.Amandine505: Héhé Monsieur n'a qu'une parole ! ;) La ShinRa c'est l'archétype même du mal dans toute sa splendeur, car oui; ils sont capable de tout, et surtout du pire ! XD J'essaye de mettre un point d'honneur à travailler un chouilla mes persos ;) (Et encore, dans cette histoire ce n'est que la partie visible de l'iceberg ! C'est bien pire dans ma dernière fanfic de LOTR ^^) . Avec moi dis-toi que TOUT est possible :D Il ne faut jamais jurer de rien, et j'aime balloter un peu mes lecteurs (si peu soient-ils ^^). La suittteeee vient ... ben de suite .. XDD (ouais bon elle est nase mais j'assume ^^).
.MonaYsa: Oui mon histoire n'est pas très "bisounoursesque" (quoi ça n'existe pas ? Si si je t'assure ! :p ). Je crois que j'aime faire endurer trop de choses à mes OC ... mais bon, ce n'est que le pale reflet de la vie réelle, qui n'est pas la dernière à nous en faire baver ;) . Oui celles et ceux qui connaissent l'histoire savent que ça va aller de mal en pis ... cependant ... j'aime réserver des surprises ... sachez tout de même, que la fin de mon histoire se situe bien après "Advent Children" et "Dirge of Cerberus" ... ;)
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Et voilà ! L'attente fut moins longue, car j'ai pris plus de temps pour écrire un chapitre en attente sur mon autre fic :p
J'espère que cela vous plaira, car enfin, nous en savon un peu plus sur le passé mystérieux de Syla ...
Bonne lecture ! :)
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Genesis ouvrit la porte avec difficulté alors que dehors le blizzard ne faiblissait pas. Le chalet était certes très bien isolé, mais personne n'y était venu depuis longtemps. Il déposa Syla devant le canapé qui faisait front à une belle cheminée, et enjambant la peau de bête qui trônait devant, il alla prestement allumer un feu. La jeune-femme grelottait avec force, et il entendait ses dents s'entrechoquer de là où il était. Il la regarda, le corps transi, roulé en boule sous les manteaux chauds qu'il lui avait donné pendant la route, et il plissa les yeux, réellement inquiet. L'image d'elle dans ce caisson Mako, branchée à tout un tas d'appareils, de tuyaux et de câbles, l'avait épouvanté jusqu'à la moelle. Il avait même eu du mal à la prendre dans ses bras tant sa souffrance était palpable. Il l'avait vu détruire sa prison de métal comme si elle n'avait été qu'une feuille de papier fébrile, et s'effondrer presque sans vie dans une mare de Mako irradiant d'une lumière d'un bleu électrique. Il l'avait prise avec lui sans réfléchir, il voulait juste la sortir de cet enfer. Ils avaient réussi à s'enfuir tant bien que mal, avec l'aide d'une certaine personne à l'intérieur. Puis il l'avait amené ici, dans le froid, dans le Nord, loin de Midgar, loin de tout, dans leur refuge à tous trois. Il l'avait entendu hurler le nom d'Angeal juste avant son réveil, et il se faisait du soucis pour son ami de toujours. Il s'approcha d'elle, espérant qu'elle reprenne un peu conscience, elle n'avait fait que gémir et délirer depuis son évasion. Il la prit dans ses bras, lui arrachant une fois de plus une plainte étouffée, et son cœur trembla. Il vint la déposer devant le feu, tout à côté, lui enlevant les manteaux, la posant sur la fourrure moelleuse et immaculée, il la serra dans ses bras en la berçant doucement. Il lui caressa les cheveux, maculant ses gants des restes poisseux de Mako qui s'était appropriés son corps, et il murmura de façon aimante:
« Je suis désolé Syla ... si j'avais su .. je ne serai jamais parti ainsi ... »
Une autre plainte et il la serra presque à l'étouffer, pendant que son visage se déformait sous la douleur. Elle s'arc-bouta violemment et de sa gorge s'extirpa un cri déchirant. Genesis lui caressa le visage, totalement désemparé. Il ne savait plus quoi faire pour la soulager. Puis le cri se tut tout aussi brutalement, et encore une fois elle se recroquevilla en tremblant. Soudain il entendit du bruit à l'extérieur. Il déposa Syla en lui remettant un des manteaux sur son corps presque totalement nu, et il lui chuchota :
« Je suis là Syla .. je vais juste voir ce qu'il se passe ... »
Il s'avoua qu'il lui parlait plus pour se rassurer lui-même, car il était presque certain qu'elle ne l'entendait pas, ou du moins, n'avait pas conscience de ce qu'il lui disait. Genesis sortit Rapière très lentement, faisant le moins de bruit possible. Il se faufila derrière la porte, se souvenant juste maintenant qu'il n'avait pas fermé derrière eux, et se calant dans l'ombre il attendit patiemment que leur visiteur entre.
Sephiroth était au courant de l'intrusion de Genesis dans la Tour ShinRa, il l'avait même aidé à s'enfuir par l'intermédiaire du système de sécurité. Ensuite il n'avait plus qu'à écouter son instinct. Il n'y avait qu'un seul endroit sûr où il pouvait emmener la jeune-femme, leur lieu de retraite commun. Il avait été le plus rapide possible, même si Genesis semblait avoir trouvé un moyen de locomotion plus performant que tout ce qu'il connaissait. Cependant il savait qu'il serait retardé par le poids mort de Syla. Il avait donc espéré arriver avant eux. Il fut surpris de trouver la porte d'entrée ouverte, et sur ses gardes il pénétra dans le chalet à pas de velours. Quand ses yeux virent l'âtre allumé et le corps de leur aimée sur le sol, il sut qu'il avait été devancé. L'éclat du métal rouge sortit des ombres, et le fil de la lame vint se poser sur sa gorge dans un baiser glacial. Il se stoppa net et dit d'une voix grave :
« Ce n'est que moi Genesis ... que moi mon frère ... »
Genesis émergea de la pénombre lentement, et jetant un rapide coup d'oeil à l'extérieur il tira Sephiroth pour le faire entrer. L'argenté déclara :
« Je sais que les deux autres personnes à connaître cet endroit ne sont pas là, mais que l'une d'elle va arriver sous peu, j'imagine qu'Hollander doit te prêter main forte ... »
Devant le visage défait de Genesis il eut un pale sourire et continua :
« C'était logique. »
Sephiroth s'avança dans la salle commune, et posant Masamune et son grand manteau noir il s'avança près du feu, et de la jeune-femme qui semblait plus que mal en point. Il s'agenouilla, et caressant son front, il grimaça devant son visage aux couleurs quasi cadavériques. Ce dernier restait figé dans des grimaces de douleurs. Ce qu'ils lui avaient fait était totalement inhumain. Il serra un poing de rage, et avant de perdre le contrôle de lui-même il reporta son attention sur Genesis en se levant.
« Elle ne va pas tenir le coup Gen ... son corps a été soumis à des expériences abominables, et son état comateux baigné dans la Mako pure ... elle doit être intoxiquée à une dose que tu ne peux même pas imaginer ..
- Et alors quoi ? J'aurais du la laisser là-bas peut-être ?! cracha Genesis vexé par ce qu'il prenait pour des remontrances.
- Bien sûr que non, tu as fait ce qu'il fallait. Je dis juste qu'à présent qu'allons-nous faire ? La regarder mourir ?
- Si il le faut oui Seph ! Je refuse qu'elle meurt seule, ou dans un caisson froid et sans âme !répondit Genesis avec conviction en le rejoignant ».
Il déposa Rapière aux côtés de Masamune, et Sephiroth vit réellement l'état de son ami à la lueur du feu. Il avait les traits tirés, et ses cheveux arboraient une magnifique mèche blanche sur le côté droit, qui venait lui balayer légèrement les yeux. C'est là qu'il fit attention à l'aile noire qui remua faiblement dans son dos. Les yeux ronds de surprise, Sephiroth vint vers lui, et lui tourna autours pour le jauger. Il découvrit les taches sombres clairsemées et à peine visible le long de sa nuque, et il devina qu'elles ne devaient pas être les seules. Même si cela restait apparemment succinct pour le moment. Genesis ferma les paupières de honte et de dégoût, puis il dit faiblement :
« Oui mon frère ... voilà ce que la ShinRa a fait de moi ... »
Le cœur de Sephiroth se serra. Il sentit sa douleur, son désarrois, sa peur. Sans réfléchir, alors que des larmes naissantes venaient habiller les yeux aigue-marine de son ami, il prit Genesis dans ses bras et le serra fortement contre lui. Le rouquin se sentit sans voix, réellement désorienté. Si Angeal était la figure sage de leur trio, et Genesis le plus impulsif sous ses airs réservés, Sephiroth restait indéniablement le plus imprévisible sous sa carapace de glace. Il restait aussi le plus fort, ni Angeal, ni lui, n'avaient jamais eu d'ascendance sur lui, alors que l'inverse était vraie. Sephiroth restait une énigme des fois, même pour ses deux plus proches amis. Genesis savait, même pendant leurs partages hors tout ce qui pouvait être conformiste, que Sephiroth le dominait, de bien des façons, que ce soit par le caractère, la force, l'habileté ... et même cette insupportable aura qui attirait tout le monde, même lui. Il avait été le premier homme qu'il avait désiré plus que tout. Désiré au point de ressentir de l'amour pour lui. Leur rivalité n'était qu'un exutoire à ses sentiments de frustrations bien des fois. Et là ! Là qu'il le tenait si tendrement contre lui, le protégeant de sa taille et de son assurance, Genesis ne savait plus sur quel pied danser. Sentir sa chaleur à travers ses vêtements, son souffle calme et posé comme un métronome. Il était un roc, un roc sur lequel s'était brisé un nombre impressionnant d'âmes aventureuses, et souvent amoureuses. Il leva ses yeux vers les siens, et il put y lire une telle compassion, que cela le souffla. Sephiroth arbora un de ses sourires énigmatiques qui le troublaient tant, puis il vint l'embrasser dans un effleurement suave. Il lui murmura à l'oreille :
« Toujours fidèle à toi-même Gen ... tu fonces tête baissée et tu réfléchis après. J'ai toujours admiré ce côté-ci de ta personnalité, ton humanité ... »
Genesis sembla que l'air aller lui manquer, Sephiroth l'admirer ? Lui ? Le temps sembla se dissoudre autours d'eux, et l'argenté continua :
« Nous devons la sauver, alors, trouvons des solutions mon frère ... »
Il se sépara de lui, et Genesis reprit seulement sa respiration. Il avait été en apnée presque tout ce temps, il ne s'en apercevait que maintenant. Il regarda Sephiroth emplir la pièce de sa présence comme à son accoutumée, puis il bougea et alla allumer les lumières du chalet. Il activa également les chauffages, et prépara les chambres. Pendant ce temps, Sephiroth était revenu près de Syla qui semblait moins trembler. Il la toucha et sa peau était brûlante. Le feu se reflétait sur son épiderme nu, et ses cheveux encore poisseux lui collaient aux chairs. Il se leva et alla dans la grande salle de bain commune à l'étage. Il alluma les robinets et fit couler un bon bain chaud, il sortit le nécessaire et redescendant il la prit dans ses bras et lui souffla :
« Aller ! Déjà on va t'enlever cette saleté qui ne doit pas arranger ton état ! »
Syla crut qu'on lui arrachait la peau quand il la plongea dans le liquide fumant et odorant. Elle s'agrippa à lui comme un chat, se débattant presque alors qu'il essayait de la calmer. Elle lui lacéra les bras de ses ongles étonnamment effilés. Il grimaça un peu sous l'attaque désespérée. Les coupures bien que peu profondes n'étaient pas agréables, mais il s'en remettrait. Avec la patience qui lui était commune, il prit sur lui et essaya d'être le plus délicat possible. Il savait, pour y être passé dans son enfance, les ravages que les expériences à la Mako pouvaient faire sur l'organisme. Malgré la violence de l'instant, il ne pouvait bannir la tendresse qui se nichait dans ses prunelles vertes. Les souvenirs du caisson et du fluide enveloppant son corps revinrent percuter Syla de plein fouet, et par simple réflexe elle chercha à s'échapper. Sephiroth força comme un beau diable pour la maintenir. Il lui prit les épaules et au bout d'un moment il hurla :
« Syla ! Calme-toi ! Tu es en sécurité ! »
Elle cria comme un animal blessé, et l'argenté déglutit avec effort. Il ne supportait pas de la voir ainsi, mais avait-il le choix ? Alors qu'elle semblait se calmer, acceptant l'eau chaude et sa présence. Il colla son front contre le sien en lui enserrant le visage de ses paumes et il lui murmura :
« Je ne tiendrai plus les promesses que je te fais ... si c'est pour en arriver là ... Jamais je ne les aurai laisser faire ... tu m'entends ? »
Mais il vit à son regard hagard qu'elle n'était que peu présente. Il refoula l'envie de pleurer qui lui vint. Lui ? Sephiroth ? Pleurer ? Il serra les dents, espérant ne pas craquer. Ses doigts enlevèrent avec délicatesse la carapace de cuir fin et dégoulinant qui les recouvrait, et il les posa avec soin sur le rebord de la baignoire. Son regard de chat l'observa un court instant. Elle somnolait dans le bain aux douces essences de vanille, il lui lava les cheveux avec délicatesse. Il prit l'éponge et nettoya son corps avec douceur et application. Sous ses yeux presque fixes, les pensées et les ressentiments ne cessaient de s'adonner à une sombre farandole. Une fois terminé, il la glissa dans un peignoir chaud et alla la coucher dans une des quatre chambre du chalet. Ses gémissements et délires reprirent. Il resta sur le seuil de la porte, réfléchissant à ce qu'ils allaient bien pouvoir faire.
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Il entendit dans les escaliers, non pas une, mais deux présences. Il se tourna brusquement prêt à attaquer au besoin, mais il se calma de suite quand il vit la silhouette d'Hollander derrière Genesis. Les deux hommes vinrent à sa hauteur, et le professeur se dirigea vers le lit, l'air médusé. Il prit place sur le matelas, et prenant le pouls de Syla il fit :
« Ils l'ont fait, ces malades l'ont fait ... je ne peux dire avec exactitude ce qu'elle éprouve, mais croyez-moi, ses souffrances doivent être tenaces et puissantes. Pauvre femme ... »
Il souleva ses paupières et eut un mouvement de recul quand il vit les pupilles de chat se mêler à la Mako qui brillait dans ses iris. Il se leva vivement, et dit avec effroi :
« Il est trop tard.
- Comment ça ?
- Je veux dire, je ne peux plus rien. Mes inhibiteurs n'auront plus d'effet, ils ont poussé la phase trop loin. Son énergie vitale particulière et la Mako se sont couplées, impossible de les dissocier à présent !
- Mais ... ? Mais on ne peut pas la laisser comme ça ! Lança Genesis qui était au pied du lit.
- En effet …. et elle ne le restera pas, hésita à dire Hollandeur.
- Pardon ? Fit Sephiroth soucieux.
- Elle va continuer son développement. Elle va souffrir ce qu'aucun être humain n'a encore souffert sur cette terre. Du moins pas à ma connaissance. Elle va aborder un autre stade de son évolution. Elle ... »
Il fut coupé par un hurlement strident qui sortit de sa gorge sans prévenir, les figeant tous les trois. Hollander eut une sueur froide en la voyant se contorsionner dans tous les sens avec une telle violence. Il dit alors :
« Avez-vous une cave ou un autre lieu clos ?
- Une cave ? Mais enfin professeur pour quoi faire ?! Lança Genesis réellement inquiet
- Il faut la mettre dedans, et surtout, surtout messieurs, ne pas l'ouvrir tant que tout ne sera pas fini, il en va de nos vies ... »
Genesis allait protester mais les hurlements de la jeune-femme commencèrent à se teinter de sons de moins en moins humains, et quand elle ouvrit les yeux, il put voir les fentes félines qui regardaient autours d'elles comme si elles appartenaient à une démente. Sephiroth ne prit même pas le temps de le laisser réfléchir plus, il attrapa Syla qui commençait à se débattre, puis sans un mot, il descendit les escalier. Tâche hautement périlleuse quand on maintient de toutes ses forces un être à la vigueur surhumaine qui se débat comme un animal sauvage. Il la mena dans une pièce au sous-sol, là où ils s'entraînaient quand ils étaient ici. Dans un geste sec il ferma la porte quasi blindée, et il entendit ses hurlements perçants se répercuter dans toute la maison, malgré une pièce insonorisée. S'ensuivit ensuite des bruits de coups, de matériels qui valsaient à travers la pièce, témoignant que quelque chose les bousculait avec animosité. Quoi qu'il se passait à l'intérieur, les forces qui s'y déchaînaient, étaient phénoménales. Il ferma les yeux, et n'écoutant que son courage il remonta sans un regard en arrière. Si elle devait mourir, elle le ferait, et ni lui, ni personne d'autre ne pourrait changer cela. Il remonta, livide, et se trouva nez-à-nez avec un Genesis tiraillé par l'inquiétude et le chagrin. Hollander apparut derrière, et Sephiroth posa la question redoutée :
« Qu'est-elle professeur ?
- Une chimère ... »
Sephiroth leva un sourcil interrogateur et Hollander haussa les épaules. Il alla s'asseoir dans le canapé, et soupirant lourdement en se laissant littéralement tomber sur le dossier, il regarda le plafond quelques secondes et il demanda :
« Tant pis pour les secrets, ils tuent trop de toutes façons. Vous auriez un truc à boire ? »
Genesis lui apporta un verre d'alcool fort, et alors que les cris de Syla donnaient une musique de fond des plus lugubre, Hollander commença son explication aux deux hommes qui vinrent à ses côtés. Genesis sur le canapé, Sephiroth, debout en face d'eux, incapable de ne pas rester sur le qui-vive.
« La ShinRa a commencé ses expériences il y a plus de vingt ans. A l'époque il ne s'agissait que de recherches mineures sur la régénération des tissus et des cellules. Ils en vinrent à flirter avec la génétique, le clonage et j'en passe. Voyant l'essor de la section scientifique et les trouvailles remarquables de Gast et d'Hojo, ils ont voulu aller plus loin. Leur est venu l'idée fabuleuse de créer des super soldats, vous savez de quoi je parle. Tous les membres du SOLDAT, et même les Turks, à échelle moindre bien sûr, reçoivent ces injections, ces changements dans leur organisme. Ce fut là aussi une véritable réussite. Alors, portés par cette vague de génie, ils ont voulu aller encore plus loin... »
Il porta un regard sur Genesis et continua :
« Tu sais de quoi je veux parler ... »
Genesis hocha la tête lentement, et Sephiroth comprit que son ami devait être la proie de ce genre d'expérience. Il ne se doutait pas en cet instant à quel point lui aussi, pouvait en être proche. Hollander leva le visage vers le ciel en soupirant. Reprenant un peu de courage il expliqua :
« Ils se sont attaqués à la pire génétique qui soit, le croisement entre les espèces. Plus qu'un hybride, une chimère est un organisme vivant créé de toutes pièces. En pratique, des embryons peuvent être issus d'ovocytes de mammifères, animaux fécondés par des spermatozoïdes humains. Il peut aussi s'agir de « cybrides », c'est une contraction entre cytoplasme et un hybride, issus du transfert d'un noyau d'un embryon humain dans un ovocyte animal, préalablement énuclée. Ces « cybrides » disposent pour l'essentiel d'un matériel génétique humain associé à celui, animal, présent dans le cytoplasme de l'ovocyte. C'est une pure folie, une hérésie sans nom ! Vociféra Hollander en repensant à tout cela. Ils ont enlevés des femmes, huit si je me souviens bien. Elles avaient toutes en commun un gêne particulier qui leur faisaient faire des jumeaux. Ils les ont emprisonnés, et ont pratiqués sur elle toutes ces expériences. Quand le premier hybride a pris, ils ont fêté l'événement. Ce qu'ils ne savaient pas à l'époque, c'est que ce monde merveilleux offrirait aussi d'affreuses progénitures. Deux des mères moururent avant même d'avoir mis leur jumeaux au monde, elles furent littéralement dévorées de l'intérieur. Les monstres qui grandissaient en leur sein avaient des appétits trop insatiables. Ensuite, deux d'entre elles réussirent à accoucher, l'un des deux était mort à la naissance, l'autre suivit peu de temps après. Et les bébés étaient affreux, aucun équilibre génétique. Le mot monstre était adéquat. Ils les fécondèrent de suite à nouveau. La dernière mit au monde les jumeaux parfaits, si parfaits que les scientifiques durent les éliminer avant qu'ils ne finissent leur première année de vie sur terre. Ils étaient doués d'une télépathie puissante, et leur développement était trop rapide. Ils furent des assassins hors pairs en à peine quelques mois. Ensuite il y eut le problème du fœtus qui mangeait l'autre, tuant ainsi l'un des deux sujets, l'autre ne survivait rarement plus d'un mois ou deux. Au bout du compte, ces opérations coûtèrent trop chers. Ils arrêtèrent le projet qui n'arrivait à rien au final, après près de cinq années, le complexe fut fermé, les mères porteuses restantes, abattues. Sauf une. Hope. Elle portait bien son prénom. Une femme belle et très forte, pour qui je m'étais pris d'affection. Je l'ai aidé à s'enfuir, nous ne savions même pas qu'elle était à nouveau enceinte. Certes nous avions procédé à l'implantation, mais il était encore trop tôt pour savoir si cela avait pris correctement. La fermeture et les ordres avaient été donnés avant les tests préliminaires. Et même si je l'avais su, je ne l'aurai pas retenue. J'avais vu trop d'horreurs. Elle a réussi à se rendre invisible, et je n'avais réellement guère d'espoir concernant sa survie. Je pensais qu'ils l'avaient éliminé. Mais non. Quand j'ai vu les premiers rapports sanguins de Syla, j'ai su que j'avais soulevé quelque chose. Que j'avais déjà vu ces résultats quelque part. J'ai fait des recherches, et quand j'ai vu que la Mako révélait chez elle ces gênes d'hybride, j'ai de suite ralentit la cadence, et j'ai créé les inhibiteurs. Je ne voulais pas qu'elle aussi paye pour ces fous. Je savais qu'une trop forte dose réveillerait la chose qui dort en elle ...
- Et qu'est-ce qui dort en elle ? Demanda Sephiroth partagé entre dégoût et colère.
- Je ne sais pas ... je ne sais plus. Ils ont fait tellement d'essais, tellement d'unions effroyables. Béhémoths, Cyon, et j'en passe. Des animaux assez puissants et assez intelligents pour manier la magie. Il donna un regard vers les escaliers qui menaient au sous-sol et soupira. Je ne pourrais pas dire ce qui va découler de cette transformation. Ce sera réussi, ou monstrueux ... ou pire ... »
Sephiroth n'eut pas le temps de réagir que Genesis s'était levé et s'était rué sur Hollander en lui décochant un coup de poing si violent que le professeur s'écrasa sur le canapé. Il l'attrapa par le col, et des larmes furieuses dans les yeux il hurla :
« Vous êtes des monstres ! Comment avez-vous pu faire cela ?! Comment avez-vous pu enfermer des femmes, les engrosser et voir si les vies qui allaient en découler seraient satisfaisantes ou utiles ?! Vous méritez tous de crever ! »
Sephiroth vint derrière lui et glissant ses bras sous les siens, et le tirant en arrière de toute ses forces, il ordonna :
« Genesis, lâche-le ... le tuer n'apporterait rien de plus .. !».
Il força tant et si bien que le beau rouquin tomba sur le sol, assis, et les yeux rouges. Hollander le regardait sans bouger, conscient de sa colère, de son désarrois. Les hurlements de Syla prirent en décibels, et le chalet sembla trembler sous ses assauts désespérés. Puis les cris se muèrent peu à peu en quelque chose qu'on ne pouvait pas identifier. Les trois hommes se levèrent, et après un très long, trop long silence, il était clair que ce qui était emprisonné en bas, voulait à présent sortir. Les rafales de heurts contre la porte prouvait l'envie pressante de liberté qui motivait sa donatrice. Ils descendirent les marches avec précaution, et alors que Sephiroth allait ouvrir, la porte les écrasa littéralement. La chose qui était derrière l'avait totalement défoncée.
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Syla n'avait rien compris de ces dernières heures écoulées. Le seul souvenir concret était Genesis qui se penchait sur elle tandis qu'elle s'était sortie de son cercueil de métal. Ensuite tout n'avait été que douleurs, délires, où elle se voyait dans une maison, avec un feu, puis Genesis et Sephiroth à ses côtés. Mais seules ses souffrances et son corps en mutation accaparaient son esprit. Elle avait repris peu à peu ses esprits dans une pièce froide, inconnue, où des engins d'entraînements étaient présents. Les murs gris et stériles, le manque de lumière, cela ressemblait à tout sauf à un endroit accueillant. Elle avait à peine reprit contenance que ses douleurs avaient fusées dans son corps meurtri, poussant encore plus loin son seuil de tolérance, puis tout ce fit rapidement. Roulée en boule sur le sol, elle ne savait plus comment se mettre ne serait-ce que pour respirer. Elle avait enlevé avec rage le peignoir qui la brûlait et le béton rude sous sa peau sembla la griffer de toutes parts. Son sang se mit à pulser dans ses veines de façon violente, alors que tous ses muscles et ses os se contractaient. Elle avait senti son squelette bouger à travers sa chair, la faisant hurler de douleur. Son corps se métamorphosait peu à peu en une chose effrayante à ses yeux. Elle s'était volontairement jetée contre les murs, le bref répit après l'impact lui enlevant toutes souffrances. Les craquements sinistres de son ossature changeante, appuyaient encore plus l'impression de monstruosité qu'elle avait. Ses membres avaient changés de forme, sa pilosité s'était accru, recouvrant son corps d'une fourrure noire et dense. Sa mâchoire l'avait faite souffrir mille tortures pendant qu'elle se changeait. Elle ne sut pas combien de temps cela dura, mais il arriva un pic de douleur qui la fit s'évanouir, et quand elle reprit connaissance, elle eut peur en s'apercevant que sa vision avait changé. Les couleurs étaient plus vives, les contrastes plus nets, et chaque détail prenait son champs de vision comme si elle avait le nez dessus. Déformant ses repères de distance visuelle. Elle voulut parler mais le son qui sortit de sa gorge n'avait rien à voir avec sa voix. Les sensations tactiles sur son corps avaient changé, elle crut qu'elle avait perdu le sens du toucher d'ailleurs. Alors la panique s'empara d'elle, frayeur d'autant plus excitée par la tonne de Mako qui était véhiculée à toute vitesse dans son sang. Elle voulut sortir, un réflexe purement instinctif, purement sauvage, se sortir d'un espace confiné qui ne lui était pas familier. Elle vit la porte et se mit en tête de tout faire pour partir. Le souvenir de son caisson de rétention alimenta sa phobie de l'enfermement, et ses quelques coups calculés finirent dans un ballet de gestes frénétiques. Elle poussa avec ses épaules, sa tête, tout son corps. Quand le premier gong céda c'est une folie jubilatoire qui la poussa à continuer. Certes elle voyait que son champ de vision était plus bas, que ses coups portés semblaient plus puissants, et surtout qu'elle n'avait plus de mains à proprement parler, mais rien ne paraissait l'arrêter. Tout était trop désordonné dans sa tête, comme si un rêve la retenait prisonnière de sa réalité. Quand la porte s'effondra, elle sentit en priorité l'odeur, cette odeur qu'elle connaissait tant. Ensuite elle vit le couloir, où la lumière qui plongeait d'en haut ressemblait à un tunnel, un accès menant à la Terre Promise. Elle sentit quelque chose bouger sous elle, et grogner. D'un seul bond souple elle survola la volée de marches. Dès qu'elle fut en haut, elle se retourna pour voir en contre-bas, et malgré la pénombre elle vit les trois corps sous la tôle métallique déformée par ses impacts. Elle aperçut la porte d'entrée fermée, et c'est alors seulement qu'elle prit conscience de son état. Elle sentait le sol non plus sous ses pieds de bipèdes, mais le poids de son corps reposait à présent sur quatre points de pression. Elle baissa le regard et se sentit bête en voyant les pattes énormes qui avaient pris place là où avant se tenaient ses bras. Elle fit un tour sur elle même, essayant de se voir en entier, et ses pupilles se dilatèrent sous la surprise. Puis une pensée lumineuse traversa son esprit : Comment ouvrir une porte quand on n'a pas de main pour tourner une poignée ?
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Sephiroth, Genesis et Hollander, suffoquant sous le poids de la chose au-dessus d'eux, grognèrent pour se dégager, et quand Syla, ou ce qu'elle était devenue, bougea pour monter les escaliers ils soupirèrent de soulagement. Ils ouvrirent de grands yeux ébahis face à l'apparition qu'elle leur donnait.
En contre-jour, se découpant dans la lumière du salon, la bête se dessinait en ombre chinoise, et la corpulence souple et musculeuse rappelait la silhouette d'un félin. Les iris jaunes et lumineux se détachaient comme deux étoiles dans la nuit. Ils se relevèrent, encore un peu sonnés par les événements, et ils remontèrent les marches très lentement, Genesis fit, la voix enrouée par l'émotion :
« Syla ? C'est toi ? »
La materia qui balançait gracieusement autours de son cou ne donnait pas de doute possible. Elle brillait voluptueusement en de belles vagues vertes et dorées, donnant un halo singulier sur la robe d'ébène de l'animal. Syla recula de quelques pas en les voyant venir vers elle, la présence du professeur électrisant son état. La colère toujours présente remua ses entrailles, et tandis qu'Hollander venait vers elle presque innocemment, un grognement puissant résonna dans son diaphragme et s'éleva comme la pire des menaces. Les trois hommes se figèrent, plus très sûrs d'eux. Sephiroth s'avança, et son odeur vint émoustiller son nez encore plus sensible. Ce parfum qui depuis toujours avait eu des effets étranges sur elle. Ses pupilles se dilatèrent légèrement. Tout semblait figé, comme dans l'attente de quelque chose de décisif, ce fut elle qui fit le premier pas. Elle se colla contre lui et se frotta de tout son long en exhalant un ronronnement puissant qui pénétra le corps de l'argenté. Dire ce qu'il ressentit en cet instant était impossible, trop de choses se bousculaient en lui, mais une d'entre elles se détacha, la joie de la voir en vie malgré tout, et apparemment consciente. Il la déplaça habilement vers le centre de la pièce, et les deux autres terminèrent l'ascension des escaliers sans problèmes, ils purent ainsi constater la métamorphose en pleine lumière. Hollander s'exclama alors, presque les larmes aux yeux :
« Incroyable ... la souche qui a prise était la plus improbable. Une chimère du Canyon Cosmo ! »
Les deux Première Classe le regardèrent, crédules, et Hollander fit, jubilant presque comme un gamin :
« Oui, la race de Canyon Cosmo ! Celle qui est presque totalement éteinte de nos jours ! Vous savez ?! L'espèce ... les grands félins originaires de cette région ...
- Oui, ils sont doués de paroles et aussi d'une très grande intelligence ... on sait ... » répondit Sephiroth froidement, ne voulant pas entrer dans le jeu du scientifique.
Hollander fit un pas en avant, voulant l'approcher, la toucher, et Syla se retourna en feulant fortement. Aplatissant très explicitement ses oreilles sur sa tête large et massive. L'éclair meurtrier qui habilla ses yeux de félin, mais aussi celui qui étincela sur l'ivoire de ses crocs, forcèrent le scientifique à s'arrêter. Ils entendirent un « Ne me touchez pas ! » presque parfaitement formulé dans la gueule carnassière. Genesis s'assit sur le canapé, et son visage exprimait une tristesse absolue. La gorge sèche il demanda :
« Est-ce que c'est tout ? Va-t-elle rester ainsi toute sa vie ?
- Je ne sais pas. Répondit honnêtement le scientifique. Aucun de nos spécimens n'est arrivé à ce stade, je ..
- Ne l'appelez pas ainsi ! Aboya Sephiroth d'un coup. Elle n'est pas un spécimen ou un animal de foire bordel ! » les yeux verts du général lancèrent presque des éclairs, et ils paralysèrent le scientifique aussi sûrement que ceux de la chimère devant lui.
Hollander ravala sa salive, puis sortant de son état d'excitation, il analysa les données avec plus d'humanité. Après tout c'était une jeune-femme avant, une jeune-femme qui avait sa vie, ses amis, ses sentiments, et qui devaient encore les avoir sous son pelage d'onyx. Son cœur, son esprit, son âme étaient toujours là, même si son corps avait muté. Il l'observa, fasciné. Sa crinière hirsute le long de sa nuque, rejoignant ses épaules larges, ses pattes et sa gueule puissantes, capable de découper à peu près tout, sa queue où une flammèche bleue s'animait gracieusement. Ses yeux jaunes imprégnés de Mako, qui détaillaient tout avec précision. Elle était pour lui, parfaite, mais il se doutait que ceci n'était pas la fin. Il posa un index pensif sur ses lèvres et réfléchissant il exprima son point de vue.
« Je ne sais pas ce que cela va donner, mais je pense qu'un retour en arrière est possible, ce ne serait pas logique autrement. Cependant, je ne sais pas quand, et dans quelles mesures cela peut se produire, je suis aussi ignorant que vous à présent... »
Qu'il avait envie de toucher cette créatures de ses doigts ! La voir ne lui suffisait pas, aussi, quand il fit un autre pas en avant, là se fut Masamune qui lui barra le passage. Sephiroth le toisa et fit très sérieux :
« Plus aucun scientifique ne posera ses mains sur elle Hollander, j'en fais le serment. Et si cela devait arriver, il mourrait sur-le-champs ! Est-ce clair ? »
L'homme hocha la tête vivement, le message ne pouvait être plus limpide en effet. Il croisa ses bras derrière son dos, et se comportant presque comme un enfant pris en faute il déclara :
« Soit ... tant pis. Je ne vous serais pas d'une grande aide pour les événements à venir, aussi, je vais vous laisser.
- Ce serait plus sage en effet. » Fit Sephiroth qui tenait toujours Masamune en garde.
Genesis se leva, et raccompagnant le professeur vers la porte il fit :
« Merci de nous avoir aidé. Je vous ferai signe pour ... vous savez quoi ...
- Oui Genesis, je serais là au cas où ... à bientôt. »
Il jeta un dernier coup d'oeil à Syla qui se tenait assise aux côtés de Sephiroth, sa tête culminant au niveau de la taille du général, et il lança en disparaissant dans le froid et la neige :
« Absolument fascinant ... »
Genesis claqua la porte avec force, ferma à double tour, verrouilla les volets en vitesse, et s'affalant sur le canapé, il fixa Syla en silence. Elle vint vers lui, elle voulait se frotter à ses jambes avec la même affection que pour Sephiroth, mais il eut un mouvement de recul, se déplaçant dans le canapé pour éviter tous contacts. Elle se figea, et son regard parla plus que tout autre chose. Il transperça Genesis de part en part tant l'affliction qui put y lire était profonde. Elle regarda Sephiroth, puis le sol, des larmes acides vinrent habiller sa magnifique fourrure, et elle murmura :
« A présent, je suis vraiment un monstre ... »
Elle gravit en vitesse les escaliers, se dérobant à leur regard, et Sephiroth lança amer :
« Ce n'était pas très malin ça Gen ...
- Je .. je ne voulais pas ... je ... » dit le rouquin totalement désemparé.
Un bruit de verre brisé retentit, suivit d'un grand fracas. Ils montèrent à l'étage, et quand ils pénétrèrent dans la chambre d'Angeal, c'est un ballet de flocons et de glaces charrié par le vent qui les accueillit. Syla venait de partir. Elle avait purement et simplement démoli la fenêtre et les volets fermés. Sephiroth se tourna vers Genesis et répéta :
« Pas malin du tout même ... »
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La douleur dans la poitrine semblait lui tordre le cœur, lui déchiqueter l'âme. Dans la neige qui lui faisait front, Syla courait. Fuyait, prenant habilement appui sur ses pattes qui s'aplatissaient sur le manteau neigeux comme une raquette, et qui lui donnait l'accroche nécessaire. Le froid n'atteignait pas sa peau pour le moment, seul son museau et les larmes qu'elle versait, pouvaient le ressentir. Elle hurla, et son cri retentit à travers les montagne comme le rugissement d'un grand félin. Les oiseaux s'envolèrent à son passage, et elle s'effondra dans une congère qu'elle n'avait pas vu. Son corps de félidé, secoué par ses sanglots, se recroquevilla en boule dans la blizzard, et elle se laissa aller à sa peine.
« Je ne suis plus humaine ... je n'ai plus rien d'humain ... je suis un monstre, un spécimen, une chose, une créature de laboratoire ... » gémit-elle alors que les flocons immaculés recouvraient peu à peu sa soyeuse fourrure.
Même à l'état de bête, elle pouvait pleurer, ressentir, souffrir.
« A quoi cela me sert-il d'être ce que je suis, si l'animal ne prend pas aussi mes sentiments ? Vais-je mourir dans une prison de chair ? Vouée à vivre sans amour désormais ... réellement sans amour ... Ne pouvaient-ils pas ces imbéciles de scientifiques faire les choses comme il faut, en m'arrachant le cœur et les sentiments qui vont avec ! Faire de moi un animal à part entière ! »
Les images de ses partages avec Genesis et Sephiroth revinrent, écorchant son cœur comprimé dans des serres avides. Un autre rugissement retentit, essayant d'expulser le mal qui la rongeait. Le regard dans le vide, couchée sur le flanc, elle appela la mort plus que tout autre chose. Sa poitrine se souleva, et une longue plainte grave s'extirpa de cette dernière, tandis que ses larmes commençaient à geler sur sa fourrure. Elle ferma ses yeux d'or, et se laissa aller à la tempête. Vu son état de fatigue, son intoxication à la Mako, les expériences menées sur elle, tôt ou tard son corps abdiquerait devant le froid, et c'est tout ce qu'elle souhaitait en cet instant. Enfin en finir.
C'était sans compter sur la voix qui l'appela dans le blizzard, au loin. Une voix grave, brisée par instant par l'inquiétude. Une voix chaude qu'elle aimait tant écouter. Elle ne bougea pas, elle voulait qu'il parte, qu'il la laisse. Elle souhaita se déplacer pour se cacher un peu plus, pour se soustraire à sa recherche, mais comme elle l'attendait, son corps transi ne réagissait plus après de longues minutes dans le froid. La fourrure d'un félin des régions chaudes ne pouvait rivaliser éternellement contre la froidure hivernale du Grand Nord. Tant pis, elle mourait alors ici, comme un animal fauché stupidement par une voiture, ça n'avait plus grande importance. Elle ferma ses paupières, masquant ses orbes dorées, et la materia dans la neige baissa en intensité. Après quelques minutes, elle sentit une main la secouer doucement. Puis les secousses prirent en vigueur alors qu'elle ne réagissait pas, à moitié endormie par le gel qui emprisonnait à présent tout son corps.
« Syla ! Syla ! Réveille-toi !
- Laisse-moi ! Feula-t-elle faiblement en gardant les yeux clos.
- Ho que non ! Jamais ! Quitte à ce que je te porte !
- Alors c'est que tu es fou ... répondit-elle la voix lasse.
- Ne le suis-je déjà pas en venant te chercher dans le blizzard ? » demanda Sephiroth entre amusement et irritation.
La panthère couchée devant lui ouvrit ses yeux, et le fixa de travers. Un pale sourire vint animer le visage de l'homme ravagé par l'angoisse, et elle lança dans un grognement sourd :
« Qu'est-ce que tu peux être chiant quand tu t'y mets Seph !
- Ho oui ma panthère, gronde-moi … j'aime tellement cela ! » répondit-il entre humour et colère, sa voix chaude oblitérant la rage de la tempête qui les enveloppait.
Rien que sa présence lui redonnait l'envie de vivre, alors que ses yeux verts la regardaient toujours avec la même intensité malgré ce qu'elle était devenue. Elle sentit ses bras l'agripper et la soulever du sol avec une aisance déconcertante. Il la balança sur ses épaules tel un gibier de chasse, et lui maintenant les pattes il s'amusa de ses protestations faibles mais indignées. Il la ramena chez eux, et la posant sur le tapis devant le feu il intima :
« Coucher ! Et je t'interdis de nous fausser compagnie à nouveau ! »
Il y avait tant d'affection dans ces quelques mots, qu'elle faillit pleurer de nouveau. Son regard croisa celui de Genesis, et son faible bonheur disparut comme par magie. Il s'en voulait, elle le voyait, mais il lui avait fait trop de mal. Elle se roula en boule devant l'âtre sans plus aucune attention pour lui. Elle s'endormit paisiblement, s'apercevant que dans le fond, un félin ... c'était quand même mieux qu'un Xilomid, ou autre chose dans le style.
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