Hello les filles

(marrant pendant les 2 premiers mois de publications je désespérais de repérer un élément masculin maintenant ...pff)

Je vous souhaite bonne lecture.. Moi j'ai l'impression qu'il ne s'est rien passé ou presque

Disclaimers : Les personnages de Twilight appartiennent à S. MEYER ...Comme toujours


Chapitre 14 Réflexions

Justin Timberlake : I think she knows

Partie 1 Seul

Seattle 10 ans plus tôt

Bella sortit rapidement de la douche. Elle n'avait aucune envie d'ôter de sa peau le parfum d'Edward mais elle savait que remettre les pieds sur terre assez rapidement était nécessaire. La douche était un moyen comme un autre, le seul dont elle disposait en fait, pour se réveiller totalement et tenter d'éloigner son esprit des caresses de la nuit.

Elle s'enveloppa dans son peignoir mauve et frictionna ses longs cheveux tout en se regardant dans le miroir brièvement. La jeune fille ne trouva aucune trace visible de la nuit qu'elle venait de passer. Son corps « souffrait » de légères courbatures mais les cernes mauves qui ombraient ces yeux venaient autant de la soirée difficile qu'elle avait passée que de la nuit de rêve qui l'avait suivi.

Rien n'avait changé. Elle se regarda avec curiosité : il n'était nullement inscrit sur son front qu'elle avait connu le bonheur, qu'elle avait perdu sa virginité dans les bras d'Edward pour apprendre ensuite qu'il partirait. Elle haussa les épaules devant les pensées de midinette qui lui venaient. Elle s'était levée discrètement et avait quitté les bras d'Edward pour éviter ce style de réflexions.

Bella revint sur la pointe des pieds dans sa chambre et attrapa le premier vêtement qu'elle trouva. Sans bruit elle mit son jean et enfila un grand sweat vert pale informe qui cachait les courbes de son corps. Sa tenue de passe-muraille disait Rosalie. Elle refusa de regarder une seconde le jeune homme qui dormait encore dans son lit et partit a la cuisine et ouvrit quelques placards. Elle avait faim. L'amour donnait faim. Elle avala rapidement un beignet et but un verre de lait avant de préparer un plateau. Il était encore tôt et l'aube pointait à peine son nez par la fenêtre du salon.

De retour dans la chambre, elle déposa sa charge sur la commode et s'installa sur le rocking-chair en rotin qui était placé dans un des coins de la pièce. Pensivement elle s'accorda alors le droit de contempler le jeune homme. Elle l'avait recouvert de la couette en se levant et elle n'apercevait que son visage de profil, appuyé sur un de ses mains. Il s'était retourné dans cette position lorsqu'elle l'avait doucement repoussé en se levant et depuis il n'avait pas bougé, une mèche de cheveux cuivré retombait sur le large front pale, elle s'interdit de s'approcher pour la remettre en place.

Qui avait dit qu'un homme ivre ronflait ?

Qui avait dit qu'un homme ivre avait un sommeil remuant et désagréable ?

Il était ivre. Il avait énormément bu, elle le savait et si ses baisers et son regard suppliant ne l'avaient pas totalement hypnotisés dès son arrivée tard dans la soirée, elle aurait réagi à cela. Elle ne l'avait pas fait et ne regrettait rien. Ni pour elle ni pour lui. Elle le referait si cela était possible.

Son état d'ébriété assez avancé ne l'avait pas empêché d'être un amant doux, attentif et expérimenté qui lui avait apporté beaucoup plus que ce qu'elle aurait imaginé.

Après qu'il ait expliqué la raison de son retard, et de sa consommation abusive, ils avaient refait l'amour une fois, tendrement, et elle avait eu l'illusion qu'il ressentait la même chose qu'elle, qu'elle lui était autant indispensable que lui, Edward Cullen, était indispensable à Bella Swan.

Puis il s'était endormi, un bras possessif autour de sa taille et sa tête posée sur la poitrine de la jeune femme. Il n'avait plus bougé jusqu'à ce qu'elle se lève. Même maintenant alors qu'elle surveillait son sommeil, il était paisible, un souffle régulier soulevait son torse. Le léger sourire qui paraissait relever le coin de ses lèvres parfaites témoignait aussi de sa tranquillité. Bella perdit la notion du temps à le contempler comme elle était restée longtemps dans la nuit à l'écouter respirer alors qu'il était encore dans ses bras. Malheureusement, maintenant le temps lui était compté.

Elle se rappelait les paroles douloureuses qu'il avait eues. Elle se souvenait des raisons qui l'avaient poussé à boire et à décider de partir.

Bella eut brièvement la vision d'une petite fille rousse aux yeux verts ou d'un garçonnet blond qui aurait le regard émeraude d'Edward. Son cœur se serra de jalousie un instant.

Elle ne se rendit compte soudain qu'elle avait commis, elle aussi, l'erreur d'avoir des rapports non protégés avec Edward. Elle préféra éloigner cette pensée. Chaque problème serait à traiter en son temps.

Elle soupira. Contre une femme, Tanya ou toute autre, elle se serait battue. Elle sentait qu'entre Edward et elle quelque chose de beau de grand aurait pu exister. Mais la situation incluait un enfant. Un enfant en devenir. Un enfant qu'Edward voulait voir naitre. Il avait fait ce choix. Contre cela, Bella ne pouvait rien. Elle l'admirait d'ailleurs d'être prêt à sacrifier beaucoup pour prendre en charge de nouvelles responsabilités sur ses épaules de jeune homme.

Il était Edward. Entier et responsable. Elle ne voyait pas d'autre choix que de lui faciliter les choses avant qu'il ne lui en veuille. Elle ne s'aperçu des larmes qui roulaient sur ses joues que lorsqu'elle se leva et s'avança vers le lit. Elle les essuya rapidement d'un revers de main avant de s'agenouiller au chevet de son compagnon d'une nuit et dans la lumière naissante elle frôla son visage, remontant enfin cette mèche de cheveux soyeux et indisciplinés. Elle observa la barbe naissante qui assombrissait son menton, les lèvres fines et douces qui lui avaient procuré tant de plaisir. Bella se pencha en avant, juste au dessus du visage masculin en fermant les yeux. Il dormait toujours. Elle ne voulait pas le réveiller. Elle voulait juste … sentir une autre fois son odeur, juste sentir une dernière fois le grain de sa peau. Elle serra les dents tandis que son cœur se brisait.

Reculant progressivement, sans bruit elle sortit de la chambre, puis de l'appartement, ressentant dans toutes les fibres de son corps que la journée serait longue et vide.

Comme les journées à venir.

Sans se retourner une seule fois, elle referma délicatement la porte derrière elle.

Le léger bruit ou autre chose le réveilla. Edward Cullen voulut ouvrir les yeux mais une curieuse sensation l'en dissuada. Une impression de « déjà vu » assez désagréable le tarauda. Il avait mal à la tête. Et envie de vomir. Il fallait qu'il se lève. Prudent, il ouvrit un œil. Il n'était pas chez lui. Il ne connaissait pas cette chambre. Les symptômes qu'il ressentait et les derniers souvenirs qu'il puisa au fond de l'espace embrumé par l'alcool augmentèrent sa nausée, il ne mit que 10 secondes à trouver la salle d'eau et les toilettes.

Il était chez Bella et Rosalie. Pourquoi ? Il n'en savait rien. Lorsque les contractions de son estomac décidément trop malmené depuis deux ou trois jours, se calmèrent, il se nettoya le visage. Attrapant une serviette il s'en ceignit les reins dès qu'il se rendit compte de sa nudité. Il tenta alors de rassembler ses idées.

Tanya. Elle était à l'origine de tout. Son coup de téléphone vers 19 heure alors qu'il se préparait pour rejoindre Bella lui revint en mémoire. Elle pleurait, criait, menaçait au bout du fil. Il avait fini par comprendre ses exigences et avait tenté de la calmer. Premier coup de tonnerre, elle était enceinte de lui. Ceci il voulait bien le croire, il avait cette vague peur en décembre lorsqu'il s'était rendu compte qu'ils avaient eu un rapport sans préservatif. L'idée qu'un enfant de lui était en train de croître quelque part dans le monde était perturbante. Il s'était assis, assommé par cette nouvelle. Mais elle avait continué ensuite ses cris et menaces de suicides s'il ne la rejoignait pas.

Puis il se souvint avoir réussi à contacter Eléazar Denali, le père de la jeune fille pour obtenir plus de renseignements. Ils se connaissaient un peu et le contact fut malheureusement très fertile en révélations. Celui-ci était très inquiet : sa fille avait disparu depuis deux jours après s'être violemment disputée avec sa mère. Eléazar lui avait appris que Tanya était sous traitement anxiolytiques et antidépresseurs depuis 1 an. Lorsqu'il avait raccroché, Edward Cullen avait décidé qu'il n'avait plus le choix. Avoir un enfant à un peu plus de vingt ans ne faisait pas parti de ses projets mais le chantage de la jeune femme était sérieux. Elle n'était pas stable psychologiquement. S'il lui avait laissé croire à un moment, il ne savait comment, qu'elle était importante pour lui, c'était un malentendu. Ce malentendu ne devait en aucun cas être la cause de son suicide. Dun autre coté. Un enfant, un enfant de lui existait ? Ou plutôt cet enfant allait exister et il avait une responsabilité dans ce fait. Il avait cafouillé, négligé le préservatif et il devait en assumer les conséquences.

Sa tête allait exploser. Il savait qu'il avait bu. Beaucoup trop bu apparemment car il ne se souvenait de rien après les quatre ou cinq ou sept verres ou plus qu'il avait avalé en toute hâte au pub. Il voulait oublier Tanya. Ce n'était pas très réussi mais par contre pour la suite : écran noir. Rideau. Il ne savait même pas comment il était arrivé dans cet appartement.

Il ressortit dans la chambre où il n'y avait personne. Dans le salon ni Rosalie ni Bella ne répondirent à ses appels. L'appartement semblait vide. De retour dans la chambre de Bella ou il avait passé la nuit, il repéra ses vêtements soigneusement pliés et un plateau posé sur une commode.

Doliprane. Lait. Beignets. Un petit mot plié en quatre était posé à côté de la boite de comprimés. Bella était passée par là. Sa sauveuse, deux fois en deux jours. Et il ne pourrait même pas la remercier de prendre soin de lui. Il avala rapidement deux comprimés avec un grand verre de lait et déplia le carré de papier.

« J'ai un rendez-vous. Je dois partir. Prends soin de toi. »

Bella

Il fixa longuement la brève ligne écrite de la main de la jeune fille. Cela ne lui apportait aucune indication précise. Il ne pouvait en déduire ce qu'elle savait, ce qu'il avait dit ou fait. Cela le tourmentait. Il grignota un beignet sans appétit avant de s'habiller, glissant le bout de papier dans sa poche arrière de son jeans.

Il se sentait nerveux. Il devait partir aujourd'hui. Il avait décidé de ne même pas prévenir ses amis. Emmett et Jazz auraient surement de bons arguments pour tenter de le retenir et puis surtout il ne se sentait pas le courage de les décevoir tous.

Il vérifia sur son téléphone le numéro de la réservation qu'il avait fait la veille au soir. Le départ pour Juneau était à 15 heures.

Un curieux malaise l'envahissait : il y avait autre chose. Il hésitait à quitter l'appartement. Quelque chose n'allait pas. Pourquoi Bella ne l'avait t'elle pas attendu ? Que lui avait il dit pendant qu'il cuvait l'alcool ?

Pourquoi avait 'il l'impression qu'il oubliait quelque chose d'extrêmement important. Il s'assit sur le lit se tenant la tête entre les mains cherchant à extirper du fond de sa mémoire ce qu'il avait fait la nuit. Probablement, pas grand-chose., vu l'état d'ébriété qui était le sien. Si Bella était sortie c'est qu'elle avait un rendez-vous et rien d'autre. Il n'était pas le centre de sa vie. Même si il l'aurait bien voulu. En soupirant il secoua la tête. Il n'arriverait à rien dans cette pièce dont chaque objet lui rappelait Bella.

Celle qu'il avait perdue.

Il se décida à quitter l'appartement. Sans jeter le moindre regard en arrière il ferma la porte derrière lui doucement mais fermement.

ooOoo

Partie 2 Des amis

Ben Howard- Only love

Seattle de nos jours.

POV Bella

Rosalie et Emmett avait eu raison. Sortir, m'aérer un peu c'était agréable. Je devais juste oublier ma culpabilité d'avoir laissé ma Rose toute seule sur son lit d'hôpital

- Arrête !

La voix agacée de Rosalie m'interrompit et je tentai de dissimuler la grimace de tristesse de mon visage.

- Je te connais : Rose n'est pas seule. Jasper, Emmett et même surement mon frère aussi sont avec elle. Depuis dimanche tu n'es pas sortie de cette chambre d'hôpital. Elle va bien ! Tu le sais. Respire un peu !

- Ouais je sais que tu as raison. Je sais que je lui casse les pieds à ma Rose. Elle me l'a dit ce matin.

Rosalie sourit de mon aveu et posa son bras sur mon épaule.

Nous venions de courir pendant 15 minutes. Cette habitude de courir ensemble dans les parcs de Seattle nous l'avions gardée depuis nos années de faculté. Seuls les 2 derniers trimestres de ma grossesse avaient interrompu temporairement cette habitude. Bientôt ce serait à cause de Rosalie que nous ferions une « pause ». Ceci dit aujourd'hui elle était nettement plus en forme que moi.

Qui avait dit que les femmes enceintes étaient malade les premiers mois de la grossesse ?

Nous fîmes une pause bienvenue devant la fosse où les pingouins s'ébattaient malgré la température agréable de ce mois d'octobre. Le parc zoologique était proche de l'hôpital et je n'avais accepté de sortir avec Rosalie que si nous n'allions pas loin. Essoufflée, je m'appuyai sur la rambarde et regardai deux bébés pingouins aventureux s'éloigner de celle que je pensais être leur mère. Elle avait le dos tourné et ne voyait pas leur manège. Enfin c'est ce que je pensais jusqu'à ce qu'un des petits glisse maladroitement sur la glace. Immédiatement, l'instinct maternel fonctionna et l'adulte fut là se dandinant à toute allure pour relever le fugueur et le remettre dans le droit chemin.

Le rôle de parent était surement aussi cela. Laisser une part d'autonomie aux enfants, les laisser grandir…tout en étant présent en cas de besoin. Mon côté « enseignante » le savait mais mon cœur de mère avait des difficultés à admettre que je pouvais laisser ma fille malade sans moi.

- Rosalie ? Suis-je trop maman poule ? Demandai-je soudain angoissée à nouveau.

Elle éclata de rire.

- Tu es une maman poule c'est sur ! Tu as deux jeunes enfants que tu élèves seule et tu y réussis merveilleusement bien. Je souhaite être une maman-poule comme toi. Bon je n'ai pas pu te rendre visite à l'hôpital jusqu'à aujourd'hui alors raconte moi tout. Le médecin ? Il était bel homme ? Les visites que vous avez eu ? Les repas étaient bons ?

Je l'interrompis, heureuse qu'elle arrête ainsi mon instant de doute. Rosalie était la meilleure pour trouver les mots et détendre l'atmosphère.

- Stop... question après question. Le médecin séduisant ? Euh j'ai eu ma dose de médecin pour la semaine mais celui là … tu ne l'as vraiment pas vu ? Un ersatz de Ducky dans NCIS. Gentil. Efficace. Amusant mais un degré de séduction proche du néant.

- Et le Docteur Cullen ? Edward ? Il est venu te voir je crois ? Et lui question séduction ?

- Rosalie ! Je prends les questions dans l'ordre ? Ne me perturbe pas, essayai-je d'esquiver.

La moue qu'elle afficha me convainquit que de toute façon elle ne lâcherait pas le morceau, j'allai devoir raconter les visites et même peut-être mon dimanche.

- J'en étais où ?

- Vos visites !

- Oui ! Jazz a été le premier lundi matin et il a été adorable : il a apporté deux livres. Une histoire de princesse et de poneys pour Rose et un bon thriller romantique pour moi ! Les heures passent si lentement à l''hopital. Emmett l'a remplacé vers midi trente. Tu sais l'heure où les plateaux repas sont servis à l'hôpital.

- Comme tu me surprends Bella ! S'esclaffa Rosalie, Le lundi je suis de garde à l'école et il mange tout seul mon homme. Il cherche toujours à grappiller plus que les sandwichs que je lui prépare. Il a séduit une infirmière pour qu'il lui donne un truc ?

- Même pas ! Un plateau avec une soupe et une part de gâteau au chocolat a été servi à Rose …dis-je encore surprise de ce fait.

- Mais elle venait d'être opérée de 'l'appendicite donc elle ne pouvait pas manger ?

- Je le sais. Elle le sait. Le médecin le sait. Le service de chirurgie aussi… mais l'hôpital est plein de surprise ! Emmett a trouvé le gâteau au chocolat très bon .Ainsi que la soupe à la tomate.

Nous nous étranglâmes de rire, je revoyais l'air un peu inquiet d'Emmett d'être pris sur le fait de dévorer les repas des patients et Rosalie connaissait suffisamment son homme pour imaginer la scène.

- Personne n'est venu vous voir le soir ? Je n'ai pas pu venir, j'étais avec Jasper à son entrainement de football.

- Oui et je te remercierais jamais assez de me le garder cette semaine. Pour les visites je …

J'hésitai à poursuivre sachant que les questions allaient pleuvoir. La nichée de pingouins s'était éloignée et grands et petits s'amusaient à faire des glissades. Sans réfléchir je me remis en marche me dirigeant vers la partie réservée aux cervidés.

- Alors ? Raconte ? Qui est venu ? Pas de secrets entre nous n'est-ce pas ?

- Non pas de secrets. Promis. Garrett est venu voir ma fille. Lâchai-je sans la regarder.

- Ah !

Je tournais mon visage vers elle, étonnée du silence qui avait suivi sa courte exclamation. Je vis qu'elle pouffait et cherchait à étouffer son rire sous sa main.

- Ca te fait rire ? Je te fais rire ? Lançai-je vaguement en colère d'être le sujet de sa moquerie.

- Non pas toi … j'imaginais juste Garrett, à peine dix ans... prendre le bus après l'école ou le taxi. Et venir rendre visite seul à ta fille.

- Pff idiote ! Il était avec sa tante Alice !

- Oh. Dommage.

Pourquoi mon amie semblait déçue. ? Bon honnêtement j'avais été déçue aussi. Au moins autant que soulagée quand Alice était entrée dans la chambre juste derrière Garrett. Puis Edward était entré à son tour.

- Alice est très gentille, dis-je.

- Ouais, surement.

Le ton de Rosalie était soudain plus froid. Je me demandai pourquoi. Rosalie, d'ordinaire était plutôt amicale même si elle ne le montrait pas toujours semblait si réticente envers Alice.

-Rosalie ? Que se passe-t-il avec Alice ? Dimanche soir je n'ai pas fait très attention mais tu ne parais pas apprécier la sœur d'Edward ?

On s'assit toutes les deux sur un banc en face du sous-bois grillagé qui abritait les cerfs et biches. Il paraissait vide. Je reportais mon attention sur mon amie. Vêtue d'un survêtement noir qui moulait sa silhouette parfaite, elle avait une allure fantastique, grande élancée et semblant sûre d'elle comme d'ordinaire mais je sentais en elle une gêne une tristesse inexpliquée.

- Explique-moi Rosalie ? Que se passe-t-il ? Que t'a dit ou fait Alice ?

Le regard bleu de Rosalie était hésitant puis je vis qu'elle allait parler.

- Elle ne m'a rien fait. Je lui ai à peine parlé. Mais…je suis sure qu'il se passe quelque chose entre elle et Jazz.

Je commençai à saisir l'attitude de Rosalie et ce qu'elle soupçonnait, rejoignait ma propre opinion.

- Et alors ? Insistai-je surprise par sa réaction.

- Et alors … rien. Jazz n'en parle pas, s'énerva Rosalie en tapant du poing sur le banc. Et quand il ne parle pas, je sais que c'est important.

Je me retins de rire. Voir Rosalie en mode « jalousie » ou « protectrice » était très comique. Tentant de dominer le sourire qui menaçait de m'envahir, je continuai mon interrogatoire

- Tu as vu ça à quoi alors s'il ne te dit rien ?

- La petite brune le dévorait des yeux dimanche soir quand elle nous a rejoint dans la salle d'attente. Et Jazz faisait de même. Tu n'as rien vu. Tu étais collée contre Edward qui avait le même regard pour toi.

Oups terrain miné.

Edward me regardait comme cela ? Pourquoi mon cœur menaçait de s'envoler en écouter ces mots-là !

Je préférai faire comme si je n'avais pas entendu. Expliquer tout cela, mon comportement et celui d'Edward à Rosalie me demanderait beaucoup de temps et pas mal d'effort. Sur le coup Rosalie avait 10 ans de retard. Je me raclai la gorge.

- Alice est revenue hier avec Garrett et son frère. Jazz était là. J'ai vu ce dont tu parles. Ils sont impressionnants. On dirait qu'ils communiquent avec le regard. Jazz l'a regardée, puis il a embrassé le front de notre Rose, m'a dit au revoir et est sorti de la pièce en saluant Edward et Alice l'a suivi immédiatement. Ils n'ont même pas prononcé un mot mais il était évident qu'ils avaient comme un rendez-vous dans le couloir ou ailleurs.

Elle m'écoutait attentivement.

- Et Edward ?

- Quoi Edward ? Il a fait exactement la même tête que toi en ce moment : « si ce type fait du mal à ma sœur je lui casse la figure ». Je n'ai pas eu besoin qu'il me le dise c'était évident et même Rose l'a vu !

Rosalie haussa les épaules, effaçant mon commentaire moqueur en remuant ses longs cheveux blonds.

- Pourquoi tu es sûre que Rose a vu quelque chose ?

- Elle a dit « Monsieur …euh Edward, pourquoi tu es en colère après oncle Jazz ? » Dis-je imitant la petite voix de ma fille, et il a répondu que c'était parce qu'il n'était pas très malin.

J'éclatais de rire au souvenir du visage déconfit d'Edward d'être deviné par une petite fille. Ceci avait eu au moins le mérite de détendre l'atmosphère entre nous deux. Nous ne nous étions pas revu depuis dimanche soir et nous n'avions pas eu l'occasion de reparler de nous.

- Ok Bella, Edward et moi on est peut-être un petit peu trop protecteur envers nos proches, reconnut Rosalie.

Je retrouvais mon amie. Assez vive et emportée mais reconnaissant aisément ses défauts.

- Sûrement juste un petit peu Rosalie.

Comme mes lèvres me démangeaient de la taquiner un peu plus je regardai à nouveau le sous bois et le spectacle nous paralysa par sa beauté.

Une jeune biche au pelage claire était à quelques mètres de nous. Elle nous ignorait totalement. Son attention était fixée ailleurs. Nous suivîmes la direction de son regard et un peu plus loin dans le sous-bois, à travers les arbres la haute silhouette majestueuse d'un grand cerf male apparut dans une petite clairière. Il arborait la classique et fière parure des males sur sa tête mais sa beauté était ailleurs. Son pelage marron étincelait de reflets cuivrés sous les rayons du soleil qui traversait les branchages, dessinant des reflets changeants fascinants sur son corps puissant. Il avançait doucement. Sa démarche, lente et décidée à la fois, indiquait qu'il connaissait son objectif. Il ne nous regarda pas une seule fois lui nous plus. Nous étions quantité négligeable devant la force de son instinct. Ses yeux marrons et brillants étaient fixés sur la biche qui, de son coté, se dirigeait vers lui. En quelques secondes, ils furent l'un à coté de l'autre. Il baissa un peu sa belle tête vers la jeune femelle comme pour l'accueillir puis il plaqua son flanc contre le sien. Ils restèrent immobiles un moment l'un contre l'autre, appuyés l'un à l'autre, se soutenant mutuellement, nous laissant profiter Rosalie et moi de leur complicité. Puis ils disparurent en un clin d'œil bondissant d'un même mouvement à l'abri des regards derrière les frondaisons.

Nous pûmes alors Rosalie et moi reprendre notre respiration. Nous nous regardâmes sans rien dire. Nous savions l'une et l'autre que nous avions assisté à un instant magique. Quelques instants passèrent avant que je ne reprenne la parole.

- Je reviendrais ici avec les enfants. C'est sur. Nous sommes venus dans ce parc un soir il n'y a pas longtemps mais... chaque visite est différente.

- Tu étais venue avec Edward non ?

- Oui. Répondis-je laconique me souvenant de ce vendredi soir pas si lointain.

- Et si nous parlions de lui un peu ? Que se passe-il entre vous ? Pendant dix ans tu as refusée de parler de lui. Il réapparaît et apparemment il prend pas mal de place en peu de temps.

Nous étions toujours assises côte à côte et je sentais le regard appuyé de Rosalie sur moi. Elle était mon amie. Elle voulait m'aider. Mais mes idées étaient encore si peu claires. Un jour je voulais garder mes distances avec lui pour me protéger et le lendemain je me jetais à sa tête. Avec l'opération imprévue de Rose et les tracasseries qui avaient suivies, organiser la garde de Jasper, mon absence en cours pendant une semaine, je n'avais pas pris le temps de repenser à nous deux. Car il y avait un nous deux. C'était évident. Mettre des œillères ne servirait à rien.

- Nous nous sommes rapprochés. Lui et moi. Nous avons fait l'amour dimanche. J'étais avec lui quand tu m'as appelé pour Rose, confiai-je à voix basse, ressentant toujours cette pointe de culpabilité.

Seul le silence me répondit. Levant la tête brièvement je croisai le regard pensif de mon amie. Elle soupira esquissant un demi-sourire puis elle haussa les épaules.

- J'aurai du m'y attendre. Je connaissais tes sentiments pour lui lorsque nous étions étudiante même si tu refusais à l'époque d'en parler. Alors c'était …comment ? Continua-t-elle légèrement moqueuse

- Je te demande comment c'est quand tu fais l'amour avec Emmett ? Répliquai-je mi-figue mi-raisin, n'ayant aucune envie de répondre à sa question ou d'entendre ses confidences sur leur vie de couple.

- Non c'est vrai…rigola-t-elle, je ne te dirais rien : tout va très bien ne t'inquiètes pas pour nous. C'est juste que Edward et toi, vous vous tournez autour depuis tellement longtemps que …

- Ce n'était pas la première fois Nous avions déjà….vécu cela à l'époque de la fac, la coupai-je soudain sans trop savoir pourquoi je lui confiai cela.

Elle ouvrit la bouche et la referma. Il était rare de voir Rosalie aussi surprise. Je me sentis obligée de poursuivre.

- Une seule fois. La veille de son ….départ.

Elle explosa alors dès qu'elle comprit le sens de mes mots. Elle se leva et se dressa devant moi, menaçante, blanche et furieuse.

- La veille de sa disparition tu veux dire ! Il t'a fait l'amour et il est parti ! Comme cela ! Sans rien dire ! Te laissant tomber comme une vieille chaussette et maintenant il pointe sa belle gueule et veut reprendre les choses où il les a laissées ? Et tu le laisse faire ! Bella ! S'il te plait réagis !

Je réagis. Je n'avais pas les premières secondes compris sa fureur mais la elle attaquait Edward sans savoir, sans chercher à comprendre. Je me levai et affrontai mon amie.

- Oui, je réagis ! Oui je fais ce dont j'ai envie : j'ai envie d'aller vers lui et de lui faire confiance car il le mérite. J'ai envie de lui et de connaitre mieux l'homme qu'il est devenu. Je ne veux pas me laisser aveugler par des idées reçues ou par l'impression qu'il aurait pu laisser en nous quittant il y a 10 ans. Il a le droit de s'expliquer. Il a ses raisons. Laisse lui une chance .Comme tu dois en laisser une à Alice et à Jazz de vivre leur histoire.

Rosalie me fixait stupéfaite par ma réaction. Nous ne nous étions jamais parlé ainsi et l'éclat de ma voix l'avait fait reculer. Je continuai en parlant moins fort, cherchant les mots pour lui faire comprendre et tentant d'apaiser la colère qui grondait en moi.

- Tu es mon amie depuis si longtemps. Tu dois accepter Edward si tu veux le rester. Accepter de réfléchir. Il ne me fera jamais de mal volontairement. Je …l'aime. Réfléchis Rosalie.

C'était dit. Ma voix se cassa sur les derniers mots et je tournai brutalement les talons. Enfonçant mes poings dans les poches de ma veste, je marchai d'un pas rapide vers l'hôpital afin de rejoindre ma fille et mes amis. Je regrettais déjà mon éclat contre Rosalie. Entrant dans le centre hospitalier, je me heurtais dans le hall à Alice. Impeccablement vêtue d'un jean noir et d'un pull blanc elle semblait pale et inquiète. Elle me prit pas le coude et m'entraina à vive allure dans un coin du hall. La sœur d'Edward n'avait que 2 ou 3 ans de moins que moi mais elle savait ce qu'elle voulait. Je me lassais faire ayant épuisé mon stock de combativité pour quelques jours au moins et je voulais savoir ce qu'elle me voulait. Si elle avait décidé elle aussi que je devais ne pas m'approcher de son frère, je crois que je retrouverais un peu d'énergie pour la renvoyer à ses propres affaires.

- Bonjour Alice. Tu vas bien. Que se passe t-il ?

- Excuse-moi Bella, je vais bien... ou presque. Enfin je pense. Et toi tu as l'air un peu... énervée ? J e voulais te parler seule à seule. Jazz et mon frère sont en haut avec les enfants. Je t'ai donc attendue ici car Jasper ton fils m'a expliquer que tu reviendrais bientôt. Je …

Elle hésitait à poursuivre ce qui ne semblait pas être dans sa nature. Patiemment, j'attendis l'encourageant du regard, tout en me tenant sur mes gardes.

- Je voulais juste m'assurer que … il n'y avait rien entre Jazz et toi. Dit-elle rapidement. Il me plait énormément, soupira-t-elle, même plus que cela mais je sais que vous avez habité ensemble et je ne veux rien détruire entre vous.

Je souris soudain détendue. Spontanément j'embrassai la joue blanche de la sœur d'Edward.

- Calme-toi. Pour comprendre la situation, imagine-toi que je suis la seconde sœur de Jazz, et contrairement à l'autre, j'ai décidée de te faire confiance. Ceci-dit je me joindrais à Rosalie pour t'arracher le cœur si tu faisais tu mal à notre cher Jazz, plaisantai-je.

- Ah ! Il me semblait bien que ton attention était portée ailleurs mais je voulais en être sûre. C'est tout.

Sa voix était tout aussi charmante mais nettement moins stressée. Elle me rendit mon baiser amical tout en me susurrant à l'oreille

-Sache que je ferais de même avec toi si tu faisais du mal à mon grand frère. Je suis beaucoup plus forte que les gens le pensent en me voyant. Mon Dieu, nos deux imbéciles de médecins préférés seraient choqués de voir les accords que nous passons derrière leur dos !

Nous éclatâmes de rire. Nous ne nous étions vues que deux ou trois fois mais la glace était brisée. Sur un coup de tête, je lançai une proposition qui me trottait dans la tête depuis que je connaissais son existence.

- Rose devrait sortir de l'hôpital demain soir et j'envisage de faire une petite soirée chez moi entre amis ce week-end pour fêter son retour à la maison. Je pense inviter Jazz, Garrett et Edward et toi bien sûr. Emmett et Rosalie aussi.

- Je viendrais avec plaisir. Je te remercie.

- J'aurais voulu si tu pouvais te libérer de ton travail que tu viennes plus tôt dans l'après-midi pour m'aider un peu et qu'on apprenne à se connaitre ?

Cela me ressemblait peu. Mon cercle d'ami était restreint mais j'avais envie de me lier à cette fille un peu fantasque. Elle me regarda la tête légèrement penchée sur le côté.

- Je serais chez toi vers 15 heure. Je me débrouillerai avec mon patron. Tu es vraiment aussi gentille que je m'y attendais. Ca changera Edward de l'autre idiote. Conclut-elle à voix si basse que je me demandais si j'avais bien entendu. A Samedi alors

Avant que je ne puisse répondre elle s'tait éloignée en direction de la sortie de son pas dansant et léger.

Je pris l'ascenseur et arrivai très vite devant la porte entrouverte de la chambre de ma fille. Le son de la voix d'Edward me parvint et j'entrais doucement.

Jazz était assis sur le fauteuil, Jasper était sur ses genoux, paisible, presque endormi, dans une position qu'il adopté souvent depuis qu'il était petit. Jazz avait été leur « père » de substitution, plus qu'un oncle pour eux.

Garrett était assis sur le sol au pied de son père, son dos appuyé contre les jambes de celui-ci, il écoutait attentivement son père qui leur lisait une histoire.

Mon Edward. Edward Cullen, assis sur le lit de ma fille, la tête de celle-ci sur ses cuisses, tournait le dos à la porte. Sa voix veloutée sonnait agréablement dans le calme de la chambre.

- « A compter de ce moment, Hermione devint amie avec Ron et Harry. Il se crée des liens particuliers lorsqu'on fait ensemble certaines choses. Abattre un troll de quatre mètres de haut, par exemple… »

Il lisait les aventures d'Harry Potter à nos enfants.

Ils étaient tous fascinés par l'histoire. Mes enfants l'adoraient et je leur faisais régulièrement la lecture le soir à la maison. Ils ne m'avaient pas entendu entrer. Seul Jazz, face à la porte m'avait fait un clin d'œil discret. Je m'approchai du lit, derrière Edward et passai ma main sur son dos depuis ses omoplates jusqu'à sa taille, j'avais besoin de le toucher et je sentais ses muscles se détendre au passage de mes doigts. Je m'assis à mon tour sur le lit et laissai mon épaule s'appuyer contre la sienne tandis que sa main libre venait saisir la mienne sur le drap du lit. Nos doigts s'entrelacèrent discrètement . Il poursuivit sa lecture et je caressais de ma main libre les cheveux de ma fille allongée.


Et voilà...

L'histoire ne prends pas forcement exactement le chemin que j'avais souhaité au départ, les méandres de la vie sont ce qu'ils sont et les bavardages de mes amies me font faire des détours

Je voudrais juste remercier ceux qui ne me liront jamais, ceux qui m'inspirent et me permettent d'écrire..

Bon je retourne écouter les KOL...

N'hésitez pas à me laisser votre avis.. Chaque petit mot compte pour moi ;)

Kiss

Nic