Bêta : Rin Yumii & Smilarah


Bonjour à tous ! Je voudrais simplement m'excuser pour deux choses : la première est le temps que cela m'a pris pour poster ce chapitre. La seconde : j'ai fais des petites modifications questions mise en page et sur d'autres petits points. J'espère que cela ne gênera pas votre lecture, je vous embrasse !


Chapitre 14


Sirius était littéralement en train de devenir fou - peut-être plus fou que le Chapelier Fou en personne !

Il avait écumé tous les livres de la bibliothèque familiale et pas un seul d'entre eux ne lui avaient apporté les réponses qu'il désespérait de trouver en ce qui concerne la tapisserie. Il finit par abandonner ses recherches, décidant d'y revenir plus tard. À la place, il se concentra sur un livre qui semblait être aussi vieux que Poudlard. La curiosité prenant le dessus, il s'empara de l'ouvrage fermé par une lanière de cuir défraîchie et l'emmena en bas avec lui.

C'était sa petite cousine, Nymphadora Tonks qui montait la garde aujourd'hui. Le reste des membres de l'Ordre étaient soit à leur travail respectif, soit sur le Chemin de Traverse pour les achats de l'année scolaire qui arrivait. Nymphadora avait la tête couché sur la table et une expression d'ennui mortel sur le visage.

– Je n'arrive pas à croire que je suis coincée ici. Sans vouloir t'offenser Sirius, mais je désespère pour un rayon de soleil, lança-t-elle, ses cheveux tournant au cuivré démontrant son aigreur.

– Désolé petite-cousine, s'excusa Sirius, embarrassé.

– C'est bon, Sirius. Tu dois devenir dingue à rester enfermé ici. Maintenant, je sais ce que tu ressens, se plaignit-elle avant de se lever et de s'étirer.

Sirius soupira et s'installa sur le canapé, le livre ouvert entre ses mains.

– Siri… au fait, je ne sais pas si tu as remarqué, mais la tapisserie s'est mise à briller. Une idée de la raison ? demanda la jeune femme, ses cheveux prenant une teinte jaune pâle.

– Je n'en suis pas sûr. Et ça commence vraiment à me taper sur les nerfs. Si tu veux mon avis, j'aurai certainement déjà ma réponse si Molly n'avait pas jeté aux ordures une bonne partie de la bibliothèque, répondit-il, fulminant au seul nom de Molly Weasley.

Autant il appréciait que Molly et les autres s'occupent du nettoyage, autant il était devenu assez possessif envers les artefacts, les livres et autres objets présents dans la maison. Il ne pouvait toujours pas se l'expliquer lui-même, mais pour une certaine raison, il souhaitait préserver les choses que sa famille possédait depuis des générations.

– Ah. Je me souviens que maman m'avait dit qu'elle avait été balayée de la tapisserie familiale, mais à l'y voir maintenant…, fit Tonks en s'approchant du mur sur laquelle elle était gravée, ses cheveux tournant au bleu pâle, on ne dirait pas qu'elle l'ait été.

La jeune femme plaça son index sur son menton, plongée en pleine réflexion.

– C'est vrai et il y a d'autres nouveautés aussi, murmura Sirius. Je ne sais pas pourquoi elle continue à se modifier. Ça a été la même comédie depuis le début de l'été.

Il tourna quelques pages du livre qui traitait des 'Forces du Mal et de leurs pouvoirs'.

– Tu ne peux pas nier que ça la rend plus engageante, tu ne crois pas ? sourit Tonks.

Sirius leva les yeux de son bouquin et la fixa avant de planter son regard sur la tapisserie en question. C'est vrai que la tapisserie de la plus ancienne et plus noble maison des Black paraissait plus soignée, plus moderne et intéressante comme elle était maintenant. Son attention fut une fois de plus retenue par les motifs qui s'étaient ajoutés sur certains membres de sa famille.

– Pourquoi ça ne touche que certaines personnes et pas d'autres ? On dirait que Bellatrix s'est mise à cracher du sang, remarqua Tonks, sa curiosité prenant le pas.

Sirius soupira une nouvelle fois, ne voulant pas relâcher sa frustration sur sa petite-cousine. Il ferma son livre et s'en débarrassa avant de se relever et de s'approcher à son tour. La tapisserie brillait maintenant d'un gris pâle. Ses yeux se fixèrent sur le visage de sa cousine psychotique. L'auréole sanglante était toujours bien incrustée.

Tonks eut soudain l'idée miraculeuse de faire appel à Kreattur et Sirius grogna presque.

Un 'pop' sonore signifiant son arrivée retentit.

– Qu'est-ce que la Sang-Mêlée peut bien vouloir de Kreattur ? coassa l'elfe.

Bien, voilà donc la chose la plus gentille que Kreattur ait dite depuis qu'il était revenu. Dumbledore aussi avait droit à sa part d'insultes.

– Kreattur, qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ? demanda Tonks en pointant le halo rouge entourant Bellatrix et Walburga.

– Kreattur ne sait pas ce que veulent dire les couleurs entourant les membres de la plus ancienne et plus noble maison des Black. La tapisserie détient une magie ancienne. Une magie ancestrale, dit-il.

Ça faisait déjà plus d'informations que les dernière fois que Sirius lui en avait parlé. D'un autre côté, Kreattur semblait presque en parler comme s'il savait quelque chose qu'eux ne savait pas.

– Quel genre de magie ancestrale ? le questionna Sirius, lançant un regard noir à l'intention de son interlocuteur.

Kreattur parut y réfléchir à deux fois et ses traits s'étirèrent de manière à le rendre encore plus désagréable à l'œil qu'habituellement. Sirius ne put s'empêcher pourtant d'être surpris lorsque l'elfe se décida de leur donner une réponse.

– La magie familiale, et dans ce cas, celle de la maison des Black. Ce type de magie est la plus puissante de toutes, raconta Kreattur avant de boitiller en dehors de la pièce, murmurant pour lui-même à quel point la réponse que cherchait Sirius sur la tapisserie et son fonctionnement était évidente.

– Il est méprisable ! Il savait ce que c'était bien avant que ça n'arrive, ragea-t-il.

– De la magie familiale ? Comment est-ce que ça marche Siri ? s'enquit l'auror.

Tonks s'estima chanceuse d'avoir réussi à calmer son cousin avec cette question. Il aurait certainement jeté Kreattur à la porte si elle ne l'avait pas fait.

– Ce type de magie est difficile à expliquer et à comprendre Nymphadora, dit-il, souriant à l'utilisation de son prénom.

Ses cheveux prirent une couleur pourpre et elle lui donna un coup sur l'épaule.

– Ne m'appelle pas comme ça ! grogna-t-elle.

Sirius se mit à rire doucement en frottant son bras.

– Quoi qu'il en soit, si ma mémoire ne me fait pas défaut, la magie de la famille des Black coule dans les veines de tous les membres de la famille. Toi, Andromeda, Narcissa, et, même si je déteste me l'avouer, Bellatrix aussi. Vous et moi partageons tous la magie des Black, expliqua-t-il en continuant de scruter la tapisserie.

– Et, c'est une bonne ou une mauvaise chose ? demanda-t-elle, haussant un sourcil redevenu violet en même temps que sa tignasse.

– Ça dépend de qui l'utilise, murmura-t-il en soupirant, presque désespéré.

Il fallait qu'il se replonge dans ses recherches : les nouvelles informations qu'il détenait maintenant ne pouvaient que le rapprocher de la vérité.

– Je vais retourner à la bibliothèque. Tu veux te joindre à moi pour explorer cette nouvelle piste ? la questionna-t-il.

Les cheveux de la jeune femme tournèrent au jaune pâle, montrant son excitation. Elle acquiesça vivement.

– Je ferais n'importe quoi plutôt que de me morfondre toute la journée ! sourit-t-elle avant de suivre Sirius jusque dans la bibliothèque en question.

Ça allait encore être une (autre) longue journée de recherches.

.

Luna Lovegood était à Pré-au-Lard avec son père, Xenophilius, pour déposer des copies du dernier numéro du Chicaneur aux Trois Balais et à la Tête du Sanglier. Elle se tenait à l'extérieur, assise sur un banc, profitant du soleil tout en observant les allées et venues dans les rues du village sorcier. Elle portait ses habituelles boucles d'oreilles en forme de radis et son collier de bouchon de Bièraubeurre.

La jeune fille se demandait bien dans quelle montagne suédoise elle pourrait dénicher un ronflak cornu lorsque quelque chose attira son attention. Elle fixa Zonko qui se trouvait pile devant elle et découvrit un impressionnant oiseau blanc sautillant sur le toit de la boutique. Celui-ci s'arrêta juste au bord et scruta l'entrée du village.

Luna elle-même songea que ce comportement était anormal et se demanda un instant si les nargoles ne pouvaient pas envahir l'esprit des animaux. Elle se leva et s'approcha de la boutique, ne quittant pas une seconde l'oiseau des yeux. Ce n'était pas une colombe. L'animal était bien trop large pour que ça en soit une. C'était un corbeau. Elle se sentit sourire avant de se décider enfin à lui adresser la parole.

– Bonjour toi. Tu es perdu ? demanda-t-elle.

La Serdaigle ne s'attendait pas à ce que l'oiseau en question baisse son regard sur elle. Elle remarqua tout de suite ses petits yeux violet brillants d'intelligence. C'est quelque chose qui lui plu tout de suite chez lui.

– Eh bien, quels beaux yeux tu as là, le complimenta-t-elle avec légèreté.

Le corbeau croassa avant de décider de descendre de son perchoir et de se poser sur son épaule. Ses yeux violets la fixait comme si elle était la chose la plus intéressante que le monde avait à offrir. Elle nota aussi une bande de tissu rouge accroché à sa patte.

– Tu dois appartenir à quelqu'un. Peut-être que cette personne se trouve quelque part ici ? imagina-t-elle.

L'oiseau croassa une nouvelle fois et battit des ailes en signe d'affirmation. Luna sourit et commença à se promener. Les serres de l'oiseau étaient plantées dans son épaules mais ça ne la dérangeait pas plus que ça.

– Tu dois être un oiseau vraiment spécial pour attendre quelqu'un ici. Ça ne te dérange pas que je te tienne compagnie en attendant, n'est-ce pas ? proposa la blonde, l'air rêveuse.

Le corbeau balança sa tête d'avant en arrière avant de fourrer son bec dans les cheveux de la blonde. Elle lui fit un sourire lumineux et continua de se promener dans les environs de Pré-au-Lard, lui parlant comme si elle était avec un vieil ami.

– J'ai un peu peur pour l'année prochaine. J'espère que les héliopathes ne viendront pas m'embêter. Mais… ça ne m'étonnerait pas s'ils viennent quand même, dit-elle, rêveuse.

Le corbeau ivoirin claqua son bec comme pour poser une question.

– Oh ! mais je ne t'ai pas encore parlé des héliopathes c'est vrai ! Eh bien, tu vois…

Elle s'apprêtait à lui parler des esprits du feu lorsqu'elle entendu une voix derrière elle.

– C'est donc là que tu te cachais, maudite créature, grommela une voix agréable à l'oreille juste derrière elle.

Luna se retourna. Devant elle se trouvait un homme plutôt grand, habillé de manière très convenable aux cheveux bruns attachés en queue de cheval et dont les yeux était d'un brun noisette. Il avait une cicatrice qui fendait son visage de la tempe jusqu'à la mâchoire et une autre, impressionnante, le long de son cou. Il paraissait plutôt jeune mais quelque chose au fond de son esprit - les nargoles sans doute - lui disait que cet homme n'était pas qui il prétendait être. Elle pouvait pourtant dire qu'il était sans danger pour elle. Il souriait, non pas à elle, mais à l'oiseau perché sur son épaule.

– Bonjour miss, je vois que tu as mon familier sur ton épaule, dit-il, gloussant presque.

– Ah oui. C'est vraiment un bel oiseau, mais je n'ai pas réussi à obtenir son nom, répondit-elle tandis que le corbeau sauta de son épaule et vola jusqu'à l'inconnu.

La créature se percha sur son épaule et il tapota le bout de son bec.

– Je pensais que tu allais m'attendre, ma fille, rouspéta-t-il et l'oiseau lui mordilla les doigts.

– Elle a un bon tempérament, nota Luna en souriant.

– Oui, Almalthea est un spécimen assez intéressent. Têtue, sournoise pour ne dire que ça, mais intéressante.

– Almalthea… c'est un joli nom, souligna Luna rêveusement.

– Oui, un joli nom pour un bel oiseau, dit-il souriant vers l'oiseau en question.

Le corbeau croassa plusieurs fois avant de s'accrocher pleinement à l'épaule de l'homme.

– Miss, puis-je te demander ton nom afin de pouvoir proprement te remercier pour avoir garder un oeil sur mon familier ? s'enquit-il avec gentillesse.

Luna resta silencieuse pendant quelques secondes avant de se remettre à sourire rêveusement.

– Luna Lovegood, répondit la Serdaigle avec légèreté.

– Lovegood ? Je présume que ton père est l'éditeur du Chicaneur dans ce cas ? la questionna-t-il en souriant légèrement.

– Oui, c'est exact. Est-ce que vous lisez le journal de papa ? demanda-t-elle, rayonnante.

– Je n'ai lu que quelques articles, mais je dois dire que ton père à un point de vue très intéressant, déclara-t-il calmement.

– Merci. Je dirais à papa que vous aimez ce qu'il écrit, dit-elle en souriant.

Une personne qui lisait le journal de son père et l'appréciait ne pouvait pas être une mauvaise personne après tout.

– Très bien. Je vais devoir y aller miss Lovegood, dit-il en attrapant une montre à gousset cachée au fond de sa poche. Il l'ouvrit, vérifiant l'heure. J'ai bien peur d'être en retard pour mon entrevue si je reste plus longtemps.

– Oh, j'espère que vous n'allez pas tomber sur trop de devonsnipes. Ils font perdre la notion du temps et de l'espace de ceux qu'ils attaquent. Ce sont des créatures assez agaçantes, le prévint-elle, l'air sincèrement inquiète.

L'homme la scruta étrangement avant de rire, un sourire aux lèvres.

– Je ferais attention alors, la rassura-t-il puis il tourna les talons et s'en alla non en direction du village mais en direction du château.

La blonde attendit que l'homme et son familier aient disparus avant de reprendre.

– J'espère qu'il sera un meilleur professeur que ses prédécesseurs…, dit Luna, ses yeux ses yeux se mettant à fixer le vide.

Enfin, après un moment, elle arrêta de divaguer et fronça les sourcils.

– Il ne m'a même pas donné son nom, dit-elle en faisant la moue avant que la voix de son père ne résonne non loin derrière elle.

Peut-être le rencontrera-t-elle une nouvelle fois plus tard. Elle voulait encore discuter avec le magnifique corbeau ivoirin, Almalthea, et tout lui raconter sur les héliopathes. La blonde sourit et son esprit s'éclaira l'espace de quelques instants.

Les choses ont commencé à bouger et, quoi qu'il arrive, j'espère que je serais là pour en être témoin, pensa-t-elle avant que son esprit ne s'embrouille une fois de plus.

.

– Tu avais dis que tu m'attendrais, dit Regulus en lançant un regard noir au corbeau ivoirin qui se tenait non loin dans la calèche qui les menait tout deux à Poudlard.

Le corbeau croassa sèchement et on eut presque l'impression qu'il se moquait du vert et argent, puis la créature se transforma et Zoé apparut devant lui. Elle portait une robe blanche et était pieds nus. La bande de tissu qui était accrochée à sa cheville s'était elle aussi transformée et n'en restait plus à présent qu'un chaine rougeoyante bien attachée au même endroit. Ç'avait été son idée. Ses cheveux étaient rassemblés en une tresse lâche et elle souriait franchement.

– Tu as pris trop de temps. Je volais au dessus du village et j'ai commencé à m'ennuyer. Pré-au-Lard est un endroit original en tout cas. Le loyer n'est pas trop élevé en plus et les gens sont sympathiques. Au fait… Almalthea ? le questionna-t-elle en se mettant en tailleur sur son siège.

– Ça te va bien tu ne crois pas ? sourit-il.

– D'après le troisième satellite de Jupiter ? Ou d'après la mythologie entourant l'enfance de Zeus ? demanda-t-elle, un demi sourire aux lèvres.

– Je pensais à… 'tendre divine' [1]. Ça me paraissait bien t'aller d'une certaine manière, rit-il.

– Ah, tendre, c'est ça ? rit-elle à son tour, d'un air moqueur. Je pense que la folie a enfin atteint ton cerveau.

Elle secoua la tête, rejetant totalement cette version des faits.

– Mais bon, on fera avec pour l'instant, continua-t-elle en grimaçant. Cette Luna Lovegood… c'est une jeune fille intéressante.

Elle croisa les bras sur sa poitrine et se cala plus confortablement dans son siège.

– Je ne pensais pas que Xenophilius aurait une descendance, murmura Regulus entre ses dents.

Xenophilius Lovegood comme il le connaissait à Poudlard était aussi dingue et observateur que sa fille. Bien sûr, son statut de Sang-Pur le protégeait un tant soit peu. Être considéré comme fou ou étrange permettait que son entourage le considère moins dangereux qu'il ne l'était réellement. Regulus avait lu un numéro du Chicaneur il y a peu en allant au Chaudron Baveur et ceux qui étaient intelligents pour les voir ou qui étaient spécialisés dans l'art de la codification, lirait et verrait que des informations étaient glissés entre les lignes sur des sujets divers ou même sur des personnes : c'était ce qui se cachait vraiment derrière l'apparence un peu excentrique du Chicaneur. Regulus se demanda immédiatement si Xenophilius était un autre des nombreux contacts de Zoé.

– Cette fille me rappelle quelqu'un, mais je ne me souviens pas qui... , dit-elle en regardant le paysage à travers la vitre.

– Si elle ressemble bien à son père, je ne m'embêterais pas trop si j'étais toi, suggéra-t-il.

– Je l'ai sur le bout de la langue…, continua-t-elle.

Zoé finit par abandonner.

– Ça reviendra sûrement plus tard, et elle se changea une nouvelle fois, redevenant un corbeau.

La calèche se stoppa et la porte s'ouvrit pour le laisser sortir. Regulus tendit son bras pour Zoé, ou plutôt Almalthea sous cette forme et elle s'y accrocha.

En sortant de la calèche, il remarqua le Sombral qui la tirait. Almalthea sur son épaule, il s'approcha et caressa la créature avant de s'en désintéresser au profit du château. Il sentit un pic de nostalgie l'envahir en voyant les tours s'élever haut dans le ciel. L'espace d'un instant, ce fut comme s'il était redevenu élève. Il prit une grande inspiration avant d'entendre des bruit de pas s'approcher. Le vert et argent se tourna sur sa gauche pour voir un homme assez large marcher dans sa direction.

Hagrid. Alors il est toujours là, pensa-t-il.

– B'jour ! Vous d'vez être le prof'sseur Whitestone. C'est ça ? Moi c'est Hagrid. Gardien des clés et des lieux à Poudlard. Aussi pr'fesseur de soins aux cré'tures magiques. Ravi d'vous rencontrer, salua le demi géant barbue, ses petits yeux noirs brillants.

Professeur ? C'est vrai que les demi-géants avaient tous une certaine affinités avec les créatures magique, mais Hagrid ? Salazar…

Regulus blêmit légèrement.

– En d'autres mots, vous êtes mon collègue, c'est ça ? Ravi également, dit-il poliment.

Almalthea croassa et mordilla Regulus.

– Ah, et voici mon familier, Almalthea, la présenta-t-il en lui jetant un regard noir.

L'oiseau croassa une nouvelle fois, tournant ses yeux vers le demi-géant.

– Vous m'avez ram'né un très bel oiseau dis-donc ! s'exclama Hagrid.

– Oui, un très beau spécimen. Je l'ai obtenu d'un éleveur d'outre-mer, raconta-t-il en riant légèrement.

Almalthea croassa et gonfla son plumage, l'air très fière d'elle avant de redevenir silencieuse.

– Ah je sais ce que c'est. Enfin, j'suis là pour vous montrez l'chemin jusqu'à la Grande Salle. Suivez moi, dit-il en agitant sa main pour lui indiquer la direction.

Regulus suivit donc, et ils reprirent un semblant de conversation.

– Alors v'z'êtes le nouveau prof'sseur de défense ? On d'vrait vous r'mercier d'avoir accepté, dit Hagrid.

Regulus savait reconnaître une opportunité quand il en voyait une et il n'allait pas laisser passer sa chance de faire parler le demi-géant. Ce n'était un pas un mauvais bougre, mais ce n'était la première lumière non plus.

– Vraiment ? Je pensais pourtant qu'il devait y avoir un bon nombre de candidats pour ce poste, commença-t-il.

– Oh, nan, après c'qui c'est passé l'année dernière, le nombr' d'candidats a diminué, raconta-t-il en riant légèrement. L'Ministère nous aurait envoyé quelqu'un si vous n'vous étiez pas présenté. Dumbledore a tout d'suite accepté.

– Vraiment ? Je frissonne rien qu'à l'idée de ce qui arriverait à Poudlard si le Ministère commencait à fourrer son nez dans les affaires de l'école. Je peux comprendre que le Conseil d'Administration soit appelé en cas de besoin, mais le Ministère ? en rajouta Regulus.

– Bien, tout Poudlard vous r'mercie pour vot'e candidature. En espérant qu'vous soyez pas com' Gilderoy Lockhart. Un bel empoté s'vous voulez mon avis, déclara Hagrid, l'air sincèrement content qu'il soit là à la place.

Après avoir traversé la cour, ils entrèrent et passèrent de couloirs en couloirs jusqu'à se retrouver devant une large porte à double battants. Ils s'ouvrirent d'eux-même pour révéler la Grande Salle qui se cachait derrière. Regulus se sentit somme toute nostalgique et emprunt d'humilité en entrant. D'une certaine manière, il était reconnaissant qu'on l'ait ramené du royaume des morts pour voir ça.

Suivant Hagrid plus loin dans la pièce, il remarqua les autres professeurs rassemblés à l'autre extrémité de la salle et installés autour d'une table circulaire métamorphosée. Sans l'ombre d'un doute l'œuve de Dumbledore. Tandis qu'ils approchaient, le visage barbu et les yeux bleu pétillants du directeur se levèrent vers lui. Regulus remarqua tout de suite qu'il n'avait pas tant changé depuis la dernière fois. Du bout de son chapeau aux couleurs scandaleuses de ses robes : son sens du style n'avait pas évolué d'un scroutt à pétard.

– Ah ! Hagrid, merci d'avoir accompagné notre nouvel arrivant jusqu'ici, le remercia le vieux sorcier d'une voix bienveillante.

– Bien sûr, professeur Dumbledore, répondit avec fierté le demi-géant, avant de prendre la place vide entre McGonagall et une jeune sorcière blonde.

Minerva McGonagall n'avait pas non plus beaucoup changé. Ses cheveux étaient un peu plus grisonnant que d'habitude, mais son visage était toujours aussi sévère.

– Amis et professeurs, je vous présente Mr Rex Whitestone. Il sera notre nouveau professeur de défense contre les forces du mal pour cette année. J'ose espérer que votre voyage jusqu'ici s'est bien déroulé ? s'enquit avec politesse le directeur.

Regulus sourit et hocha la tête.

– Parfaitement. J'aimerais également vous remercier de me donner l'opportunité d'enseigner dans cette école, dit Regulus en s'inclinant légèrement.

– Bien sûr, bien sûr mon garçon.

Regulus grimaça intérieurement aux derniers mots.

– Si vous voulez bien prendre place aux côtés de Severus, nous pourrons débuter à réfléchir sur les arrangements pour l'année à venir, termina Dumbledore et il sortit sa baguette blanche pour faire apparaître un siège à côté d'un homme vêtu de noir.

Severus Snape ? C'est surprenant, pensa Regulus alors qu'Almalthea qui avait décidé de survoler la salle revint se percher sur le haut du siège.

– Quel magnifique oiseau coloré vous avez là, M. Whitestone, le complimenta Dumbledore.

– C'est vrai, il en existe peu de sa race comme elle, concéda Regulus en prenant place.

C'était intéressant d'être assis à côté de quelqu'un avec qui il avait travaillé lors de ses plus jeunes années. La dernière fois qu'il avait entendu parler de Snape, celui-ci était divisé, souhaitant quitter les services du Seigneur des Ténèbres mais conscient qu'il serait très certainement exécuté s'il essayait. Il se souvenait encore des derniers mots qu'ils avaient échangés avant que leurs chemins ne se séparent. Regulus avait trouvé un moyen de quitter la Cause et avait dit à Severus qu'il préférait encore mourir que de s'incliner plus longtemps devant ce cinglé. Effectivement, il en était mort. Il adressa un hochement de la tête courtois au mangemort et celui-ci fit de même. Severus avait vieilli depuis qu'il l'avait vu, mais le temps n'avait pas fait du si mauvais travail finalement.

Dumbledore joignit ses mains pour gagner leur attention et présenta chaque professeur à Regulus afin qu'il puisse tous les reconnaître. Après quoi, il en revint à leurs affaires.

– Maintenant que nous nous sommes tous présentés, je vais commencer par vous informer que cette année, nous accueillerons un représentant du ministère venu examiner notre façon de travailler, ici à Poudlard. Cette personne sera dotée des mêmes privilèges que chacun d'entre vous. Depuis l'incident de l'année précédente…

Regulus repensa à la mort de Cedric Diggory… Combien de litres de sang devraient être versés pour mettre fin au règne de Riddle pour de bon ?

– … et gardera un oeil sur certains professeurs en particulier, finit Dumbledore en souriant vers le serpentard.

– Qui sera le représentant en question ? demanda Pomona Chourave.

– Minerva, pourriez-vous me rafraîchir la mémoire ? demanda Dumbledore à McGonagall.

La femme à l'air strict fronça légèrement les sourcils avant de prendre la parole.

– Dolores Ombrage, dit-elle.

Regulus serra les dents tandis que des protestations s'élevaient. Bien entendu. Le crapaud qui suivait Fudge partout. Joie. Bien, il allait devoir prendre le taureau par les cornes dans ce cas. Il faudrait aussi qu'il retrouve le carnet de chantage de sa tante Cassiopea. Ça pourrait lui être d'une grande aide dans le futur.

– Allons, allons, ne nous en faisons pas tant. Étant donné que c'est le Conseil d'Administration de Poudlard qui l'a choisi, nous nous en sortirons très bien, les rassura Dumbledore en essayant de calmer les enseignants.

– C'est ridicule, railla Severus.

– Je ne pourrais pas être plus d'accord. Pourquoi n'envoie-t-il pas quelqu'un qui a de l'expérience dans le monde de l'éducation ? Ce serait certainement un choix plus sage, avança Regulus.

Les plaintes se poursuivirent jusqu'à ce que les portes s'ouvrent une nouvelle fois. Et dire qu'il pensait avoir tout vu.... La nouvelle arrivante était vêtue aux couleurs d'un vert insipide et portait un bandeau sur son front. Ses cheveux étaient ondulés en quelques frisottis et à son cou étaient pendues/pendaient des chaînes dorées. Les verres de ses grosses lunettes étaient légèrement embrumés et elle trébucha jusqu'à eux.

Juste au moment où je commençais à penser que ça ne pouvait pas être pire… Eh merde.

Il pouvait d'ici entendre les protestations stridentes de sa mère.

– Et c'est maintenant qu'elle arrive, lâcha McGonagall véhément.

– Qui…

Regulus apprenait à jouer son rôle de nouveau professeur plutôt facilement.

– "Ah, c'est juste Sybil Trelawney. Elle est toujours en retard pour ce genre de réunion," combla Filius Flitwick. "Elle est sans danger," se sentit-il obligé d'ajouter après coup.

Almalthea croassa dans un rire silencieux avant d'incliner la tête pour avoir une meilleure vision de la femme trébuchante qui tenait un bouteille de sherry dans sa main.

– Mon troisième oeil voit… oui… il voit ! Des frères, énonça Trelawney, deux frères… prédit-t-elle d'une voix tremblotante tandis qu'elle s'installait sur une chaise qu'elle venait de faire apparaître.

Elle tomba lourdement dessus, le fixant intensément. Regulus lui sourit et hocha la tête dans sa direction en guise de salutations.

– Ah : Sybil, merci de nous avoir tardivement rejoint. Nous étions tout juste en train de parler de la représentante qui va nous rejoindre cette année, répéta Dumbledore courtoisement.

Sybil ronchonna et se mit à jouer avec ses chaînes dorées, murmurant des mots pour elle-même. Il se demanda si tous les hommes et femmes qui se clamaient eux-même voyant devenaient fous d'avoir entrevu le futur. Il faudrait qu'il soit au fait très prochainement.

– Maintenant, sachant qui nous accueillerons, nous ferons aussi en sorte que Mrs Ombrage soit à l'aise ici. Je suis certain qu'elle sera équitable et juste lorsqu'elle viendra observer et juger notre façon d'enseigner ici, dit Dumbledore d'une voix presque paternelle.

Regulus remarqua Almalthea gonflant son plumage d'une manière dangereuse tout en se rengorgeant. Bien. Il n'était pas le seul à ne pas croire un mot de toutes les balivernes qui sortaient de la bouche du vieil homme. Il nota que les directeurs de maisons et autres professeurs n'avaient pas non plus l'air ravi de cet arrangement. Trelawney fixait le vide, tenant sa bouteille de sherry d'une manière possessive.

– À présent, j'ai pour vous des papiers qu'il vous faudrait examiner pour le prochain semestre. De nouveaux emplois du temps pour les élèves. Nous ré-enverrons les classes optionnelles par courrier pour qu'ils nous informent s'ils souhaitent changer de classe. Il nous reste cinq semaines avant la rentrée, donc cela permettra aux élèves d'avoir amplement le temps de changer d'avis avant la date limite du 15 août, continua Dumbledore en donnant un coup de baguette faisant apparaître les documents devant chaque professeur.

Certains avait droit à une pile de paperasse enfermée dans une chemise brune bien fermée, d'autres en avaient moins. Regulus supposa que certains professeurs avaient moins d'élèves que d'autres. Lui, d'un autre côté, tout comme Severus, Pomona, Filius et Minerva écopaient de tous les élèves, de la première à la septième année.

Ô joie… c'est trop tard pour se retirer maintenant ? railla-t-il mentalement en pâlissant discrètement devant toute la paperasse.

Les Black ne cèdent jamais devant l'adversité ! pouvait-il entendre sa mère hurler.

Il soupira intérieurement en massant ses tempes. Dumbledore poursuivit son discours à propos de ce qui les attendait, des nouvelles règles ayant été ajoutées au règlement de Poudlard et des nouveaux articles de Zonko à présent bannis de l'école. Finalement, Dumbledore finit par conclure et leur souhaita à tous une bonne chance pour l'année à venir. Quelques professeurs s'échangèrent des regards inquiets puis ils quittèrent la pièce. Seuls les directeurs de maison, Dumbledore et lui-même n'avaient pas bougés.

– Maintenant que nous en avons terminé avec ça, Mr Whitestone, j'aimerai vous dire que c'est un plaisir de vous avoir ici en tant que professeur, dit le vieil homme d'un ton paternel, les yeux pétillants.

Si ses yeux continuent de pétiller comme ça, je vais commencer à faire des cauchemars, se moqua-t-il sarcastiquement.

Quoi qu'il en soit, il lissa son masque dans une attitude plus aimable que ses pensées et acquiesça.

– Pour être honnête, je n'étais pas certain d'avoir les compétences pour pouvoir poser ma candidature, inventa-t-il, souriant.

Dumbledore agita la main avec désinvolture.

– Au contraire, Mr Whitestone. Je suis très impressionné par votre cursus. D'après ce que j'ai compris, vous avez une bonne expérience de la défense contre les forces du mal, le flatta-t-il d'une voix joyeuse.

Il surpris du coin de l'oeil Severus renifler de dédain.

– Je dois bien vous le concéder. Bien sûr mes aventures m'ont aussi longtemps retenues, dit-il d'une voix grave.

Il ne mentait pas. Il souffrait toujours des effets d'avoir été noyé sous les eaux du lac puis d'avoir été ramené dans le monde des vivants peu après. Il avait même laissé Zoé examiner ses cicatrices et son noyau magique et elle était tout aussi d'accord pour dire qu'il ne devait pas en faire trop. Il fallait qu'il soit raisonnable. Mais en faisant de l'exercice pour forger ses muscles et son endurance, il reviendrait peu à peu au corps qu'il possédait avant son trépas.

– J'ai pensé que, comme je ne pouvais plus beaucoup voyager depuis, je pourrais mettre mes connaissances à la disposition des générations futures. Je crois que ça pourrait être utile pour les enfants qui rêvent de vagabonder comme moi plus tard, raconta-t-il en pointant d'un signe de tête la chemise sur la table en face de lui.

En parlant de paperasse, il sortit sa baguette, celle qu'il avait eu par Ollivander, et rapetissa les papiers par petits tas pour pouvoir les emporter plus facilement.

– Ah ! un sorcier qui vagabonde ? On en voit de moins en moins de nos jours. Et encore moins d'aussi jeunes que vous, s'étonna le petit professeur d'enchantements.

– Eh bien, après avoir eu mon diplôme, je n'avais aucune envie d'être coincé à longueur de journée derrière un bureau, sourit-il.

– C'est vraiment très admirable de votre part, Mr Whitestone, dit le vieux directeur, les yeux pétillants.

– S'il vous plaît, nous sommes collègues à présent, je préfèrerai que vous m'appeliez Rex, répliqua-t-il en agitant sa main.

Il espérait avoir gagné la confiance des directeurs de maison et du vieil homme.

– Eh bien, en fait, Rex, pour accepter votre prise de poste ici, nous avons une dernière petite faveur à vous demander, fit-il, la voix bienveillante.

Regulus était curieux de demander quoi, mais ce fut avant qu'il n'entende un chant suivit par un battement d'ailes. Sa première pensée fut pour Almalthea, mais il savait que ce n'était pas elle. Il tourna la tête pour apercevoir un phénix aux couleurs chatoyantes se percher sur la table, un vieux chapeau miteux en lambeaux entre ses serres.

Le Choixpeau ? Eh zut..., pensa-t-il en lissant son masque d'une expression perplexe.

– Qu'est-ce que c'est ? fit-il, inclinant sa tête l'air curieux.

Dumbledore rayonna.

– Voici le Choixpeau de l'école. Ces dernières années, nous avons eu de… déplaisantes surprises en ce qui concerne le poste de défense contre les forces du mal, à quelques exceptions près. C'est quelque chose auquel j'ai pensé. Astucieux, non ? en rit-il.

– Je pensais que le Choixpeau triait seulement les élèves entres les différentes maisons, fit-il remarquer en repensant au livre que Dumbledore lui avait envoyé avec sa lettre d'admission qu il avait lui-même rédigé.

– C'est exact. Mais dans des cas plus rares, il peut aussi nous dire quel genre de personne nous laissons entrer dans notre institution. On ne peut pas jamais être trop prudent, vous voyez, déclara le directeur en lui tendant le chapeau.

Il faut prendre le taureau par les cornes, se rappela-t-il.

Sa mère aurait eu sa peau si elle l'entendait user d'expression moldues. Il s'empara du chapeau, le tenant du bout des doigts et lança un regard aux professeurs et au directeur avant de le poser sur sa tête. C'était étrange, comme une sorte de déjà-vu venue tout droit de son entrée en première année.

"Ah ! Mr Black, c'est un plaisir de rencontrer enfin une autre personne qui est revenue à la vie, même si ça fait deux cent ans depuis la dernière fois," s'exclama le chapeau dans son esprit.

"Attends, comment es-tu…," tenta-t-il.

"Crois-moi, la Magie est minutieuse dans ses choix et tu montres de toute évidence plus de potentiel que la première fois que tu es venu ici. La Magie doit avoir une bonne raison pour t'avoir ramené, toi, dans le royaume des vivants," répondit le chapeau.

"Et ? Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire pour moi ?" demanda-t-il.

"Je me souviens de toi à l'époque, me suppliant de te placer à Serpentard, car dans le cas contraire, il n'y aurait plus eu d'héritier pour la famille Black. J'étais catégorique sur ta répartition à Serdaigle, mais Serpentard t'a bien servi," rit brièvement le chapeau, faisait fi de sa question. "La Dame Grise d'un autre côté sera d'un recours précieux. Une formidable alliée. Sois de nouveau le bienvenu à Poudlard, Regulus Black. Viens donc me rendre visite quand tu auras du temps," conclut le chapeau.

– Il sera un excellent ajout au corps professoral, approuva le Choixpeau à voix haute.

– Ah ! fantastique.

Dumbledore semblait particulièrement fier de lui.

Le vert et argent reprit le Choixpeau en main et sentit la nausée lui monter à la gorge. Il sentit Almalthea sauter sur son épaule pour ne plus en bouger. Au moins, sa présence était réconfortante.

– Minerva, si vous voulez bien être un ange et accompagner Rex à ses appartements. Les préparations pour son arrivée seront effectués aussi vite que possible.

Minerva acquiesça, un fin sourire aux lèvres et observa Regulus.

– Suivez moi, Rex. Si vous voulez, je pourrais vous faire visiter, proposa-t-elle en marchant à ses côtés.

Regulus se leva et s'inclina.

– J'en serais honoré. J'aimerais beaucoup en savoir plus sur cet endroit. D'après ce que j'ai entendu, Poudlard est une très bonne école, babilla-t-il tandis qu'ils quittaient ensemble la Grande Salle.

Regulus espérait sincèrement que pendant la durée de sa présence au château, rien de mal n'arriverait.

.

Un peu plus tard dans la journée, en fin de soirée, Regulus se tenait dans ses appartement assis à une table avec Zoé et frissonnant. Ce n'était pourtant pas dû à la fraîcheur du soir.

– Circée, ce vieil homme me donne des frissons. Je ne fais pas confiance à un homme qui prétend baigner dans la Lumière, assura-t-elle avant de descendre de la table et se dirigea vers la malle que Regulus avait fait entrer à la dérobée au château avec l'aide de Kreattur.

Elle enfila un sweat en laine noir et se mit à faire des allers-retours, la chaîne écarlate accrochée à son pied émettant un son de tintement à chaque pas.

– Tu n'es pas la seule, rapporta le vert et argent en se délestant de sa lourde cape et de sa cravate qu'il jeta sur une chaise.

Il déboutonna le haut de son t-shirt avant de se tourner vers Zoé qui s'était une fois de plus installée sur la table, ses yeux perdus dans le vide.

– Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda-t-il.

– Eh bien, je partirais dès demain pour faire acte de présence à Pré-au-Lard et je dois aussi aller sur le Chemin de Traverse pour rencontrer mon informateur. Je reviendrais après sous la forme d'Almalthea, même si j'ai encore du mal à croire que tu m'ais donné un tel nom, et je resterais environs trois jours avant d'aller voir Harry. J'espère qu'il va bien, raconta-t-elle tandis qu'elle débutait une tresse française bien serré.

– Ça me parait bien. De mon côté, je pensais me balader dans le château pour faire deux-trois choses. Ça va me prendre un peu de temps avant de me réhabituer à vivre ici et cette fois non pas en tant qu'élève mais en tant que professeur, expliqua-t-il en passant une main dans sa tignasse noire qui était à présent libérée de sa queue de cheval habituelle.

– D'accord, dit Zoé en sortant sa baguette pour métamorphoser le divan devant la cheminée en un lit simple. Je vais me coucher.

Elle réprima un bâillement.

Il n'y avait pas moyen qu'il la laisse dormir dans un lit métamorphosé. Il attrapa son poignet et l'emmena dans sa chambre.

– Tu prends mon lit tout de suite. Je dormirai dans le salon, ordonna-t-il avec un ton presque courtois.

– Tsss, je peux supporter un lit que j'ai créé moi-même, Black. Je fais comme ça depuis des années, indiqua-t-elle, ses améthystes le transperçant de toutes parts.

Elle n'arriverait pas à le faire changer d'avis de toute façon.

– Cette discussion est close. Bonne nuit, Grey, rétorqua-t-il d'une voix mielleuse en lui claquant la porte au nez.

Walburga avait au moins le mérite de lui avoir enseigné les bonnes manières. Au moins, il savait comment traiter une femme avec respect.

Le Serpentard troqua ses vêtements pour un pyjama en flanelle d'un coup de baguette et tomba lourdement dans le lit. Il était épuisé. Cette fois-ci, pas un seul rêve à propos de noyade ne germa. Cette fois-ci, il rêva d'un lion à la fourrure pareille à un ciel étoilé caché dans l'obscurité, une clé dorée pendue à son cou. Se tenant non loin du lion, un énorme chien au poil noir était enfermé dans une cage de métal, hurlant.