Hello à tous !
Je vais d'abord vous remercier, et vous remercier énormément d'avoir pris le temps d'écrire de longues, très longues reviews en réponse à ce très long chapitre ! :D
Ensuite, étant donné qu'il est tout de même très tard, je vais m'arrêter là, me contenter de vous dire qu'on va rentrer dans le vif du sujet donc que je vais commencer à devenir méchante avec nos agents d'ici peu (mouahaha) et vous souhaiter une bonne lecture !
Furieuse : tu vois, à nouveau, je poste à pas d'heure (enfin, 3 heures du matin, ça devient carrément une catastrophe... Je crois qu'il va quand même falloir que je me remette à dormir, un de ces jours...)
Amy : je plaide coupable, cette fic est un peu tordue, mais j'espère que les révélations t'aideront à te retrouver ! Et Ziva est dans la place ce chapitre !
PBG : moi, te complexer ? Toi, la déesse du TBC et du Tibbs, la pro de l'intrigue ? Je... Je ne sais plus où me mettre, sans compter que je suis une revieweuse indigne qui entre sa flemmardise naturelle et son retard tellement grand n'arrive jamais à s'atteler à ses reviews en retard... *Court chercher un Coca et du chocolat blanc dans un distributeur de Bethesda pour le donner à PBG pour la remercier et se faire pardonner*
Probie : Ziva s'adapte à toutes les épreuves, même celle des podiums ;) La vidéo intervient justement dans ce chap, tout comme les recherches de Gibbs ! Tu devrais tout savoir (ou du moins beaucoup) sur Tayeb d'ici un ou deux chapitres !
Skye Marcus : je te pardonne, d'autant que ma vitesse de publication n'est pas supersonique non plus ^^' Ziva est géniale, mais au point de ne pas avoir besoin de piston ? *S'arrête avant de se spoiler* Tu verras ! Quant à Sihem, Ziva s'en chargera sans nous, une paire d'escarpins devrait lui suffire ! Et c'est vrai, je ne suis pas sûre de te l'avoir souhaité non plus donc bonne année ! (PS : Je te jure que s'ils tuent Eli, je pleurs !)
Gwen : ne t'en fais pas, tu n'as pas besoin de tout retenir (je suis réaliste, j'en mets volontiers trop pour vous perdre. C'est mon côté machiavélique qui veut ça, mais ce qui est pourtant sera de toute façon rappelé :) Je dois t'avouer que je n'avais même pas pensé à une rencontre Sasha/Abby, mais c'est vrai que ton idée est extra ! Je vais voir ça si je peux intégrer ça...
NB : les OS des Secret Santa devraient arriver dans le courant de la semaine prochaine, ne vous en faites pas, je ne vous ai pas oubliées et j'ai bien pris en compte toutes vos demandes !
PREMIERES ARMES
« J'arrive pas à croire qu'elle ait pu me mentir. Pourquoi elle aurait fait ça ? Tout ce que je voulais savoir, c'était si elle était célibataire ou pas, c'est tout. Rien d'autre. Pure curiosité. Alors pourquoi elle m'a menti ? »
Tony leva discrètement les yeux au ciel alors que son équipier continuait à débiter la même question rhétorique comme un leitmotiv.
Il hésita à lui répondre qu'elle avait probablement deviné qu'il serait tellement heureux à l'idée qu'elle soit seule et donc qu'il puisse potentiellement avoir une ouverture qu'il ne creuserait pas davantage le sujet et lui éviterait les questions indiscrètes et gênantes, mais se retint, préférant que le Français arrive par lui-même à cette conclusion.
« Dis, Jon, on est bien à la bonne adresse ? lâcha-t-il, interdit, en fixant le grand bâtiment haussmannien qui lui fait face.
- C'est le lycée Carnot, répondit l'intéressé, interrompant son monologue sur le sentiment de trahison terrible qu'il éprouvait après que Sasha lui eut menti. C'est… bizarre, mais les trois-cents personnes qui courent partout sur le trottoir laissent à penser que oui, nous sommes bien au bon endroit.
- Faire un défilé dans un lycée ? commenta l'agent du NCIS en faisant quelques pas en direction de l'entrée du bâtiment, tout en sortant son badge, imité par Jonathan. Je ne comprendrai jamais rien à la mode…
- Et moi aux femmes… soupira l'officier de la DCRI.
- Tape m'en cinq, mon frère ! plaisanta l'Américain en tendant sa main, paume ouverte, vers son coéquipier qui obéit dans un sourire. Bon, tu crois qu'on a plus de chances de rentrer avec la blonde ou la brune ?
- Les deux ! répliqua le Français en s'armant de son plus beau sourire pour se planter devant les deux jeunes femmes gardant l'entrée et minaudant déjà en voyant les deux agents s'approcher d'elles. Bonjour mesdemoiselles, je suis l'officier Tayeb, et voici mon collègue l'agent spécial DiNozzo.
- Ouah, agent spécial, commenta la brune, probablement la plus vieille, en papillonnant des cils à l'intention d'un Tony qui n'avait pas besoin de parler le français pour comprendre qu'elle flirtait éhontément avec lui. Et DiNozzo, c'est italien ?
- Et vous, monsieur l'officier de police, où est passé votre uniforme ? poursuivit la blonde en passant sensuellement la main sur la ficelle retenant le badge qu'elle portait autour du cou tout en le dévorant du regard. Si c'est pour les véhicules mal stationnés dans la rue voisine, je n'accepte les amendes que des policiers en uniforme… Question de principe et de budget.
- A vrai dire… Eva, lut le Français en jetant un bref coup d'œil à l'insigne de la jolie jeune femme, et s'efforçant de garder un minimum contenance tandis que la brune prenait carrément d'assaut Tony et passait la main sur son manteau en laine, prétendument pour en déterminer les matières, j'aurais besoin de rentrer. Nous travaillons sur une enquête assez complexe, et nous aurions besoin de parler à quelques personnes qui se trouvent à l'intérieur. Ca serait possible ?
- Vos désirs sont des ordres, très cher, répondit-elle dans un sourire malicieux, tout en s'écartant de l'entrée de la porte et en faisant signe à son amie de l'imiter. Laurène, arrête de jouer les nymphos et lâche-le ! Je fais juste signe à la sécurité de ne pas vous sauter dessus quand vous rentrerez et c'est bon. Bonne visite des lieux, messieurs ! Par contre, dépêchez-vous avant que les invités VIP ne débarquent !
- Merci beaucoup mademoiselle ! la remercia-t-il en faisant un pas dans le bâtiment, avant d'attraper Tony par la manche pour le séparer de la brune qui passait désormais sa main dans ses cheveux, sous le regard un peu gêné de sa collègue.
- J'ai cru qu'elle allait me manger, Jon, murmura un Tony traumatisé à l'oreille de son coéquipier hilare qui le poussait devant lui. Les Françaises sont vraiment… entreprenantes. »
Alors que l'officier de la DCRI s'apprêtait à répondre tout en étouffant le fou rire qu'il sentait le gagner, il entendit à son grand dam la voix de la blonde l'interpeller :
« Attendez une seconde, monsieur le policier sans uniforme ! »
Les deux hommes se retournèrent en même temps, priant silencieusement pour qu'elle ne revienne pas sur sa décision et ne leur ordonne de ressortir. Leurs vœux furent rapidement exaucés lorsqu'elle esquissa un sourire et lâcha en mimant des yeux de biche :
« Soyez sympa, pour les voitures mal stationnées, pas un mot à vos collègues et pas de PV, d'accord ? On n'a pas les autorisations de stationnement, et si les voitures se prennent des amendes, ou pire, se font enlever, je vais me faire étriper.
- Je serai une tombe, répondit Jonathan en lui faisant un petit clin d'œil, avant de sortir de sa poche une carte et la lui tendre sous le regard mi-surpris, mi-narquois de Tony. Et si vous avez besoin de faire sauter une contravention, passez-moi un coup de fil, je m'en occuperai.
- Ouah, trop cool, merci ! s'exclama-t-elle en attrapant la carte avec empressement, et en la rangeant dans la poche de son slim. Bon, ben, vu le harcèlement policier à Paris et le nombre de contractuelles au mètre carré dans cet arrondissement, je vous dis à bientôt ! »
Il esquissa un sourire avant de la saluer d'un petit signe de la main, et s'avança vers les escaliers, suivi par l'Italien à la moue toujours aussi sarcastique.
« Quoi ? lâcha finalement l'officier de la DCRI.
- Comme ça, tu donnes ton numéro de téléphone à des petites jeunes ? Très professionnel, tout ça. C'était pour te remettre de la trahison de Sasha, ta copine imaginaire ?
- Elle nous a laissé rentrer, je l'aide comme je peux ! répliqua Jon en haussant les épaules, las des moqueries de son coéquipier. Et si tu continues à me gonfler sur ma copine imaginaire, comme tu dis, je raconte à Ziva que cette brune t'a gentiment tripoté sans que tu ne bouges beaucoup pour la repousser…
- Ziva et moi ne sommes pas en couple, tu peux dire tout ce que tu veux ! rétorqua l'agent très spécial, avant de réfléchir un instant en gravissant les marches de l'escalier les menant aux salles de classe avoisinant le grand hall Eiffel, où se tenait le défilé. En fait, après réflexion, j'accepte le marché. J'arrête de te vanner, et tu ne dis rien à Ziva, ok ?
- Tu croyais que tu allais pouvoir me cacher ça à moi ? commenta le Français en esquissant un sourire. Ziva et toi, ça saute aux yeux.
- Mais… Ziva et moi ne sommes pas ensemble, se défendit l'agent du NCIS, soutenant le regard sarcastique de son interlocuteur. Je te jure ! Ziva et moi sommes juste amis et coéquipiers. Rien d'autre entre nous !
- Ok, je te crois, admit l'officier de la DCRI sans sembler véritablement convaincu. Mais s'il ne s'est rien passé, il devrait se passer quelque chose. C'est gros comme une maison.
- Mais qu'est-ce que tu racontes ? Tu débloques complètement, mon vieux ! protesta l'Italien que son homologue français préféra faire semblant d'ignorer, laissant vagabonder son regard sur les assistants qui couraient en tout sens et pourraient être en mesure de lui indiquer où se trouvait en ce moment même Sasha Oulianov. Non seulement tu tombes amoureux des suspectes et donnes ta carte à des filles potentiellement mineures, mais en plus tu te fais des films sur ma relation avec ma coéquipière ! Tu sais que tu as un sérieux problème ?
- Arrête de dire que je suis amoureux de Sasha, ça me gonfle ! rétorqua Jon en se retournant vers lui avec agacement. Et j'ai donné ma carte à cette fille pour l'aider. Tu ne fais jamais rien de désintéressé dans la vie ?
- Admettons que tu dises vrai et que tu fasses effectivement des choses de manière désintéressée, commenta Tony en passant devant son coéquipier alors qu'ils parcouraient l'un des très nombreux couloirs du lycée Carnot, décidé à reprendre les commandes de cette enquête. Je te passe la fille et la carte. Mais tu ne vas pas me dire que tu n'as pas un petit coup de cœur pour Oulianov ? Regarde, tu l'as encore appelée Sasha !
- Parce que Sasha est son prénom, peut être ? répliqua le Français. Je suis peut être sensible à son physique disons… avantageux, mais amoureux, sérieusement ? Je suis aussi amoureux d'elle qu'il n'y a rien entre Ziva et toi !
- Il n'y a rien du tout entre Ziva et moi, ce qui prouve que tu es raide dingue d'elle ! s'emporta l'Italien, irrité par la manière dont son homologue de la DCRI le titillait sur une relation qu'il avait lui-même bien du mal à définir. Et il est temps qu'on en revienne à l'enquête. On a une meurtrière en vadrouille, en attendant.
- Et tant qu'on en est aux choses agaçantes, arrête de dire ''meurtrière'', poursuivit Jon. Jusqu'à preuve du contraire, Sa… Oulianov est innocente !
- Ah, l'amour. Ca fait tout pardonner, ironisa l'agent très spécial, avant d'interpeller un jeune homme blond et mince portant une chemise blanche ouverte jusqu'au milieu du ventre sans que l'officier de la DCRI n'ait eu le temps de répliquer. Excusez-moi, j'aimerais savoir où se trouvent les coulisses, et Sasha Oulianov. Je travaille pour elle.
- Bien sûr, vous allez tout droit, vous prenez le couloir de droite et vous tombez sur un amphithéâtre : c'est là qu'on a installé les coulisses, et Sasha doit être entre les mains des maquilleuses, expliqua-t-il, probablement trop pressé pour demander plus de précisions sur la fonction que pouvait occuper ce type en manteau en laine auprès de la top model.
- Merci, répondit simplement Tony en esquissant un sourire tandis que l'homme s'éloignait déjà, retournant vaquer à ses occupations. Bon, allez, direction les coulisses. Et je te préviens, c'est moi qui pose les questions sur Süleyman.
- Je peux savoir pourquoi ? répliqua son coéquipier, frustré d'être ainsi mis à l'écart. C'est moi qui ai réussi à obtenir le plus d'informations sur elle, jusqu'à maintenant !
- Peut être, mais tu as gaspillé une question bêtement, et je n'ai pas envie de te regarder fondre comme une glace au café en plein soleil dès qu'elle ouvrira la bouche ou te sourira, souligna celui qui reprenait son rôle de patron.
- Je ne fonds pas comme… commença-t-il avec lassitude, avant de tiquer et s'interrompre. Attends une seconde, pourquoi une glace au café ?
- Tu ne veux pas savoir, Tayeb, tu ne veux pas savoir, plaisanta l'Italien.
- C'est plus la HALDE qu'il va falloir que j'appelle, c'est SOS Racisme ! commenta son partenaire en esquissant un léger sourire. C'est cette porte fermée, là, devant nous, à ton avis ?
- Je vois mal une autre issue, répondit simplement son patron, avant de tenter le tout pour le tout et pousser la porte pour découvrir maquilleurs, coiffeurs, et stylistes s'affolant autour de femmes longilignes, pour la plupart très jeunes, immenses et au teint si pâle qu'il en était presque maladif. On a réussi !
- Ok, maintenant, il nous reste à trouver Sash… » lâcha Jon en balayant la salle du regard, avant qu'une silhouette familière vienne lui boucher la vue.
Relevant légèrement la tête pour croiser le regard déterminé du colosse blond et garde du corps de Sasha Oulianov qui leur barrait la route, les deux agents étouffèrent un soupir.
Leurs projets étaient sérieusement compromis par la présence du gorille russe qu'ils avaient espéré absent au vu de la sécurité déjà mobilisée par Givenchy pour la protection de ses mannequins et de ses illustres invités, à tort.
« Vous ne pouvez pas passer, messieurs, leur annonça Alexeï Wolkoff avec un accent russe à couper au couteau, tout en leur bloquant le chemin jusqu'à Oulianov de toute son imposante taille. Sasha se prépare pour le show.
- On veut juste lui parler une minute, plaida Tony, tandis que Jonathan jetait quelques coups d'œil derrière l'épaule du garde du corps dans l'espoir d'apercevoir la top model. Ca ne sera vraiment pas long.
- Ce n'est pas une question de longueur, agent… DiNozzo, lui répondit l'homme après avoir longuement réfléchi au nom que pouvait bien porter ce très agaçant agent du NCIS. Sasha travaille, et ce défilé est important pour elle. Elle a bien précisé qu'elle ne devait être dérangé par personne.
- Juste une question, lâcha l'Italien, en se mordant la lèvre, craignant de plus en plus que leurs efforts pour pénétrer dans l'enceinte du lycée Carnot et trouver la mannequin aient été vains. Ca ne devrait pas la perturber, surtout pas si elle n'a réellement rien à voir avec l'enquête qu'on mène.
- Je suis navré, mais c'est niet, trancha fermement l'armoire à glace, avant de leur faire signe de sortir de la salle. Maintenant, ukhodit. Partez.
- Attendez, c'est vraiment important, insista Tony, avant de songer que le seul moyen de forcer son interlocuteur à le prendre au sérieux était d'asséner sa dernière carte. C'est à propos de Süleyman. »
Un ange passa. Les deux agents échangèrent un regard plein d'espoir lorsqu'ils remarquèrent le visage du garde du corps se fermait de plus en plus.
« Partez, répéta-t-il sur un ton glacé. Maintenant. Sasha n'a pas de temps pour vous.
- Très bien, soupira Tony, comprenant qu'il n'arriverait de toute façon pas à passer la barrière naturelle que formait le colosse par la voie de la diplomatie, et qu'aucune autre arme conventionnelle et n'impliquant pas une grosse tache de sang sur le parquet sous les yeux de dizaines de témoins ne s'offrait à lui. Viens, Jon, on s'en va.
- Tony, je la vois. » affirma ce dernier, le regard fixé sur un point à l'horizon.
Aussitôt, le Russe tourna imperceptiblement la tête pour apercevoir sa cliente dans son dos, laissant à l'agent très spécial un champ de vision assez large pour repérer l'Ukrainienne, debout, en train de se faire maquiller.
Coiffée d'une longue tresse haute et moulée dans un leggings en cuir noir glacé, rajustant sa veste militaire de la même couleur et les dizaines de colliers en argent qui pendaient autour de son cou, il était difficile de ne pas la remarquer, avec ses yeux verts de chat et sa prestance.
Sans compter que dans la pièce, elle était la seule mannequin à arborer un sourire hilare alors que sa styliste plaisantait avec elle en ajustant le top à col roulé qu'on voyait à peine sous l'amoncellement d'accessoires passés autour de son cou.
Il la fixa un instant, se demandant comment elle arrivait à rendre aussi lumineux ces vêtements lugubres, avant de secouer la tête en réalisant que ses pensées avaient dérivé sur Ziva, et ce à quoi elle ressemblerait, habillée de cet ensemble.
Lorsqu'il croisa le regard bleu glacé d'Alexeï, il comprit qu'il était temps pour lui d'abandonner ses rêveries et pour eux de quitter la salle s'ils ne voulaient pas se faire mettre dehors par la contrainte.
« C'est bon, on y va, grommela-t-il alors que le Russe lui faisait signe de sortir des coulisses, et ce rapidement. Jon, on y va. Eh, oh, Jon ! Je te parle ! »
L'Italien leva discrètement les yeux au ciel alors que son coéquipier restait bouche bée, les yeux rivés sur la jolie blonde qui ne les avait même pas remarqués et éclatait maintenant de rire, au grand dam de sa maquilleuse qui peinait à achever le trait d'eye liner qu'elle dessinait.
Passant rapidement la main devant les yeux de l'officier de la DCRI, il lança à Alexeï comme une excuse :
« Là, vous comprendrez que ce n'est pas de ma faute. »
Il crut voir un minuscule sourire se dessiner sur le visage du colosse blond, mais ne prit pas la peine de s'en assurer, trop occupé à tirer le Français de son état contemplatif.
« Tayeb, réveille-toi, à la fin ! aboya-t-il en lui assénant un slap qui fit clignoter les paupières de son équipier, enfin revenu à la réalité. C'est pas trop tôt, allez, viens, on s'en va, on n'est pas les bienvenus ici !
- Attends une minute, répliqua-t-il alors que Tony l'entraînait déjà vers l'extérieur, sous l'œil méfiant du Russe : ALEKSANDRA ! »
L'agent du NCIS écarquilla les yeux en voyant Sasha lever un sourcil, ayant visiblement perçu le cri de Jon malgré la cohue qui régnait en coulisse, puis tourner légèrement la tête, comme à la recherche de celui qui avait bien pu l'interpeller.
Enfin elle pivota sur ses talons aiguilles et ses yeux verts se posèrent sur celui qui l'avait apostrophé, pour le plus grand bonheur de ce dernier.
« Partez, tous les deux ! » leur intima une nouvelle fois Alexeï en faisant un pas en avant menaçant, poussant l'agent senior à entraîner loin d'ici son partenaire, affichant un air béat tandis que l'Ukrainienne lui adressait un sourire dont elle seule avait le secret tout en agitant légèrement la main pour le saluer, presque comme une provocation.
Elle se désintéressa cependant aussi rapidement des deux agents qu'ils avaient réussi à attirer son attention, et ce fut sur un Tony agacé de s'être fait chasser de la sorte et un Jon déçu de ne pas avoir pu approcher la jolie blonde que la porte des coulisses se referma.
« Je suppose que c'est mort, maintenant… conclut l'officier de la DCRI dans un soupir.
- Je vois encore une dernière option, rétorqua son homologue américain, dans l'esprit duquel venait de germer une nouvelle idée. Ca te dirait de te glisser dans le hall Eiffel pour regarder ta copine imaginaire se déhancher sur le podium de Givenchy ? »
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« Hello Abbs, tu aurais quelques minutes à me consacrer ? lança McGee en pénétrant dans le labo de la jeune femme, qui diminua aussitôt le son de la musique rock qui jaillissait des enceintes, et se tourna vers lui.
- Toujours, McGee ! répondit-elle avec un sourire joyeux. Y compris quand j'ai trois analyses ADN en retard, que je dois jeter un coup d'œil à mon spectromètre de masse qui fait des siennes, et que je dois trouver un cadeau pour mon ami Colin de la NASA ! Alors, qu'est-ce que tu veux ?
- Les résultats du traqueur posé sur l'ambassadeur d'Ukraine en France, Anatoliy Konilenko, expliqua le jeune agent en se plaçant derrière l'épaule de la gothique qui déjà allumait son ordinateur.
- C'est comme si c'était fait ! affirma-t-elle en laissant courir ses doigts sur le clavier pour que s'affiche l'itinéraire du diplomate sous la forme de traits rouges sur un plan de Paris. Alors, voici son trajet aujourd'hui. J'ouvre une fenêtre Google Earth en même temps pour qu'on puisse situer les bâtiments ou les lieux où il est resté longtemps. Je cherche quelque chose en particulier ?
- Pas vraiment, avoua-t-il, fixant chacun des points rouges bien qu'ils se révèlent peu parlants pour quelqu'un n'ayant jamais visité Paris. Ce qui peut paraître une drôle de coïncidence sachant qu'on suspecte Oulianov de travailler pour le SVR russe et de tuer pour eux.
- Ok, très bien, je google-earth chacun des endroits où il s'est arrêté plus de cinq minutes ! expliqua-t-elle en joignant le geste à la parole. Enfin, je ne sais pas si je peux ''google-earther'' quelque chose vu que ce n'est pas un verbe. Mais tu ne trouves pas que ça devrait en devenir un ? Je veux dire, sinon, qu'est-ce qu'on doit dire ? ''Je vais regarder avec l'aide de Google Earth chacun des endroits où il s'est arrêté plus de cinq minutes'' ? Ca fait long, quand même…
- Euh, Abbs, Gibbs m'a donné moins de deux heures pour trouver la liste des amis et petits-amis de Sasha, ça serait bien que tu écourtes… lâcha l'informaticien en adressant un sourire contrit à son amie qui obéit.
- Très bien, alors voici la liste des endroits où il a fait halte, énonça-t-elle. Juste après que Tony a placé le mouchard, il a fait un brunch au restaurant Nabulione Avenue Duquesnes. Il est ensuite retourné à l'ambassade d'Ukraine quelques heures. Il a pris la voiture, s'est rendu au restaurant italien Dino dans le 16ème arrondissement, où il a sûrement déjeuné avec quelqu'un vu qu'il y est resté près de deux heures. Ensuite, il s'est installé dans les jardins du Ranelagh et n'en a pas bougé pendant une demi-heure, avant de repartir pour l'ambassade d'Ukraine.
- Ok, et en quoi tout ça nous avance ? s'enquit McGee, interdit.
- Tu vas rire, McGee, mais l'ambassade de Russie se trouve boulevard Lannes, soit à deux pas des jardins du Ranelagh… répondit Abby en arborant un sourire malicieux. Une coïncidence que Gibbs devrait aimer !
- Je confirme ! renchérit le jeune agent, ravi, avant de subitement poser à son tour les mains sur le clavier, sous le regard interrogateur de la laborantine. Mais si on poussait un peu plus loin l'indiscrétion ?
- Je peux savoir ce que tu fais avec et sur mon ordinateur, McGee ? commenta-t-elle, prenant un air faussement fâché qui fit rire son ami.
- Je pirate les caméras de vidéosurveillance des jardins du Ranelagh, en espérant que la police française et la mairie du 16ème arrondissement ne m'en veuillent pas trop ! expliqua-t-il, entrant une série de codes dans le système de vidéosurveillance parisien afin d'obtenir les images de la rencontre entre Anatoliy Konilenko et très vraisemblablement un envoyé de l'ambassade russe.
- C'est bon, tu y es ! lui affirma la gothique alors que les premières images de la base de données s'affichaient sur son écran.
- Très bien, je recherche les images de la période 13h48-14h19, soit de la demi-heure pendant laquelle il est resté aux jardins, poursuivit-il, tapant toujours avec une dextérité et une célérité qui auraient impressionné toute personne moins experte et entraînée qu'Abby dans le maniement d'un clavier. Voilà, j'ai chargé les vidéos sur le serveur du NCIS.
- Parfait, je prends le relai ! s'amusa la jeune femme, récupérant son outil de travail et ouvrant les vidéos, cherchant le meilleur axe pour réussir à apercevoir l'ambassadeur. J'ai Konilenko sur un banc ! Je garde cet angle, j'avance un peu… Tiens, tiens, qui vient donc s'installer avec lui ? »
Sur le banc se trouvait maintenant assis aux côtés du diplomate un petit homme d'une soixantaine d'années, à la peau et aux cheveux blancs, et aux petits yeux que McGee devina bleus foncés.
« Je lance la reconnaissance faciale ! annonça la laborantine en scannant les traits de l'homme pour les comparer à ceux entrés dans ses serveurs.
- S'il est du SVR, tu l'auras recensé ? s'enquit l'informaticien, avant que très rapidement l'ordinateur n'annonce avoir trouvé une correspondance.
- Bien sûr ! SVR ou pas, on va maintenant savoir qui c'est, commenta Abby en arborant un petit sourire de satisfaction. Et notre gagnant est… Youri Lebedintsev ! Et voici son profil…
- C'est pas vrai… lâcha McGee, stupéfait, en découvrant l'identité et la biographie du sexagénaire.
- C'est… dingue, avoua la jeune femme, elle aussi bouche bée devant l'écran, avant de se retourner vers son ami qui déjà se précipitait vers la porte. McGee, où…
- Prévenir Gibbs ! » lança-t-il, lisant dans ses pensées, avant de passer la porte et d'entendre la gothique toujours perturbée augmenter à nouveau le son de sa musique, comme pour se rassurer.
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« Je crois qu'assister à un défilé de mode dans un coin où on ne voit que dalle et où on se retrouve à côté de la sono est la pire expérience de ma vie… lâcha Tony DiNozzo à l'intention d'un Jon se bouchant à moitié les oreilles afin d'éviter à la musique électronique que crachaient les haut-parleurs de lui perforer les tympans.
- Tu crois qu'elle va passer quand ? s'enquit-il en essayant de prendre le ton le plus dégagé possible, même si son regard dans lequel dansaient de petites étoiles le trahissait.
- Tu es irrécupérable, Tayeb… » soupira l'agent du NCIS en regardant une nouvelle fois la vidéo de l'affrontement entre Sasha et une employée de Chanel que Ziva lui avait envoyée.
Il avait découvert la pièce jointe quelques minutes avant que le défilé ne commence, alors qu'il avait déjà réussi, grâce à son badge et son charme italien, à les faire installer dans un coin où ils ne dérangeraient personne, mais où ils auraient malgré tout vue sur le podium, en attendant que le défilé se termine et que Sasha soit à nouveau disponible pour un interrogatoire approfondi sur l'identité de « Süleyman ».
Même si à mesure qu'il revoyait cette vidéo, l'envie de discuter avec la top model ou même de s'approcher d'elle devenait de moins en moins vivace.
Il ignorait qui des deux femmes qui s'opposaient était la plus folle, mais la plus effrayante était sans nul doute l'Ukrainienne. Ses yeux prenant des tons dorés glacés, ses traits d'une harmonie inquiétante et son charisme presque hypnotique avaient sur lui un effet aussi répulsif qu'ils pouvaient attirer son coéquipier.
Alors qu'il hésitait à se repasser une nouvelle fois la séquence pour tuer le bon quart d'heure que durerait le défilé Givenchy, il transféra la pièce jointe à Ducky.
A défaut de permettre au médecin légiste de dresser un profil psychologique d'Oulianov, elle lui permettrait au moins de pouvoir tracer les grands traits de caractère de leur cible, ou au contraire à affiner son analyse.
Tandis qu'il s'apprêtait à ranger son téléphone dans sa poche, résolu à suivre les évènements qui se déroulaient du côté du podium en dépit de leur très mauvais positionnement dans le hall Eiffel, son portable vibra dans sa main.
« Il faut que je prenne ça, Jon, je reviens ! lança-t-il au Français qui acquiesça légèrement, tandis qu'il sortait par l'issue de secours voisine pour fuir le brouhaha du défilé, entre musique, claquements de talons aiguilles sur le sol, discussions entre journalistes et crépitements des flashs. Allô, agent très spécial Anthony DiNozzo ?
- Allô, DiNozzo ? lui répondit une voix plus que familière qu'il fut extrêmement content d'entendre. C'est Gibbs, j'ai du nouveau sur ton coéquipier.
- Tu as réussi à tirer les vers du nez à la DCRI ? s'enquit-il dans un sourire.
- Non, à Vance, rétorqua l'ancien marine. Mais ça revient au même. Tu es seul ?
- Oui, je suis seul. C'est compromettant à ce point ? s'étonna l'agent très spécial.
- Non, mais je préférerais qu'il n'entende pas, commenta simplement son patron. Tayeb est un ancien de la DGSE. Il a effectué une mission en partenariat avec le Mossad il y a cinq ans, aux côtés de Ziva. Il a été envoyé à Tel Aviv pour rencontrer Ziva, avant qu'ils se rendent à Beyrouth ensemble pour une opération de quatre semaines au Liban.
- Ca, je savais déjà… grogna-t-il, alors que des images du Français en compagnie de Ziva, seuls tous les deux dans une planque libanaise dotée d'un seul lit, cherchant à tuer le temps comme ils pouvaient, affluaient. Des détails sur la mission ?
- Chasse aux terroristes, expliqua laconiquement l'ex-sniper. Une branche indépendante du Hezbollah qui menaçait et Israël, et la France. Il est par la suite retourné à quelques reprises en Israël, et a collaboré avec le Shin Beth, les services de renseignements intérieurs, toujours pour contrer des groupes terroristes.
- Jusque là, rien de bien méchant, commenta l'Italien, qui essayait par tous les moyens de chasser les images de Jon et Ziva embarqués dans une étreinte torride sur la plage de Beyrouth, bien sûr vidée de tous ses habituels touristes le temps de son cauchemar.
- On en vient à la suite qui, elle, est plus trouble, poursuivit son patron. Il y a trois ans, alors qu'il travaillait encore pour la DGSE, il a été envoyé à Moscou pour une mission d'un an complet. Là-bas, il a travaillé avec le FSB. Je sais que pendant les six premiers mois, il a été chargé de neutraliser une cellule terroriste tchétchène avec bien sûr l'aide des Russes, mais Vance lui-même ignore ce qu'il s'est passé pendant les six derniers mois. Sa patronne à la DCRI et son ancien supérieur à la DGSE ont été très silencieux sur le sujet.
- Tiens, tiens, le black-out est surprenant ! ironisa l'agent senior. Et tu en penses quoi, toi, patron ?
- Pas grand chose, admit-il, si ce n'est qu'alors qu'à son retour à Paris, la DGSE a voulu le renvoyer en Russie, et qu'il a refusé, au point de démissionner. La DCRI, ravie de récupérer un tel élément, s'est empressée de le voler à sa rivale des renseignements extérieurs.
- En gros, ses six derniers mois là-bas ont été assez traumatisants pour qu'il décide de partir, lâcha-t-il, songeur. Et à propos de ça, patron, je crois que Ziva sait tout. Elle ne veut pas me dire parce qu'elle considère que c'est à lui de tout me raconter, et m'a affirmé qu'il était fiable, mais je me méfie. Et je m'inquiète. Pour elle. Je n'ai pas envie qu'elle soit déçue encore une fois si Tayeb s'avère ne pas être celui qu'il prétend être.
- La dernière fois que Ziva nous a caché des choses, DiNozzo, ça s'est mal terminé, alors essaye de lui parler, pour elle comme pour toi, soupira l'ancien marine à l'autre bout du fil.
- Les choses ont changé, entre temps, patron, commenta-t-il.
- Ce n'est pas une question de confiance, Tony, tu ne la trahis pas en lui demandant de te parler, répliqua son supérieur, comme lisant dans ses pensées. Le plus important, c'est votre sécurité à tous les deux, et ça, pour le coup, j'ai bien l'intention que ça ne change pas.
- Merci pour les infos, en tout cas, patron, conclut Tony en esquissant un sourire, touché par les paroles de son mentor. Je te tiens au courant de nos avancements.
- Et moi des nôtres, répondit-il tandis que l'Italien croyait percevoir la voix lointaine de McGee interpelant Gibbs. Fais attention à toi et à Ziva, DiNozzo. »
Ce dernier voulut répondre, lorsqu'il réalisa que Gibbs avait déjà raccroché.
Poussant à nouveau la porte sans grand enthousiasme pour retourner dans le hall Eiffel et y retrouver Jon, dont le passé ne lui semblait pas beaucoup moins trouble, il sentit subitement son téléphone vibrer de nouveau.
« C'est quoi ? s'enquit le Français, jetant un coup d'œil par dessus l'épaule de l'agent très spécial, dont le visage venait de se fermer pour arborer une expression préoccupée.
- McGee a quelque chose pour nous, de plus important que tout ce qu'on pourrait faire, souligna-t-il en faisant signe à son coéquipier de le suivre en direction de la sortie. Et il faut qu'on rentre au QG.
- Tu plaisantes ? rétorqua l'officier de la DCRI, refusant de quitter sa place à côté de l'extincteur. On n'a pas fait tout ça pour rien ! Et maintenant qu'on est là, on regarde ce fichu défilé jusqu'au bout, d'accord ?
- Si tu veux voir ton coup de foudre se déhancher sur un podium moulée dans des leggings en cuir, très bien, mais tu regarderas la vidéo du défilé en Replay parce qu'on a du boulot, et que les heures d'un général américain sont peut être comptées ! siffla l'Italien, exaspéré. Alors est-ce que tu veux bien être professionnel deux minutes et suivre ce que te dicte ton cerveau et pas tes hormones ?
- Et est-ce que tu veux bien te montrer deux minutes professionnel et arrêter de me traiter comme si je n'étais un faire-valoir à moitié débile, aveuglé par une suspecte ? rétorqua-t-il, agacé par la manière dont son partenaire s'adressait à lui. Je tiens à rester ici parce qu'on a une vraie chance de pouvoir aborder Sash… Oulianov à la fin du défilé, et que c'est peut être la seule option pour découvrir qui est ce Süleyman ! Quant à votre informaticien, il ne sait pas sur quoi on travaille, alors j'ai du mal à comprendre comment il pourrait être sûr que son info est prioritaire…
- McGee ne dirait pas ça à la légère, il doit avoir quelque chose de très intéressant pour nous, affirma Tony, se radoucissant quelque peu en comprenant qu'agresser son homologue de la DCRI ne ferait qu'envenimer les choses. Maintenant viens, s'il-te-plaît, deux personnes pour travailler sur les infos de McGee valent mieux qu'une. »
Jon soupira, hésitant un instant, avant de rejoindre de mauvaise grâce un DiNozzo déjà la main sur la poignée de la porte.
Laissant le Français passer devant lui, l'agent senior relut une nouvelle fois le SMS de son bleu préféré, avant de ranger son portable dans sa poche comme pour effacer toute trace de l'inquiétude qu'il avait perçue entre les lignes tapuscrites et qui l'avait désormais gagné sans qu'il puisse espérer l'évacuer avant de savoir enfin de quoi il retournait.
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Ziva prit une grande inspiration, avant de pousser la porte et pénétrer dans l'immense salle recouverte d'un parquet en chêne massif, dénuée de tout meuble à l'exception d'une longue table semblable à celle d'un banquet à laquelle étaient assis trois personnes qu'elle salua timidement.
Alors qu'elle prenait position au centre de la pièce, elle jeta un coup d'œil fugitif à chacun des juges de l'équipe Chanel : au centre, un homme, Rodrigo Franco, le directeur de casting, galamment accompagné de deux femmes plutôt jolies d'environ quarante ans.
« Ziva Vidad, c'est bien cela ? s'enquit la première femme, une grande brune aux mèches caramel et ayant légèrement abusé du botox au vu de ses traits complètement immobiles alors qu'elle penchait son visage sur une liste pour vérifier le nom de celle à qui elle s'adressait.
- C'est cela, oui, confirma l'Israélienne en esquissant un sourire anxieux, tout en promenant son regard sur les deux autres casteurs.
- Bienvenue, mademoiselle Vidad ! lança Franco, qu'elle identifia aussitôt comme le gentil flic de cette étrange assemblée étant donné l'immense sourire hypocrite qui s'étirait sur son visage. Vidad, c'est espagnol ?
- D'origine catalane, compléta-t-elle avec douceur, ravie d'avoir travaillé sur chacun des détails de sa couverture. Mais je suis israélienne.
- Ah, israélienne, répéta l'Espagnol, l'aire rêveur. Et la Catalogne… Vous avez défilé en Catalogne ?
- Au vu du très pauvre CV de mademoiselle Vidad, la réponse est non, Rodrigo, asséna sèchement la seconde femme, celle qui n'avait toujours pas parlé et avait eu grand tort de se faire teindre en blond pour cacher des origines méditerranéennes résolument impossibles à camoufler. Vous avez défilé pour trois petits créateurs israéliens et vous vous présentez pour Chanel… Je respecte beaucoup le travail de votre agent, mais est-ce que c'est un canular ?
- Ex… excusez-moi ? lâcha Ziva, décontenancée par cette remarque si abrupte.
- Nadia, enfin, attends un peu, tu sais bien que Marion ne nous enverrait pas n'importe qui ! répliqua la femme la plus à sa droite, semblant jouer la voix de la raison à partir des propos du bon et du mauvais flic. Alors, mademoiselle… Vidad. Expliquez-nous ce que vous venez faire ici.
- Brièvement, compléta la dénommée Nadia, semblant déjà accepter de mauvais grâce ce répit imposé par sa collègue. Vous avez deux minutes.
- Une nouvelle cible, lança précipitamment l'Israélienne, sous le regard dubitatif des trois casteurs, qui avaient tous relevé la tête pour la détailler, tandis qu'elle poursuivait : Une cible méditerranéenne. Que je représenterai sur les podiums.
- Intéressant, commenta Miss-Botox en se mettant à mordiller son stylo, impatiente. Continuez.
- La Méditerranée est une cible oubliée par Chanel, développa-t-elle, retrouvant confiance et enthousiasme pour exposer le plan communication travaillé aux côtés de Marion. Dans les pays arabes, il est connu que vos principaux clients sont des hommes d'affaires ou les familles des anciens dictat… dirigeants. Or, avec le Printemps Arabe, la plupart son en exil, et leur montrer un peu de Méditerranée dans les défilés Chanel pourrait les inciter à acheter. Sans compter que mon physique correspond aux leurs, et prouve que Chanel est la marque parfaite, à la fois pour son élégance et son aspect luxueux qui souligne le rang qu'ils occupaient, et le fait qu'elle intègre des top models méditerranéens, montrant que les Arabes ne sont pas les grands oubliés de la campagne marketing. (1)
- Pourquoi pas. Mais vous êtes israélienne, souligna Franco, tandis que Ziva esquissait un sourire, n'attendant que cette question.
- Qui le verra quand je défilerai ? répliqua-t-elle dans un sourire. Et si ça s'apprend, ça peut au contraire apparaître comme un message pour la paix. J'ai cru comprendre que Sihem Adasi défilait pour Chanel. Quoi de mieux pour votre image qu'une Israélienne et une Palestinienne sur le même podium ?
- Elle est maline, commenta le directeur de casting, ayant visiblement apprécié sa démonstration.
- Dommage qu'elle ne soit pas plus expérimentée et… vous voyez ce que je veux dire… répliqua Miss Fausse-Blonde en désignant sa propre taille d'un geste peu subtil pour mettre en lumière le fait que celle de Ziva ne rentre pas tout à fait dans les standards.
- En même temps, si on s'adresse à une certaine clientèle, d'ailleurs invitée au défilé, celle-ci pourrait être ravie et flattée de voir au moins une mannequin qui lui ressemble sur le podium ! » affirma la spécialiste de la chirurgie esthétique, avant que le débat ne se poursuive à voix plus basse entre les trois membres du jury.
L'agent du NCIS ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. La clientèle en question, invitée au défilé, n'était autre que la moitié de la famille de l'ex-président tunisien renversé par la révolution de 2011, grande amatrice de tailleurs et autres accessoires Chanel. (2)
Pour une fois, ses contacts dans les services secrets avaient été plus utiles que ceux de Marion dans le milieu de la mode, et c'était elle qui avait insisté pour choisir cette ligne marketing pour le moment où elle aurait à « se vendre aux casteurs », comme le disait si justement son amie d'IMG Models.
A raison, au vu de l'immense sourire qu'arborait maintenant Franco.
« Je pense qu'on va passer aux essais, maintenant ! annonça-t-il en désignant une rangée d'escarpins alignés par ordre croissants au fond de la pièce. Choisis la paire qui te plaît le plus, ma belle. »
La jeune femme le fixa un instant, stupéfaite par cette soudaine familiarité et ressentant la brutale envie de lui asséner une main en pleine figure pour lui avoir parlé de la sorte, mais afficha à la place un sourire poli et se rapprocha tranquillement de la ligne de chaussures.
Fermant une seconde les yeux, elle tenta de se remémorer les conseils de Marion et Stacy, et balaya du regard les paires qui s'offraient à elle.
Prendre les plus basses était totalement proscrit, sous peine de se faire renvoyer de la salle en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire. Prendre les plus hautes était suicidaire, et sa styliste avait affirmé que tout mannequin expérimenté à qui on laissait le choix de ses chaussures se refusait à défiler sous les yeux des casteurs avec des talons dépassant les 12 centimètres.
A moins bien sûr d'être Sasha Oulianov.
Stacy lui avait même raconté qu'une légende urbaine courait selon laquelle la plante de pied de l'Ukrainienne était naturellement cambrée selon la forme d'un escarpin et qu'elle ne pouvait pas marcher à plat.
Mythe stupide, bien sûr, mais relativement impressionnant malgré tout, admit Ziva alors qu'elle optait pour une paire d'open toe d'une dizaine de centimètres, avec une petite plate-forme à l'avant qui lui permettrait de reproduire la démarche qu'elle avait tant travaillée avec ses amies du monde de la mode.
Les enfilant avec nervosité, elle se redressa ensuite et fixa un point à l'horizon tandis que Franco lançait :
« Quand vous être prête. »
Et Nadia de renchérir :
« C'est-à-dire rapidement. »
Sans écouter la voix de ses casteurs, la jeune femme se redressa de toute sa taille, regardant droit devant elle, étirant son cou comme pour toucher un plafond invisible au-dessus de sa tête, cambra légèrement les reins et expira discrètement alors qu'elle commençait à marcher.
Toujours bien droite, imaginant une ligne invisible sous ses pieds et croisant avec autant d'élégance et de légèreté que possible les chevilles, elle s'efforça de se décontracter pour paraître aussi naturelle que Sasha, représentant pour Stacy le sommet de l'art du mannequinat, et dont elle avait vu des dizaines de vidéos la veille « pour prendre exemple ».
Arrivée à l'autre bout de la pièce, elle improvisa quelques poses empruntées aux plus grandes reines des podiums, et fit demi-tour avec la souplesse d'un chat, se concentrant comme elle ne s'était jamais concentrée pour qu'en aucun cas le bout de ses pieds ne dévie vers l'intérieur ou l'extérieur de la ligne droite imaginaire qui s'étirait à ses pieds.
Lorsqu'elle fut de retour devant la ligne de chaussures, prête à faire une nouvelle fois le trajet, la voix de Miss Botox dont elle ignorait toujours le nom l'interrompit dans son élan :
« Merci mademoiselle. Ca sera tout. Vous pouvez récupérer vos chaussures et passer dans la salle d'à côté pour la photo. »
Battant des cils sous l'effet du stress sans même s'en rendre compte, la jeune femme acquiesça et salua chacun des trois casteurs avec déférence, avant de récupérer le book qu'ils avaient à peine feuilleté et de disparaître dans la salle voisine où l'attendait un photographe de mode et un fond d'un blanc immaculé devant lequel elle allait devoir poser en montrant autant de joie de vivre que s'il s'était agi d'une photo d'identité.
Lorsque le flash crépita, elle recommença à respirer.
Lorsque le photographe lui sourit et la salua tout en lui faisant signe de retourner dans la salle d'attente pour retrouver son agent puis quitter les lieux, elle sentit ses muscles tétanisés se décrisper lentement.
Et lorsqu'elle croisa Marion qui l'attendait fièrement dans le hall, un grand sourire aux lèvres, et lui glissa que d'après ce qu'elle avait pu écouter aux portes avec la complicité d'Alix, elle avait de fortes chances de se retrouver sur les podiums de Chanel, elle crut que sa journée était bel et bien terminée, et qu'elle allait pouvoir prendre un peu de repos en compagnie de son amie à la terrasse d'un café quelconque pour se remettre de ses émotions.
Jusqu'à ce qu'elle voie sur son portable six appels manqués de Jonathan et une dizaine de SMS de Tony, dont le dernier lui indiquait de rentrer « immédiatement à la planque ! »
Ce fut à cet instant de désarroi précis qu'elle comprit que la pause qu'elle avait pensé pouvoir s'octroyer devrait fort probablement attendre la fin de cette mission et son retour à Washington.
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Lorsque Ziva poussa la porte du QG de l'avenue de Matignon, elle s'attendait au pire. Au vu de l'insistance de Jon à essayer de l'appeler et de l'emphase avec laquelle Tony avait rédigé son texto, elle s'était déjà préparée à une nouvelle dramatique pour ne pas dire tragique.
Elle avait préféré ne pas essayer de les appeler, ne voulant pas se montrer ridicule si l'annonce n'était en réalité pas aussi grave qu'elle avait cru le penser, et avait choisi de se raisonner, se disant que rien n'avait de toute façon pu arriver à l'un de ses coéquipiers de Paris ou de Washington en si peu de temps.
Pourtant, lorsqu'elle les découvrit pour l'un assis à la table de la pièce principale et pour l'autre appuyé contre le mur, tous les deux les yeux baissés vers la moquette beige, elle sentit la panique la gagner.
Que pouvait-il donc se passer pour qu'ils soient dans un tel état léthargique, pour ne pas dire dans une attitude de deuil ?
« Les garçons, qu'est-ce qu'il se passe ? lâcha-t-elle finalement en s'approchant d'eux après avoir déposé sa veste et son sac sur le porte-manteau, décidant de couper court au suspens presque intenable. Pourquoi autant d'insistance sur tous ces textos ? »
Un silence pesant retomba, tandis que Tony relevait la tête dans un mouvement lent pour croiser son regard anxieux.
« On n'en sait rien, commenta-t-il finalement en haussant les épaules, tandis que Jonathan restait perdu dans ses pensées. On a reçu un coup de fil stressant de McGee qui nous disait de nous rendre à la planque tout de suite, et on attend qu'il nous recontacte pour… Aouch ! En quel honneur, ce slap ?
- Parce que je me suis fait un sang d'encre ! rétorqua-t-elle, hors d'elle, tandis que l'agent très spécial se massait la nuque et que l'officier de la DCRI rentrait son mot de passe pour allumer son ordinateur. Je me suis imaginé les pires choses en voyant ton texto ! Et Jon, tu m'as appelée au moins 15 fois, c'était pour rien aussi ?
- Si je dis oui, je me prends un… Aouch, apparemment oui, lâcha le Français qui venait lui aussi de recevoir un slap de l'ex-officier du Mossad. J'essayais juste de t'appeler pour te dire de venir, moi !
- Arrête de prendre ce ton pleurnichard, ça ne marchera pas avec moi ! s'exclama-t-elle. Vous vous êtes bien foutus de moi ! Et pour rien peut être ! Vous n'avez même pas idée à quel point tenir ma couverture est déjà compliquée, alors si je dois me défiler quand mon agent et ma styliste m'invitent à prendre un café pour fêter mon premier casting dès que vous n'avez rien à me dire, ça va être tout simplement impossible !
- C'est bon, on est désolés, Ziva, soupira l'agent senior tandis que son coéquipier achevait de préparer l'ordinateur pour une éventuelle vidéoconférence avec Washington. Mais il y a plus important : ce que McGee va nous annoncer. Et encore plus important : elles ressemblent à quoi, ta styliste et ton agent ?
- Tu me répugnes, DiNozzo, lâcha-t-elle en levant les yeux au ciel, avant de s'éloigner vers la salle de bain dont elle claqua la porte.
- Allez, Ziva, je plaisantais ! lança-t-il sous le regard moqueur du Français. Ziva ! Reviens, c'était une blague ! Je suis désolé, Ziva ! Ziva ! Et toi, arrête de ricaner, tu ne m'aides vraiment pas.
- Excuse-moi, ça me rappelait juste ta mauvaise foi de cet après-midi quand je te demandais s'il y avait quelque chose entre Ziva et toi ! ironisa-t-il tandis que l'Italien écarquillait les yeux et lui faisait signe de se taire tout en indiquant d'un discret geste de la main la porte derrière laquelle son amie s'était réfugiée. Bon, allez, je suis sympa, je vais t'aider. Ziva, reviens, c'était juste une blague de mec idiote ! DiNozzo s'excuse platement et jure qu'il ne draguera ni ton agent, ni ta styliste, ni aucune des copines mannequins que tu vas te faire !
- Mais t'es dingue, toi, ou quoi ? s'étrangla l'agent du NCIS en fusillant un Jon hilare du regard, avant de voir que Ziva était sortie de la salle de bain, un petit sourire aux lèvres. Oh, tiens, Ziva ! Ca fait plaisir de te revoir.
- Il a juré sur sa tête, tu as donc le droit de le tuer s'il le fait ! s'amusa le Français en faisant un petit clin d'œil à l'Israélienne qui avait retrouvé le sourire.
- Compte sur moi… commenta-t-elle simplement tout en se rapprochant de Tony pour lui masser doucement les trapèzes. Tu tiendras ta promesse, n'est-ce pas, Tony ?
- Euh… oui, oui, affirma-t-il, trouvant que les doigts de sa coéquipière se refermaient un peu trop près de son cou à son goût.
- Brave bête, conclut-elle dans un sourire en lui ébouriffant les cheveux, avant de se ranger aux côtés de Jonathan devant l'écran d'ordinateur. Bon, on va attendre McGee longtemps comme ça ?
- Vous n'allez plus m'attendre du tout, lui répondit une voix entrecoupée de légers grésillements tandis que face à elle apparaissait progressivement le visage de l'informaticien. Désolé pour le retard, mais j'avais quelques petites choses à trouver pour vous les montrer. Vous êtes tous devant l'écran ?
- Maintenant oui, commenta Tony en rejoignant ses deux équipiers pour faire face au jeune agent. Alors qu'est-ce que tu avais de si important à nous montrer ?
- Je vous passe les deux vidéos que j'ai sous la main, et vous essayez de deviner, expliqua-t-il alors qu'une fenêtre contenant un lien apparaissait sur leur écran.
- On n'a pas le temps de jouer aux devinettes, McClown, alors dis-nous tout ! répliqua l'Italien.
- Regardez ces vidéos, Tony, c'est important… soupira Tim tandis que Ziva et Jon lui faisaient signe de la lancer. Je vais vous expliquer le cadre pour que vous compreniez. Vous arrivez à lire la séquence ? »
Les trois agents acquiescèrent tandis que sous leurs yeux se déroulait une scène de liesse pixellisée. Dans une rue bordée de palmiers, dont la route était bloquée par une série de barrière, des hommes en uniforme militaire et un petit nombre de colosses arborant des lunettes de soleil et habillés de costumes noirs en dépit de la chaleur torride qui semblait régner entouraient une silhouette encore difficile à distinguer.
Comme si les caméras avaient lu dans leurs pensées, elles pivotèrent et laissèrent apparaître une fille aux longs cheveux blonds bouclés et aux jambes interminables, qui se pavanait comme si la ville lui appartenait, moulée dans une robe gris souris et bleue Hervé Léger et tenant un petit sac à franges noir à son bras.
Ne semblant pas avoir la moindre difficulté à marcher avec ses bottes à bout ouvert et à talons aiguilles malgré les irrégularités de la route, un léger sourire se dessina sur son visage lorsqu'elle aperçut le comité d'accueil encore plus gardé qu'elle qui l'attendait au bout de la rue.
« Tripoli en Libye, 2008, expliqua McGee, comme une voix off décrivant les évènements tandis que les trois agents regardaient la jolie top model serrer la main à deux hommes assez âgés en arborant un sourire rayonnant, puis embrasser sur la joue avec toujours autant de joie et d'enthousiasme un trentenaire qui la dépassait de dix bons centimètres. Ces séquences ont été prises par des cameramen d'Al-Jamahiriya TV, et ne sont jamais sorties de Libye, jusqu'à ce qu'on les récupère en 2011 pendant la révolution avec toutes les archives de la télé d'Etat libyenne.
- Ok, et qui sont ces mecs ? s'enquit Jonathan en désignant avec un geste agacé le même géant aux cheveux bruns mi-longs plaqués en arrière et aux lunettes de soleil probablement hors de prix que Sasha avait précédemment embrassé et qui l'attrapait maintenant par les épaules pour l'entraîner à l'écart. Son comité d'accueil ?
- Ta concurrence ? se moqua doucement Tony, qui s'attira aussitôt un regard noir du Français et un autre interrogateur de sa coéquipière.
- C'est là que c'est assez bizarre, souligna l'informaticien, ignorant la remarque de l'agent très spécial, puisque ce n'est pas le ministre de la Culture et son entourage qui l'accueillent comme ça devrait être le cas pour recevoir une mannequin participant à un défilé de mode, défilé d'ailleurs organisé à l'hôtel Afkar à Tripoli le jour-même, mais le ministre de la Défense, de l'Intérieur, et même le chef d'un organe étrange appelé le Conseil de sécurité nationale, à la tête duquel se trouvait l'un des fils de l'ancien raïs libyen en personne. (3)
- Et que fait cet organe étrange, comme tu dis ? s'enquit Ziva, curieuse.
- Je vous garde ça pour la fin, préféra éluder le jeune agent en cherchant sur son ordinateur la seconde vidéo qu'il voulait leur faire visionner. Je peux couper celle-là ?
- Fais vite avant que Jon ne pique une crise de jalousie parce qu'un des mecs prend maintenant notre cible par la taille ! ironisa Tony, faisant lever les yeux au ciel à l'intéressé.
- Je peux savoir de quoi il retourne ou c'est un genre de private joke entre hommes ? lâcha l'Israélienne, agacée d'être mise à l'écart.
- Et si on regardait la deuxième vidéo, les gars ? répliqua McGee, haussant un peu le ton pour se faire entendre de ses coéquipiers. Vous réalisez au moins que cette histoire est sérieuse ? »
Les trois agents acquiescèrent en prenant une mine contrite, tandis que l'informaticien lançait la seconde séquence dans un soupir.
Le décor changea radicalement. A la rue se substituèrent les dorures d'un palais richement décoré, bien que la mauvaise qualité de la vidéo, probablement prise en douce par un portable, empêche de voir avec netteté les détails composant la pièce.
Se déplaçant avec discrétion vers la droite, la caméra filma le visage d'un homme d'une bonne cinquantaine d'années, portant une petite barbe poivre et sel et un uniforme militaire, et aux petits yeux d'un brun intense rivés sur une forme qui n'apparut que quelques secondes plus tard à l'écran.
Ils purent découvrir une jeune femme tout de noir vêtu, n'hésitant pas à assembler le pantalon carotte redevenu si tendance avec une veste de smoking géométrique et des talons aiguilles vertigineux.
Malgré des traits difficiles à distinguer au vu de la résolution limitée de l'appareil qui servait à filmer, l'interminable queue de cheval blonde plaquée qu'elle arborait ne laissait aucun doute sur son identité.
« Ca se passe où ? laissa échapper Ziva, surprise, tandis que celle qui ne pouvait être autre que Sasha Oulianov s'approchait du militaire, un fin sourire aux lèvres.
- A Téhéran, dans l'antre du démon, commenta McGee en reprenant son rôle de narrateur. C'est une vidéo toute récente qui date de 2011, prise par un de nos indics. Vous voyez le type barbu à qui elle va jusqu'à serrer la main ? C'est le commandant des Gardiens de la Révolution, le corps le mieux entraîné et le mieux équipé au point de vue armement d'Iran. Les Gardiens ou Pasdaran en farsi sont classés parmi les organisations terroristes chez nous, et c'est avant tout eux que l'embargo sur les armes imposé par l'ONU vise.
- Hum, c'est très intéressant, tout ça, mais qu'est-ce que ça a à voir avec nous ? s'enquit Jonathan, curieux, sans cesser d'observer l'Ukrainienne qui achevait de saluer respectueusement les autres hommes d'un signe de tête, sans les toucher, comme le voulait la coutume iranienne qu'elle respectait pourtant si peu.
- Et, question encore plus capitale, lequel des deux est le plus dangereux ? renchérit Tony en voyant s'étirer un sourire presque aussi malsain sur le visage de la mannequin que sur celui du Commandant en Chef des Gardiens de la Révolution alors qu'ils semblaient échanger un regard entendu.
- Malheureusement, c'est elle, parce que tous les gens que vous avez pu voir ne peuvent rien sans elle, lâcha Tim, avant de compléter pour achever de surprendre ses coéquipiers : Parce que c'est elle qui leur vend les armes qui les rendent si dangereux. »
Je n'aurai qu'une question très simple à vous poser : ce chapitre vous a-t-il traumatisé au point qu'il me faille émigrer en Sibérie du Nord ?
Oh, et j'oubliais : si vous avez des remarques, des idées, des pronostics complémentaires, n'hésitez pas, j'accepte tout !
(1) et (2) Authentique : depuis la révolution tunisienne notamment, pas mal de grandes marques françaises ont développé tout un axe de communication destiné à toucher les familles des dictateurs en exil (campagnes en Arabie Saoudite notamment), au point qu'ont pu être invités à des soirées privées organisées par les marques des gens liés aux anciens régimes tunisiens, égyptiens ou yéménites. Bon, je vous dis ça, mais ce n'est pas non plus à crier sur tous les toits, ce genre de stratégie n'est pas très avouable pour eux ^^
(3) Le Conseil de sécurité nationale a vraiment existé en Libye : c'était un organe chargé de coordonner les forces spéciales et les services de sécurité (dénomination politiquement correcte de la police politique), mais aussi de l'achat des armes destinées aux unités d'élite de l'armée de terre (bien sûr les mieux équipées)
Et si FF refuse encore une fois d'afficher mes notes, je prendrai ça comme un acte de censure inacceptable ! x)
