Note de l'auteur: Bonjour à toutes! Voilà la suite de Soul sister ! Je sais je ne devais pas la posté avant la fin de mes exam et de mes révisions… Mais je suis une vilaine fille et j'ai préféré écrire un chapitre. Encore plus long que les autres d'ailleurs -_-. Enfin bref cette fois c'est sûre je ne pourrais pas poster avant fin janvier donc profiter bien de ce chapitre.

Comme toujours un gros merci aux fidèles lectrices qui ont lu même pendant les périodes de fêtes lamiispforever, Anonymous, priska, Poetikia, FanfictionHG, kaila maya the whater, La yu, et marion15.

Je me répète mais pour celles qui veulent des réponses à leur reviews ( et vous êtes plusieurs à me poser des question) je me ferais un plaisir de le faire. Laisser moi un mail ou retrouver moi sur amour sucré par MP (mon pseudo est toujours fleurdelys ) et je me ferais un plaisir de vous écrire à mon tour.

Crédits: L'univers et les personnages appartiennent à ChinoMiko et son équipe de création. Seul le personnage d'Emilie m'appartient.

Bonne lecture!

Chapitre 12

Après cet épisode au parc j'avais réfléchit toute la semaine sans arriver à me décider quant à la suite des événements... Castiel agissait normalement avec moi au lycée comme s'il ne s'était rien passé mais évitait au maximum que l'on se retrouve seul.

Moi de mon côté j'avais beau rassembler tous les éléments j'avais l'impression de ne jamais pouvoir sortir quelque chose de clair de cette réflexion. Au final ce qui me faisait le plus peur était qu'il n'ait pas autant de sentiments que moi et que l'enjeu de cette histoire ne soit pas aussi important pour lui que pour moi. Son comportement était trop ambigu : il avait été jaloux d'Armin puis de Nathaniel, m'avait lancé des phrases plus ou moins douteuses qui m'avait embrouillé l'esprit un peu plus et finalement il m'avait embrassé... Deux fois... Et même si le caractère de Castiel était possessif et toujours ambigu lorsqu'il appréciait une personne, il ne poussait jamais le vice trop loin... Là ça avait dérapé. Et il l'avait fait consciemment puisqu'il m'avait à nouveau embrasser. Traduction il était sérieux...

Oui mais il était sorti avec Eléonore alors que j'allais lui avouer mes sentiments et ça aussi il l'avait fait consciemment puisqu'il m'avait vu. Il m'avait aperçue et l'avais embrassé devant mes yeux. Et puisque qu'il m'avait surprise, il avait surement dû comprendre mes sentiments, au moins en partie. Et s'il voulait sortir avec moi, il aurait rompu plus tôt avec Eléonore. Même si je l'avais blessé avec Armin. D'ailleurs cette blessure n'aurait pas dû prendre cette ampleur s'il n'avait été qu'un ami... Oui mais là encore notre relation était plus complexe. J'avais déjà eu quelque aventure et à chaque fois même en restant vague Castiel devenait hargneux et très sec sur le sujet.

Je refusais net l'idée de me faire des espoirs dans cette direction. Je l'avais suffisamment payé lorsque je 'étais laissé aller à cette folie. I était hors de question que je me laisse aller comme cette fois-là. Je soupirais. Cette histoire me prenait la tête...

- Quel soupir ! Qu'es qui se passe cette fois ? Me demanda alors Rosalya.

Je levais les yeux sur la jeune fille qui était accompagné de Lysandre, puis observais la cour vide devant moi. Pourtant j'étais sûre que lorsque je m'étais assise sur ce banc, la cour débordait encore d'élèves qui couraient vers la liberté de l'extérieur et vers des vacances prometteuses. Je m'étais posé là pour réfléchir deux minutes... Finalement c'était plutôt une heure. Mes deux amis me regardaient avec un air légèrement inquiet sur le visage. Je leur souris pour les rassurer.

- Ne faites pas cette tête... Je... réfléchissais dis-je.

- Là tu m'inquiètes, ria-t-elle en s'asseyant à côté de moi. Alors, pourquoi étais-tu plongée dans tes pensées ?

Je soupirais à nouveau. J'hésitais à me confier à Rosalya avec Lysandre à côté. Mais après tout, peut-être qu'en réfléchissant à trois j'allais trouver la solution... J'étais tellement embrouillée... Je me décidais pour une demi-réponse.

- C'est compliqué, soupirais-je. J'ai l'impression d'être devant un casse-tête gigantesque.

- Et ce casse-tête s'appelle Castiel non ? Dis Lysandre en s'asseyant à son tour à ma droite.

- Très dur à deviner hein, grimaçais-je.

- Pas vraiment... répondit-il

Un petit silence s'instaura et chacun regardant devant soi, me laissant le temps de suivre le cour de ma pensée. Mon cerveau tournait encore à plein régime. J'avais beau retourné la situation dans tous les sens, la situation me paraissait extrêmement fragile et bancale. La seule réponse possible était justement impossible. Es ce qu'en parler à quelqu'un d'extérieur m'aiderai ? Ou en parler compliquerais juste les choses ?

- On s'est embrasser, lâchais-je finalement.

- C'est pas trop tôt ! Répondit Rosalya du tac au tac.

Je levais les yeux au ciel alors que Lysandre affichait un petit sourire en coin. Rosalya et sa spontanéité ! Elle était persuadée depuis le début que nous allions finir ensemble. Ce qui était loin d'être mon cas... Pas depuis que j'y avais cru et que je m'étais pris le râteau du siècle !

- Quoi ne me regarde pas comme si j'avais dit quelque chose d'énorme. Vous vous courez après depuis tellement de temps que cela en est presque devenu une habitude. C'est juste bien que vous soyez enfin en couple au lieu de vous tourner autour.

- Mais... Mais on n'est pas ensemble ! M'exclamais-je en rougissant.

Ce fut à son tour de me regarder étonnée. D'ailleurs Lysandre affichait lui aussi un air étonné. Enfin si on pouvait attribuer son haussement de sourcil à un étonnement.

- Mais... Tu viens bien de me dire que vous vous êtes embrassé ?

- Oui, acquisais-je.

- Et vous n'êtes pas ensemble ? Questionna-t-elle semblant essayer de trouver une logique.

- Non...

- Mais... Pourquoi ?

C'était là LA question. Pourquoi ? Je n'avais que trop de réponse à cette question. Toute en contraction les unes aux autres... Je ne pouvais décemment pas lui dire que j'avais prononcé le nom de son ex dans un moment pareil sans me faire taper dessus. J'optais donc pour la conclusion directement.

- Parce que je ne suis pas sûre de ce qu'il ressent, ni de ce que je veux vraiment avec lui soupirais-je. Je crois que je flippe un peu…

Nous laissions un grand silence planer puis elle me regarda de travers. Bizarrement Lysandre cette fois-ci semblait clairement moqueur comme s'il savait quelque chose que nous ne savions pas.

- Tu plaisantes là hein... dit-elle.

Je les regardais à mon tour incertaine et hochais négativement la tête. Elle se frappa le front de... désespoir visiblement.

- C'est pas possible d'être aussi proche de quelqu'un et de ne pas voir la chose la plus évidente dans son comportement... Vous n'êtes pas censé être meilleur ami ou un truc du genre ?

- Si mais... J'ai un peu de mal en ce moment. Je ne comprends plus rien à rien il souffle froid puis chaud et m'embrouille l'esprit... gémissais-je.

- Je vois ça, dit-elle en roulant des yeux... Voyons Emilie c'est évident qu'il t'aime !

L'entendre de sa bouche me paraissait évident effectivement. Mais pourquoi tout n'était pas aussi simple dans ma tête ?

- Il y a un autre problème non ? Demanda calmement Lysandre.

Je le regardais attentivement. Et si le problème se situait ailleurs ? Et si la peur de ses sentiments envers moi était due à autre chose qu'Eléonore ? Au point où j'en étais autant évaluer toute les possibilités.

- Qu'elle est le problème Emi ? Questionna à son tour Rosalya.

- Je n'en sais rien, m'énervais-je. Il est si compliqué ! Un coup il fait ses crises de jalousie, puis me drague puis sort avec son ex en me fuyant un maximum puis rompt pour une raison inconnue et finalement m'embrasse... Vous trouvez une logique à ça vous ?

- Dis comme ça effectivement. C'est très embrouillé comme façon de voir les choses. Affirma Rosalya en faisant mine de réfléchir à son tour. Tu ne sais pas pourquoi il a rompu ? Ce ne serait pas à cause de ce qu'Eléonore a fait le soir du concours ?

- J'en sais rien répondis-je. C'est ce que je suppose aussi mais…

Je laissais ma phrase en suspens et me regard glissa sur Lysandre. Rosalya, elle ne se gêna pas pour le dévisager ouvertement. Lorsqu'il vit nos deux yeux de chien battu, il afficha une mine légèrement gênée.

- Je ne suis pas vraiment le mieux placé pour vous révéler cela... Et ce ne sont qu'en parties des suppositions ce n'est pas lui qui me l'a clairement expliqué...

- ça avec sa loquacité légendaire c'était sûr ! S'exclama Rosalya. Mais dis quand même,…

Lysandre me jeta un petit coup d'œil, l'air coupable. Je le suppliais presque de m'aider. Sur ce coup là j'avais vraiment besoin de lui. J'étais entièrement concentré sur ce qu'il allait dire. Il soupira puis se lança.

- Il avait décidé de rompre avec Eléonore avant qu'elle ne… Dise ce qu'elle a dit...

Je lui étais reconnaissante de ne pas aborder ce sujet-là. Malgré les explications de Castiel cette sensation de trahison et de douleur restait encore bien fraiche dans mon esprit. Je fronçais les sourcils cependant. Si Castiel avait voulu rompre avant l'incident… Qu'elle avait été la vraie raison ?

- Mais comment… Commençais-je.

- J'ai entendu Castiel dire juste au début du concert de musique à Eléonore. Lorsqu'elle lui a sauté dessus à son habitude il l'a repoussé et lui a dit qu'il faudrait qu'ils parlent mais que ce n'était pas le moment.

Je le regardais essayant d'analyser les évènements. Il lui avait donc dit ça quelques minutes après que l'on est failli s'embrasser la première fois. Alors était-il possible qu'il voulait vraiment m'embrasser ce soir-là ? Dans le chaos qui avait suivi j'avais presque oublié ce moment interrompu par Nathaniel.

- Ce soir-là nous avons failli nous embrasser… Enfin je crois dis-je d'une voix blanche.

- Et tu te demandes encore s'il a des sentiments pour toi ? Je connais suffisamment Castiel pour savoir que s'il allait t'embrasser c'est que dans sa tête c'était déjà fini avec Eléonore… s'exclama Rosalya.

Elle se tourna vers Lysandre qui acquiesça doucement. Dans ma tête, c'était le branlebas de combat. Malgré l'espoir qu'avait réussi à faire renaitre Rosalya et Lysandre, je n'arrivais toujours pas à me rassurer complètement… J'avais encore peur mais cette fois pas pour les même raison. J'avais peur car si nous avions vraiment des sentiments l'un pour l'autre, notre histoire ne pouvais de toute façon pas aboutir…

- Maintenant arrête de faire ta tête de coquer et cours te jeter sur Castiel dès que tu le verras ! s'écria Rosalya pleine d'énergie.

- Je … Je ne peux pas… murmurais-je.

- Et quel est le problème cette fois dit-elle en roulant des yeux.

- Je pars… Je quitte Sweet Amoris au moins de Juin et je ne reviendrais jamais ici, avouais-je à demi voix.

Le silence qui suivit fut quasi religieux. Ce n'est qu'en voyant leurs mines choquées que je compris que mon départ signifiait aussi les quitter eux. Quitter ce lycée, mon appartement, mais aussi les amis que je m'étais fait ici et sur qui j'avais appris à compter… Je me sentis d'un seul coup affreusement triste.

- Comment ça partir ? me demanda Lysandre devançant visiblement de peu Rosalya.

- Mes parents veulent que je fasse des études à l'étranger pour reprendre l'affaire familiale. Ce n'est que parce que je me suis disputé avec ma mère et que je les tanne depuis des années pour revenir ici qu'ils m'ont laissée un an de liberté…

- Mais il faut que tu leur dises que tu as ta vie ici maintenant s'écria Rosalya. Je suis sûre que si tu leur expliques…

- Je ne pense pas, la coupais-je tristement. Tu ne connais pas mes parents…. C'était un contrat, un pacte si tu préfères dès le départ. Sinon je ne serais pas ici…

A nouveau mes amis restèrent sans voix. Jamais je n'aurais cru qu'en venant ici j'aurais encore plus à perdre en partant que mon amitié avec Castiel. Et pourtant mon refus de penser à cette date butoir m'avait caché tout ce que je perdais à redevenir cette coquille vide et de reprendre vie insipide et sans couleur. La vie ici m'avait permis de me rapprocher de Castiel mais pas seulement. Elle m'avait permis de me reconstruire de créer de vrai lien d'amitié. J'étais maintenant certaine que j'avais vendu mon âme au diable.

- Ça change tout dit platement Rosalya semblant mesurer ce que je venais de dire.

- Castiel est au courant ? demanda alors Lysandre se tournant vers moi.

- Non ! et ne lui dis rien surtout ! m'exclamais-je

- Je ne dirais rien mais je te conseille d'aller lui parler et d'éclaircir tout cela avec lui… Je ne pense pas qu'il devrait être tenu à l'écart d'une telle information.

Je le regardais soudainement paniqué… Je n'avais jamais envisagé l'idée de lui dire que je partais. En venant ici je n'avais en tête que de tenir ma promesse de revenir à Sweet Amoris et donc de le revoir… Mais maintenant je me demandais comment il allait réagir. Mal sans aucun doute. J'allais l'abandonner… Comme ses parents l'avait fait… Je ne voulais absolument pas le blesser de la même façon. Je devais lui expliquer avant que tout ne soit trop tard… Je remerciais rapidement Rosalya et Lysandre et promis de parler à Castiel. Rosalya me prodigua mille et un conseils pour que la discussion se déroule au mieux, et penser à respirer en faisait partie. Finalement Leigh me déposa devant chez moi et reparti avec Rosalya et Lysandre me laissant seul face à mes angoisses.

J'avais à nouveau peur. Cette sensation m'était désormais familière. Lorsque je vivais avec mes parents je n'avais quasiment jamais peur. La vie était facile puisque je me laissais porter par leurs décisions, ne faisait que ce qu'ils me demandaient. Là c'était entièrement différent… J'étais livré à moi-même et ne pouvait accuser personne d'autre que moi dans ce qui se passait. J'avais encore agit avec mon instinct sans réfléchir et en fonçant tête baissé. Et à chaque fois que je laissais cette partie instinctive de moi les problèmes suivaient. Malheureusement je ne serais pas seule à payer les pots cassés cette fois-ci.

Je mis quelques jours avant de rassembler mon courage et d'envoyer un message à Castiel pour lui demander de passer. Il me répondit tellement rapidement que je cru que j'avais reçu deux accusé de réception. Il me demandait de venir lui car il répétait avec Lysandre jusqu'à 16h. Je regardais l'heure j'avais une bonne heure devant moi.

Je répétais donc mentalement tout ce que je devais lui dire. Je devais déjà lui exposé mes théories en lui faisant plus ou moins comprendre que j'estimais qu'il avait peut-être des sentiments pour du moins un peu plus fort que de la simple amitié. D'autre part je ne devais pas vraiment confirmer mes sentiments pour lui au risque de le blesser encore un peu plus lorsque je lui dirais que de toute façon je partais en juin et que personne ne pouvais rien n'y faire.

C'est sur ces résolutions un peu bancales que j'essayais de me rassurer en attendant l'heure dites. J'étais tellement concentré que je ne vis pas l'heure tournée et que ce fut un message de Castiel qui me sorti de mes pensées. Je sursautais en regardant l'heure et jurais entre mes dents en me précipitant vers la sortie de mon appartement. Quelques instants plus tard je me trouvais devant chez Castiel, légèrement rouge de ma course. J'hésitais à frapper mais ce fut les aboiements de Démon qui me dénoncèrent.

La porte s'ouvrit à sur la mère de Castiel qui me fit un grand sourire. Je lui répondis par un sourire crispé. Alors comme ça ses parents étaient encore là pendant les vacances. Si j'en croyais Castiel cela était rare. A moins que pour une fois ils resteraient jusqu'à noël… Mais rien n'était moins sûr.

- Emilie ! Bonjour ! dit-elle dans une intonation parfaitement naturelle. Entre voyons Castiel doit t'attendre dans sa chambre. Il m'a… prévenue que tu arrivais.

J'imaginais très bien Castiel « prévenir » sa mère que je venais de son air grincheux en montant s'enfermer dans sa chambre. Je la remerciais en montant à mon tour les escaliers pour rejoindre sa chambre. Je ne comprenais pas pourquoi il m'avait fait venir ici alors qu'il y avait ses parents chez lui ça ne lui ressemblait pas… A peine arrivé devant sa chambre j'entendais sa guitare chanter quelques notes. Je souris même après des heures de répétitions il n'était jamais fatigué de jouer. Je frappais et entrait tout de suite derrière.

Je me bloquai devant le tableau qu'il affichait. C'était exactement comme ça que je l'imaginais lorsque je pensais à lui. Il était assis sur son lit une jambe tordue sous lui, une cigarette à la bouche et sa gratte à la main. Il jouait un morceau et semblait entièrement concentré dessus

Castiel leva les yeux vers moi. J'avais presque envie de prendre mes jambes à mon coup. Peut-être que si je me jetais de sa fenêtre j'avais une chance d'en ressortir vivante et de m'enfuir. Je pris une longue inspiration en fermant les yeux pour me calmer. Lorsque je les rouvris ce fut moi qui lui lançais un regard intense. Son visage se tordit en une grimace.

- Tu t'es enfin décider à venir ? me dit-il.

- J'en avais marre de fuir. C'est ta technique ça d'habitude pas la mienne… D'ailleurs comment ça se fait que tu m'as fait venir ici alors que tes parents sont là ?

Il grimaça.

- Je pensais qu'ils allaient se barrer pendant les répétions. Mais visiblement ils ont décidé de rester. Et je compte bien leur casser les oreilles toute la journée pour les faire fuir.

- Pourquoi ce comportement d'entêté ne m'étonne pas de toi. M'exclamais-je en levant les yeux au ciel.

Il eut un petit rire et lâcha sa guitare qu'il reposa sur son support dans un coin de sa chambre. Il écrasa le mégot de sa cigarette dans le cendrier et en alluma une autre qu'il me tendit. Je déclinais l'offre d'un signe de tête. Il arqua un sourcil et ouvrit sa fenêtre à laquelle il s'adossa posant ses deux coudes sur le rebord.

- Alors ? T'en es où avec Eléonore ? dit-il clairement moqueur.

Il prenait bien soin d'afficher son petit sourire insupportable que j'avais soudainement envie de lui arracher. Toute la semaine dernier au lycée il s'était amusé à m'observer me casser la tête pour lui. Et visiblement ça le faisait bien marrer. Je le fusillais du regard.

- Si cela t'amuse, peut-être que c'est elle que j'aurais dû trouver !

Il éclata de rire.

- Cela aurait été épique ! N'oublie pas de prévoir une place pour moi si cela arrive j'adore les combat entre filles !

Ça y était, à peine quelques secondes et j'étais déjà sur les nerfs. Il était d'humeur à jouer sur les nerfs de tout le monde aujourd'hui. Le bon côté de la chose c'est que la colère prenant le pas sur la peur je n'avais plus l'appréhension de lui parler et de lui dire tout ce que j'avais sur le cœur. Le mauvais c'est que je ne prendrais pas de pincette pour lui annoncer s'il continuait comme cela.

- Tu as déjà loupé ça ! Deux fois en plus… répliquais-je sèchement rassemblant le peu de maitrise que j'avais encore.

Son sourire se fana tout de suite et il fronça les yeux, suspicieux.

- Comment ça deux fois ? demanda-t-il changeant brusquement de ton.

Je balayais sa remarque d'un geste de la main. Il semblait soudainement moins moqueur et plus énervé. Au moins la situation ne l'amusait plus autant, c'était ma chance.

- On s'en fiche Castiel. Je suis venir pour… Pour te parler donc maintenant tu m'écoutes et tu te tais jusqu'à la fin. C'est toi qui m'a laisser galéré toute seule comme une idiote alors c'est à mon tour de te demander de comprendre.

J'avais utilisé un ton autoritaire et sec. Il haussa à nouveau un sourcil mais n'ajouta pas un mot. Il attendait clairement que je me lance. J'essayais d'occulter le fait qu'il m'observait de haut en bas. J'appliquais le conseil de Rosalya. Je devais vider mon esprit et ne pas réfléchir à ce que je disais et respirer. Surtout ne pas oublier de respirer. Et laisser parler mon cœur… Cœur qui à l'heure actuelle battait la chamade.

- Alors je m'excuse encore d'avoir parlé d'Eléonore dans un moment pareil, mais… mais tu… tu dois savoir que..

Je butais sur les mots, je ne savais même pas par où commencer… J'avais un plan mais il s'était soudainement fait la malle lorsque j'avais croisé son regard. J'imaginais Rosalya et Lysandre sur mon épaule me répondre en cœur « par le commencement ! ». Oui sauf que à ce moment-là, avec ces yeux là sur moi, si près de lui, je n'avais plus aucune idée du début ou de la fin de quelque chose. Pourtant je devais me lancer… Castiel me regardait perdant presque patience. Mais alors que le silence se prolongeait et que castiel ouvrait la bouche surement pour dire quelque chose sur ma façon de triturer mes mains comme une gamine de 5 ans ou ma façon de rougir à tout bout de champ je le devançais n'écoutant que mon instinct en fermant les yeux pour occulter les reste.

- Je t'aime ! M'exclamais-je.

Voilà c'était la seule chose qui était sorti de ma bouche ! Pour une déclaration on repassera. Si j'avais pu je me serais donné des baffes. Pourquoi mais pourquoi dès que je laissais parler mon instinct je ne savais faire ou dire que des choses complétement stupide ! Je jetais un petit coup d'œil vers celui à qui était destiné le message.

Le silence, qui avant étant gênant, était maintenant chargé en intensité. Castiel s'était figé et me fixait ardemment. J'avais chaud. Très chaud … Et j'étais persuadée que l'on pouvait mettre à cuire un œuf sur mes joues sans problème… Je lui avais dit la seule chose que je m'étais promis de ne pas dire tout de suite. C'était joli ! Maintenant je n'avais plus qu'une peur c'était qu'il parte ou me rit au nez devant ma naïveté. Je repensais aux mots de Lysandre. Je sentais à nouveau l'espoir fou m'envahir doucement. Castiel avait déjà des doutes sur mes sentiments et s'il devait fuir ou me repousser, il l'aurait déjà fait depuis longtemps. Quitte à lui avouer mes sentiments autant tout lui dire. J'enchainais rapidement, les mots me venant plus naturellement.

- Je ne… Je ne voulais pas me l'avouer mais c'est le cas depuis longtemps. Tu dis que je suis importante pour toi mais tu n'imagines même pas l'importance que tu as pour moi! J'ai mis un temps infini à me l'avouer. J'avais peur… Peur de ce qui pourrait advenir de nous deux… Je n'aurais pas supporté de te perdre… Mais lorsque tu as embrassé Eléonore…

Ma voix se brisa sur la fin de ma phrase. Je revoyais devant moi les images défilé les unes après les autres : des images de Castiel et moi, mon arrivé ici, ma rencontre avec Armin et les crises de jalousie de Castiel que j'avais mal interprétées, l'arrivée d'Eléonore, la levée de mon propre déni, violente, brutale, autant que ma déception de le voir embrasser une autre que moi… Je regardais ailleurs, posant mes mains sur mes hanches ou les croisant devant moi. Je ne pouvais plus le regarder en face.

- Je… Je t'ai vu embrasser Eléonore devant chez toi! Et ne me dit pas que tu ne m'as pas vu ! M'exclamais-je de peur qu'il commente ce que je venais de dire. Je… Je t'ai vu me regarder et l'embrasser. Au fond de moi je savais que tu faisais ça parce que tu venais de me voir embrasser Armin. Mais j'avais trop mal pour comprendre ça. Alors à la place, je me suis rentré dans le crane que tu ne m'aimais pas et qu'il n'y aurait jamais quelque chose entre nous. Et cela m'arrangeais bien sur le moment. Je me suis appliquée à rester amie puisque je ne pouvais pas non plus rester loin de toi. Et tu m'as fui… Ce qui n'a fait que renforcer mon idée. J'étais une gêne… Mais je n'ai pas pu renoncer à toi… Même lorsque j'ai cru que tu m'avais trahi jamais je n'ai pu renoncer complètement à toi ! Tu es plus important pour moi que n'importe qui d'autre sur cette fichue planète !

Je criais presque désormais. Je faisais exactement ce que je ne voulais pas faire en venant ici. Mais Castiel avait ce don de me faire ressentir plus intensément chacune de mes émotions. Nathaniel l'avait très vite compris lors de nos entrainements : il était la clef de mon existence. Il était celui qui me permettait de me sentir vivante, de ressentir des émotions, de vivre tout simplement. J'avais l'impression qu'il était un feu qui m'attirait à lui inexorablement et ce feu était en train de me bruler toute entière. Je pouvais presque le voir danser au fond de ses yeux. Je n'imaginais même pas que l'amour pouvait atteindre des intensités pareilles.

- Quand tu m'as embrassé, tu as envoyé valser tout mon travail sur moi-même pour me convaincre que l'on ne finirait pas ensemble. Putain j'en suis même venue à penser que tu voulais remplacer Eléonore et que je n'étais qu'un putain de bouche trou ! Tu t'accrochais à elle sans même que je comprenne pourquoi… Je ne te comprends plus castiel, je suis même incapable d'expliquer ta relation avec Eléonore… Je… Je ne suis plus capable de comprendre ce que tu ressens parce que je suis trop embrouillé avec les miens…

Je laissais un blanc et le regardais tristement. J'étais incapable de continuer pour le moment. C'était le moment crucial où il était censé me répondre quelque chose. Mais il se contentait de me regarder. Je vis dans ses yeux sa profonde réflexion. Il semblait complètement perdu dans ses pensées. A tel point que sa voix me fit presque sursauté tellement que je ne m'attendais pas à ce qu'il parle.

- T'es vraiment chiante comme nana ! Mais comme je suis de bonne humeur je vais répondre à ta question. Si j'ai été avec Eléonore c'est parce qu'elle a été là lorsque que j'ai eu besoin d'elle.

Une claque m'aurait sûrement fait moins mal. Je le fixais essayant de comprendre où il voulait en venir. Il n'avait pas ouvert la bouche depuis le début de mon monologue et il avait pris le pire angle pour rebondir sur ce que je venais de dire. Je n'étais plus sûre de vouloir savoir ce qu'il y avait eu entre eux deux.

- Et en quoi tu avais besoin d'elle ? Demandais-je prudemment, n'étant même pas sûre de vouloir une réponse à cette question.

- Je veux dire que lorsque j'avais de vrais problèmes elle n'était pas à l'autre bout du monde. Je pouvais lui parler, la toucher, et même lui chialer dessus si je voulais. Ce qui n'était pas ton cas à ce moment-là.

- Je t'ai toujours soutenu Castiel ! Du mieux que j'ai pu, répondis-je avec fougue. Je n'y suis pour rien si mes parents ont décidé de déménager ! Je n'y suis pour rien si j'ai été trimbalé comme un boulet à leur pied pendant des années. Tu ne peux qu'imaginer ce que j'ai vécu, et à quel point j'ai résisté pour garder notre amitié sauve !

- Tu n'avais qu'à t'émanciper et revenir ici ! Cria-t-il à son tour. Tu aurais dû revenir ici, c'était ta promesse non ? Parce que toi aussi tu m'avais fait une promesse ! Cette putain de promesse faite à une gosse pleurnicharde ! Moi, j'ai tenu ma promesse. Peux-tu en dire autant ?!

Pire qu'une claque, un coup de poignard. Je sentais quelque chose se briser en moi au fur et à mesure que je comprenais ce qu'il me disait. Je l'avais blesser en partant malgré ma promesse de rester en contact. Je ne l'avais pas complètement abandonné au fil de ces années comme ses parents mais je ne pouvais que comprendre ce que castiel enfant avait dû ressentir. Je culpabilisais d'avoir eu à partir contre mon gré. Et je culpabilisais encore plus de ce que j'avais promis de lui dire. Je savais que si je lui disais maintenant que je partais à la fin de l'année pour ne jamais revenir je le briserais. Aussi surement que moi-même j'allais être détruite par cette séparation. Au final, je devais réfléchir à deux. Et je me rendis compte que dès le départ j'aurais dû le faire.

- Tu penses vraiment que j'aurais pu tenir une promesse de ce genre à n'importe qui ? insista-t-il. Es-ce que tu crois que ça me ressemble beaucoup d'attendre après une fille dix putain de longues années ? Comment penses-tu que j'ai réagis alors quand cette même fille se pointe à nouveau dans ma vie ? Tu dis que tu es embrouillé ? Et bien tu as deviné mon histoire avec Eléonore, c'était aussi une embrouille !

Ses mots me percutèrent aussi fortement que pourrait le faire un tgv lancé à grande vitesse. Comme un déclic je pu enfin me mettre à sa place et examinais d'un seul coup son comportement sous un tout autre angle. Et si ses crises de jalousie était dû juste au fait qu'il voulait se rapprocher de moi et qu'il ne supportait pas qu'Armin me tourne autour parce, comme moi avec Eléonore, il voulait être celui qui passait du temps avec moi. Il me l'avait dit à la soirée sous forme de boutade mais je ne le comprenais que maintenant dans toute son ampleur « Et si je te disais que je ne veux pas qu'il t'approche parce que je suis fou de toi depuis plusieurs années ». C'était sa façon de dire qu'il m'aimait… Et… J'avais embrassé Armin à peine quelques jours d'après.

Je ne pus que comprendre l'horreur et la peine de Castiel lorsqu'il m'avait vu embrasser Armin le lendemain. De la même façon qu'il s'était jeté dans les bras d'Eléonore. C'est pour cela qu'il m'avait fui ensuite. Castiel n'était pas démonstratif de base, il fallait comprendre et lire entre les lignes. Mais je n'avais pas su comprendre à temps ce qu'il avait voulu me dire. Il avait ensuite voulu m'oublier avec Eléonore. Il m'avait fui. Mais il ne pouvait pas vraiment se résoudre à me supprimer de sa vie. Et le jour du concours il avait dû comprendre en me voyant avec Nathaniel qu'il ne pouvait plus rester loin de moi. Je connaissais par cœur son côté protecteur auquel je ne faisais plus attention depuis longtemps maintenant. Mais c'était exactement ça ! Il s'était senti menacé par Nathaniel. Et il avait voulu rompre avec Eléonore à ce moment-là. Elle avait dû le comprendre. C'est pour cela qu'elle avait voulu me mettre hors d'état de nuire ce soir-là. Et elle aurait réussi son coup, si notre relation n'était pas aussi fusionnelle et si je ne vouais pas à Castiel une confiance aveugle même lorsque toutes les preuves l'accusaient.

Il… m'aimait… Cette révélation me sauta au visage comme un diable surgit hors de sa boite… J'étais à la fois heureuse et horrifié. Nous partagions les mêmes sentiments l'un pour l'autre. Mon cœur faillit s'arracher de ma cage thoracique à force de faire des cabrioles. Il m'aimait… J'aurais pu le répéter des centaines de fois sans jamais m'en lasser. Je relevais mes yeux vers lui pour essayer de confirmer l'espoir fou qui m'envahissait. Ce n'est que lorsque je vis les éclairs dans ces yeux que l'horrible réalité me rattrapa.

Je partais… Je partais à la fin de l'année. Notre couple, aussi fort soit nos sentiments était voués à l'échec. Cette révélation me noua la gorge. Je savais en venant à Sweet Amoris, tout au fond de moi, que j'allais lui faire mal en partant, mais je ne voulais pas y penser… Jusqu'à maintenant. Toujours il avait fait son possible pour me voir alors que je restais enfermé dans ma prison dorée. Et moi de mon côté j'avais faits mon possible pour ne jamais le décevoir… Mais je ne pouvais pas le regarder dans les yeux et lui dire que je tiendrais cette promesse dans les mois à venir. Il me demandait des serments que j'étais incapable de lui renouveler.

Il me reprochait déjà mon absence… Comment lui dire que ce serait bien pire d'ici quelques mois. Nous étions au cœur du problème. Cette amitié que nous avions préservé à l'époque coûte que coûte nous avait blessé plus que nous ne l'aurions voulu et nous explosais maintenant au visage. Je n'étais pas vraiment responsable de mon absence mais je ne pouvais pas lui en vouloir d'être en colère contre cela. Par une promesse égoïste et idiote, je l'avais blessé pendant des années. Et j'allais porter le coup fatal. Je le regardais toujours dans la même position la tête en arrière recrachant sa fumée et attendant avec énervement ma réaction.

- Je... ça ne sert à rien de continuer comme ça, dis-je en essayant tant bien que mal de contenir les sanglots dans ma voix. Cette histoire ne peut plus continuer. Je ne peux plus tenir cette promesse.

Il tourna si rapidement la tête vers moi que je cru qu'il c'était fait un torticolis. Je pouvais presque sentir la colère émaner de chacun de ses traits. Je refusais de ne bouger ne serais-ce qu'un seul muscle de peur de mourir foudroyée. Un silence de mort c'était abattu dans sa chambre. Je ne savais pas comment lui dire mais je n'avais que trop retarder cette échéance. Il était temps que je lui dise. Et de m'achever par la même occasion.

- Je dois partir en fin d'année, déclarais-je froidement. Et je ne reviendrais pas.

Si j'avais cru que le niveau de colère de Castiel était à son maximum j'avais eu tort. Il semblait hors de lui. Telle une furie il me saisit par les deux épaules me serrant à m'en faire mal.

- Qu'es que tu veux dire par là ? demanda-t-il d'une voix blanche.

Je retins de justesse un sanglot et baissais la tête, impuissante.

- Tout ça n'a plus d'importance…

- Ça en a pour moi ! cria-t-il.

Je plantais mon regard dans le sien. Je pouvais y lire toute la détresse que mes mots avaient provoquée en lui. Ses mains tremblait de fureur et me serrait tellement fort que j'allais surement avoir des marques sur mes bras dans quelque minutes, mais je n'y faisais pas attention. Je ne pouvais plus reculer.

- Si… Si j'ai pu revenir ici c'est que j'ai fait en contrepartie un marché avec mes parents. S'il me laissait un an à Sweet Amoris, je devais accepter les études et la vie qu'il voulait pour moi ensuite... Ma mère a su que je te parlais encore… J'ai dû lui promettre qu'après je ne devais plus chercher à te revoir…

Ça y était je pleurais pour de bon. Il connaissait mes parents et il savait qu'ils en étaient parfaitement capables et suffisamment riche et influant pour me faire tenir ma part du marché. Je sentais mon cœur se déchirer en deux alors que je savais le mal que je lui infligeais. Castiel me lâcha d'un seul coup. Il avait les yeux écarquillé et sa cigarette était tombée sans qu'il s'en rende compte. Je la ramassais précipitamment pour ne pas qu'elle brule le parquet dans sa chambre. Lui n'avait pas bougé d'un pouce. Il semblait comme figé sur place. Et sans crier gare il frappa le mur à côté de lui.

- Putain ! hurla-t-il en même temps.

Le coup avait été rapide et violent. Il m'avait à mon tour figé sur place et j'oubliais de respirer. Mes sanglots s'étaient même arrêtés devant son comportement. Je ne savais plus comment faire pour ne pas l'énerver d'avantage. Je m'étais attendu à cette réaction de sa part, mais je ne m'attendais pas d'en ressentir une telle violence.

- Castiel ? demandais-je d'une toute petite voix brisée par les larmes qui restaient coincé dans ma gorge.

- La ferme ! hurla-t-il

Je restais sans voix la bouche légèrement ouverte sous le choc. Il ne me parlait jamais comme ça. Mais là je l'avais blessé, au plus profond de lui-même. Je savais et comprenais la peine que je lui avais infligée. De toute façon lorsque j'avais accepté ce pacte, mes parents ne m'auraient jamais laissé reprendre contact avec Castiel. Je n'avais fait que gagner un peu de temps. Mais maintenant je me demandais s'il n'aurait pas mieux fallut que je m'évanouisse dans la nature sans laisser de traces. Il tournait en rond comme un lion en cage laissant échapper des jurons. Je n'étais même pas sûre qu'il puisse encore se contrôler. Je fermais ma bouche en me redressant attendant qu'il se calme. A la place il me prit le bras à nouveau et me fit m'assoir sur son lit.

- Tu ne bouges pas d'ci avant que je sois revenu. Et je te jure que si tu n'es pas dans cette chambre lorsque je reviens je retourne tout sweet amoris et je te ramène ici par la peau du cul ! Pigé ?

Et il me planta là, sans attendre de réponse et en claquant la porte de sa chambre derrière lui. J'entendis la porte de chez lui se fermer avec fracas quelques instants après. Il était visiblement parti se calmer. Je restais figé les yeux dans le vague en essayant d'analyser ce qui venait de se passer.

A quoi je m'attendais franchement ? Quelle autre réaction aurait-il pu avoir ? Moi-même j'aurais pu en avoir une similaire. La culpabilité me rongeait aussi surement qu'un acide ou un poison l'aurait fait. Qu'es-ce que j'avais fait ? Pourquoi es-ce que je n'avais pas pu prévoir que cela allait arriver ? Je n'avais pensé qu'à mon envie de tenir ma promesse et revenir à Sweet Amoris. A lui aussi je savais qu'il allait être heureux de ma venue mais… Je n'avais pas cherché plus loin. J'étais une idiote…

Je laissais des larmes amères tracer des sillons brulant le long de mes joues. Je croisais les bras sur ma poitrine comme si cela allait m'empêcher de me briser en mille morceaux. La honte et la culpabilité occultait complètement le fait que j'avais enfin compris que mes sentiments étaient amplement réciproque. Au fond de moi peut-être que je l'avais toujours su peut-être que j'avais aussi toujours deviné que notre relation finirait ainsi… Je n'étais pas faite pour être aimé. Je l'avais su dès que ma mère avait posé ses yeux sur moi. Froid, informel, , dégouté, dénué de toute empathie ou preuve d'amour… J'allais bientôt recevoir ce regard-là de la part de Castiel. Il allait me détester c'était sûr.

Soudain on frappa à la porte et quelqu'un entra dans la chambre. Je sursautais et vu la mère de Castiel me regarder avec un petit sourire triste. J'essuyais rapidement mes larmes et serrais les dents.

- Emilie ? Je suis désolé ce n'est peut-être pas le bon moment mais, je vous ai entendu vous disputer avec Castiel… Je venais voir si ça allait…

Je ne répondis pas et détournais le regard. Qu'elle idée de m'avoir dit de venir ici. Il aurait pu au moins avoir la délicatesse de me prévenir qu'il y avait ses parents. J'avais tellement l'habitude de voir Castiel seul dans cette maison depuis le début de l'année que je n'avais même pas penser à demander. Cette situation était extrêmement dérangeante pour moi.

La mère de Castiel n'avait pas l'air de vraiment en tenir compte puisqu'elle s'assit sur le lit et posa sa main sur la mienne.

- Question stupide désolé… Je ne sais pas vraiment y faire avec les adolescents ah ah.

Visiblement elle n'avait pas l'air d'être très gênée de me trouver en pleur dans la chambre de son fil. Mais à mon souvenir elle n'avait jamais eu l'air de faire grand attention des situations gênantes. Je me dis qu'avec Castiel qui la rejetait tout le temps elle devait avoir pris son parti. Dans le fond elle me faisait un peu de peine parce que je la savais gentille et triste de la relation qu'elle avait avec son fils. Mais infiniment maladroite…

Elle non plus n'avait pas réfléchi lorsqu'elle était partie. Elle n'avait vu là à l'époque qu'une façon de sauver son couple qui battait furieusement de l'aile. Es-ce que Castiel allait me rejeter aussi ? Il n'y avait que peu de doute par rapport à cela. J'avais à nouveau envie de pleurer.

- Vous vous êtes disputé ?

Je la regardais suspicieuse. Je n'avais absolument pas l'habitude de me confier à des adultes et la mère de Castiel devant semblant faire des efforts dans ce sens. Que cherchait-elle à faire ? J'hochais péniblement la tête tout de même.

- Et c'est grave à quel point ?

- Suffisamment pour qu'il me déteste jusqu'à la fin de mes jours, répondis-je acide.

Je n'avais même pas fait attention au ton que j'utilisais. De toute façon la situation était trop décalée pour moi. Tant pis si j'étais sèche, je ne risquais pas de la revoir, elle et toute la famille de Castiel. Elle me fit un petit sourire compréhensif.

- Je ne pense pas que cela soit possible, dit-elle en riant légèrement.

- Je viens de lui annoncer que je partirai à la fin de l'année et que je ne le reverrai plus jamais ! Claquais-je piqué au vif.

Je m'étonnais moi-même de parler de la sorte. Et encore j'avais retenu la fin de ma phrase. Mais j'étais gênée, honteuse et triste. De plus j'avais l'impression qu'elle ne me prenait pas au sérieux et cela m'énervais au plus haut point. La colère que j'avais contre moi-même était rejeté directement contre elle… Je devais partir… Mais si je le faisais ? Comment réagirai Castiel ? Je lui devais ça au moins. L'attendre… pour qu'il me porte le coup fatal. Réjouissante constatation.

- Quel que soit le problème je suis sûre qu'il ne te détestera pas, répondit-elle. Malgré ce qu'il peut pensé je connais bien mon fils. Et quoi qu'il en dise il ressemble beaucoup à James… Il ne te laissera pas le quitter.

Je n'en étais pas si sûre qu'elle. Je l'avais vraiment blessé, et je n'étais pas sûr qu'il me pardonne. De toute façon pourquoi faire puisque nous allions être séparés.

- Je ne suis pas sûre que tu rendes compte à quel point votre lien est fort. Déjà petit il était difficile de vous séparer. Vous étiez fourrez ensemble 24h sur 24h à tel point que lorsque l'on parlait de l'un en venant indubitablement à parler de l'autre. Et lorsque j'ai appris que tu étais partie j'ai cru que Castiel allait faire crise sur crise pour te voir… Il nous a appelé ce jour-là tu sais ?

Je la fixais avec incompréhension.

- J'ai su que tu avais déménagé quelques jours après que tu sois partie. Castiel nous avait appelés pour nous demander de faire quelque chose ou de déménagé lui aussi… Mais tu te doutes bien que nous n'avons pas pu faire grand-chose. Il nous en a voulu pendant très longtemps… dit-elle comme perdu dans ses souvenirs. Tout ça pour te dire qu'il ne te laissera pas partir une autre fois. Et je ne pense pas que tu le veuilles non plus hum ?

J'hochais la tête de gauche à droite pour signifier la négation. Comment sa mère absente depuis tellement de temps faisait-elle pour comprendre Castiel… Je me fis la constatation que cette famille avait vraiment du mal à montrer ses véritables sentiments les uns aux autres. Ils s'étaient blessés et n'arrivaient pas à se le pardonner entièrement, mais malgré ça on pouvait sentir que Lynda aimait Castiel énormément. Comme une mère aime son fils, mais à distance…

- Ne t'inquiète donc pas pour ça. Tu es bien la seule personne qui compte à ce point-là pour lui. Il ne risque pas de te détester pour ça. D'ailleurs je voulais te remercier pour cela. Tu as réussis là où nous avons lamentablement échouer.

Elle marqua un petit temps d'arrêt, cherchant visiblement ce qu'elle allait me dire.

- Mon fils semble… beaucoup tenir à toi… Et je suis rassurée de me dire qu'il y a une personne à qui se raccrocher dans sa vie. Alors un bon conseil, ne perd pas ce lien ! Il ne te laissera pas tomber alors fais en de même. S'il est aussi fort que je le pense, il est très important pour vous de le garder…

Je restais scotché devant ses paroles…. Comment quelqu'un d'absent dans la vie de son fil pouvait viser juste sur notre relation. Je compris alors que sa mère loin de l'avoir abandonné à son triste sort avait toujours gardé un œil sur Castiel. Mais elle respectait ses sentiments envers elle et assumait son choix d'être partie et des conséquences que cela avait entrainées. Mais elle n'avait pu l'abandonner complétement. Elle gardait donc contact comme elle le pouvait… De loin… J'avais d'un seul un élan de compassion pour cette femme qui avait fait des erreurs et qui devait surement culpabiliser un peu au fond d'elle. Elle faisait son possible pour les rattraper et aimait son fil très fort. Mais ne savait pas comment le montrer. Visiblement c'était un trait de famille.

- J'en oublie pourquoi je voulais te parler, dit-elle adoptant un ton plus léger. Accepterais-tu de venir manger à Noël avec nous ? Je sais que… Castiel refusera alors que si tu es là…

- Je ne sais pas si lui voudra me voir… murmurais-je.

- Je ne sais pas mais… Si vous vous rabibocher, et cela ne fait aucun doute, réfléchis-y hum ?

J'acquiesçais et elle me laissa à nouveau seule dans la chambre. Cette entrevue avait été étrange pour moi. Je n'avais pas parlé avec la mère de Castiel depuis des années. Et me rendre compte de l'amour qu'elle lui portait alors qu'il la rejetait sans cesse m'avait fait de la peine pour elle.

Je pensais à ce qu'elle m'avait dit et me fit la remarque qu'il était presque impossible que Castiel me pardonne comme cela. Mais étais-je capable de moi faire face à mes parents pour lui… J'en avais envie et dis comme cela bien sûr que j'en étais capable. Mais face à face irais-je jusqu'au au bout de ma démarche… Ne flancherais-je pas ? Je n'avais pas le droit de faire croire le contraire à Castiel encore une fois…

J'étais perdue dans mes pensées. Toute ses émotions extrême m'avait extrêmement fatigué, si bien que je ne me rendis même pas compte qu'en m'adossant au mur derrière moi je m'étais endormie.

Je sentais quelque chose me chatouillé la joue. C'était très agréable. Une petite source de chaleur qui se déplaçait sur mon visage. Je frissonnais et battit doucement des paupières. J'eu d'abord du mal à me resituer. J'étais chez Castiel, dans son lit. Et lui se tenait devant moi avec un sourire doux que je ne lui avais encore jamais vu. Il reposa sa main et attendit que je me réveille complètement.

- Castiel ? dis-je en me redressant.

Je regroupais mes pensées lorsque tout me revint. Ma décision, ma déclaration, notre dispute, sa mère. Je me redressais complètement pour le coup bien réveillé.

- Je…Je suis désolé Castiel… Je ne voulais pas te…

Il plaça rapidement sa main sur ma bouche m'empêchant de continuer.

- Ne dis rien parce que tu vas encore dire n'importe quoi et ça va encore m'énerver.

Je lâchais un petit rire stressé mais n'ajoutais pas un mot. Il n'avait pas tort. Lorsque j'avais peur, je disais tout ce qui me passait par la tête et ce n'était pas toujours très glorieux… J'étais anxieuse au possible. Son visage était indéchiffrable, fermé. Allait-il me jeter ou au final sa mère avait-elle raison ?

- Ne fais pas cette tête je ne compte pas t'assassiner maintenant… Quoi que j'y aie pensé… grogna-t-il avec mauvaise humeur.

Je dégluti. Il semblait tout de même de mauvaise humeur mais rien d'étonnant à ça au vu de notre dernière discussion.

- Il est hors de question que tu partes mais je veux savoir ce que tu en penses avant. Alors je ne te poserais qu'une seule question. Qu'es ce que tu veux toi ?

Je le regardais sans comprendre ce qu'il voulait me dire. Quel importance ce que je voulais, la décision ne me revenait plus c'était trop tard. Et pourtant dieu sait ce que j'aurais donné pour changer les choses. Me faire plus forte devant mes parents, m'enfuir avec lui. Mais je n'étais pas suffisamment folle pour ne pas savoir que mes parents finiraient par nous rattraper.

- Qu'es ce que ça peut bien changer ? répondis-je en tournant mon visage vers lui.

Il planta ses prunelles dans les miennes comme il savait bien le faire. Je perdais mon souffle et mon cœur battait à nouveau plus fort. Je pouvais lire toute la détermination au fond de ses yeux. Il avait pris une décision. Et je ne pouvais que deviner laquelle Il n'était pas homme à abandonner si facilement. Sa mère 'avait bien cerné. Il avait voué une haine sans limite envers mes parents dès qu'ils les avaient croisés. Mais je l'avais toujours empêché de s'en mêlé.

- Castiel, retire-toi cette idée de la tête. Tu ne fais pas le poids par rapport à mon père. Evitons une fin encore plus dramatique que celle-là et agissons en personnes responsable.

- Si tu voulais du responsable fallait aller voir l'autre délégué coincé. Je répète ma question. Qu'es ce que tu veux ?

Son regard était chargé en intensité et semblait fouiller les moindres recoins de mon âme. Je tremblais désormais devant sa détermination. Je voulais y croire, autant que lui. Je voulais penser qu'une histoire était possible et que tout n'était pas trop tard. Mais avais-je vraiment le droit à cela. Lui faire croire des choses auxquelles moi-même je ne croyais pas. Et pourtant je voulais y croire à ce petit nous. Que tout était encore possible. Parce qu'à ces côtés j'avais l'impression de pouvoir déplacer des montagnes. Parce que c'était lui et qu'il faisait ressortir le pire comme le meilleur de moi-même.

- Toi… soufflais-je. C'est toi que je veux.

Il eut un petit rire de soulagement. Si bref que je cru l'avoir rêvé.

- Evidement que c'est moi. Tu as de la chance je n'aurais pas accepté une autre réponse ! dit-il avec son fidèle sourire en coin.

Et sans même me laisser le temps de répondre il posa ses lèvres sur les miennes avec férocité. Le baiser était imposant, de la force et de la passion à l'état brut. Il me brulait de l'intérieur. Ses lèvres s'écrasaient sur les miennes avec rage et je lui répondis avec autant d'ardeur. J'accrochais sa veste qu'il n'avait pas enlevée pour le serrer contre moi. Il s'allongea alors à mes côtés sans cesser de m'embrasser. Ses mains caressait mon visage et jouait avec mes cheveux avec la même intensité qu'il transmettait avec ses lèvres. Les miennes s'accrochaient un peu plus à sa nuque pour l'empêcher de se retirer si jamais l'idée lui venait, l'autre était agrippée à sa veste dans son dos. Il était maintenant sur moi sans que ni l'un ni l'autre n'en prenne vraiment conscience. J'étais beaucoup trop occupé à mordiller, embrasser sa bouche qui s'amusait avec la mienne. Nos langues ne se lassant pas de se rencontrer dans un ballet envoutant pour nos sens.

Je ressentais toute l'énergie qu'il mettait dans ce baiser. Le soulagement de deux âmes qui se sont trop longtemps cherchées. Comme la première fois j'avais enfin l'impression de prendre une bouffé d'air frai à chaque fois que sa bouche rencontrait la mienne. Mon corps semblait être aussi léger qu'un plume sous le sien qui m'écrasait à force de le tirer vers moi dans le but de le sentir encore plus proche si possible. Je voulais croire à toutes les promesses qu'il ne me disait pas mais que je comprenais à travers cet acte. Je voulais vraiment croire que notre couple avait une chance de fonctionner.

Mais là au creux de ses bras j'avais l'impression que rien n'avait d'importance. Je voulais tout oublier et ne garder que lui, ses mains qui me faisaient frissonnées, ses lèvres qui m'électrisaient, ses soupirs qui enchantaient mon ouïe. J'avais envie de lui, de tout son être. Pour pouvoir me fondre en lui et ne plus jamais me séparer de cette personne.

Ses mains cherchaient les miennes, puis descendaient lentement sur mes bras. Son corps se pressait contre le mien. Et alors que j'effectuais un mouvement instinctif de mon bassin contre le sien il grogna et m'agrippa les deux poignets d'une main. Je gémis ma désapprobation lorsque sa bouche quitta la mienne. Il se suréleva et planta son regard dans le mien. Ses pupilles étaient largement dilatés, sa respiration aussi saccadé que la mienne. Je ne fis pas un geste et en profitait pour le détaillé.

Il était beau c'était un fait et je le savais depuis un bon bout de temps. Mais le voir ainsi, au-dessus de moi, les joues légèrement rouges de nos activité précédente me donna juste envie de le retourner sur le lit et de continuer ce qui avait si bien commencé… D'ailleurs jusqu'où voulait-il aller ? Parce qu'à ce moment même, il pouvait faire de moi ce qu'il voulait. Mon cerveau était aux abonnés absents et avait dû subir un coup d'Etat de mes hormones anormalement sollicitées. Bizarrement je ne ressentais aucune peur, aucune appréhension. Je flottais sur un nuage, loin du monde et de préoccupation bassement terrestre. J'étais ailleurs, comme hors de moi.

Castiel lui semblait vouloir reprendre pied avec cette réalité que j'avais complètement occulté. Il essayait de calmer le jeu et reprendre un semblant de self contrôle. Mais j'étais incapable de lui résister. Et comme mue par une volonté propre ma main se leva pour caresser doucement son visage. Il se figea dès qu'il perçu un mouvement de ma part. J'eu un petit sourire et laissais mes doigts remonter lentement le long de sa joue pour aller se cacher dans ses cheveux. Mais avant que j'aie eu le temps d'appuyer sur sa nuque pour atteindre à nouveau ses lèvres il attrapa mon poignet.

- Non… Si tu continues je ne pourrais pas m'arrêter dit-il le souffle court.

- Et qui te dis que je n'en ai pas envie ? soufflais-je en approchant mon visage du sien.

Il ne bougea pas et me scrutait jusqu'au fond de moi-même. Je le laissais faire et approchais doucement de lui, laissant ma main s'enrouler et appuyer très légèrement sur sa nuque, profitant que sa prise avait été relâchée. Ses yeux glissèrent de mes yeux jusqu'à mes lèvres. Ma bouche se posa doucement sur la sienne, effectuant à peine une petite pression. Mais alors que j'allais approfondir il se recula complètement de moi et s'assit sur son lit. Il me lança un regard à la fois joueur et moqueur.

- Je sais que l'on peut vite devenir accro à moi mais je pensais que tu te maitrisais mieux que ça… dit-il.

Cette remarque eu le don de me faire redescendre un peu de mon nuage et le décor repris peu à peu place dans mon esprit. J'avais presque l'impression d'avoir froid maintenant sans son corps sur le mien. Je frissonnais et cela n'échappa pas à Castiel qui leva un sourcil railleur. Je lui répondis par un regard noir.

- Je crois que niveau maitrise de soi, tu n'as pas vraiment de leçon à me donner. Répliquais en m'asseyant à mon tour au bord du lit.

Son sourire s'effaça quelque peu et il me dévisagea quelques minute. Moi je prenais ce temps pour redescendre définitivement sur terre. Mais étrangement j'avais l'impression d'avoir emporté avec moi une partie du monde dans lequel j'avais été transporté. Une partie qui rendait mon cœur aussi léger et doux qu'une plume. Une sensation de douce chaleur comme lorsque l'on boit une boisson chaude en hiver emmitouflé sous sa couette. Je devais surement avoir un sourire niais sur le visage mais rien à faire je n'arrivais pas à me l'enlever. Je n'en avais pas vraiment envie.

- Qu'on soit bien clair ! Je ne me retiendrais pas à chaque fois, dit finalement Castiel me coupant dans mes pensées. C'est parce que mes parents sont en bas et que ce n'est pas le moment. Mais je t'ai attendu trop longtemps pour patienter indéfiniment. grogna-t-il

Je souriais devant ses paroles. Je le connaissais suffisamment pour savoir que si je n'en avais pas envie il attendrait et qu'il se cachait derrière ce discours pour ne pas perdre complètement la face. Il savait que je n'avais que peu d'expérience dans ce domaine et que ma virginité était toujours préservé, et c'est surement pour me laisser du temps qu'il m'avait repoussé ce soir. Ça et ses parents qui étaient en bas et que j'avais complètement oublié. Il s'avança à nouveau vers moi et pris mon menton pour que son regard rencontre le mien et capter toute mon attention… Comme s'il avait besoin de ça…

- On est ensemble maintenant donc tu es à moi. Et ne t'avise pas ne t'avise pas de penser le contraire !

Il plaqua une dernière fois ses lèvres sur les miennes. Mais avant qu'il n'ait eu le temps de se reculer j'agrippais l'arrière de sa tête pour prolongé notre baiser. Et alors que ses lèvres commençaient à me répondre à nouveau, je lui mordis la lèvre inférieure. Il recula surpris et porta la main à sa bouche.

- Ça c'est pour la morsure du parc. Et je te signale au passage que ce que tu viens de dire marche dans les deux sens.

Non loin de s'énerver ses lèvres s'étirèrent en un sourire amusé. Le regard qu'il me lança était à la fois un regard de défi, d'envie et d'amour mêlé qui me fit presque autant d'effet que ses baisers. Lui aussi était clairement de bonne humeur. Je décidais de pousser ma chance et enchainais sans lui laisser le temps de répliquer.

- Au passage ta mère m'a invité à Noël et je lui ai déjà dit oui, mentis-je pour couper court à ses protestation.

- Tu plaisante là ! Elle a uniquement fait ça pour je reste à la maison ce jour-là !

- Je sais mais elle avait l'air vraiment d'y tenir… dis-je en faisant la moue.

Il me regarda de travers, puis son visage se fendit à nouveau en un sourire… que j'aurais pu qualifier de carnassier… Je ne le sentais pas ce coup là.

- Fais ce que tu veux mais si tu viens, tu devras mettre ta robe rouge.

Je cherchais dans mon esprit de quelle robe parlait-il. Puis je me rappelais de cette robe que j'avais achetée lors d'un déplacement de mon père. Je devais être présente à une réception et j'avais donc fait les boutiques pendant une partie de la journée. Etant proche de sweet Amoris Castiel avais fait le déplacement et je l'avais trainé bon gré malgré dans les boutiques pour faire des essayages… Lorsque j'avais essayé cette robe, les grognements et autre râlement qu'il avait fait en continue toute l'après-midi avait cessé… Et c'est la première que je l'avais vu autant rougir. C'est vrai qu'elle était légèrement osée et il m'avait mis au défi de la prendre en disant que jamais je n'oserais porter une telle robe en public. Et moi j'avais saisit l'occasion pour lui rabaisser son caquet et l'acheter. Au final je ne l'avait pas mise lors de la réception. Et visiblement il s'en souvenait encore puisque de légère rougeur apparu à nouveau sur ses joues. Il était vraiment mignon lorsqu'il était gêné… Enfin avant qu'il ne casse tout avec une réplique bien placée.

- Je… Je verrais, répondis-je peu sûre de moi.

- Mais c'est tout vu ! dit-il avec un sourire ravageur. Tu n'oseras jamais la mettre

- Si je peux avoir ce que je veux avec, peut-être que si… répliquais-je avec un sourire malicieux.

Il braqua son regard dans le mieux. Le double sens de la phrase ne lui avait pas échappé. Ses yeux se firent de braise à tel point que détournais le regard vers l'extérieur et remarquait enfin qu'il faisait désormais nuit.

- Je vais prendre une douche, continua-t-il en grognant presque dans mon dos.

- Froide la douche, répliquais-je avec un sourire moqueur aux lèvres.

Il y eu un petit silence suivit d'un

- Tu veux me rejoindre ?

- Pas aujourd'hui, répondis-je en rougissant.

Je l'entendis grogner dans sa barbe et claquer la porte de sa chambre. Je n'avais pas l'habitude de jouer sur ce tableau-là. Mais savoir l'effet que je lui faisais me rendait légèrement audacieuse. Ça et l'euphorie qui m'avait emparée depuis qu'il avait posé ses lèvres sur moi quelques minutes plus tôt.

Je touchais machinalement mes lèvres et me perdait dans la contemplation des maisons que l'on pouvait voir de sa fenêtre. Je n'étais pas vraiment sûre de moi et ne savais pas du tout dans quoi j'avais mis les pieds, mais pour une fois je refusais de réfléchir. Car quoi qu'il se passe, nous étions deux désormais…

A suivre…

NDA : Et bien non ce n'est pas maintenant le rating M ! Bien que mon cerveau pervers à lui aussi essayer de me soudoyer, je me suis dit que ça ne collerais pas à ce moment-là. Enfin bref voici le chapitre le plus long de toute la fanfic. Bon c'est pour vous faire patienter jusqu'à la fin du mois hein ;-) car comme je l'ai dit plus haut je ne pourrais pas écrire avant la fin janvier.

Pleins de gros bisous à tous et n'oubliez pas de me laisser vos impressions… on sait jamais des fois que je décide d'être à nouveau une mauvaise fille et de faire passer soul sister avant mes révisions et mes heures de sommeil XD.