plus et il accédait à sa requête cependant.
« Evidemment que non, monsieur Potter. Allez plutôt rejoindre vos camarades dans la bibliothèque. »
L'enthousiasme d'Harry retomba et en grognant sous son souffle quelques expressions bien tournées sur les professeurs rigides et maniaques il sortit de la pièce.
Il monta en trainant des pieds vers le dernier étage de la maison. En entrant dans la bibliothèque il faillit faire demi-tour. Draco était assis sur la chaise devant la fenêtre et Hermione sur ses genoux. Ils s'embrassaient passionnément. Une vue qu'il n'aurait jamais voulu affronter de sa vie s'il avait eu le choix ! Il allait surement se remettre à déprimer maintenant qu'il avait subi ça...
C'est l'estomac un peu retourné qu'il s'adressa à eux.
« Vous pourriez faire ça autre part… » Grogna-t-il.
Draco se détacha de sa petite amie et le regarda d'un air satisfait.
« Un problème Potter ? »
« Faites-ça plus discrètement, c'est pas hyper agréable de voir mon ex-pire-ennemi embrasser ma meilleure amie… »
Le garçon blond lui fit un deuxième sourire, victorieux, qu'il détesta tout de suite. Hermione descendit sagement de ses genoux et à la satisfaction d'Harry, le regard suppliant et mielleux à mourir de Draco, n'y changea rien.
Celui-ci s'apprêtait à dire quelque chose lorsque quelque chose attira son regard par la fenêtre. Intrigués, Harry et Hermione s'approchèrent aussi. Dehors, une foule de gens était amassée devant les grilles. Ils semblaient particulièrement énervés et agités.
Ils se collèrent sur les carreaux pour essayer d'en savoir plus. Ils virent alors passer une silhouette vêtue de noir, ses capes claquant derrière lui alors qu'il s'avançait vers la barrière de l'autre côté. Snape. De haut, il était difficile de savoir ce qu'il se passait au niveau de la grille de la propriété. Les gens semblaient argumenter avec de grands gestes face au maitre des potions qui les écoutait d'un air impénétrable.
Severus Snape écoutait patiemment les protestations des villageois qui s'étaient accumulés derrière la grille de la propriété. Tout le monde criait en même temps et il ne comprenait rien du tout à ce qu'il se disait. C'est avec soulagement qu'il vit la foule se fendre et laisser passer monsieur Pattermole. Celui-ci se tourna vers les autres pour qu'ils se taisent et se tourna vers Severus.
Ses traits étaient déformés par la rage et l'espace d'un court instant le professeur des potions se demanda s'ils étaient venus pour le lyncher.
« Monsieur Snape, nous avons besoin de votre aide pour aller capturer ce monstre. »
Le ton de sa voix était déterminé et peu importe les obstacles, il semblait qu'il ne s'arrêterait jamais avant d'avoir mis la main sur le Lupus Pestis.
« Maintenant que Rose est décédée, plus rien ne le retiendra et elle ne nous retiendra pas non plus pour lui faire la peau ! »
Snape se retourna et vit que Remus était en train de le rejoindre. Derrière, Harry, Draco et Hermione s'étaient arrêtes sur le pas de la porte, ne sachant pas s'ils pouvaient s'approcher ou pas.
« Qu'est ce qu'il se passe ? » osa Remus.
Snape croisa les bras sur sa poitrine et fit signe à Pattermole de lui répondre.
« Nous allons faire la peau à ce monstre. Pour qu'il ne vienne plus attaquer de jeunes victimes innocentes et détruire la paix de ce village ! »
L'homme qui se tenait devant eux était très loin du Pattermole, désespéré par l'état de son fils qu'ils avaient aidés quelques heures plus tôt.
En entendant ça, Remus pâlit. Il ne voulait pas la mort de Karl Summers, après tout, ce n'était pas de sa faute s'il était…ce qu'il était.
« Neutraliser ce monstre me semble évident, mais est-il vraiment nécessaire de le tuer. »
La haine qu'il lut dans le regard de l'autre lui répondit assez efficacement.
« Je sais où se trouve son refuge. » Déclara Remus « Et je peux vous aider, mais je ne prendrai pas part à un assassinat. Si vous voulez de l'aide, il faudra l'épargner et discuter de son sort calmement, entre nous. Nous n'allons pas le tuer. »
« Ce n'est pas un assassinat ! C'est légitime. Ce monstre a tué assez de monde comme ça et il a failli avoir mon petit garçon. »
« C'est à prendre ou à laisser Pattermole. » Rajouta-t-il catégoriquement.
L'homme sembla réfléchir un instant puis il se résigna.
« Bien. »
Il se tourna vers les autres villageois et leur expliqua calmement la situation. Capturer Karl Summers, ne pas le tuer.
Quand à Remus il se tourna vers son collègue qui approuva d'un signe brusque de tête et qui l'attira à l'écart.
« Tu sais où se trouve ce monstre ? »
Le lycanthrope hésita devant le ton de reproche qui teinta la question de son collègue.
« Oui. Lors de la dernière pleine lune je me suis… baladé. »
« Tu es allé te promener alors que, justement, ce lupus Pestis trainait dans le coin ? » S'étonna-t-il.
« Oui, en quelque sorte. »
« Tu es pire que Potter ! » s'exclama son collègue. « Je n'arrive pas à croire que tu lui fasses la leçon si toi aussi tu négliges toutes les règles de sécurité élémentaires ! Merlin me préserve des âneries des Gry…»
« C'est bon ! Si ça peut te rassurer je ne recommencerai pas et là n'est pas le propos Severus. »
Un dernier défi visuel plus tard, ils s'en retournèrent vers les villageois qui patientaient. Snape balaya du regard la foule qui emblait de plus en plus nombreuse. Il y avait non seulement des hommes mais aussi quelques femmes qui criaient d'un air furieux.
« Je ne pense pas qu'on ait besoin d'être autant pour avoir ce monstre. A l'heure qu'il est, il doit être si faible qu'il doit avoir du mal à brandir une baguette. »
« Monsieur Snape, comprenez-les, ils ont tous besoins d'être ici, même s'ils ne font que nous suivre. Ca fait trop longtemps que l'on vit caché, dans la peur qu'il vienne nous prendre un de nos enfants... Et c'est finalement arrivé. »
« Soit. »
D'un coup de baguette il ouvrit la grille en fer forgé et Pattermole vint le rejoindre.
« Andy va mieux. Il dort profondément et ça fait près de deux heures qu'il ne délire plus. Je vous remercie sincèrement. »
La haine avait été remplacé par de la profonde gratitude. Là encore Snape acquiesça pour accepter les remerciements.
« C'est normal Andrea, ne nous remerciez pas. » Répondit Remus avec un sourire affable.
Snape jeta alors un regard derrière lui, les trois attendaient toujours sagement devant la porte. Il leur fit signe d'approcher.
« Nous allons attraper ce monstre » Annonça Remus « Vous… »
« On peut vous aider ! » proposa Harry, enthousiaste.
« Je ne crois pas Harry. Néanmoins c'est gentil de proposer votre aide. Nous sommes déjà de trop et je doute que des sorciers de votre niveau soit un vrai plus dans l'affaire. »
« Vous ne nous laissez jamais aider. » Protesta, cette fois-ci, Draco.
Snape leur jeta un regard ennuyé. Il lui semblait qu'il avait toujours des conversations de ce genre depuis qu'il habitait avec des adolescents. Et pourtant, il s'agissait bien d'adolescents, pas d'enfants de cinq ans la dernière fois qu'il avait regardé. Pattermole observait la scène d'un air amusé.
« J'allai justement vous proposer de nous aider en allant chercher Meg à l'école… » Dit Remus « S'il vous plait. »
Le visage de Draco tomba. Il s'apprêtait à râler une seconde fois lorsqu'il croisa le regard de son parrain qui le défiait de prononcer un mot. Il se détourna finalement d'un air digne en murmurant qu'on le prenait pour un elfe de maison.
« Les enfants… » Murmura Pattermole. « Figurez-vous que Louis est pareil, il… »
Et il tint la conversation tout le long du chemin vers la demeure du lupus pestis.
Karl Summers s'enfouit plus profondément sous ses couvertures, il avait froid. La dernière fois que du feu avait brulé ici, sa mère l'avait allumé. Il refoula tout au fond de sa mémoire les souvenirs la concernant, c'était trop dur de s'en rappeler.
Il avait fini par la tuer et cet acte le répugnait encore. Et ce, à cause de ses sorciers qui habitait le manoir, son manoir.
Il avait eu de l'espoir le jour où son piège s'était enclenché. Il avait eu l'occasion tant attendu de pouvoir tordre le cou à ces misérables. Mais ça avait raté.
Et cette nuit… il ne s'en souvenait pas. Ou pas encore. Les souvenirs de ses nuits se faisaient de plus en plus rare ces temps-ci. Il se rappelait juste s'être transformé dans l'intention de faire peur à ces villageois trouillards.
Il leva la tête de ses couvertures, aussi vif qu'un animal apeuré. Il croyait avoir entendu du bruit. Il tendit la main vers sa baguette qui se trouvait toujours sous son oreiller mais ne le trouva pas. Il tâtonna quelques instants les couvertures, en vain.
La porte explosa dans un fracas infernal.
Arrivé devant la cabane miteuse, Snape jugea qu'il était préférable de profiter de l'effet de surprise. L'animal devait dormir, il lança donc un sort de bombardement sur la vielle porte rongée par le temps.
Bam. La porte sortit de ses gonds en arrachant la moitié d'un pan de mur. Une fois la poussière dissipée, une ouverture béante leur laissa le champ libre.
Sans qu'il ait pu prononcer un seul mot, ayant l'habitude de commander lors d'opérations du genre, les villageois s'engouffrèrent dans le passage en hurlant comme des possédés.
Impuissants, ils restèrent là avec Remus à observer la scène. On entendit des bruits de combats, même si Snape imaginait mal comment un homme, épuisé par ses transformations nocturnes ai pu se défendre face à une horde de villageois reposés et déterminés à lui faire mordre la poussière.
C'est donc sans surprise qu'ils virent ressortir Andrea Pattermole, satisfait. Derrière lui, les hommes trainaient l'homme encore nu, attaché avec de nombreux sortilèges, Alors que les femmes l'insultait et lui crachait dessus.
Pris de pitié, Remus se précipita et couvrit le malheureux, qui ne se défendait guère. C'était une véritable loque, mais son regard reflétait toujours cette même haine, lorsqu'il vit le lycanthrope s'approcher.
Plus loin, Snape échangeait quelques mots avec l'apothicaire. Il acquiesça d'un signe de tête et Pattermole fit signe aux autres de le suivre hors de la petite clairière. Le maitre des potions rejoignit son collègue.
« Il vont lui fabriquer… une cage et elle restera dans notre propriété. C'est tout ce que j'ai réussi à obtenir d'eux pour qu'ils ne le lynchent pas tout de suite. Ce soir, nous en discuteront au manoir. Quelques représentants de ce village de fous, Pattermole et nous. »
« Bien. » Il contempla la piètre cabane qui ne comportait à présent que trois murs. Il jeta un coup d'œil rapide à l'intérieur et y entra.
Il n'y avait que très peu de mobilier. Seul un vieux coffre faisait office de rangement, près de la cheminé. Snape l'ouvrit et analysa son contenu.
Des vieux vêtements usés jusqu'à la corde, divers objets hétéroclites qui devaient avoir une signification pour l'homme.
Il plongea au fond et mis la main sur un objet dur. Un livre. Il le feuilleta. Ce n'était pas un livre mais un journal intime, dont la dernière entrée datait d'au moins quinze ans.
Sur la première page était collée une photo. Une famille souriait, couleur sépia. Les mains s'agitaient vaguement mais elle était presque fixe.
Trois filles, deux garçons, Rose et un homme effacé mais au regard bienveillant.
« Les Summers… » Souffla Remus au-dessus de son épaule.
Ils jetèrent un dernier regard à la pièce et considérant qu'il n'y avait plus rien d'intéressant, ressortirent.
Le soir même, Hermione Harry et Draco avaient formés un conciliabule dans la chambre de la jeune fille. Exclus de la réunion, ils pestaient, encore.
« Tu sais, je suis sure qu'ils n'ont mis aucuns sortilèges d'impassibilité sur la porte. » Dit Hermione « Ils n'en auront pas eu l'idée. »
« On se ferai repérer tout de suite. » Contra Draco
« J'ai encore les oreilles des jumeaux… » Réalisa Harry.
Ils échangèrent un bref regard et tombèrent tous les trois d'accord. Les deux adultes faisait tout leur possible pour les tenir à l'écart de la discussion, qu'à cela ne tienne, ils s'y invitaient.
Moins d'une minute plus tard, Harry fit descendre le fil de couleur chair en direction de la porte de la salle à manger. Après un court instant, ils parvinrent à capter quelques voix.
« …expliqué pourquoi nous refusions de l'exécuter Monsieur Park ! Ce n'est pas un animal dangereux et hors de contrôle, c'est un humain forcé de se transformer en bête. »
« Je suis d'accord avec Remus. » s'éleva une seconde voix qu'ils identifièrent comme celle de l'apothicaire. « Si mon fils avait subi cette malédiction, l'auriez-vous exécuté de sang froid ? »
« C'est différent ! » s'insurgea une troisième voix. « Vous auriez su contrôler votre fils. »
« Comme Rosie c'est ça ? » S'exclama l'apothicaire. « Vous rêvez, Piers ! »
La conversation était particulièrement houleuse et ça faisait déjà une bonne demi-heure qu'elle avait commencée. Severus s'appuya sur le dossier de sa chaise d'un air ennuyé et se mit à réfléchir à la meilleure solution qui inclurait de ne pas tuer l'animal. Dehors, on entendait des hurlements. Karl Summers s'était surement déjà transformé, et se retrouver en cage ne devait pas être une partie de plaisir.
Son regard se posa sur la porte et il aperçut une chose informe, de couleur chair, se faufiler en dessous. Intrigué, il se leva alors que Remus l'interpellait.
« Severus, où vas-tu ? »
Sitôt que ces mots avaient franchis les lèvres de son collègue, la masse informe s'éclipsa. Ça devait surement être un coup de Potter !
« Severus où vas-tu ? »
La porte s'ouvrit. Instinctivement, Harry tira sur l'oreille et entreprit de la ré-enrouler pour s'éclipser bien vite, mais quelque chose l'en empêcha. Intrigué il releva la tête et se trouva nez à nez avec un maitre des potions au sourire crispé qui tenait l'autre bout de l'oreille par la main.
« On dirait que vous ne pouvez vraiment pas vous empêchez de fouiner partout tous les trois. Debout ! »
Les trois s'adolescents s'aperçurent que d'instinct, ils s'étaient assis par terre lorsque la porte avait claqué. Pour être plus discret ? En tout cas ça n'avait pas fait ses preuves.
Ils se relevèrent d'un air pitoyable devant les sourcils froncés de leur professeur.
Celui-ci tira d'un coup sec sur le fil et Harry lâcha l'oreille. Il la fit disparaitre dans sa poche et croisa les bras.
« Bien, je suppose que vous allez trouver des tas d'autres moyens de nous désobéir si je pars maintenant alors vous pouvez assister à la réunion. Exceptionnellement. »
Il vit un sourire satisfait grandir sur les lèvres de ses élèves.
« Descendez. »
Il s'effaça pour le laisser passer et lorsqu'Harry passa devant lui, il lui colla une taloche derrière la tête.
« Aie. » S'offusqua celui-ci, indigné malgré la faiblesse du coup.
« Ne t'attends pas à revoir ces oreilles avant longtemps. »
Harry acquiesça et fit un faible sourire, tout en continuant à se frotter vigoureusement et dramatiquement le crane.
Et c'est ainsi que quelques instants plus tard, les villageois virent débarquer dans la salle trois adolescents légèrement châtiés mais fier d'être parvenus à se faire accepter à la réunion. Snape leur désigna des chaises dans le coin et leur lança un regard menaçant puis, se réinstalla dans son propre siège.
« Ou en étions-nous. »
Harry vit alors un petit homme rougeaud et court sur patte et associa sa voix au dénommé Park.
« Nous en étions à nous demander quelle serait la meilleure solution que de le tuer, Snape ! »
L'homme en noir leva un sourcil.
« N'existe-t-il pas un lieu, une sorte de réserve où les gens comme lui sont en sécurité ? » Osa une dame à la voix fluette.
Le silence s'installa, personne n'ayant jamais entendu d'un tel endroit.
Pourtant, Hermione était sûre d'avoir déjà lu quelque chose à ce sujet. Réserve de… réserve de… Chevils ! Aux Etats-Unis.
Elle faillit interrompre la conversation mais se retint juste à temps. Quand la réserve avait-elle été mise en fonction ?
Elle tenta de se remémorer dans quel livre elle avait lu une telle information, surement dans n livre histoire de la magie. Voilà ! En troisième année, Binns lui avait expliqué ! Le réserve de Chevils avait été ouverte en 1935 et fermé en 1945 par manque de membres !
« Chevils ! » Cria-t-elle alors.
Aussitôt elle sentit les regards -interloqués, ennuyés, énervés- des gens dont elle avait interrompu la conversation. Elle se rétracta imperceptiblement dans son siège et s'excusa.
Severus savait qu'il ne fallait jamais négliger les idées d'Hermione, après tout, elle retenait tout ce qu'elle lisait et possédait en sa connaissance, un amas d'information toujours très utiles.
« Nous vous écoutons miss Granger. » L'encouragea-t-il
Elle ne s'offusqua pas du formalisme avec lequel Snape s'était adressé à elle, cela lui donna un peu plus de courage.
« La réserve de Chevils, aux Etats-Unis. Elle est ouverte depuis… pas très longtemps » se rattrapa-t-elle en se souvenant qu'ils étaient en 1942. « Elle se situe dans le nord-est mais… je n'en sais pas plus. »
Le professeur de défense la gratifia d'un grand sourire. Comme lui n'avait-il pas pu y penser ?
« Effectivement. » Reprit-il la parole « Il est possible de demander qu'on le transfère là-bas. Il ne nuira plus au village de cette façon et là-bas non plus, ne nuira à personne. »
« Excellente idée Miss Granger. » Renchérit Snape
Elle rougit comme à son habitude et Draco lui fit un baiser discret sur la joue.
La réunion tarda encore une heure et demi, malgré l'excellente idée d'Hermione les habitants ne parvenait pas à s'accorder. Et lorsqu'ils se furent mis tous d'accord sur le transfert de Karl Summers, il leur fallait encore régler une foultitude de détails ennuyant. Draco tenta d'attirer discrètement l'attention de son parrain pour qu'ils puissent sortir de la pièce mais celui-ci refusa net.
« Il faut savoir ce que vous voulez… » Ricana-t-il « Maintenant vous assumez. »
Mais il prit pitié d'eux un quart d'heure plus tard car ils s'étaient tous les trois assoupis sur leurs chaises. D'un signe de tête il les congédia et, trop heureux, ils fuirent vers leurs lits.
C'est donc satisfait que les deux professeurs rejoignirent leurs lits respectifs une demi-heure après. Dès demain, le conseil du village organiserait le transfert vers les Etats-Unis de Karl Summers à l'aide d'un employé du ministère.
Mais ils ne s'attendaient certainement pas à ce qu'ils trouvèrent le lendemain dans leur jardin.
Tchuss!
