Résumé : Voldemort n'est plus, Harry l'a vaincu. Mais à quel prix ? Hermione est plongée dans le coma, victime d'une magie dont il ignore tout. Cependant, contre toute attente, un jeune sorcier bien particulier semble pouvoir lui venir en aide. Harry va alors découvrir le dernier secret qui entoure sa famille... #résumépourri !

Statut : En cours d'écriture.

Pairing : Drago et Hermione. Bah ouais, ils sont trop mignons, tous les deux !

Raiting : M, parce que je préfère prévenir que guérir... S'il y a besoin de changer par la suite, on verra. Pour le moment, je laisse comme ça.

Genre : Romance, évidemment. Famille, c'est le nœud de l'histoire. Et aussi un peu de suspense, parce que je suis sadique et que vous aimez ça !

Disclaimer : L'univers et les personnages appartiennent à sa Majesté JKR Rowling. Seul l'histoire rocambolesque sort de mon esprit, et des personnages qui n'en font qu'à leur tête...

Note d'Auteur : Bonsoir tout le monde ! Me voici de retour avec le nouveau chapitre, intitulé, comme annoncé, "Les Silences de la Guerre" ... Bon, qu'est-ce qui se cache là dessous ? Et bien, je vous laisse le découvrir, mais avant, as usual, réponses aux reviews !

Scpotter : Et encore, elle n'est pas au bout de ses surprises !
Swangranger : T'es pas loin de la vérité. On verra bien ce qui se dit dans ce chapitre, aha. Mais oui, effectivement, Hermione a vraiment beaucoup à accepter...
Sarahblue1 : Voilà la suite ! Aha ! Oui, Narcissa et Severus, je les imagines vraiment bien ensemble. Un peu moins de Drago sur ce chapitre, mais bon, chaque choses en son temps comme on dit.
Miss Homme Enceinte 2 : Contente d'avoir encore asse de ressource pour te surprendre ! J'ai eu l'idée de cette relation et... je n'en dit pas plus, vous verrez bien, aha ! Et oui, j'avoue que Pansy journaliste, je l'ai déjà pas mal vu, j'espère en faire quelque chose de... bien, différent. On verra ! Je t'enverrai un MP demain dans la journée pour t'expliquer comment Upload un chapitre.

Je tiens à remercier également les personnes qui m'envoie régulièrement leurs avis en MP. Et tout particulièrement Loïc, qui devient officiellement mon Bêta pour cette fiction ! Grosse responsabilité, héhé.

Allez, maintenant, je vous souhaite une bonne lecture !
Dabisous !

YumiKate


Le Poids du Silence

Chapitre 14 : Les Silences de la Guerre


Mercredi 4 Mai 1999 - Début d'Après-Midi

Deux heures plus tard, Hermione, Harry et Drago étaient de retour au ministère. Le blond les abandonna dès leur arrivée dans l'atrium pour retourner au sous sol, au service des archives, tandis qu'Hermione et Harry prenaient l'ascenseur jusqu'au deuxième étage, pour rejoindre le bureau de l'apprenti auror. La brune en fut étonnée :

- Nous allons faire l'interview dans ton bureau ?

- Non, dans une salle de réunion pas très loin. Je passe juste déposer mes affaires.

La jeune fille hocha la tête et continua de suivre son frère, les yeux dans le vague. Lorsque le jeune homme s'aperçut de son état, il s'empressa de la prendre dans ses bras :

- Hé, Mia. Calme toi, ça va aller.

Hermione écarquilla les yeux d'incompréhension, ce qu'Harry remarqua en souriant, embarrassé :

- Tu te tords les doigts, tu te mordilles les lèvres et tu es pâle comme la mort. Pas besoin de s'appeler Sibylle Trelawney pour savoir que tu es dans un état d'anxiété élevé.

La brune inspira une grande gorgée d'air avant de lever les yeux vers lui :

- C'est idiot, n'est-ce pas ?

Qu'elle se sentait bête, à cet instant.

- Mais non, Hermione. Tu détestes les journalistes. Tu détestes Pansy Parkinson. Alors les deux combinés, je comprends que tu sois un peu anxieuse…

Elle secoua la tête en signe de négation :

- Tu ne comprends pas…

Elle se tut. Se comprenait elle elle-même ? Hermione n'en était pas sûr. Comment lui expliquer ce qu'elle ressentait ? Harry fronça les sourcils et se détourna rapidement de la jeune fille, qui le dévisagea sans comprendre. Elle soupira de soulagement lorsqu'elle le vit entrer dans son bureau et l'y inviter. Elle s'engouffra alors dans la pièce, qu'elle observa d'un œil amusé.

Un immense bureau en chêne occupait presque tout l'espace disponible. La pièce n'était d'ailleurs pas bien grande et Hermione se prit les pieds dans le fauteuil destiné aux invités. Le mur de droite était entièrement occupé par une immense bibliothèque sur laquelle reposaient plusieurs livres plus ou moins épais, ainsi que bon nombre de parchemins scellés. Contre le mur de gauche, une commode à tiroirs, plutôt imposante, occupait une grande place. Mais le plus surprenant restait l'immense aquarium qui reposait sur ce meuble et dans lequel se trouvait un strongulot. La jeune fille dévisagea son cadet, qui secoua les épaules d'un air nonchalant pour cacher sa gêne :

- Remus.

Hermione hocha la tête, elle comprenait. Leur ancien professeur de défense contre les forces du mal, et ami de surcroît, avait un aquarium identique dans son bureau le jour où Harry était entré pour la première fois dans la pièce, en troisième année. Cette anecdote était d'ailleurs devenue une sorte de plaisanterie entre eux, au fil des années. Et la présence de la créature dans cette pièce semblait être un bel hommage.

Elle continua son inspection, sourcillant parfois lorsqu'elle découvrait un détail plus ou moins surprenant, mais toujours sans faire de commentaires. Son regard se fit néanmoins plus tendre quand elle se retrouva de l'autre côté de l'imposant bureau et qu'elle aperçut les différents cadres photos qui y reposaient. Différentes émotions s'éveillèrent en elle tandis qu'elle examinait ces souvenirs. La nostalgie, lorsqu'elle aperçut une photo d'Harry, Ronald et elle, prise en troisième année, à Noël. Puis la contrariété, alors qu'elle découvrait une photo de Ginny, magnifique et souriante lors du mariage de Bill et Fleur. Harry continuait de se torturer inutilement, à cause de sa culpabilité. Elle se détourna rapidement de ladite photo pour en examiner une autre qui la laissa pantoise.

Son frère riait, un bonnet de Père Noël sur la tête, tandis qu'à ses côtés, Drago Malefoy, qui portait le même déguisement, semblait contrarié. De l'autre côté du brun, Narcissa Malefoy les observait tout les deux, les yeux tendres et émus. Ainsi, ils avaient fêtés les fêtes de noël ensemble ? Cela semblait tellement… étrange.

Hermione mit fin à son observation, mal à l'aise, lorsqu'elle sentit la présence d'Harry à ses côtés. Elle s'empressa alors de prendre la première photo qui se présentait sous sa main, afin de se donner une contenance, et se retint de sursauter lorsque le brun prit la parole :

- C'est le petit Teddy.

La brune concentra son attention sur le petit garçon qui souriait à l'appareil, ses cheveux changeant constamment de couleur, avant de souffler l'unique bougie d'un énorme gâteau au chocolat. Elle esquissa un sourire, émue. Elle n'avait jamais vu le fils de Remus et Tonks, si ce n'est sur une photo, le jour même de la Bataille Finale. Et d'après le cliché qu'elle tenait dans ses mains, le petit garçon venait récemment de fêter son premier anniversaire, sans ses parents. Cette pensée fit monter les larmes de la jeune fille qui les ravala avec difficultés.

Alors qu'elle reposait le cadre sur le bureau, son regard fut indéniablement attiré par la dernière photo. Un couple s'y enlaçait, visiblement heureux et souriant, tournoyant dans la neige, avant de s'embrasser et de se retourner vers l'objectif. James et Lily Potter lui offrirent alors un magnifique sourire, plein d'espoir et d'amour.

Elle ne remarqua ses larmes que lorsqu'Harry lui essuya doucement les joues de ses pouces, lui souriant avec tendresse :

- Pourquoi es-tu si anxieuse, Mia ?

Elle éclata en sanglots :

- J'ai peur, Harry. J'ai peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas mériter de porter ce nom…

Le brun la prit alors dans ses bras, la berçant doucement :

- Chut, calme toi. Hermione, tu es la sorcière la plus intelligente et la plus courageuse qu'il m'ait été donné de rencontrer. S'il y a bien, entre nous deux, une personne qui mérite de porter ce nom, c'est toi. N'en doute jamais.

La jeune fille renifla avant de hocher la tête, pourtant peu convaincue. Harry s'écarta doucement d'elle avant de saisir son visage en coupe dans ses mains et de lui essuyer les joues avec ses pouces :

- Ils auraient été fiers de toi, Hermione Potter.

- De toi aussi, Harry Potter.

Il lui sourit et déposa un doux baiser sur son front avant de l'entraîner à sa suite dans le couloir.

XXX

- Bien, je crois que nous avons terminé, Hermione.

La brune soupira, soulagée.

Ils se trouvaient tous les trois, Pansy Parkinson, Harry et elle, dans une petite salle de réunion qui se trouvait non loin du bureau de l'apprenti auror. L'ancienne Serpentard était entrain de ranger son parchemin et sa plume à papote dans sa besace, tout en souriant largement au jeune homme :

- Encore merci, Harry. A toi aussi, Hermione. J'imagine que ça n'a pas dû être facile pour toi.

L'ancienne Gryffondor haussa un sourcil. De quoi parlait Pansy ? Du fait de raconter son histoire, ou de l'avoir fait à une femme qu'elle détestait profondément ? Elle secoua les épaules :

- Maintenant que c'est fait, j'espère surtout ne pas avoir à recommencer…

Elle sourit, énigmatique. Sa réponse correspondait parfaitement aux deux sous-entendus de la question, et la Serpentard le remarqua en souriant malicieusement.

Harry se racla légèrement la gorge, attirant ainsi l'attention des deux jeunes femmes. Il se tourna anxieusement vers sa sœur :

- Hermione, il faut que je passe voir mon supérieur, je ne devrais pas en avoir pour longtemps. Tu préfères m'attendre ici, ou tu veux rentrer directement à la maison ?

- Ça va aller, Harry. J'emprunterai le réseau de cheminée pour rentrer.

Il hocha la tête en souriant avant de déposer un baiser sur son front :

- Merci. Pansy, je compte sur toi pour faire un article digne de ton nom et de ta réputation…

La jeune fille lui renvoya son sourire énigmatique :

- Tu me connais…

Ils se firent la bise, ce qui étonna une nouvelle fois Hermione, qui ne pipa mot. Lorsque son frère fut sorti de la salle, elle n'hésita pas deux minutes avant de lancer à son ancienne rivale :

- Vous semblez plutôt bien vous entendre…

La journaliste se figea, avant de sourire, les joues légèrement rouges :

- Hm, oui. Harry est quelqu'un de bien. Il tient ses promesses.

Hermione saisi sa chance et demanda doucement :

- Il m'a dit qu'il te devait un service ?

Pansy éclata d'un rire franc avant de se rasseoir et de lui sourire, un air de conspiration au visage :

- Exact. Ça s'est passé il y a quelques mois, à Ste Mangouste.

xFLASHBACKx

Dimanche 19 Septembre 1999 - Hôpital Ste Mangouste

Elle détestait les hôpitaux. C'était une certitude qui se confirmait une fois encore. L'odeur écœurante du sang qui se mélange aux effluves des potions médicinales et des désinfectants à la javel. Les gémissements de douleurs de certains patients, les pleurs des familles qui attendent avec angoisse. Les notes volantes qui filent à toutes allures pour réclamer l'intervention immédiate d'un quelconque médicomage, pour un quelconque patient sur le point de mourir…

Et tout ce blanc. Toute cette clarté. Pourquoi ? Dans quel but ? Donner de l'espoir aux gens ? Pour les empêcher de sombrer ? Comme si la couleur des murs pourrait y changer quoi que ce soit…

Pansy Parkinson déambulait dans les couloirs de l'hôpital de Ste Mangouste comme un automate, l'esprit embrumé. Sa mère venait d'être admise à l'hôpital après qu'un chaudron lui ait explosé au visage. Les médicomages restaient confiants, elle s'en sortirait. Mais la jeune fille avait eu la peur de sa vie. Elle n'était pas prête à perdre sa mère. Pas après avoir vu tant de gens mourir, quelques mois plus tôt. Bien qu'elle ait brutalement mûrie, ce jour là, elle se sentait l'âme d'une petite fille, lorsque sa mère était concernée. Égoïste, capricieuse, effrayée.

Alors qu'elle montait doucement l'escalier dans le but de se rendre à la cafétéria, qui se trouvait au sixième étage, des éclats de voix retentirent non loin d'elle. Pansy releva la tête et se figea. Quelques marches au dessus d'elle, Harry Potter gesticulait avec colère et désarroi, et hurlait son mécontentement à un médicomage déconfit.

Cela faisait tout juste quelques semaines qu'elle avait pris son poste au sein de la Gazette du Sorcier, mais la jeune fille, friande de ragots en tout genre, avait toujours eu l'âme d'une journaliste. Sans même s'en être rendue compte, elle s'était rapidement plaquée contre le mur, de façon à rester invisible aux yeux colériques de son ancien camarade de classe, et tendait l'oreille dans l'espoir de déceler ce que le jeune homme hurlait à plein poumons :

- … et ça fait des semaines qu'elle est dans cet état ! C'est complètement inadmissible ! A croire que je suis le seul à chercher un remède !

- Monsieur Potter, calmez vous…

- Non, je refuse de me calmer ! Hermione est toujours dans ce putain de coma, parce que vous n'êtes qu'une bande d'empotés incapables et fainéants !

Pansy retint un soupir d'exaspération. Potter péter les plombs à cause du coma de Granger. Rien de nouveau, rien d'étonnant, de surprenant, de croustillant. Elle s'apprêtait à reprendre l'ascension des escaliers quand elle perçut les sanglots étouffés du jeune homme :

- C'est son anniversaire, aujourd'hui. Ma sœur a vingt ans et ne peut même pas les fêter dignement.

La jeune fille se figea. "Ma sœur" ? Potter avait-il employé ce terme parce qu'il considérait la jeune fille comme sa sœur de cœur, ou était-elle vraiment sa frangine ? Pansy tendit l'oreille, dans l'espoir d'entendre plus d'informations, n'importe quoi, qui puisse lui confirmer qu'elle tenait là le scoop de l'année. Et c'est la voix compatissante du pratiquant qui lui confirma la nouvelle :

- Je comprend votre peine, Monsieur Potter. Et je vous assure que toute l'équipe médicale fait de son mieux pour réveiller votre sœur. Malheureusement, nous n'avons que trop peu d'informations concernant le sortilège qui l'a plongé dans ce coma…

Ainsi, Granger était réellement la sœur de Potter. Comment ? Pourquoi ? Pour quelles obscures raisons avaient-ils gardé ce secret enfoui durant tant d'années ?

La jeune fille était tellement plongée dans ses pensées, réfléchissant à l'enquête qu'elle devrait mener pour réunir toutes les informations nécessaires à son article, qu'elle ne remarqua pas le départ du médicomage. Elle sursauta et étouffa un cri lorsqu'elle se retrouva face à un Harry Potter en larmes et complètement surpris de sa présence :

- Qu'est-ce que tu fous là, Parkinson ?

Sa voix n'était ni agressive, ni furieuse. Il semblait juste las, épuisé, mais surtout triste. Pansy, incapable de formuler le moindre mot, resta pantoise face à lui, tentant de mettre au point une excuse valable. Il soupira :

- Tu as entendu, n'est-ce pas ?

Toujours dans dire un mot, la jeune fille se contenta de hocher la tête, prête à subir son courroux. Le jeune homme se pinça l'arête du nez, comme s'il réfléchissait. Il finit par faire un signe de la main, dédaigneux :

- Fais en ce que tu veux.

Et il s'en alla, laissant la jeune fille dans un état de perplexité sans précédent.

Que venait il de se passer ? Potter savait pertinemment que Pansy était devenue journaliste, ils avaient d'ailleurs eu un léger différent quelques semaines plus tôt au sujet d'un article qu'elle avait écrit à son sujet. Alors pourquoi n'avait-il pas cherché à la convaincre de ne pas écrire son papier ? Il devait bien se douter qu'elle se jetterait sur cette superbe occasion ! Annoncer publiquement un scoop pareil lui promettait une promotion qu'elle n'aurait pas pu espérer en d'autres circonstances. Pourquoi Potter ne défendait il pas ses secrets ?

Soudain, la jeune fille mit le doigt sur ce qui lui échappait alors. Harry Potter avait baissé les bras.

Sans réfléchir, elle se jeta à sa poursuite :

- Potter ! Hé, Potter ! Attends !

Presque arrivé au rez de chaussée, le jeune homme s'arrêta et se tourna lentement vers elle. Ses yeux verts étaient encore rougis des larmes qu'il avait versées. Son visage était creusé, amaigri. Il semblait tellement fatigué…

- Qu'est-ce que tu veux, encore, Parkinson ?

- Une promesse.

Le jeune homme la dévisagea comme si elle avait perdu la tête. Pansy ne se formalisa pas de cette animosité, et enchaîna sans lui laisser le temps de répondre :

- Écoute, je ne suis pas un monstre, ni une personne sans cœur. Bien que ce soit elle qui m'ait recruté, je n'ai rien à voir avec cette harpie de Skeeter. Ce que je viens d'entendre, ça fait partie de la sphère privé, bien trop privé. Et je ne crois pas que Granger apprécierait, à son réveil, d'apprendre que tout le monde connaît la vérité parce que je t'ai surprit dans un moment de faiblesse. Alors, je ne dirais rien. Mais, en échange, je veux ta promesse que le jour où vous voudrez faire éclater la vérité, j'aurai l'exclusivité de ce scoop. Vois ça comme un cadeau d'anniversaire pour ta sœur.

Il la dévisagea un long moment sans dire un mot. La jeune fille se sentait de plus en plus mal à l'aise. Pourquoi ? Ce compromis était plus avantageux pour lui, elle n'avait rien à y gagner, elle. Et pourtant, le regard empli de gratitude que lui lançait son ancien ennemi l'embarrassait vraiment :

- Merci, Pansy. Je te promets que tu seras la seule à connaître toute l'histoire, en temps voulu.

Elle hocha la tête et s'empressa de déguerpir, cachant ainsi ses joues rosies d'embarras.

xFIN DU FLASHBACKx

Les deux jeunes filles restèrent silencieuses un long moment, l'une perdue dans ses souvenirs, et l'autre perdue dans le néant de toutes ces révélations. Hermione finit néanmoins par prendre la parole :

- Comment pouvais tu être certaine qu'il tiendrait parole ?

- On parle d'Harry Potter, pas d'un vulgaire Serpentard…

Elles sourirent, complices. Les Serpentards étaient effectivement connus pour êtres des manipulateurs et des lâches. Très peu d'entre eux tenaient leurs promesses…

La Gryffondor n'arrivait pas à croire à l'étrangeté de toute cette situation. D'abord, elle se réveillait pour découvrir un monde sans Ronald Weasley. Puis elle apprenait que son petit frère était devenu ami avec son pire ennemi, au point de l'héberger chez lui. Ensuite, elle réalisait que ledit ennemi semblait avoir profondément changé. Et maintenant, elle partageait un moment complice avec la fille qu'elle avait le plus haïe durant sa scolarité.

Hermione avait l'impression d'être tombé dans un univers parallèle. Pansy dû lire ses doutes sur son visage, parce qu'elle lança subitement :

- Ça fait beaucoup à assimiler, pas vrai ?

La Gryffondor hocha la tête, les yeux dans le vague. Alors, la Serpentard expliqua :

- Tu sais, dans le milieu, on a pris l'habitude de parler de tout ça sous un terme plutôt… mystérieux. Ce qui correspond parfaitement à la situation. "Les Silences de la Guerre". Tout ce que le ministère ne nous dit pas. Tout ce qu'Harry ne nous dit pas non plus, d'ailleurs. Tout ce que les sorciers lambda ignorent encore sur ce qui s'est passé, sur ce que tout ça a engendré.

- Comment ça ?

Pansy soupira, soudainement lasse. Elle finit par esquisser un triste sourire :

- Beaucoup de sorciers s'interrogent sur ce qui s'est réellement passé lors de votre escapade, à Harry, Ron et toi. Aucun d'entre eux n'a voulu expliquer en détail ce que vous faisiez, ni en quoi consistait votre mission. Seuls quelques sorciers dans la confidence sont au courant de ce qui a permis à Harry de vaincre Voldemort. Du coup, beaucoup d'entre eux se demandent si… Et bien, si Harry Potter n'aurait pas plongé dans la magie noire…

- Mais c'est complètement surréaliste !

Hermione n'en revenait pas ! Comment les gens pouvaient ils être ingrats au point d'imaginer que l'adolescent responsable de leur liberté, de leur survie, de leur victoire, puisse être passé du côté obscur de la magie ?

- Je sais, Hermione. Les gens peuvent devenir très idiots, lorsqu'ils ont l'impression qu'on leur cache quelque chose. Surtout qu'Harry a longtemps cherché à éviter la scène, après la victoire. Et ce comportement n'a fait qu'accentuer la peur de beaucoup de sorciers. Ils avaient besoin de se raccrocher à l'image d'un héros. Ils en avaient besoin pour avoir un sentiment de stabilité, alors que le monde sorcier était en train de changer. Et Harry a refusé de jouer ce rôle. Il ne voulait pas de cette gloire, et c'était tout à son honneur. Mais les gens n'ont pas compris, aveuglés par leur cupidité. Ils se sont imaginés qu'il avait des choses à cacher. Et lorsque certaines informations ont été déclarées "confidentielles", les gens se sont imaginé le pire. Pour eux, ce n'était que la confirmation de ce qu'ils pensaient tout bas…

- Mais, pourquoi ?

Pansy soupira à nouveau :

- Hermione, le ministère nous cache encore des choses. Harry nous cache encore des choses. Le nombre exact de morts n'a pas été donné. Les moyens employés par Harry pour vaincre Voldemort non plus. Les gens n'ont pas compris pourquoi vous aviez été graciés, après le cambriolage de Gringotts. Il y a tellement de questions qui restent sans réponses, les gens font des suppositions, et ce n'est pas en votre faveur...

- Les Silences de la Guerre.

La journaliste sourit :

- Exactement.

Hermione s'exclama :

- Mais c'est complètement dingue ! Alors, tout ce que nous avons fait n'a servi à rien ? Harry a risqué sa vie pour sauver le monde des sorciers, et en remerciement, ces gens le voient comme un monstre ?

Pansy grimaça :

- Malheureusement, c'est plus ou moins ça. Enfin. Ça l'a été, jusqu'à ce que Ron prenne la parole. Il a largement contribué à calmer les foules. Il a tenu ce rôle de "héros" à la perfection, pendant plusieurs semaines, jusqu'à ce qu'il décide de partir faire le tour du monde. Grâce à lui, toute cette animosité s'est calmée. Mais maintenant… La mort de Ron et ton réveil va attirer l'attention des journalistes. Et l'histoire que tu m'as confiée va également susciter beaucoup de questions, et des réactions extrêmes. Qu'elles soient positives, ou non.

- Tu veux dire que certaines personnes pourraient… mal réagir à cette annonce ?

La Serpentard secoua les épaules :

- Je n'en sais rien, Hermione. Tout ce que je peux te dire, c'est que certaines personnes verront là un secret supplémentaire, plus qu'une belle histoire d'amour fraternel et de sacrifices. Ils y verront une preuve qu'Harry leur cache encore des choses.

- Mais enfin, ça fait parti de sa vie privée ! Il a le droit de garder certaines informations pour lui ! Il est humain ! Ce n'est pas un vulgaire robot à la solde du monde magique et des bons plaisirs de ces gens !

Et là, alors qu'Hermione fulminait de rage, Pansy éclata de rire :

- Ton mordant m'avait manqué, Granger. Enfin, je devrais plutôt dire Potter, maintenant.

Elles se sourirent, à nouveau complices.

XXX

Alors qu'elles s'apprêtaient enfin à se quitter, marchant côté à côté jusqu'à l'atrium, Hermione ne put s'empêcher de lancer :

- J'imagine que nous allons bientôt nous revoir, tu dois probablement passer beaucoup de temps chez Harry…

- Quoi ?! Non, pas du tout. Je n'ai même jamais vu l'intérieur de son entrée, pourquoi cette question ?

La Gryffondor s'arrêta, surprise :

- Ah bon ? Enfin, je… Je pensais que… Enfin, comme Drago vit chez Harry… Et que… enfin…

Pansy se mit à rire d'une façon tellement hystérique que des perles se mirent rapidement à briller aux coins de ses yeux :

- Tu crois que Drago et moi nous sommes ensemble ?

Hermione rougit, embarrassée. La journaliste finit par calmer son fou rire et lui répondit enfin :

- Drago et moi sommes sortis ensemble, en quatrième année. La plus grosse erreur de ma vie. De la sienne aussi, je pense. Attention, je ne dis pas que Drago n'est pas un type formidable. Mais… C'est comme mon frère. Cette relation, c'était… incestueux. Enfin, je sais pas si tu comprends ce que je veux dire ?

- Si, je comprends parfaitement. C'est ce qu'Harry disait de nous, à la même époque, quand Rita Skeeter s'acharnait à raconter que nous sortions ensemble.

Pansy lui sourit largement :

- Enfin, si tu me disais ça dans l'espoir que nous puissions nous revoir, ce sera avec plaisir.

Hermione en resta momentanément bouche bée, avant d'éclater de rire :

- Pourquoi pas ? Après tout, tu vas raconter ma vie dans ton article…

- Et je compte bien t'inviter à fêter avec moi la promotion que ce scoop va m'offrir.

La Gryffondor leva les yeux au ciel avant de sourire largement :

- Alors, euh, à bientôt ?

Et la Serpentard de lui claquer une bise sur la joue avant de s'enfuir à toutes jambes :

- A la prochaine, Hermione !

Celle-ci resta figée un instant, pantoise. Que venait il de se passer ? Venait elle vraiment de partager un moment de complicité avec Pansy Parkinson ?

Le monde ne tournait visiblement plus rond.

XXX

- 12 Square Grimaud !

Hermione jeta la poignée de poudre de cheminette dans le feu et se laissa emporter jusque chez Harry. Elle s'engouffra alors dans la cuisine du Square tout en époussetant sa cape de sorcière afin d'en essuyer la suie noir qui la recouvrait. Elle éternua et sourit malgré elle :

- Au moins une chose qui n'a pas changé, je réagis toujours de la même façon lorsque j'emprunte le réseau de…

- HERMIONE ?!

La jeune fille sursauta et écarquilla les yeux. Devant elle se tenaient un Harry furieux et un Drago embarrassé. Elle mit plusieurs secondes à comprendre que la colère de son frère était dirigée contre elle :

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Où étais-tu passé, bon sang ? Ça fait une heure que je t'attends !

Le brun semblait fou d'inquiétude. Fou. C'était bien le mot. Ses cheveux n'avaient jamais semblé autant en bataille qu'à cet instant. Il avait probablement dû y passer les mains un nombre incalculable de fois au cours de l'heure écoulée. Son front était couvert d'une fine pellicule de transpiration et son teint semblait vraiment pâle.

S'était il vraiment mit dans cet état à cause de son absence ?

- Enfin, Harry. J'étais avec Pansy, au ministère, à l'endroit exacte où tu m'as laissé pour aller voir ton supérieur…

- Pourquoi tu n'es pas rentré directement, comme tu me l'avais dit ?

La jeune fille perdit patience :

- Je te demande pardon ? Depuis quand dois je te rendre des comptes ? Je suis encore libre de faire ce que je veux, enfin ! Je ne suis pas en sucre, Harry !

Il s'apprêtait à répondre quand ils furent tous les deux brutalement ramenés à la réalité par un Drago Malefoy hilare :

- Qu'est-ce que je t'avais dit, Hermione ? Surprotecteur. Un vrai psychopathe, même. Il était prêt à convoquer une armée d'aurors pour partir à ta recherche…

Les deux frères et sœurs étaient complètement désarçonnés par la réaction comique du blond. Celui-ci finit par ajouter, entre deux éclats de rires incontrôlables :

- Votre première… dispute de frère et sœur… Aussi puérile que prévue…

Instantanément, la jeune fille se dérida. Il avait raison, c'était leur première dispute de frère et sœur

. Leur conversation du matin lui revint instantanément à l'esprit. Drago avait prédit que ça se passerait ainsi. Il connaissait Harry mieux qu'elle ne l'aurait cru.

Sans s'en être rendu compte, Hermione souriait tendrement à son frère, qui semblait également s'être détendu. Et alors, dans un sourire complice, ils éclatèrent de rire à leur tour.


Et voilà pour ce soir ! Le chapitre de samedi s'intitulera "Mise au Point" ... Qu'est-ce que ça vous inspire ? Et qu'avez vous pensé de ce chapitre ? Oui, je sais, je n'ai pas mit l'interview, et j'ai mes raisons. Pansy, crédible, pas crédible ? Que pensez-vous donc de tout ce qu'elle nous a apprit aujourd'hui ?

Allez, sur ce ! J'attends vos réactions avec impatience !

A samedi !

Dabisous, YumiKate !