Chapitre 14 :
Le soir tombant , Pride vint rechercher Acacia chez Dante. Il les trouva gentiment assise dans le salon en train de boire du thé , en commentant tel ou tel ouvrage. L'aînée avait de toute évidence réussit à gagner la sympathie de la plus jeune , par sa sagacité et son ouverture d'esprit et en évitant évidemment de laisser ressortir les côtés psychopathe qui veut dominer le monde. Il soupira , ce qui attira l'attention des deux alchimistes.
- Présid…King !
Sourire en coin de Dante. Peut-être que finalement , Pride ne se débrouillait pas si mal avec les jeunes filles.
- Ben , qu'est-ce qu'il y a ? Ca ne va pas ?
- Si , si , bien sûr ! Fit-il avec une bonhomie feinte. Une fatigue passagère , c'est tout.
- Moi aussi , en fait. Fit Acacia en voulant se relever.
La Healer alchimiste stoppa son geste en plein milieu , la respiration haletante , les yeux un peu écarquillé. Elle porta une main à sa gorge.
- Acacia ?
- J'ai un peu de mal à respirer.
Elle se laissa retomber dans le fauteuil et attendit une dizaine de seconde , avant de se relever sans difficultés.
- Est-ce que ça va ? Demanda Pride sincèrement soucieux.
- Oui , je suis juste fatiguée.
- Reste donc assise. Ce cher Président prendra bien une tasse de thé en notre compagnie.
- C'est avec plaisir que je prendrai cette petite récréation mais mes responsabilité m'appellent et je dois encore reconduire Acacia chez elle.
- Dans ce cas. Dit Acacia en se dirigeant vers la porte. Ce fut un plaisir que de faire votre connaissance , Madame Townes.
- Tu seras toujours la bienvenue , chez moi. ¨
Pride était pressé de partir. Il ne pouvait pas clairement exprimer à Acacia sa volonté qu'elle évite de revoir Dante et elle risquerait de ne pas comprendre, vu que c'était lui qui l'avait invité à rencontrer l'alchimiste. Elle monta à ses côtés dans l'habitacle séparé du chauffeur par une plaque , afin que le généralissime puisse avoir ses conversations en toutes confidentialité , même dans sa voiture.
- Alors cette journée ?
- Très intéressante ! Madame Townes possède un bibliothèque ahurissante ! Je ne sais pas comment vous remercier.
- Il n'y a pas de quoi , voyons.
- Vous êtes tellement gentil , King. J'espère que nous serons toujours ami.
- Oui…toujours ami…hum.
- Je suis désolée…j'aimerais qu'il n'y ait pas une telle différence d'âge entre nous.
Il la regarda surpris. Elle se sentit brusquement atrocement mal à l'aise.
- Pourquoi ? Si j'étais plus jeune, j'aurais peut-être une chance ?
- Je…je ne sais pas ! Je n'en sais rien !
Mais qu'est-ce qui lui avait pris de dire ça ? Elle le voyait à son regard qu'elle ne faisait que remuer le couteau dans la plaie. Elle avait le sentiment que si elle rouvrait la bouche ce serait que pour s'enfoncer encore plus mais qu'elle ne pouvait pas rester silencieux. Il lui sourit gentiment.
- Merci , Acacia.
Merci de quoi ? Aucun des deux ne devait le savoir mais au moins , ça avait alléger l'atmosphère. Acacia s'interrogea. Pourquoi s'était-elle dit que ce serait bien que le généralissime ait un âge plus comparable au siens et qu'il ne soit pas marié ? Parce qu'elle aurait pu lui accorder une chance en toute bonne conscience ? Est-ce qu'elle avait seulement envie de lui accorder une chance ? Elle ne se pensait pas amoureuse mais elle était touchée par les sentiments qu'il éprouvait pour elle. Oh , non ! Elle ne voulait surtout pas avoir pitié de lui. Ce serait l'insulté !
Elle ressentait une gêne dans la poitrine , comme si quelque chose de lourd et de dense était en train d'en prendre possession. Ses capacités respiratoires s'en trouvait réduites. Elle laissa échapper une gémissement.
- Acacia ! Tu es sur que ça va ? Tu es tellement pâle !
Il passa un bras autour de ses épaules pour la soutenir et la secoua légèrement. Elle s'affala complètement dans ses bras , la tête contre son torse. Elle avait les lèvres bleuies et les yeux qui se révulsaient doucement. Il prévient le chauffeur pour qu'il les conduisent rapidement à l'hôpital. Tant plis si les médecins remarquaient quelques chose en l'examinant ! Il userait de son autorité absolue pour s'assurer de leur discrétion.
La sensation d'engourdissement avait gagné son cœur. Une douleur aigue la traversa mais disparut presque aussitôt. Une main se posa sur son front , une main brûlante à moins que ce soit elle qui était glacée. Elle laissa échapper un profond soupir et sembla se calmer.
- Acacia ?
Elle ne bougeait plus.
- Acacia !
Elle était parfaitement immobile , bien trop immobile. Il la secoua , essaya de la réanimer. Elle ne pouvait pas mourir comme ça , non ? Après tout , c'était…Après tout , ce n'était qu'une humaine ! Les gestes de premier secours , voilà qui n'était pas exactement sa spécialité. Il arrivèrent sur le parking de l'hôpital. Il l'allongea par terre pour effectuer le massage cardiaque. Le chauffeur était partit en courant pour prévenir les gens de l'hôpital.
- Aaaah ! Cria-t-elle tentant de se redresser sur son lit.
- Acacia ! Reste allonger , veux-tu.
Elle reprenait son souffle haletante.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
Le généralissime était assis près d'elle. Le colonel Mustang et le commandant Armstrong se tenaient dans un coin.
- Tu as fait un arrêt cardiaque. Tu es aussi toujours sûre d'avoir une santé de fer ? Demanda Roy d'un ton assez cassant.
- Colonel…Commença Pride.
Mais il s'arrêta. Mustang avait raison. Elle avait faillit mourir. Seulement , lui , il savait parfaitement pourquoi. C'était à cause de ses expériences. Il allait lui ordonner d'arrêter tout ça , en espérant qu'elle l'écouterait même s'il y avait peu de chance.
- Nous avons essayé de prévenir Edward et Alphonse mais nous n'avons pas sût les contacter. Annonça Armstrong. Tout le monde se soucie de vous , jeune mademoiselle Adams. Vous ne devez pas l'oublier.
- Merci , commandant….J'aimerais parler seule avec le Généralissime.
Les deux officiers sortirent de la pièce. Pride la regardait d'un air soucieux.
- Je ne dois pas être très jolie…encore moins que d'habitude.
- Tu es…Ce n'est pas ce qui m'intéresse chez toi.
- C'est l'intérêt d'être un laideron…Lorsqu'un homme vous déclare sa flamme , vous êtes à peu près sûr que ce n'est pas uniquement pour votre physique.
- Tu n'es pas laide…Je ne vais pas te mentir : tu es pâle , trop mince , tu t'habille n'importe comment et tes cheveux ont l'air de ne plus avoir connu de peigne depuis un bout de temps mais tu n'es pas laide…Tu es unique.
- Unique , je veux bien vous croire. Dit-elle avec un petit rire sec.
- Tutoies-moi.
Elle sourit.
- D'accord. Je crois avoir une idée de ce qui s'est passé tout à l'heure…
- Moi aussi , j'en ai une…Ce sont tes expériences ! Tu vas arrêté ça , immédiatement avant de te tuer !
- Je ne peux pas.
- Je t'ai dit que je ne voulais en aucun cas te limiter mais si cela doit te mettre en danger !
- Calme-toi.
- J'ai eu peur pour toi.
- Je sais. Je crois que ça venait du bras.
- Comment ça ?
- Cette sensation oppressante , qui a finit par atteindre mon cœur , a commencé à se propager depuis mon bras , celui que…
- Ton expérience dans le labo.
- Oui. Même si ce bras est parfaitement fonctionnel , j'ai toujours senti comme une différence entre lui et le reste de mon corps.
- Parce que ce n'est pas ton bras d'origine. Les gens qui portent des prothèses parlent de cette sensation au début.
- J'ai aussi cru que c'était psychologique mais ça a commencé à bouger…
- Bouger ?
- C'était comme si quelque chose envahissait d'abord mon épaule puis ma gorge , d'où ma difficulté à respirer lorsque nous avons quitté la maison de Madame Townes . Ca s'est un peu calmé puis ça a repris de plus belle.
Il lui prit la main et la serra très fort , avant de se rendre compte que c'était justement celle qu'elle avait transmuté. Il l'examina. Cette main semblait parfaitement normal.
- Acacia , excuses-moi. Il faut que je vérifie.
D'une main , il agrippa fermement celle d'Acacia pour ne pas qu'elle la retire et de l'autre il sortit son épée. Il pressa le tranchant de la lame contre un doigt , assez pour l'entaillé. Du sang coula. Il l'essuya et la plaie avait disparue. Elle le regarda fixement.
- Mais je…
- Il semblerait que tu aies réussi. Tu voulais les capacités de régénération d'un homonculus , non ? Dit-il sombrement.
- Mais je me suis déjà blessée entre temps et…Ca n'a pas fait ça…enfin , je suis coupé à l'autre main…Peut-être que c'est seulement ce bras.
- Peut-être.
- Il suffit de vérifier.
Elle attrapa le bout de son épée et pressa son pouce contre la pointe. Une goutte de rouge perla. Elle la lécha machinalement. Elle écarquilla les yeux . On ne voyait plus rien.
- Apparemment , c'est plus que ton bras.
- C'est…Qu'est-ce que je dois faire ?
- Tu peux compter sur ma discrétion , sur mon aide et sur mon …tu comprend.
- Sur ton amour ? Comment tu fais alors que je suis de moins en moins ….
Il eut un petit sourire énigmatique. Il ne pouvait tout même pas lui dire qu'il serait mal placé pour la juger sur son humanité ou si finalement , il le lui dit. Elle le regarda d'un air interrogateur mais il ne s'expliqua pas.
XXXX
« Colonel Roy Mustang ,
Vous m'excuserez si je ne pas commence cette lettre par « cher Colonel » mais mes rapport avec l'armée ne sont plus exactement amicaux , depuis certains évènements que je ne mentionnerais pas dans cette lettre . Si je prend sur moi pour vous écrire ce message , qui je l'espère vous parviendra en main propre , c'est parce que nous avons des amis communs en la personne d'Edward et Alphonse Elric.
Au cas où vous ne vous en seriez pas encore aperçu , ils ont disparu depuis hier dans la soirée…enfin plus précisément , ils ont été capturé , hier dans la soirée , dans une des ruelles attenante au côté nord du boulevard le proche de la base militaire. Leurs ravisseurs ne sont autre que les homonculus , dont je sais que vous connaissez l'existence.
Libre a vous de me croire ou non ! Sachez seulement que je ferai tout dans la limite de mes moyens pour secourir les prisonniers mais que vous auriez certainement de bien meilleurs chances que moi de parvenir à quelque chose.
Une ex-résidente du laboratoire n°5 »
Le colonel reposa silencieusement la lettre que le lieutenant Havoc lui avait apportée. Il se leva et passa dans la salle voisine pour retrouver son subordonné , toujours la cigarette au coin du bec.
- Vous dites qu'une jolie femme vous demandé de me porter ceci ?
- Ouais mais comptez pas sur moi pour servir de messager entre vous et vos conquêtes. C'est pas mon boulot !
- Allez me chercher Hawkeye , s'il vous plait. Et essayez de contacter les frères Elric.
- Euh…bien.
XXXX
- Eh ! Pourquoi tu cries plus ? Tu boudes , nabot ?
Envy regarda plus attentivement son jouet et vit que celui-ci avait sombré dans l'inconscience. Décidément , ils étaient trop fragiles , les humains ! C'était pas drôle. Il lui versa de l'eau glacée sur le visage. Ca avait déjà marché une fois. Pas de résultat. Il soupira et sortit de la pièce pour aller voir comment s'en sortait l'autre. Sloth ne le torturait certainement pas , elle était trop paresseuse pour ça mais il devait être mort de trouille.
Il régnait un silence de mort dans la chambre de la paresse. L'armure était ligoté dans un coin , tête baissé. L'homonculus qui avait remplacé sa mère lisait un livre allongé sur son lit , sans se soucier le moins du monde sa présence. La jalousie s'approcha.
- Envy , si tu veux t'amuser avec lui , tu l'emmène ailleurs. Je ne veux pas de bruit ici.
- Ouais , ouais. Salut Al !
Bien qu'il fut dur d'en juger avec cette face de métal , Envy savait que l'adolescent enarmuré fixait ses mains tachées de sang. Il eut un sourire sadique à souhait.
- Ed…Ed ? Comment va-t-il ?
- Bof ! La dernière fois que je l'ai vu , il bougeait plus beaucoup.
