Avertissement : Cette fic contient un slash (relation entre hommes), plus précisément un Threesome (SS/DM/HP). Relations sexuelles détaillées dans divers chapitres mais tout sera avertis en temps et en heure. Pas d'inquiétude. Présence de violences et de viol dans certains chapitres. Langue légèrement vulgaire aussi (^^), MPREG, personnages OOC.
Disclaimer : Personnages d'après J.K. Rowling.
Bêta-Reader : Chipuliara !
Reviews anonymes : Merci à Guest pour sa review !
Merci à celles (ou ceux ?) qui ont ajouté mon histoire dans leurs Favoris et en Follows. Et pour toutes vos reviews.
Bonne lecture : )
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Chapitre 13 – Ash
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Harry avançait à tâtons, ne voyant absolument rien dans cette pièce sombre comme le goudron. Les bras en avant, il essayait tant bien que mal de se repérer. Où était-il ? Comment était-il arrivé là ? Son esprit était totalement vide de tous souvenirs. Le trou noir total. Il avait la désagréable impression que son corps entier brûlait mais, en touchant ses membres, il ne distinguait rien d'anormal. Comme si… comme si tout se passait dans sa tête.
Harry fronça les sourcils en continuant d'avancer. Son pied décrivit un arc de cercle sur le sol pour tâter le terrain. Mais il n'y avait rien. Un petit vent froid se mit à souffler doucement. Le sorcier ferma un instant les yeux, appréciant la sensation. Puis le vent se transforma en bourrasque. La bourrasque en tempête.
Le brun se recroquevilla un peu sur lui-même quand il sentit des objets non identifiés lui fouetter le visage. Où était-il par Merlin ? Il voulait tellement savoir. Dans son corps, une sensation de manque prit possession de lui. Quelque chose lui manquait. Quelqu'un lui manquait. Mais qu'est-ce que c'était ? Il ne se souvenait de rien. Absolument de rien.
Un bras cachant ses yeux pour ne pas se blesser, l'autre tendu en avant, il continua à avancer comme si sa vie en dépendait. Il devait bouger d'ici, quelqu'un devait l'attendre.
Il se souvenait d'avoir… d'avoir été heureux. Aimé. Il ne l'avait pas été souvent dans sa vie mais les derniers mois qu'il avait vécus avaient été merveilleux. Il s'en rappelait. Vaguement. Mais quand même. C'était ancré en lui. Telle une lumière dans les ténèbres, l'espoir allégeait son cœur. Il ne savait plus pourquoi mais tous ces sentiments étaient bien réels, il en était certain. C'était cela qui lui donnait la force d'avancer malgré ce vent qui soufflait de plus en plus fort, lui donnant presque l'impression qu'il voulait le gêner.
Sa respiration se bloqua dans sa gorge quand ses doigts rencontrèrent un mur. Le cœur battant la chamade, Harry laissa sa main sur la surface lisse, respirant un moment. Le vent s'était brusquement tu. Trop soudainement pour que cela soit réel. Mais Harry ne le remarqua pas, plus fatigué que jamais, il ferma les yeux…
Qu'il rouvrit rapidement.
Il sentait couler sur sa main un liquide. Visqueux. Epais. Chaud. Une odeur de fer s'éleva rapidement, le forçant à couvrir son nez à l'aide de sa manche gauche. Ça… Ça sentait la mort. Le sang. Le Gryffondor eut subitement envie de vomir. Il retira violemment sa main, mais ses doigts restèrent poisseux.
« Tu es pitoyable. »
La voix le fit sursauter. Harry se retourna pour tenter de distinguer qui venait de parler. Mouvement illusoire dans cette épaisse obscurité. Et puis cette voix familière venait de partout. On pouvait encore entendre l'écho tout autour de lui. Le Sauveur fronça les sourcils en essayant de se rappeler à qui elle appartenait.
« Tu es lamentable. »
Se mordillant la lèvre inférieure, le sorcier se força à ne rien dire, bien qu'il voulait hurler que ce n'était pas vrai. Que qui que ce soit, cette voix avait tort. Qu'il n'était ni pitoyable, ni lamentable. Et qu'elle n'avait aucune raison de lui dire tout cela.
« Tu es seul. »
- C'est faux, hurla-t-il enfin au noir devant lui.
Il serra les poings le long de son corps, sentant des gouttes s'échapper de sa main droite pour s'écraser au sol dans un « ploc » écœurant. Il tourna sur lui-même pour tenter d'apercevoir quelque chose. Peine perdue. Ici, tout était plus sombre que les abysses les plus profondes.
Un rire qui le figea complètement retentit autour de lui, se répercutant dans les tréfonds de son âme. Ce rire… il l'avait déjà entendu.
« Tu es un monstre incapable et pitoyable. »
Doucement et essayant de son mieux de faire fi des mots qui le meurtrissaient à l'intérieur, Harry monta ses mains à son front et tenta de se concentrer. Il devait se rappeler. Ce ne devait pas être compliqué. Quel était son dernier souvenir ? Il… oui, il marchait vers… La Grande Salle ! Il se trouvait à Poudlard et pour une fois il était seul. Il se souvenait maintenant. Après être parti de la bibliothèque et, alors qu'il marchait vers la salle pour prendre son dîner, il avait eu soudainement mal. Le sang s'était mis à couler. Il se rappelait qu'il avait supplié parce que… parce qu'il attendait un enfant, et qu'il ne voulait pas qu'il meurt à cause de lui. Il avait aussi pensé à ses deux amours. Draco et Severus. Puis tout était devenu noir.
- Je ne suis pas un monstre, cria-t-il alors que les larmes commençaient à s'agglutiner dans ses yeux.
Etait-il mort ? Peut-être que c'était ça l'enfer… Il l'imaginait avec plus de flammes. Ça ne pouvait décidément pas être le paradis. Cela voulait-il dire que son enfant aussi était mort ? Avaient-ils abandonné Severus et Draco alors qu'ils avaient besoin d'eux ? Avait-il été égoïste pour mourir aussi stupidement ? Il ne savait même pas pourquoi, d'un seul coup, il avait commencé à saigner. Il n'avait rien fait pour ça. Oh non, jamais il n'aurait fait ça à Severus et Draco. Il les aimait tellement.
« Tu n'as pas le droit d'être aimé, aimer c'est pour les faibles. Et tu ne le mérites même pas, tout est de ta faute.»
Une lumière aveuglante s'alluma soudainement, forçant Harry à fermer les yeux. Quelques secondes plus tard, il tenta doucement de les ouvrir et cligna plusieurs fois des paupières pour s'habituer à la luminosité brutale.
Bizarrement, la pièce était d'un blanc immaculé. En se tournant, il découvrit que le mur qu'il touchait précédemment était recouvert de sang qui coulait sans fin comme une fontaine. Harry grimaça. C'était horrible. D'où provenait tout ce sang ? Il ne savait pas s'il voulait réellement avoir une réponse ou pas.
Il se tourna sur la gauche, ne prenant pas garde aux larmes qui avaient quitté ses yeux pour dégouliner sur ses joues. En avisant de grands tableaux, il s'avança à pas tremblant. Il ne savait pas ce qu'on lui réservait, mais il voulait savoir où il avait atterri.
Trébuchant deux fois, il arriva finalement devant le mur maculé de tableaux. Son souffle se coupa quand il vit ce qu'ils représentaient. Dans les deux premiers et les deux plus grands, on pouvait voir ses deux amants. Seuls, solennels. Ils étaient terriblement beaux.
Oui, les tableaux seraient magnifiques, si leurs visages impassibles n'étaient barrés d'aucunes marques de sang. Harry plaqua ses mains sur sa bouche pour ne pas crier en voyant le liquide écarlate dégouliner le long de chacun des portraits.
« Tu amènes la mort sur ton passage, parce que tu es Harry Potter. »
La vue troublée par les larmes, Harry ne put que baisser les yeux. Finalement, cette voix avait peut-être raison. Dans un geste de protection, il enroula ses bras autour de son torse. Il avait tellement mal. A l'intérieur. Ça se propageait en lui comme un serpent particulièrement vicieux. Un mal singulièrement douloureux.
- Harry… Harry… Harry…
Le susnommé se retourna vers la provenance de la voix. Il hoqueta quand il vit l'être en face de lui. Horrible aurait été un euphémisme pour décrire la monstruosité qui lui faisait face. Cela ressemblait à Lucius Malfoy sans toute fois lui être identique. L'être en face de lui possédait les mêmes longs cheveux blonds, presque blancs, du père de son amant. Le visage ne ressemblait en rien au visage fin de Lucius. La peau partait en lambeaux par endroits, laissant les nerfs à vifs. Harry nota l'absence de nez. A l'instar de Voldemort. Il y avait aussi les yeux gris comme le mercure en fusion, zébré de rouge carmin. Son corps dégingandé était habillé de fragments de vêtements tachés de sang.
Il le regardait, un sourire cruel aux lèvres. Harry eut un mouvement de recul.
- Ash, dit-il dans un souffle.
Le sourire de l'autre s'accentua alors qu'il avançait difficilement vers lui.
- Harry… Harry… Harry…
Ce qu'il pouvait détester entendre son nom dans cette bouche sans lèvres. Les intonations qu'il y distinguait lui foutaient les jetons. Le jeune sorcier se recula pendant que l'autre avançait d'un pas.
- Tu as été détruit. C'est impossible, jeta-t-il en murmurant.
Ça ne pouvait pas être vrai. Ash n'existait plus. Et cela depuis quelques temps déjà. Severus avait fait en sorte qu'il ne puisse plus revenir. Il lui avait expliqué qu'il avait sellé son esprit pour l'en empêcher. Alors pourquoi était-il face à lui maintenant ? Harry avait envie de hurler que ce n'était pas juste. N'avait-il pas assez souffert ? Ash avait fait assez de dégâts comme ça.
Bientôt le Gryffondor fut acculé contre un mur, sans moyen possible d'évasion. L'être mi-Lucius, mi-Voldemort se pressa contre son corps.
Harry ferma douloureusement les yeux, tourna la tête sur le côté. L'haleine putride du demi-homme toucha sa joue. Même les yeux fermés, le brun pouvait presque deviner le sourire grognard d'Ash. Un sanglot quitta la barrière de ses lèvres quand une langue lécha le lobe de son oreille.
- S'il-vous-plaît… non…
Il se mit sur la pointe des pieds pour tenter d'échapper à ce monstre. Peine perdue. Il paraissait partout. Dégoûté, Harry ne put que pleurer pendant qu'une main pleine de sang vint caresser la peau tendre de son cou.
- Tu es tellement beau quand tu agonises.
La phrase lui fut murmurée à l'oreille. Son cœur se mit à battre plus fort dans sa poitrine, menaçant de se faire la malle. Il battait si fort que le Sauveur du Monde Sorcier n'entendit plus rien à part ce sang qui pulsait dans ses tempes. Il chercha à se débattre mais une force invisible le maintenait en place. Il était complètement à la merci de son ennemi, ne pouvant rien faire.
- Tu ne vaux rien, toi et ton sang mêlé. Ton corps infect, souillé, sale et disgracieux. Tu ne sers à rien, personne ne te veux. Tu es un déchet qu'on n'arrive pas à jeter. Ta place est six pieds sous terre, lui susurra Ash en posant son front sur la tempe du jeune homme.
Cela aurait pu passer pour un moment de tendresse s'il n'y avait pas eu les mots plus meurtriers qu'un poignard en plein cœur. Ces derniers fissurèrent les barrières qu'Harry avait réussi à construire avec Severus et Draco.
- Vas-y Harry. Maintenant tu es seul, vraiment seul. Laisse-toi aller.
L'être se recula, des étoiles maléfiques brillant dans ses yeux aciers. Un petit sourire cruel aux lèvres, il le regarda s'écrouler. Visiblement heureux, il s'agenouilla devant le jeune homme, posa une main décharnée sur le genou tremblant.
- Tu es un con, Potter. Un misérable et pitoyable con. Tu es inutile.
Harry enfouit son visage dans ses genoux relevés contre sa poitrine. Une douleur à la jambe lui fit relever la tête. L'être enfonçait ses doigts dans son genou, attendant visiblement une réponse.
- Tu le sais n'est-ce pas ?
Les larmes dégoulinant des yeux, Harry hocha doucement de la tête. Les mots s'imprimèrent dans son esprit, torturèrent son cœur fragile et labourèrent ses faibles forces. Il avait tellement mal. La douleur était telle qu'il avait du mal à respirer, ses mains tremblaient. Comme avant. Lorsqu'il avait une crise et qu'il devait… devait… se mutiler pour aller mieux.
- Tu es un minable insignifiant qui ne sert à rien Harry, mais tu es tellement drôle quand tu as mal.
La réplique fut suivie d'un rire glauque qui obligea le jeune sorcier à se recroqueviller un peu plus sur lui-même. Ça lui rappelait tellement de mauvais souvenirs. Il se rappela avec une précision mortelle les mois qu'il avait vécu avec Ash dans la tête. Les crises qui l'avaient assailli. La désagréable impression de n'être rien, d'être seul. Le mal qui le rongeait, la douleur qui lui tordait le ventre. Le sentiment d'être vulnérable, insignifiant. Le mal, toujours, qui dictait sa vie. La douleur, encore, qui l'empêchait de vivre. La culpabilité qui l'empêchait de dormir. Et la peur qui ne le quittait jamais vraiment. Même encore maintenant.
- Je sais, dit-il doucement en baissant les yeux.
- Tu baisses les yeux en signe de soumission. Tu as compris que les garçons s'écrasaient devant les hommes. C'est bien, tout n'est peut-être pas perdu.
Une main presque douce vint caresser les contours de son visage. Puis la caresse s'évanouit à l'instar du vent. Harry regarda tout autour de lui pour remarquer qu'Ash n'était plus en vue. Et que la pièce blanche s'était métamorphosée en petite salle sombre. Il n'y avait qu'une seule source de lumière. Au centre. Qui éclairait une petite table.
Difficilement, Harry se remit sur ses jambes tremblantes et avança à petits pas vers cette dernière. Il faillit s'écrouler de désespoir quand il avisa, sur la surface, une lame de rasoir. Il prit place, sans aucune grâce, sur la chaise qui émit une plainte sous son poids. Sans jamais la toucher, il ne quitta pas des yeux la lame qui brillait sous la lumière.
Une présence se forma dans son dos. On se pencha sur son épaule, inspira son odeur. Il frissonna de nouveau, ferma les yeux.
- Vas-y Harry. Tu aimes ça. Tu aimes ressentir le froid du métal sur ta peau laiteuse. Tu aimes voir ton sang couler doucement le long de ton bras. Tu es trop faible pour pouvoir résister à cet appel. La douleur, Harry. Rappelle-toi la sensation que te procure la douleur. Le bien-être qui te saisit quand tu ressens cette souffrance. Depuis combien de temps n'as-tu pas ressenti, Harry ? Depuis combien de temps ne t'es-tu pas senti vivant ?
Le sorcier ne retint pas longtemps un nouveau sanglot. Il se rappelait. Merlin ! Il se rappelait parfaitement du moment où Ash lui avait déjà dit cela, quelque temps auparavant. Il savait ce qu'il avait fait ensuite. Comme il savait ce qu'il allait faire maintenant.
Avec une main tremblante, il prit entre ses doigts la lame, la retourna avant de la plaquer contre la peau douce de son avant bras. Il hésita un long moment avant d'appuyer et de la laisser glisser le long de sa peau. Le sang se mit rapidement à couler, entraînant sans beaucoup de surprise une légère brûlure ainsi que la fin de ses tremblements. Une sorte de béatitude le prit. Il se délecta du liquide écarlate qui tomba au sol dans une douce litanie. Merlin que cela faisait longtemps ! Que cela lui avait manqué !
- C'est bien.
Il avait tellement honte. Tellement mal. Il ne se sentait pas bien. Severus et Draco croyaient en lui, non ? Ou était-il de nouveau seul ? Comme avant ? L'avaient-ils laissé en s'apercevant du monstre qu'il était ? Avaient-ils eu honte de lui ?
Le sang continuait de couler dans un flot continu. Le liquide écarlate forma rapidement une flaque à ses pieds. La lame s'échappa de sa main lâche. Ses forces le quittèrent progressivement. Il avait appuyé trop fort. Encore en fois.
Sa tête se mit à tourner dangereusement, il entendit en arrière plan un rire de victoire. Tout lui semblait loin. Léthargique, Harry ne sentit rapidement plus son corps. Ses yeux se fermèrent tout seuls mais il ne chercha pas à les en empêcher.
Son visage rencontra bientôt la surface lisse de la table. Il ferma les yeux.
Tout était fini maintenant.
Peut-être aurait-il enfin la paix.
Après tout, il ne voulait que ça.
Sur un dernier soupir, Harry ferma les yeux.
Définitivement.
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Draco Malfoy désespérait. Jamais avant il n'avait désespéré ainsi. C'était une première dont il se serait bien passé. Le désespoir était une émotion qu'il ne voulait plus jamais ressentir. Elle le rendait irritable – plus qu'il ne l'était déjà –, l'empêchait de dormir, lui mettait les nerfs à fleur de peau.
Il tentait tant bien que mal de garder le contrôle de lui-même, mais cela devenait de plus en plus dur au fil des jours qui passaient. Cela faisait trois jours qu'Harry avait été retrouvé dans le couloir qui menait à la Grande Salle. Trois jours que Draco, avec Blaise, aidait les Aurors à trouver le coupable. Pour le moment, l'enquête n'avançait nullement.
Depuis ce jour fatidique, il n'avait pas une seule fois été à l'infirmerie pour voir Harry. Il avait laissé ce dernier aux bons soins de Severus qui veillait sur lui, il en était certain. Ne dormant presque pas, Draco préférait imaginer les pires tortures pour le connard qui avait fait cela à son amour.
- Nous devons interroger tous les élèves, interrompit un des deux Aurors, Hooks.
L'autre, Williamson, soupira avant de se prendre la tête entre les mains. Draco pouvait le comprendre. Interroger tous les élèves allait prendre des jours. Ils en avaient déjà interrogé quelques uns, mais personne n'avaient vu quoi que ce soit qui aurait pu les aider. C'était en partie pourquoi Draco était aussi désespéré.
- Ne pourrions-nous pas avoir l'autorisation d'utiliser le Véritasérum ? demanda-t-il d'une voix ferme.
Il avait bien l'intention de trouver ce sale rat pour lui faire payer ce qu'il avait fait. Tous les moyens étaient bons. Et si les Aurors refusaient, le Serpentard était prêt à brasser lui-même cette fichue potion et à aller interroger lui-même les élèves. Il pourrait même aller chercher dans les réserves de Severus, il était sûr qu'il en avait, comme en cinquième année.
Williamson releva rapidement la tête et regarda le blond, fixement. Draco se retint de grogner. Qu'il dise quelque chose au lieu de rester à le regarder ainsi ! D'habitude il aimait avoir l'attention tournée vers lui mais là, tout de suite, il s'en serait bien passé.
- Alors ? les pressa-t-il.
Il voulait voir le coupable enfermé à Azkaban. Il voulait qu'il souffre, qu'il supplie pour sa vie. Qu'il pleure à ses pieds. Il réclamait vengeance. Tout son être le réclamait. Son sang pulsait dans ses veines en repensant à l'état d'Harry. Leur pauvre petit brun. En pensant à Harry, il sentit sa gorge se serrer violemment. Il ne voulait pas pleurer de nouveau, parce que – merde – ce n'était tellement pas lui. Mais il ne pouvait s'empêcher d'avoir peur pour leur amour. Et puis, comment Severus s'en sortait-il ? Avait-il peur lui aussi ? Sans doute. Qui n'aurait pas peur face à cette incertitude de ne jamais revoir un proche vivant ?
- Nous pourrions… demander à Shacklebolt, non ? tenta Hooks en observant son collège.
Williamson hocha lentement la tête, l'air de dire : « putain mais pourquoi j'y ai pas pensé avant ? ». Draco retint difficilement une grimace. Bande d'incapables. Même lui faisait mieux leur travail. Ils devraient tous être renvoyés de leur poste, ils ne servaient à rien. Connards.
Le fils Malfoy savait parfaitement que c'était la colère et l'inquiétude qui le faisaient penser ainsi, mais il ne pouvait s'empêcher de le faire. Il avait besoin d'évacuer sa haine, même s'il ne pouvait le faire qu'en pensées, c'était déjà mieux que rien.
Hooks sauta sur ses pieds et alla trouver le directeur pour utiliser sa cheminée. Restés seuls, Williamson et Draco refirent rapidement la liste des personnes qui auraient pu vouloir du mal à Harry.
Colin Crivey était le premier sur la liste, bien qu'il n'ait plus tenté quoi que ce soit depuis sa précédente agression. Puis venait les enfants des Mangemorts, là encore ce n'était pas évident parce que, bien qu'il y en avait beaucoup, personne ne se montrait ouvertement hostile face au Sauveur. Ils semblaient même heureux que le Seigneur des Ténèbres ait disparu. Il y avait aussi Seamus Finnigan, ce Gryffondor de mes deux qui en voulait personnellement à Harry. Dean Thomas faisait aussi partie des suspects, il avait montré qu'il se trouvait du côté de Finnigan à plusieurs reprises.
Ce qui était le plus dur pour Draco et les Aurors était de trouver les hypothétiques agresseurs. Tout le monde pouvait cacher son jeu derrière un masque après tout, ils sortaient d'une guerre, ils avaient tous joué un rôle. Voilà pourquoi Hooks proposait d'interroger tous les élèves. C'était une solution extrême mais la seule solution pour le moment.
L'Auror revint dans le bureau mis à leur disposition, le souffle court après avoir couru à travers tout le château. Il avait dans la main un parchemin qu'il tendit en l'air, victorieux.
- On a l'autorisation, clama-t-il.
Et Draco sourit.
Il sourit pour la première fois depuis trois jours.
Enfin. Enfin, ils allaient pouvoir avancer.
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L'infirmerie était déserte. Et calme. Elle l'était depuis trois jours. Bizarrement, aucun élève n'avait eu de problème. Pas d'entorses. Pas de rhumes. Pas de sorts ratés. Pas de potions ratées. Pas de bagarres.
Ce calme commençait à être insupportable pour Severus qui n'avait pas quitté un instant le chevet d'Harry. Installé sur le lit, caché aux hypothétiques regards indiscrets par des draps suspendus, il serrait le corps mou du Gryffondor dans ses bras. Le nez dans les cheveux en batailles, il caressait doucement le ventre rond de son amour.
- Tu nous manques Harry, chuchota-t-il à son oreille.
Severus n'avait pas pleuré. Pas une seule larme n'avait passé la barrière de ses yeux onyx. Ils étaient restés secs. Il n'avait pas l'habitude de pleurer. C'était pour les faibles, disait son père. Toute sa vie, à n'importe quel moment, jamais une goutte d'eau salée n'avait dévalé ses joues. Sauf, le jour où sa mère était morte. Là, il avait pleuré. A l'abri des regards, seul dans son lit. Cela avait duré une toute petite minute et jamais il ne l'avait refait.
Et pourtant. Salazar seul savait à quel point il avait failli rendre les armes pendant ces trois jours à rester seul avec son amour mourant. Mais à chaque fois, il avait tenu. Se mordant l'intérieur des joues, levant les yeux au ciel, frappant les murs. Tout était bon pour ne pas craquer.
- S'il-te-plaît, reviens. On a besoin de toi, Harry.
Il avait l'impression de se répéter. Trois jours déjà qu'il ne cessait de le supplier, de l'implorer pour qu'il revienne parmi eux. Il ne pouvait faire que cela. En fermant les yeux, Severus embrassa la tempe à sa portée avant de repositionner sa tête sur l'oreiller blanc et d'inspirer la douce odeur de son amant.
Ce qu'il pouvait lui manquer. Jamais il n'avait imaginé que ça ferait aussi mal, de voir une personne inerte entre les draps blancs. Jamais il n'avait connu ce sentiment d'impuissance qui vrillait son ventre. L'impression de ne servir à rien.
Le pire était sûrement l'absence de Draco. Severus savait bien que le blond enquêtait et aidait les Aurors. Que c'était une façon ne pas penser à Harry, plus mort que vivant. Mais le professeur de potions ne pouvait s'empêcher d'avoir mal d'être seul dans ce silence pesant. La présence de Draco leur aurait permis de se soutenir dans cette éprouvante épreuve. Peut-être ainsi ne se serait-il pas senti si dépassé par les évènements.
- Je t'aime.
Albus et Blaise passaient régulièrement. Le dernier venait prendre des nouvelles pour sûrement les transmettre à Draco. Le directeur, lui, passait pour s'assurer qu'il allait bien, qu'il tenait le coup, et voir si Harry guérissait. Il essayait de lui parler, mais Severus refusait catégoriquement d'ouvrir la bouche pour un autre que ses amants. Il parlait à Harry, pour le faire revenir, le sauver, mais il ne trouvait pas la force de le faire avec Albus ou Poppy.
Faire comme si tout allait bien alors que rien n'allait, quelle foutaise ! Comment pourrait-il prendre un thé avec Dumbledore alors que son amour s'était reculé dans un coin de son esprit et ne semblait pas revenir ? Il ne pouvait pas faire semblant pendant que son monde s'écroulait. C'était au-dessus de ses forces.
Severus se mit sur un coude pour regarder son amant endormi. Du bout des doigts, il caressa la joue pâle avant de descendre le long de sa mâchoire et de venir effleurer les lèvres bleuies. Un léger souffle s'en échappait. Le professeur eut une seconde d'hésitation avant de se pencher et de poser ses lèvres fines sur celles inertes d'Harry.
Chaste.
Tendre.
Doux.
Une caresse aussi légère que le vent.
Une prière délicate.
Cela ne dura que quelques secondes. Severus se recula, posa son front contre la tempe à sa portée. Son nez se frotta doucement contre la peau douce du Gryffon qui ne bougea pas un instant. Telle une poupée de porcelaine.
- S'il-te-plaît…
Il descendit d'un cran sur le matelas, passa difficilement un bras sous le corps d'Harry et le ramena vers lui. La tête brune se retrouva dans son cou, son souffle presque inexistant touchant agréablement son cou. Severus commença à somnoler, bercer par la respiration de son amant.
Il fut réveillé par un mauvais pressentiment. En alerte, il ouvrit les yeux et tenta de distinguer ce qui n'allait pas. Comme d'habitude l'infirmerie était silencieuse, même Poppy ne se faisait pas entendre. Le soleil éclairait la vaste salle, les oiseaux chantaient derrière les vitres. Tout paraissait aller pour le mieux.
Le professeur de potions fronça les sourcils avant de fermer de nouveau les yeux, désireux de se rendormir. Quand soudain, il comprit ce qui l'avait réveillé.
Harry ne respirait plus.
Plus vite qu'un serpent, il se leva du matelas, retourna le brun sur le dos et se pencha pour coller sa joue contre la bouche bleuie de son amant.
Aucun souffle.
Aucune vie.
- Non, non, non, psalmodia-t-il. Tu peux pas faire ça. T'as pas le droit de nous abandonner ! Je te l'interdis, tu m'entends ? Ne meurs pas.
Il s'assit rapidement sur les hanches du plus petit et commença à exercer des pressions sur la poitrine qui ne bougeait plus.
- Fais pas ça, Harry. Je t'en supplie.
Il continua encore et encore. Son souffle saccadé montrait son effort. Mais il ne voulait pas arrêter. Harry ne pouvait pas mourir. Pas maintenant. Pas tout de suite. Ils avaient besoin de lui, au nom de Salazar.
- POPPY ! hurla-t-il dans l'infirmerie.
Et pour la première fois depuis des années, Severus sentit les larmes dégouliner le long de ses joues.
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- Quel est votre nom ? demanda Hooks.
Draco regarda, indifférent, Colin Crivey qui se trouvait en face d'eux. Le blond venait de prendre le sérum de vérité. Assis droit sur sa chaise, il regardait dans le vague, effet secondaire de la potion.
- Colin Crivey, répondit-il d'une voix monocorde.
- Quel est votre date de naissance ?
- 20 mai 1981.
Williamson et Hooks échangèrent un regard de convenance. La potion marchait parfaitement. Draco se retint de commencer l'interrogatoire. Sans doute aurait-il été écarté s'il prenait la place des Aurors et il ne pouvait se permettre cela.
- Savez-vous ce qui s'est passé avec Harry Potter ?
- On a tenté de l'assassiner.
Draco serra les mâchoires.
- Savez-vous qui a tenté de l'assassiner ?
- Non.
Le blond ferma les yeux, épuisé. Le manque de sommeil commençait à se faire sentir et toutes les émotions qu'il ressentait mettaient ses nerfs en pelotes. Il voulait juste trouver qui avait fait cela. Etait-ce si compliqué ?
- Où étiez-vous lorsque cela s'est passé ?
- Dans la Grande Salle. Je mangeais avec les gens de ma maison.
Un léger silence envahit le bureau.
- Il dit vrai, souffla le Serpentard en s'insurgeant du fait qu'il n'y avait pas pensé lui-même.
Si Crivey était dans la Grande Salle, il ne pouvait pas en même temps être dans les couloirs et assassiner Harry. C'était d'une logique impayable. Et pourtant il n'y avait pas pensé. Ils auraient du faire une liste des personnes qui ne se trouvaient pas au dîner.
- Serait-il possible que vous ayez demandé à quelqu'un de le faire pour vous ? Vouliez-vous du mal à Harry Potter ?
- Non, je n'ai payé personne pour faire quoi que ce soit à Harry. Et je ne lui veux aucun mal. Je l'aime. Je l'aime depuis longtemps déjà et je voudrais l'enfermer dans une pièce pour le garder toujours avec moi. Même son enfant, je peux l'accepter. Il sera tellement mieux avec moi qu'avec ces deux serpents. Ils ne le méritent pas. Harry est un diamant qu'il faut tailler et garder précieusement. Je l'aime et je ne lui veux aucun mal, répéta-t-il, les yeux toujours dans le vague et la voix monocorde.
Draco serra les poings jusqu'à ce que ses ongles percent sa peau. Il se retint difficilement de sauter par-dessus le bureau pour frapper ce petit morveux. Aucun mal ? Mais bien sûr. Ne venait-il pas juste de dire qu'il voulait l'enfermer quelque part ? Connard.
Williamson leva les deux sourcils face aux paroles du Gryffondor, s'éclaira la gorge.
- Bien, euh… il n'a rien avoir avec notre affaire. Donne-lui l'antidote Andreas, dit-il avant de se tourner vers Draco. Si ce petit harcèle votre… mari, hésita-t-il, dans le futur, vous pouvez faire appelle à moi. Il est malade ce gosse.
- Merci, siffla-t-il entre ses dents serrées.
Ils virèrent Colin du bureau avant qu'il ne reprenne totalement ses esprits. Tous les trois, ils vinrent se pencher sur la surface lisse pour jeter un coup d'œil à la liste qu'ils avaient fait précédemment.
- Nous pouvons barrer la plupart des noms, ils étaient tous au dîner, le soir où ça s'est passé.
Hooks secoua la tête en passant sa grosse main sur son menton.
- Non, ils peuvent avoir un complice qui fait leur salle besogne. Pour le moment tous les élèves sont suspects.
- Et les professeurs, ajouta Williamson.
Draco haussa un sourcil en regardant l'Auror de travers.
- Les professeurs ? Vous plaisantez, n'est-ce pas ? Aucun professeur ne voudrait du mal à Harry.
- Et pourquoi ?
- Parce que c'est Harry Potter, nom de Salazar ! C'est quoi votre problème ?
Aucun professeur n'aurait ne fut-ce que pensé à agresser Harry Potter. Tous étaient sains d'esprit et il fallait être fou pour toucher à un seul cheveu du Sauveur, surtout quand on voyait qui étaient ses maris.
- Ce n'est pas parce qu'il est Harry Potter que rien ne peut lui arriver. Il suffit de voir ce qui s'est passé. Potter n'est pas un surhomme et n'est pas immunisé contre les attentats. Harry Potter n'est qu'un simple nom, assena Williamson, violemment.
Draco recula d'un pas. Bien sûr qu'il savait que tout pouvait arriver à Harry, il suffisait d'aller voir à l'infirmerie pour le savoir. Mais ce n'était pas une raison pour le lui jeter en pleine face ainsi. L'Auror avait raison, Harry Potter n'était qu'un nom et il existait une personne derrière. Une merveilleuse personne. Harry était une personne en or, plein de douceur, d'amour et de gentillesse. Mais quand même, où allait le monde si on agressait le Harry Potter ?
- Voldemort aussi n'était qu'un nom et pourtant vous tremblez quand je le prononce, dit-il bravement retenant lui aussi un frisson quand il dit le nom du Seigneur des Ténèbres.
- Ne prononcez pas ce nom ! tonna Williamson.
- Et pourquoi ? Ce n'était pas un surhomme, comme vous le dites. Il est mort, vous savez ? Tué par Harry, dit-il sarcastiquement.
- Je le sais mais…
- Arrêtez. Tous les deux, les coupa Hooks en posant une main sur le torse de son collège.
Draco et Williamson se regardèrent en chiens de faïence pendant un long moment, faisant soupirer Andreas.
- Si tu as des doutes, Matthew, je te laisse l'annoncer à Dumbledore. Tu t'occupes des professeurs pendant que moi et Monsieur Malfoy nous interrogeons les élèves. Comme ça tous le monde est content, dit-il tout sourire.
En le voyant, Draco était sûr que cet Andreas pouvait taper rapidement sur les nerfs avec sa bonne humeur. Mais pour le moment, il ne pouvait que le remercier pour avoir trouver ce compromis.
Les deux Aurors se fusillèrent du regard un moment avant que Williamson attrape rageusement la cape qu'il avait déposée sur une chaise, l'attache puis parte vers la porte la tête haute.
- Très bien. J'y vais, tu me pré…
Cependant, il ne finit jamais sa phrase. La porte s'ouvrir en grand sur Remus Lupin. Un Remus Lupin bien différent d'il y avait une semaine. Il ne semblait ne pas avoir dormi depuis des lustres. En faisant un rapide calcul mental, Draco remarqua que la pleine lune était hier. Et vu sa façon de se tenir, il avait encore mal partout. Le blond aurait presque eu pitié de lui. Presque.
Il remarqua rapidement que ses yeux ambres brillaient de larmes et que ces dernières dégoulinaient sans honte sur ses joues. Que se passait-il encore ?
Malfoy se figea.
Pitié faîtes que ce ne soit pas Harry. Pas Harry. Pas encore.
- Il est mort.
Draco cligna une fois des paupières. Deux fois. Trois fois.
- Harry est mort, répéta Lupin.
Un cri retentit dans les oreilles de Draco. Un cri qui sortait de sa propre gorge. Ce n'était pas possible. Harry ne pouvait pas mourir. Impossible. Il ne pouvait pas mourir. Ne. Pouvait. Pas. Mourir.
Il n'arrivait plus à respirer. Les sanglots serraient sa gorge tels un étau de fer. Sa vue se troubla. Une envie de vomir le prit violemment.
Et dans sa tête se mit à tourner une seule et même pensée.
Harry était parti.
Pour toujours.
Draco sentit ses forces le lâcher.
Tout devint noir.
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Severus regardait impuissant Poppy se démener sur le corps maintenant sans vie d'Harry. Il n'arrivait plus à arrêter le flot de larmes qui avait commencé à couler le long de ses joues depuis qu'il avait compris qu'Harry ne respirait plus.
Il ne pouvait pas croire que tout cela était en train de se passer. Comment tout avait-il pu déraper à ce point ? Il y avait encore quatre jours, ils faisaient des projets. Harry souriait, illuminant les cachots par son rire cristallin. Draco le taquinait à propos de son ventre énorme. Et lui, Severus, regardait tout cela d'un œil tendre, prenant de temps en temps l'un ou l'autre de ses amants pour un petit câlin plein de tendresse. Le soir, ils faisaient l'amour comme si leurs vies en dépendaient. Tout était merveilleux.
Comment tout cela avait-il pu tourner en cauchemar en un seul claquement de doigts ? Comment en étaient-ils arrivés là ?
Harry était mort.
Doucement, le professeur baissa la tête, cachant son visage ravagé par les larmes à l'aide de ses cheveux raides. Il ne voulait pas que quelqu'un le voit comme cela. Si… démuni. Si… impuissant.
Harry était mort.
Cette vérité, il ne pouvait l'accepter. Tout son être la rejetait en bloc. Ça ne pouvait pas être possible et pourtant, son bracelet – celui-là même qui avait été neutralisé par le sort de magie noire, les empêchant de venir au secours de leur amour – brûlait sa peau de part sa froideur, cassant toutes ses illusions. Il ne pouvait pas l'admettre. Que se passerait-il si Harry était vraiment mort ? Qu'adviendrait-il de Draco et lui ? Comment pourraient-ils survivre à une telle épreuve ?
- Severus ? demanda une voix douce derrière lui.
Le susnommé n'eut nullement besoin de regarder pour savoir qu'Albus se trouvait là. Sûrement triste. Mais personne ne pouvait être plus triste que lui. Draco peut-être. Ils allaient tout perdre, aujourd'hui et maintenant : un amant, un amour, un enfant. Leur vie entière allait être perdue. Il ne resterait que sur cette terre, l'ombre des deux Serpentard qui tenteraient, comme ils le pouvaient, de survivre.
- Faites-le revenir… pria-t-il à son mentor.
Derrière lui, Albus baissa lui aussi la tête. Il la secoua, tentant de se reprendre.
- Je ne le peux, Severus.
Le professeur de potions serra les poings. Pourtant, le directeur l'avait fait quand Harry avait combattu Voldemort et qu'il était bien mort dans leur bras. Il l'avait fait alors pourquoi ne pouvait-il pas le faire une nouvelle fois. Cette fois, il promettait tout ce qu'il possédait, qu'il ferait tout – absolument tout – pour protéger Harry.
- La dernière fois était… compliquée.
Tout était tout le temps compliqué avec Dumbledore. Pourtant, aujourd'hui c'était très simple. Harry Potter était mort. Et ils devaient faire quelque chose pour lui. Le sauver, le ressusciter, l'aider. Il ne pouvait pas simplement rester là, à regarder leur amour quitter cette vie. Il ne voulait pas. Ne le permettait pas.
- Si cela avait été en mon pouvoir, je l'aurais fait.
Un rire amer passa la barrière des lèvres de Severus. Il releva la tête après s'être discrètement essuyé les yeux et fusilla son mentor de son regard le plus noir. Même si Albus paraissait misérable et incroyablement vieux, cela ne calma pas la fureur du professeur qui s'avança vers le directeur, d'un pas menaçant.
- Je doute de plus en plus de vous, Albus, cracha-t-il amèrement. Après tout, n'avez-vous pas abandonné Harry en début d'année ? Ne l'avez-vous pas laissé se débrouiller seul alors qu'il se mutilait et qu'un taré avait pris possession de son esprit ? Vous ne lui avez pas expliqué vos absences répétées, vous l'avez abandonné avec moi qui à cette époque le méprisais. Il avait pourtant confiance en vous, Dumbledore.
Albus, bien que surpris des mots de son employé, recula face à leur impact. Il savait qu'il avait fait des erreurs et il les regrettait. Cependant, ses allés-venues entre l'école et l'extérieur étaient justifiés. Plus que justifiés, même. Néanmoins, il aurait dû expliquer le pourquoi à Harry. Lui dire la vérité, sans aucun mensonge. Rattraper un peu le désastre de sa cinquième année. Mais il avait encore échoué. Et maintenant son protégé était mort.
- Severus, je…
Il se fit couper par la porte qui s'ouvrit en grand, laissant place à un loup-garou courbaturé et fatigué et un jeune homme blond évanoui dans les bras du premier. Severus se retourna et resta figé un moment. Que… que s'était-il passé encore ? Draco était-il… lui aussi ? Non ! Non ça ne pouvait être cela. Il évoluait en plein cauchemar.
Il se précipita vers Lupin qui pleurait en silence, le regard ambré rivé sur le lit où Poppy s'acharnait toujours sur Harry.
- Que s'était-il passé ? Il est blessé ? Il est… ?
- Non, pleura Remus en tendant les bras pour qu'il le prenne. Il s'est évanoui en apprenant la nouvelle.
Severus remonta Draco contre sa poitrine, un bras sous les genoux, l'autre autour de ses épaules. La tête blonde roula sur son épaule, son souffle chaud caressant son cou. Severus faillit lâcher prise quand il la sentit, cette respiration chaude. Harry… Harry aussi avait fait cela avant de…
- Tu lui as dit, siffla-t-il entre ses dents.
Délicatement, il le déposa sur le lit le plus proche. Passant une main tremblante sur son front, il dégagea le magnifique visage de son amour de ses mèches de cheveux. Il ne savait pas si c'était une bonne chose que Lupin le lui ait appris. Sans doute aurait-il dû le lui dire lui-même. La nouvelle aurait été la même mais il aurait pu le soutenir.
Il s'assit sur le matelas et attrapa la main pour la serrer dans la sienne. Dans un geste déjà effectuer des jours avant avec le brun. Du pouce, il caressa doucement la peau douce de Draco en attendant qu'il se réveille.
Ces trois jours étaient, sans hésitation possibles, les pires de sa vie.
- Allez, revenez avec moi Potter, grogna Poppy en lançant divers sort sur le corps inanimé du Gryffon.
- Poppy, ne faudrait-il pas prononcer l'heure du décès ? demanda Dumbledore dans un souffle.
Severus ferma les yeux en entendant la plainte déchirante de Lupin. Il se pencha, embrassa la main de Draco et la maintint entre les siennes, contre son front.
- Au diable l'heure du décès. Potter ne mourra pas dans mon infirmerie si j'ai mon mot à dire, s'entêta Pomfresh.
L'homme en noir ne savait pas s'il devait remercier l'infirmière pour son acharnement ou lui crier de s'arrêter, que ça ne servait à rien d'autre qu'entretenir leur espoir. Doucement, Severus colla la main du blond contre sa joue, lui donnant le courage nécessaire pour soutenir son amant quand il se réveillera. Il devait être fort. Pour Draco.
- Ne devriez vous pas tenter de sauver leur enfant ? demanda une nouvelle fois le directeur.
Severus releva les yeux rapidement. Leur enfant ? Elle pouvait peut-être le sauver ? Peut-être que Draco serait moins détruit si leur enfant survivait. Lui-même trouverait peut-être une raison de se lever le matin en dehors du blond. Ils auraient une nouvelle raison de vivre. Ainsi, ils seraient obligés d'avancer pour élever leur enfant au lieu de se laisser dépérir par la perte d'Harry. Severus était sûr que c'était ce que leur amant aurait voulu.
- Encore deux minutes, les derniers fragments de magie agissent encore autour de l'enfant pour le maintenir en vie. Si dans deux minutes, je n'ai pas réussi à faire repartir son cœur, j'ouvrirais pour sortir le bébé.
Il ne savait pas si cela lui donnait envie de pleurer encore plus ou de soulager un petit peu son cœur meurtri. L'idée que leur enfant survive le réjouissait, dans la limite du possible. Mais en même temps, ce petit bout de chou serait un parfait mélange d'eux trois. Arriveraient-ils à vivre avec lui, à l'élever, à l'aimer alors que Harry n'avait pas survécu ? Cela serait probablement dur, mais ils y arriveraient, pour le bien du petit. Severus en faisait la promesse.
Délicatement, il embrassa du bout des lèvres le poignet du blond, tentant de se réconforter par la même occasion. Aujourd'hui était décidément la pire journée de sa vie. L'enfer complet. Sans les flammes. Sans le sang. Sans les cris. Sans Satan.
Le professeur de potions ferma les yeux. Peut-être pourrait-il se réveiller. Sortir de se rêve où Harry était mort suite à un sort de magie noire, où Draco ne les évitait pas et où il ne finissait pas évanoui. La vraie vie où Severus n'avait pas pleuré depuis son enfance, où il aimait ses deux amours et son enfant.
Il sursauta et ouvrit violemment les yeux.
Un énorme son de respiration retentit dans l'infirmerie.
Et avec lui, l'espoir revint dans les cœurs de chaque personne présente.
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Harry ouvrit brusquement les yeux, l'air rentrant goulûment dans ses poumons. Sa gorge le brûlait de façon très désagréable. Comme si… il n'avait pas respiré depuis longtemps. Douloureusement, il porta sa main à sa gorge. Enfin, il essaya, parce qu'il n'avait plus aucunes forces. Il était désorienté aussi.
Où était-il ? Ses yeux n'arrivaient pas à se poser sur quoi que ce soit. Tout était flou. Où était-il par Merlin ? La panique l'envahit. Et il savait qu'il serait fichu s'il ne se calmait pas. Mais tout cela était impossible pour lui. Il ne se rappelait que trop bien les rires, les paroles, la présence d'Ash. Il se remémorait facilement la sensation qui l'avait saisi quand il avait plaqué la lame contre son bras avant de se couper avec violence et passion. Comment pourrait-il oublier la sensation qui avait suivi ? Le désir de paix, la honte en pensant à Severus et Draco.
- Harry ? appela une voix rauque près de lui.
Remus. Remus était là, près de lui. Il n'était plus seul, plus comme dans cette pièce avec les tableaux. Remus était là et peut-être que Severus et Draco aussi. Peut-être que ses deux amours n'étaient pas morts et qu'ils ne lui en voudraient pas. Pour avoir craqué.
- Sev… verus… Dra… co.
Ce fut tout ce qu'il put dire avant d'être pris d'une violente quinte de toux à lui faire cracher ses poumons douloureux. Il ressentait tellement le besoin d'avoir quelqu'un à ses côtés, quelqu'un qui pourrait l'aider comme ils l'avaient fait quelques mois plus tôt.
Autour de lui, il y eut du mouvement, une voix grave grogna avant qu'une main froide attrape la sienne. Un pouce caressa l'intérieur de son poignet dans un mouvement qui calma presque immédiatement sa respiration erratique.
- Je suis là, Harry. On est là, chuchota la voix de Severus à son oreille.
Oh, Severus. Un sourire effleura ses lèvres alors qu'un soupir fatigué passait leur barrière. Il se sentait si extérieur à tout cela. Comme un étranger qui ne savait pas trop où il allait et ce qu'il faisait là. L'esprit embrouillé, il sentit son visage tourner de droite à gauche sans pouvoir s'en empêcher.
- Harry ! appela Severus avec une pointe de panique dans la voix.
- Il a besoin de repos, annonça alors la voix de Poppy. Je vais lui donner une potion, poussez vous Severus.
Non. Non. Reste avec moi Sev, eut-il envie d'hurler, mais la force lui manquait. Il ne voulait pas dormir en sachant qu'Ash allait revenir. Il allait le hanter, le torturer mentalement. Il ne voulait plus connaître ce sentiment de détresse, la sensation de n'être qu'un faible.
Severus, je t'en supplie, je ne veux pas dormir, gémit-il dans sa tête. Mais déjà une surface lisse et froide fut pressée contre ses lèvres et il ne put qu'avaler le liquide âcre qui se déversa dans sa gorge. Dans une dernière tentative pour convaincre son mari, il serra le plus fort qu'il put la main dans la sienne.
- Dors, mon amour, chuchota Severus avant de déposer un tendre et chaste baiser sur ses lèvres.
Ne pouvant lutter contre la potion, Harry dut abandonner rapidement la faible bataille pour rester éveillé. Stressé et angoissé, il laissa le sommeil l'emporter.
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Lorsque Draco se réveilla, il hésita un long moment avant d'ouvrir les yeux. Un mal de crâne lui vrillait la tête et il se doutait que la lumière qui devait l'entourer n'arrangerait rien à ses affaires. Où était-il ? Il ne se rappelait plus ce qui s'était passé. Mais la dureté du matelas lui apprit qu'il n'était pas dans la chambre avec ses deux amours. Il grimaça en bougeant un peu son corps douloureux. Un grognement s'échappa de ses lèvres avant qu'il ne puisse le retenir.
A sa droite il perçut un mouvement, mais sa tête trop douloureuse l'empêchait toujours d'ouvrir les yeux. En fronçant les sourcils, il se demanda vaguement pourquoi il avait mal ainsi. Il porta une main lourde jusqu'à son front. Salazar, qu'il avait mal.
- Draco ? demanda une voix grave à sa droite.
Cette voix, il la connaissait pour l'avoir entendue des centaines de fois. Il l'aimait, douce et tendre, gémissante et rauque de plaisir. Mais elle était aussi capable d'être froide comme la glace et grondante comme l'orage.
- Sev ? chuchota-t-il en essayant un maximum de ne pas gémir.
Doucement il ouvrit un œil et, avisant que la douleur n'augmentait pas, il tenta de soulever la deuxième paupière. Severus était là, à sa droite, assis sur une chaise simple en bois, le dos droit. Le coin de ses lèvres se releva un peu, assez pour que Draco le remarque sans problème. Détournant son regard, il regarda tout autour de lui pour savoir où il se trouvait.
Autour de lui tout était blanc. Il fronça de nouveau les sourcils. Que faisait-il à l'infirmerie ? Il se souvenait qu'il était avec les Aurors, à rechercher l'assassin qui avait tenté de tuer Harry quand… quand Remus était venu le trouver pour lui annoncer…
Un froid terrible prit possession de son être, il se tendit violemment et se tourna lentement vers Severus, les yeux brouillés de larmes. Salazar ! Ce ne pouvait être vrai…
- Harry est mort, annonça-t-il doucement, très doucement parce qu'il avait peur de craquer et qu'il devait à tout prix éviter de montrer sa douleur et la souffrance qui s'emparaient de toute son âme.
A sa droite, Severus sursauta imperceptiblement à sa déclaration. Puis il se dépêcha de s'asseoir sur le matelas à côté de lui et attrapa adroitement sa main pour la serrer dans la sienne. Une délicieuse chaleur envahit son membre mais cela ne réchauffait pas son cœur brisé par cette perte incommensurable.
Comment Harry avait-il pu mourir ? Comment, lui-même, avait-il pu laisser Severus et Harry seuls ici ? Pourquoi n'avait-il pas été à leurs côtés jusqu'au bout ? Il n'avait pas même pas pu lui dire au revoir et maintenant… il était trop tard. Jamais il ne pourrait le revoir rire de joie, trembler sous ses caresses, gémir sous leurs assauts, sourire de bonheur ou dormir blotti contre eux. Il avait perdu un bout de son cœur, de son âme. Harry n'était plus. Leur fils n'était plus. Il ne restait plus que Severus, qu'il aimait tout autant, mais qui devait, lui aussi, souffrir de cette nouvelle perte.
- … va bien ! finit Severus en caressant de son pouce le dos de sa main.
Tellement perdu dans ses pensées, Draco n'avait pas entendu ce que son amour disait. Le bourdonnement à ses oreilles lui vrillait les tympans. Il n'arrivait pas à accepter la vérité. Et pourtant… pourtant Remus le lui avait dit, lui aussi complètement défait. Lupin n'avait pas pu lui mentir, surtout sur un tel sujet. Doucement, il releva le visage vers Severus qui le surplombait, s'attendant presque à voir les larmes dégouliner sur les joues creuses et blafardes. Mais, il n'y avait rien de tel sur le visage de son amant. Certes, son visage était pâle et maigre, démontrant sa grande fatigue mais aucune larme de coulait, aucune tristesse ne hantait ses yeux. Il était simplement là, à ses côtés, comme si rien ne s'était passé. Comme si Harry n'était pas mort.
- Quoi ? dit-il finalement, la gorge serrée de chagrin.
Severus eut un regard indulgent et répéta ce qu'il venait de lui dire.
- Harry est sauvé, il va bien !
Draco cligna des yeux. Trois fois. Sans rien dire, sans bouger. Evaluant rapidement dans les onyx qui le fixaient la moindre trace de mensonge. Mais il aurait dû se douter que Severus ne plaisanterait pas sur ça. Qui le ferait ? Ce n'était pas un sujet avec lequel on pouvait se permettre de plaisanter. Se redressant brusquement, Draco s'assit dans le lit de l'infirmerie et, faisant fi des possibles personnes qui s'y trouvaient, il enserra de ses bras le torse de son amant pour le serrer contre lui.
- Harry est en vie, souffla-t-il contre l'oreille de Severus.
Ce dernier, bien que tendu à l'idée qu'on le voit dans une pareille position, lui rendit son étreinte rapidement. Après ce qu'ils venaient de vivre, ils avaient le droit de se montrer faibles un instant, non ? En tout cas, ils s'en donnaient le droit, même si ce n'était que pour un court moment.
- Et il va bien, l'enfant aussi va bien, assura-t-il en caressant doucement le dos du blond contre son torse.
Sa main remonta le long de l'échine du fils Malfoy jusqu'à atteindre la chevelure de blé de son amour. Il emmêla ses longs doigts aux mèches blondes platines pour lui apporter tout le réconfort dont il avait besoin. Il sentit le creux de son épaule devenir humide et les épaules de Draco tressauter presque imperceptiblement. Un soupir passa la barrière de ses lèvres, il appuya sa joue contre son crâne.
Le préfet de Serpentard ne craquait pas souvent, pour ne pas dire jamais, mais comment lui reprocher ça alors qu'ils avaient failli perdre leur précieux troisième amour.
- Ça va aller, Draco, murmura-t-il en continuant de caresser ses cheveux blonds. Il est vivant et on va tous bien.
Le Serpentard s'éloigna à bout de bras de lui et sourit. D'un sourire si heureux, si soulagé, si éloigné du rictus froid qu'il avait avant. Du dos de la main, le professeur de potions effleura la joue pâle de son jeune amant.
- Où est-il ?
Severus, sur une dernière caresse, se détourna du blond et montra le lit juste à côté où il avait passé sa journée à veiller le jeune Sauveur, en attendant qu'il se réveille. En vain. Harry n'avait fait que dormir, récupérant toutes les forces qu'il avait mis pour combattre le sort de magie noire. Draco se tourna vers le lit occupé et fronça les sourcils.
- On dirait qu'il est… décrivit-t-il en faisant pendre ses jambes sur le côté du matelas.
- Il dort, le coupa Severus.
Draco lui lança un regard froid, l'air de dire « je sais mais ne dit-on pas que la mort est le repos éternel ». Qui lui disait qu'Harry se réveillerait à nouveau ? Ce qui le rassurait – la seule preuve qu'il avait – était le fait que la poitrine du brun se soulevait et s'abaissait doucement, en rythme avec sa respiration. Il était bel et bien vivant, pensa-t-il alors qu'un sourire s'épanouissait sur ses lèvres.
- Pourquoi Lupin est venu me voir pour me dire qu'il était mort ? demanda-t-il, de façon douloureuse.
- Harry…
Severus se racla la gorge tout en posant une main sur son épaule.
- Harry était mort. Pendant de longues minutes, mais Poppy a réussi à le faire revenir, lui apprit l'homme en noir en l'aidant à se mettre debout pour atteindre le lit de leur troisième amant.
Après avoir invoqué une chaise, il s'y installa, Draco à ses côtés. Il attrapa la main inerte d'Harry, l'embrassa du bout des lèvres tout en regardant le blond caresser les flancs du malade comme s'il était en cristal.
- Il s'est réveillé, continua-t-il. Mais Pomfresh lui a donné une potion de Sommeil-Sans-Rêves, il devrait se réveiller de nouveau dans une heure ou deux.
Draco lui sourit en retour, se pencha et l'embrassa chastement avant de reporter son attention sur le Gryffondor. Bientôt, ce dernier serait de retour et ils lui montreraient la peur qu'il leur avait donnée. Et ils l'aimeraient de tout leur cœur et n'hésiteraient pas à le lui prouver. Ils avaient été trop près de le perdre à pour toujours. Plus jamais Draco ne voulait connaître cela. Alors il le protégerait, encore plus qu'avant.
Quoi qu'il puisse se passer.
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Toutes les phrases d'Ash en italique dans la première partie sont tirées de Dans vos yeux.
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Voilà ! J'espère que ça vous a plu. Comme toujours vos avis m'intéressent. Sinon je vous dis à mercredi prochain pour un nouveau chapitre intitulé : « Explications et répartition ».
Merci de m'avoir lu et bonne journée les gens ! : )
