- 3000 dollars, Mary! 3000 dollars!
John et sa femme étaient dans la cuisine depuis qu'ils étaient revenus du commissariat...Avec Dean et 3000 dollars en moins. Un témoin avait reconnu Dean voler la voiture et avait prévenu la police. Le propriétaire avait porté plainte. Affaire très simple. Dean avait été inculpé de vol de voiture sans dégradation de biens d'autrui puisque la voiture avait été retrouvée en parfait état. Étant mineur et s'agissant de sa première inculpation, il s'en était sortit avec une amende salée. Aux yeux de la loi, ce n'était pas bien grave, il fallait l'avouer...L'affaire avait été expédiée en deux temps, trois mouvements. Vraiment.
Mais Dean avait menti délibérément à ses parents. Il avait volé une voiture sans aucune raison apparente. Quand son père lui avait hurlé dessus pour savoir pourquoi il avait fait cela, il avait haussé négligemment les épaules, un air embêté sur le visage. Embêté de s'être fait prendre, oui! Avait pensé rageusement John. Dean était arrivé en retard au collège ce qui ne leur laissait que peu d'illusions sur ses activités matinales. Dean semblait se foutre de son geste. Dean mentait, mentait et mentait encore. Dean ne les écoutait tout simplement pas.
John en avait assez. Il poussa encore une fois la brochure sous le nez de sa femme.
- C'est loin, John. Protesta doucement Mary.
- C'est à peine à mi-chemin de Wichita! Argua-t-il.
- Mais... C'est pas un peu dure? L'éloigner comme ça...?
- Non, Mary. Il doit apprendre que ses actes ont des conséquences. Souffla son mari d'un ton ferme.
- J'ai l'impression de...De me débarrasser de lui. Souffla Mary d'une petite voix.
- On fait ça pour lui, Chérie...Il a besoin de discipline. Qui sait ce qu'il fera la prochaine fois?
- Je n'ai pas envie qu'il pense qu'on... Qu'on ne veuille plus de lui.
John pinça les lèvres en repensant aux mots de son fils. « Ne confonds pas tolérant et distant, papa. » Ces mots le hantaient depuis et il n'avait cessé de retourner la situation dans sa tête. Avaient-ils traiter Dean d'une autre manière que Sam? Sans doute. Mais Dean avait voulu cela. C'est lui qui avait engendré cette situation. C'est lui qui s'était éloigné d'eux. Mais c'était juste un enfant...Pensa-t-il avec tristesse. Mais cela ne changeait rien au fait. Son fils avait besoin de discipline. Hors de question que son fils devienne un délinquant...
- Il ne pensera pas ça, Mary. La rassura-t-il du bout des lèvres.
- Si, il pensera exactement ça. Le contra-t-elle.
- Ca lui passera. Il comprendra. Regarde... souffla-t-il en ouvrant la brochure. C'est une école pour les adolescents à problème. Lis ça...Indiqua-t-il en lui montrant un petit encart aux couleurs sobres. C'est le type d'adolescent dont ils s'occupent...
- Dean n'est pas dépressif...Siffla-t-elle.
- Non, mais il a des problèmes d'autorité, de provocation, il n'a aucun amis à notre connaissance, il refuse de suivre les règles de la famille et personnellement, je trouve qu'il a un comportement très manipulateur vis-à-vis de Sam.
- Tu exagères... Soupira Mary tout en chipotant la brochure. Il est juste très sur-protecteur.
- Je n'exagères pas. Insista John. Les éloigner l'un de l'autre est une bonne chose et regarde...Dean sera suivi par un psychologue et par tout une équipe éducative. Des gens qui seront à même de le comprendre et...
- Je comprend mon fils! Siffla Mary, le regard dur.
- Ce n'est pas vrai, Mary. Dean boit, ment et vole... Tu ne penses pas qu'il est temps de faire quelque chose? Avant qu'il ne se tourne vers autre chose?
- Je ne sais pas...
- On peut toujours les contacter via le numéro vert, non? C'est gratuit et ouvert 24h/24. Ca ne nous engage à rien et on pourra poser quelques questions...
Mary prit quelques secondes pour réfléchir. Elle ne voulait pas donner l'impression de se débarrasser de son fils. En éloignant son fils, elle avait le sentiment de l'abandonner, de démissionner. Mais ni elle, ni John ne comprenaient Dean...Et il était temps de faire quelque chose. Pour Dean.
- D'accord. Souffla-t-elle d'une voix fragile mais déterminée.
. . .
Dean resta un moment en haut des escaliers, livide, figé et inexplicablement déçu. Bien que son père en avait déjà parler et avait souvent relancé l'idée, jamais il aurait imaginé qu'il aille jusqu'au bout... Le séparer d'eux. De sa famille. La famille avait toujours été la pierre angulaire dans la vie de Dean. C'est ce pour quoi il se battait. Ce pour quoi il se levait chaque jour...Ca et éviter la fin du monde, bien sur. Et il savait que pour son père aussi... Ou peut-être connaissait-il moins son père qu'il ne voulait le croire? Peut-être s'était-il borné à connaître John-le-chasseur?
D'une oreille distraite, il entendit son père composer le numéro qui le mènera loin des siens et avant même qu'il ne réalise vraiment qu'il allait partir, une seule pensée lui vint: comment protéger Sam? La réponse lui sauta violemment aux yeux...Bobby était encore chez Missouri et il avait sûrement des pendentifs anti-possession sur lui.
D'un geste vif, Dean se redressa et fila vers sa chambre. Aucune chance de sortir par le rez-de-chaussée... Il ouvrit sa fenêtre et l'enjamba pour se réceptionner habilement au sol. Il fit le trajet dans un état second. Une peur irraisonnée lui martelait les tempes et rendait ses mains moites. Il avait peur de quitter son frère, de le laisser seul, d'en être séparer... Une fois pour toutes. Il avait peur pour sa sécurité, pour son avenir, pour leur relation.
Quand il arriva chez Missouri, il ouvrit la porte sans même sonner ou frapper à la porte et le visage outré de Missouri passa bien au-dessus de lui. Mais la jeune femme sembla rapidement voir que quelque chose n'allait pas car au lieu de lancer une quelconque remarque cinglante sur son impolitesse, elle le dirigea vers une chaise et lui servit un verre d'eau.
- Qu'est-ce qu'il se passe? Demanda-t-elle d'une voix étonnamment douce.
- On m'a vu voler la voiture, expliqua-t-il platement. Mon père veut m'envoyer dans un pensionnat...
- Ho Dean...Souffla Missouri.
Pour dire vrai, Missouri s'était souvent posé cette question: Combien de temps des parents pouvaient ne pas voir que leur fils n'était pas ordinaire? Et comment l'interpréteraient-ils? Ils semblent que John et Mary Winchester aient décidés que Dean avaient besoin de discipline et d'apprendre la vie en communauté. Ils avaient vu dans la maturité et l'indépendance de Dean, un mal être ou/et une rébellion. Évidemment, le fait que Dean vole et boive n'avait pas aidé...
- Dean, reprit-elle, ils ne le font pas contre toi...Ils ne te comprennent juste pas.
- C'est mon père qui m'a appris à voler une voiture, tu sais? Lança-t-il en redressant la tête. J'avais 9 ans et il m'a dit que ce n'était pas quelque chose de bien mais que cela pouvait sauver ma vie ou celle des autres dans certaines situations. C'est ce que j'ai fait. Ce que j'ai toujours fait... Murmura-t-il doucement.
- Mais ton père n'est pas cet homme, Dean... il ne l'est plus.
- Cet homme était mon père... Souffla Dean. Un homme rustre, dur, intransigeant, implacable, vengeur et sans aucune once de compréhension. Et qui m'aimait. Qui nous aimait... Au point de donner son âme pour nous. L'autre...
- C'est ton père aussi, Dean. Le corrigea Missouri d'une voix profonde.
- C'est vrai, concéda-t-il, mais je ne le comprend pas.
- De quoi, putain!, êtes-vous entrain de parler! Lança la voix bourrue de Bobby dont le regard écarquillé passait rapidement de l'un à l'autre.
Dean soupira lourdement en se flagellant mentalement. Il avait totalement oublié la présence de Bobby dans la maison...Il ne savait pas s'il était prêt pour faire face aux doutes de son ami.
- Bobby...Commença Missouri, calmement.
- Non! Il parle de son père comme si ce n'était pas son père! Alors quoi? Ton vrai père est un chasseur? Tu as été adopté? Tu...
- Non. Le coupa soudainement Dean en se redressant pour lui faire face. Non, tu n'y es pas du tout.
- Alors quoi? Je mérite des explications, à la fin! Tempêta l'homme plus âgé.
- C'est vrai, concéda Dean, tu mérites des explications... Et bien plus que tu ne le crois, Bobby. Mais tu ne va pas aimer la vérité...
Bobby fronça les sourcils devant l'affirmation du gamin. Maintenant qu'il y faisait attention, le petit avait l'air abattu et son regard, terne.
- Dis toujours...
- Tu me fais confiance? Lui demanda-t-il avant tout.
- ...Oui.
La réponse n'avait pas été immédiate et bien que cela soit absolument normale dans leur situation, cela blessa Dean. Bobby avait toujours été une sorte de père de substitution et la confiance était juste naturelle entre eux. Dean dû réfléchir quelques minutes pour trouver les bons mots avant de se lancer...
La conversation promettait d'être ardue.
. . .
Dean aurait pu rire de la tête de Bobby après qu'il lui ait dit la vérité mais il n'en avait strictement aucune envie... Comme le temps, son humeur était maussade. Selon lui, Bobby avait plutôt bien réagit à l'annonce d'un chasseur-trans-temporel-arrivé-dieu-sait-comment. Il était d'abord resté sans voix pour ensuite crier à l'imposture. Il avait laissé Missouri le convaincre en répondant seulement aux questions directs. Il avait finalement raconté à son ami les derniers événements et lui avait de mandé un talisman anti-possession. Bobby lui avait donné en rechignant. Dean n'était pas sur que le vieux chasseur le croie vraiment mais l'homme ne l'avait pas renié non plus...Il ne l'avait pas non plus asperger d'eau bénite.
Toujours est-il qu'il se retrouvait sur le chemin de sa maison, le pendentif dans une poche et le moral dans les chaussettes. Il avait encore du mal a digérer la décision de son père. Comment pouvait-il envisager réellement de l'éloigner? Dean savait, il savait, que son père ne voulait que son bien et se résolvait à cette décision. Beaucoup d'adolescent étaient envoyé en internat et ce, dans leur meilleur intérêt...Mais que cela vienne de son père lui laissait un arrière-gout amer dans la bouche.
- Ca va aller... Lui souffla une voix alors qu'une main chaude se posait sur son épaule.
- Cas...Toujours là au bon moment, hein? Sourit-il, en appréciant le geste.
- Il fait ce qu'il estime être la meilleure solution. Continua-t-il d'une voix apaisante.
- Je sais.
- Cela ne veut pas dire que tu n'as pas le droit de lui en vouloir...
- Ha non? Souffla Dean d'une voix aigre. J'aurais juré le contraire...
- Je sais à quel point cela peut-être difficile...Soupira l'ange...C'est la réalité mais ce n'est pas vraiment la nôtre...
Dean se retourna en entendant la voix chargée de tristesse de son ange. L'homme n'avait bien sur pas changé mais Dean pouvait facilement décelé son mal-être.
- Ca ne va pas? Demanda-t-il, une légère inflexion dans la voix.
- Je ne comprend plus vraiment mes frères, lui expliqua Castiel, je ne peux m'empêcher de les trouver...
Son regard se perdit un instant et Dean su qu'il cherchait un mot adéquat. Il n'avait pas vraiment besoin de temps pour décrire l'attitude des anges qu'il avait rencontré...
- Crétin. Acheva-t-il pour son ami. Totalement aveugle et incroyablement pédant.
- A peu près, oui...Opina Castiel, le coin des lèvres recourbées.
- Tu es toujours là pour moi, Cas mais tu sais que je suis là pour toi, hein? Si t'as besoin de parler ou autre chose... Juste de quelqu'un...
- Quelqu'un qui sait. Compléta à son tour l'ange dans un demi-sourire.
- Ouais...
- Merci Dean, je m'en souviendrai.
Une minute après, Dean se tenait de nouveau seul, le temps était toujours maussade, le pendentif pesait toujours dans sa poche mais son moral s'était nettement amélioré.
. . .
En face de la maison, Dean hésita un court instant. Devait-il remonter par la fenêtre ou pouvait-il entrer par la grande porte? Au stade où il en était...
D'un pas nonchalant qui avait le don d'énerver ses parents, Dean entra calmement dans la maison. Cela faisait une petite heure qu'il était parti. Est-ce que ses parents avaient su joindre le pensionnat? Et s'il était déjà inscrit, quand irait-il? Perdu dans ses pensées, il referma la porte sans beaucoup de discrétion et se retrouva devant le visage furieux de son père.
- Où étais-tu? Cingla son père d'une voix furibonde.
- Dehors... Ironisa-t-il avec insolence.
Son père vit rouge et d'un geste rapide, que Dean n'avait pas vu venir, il l'agrippa par les épaules d'une poigne ferme.
- Et tu te crois drôle? Cracha John en le secouant légèrement. Tu étais où, hein? Entrain de repérer une autre voiture? Acheter de l'alcool? Ou tu comptes aller plus loin la prochaine fois? Te mettre à la drogue, peut-être? NON? REGARDES-MOI QUAND JE TE PARLES!
A chaque phrase, John secouait Dean si bien qu'à la fin de la tirade de son père, il se dégagea de sa prise solide. Alors que Dean se massait l'épaule d'une main distraite, il releva la tête pour affronter son père du regard mais c'est celui-ci qui baissa les yeux. John n'en revenait pas de son geste... Quand il avait vu que Dean n'était plus dans sa chambre alors qu'il y était consigné, il avait été aveuglé par la colère. Et quand Dean avait franchi la porte tranquillement, les mains dans les poches...C'était la goutte d'eau...
- Pardon... Je ne voulais pas te faire mal...Balbutia-t-il en s'éloignant de quelques pas.
Dean ne savait pas vraiment quoi dire. Tout était dit, non? Son père ne le comprenait pas et lui, il ne pouvait lui faire comprendre sans l'impliquer dans quelque chose dont il voulait absolument le tenir éloigner. Lui, comme toute sa famille d'ailleurs. Sammy saurait se défendre mais il n'était pas question que son frère devienne un chasseur...Tant pis si cela blessait sa famille.
- Moi non plus, répondit-il doucement, tellement sincèrement que son père en resta coi un moment. Je suis dans ma chambre si maman et toi voulez me parler...
John regarda son fils monter les escaliers, totalement déconcerté. Face à son emportement, il s'était attendu à des cris, des larmes peut-être même ou, au moins, à de l'incompréhension. Mais son fils avait réagit avec acceptation et pire, avec une certaine compréhension qui frôlait la compassion. Jamais il n'avait entendu ce ton sincère quand son fils parlait... Ou du moins, pas à lui. La voix de Dean semblait toujours infiniment différente quand il parlait à Sammy. Et là, la voix de son fils lui avait parût pleine de regret, presque tremblante.
- Il le pensait. Lui lança sa femme, depuis le seuil de la cuisine.
- Mary... Je... Marmonna-t-il, honteux de son coup de colère.
- Je sais. Tu ne voulais pas...Le rassura Mary.
John opina doucement de la tête, toujours mortifié de son geste. Jamais il aurait pu imaginer se laisser ainsi dompter par sa colère.
- Mais si tu retouches à un cheveux de mon fils, tu le regrettera... Siffla la voix grondante de Mary.
John pinça les lèvre devant le ton incisif de son épouse. Il n'en doutait pas un seul instant... Mary avait énormément de ressources.
- On y va? Proposa-t-elle d'une voix soudain plus frêle. Je crois qu'il sait très bien de quoi on veut parler...
. . .
- Dean? Qu'est-ce qu'il se passe? Lui demanda son frère alors qu'il se faufilait dans sa chambre.
- Sammy... Il faut que je te parle... Lança-t-il en s'installant sur le lit de son petit frère.
- De quoi? Dean...?
Dean regarda le gamin d'une dizaine d'années devant lui. Un enfant plein de vie qui avait des soucis bien moindre que de se demander si son père allait rentrer en vie ou non, cette fois-ci. Rien que pour cela, ça en valait la peine.... Se répéta Dean.
- J'ai fais une grosse bêtise, Sammy... Commença-t-il.
- Une bêtise? Quel genre?
- J'ai volé une voiture. Lui avoua-t-il simplement.
- Quoi? Mais c'est pas bien... C'est pas bien de voler, Dean! Le sermonna son petit frère.
- Je sais Sam... mais il le fallait. Tu comprends?
Les yeux perçants de son frère le détaillèrent minutieusement pendant une bonne minute, si bien que Dean commença à se sentir mal à l'aise.
- C'était pour aider des gens? Lui demanda enfin Sammy. C'était les trucs que tu dois faire pour que tout le monde vivent bien?
- Ouais, c'est ça... Soupira Dean, soulagé que son frère se souvienne de cette conversation.
- Voler une voiture? Susurra suspicieusement le plus jeune.
- Il faut que tu me fasses confiance, Sam. Murmura Dean d'une petite voix. Fais-moi confiance... S'il-te-plaît...
Sam n'avait jamais vu son frère paraître si vulnérable. Il n'avait jamais vu son frère supplier pour quoi que se soit. Ne l'avait jamais vu mendier quelque chose à leur parent ou quémander un quelconque privilège. Son frère était un héros, certes mais un héros de 14 ans. Et ça, Sam le savait.
- Je te fais confiance. Toujours. Scella Sam d'une voix grave.
- Alors, il faut que tu prennes ça... Lui dit son frère en lui tendant un pendentif.
- C'est quoi? Demanda-t-il en examinant le bijou.
C'était une sorte d'étoile à cinq branches – un pentacle si Sam se souvenait bien – avec des motifs assez complexes. Sam était sur de n'avoir jamais rien vu de telle.
- C'est pour te protéger. Il faut que tu le portes toujours sur toi, ok?
- D'accord.
- Mais il ne faut pas que maman le voie, ok?
- Pourquoi?
- Parce qu'elle ne comprendrait pas. Elle n'aime pas trop ces trucs-là...lui expliqua savamment son frère.
- Okay...opina distraitement Sam en enfilant le pendentif autour de son cou, pour vite le cacher sous son T-shirt.
- Je t'aime, petit frère, tu le sais? Souffla soudainement Dean en passant une main légère dans la broussaille de Sam.
- Ouais... je t'aime aussi, Dea'.
- Dean?
La porte s'ouvrit sur sa mère. Elle avait l'air incertain et déterminé en même temps, une drôle de moue sur le visage.
- Ton père et moi ont voudraient te parler. Tu viens dans ta chambre? Demanda-t-elle d'un ton neutre.
- J'peux venir? Demanda immédiatement Sammy.
- Non Sam, on t'expliquera plus tard... Lui répondit Mary avec un sourire.
Dean réprima un soupir, souhaitant pouvoir éviter la conversation. Il se leva lentement et envoya un rapide clin d'œil à son frère en sortant. Dans sa chambre, sa mère était déjà assise sur son lit, les mains jointe sur ses genoux alors que son père était installé dans la petite chaise de bureau en métal, pratiquement dans la même position.
- Alors? Demanda-t-il, se balançant sur ses jambes d'une manière indécise, les mains campées dans les poches de son jeans.
Et c'était tellement flagrant que Dean était précoce à ce moment-là que Mary douta encore une fois de leur décision. Dean était un enfant spécial...Elle ne savait pas vraiment pourquoi mais elle le sentait. Mais John était sur de leur choix et elle faisait confiance à son mari...Il était un bon père.
- Ca ne peut plus continuer, Dean. Lança John d'une voix neutre, presque sourde.
- Ouais... Donc vous m'expédiez à l'autre bout de l'état? Laissa-t-il échapper avec amertume.
- Dean...Reprit Mary. Tu as volé une voiture sans aucune raison... Ou en tout cas, tu ne veux pas nous la donner...
- Et quand bien même, aucune raison ne justifie le vol d'une voiture! Tempêta John d'une voix plus bourrue.
- Tu es sûr papa? Souffla gravement Dean en le regardant dans les yeux.
Pour une étrange raison, John se sentit jugé sous ce regard. Les yeux vert de son fils semblaient briller plus qu'à l'accoutumée et il su, sans vraiment savoir comment, que sa réponse scellerait quelque chose dont il n'avait aucune idée.
- Oui, j'en suis sûr. Confirma-t-il fermement.
Le regard de Dean se voila et John cru voir, pendant juste quelques secondes, une colère immense vibrer dans les orbes vertes de son fils. L'instant passa rapidement et le visage de Dean était redevenu aussi inexpressif que d'habitude. Cette impassibilité qui le rendait malade...
- D'accord. Claqua la voix rauque de Dean.
Mary sentit sa gorge se serrer en ayant le sentiment qu'elle venait de perdre son fils. Il faisait cruellement étouffant dans la chambre tout à coup et un silence inconfortable plomba l'atmosphère déjà chargée. La voix de Dean lui avait parut trop fragile et pourtant, comme d'habitude, il ne montrait rien. John, lui, regardait son aîné en se demandant encore une fois en quoi sa réponse avait été déterminante. Dean avait sous-entendu quelque chose chose qu'il n'avait tout simplement pas saisi... Il se demanda s'il devait se sentir coupable de cela... Il ne comprenait pas son fils. Etait-il un mauvais père?
- C'est un pensionnat disciplinaire pour garçons. Saint-Sébastien. Reprit son père d'une voix lourde. C'est un internat assez stricte. On t'y a inscrit pour l'année prochaine, tu terminera cette année ici...Tu partira dès le début des grandes vacances...Après, on avisera.
