\\ AVERTISSEMENT : CONTENU EXPLICITE /

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- Oh bon sang ce que j'ai hâte de la rencontrer ! s'impatienta Sucre en tapotant ses mains l'une contre l'autre avec excitation.

- C'est Mike qui t'a dit qu'il voulait venir avec elle ? demanda Lincoln.

- Ouais, ouais. Il m'a demandé si ça m'embêtait pas qu'il vienne avec quelqu'un, j'ai dit non. Je lui ai demandé si c'était une femme, il m'a dit oui. Alors voilà. Je crois qu'on va enfin rencontrer la mystérieuse grande blonde !

Assis sur le canapé du salon, plongé dans la lecture d'une BD, LJ esquissa un sourire et s'amusa silencieusement de ce qu'il entendait.

- Mais y a un truc que je comprends pas, reprit Lincoln en regardant la table dressée. Si Michael vient avec quelqu'un, ça veut dire qu'en tout on est sept. C'est pour qui le huitième couvert ?

- C'est pour Sara, tu sais, sa coloc', indiqua Sucre. Je l'ai invitée aussi pour faire un peu plus ample connaissance. Elle est sympa et en plus c'est elle qui s'est occupée du poignet de Maricruz mardi dernier.

Quelques étages plus bas, Michael et Sara s'engouffraient dans l'ascenseur de l'immeuble. Lorsqu'ils arrivèrent devant l'appartement de Sucre, Sara prit une petite inspiration nerveuse.

- T'inquiète pas, ça va bien se passer, la rassura Michael avant de lui déposer un baiser sur les lèvres. C'est pour moi que ça risque d'être pénible je pense.

Il frappa à la porte.

- Oh mon dieu ! C'est eux ! s'écria Sucre.

Il alla ouvrir et invita Michael et Sara à entrer avant de chercher des yeux une hypothétique troisième personne.

- Elle est où ? demanda-t-il à Michael.

- Qui ça ?

- Et ben la mystérieuse femme que t'étais censé nous amener ?

- Oh ! réalisa Michael. Est-ce que j'aurais oublié de te préciser que la mystérieuse femme et Sara n'étaient qu'une seule et même personne ? s'inquiéta-t-il d'un air innocent. T'as dû mettre un couvert de trop du coup, désolé.

- Hein ? Quoi ? s'hébéta Sucre en regardant tour à tour Michael et Sara qui s'échangeaient un petit sourire.

- Bah je crois que c'est clair Fernando, soupira Maricruz. On va pas te faire un dessin.

- Mais… comment… Oh mais c'était évident ! s'exclama finalement Sucre. Bon sang, Linc, j'en reviens pas qu'on ait pas tout de suite pensé à elle ! Tu te rappelles le premier soir où il nous a parlé d'elle, il nous a dit qu'il la trouvait canon…

- Eh, non, attends, j'ai pas dit ça comme ça ! intervint Michael.

- Oui, c'est vrai, reconnut Sucre. C'est moi qui lui ai demandé si t'étais canon, expliqua-t-il à Sara, - à l'époque je le savais pas encore, je t'avais jamais vue - et il a juste dit oui, en tout bien tout honneur, tu sais, la rassura-t-il.

Sucre reporta ensuite son attention sur Michael.

- Mais en fait j'ai pas pensé à Sara parce que…

Il s'interrompit brusquement en se rendant compte qu'il était sur le point de se trahir.

- Oui, pourquoi ? Je t'écoute, l'encouragea Michael pour lui faire avouer son enquête.

Mais Sucre resta silencieux.

- Parce qu'une certaine standardiste t'aurait dit m'avoir vu avec une grande blonde ?

- Comment tu le sais ? s'étonna Sucre.

- Sûrement parce que c'est moi qui lui ai demandé de te le dire.

- Alors là tu me fais bien plaisir Michael ! se réjouit Maricruz. J'ai pas arrêté de lui dire qu'il devait pas se mêler de tes affaires mais il a pas voulu m'écouter !

- Mais… comment tu savais que j'allais passer à ta boîte ? s'hébéta Sucre en regardant son ami.

- Mais parce que tu es Fernando Sucre et qu'il est Michael Scofield, répondit Maricruz avant que Michael n'ait eu le temps d'ouvrir la bouche. C'est pas plus compliqué que ça. Et maintenant revenons-en au véritable sujet, poursuivit-elle en se tournant vers Michael et Sara. Félicitations au nouveau couple !

- Euh… c'est pas plutôt mon anniversaire le véritable sujet de la soirée ? rappela Sucre.

- C'est peut-être le véritable sujet mais c'est pas le plus intéressant, rétorqua Veronica.

Elle s'approcha à son tour de Michael et Sara.

- Je suis très contente pour vous, leur assura-t-elle. Et je crois que je suis pas très étonnée finalement parce que, quand j'avais passé la nuit à l'appart' y a quinze jours, vous m'aviez fait davantage l'impression d'un couple plus que de simples colocataires !

- Ouais… euh… sauf qu'on était pas encore ensemble à l'époque, précisa Michael.

- Oh, s'hébéta Veronica tandis qu'un rire particulièrement bruyant et moqueur s'élevait du canapé. Et bien c'est qu'il devait déjà y avoir une très bonne alchimie entre vous, déclara-t-elle.

Puis elle reporta son attention sur LJ.

- Dis donc toi ! l'interpella-t-elle. Pourquoi j'ai l'impression que t'es pas surpris par ce qui se passe ici ?

- Parce que c'est le cas ! répondit l'adolescent sans relever le nez de sa bande dessinée.

- Depuis quand tu le savais ?

- Mardi soir. Je les ai vus se bécoter sur la promenade en revenant du ciné.

- Et toi, tu le savais aussi ? demanda Veronica à Lincoln.

- Non ! marmonna-t-il dans un haussement d'épaules défensif.

- Et ben ton enthousiasme fait plaisir à voir ! ironisa-t-elle. T'es pas heureux pour ton frère ?

- Si… bien sûr… c'est cool.

- Moi aussi je trouve ça troooop cool ! s'enthousiasma Sucre. Là, franchement Mike, c'est le plus cadeau d'anniversaire que tu pouvais me faire, déclara-t-il en désignant Sara de la main. Enfin, que vous sortiez ensemble hein ! se reprit-il de crainte que ces propos soient mal interprétés. Je suis pas en train de dire que tu m'offres Sara, j'en voudrais pas de toute façon, ajouta-t-il afin de ne pas froisser Maricruz.

Mais il réalisa que c'était Sara qu'il pourrait froisser en disant ça.

- Non mais je dis pas ça contre toi, lui assura-t-il précipitamment. Si j'avais été célibataire et que… enfin non, se reprit-il en regardant Michael. Je veux pas dire qu'elle m'intéresse…

Alors que tout le monde s'amusait à le voir se débattre avec ses phrases plus compromettantes les unes que les autres, Veronica fut la première à intervenir.

- Jusqu'à quel point on le laisse s'enfoncer avant de le faire taire ? demanda-t-elle.

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- Au fait Mike, la standardiste de ta boîte est lesbienne, lança soudainement Sucre entre deux bouchées de rosbif.

Surpris qu'il lui sorte ça en plein milieu d'une conversation, Michael pouffa de rire et faillit bien recracher le morceau de pomme de terre qu'il avait dans la bouche.

- Ouais, je sais. C'est un secret pour personne, indiqua-t-il.

- En tous cas c'est une bonne nouvelle pour Sara, reprit Sucre. Les deux seules femmes qui travaillent avec Michael sont soit quinquagénaire, soit lesbienne. Ça fait pas une grande concurrence donc elle a pas à s'en faire !

- Moi je pense que même si Michael travaillait avec le casting entier du concours Miss Monde, elle aurait pas à s'en faire non plus ! déclara Veronica.

- Tu dis ça parce que Sara est canon ou parce que Mike est fidèle ? demanda Sucre.

- Les deux. Mais toi tu devrais peut-être arrêter dire que Sara est canon toutes les deux phrases, lui fit remarquer Veronica.

- Pourquoi ? T'es jalouse ? suspecta Sucre avec un petit sourire narquois. Mais toi aussi t'es canon ! Et toi t'es la plus belle ! ajouta-t-il en se tournant vers Maricruz dont il attrapa la main pour y déposer un baiser.

- Non mais quel baratineur celui-là, se navra Veronica.

- Ouais, t'es pas un latino pour rien toi, soupira Maricruz.

Puis elle se leva de sa chaise.

- Je vais débarrasser pour qu'on puisse passer au dessert, annonça-t-elle.

- Attends, je vais le faire, lança Veronica qui savait son amie handicapée par son poignet immobilisé.

Elle commença à faire le tour de la table pour rassembler les couverts tandis que Sara se levait à son tour.

- Je vais t'aider, déclara-t-elle en récupérant toutes les assiettes vides.

Les trois femmes partirent à la cuisine avec la vaisselle sale et les hommes se retrouvèrent seuls autour de la table. Sucre regarda Michael avec un sourire intéressé.

- Alors ? demanda-t-il.

- Alors quoi ?

- Et ben… toi et Sara… c'est sérieux ?

Michael esquissa un sourire.

- Je crois que oui, avoua-t-il. Je sais que je l'ai rencontrée y a qu'un mois à peine et que ça fait qu'une semaine qu'on sort ensemble mais… j'ai l'impression de la connaître depuis toujours.

- Ouais, je vois très bien ce que tu veux dire, lui assura Sucre en se remémorant ses premiers instants avec Maricruz. En tous cas elle est très gentille.

- Elle est bien plus que ça, rapporta Michael.

Ses yeux brillants trahissaient une admiration sans mesure.

- Dis, je me trompe ou t'es amoureux toi ? demanda Sucre en relevant un sourcil suspicieux.

- Oh, je crois que, là encore, je suis bien plus que ça, lui souffla Michael.

- Ouah ! n'en revint pas Sucre en se tournant vers Lincoln. T'entends ça ? Notre petit Mickey est raide dingue d'une femme ! Depuis le temps qu'on attendait ça !

- C'est vrai qu'à presque trente ans, il était temps ! soupira Lincoln pour taquiner davantage son frère qui secouait la tête avec consternation. Non mais sérieusement, je suis content pour toi. Je connais pas encore beaucoup Sara mais si tu dis qu'elle est géniale je veux bien te croire parce que t'as l'air sincèrement heureux ce soir et ça me fait plaisir. Je peux juste te poser une question ?

- Oui, je t'écoute ? acquiesça Michael.

- T'as déjà rencontré son père ?

- Linc…, grogna-t-il.

- Non mais attends, on oublie le fait qu'il applique une politique discutable, ce que je veux dire c'est que c'est quand même pas n'importe qui, c'est quelqu'un d'important, et je veux juste savoir comment tu gères le fait de sortir avec la fille du gouverneur de l'Illinois ? Est-ce qu'il est sympa en privé ?

Michael poussa un soupir

- Je… j'en sais rien. Je l'ai croisé qu'une fois quand il est venu voir Sara à l'appart' une semaine après son emménagement mais… il est prévu que je le rencontre plus longuement le week-end prochain.

- Et t'es pas stressé ? demanda Sucre. Non mais c'est vrai, c'est jamais facile de rencontrer le père de sa petite amie, en général il te regarde toujours de travers parce que t'es quand même le type qui se tape sa fille ! Je me souviens que j'en avais pas dormi de la nuit juste avant que Maricruz me présente à son père. Mais alors là en plus, il s'appelle Frank Tancredi ! T'auras intérêt à faire bonne impression parce que je suis sûr qu'il pourrait ruiner ta vie sinon !

- Mais non ! s'exaspéra Michael. Moi je suis sûr que ça va bien se passer. Je dis pas qu'on va devenir les meilleurs amis du monde mais j'aime sincèrement Sara et il pourra pas faire autrement que de s'en rendre compte. Alors il n'aura au moins rien à me reprocher de ce côté-là. Et pour le reste… j'ai pas l'intention de jouer un rôle pour lui plaire à tout prix. Soit il m'apprécie tel que je suis soit… il m'apprécie pas et puis c'est tout. Ça m'empêchera pas de dormir. Du moment qu'il m'empêche pas de voir sa fille, c'est tout ce que je demande. Parce que là, c'est moi qui ruinerais sa vie sinon ! menaça-t-il alors que l'idée même que quelqu'un puisse venir se mettre entre lui et Sara lui était insupportable.

- Oh oh ! rigola Sucre en regardant Lincoln. Il est méchamment accro on dirait !

Pendant ce temps-là, dans la cuisine, Veronica et Sara étaient en train d'aider Maricruz à fignoler la présentation du gâteau.

- Moi ce que j'ai toujours voulu savoir, c'est si Michael avait des défauts dans l'intimité, déclara Maricruz. Parce que je le connais depuis plusieurs années maintenant et il m'a toujours fait l'impression d'un mec parfait. Mais pitié, implora-t-elle en regardant Sara. Rassure-nous, dis-nous qu'il a aussi ses petits défauts, comme nos hommes ! Je sais pas hum… est-ce qu'il ronfle ? Est-ce qu'il oublie de nettoyer le lavabo après s'être rasé ? Est-ce qu'il laisse ses cannettes de bière traîner sur la table basse du salon ?

- Fernando fait tout ça ? suspecta Veronica avec un sourire amusé.

- Ouais, soupira Maricruz en levant les yeux au ciel.

Veronica pouffa de rire avant de se reprendre.

- Je devrais pas me marrer, Linc est pas beaucoup mieux. Je me demande d'ailleurs comment c'est possible que lui et Michael soient frères parfois… souvent même, ajouta-t-elle avec une grimace coupable.

- Non mais vous inquiétez pas, les rassura Sara. Je suis sûre que Michael a des défauts aussi… c'est juste que je les ai pas encore vus.

- Ah ! Donc tu confirmes que pour l'instant, il est parfait ? en conclut Maricruz.

- Oui mais je suis pas sûre d'être très objective en même temps, relativisa Sara.

- Bon, ça vient ce dessert ! fit soudainement une voix derrière les trois femmes.

Elles se retournèrent et découvrirent LJ qui venait d'entrer dans la cuisine.

- Non mais qu'est-ce que tu fais là toi ! s'indigna Veronica. On discute entre filles ici. C'est les femmes dans la cuisine et les hommes à table, vas te rasseoir.

- « Les femmes dans la cuisine et les hommes à table », répéta LJ. Et après ça se prétend féministe, soupira-t-il en tournant les talons.

- Attends, tu vas voir si je suis pas féministe…

Veronica attrapa la pile d'assiettes à dessert et la donna à LJ.

- Vas disposer ça, on arrive.

- Ouais, mais dépêchez-vous. J'en ai marre de les entendre parler du gouverneur là-bas, marmonna LJ en quittant la cuisine.

Sara se crispa et Veronica s'en aperçut.

- Je suis sûre que c'est Linc qu'a pas pu s'empêcher d'amener ça sur le tapis, devina-t-elle. Mais faut surtout pas que tu te sentes gênée par la notoriété de ton père, assura-t-elle à Sara. Ça nous importe peu ici. Il aurait été vedette de variété ou acteur de cinéma je dis pas, mais la politique c'est pas vraiment notre sujet de discussion favori.

Sara rigola puis elle adressa un sourire reconnaissant à Veronica. Cette dernière se tourna ensuite pour attraper le plat où trônait fièrement un splendide et très appétissant gâteau aux trois chocolats.

- C'est bon ? On l'emmène comme ça ? Tu mets pas de bougies ? demanda-t-elle à Maricruz.

- Et puis je fais venir un clown sculpteur de ballons pendant qu'on y est ? Il prend 29 ans, pas 5 ans !

- Ouais, je sais, mais c'est sympa quand même des bougies.

- Oui mais Fernando a toujours eu horreur de ça de toute façon, expliqua Maricruz.

Elle sortit de la cuisine, suivie par Veronica et Sara.

- Elles t'ont pas embêtée j'espère ? demanda Michael lorsque Sara reprit sa place à côté de lui.

- Mais non ! répondit aussitôt Veronica en même temps qu'elle déposait le gâteau sur la table. On lui demandait juste de balancer tes défauts mais… elle nous a dit qu'elle les cherchait encore, rapporta-t-elle en adressant un petit clin d'œil à Sara.

- Oh, ça c'est parce que c'est une toute jeune amoureuse qu'elle les voit pas ses défauts, s'exclama Sucre. Il en a ! Il en a même plein ! Par exemple… euh… attends…

Les sourcils froncés, il partit dans une profonde réflexion.

- … hum… attends… ça va me venir… euh… attends…

- Oui, oui, on attend Fernando, soupira Maricruz en roulant des yeux.

- Oh bah merde, j'en trouve pas ! finit-il par déclarer en relevant une mine dépitée.

- Mais si, il en a des défauts, rétablit Lincoln. Mais ce sont pas des défauts classiques, c'est plus insidieux que ça avec Michael. En fait, ce sont certaines de ses qualités qui sont tellement poussées à l'extrême qu'elles en deviennent des défauts…

- Lincoln, intervint Veronica pour l'empêcher de traiter la question avec un sérieux qui risquait d'embarrasser tout le monde. Je suis pas sûre que…

- … par exemple, poursuivit-il sans prêter attention à la tentative d'interruption, il est déterminé, bien, mais à un point tel qu'il lâche rien avant d'avoir atteint son but, même si ça le met dans des situations impossibles, expliqua-t-il à Sara. Ou encore, il est altruiste, très jolie qualité, mais à un degré tellement élevé qu'il fait passer tout le monde avant lui et bien souvent à son propre détriment. Mike a aussi une fâcheuse tendance à se sentir coupable de tout, tout le temps, et il peut pas s'empêcher de réparer les erreurs des autres même si, là encore, ça peut lui porter préjudice à lui. Et je crois que le pire dans tout ça, c'est que si il passe son temps à s'inquiéter pour tout le monde, en revanche il supporte pas qu'on s'inquiète pour lui et il hésite pas à mentir par omission pour éviter ça. Autant dire que c'est très frustrant pour les gens qui l'aiment et qui tiennent à lui… Et là je parle en connaissance de cause.

Un silence tendu prit possession de la pièce et Sara glissa sa main dans celle de Michael qui regardait son frère sans bien savoir comment réagir.

- Est-ce que t'essayes de me faire passer un message là ? lui demanda-t-il avec défiance.

- Non, pas du tout, répondit Lincoln. Parce que je sais très bien que t'as déjà conscience de tout ça et que t'y peux rien puisque que c'est dans ta nature. Et j'ai pas non plus sorti tout ce que je viens de dire pour te dévaloriser aux yeux de Sara ou pour la faire fuir mais, comme j'ai l'impression qu'elle fait maintenant partie elle aussi des gens qui t'aiment et tiennent à toi, je pense que c'est peut-être pas plus mal qu'elle soit prévenue que c'est pas toujours une sinécure. mais le jeu en vaut la chandelle, poursuivit-il à l'attention de Sara. Parce qu'il est évident qu'à côté de ça, tu trouveras jamais autant de qualités réunies dans un seul homme à la fois.

Sara tourna la tête vers Michael et lui adressa un sourire pour lui assurer qu'il était tout sauf dévalorisé à ses yeux par les propos de son frère.

- Je sais, souffla-t-elle en se redressant sur sa chaise pour rapprocher son visage du sien. Je t'aime, lui murmura-t-elle à l'oreille.

Michael lui sourit avant de lui donner un baiser dont l'ardeur dépassait ce qu'LJ voulait bien tolérer.

- Eh ! protesta-t-il. On va passer au dessert là, leur rappela-t-il. Alors vous seriez sympa de pas nous couper l'appétit !

Sara pouffa de rire et Michael porta un regard consterné sur son neveu.

- L'écoutez pas, intervint Sucre. Embrassez-vous autant que vous voulez, moi ça me fait trop plaisir. Depuis le temps que…

- Non mais ça va bien maintenant ! s'impatienta Michael. Ça faisait pas si longtemps que ça quand même !

- Ben… la dernière femme avec qui on t'a vu c'était Lucy et ça remonte à plus de deux ans maintenant, lui rappela Veronica avec une petite grimace désolée.

- D'ailleurs, c'est personnellement la seule femme avec laquelle je t'ai vu depuis que je te connais, réalisa Sucre. Y en a eu d'autres avant ?

- Oui, répondit Lincoln. Y a eu…

- Eh, eh ! le coupa Michael. T'en as assez dit pour ce soir toi ! Et le sujet des ex j'aime autant qu'on évite si ça vous dérange pas, déclara-t-il à l'attention de tous.

- D'accord, approuva Veronica. Alors on va changer de sujet. Fernando, pourquoi t'as horreur des bougies ?

Sucre écarquilla aussitôt les yeux avec une légère panique puis il se tourna vers Maricruz pour la regarder d'un air scandalisé puisque de toute évidence, c'était d'elle que Veronica tenait son information. Il reporta ensuite son attention sur le gâteau qu'il était en train de couper et secoua la tête.

- C'est pas intéressant comme sujet ça, moi je préfère qu'on parle des ex de Mike…

- Non, non, rigola Veronica. Dis-nous pourquoi tu veux jamais de bougies sur tes gâteaux d'anniversaire ?

- Ouais, c'est vrai que l'année dernière non plus y avait pas eu de bougies, se souvint LJ. T'as peur, c'est ça ? T'as peur du feu ?

- Mais non, grommela Sucre. C'est juste que… Oh bon sang, tu vas me le payer toi, lança-t-il à Maricruz. Quand… quand j'avais 8 ans, j'étais à l'anniversaire de ma cousine et… au moment de souffler ses bougies elle… elle s'est penchée au-dessus du gâteau et… elle avait de longs cheveux qui pendaient…

LJ éclata de rire et Sucre afficha une grimace en revivant ce souvenir avec douleur. Il raconta l'embrasement, la panique et l'odeur qu'il avait gardéedans les narines pendant des jours.

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Maricruz avait invité tout le monde à se réunir au salon pour prendre le café.

Lorsque le brouhaha des conversations de chacun se calma un instant, Veronica saisit l'occasion pour poser une question importante.

- Bon, avec Lincoln on a quelque chose à vous demander, commença-t-elle en reposant sa tasse sur la table basse. Qu'est-ce que vous faites le 8 mai prochain ?

- Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! s'exclama Maricruz qui comprit de quoi il s'agissait là. Vous avez enfin arrêté une date pour le mariage ?

- Oui, confirma Veronica.

Elle échangea un sourire amoureux avec Lincoln, assis à côté d'elle, qui déposa une main tendre sur son genou.

- Bien sûr vous allez recevoir les invitations officielles dans quelques semaines, reprit-elle. Mais on voulait vous le dire dès maintenant pour que vous puissiez bloquer la date parce que… s'il y a bien des gens qu'on veut absolument à nos côtés ce jour-là… c'est vous !

- Ohhhh, s'émut Maricruz.

- Non mais c'est pas la peine de nous faire de la lèche Vee, rétorqua Sucre. On va y venir à ton mariage. Moi, tant qu'y a de la bouffe gratuite, je me moque de qui invite !

- Fernando ! s'offusqua Maricruz.

Il ricana.

- Et vous allez faire ça où ? demanda Michael.

- Au Katherine Legge Lodge à Hinsdale indiqua Veronica. Et je précise qu'il y aura des chambres de réservées afin que tout le monde puisse passer la nuit sur place, ce sera plus simple étant donné que c'est un peu isolé de tout là-bas.

- Ouais mais le cadre est magnifique à Hinsdale, ça va être chouette ! prédit Maricruz. Ce que j'ai hâte d'y être !

- Moi aussi j'ai hâte d'y être. Parce que ça voudra dire que tous les préparatifs seront terminés ! déclara Veronica en écarquillant les yeux, redoutant déjà la charge de travail qui s'annonçait pour les mois à venir.

- Sympa ! ironisa Lincoln. Je pensais que tu serais pressée d'y être parce que ce sera le jour où tu deviendras ma femme !

Sucre pouffa de rire et Veronica passa une main caressante sur le visage de Lincoln.

- Mais oui, c'est avant tout pour ça que je suis pressée d'y être, le rassura-t-elle avant de l'embrasser. Bon, et y a un autre point que je voudrais aborder, poursuivit-elle. Parce que si Lincoln vous a déjà demandé d'être ses témoins depuis longtemps, déclara-t-elle en regardant Michael et Sucre, moi je suis toujours en quête de mes demoiselles d'honneur. Et comme j'ai personne dans ma famille qui pourrait convenir vu que j'ai pas de sœur et même pas de cousine, je me suis dit que… ce serait pas mal que ce soit les compagnes des témoins qui se trouvent à mes côtés pour le grand jour.

- C'est vrai ? demanda Maricruz avec émotion.

- Oui, ça me ferait très plaisir. Mais ! Ça implique qu'il faut que vous soyez toujours ensemble dans trois mois ! lança-t-elle à Michael et Sara.

Ils échangèrent un sourire entendu.

- T'inquiète pas, la rassura Michael. Il faudrait qu'un de nous deux soit mort pour qu'on soit plus ensemble dans trois mois.

- Eh, non, dis pas ça ! protesta Veronica. Je vous préviens, menaça-t-elle ensuite tous ses amis, qu'aucun de vous quatre n'ait la bonne idée de claquer quelques jours avant la cérémonie parce qu'il est hors de question qu'on ait à vous trouver des remplaçants au dernier moment ! On aura autre chose à penser !

Michael s'amusa du stress qui habitait déjà sa future belle-sœur.

- Je te souhaite bon courage pour les semaines à venir, souffla-t-il à son frère.

- Et ben souhaite aussi bon courage à Sara et Mari, murmura Lincoln. Parce qu'être la demoiselle d'honneur de Vee, c'est pas seulement porter une belle robe le jour du mariage, c'est aussi l'aider dans tous les préparatifs !

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Michael et Sara venaient de quitter l'immeuble de Sucre et Maricruz. Ils arpentaient tranquillement le trottoir qui les ramènerait chez eux.

- Ils sont vraiment tous très sympas, déclara Sara en hochant la tête.

Puis elle se tut et Michael la soupçonna d'hésiter à ajouter quelque chose.

- Mais… ? demanda-t-il.

- Non, non, y a pas de mais… C'est juste que… ton frère est très sympa aussi mais il est plus difficile à cerner, finit-elle par avouer. Je te cache pas qu'au début, j'ai vraiment cru que ça lui déplaisait d'apprendre que tu sortais avec moi. Et après, au fil de la soirée, cette impression a disparu mais je sais pas si… enfin c'est pas facile de savoir ce qu'il pense en fait.

- Je sais. Linc n'a jamais été très démonstratif. Enfin si, il est très démonstratif quand il s'agit de gueuler mais quand c'est pour dire à quelqu'un qu'il l'apprécie, là y a plus personne. Je t'assure qu'il n'a rien contre toi et rien contre le fait qu'on soit ensemble. Avec Linc il faut garder à l'esprit que tout pendant qu'il te dit pas clairement qu'il te déteste, c'est qu'il t'aime bien. Laisse-lui un peu de temps pour faire ta connaissance et il sera plus loquace.

Tout en continuant de marcher, Sara se blottit contre Michael et il enveloppa ses épaules de son bras.

- Michael ? l'appela-t-elle doucement.

- Mmm…

- T'en as connues beaucoup ?

Pas sûr de savoir de quoi elle voulait parler Sara, il resta silencieux.

- Des femmes, avant moi ? précisa-t-elle alors.

- Tu veux que je te parle de mes ex ? Ça t'intéresse ?

- Non, je veux juste savoir… si y en a eu beaucoup.

Michael esquissa un sourire et lui déposa un baiser sur le haut du front.

- Non, y en a pas eu beaucoup, la rassura-t-il. Et de ton côté ?

- Mes ex se comptent sur les doigts d'une main, répondit-Sara.Amputée de deux d'entre eux, ajouta-t-elle dans un murmure malicieux. Et pour information, moi ça faisait un an et demi, presque deux en fait.

- Que t'étais célibataire ? comprit Michael.

- Oui.

- T'aurais pu le dire aux autres ! s'indigna-t-il. Je me serais senti moins seul et ils se seraient pas apitoyés que sur mon sort au moins !

- Je sais, je suis désolée, rigola Sara. Mais c'était amusant. Et plutôt mignon de leur part en fait. J'ai l'impression que ça leur tenait sincèrement à cœur de te voir heureux en couple comme eux le sont.

- Ouais, mais le problème c'est que c'était devenu une obsession pour eux alors que s'en était même pas encore une pour moi. Ils étaient malheureux pour moi que je sois seul alors que moi, je m'en fichais ! Je cherchais pas à tout prix à me caser, je savais bien que ça finirait par arriver un jour… Que tu finirais par arriver, murmura-t-il à l'oreille de Sara.

- Moi ? Tu savais que c'était moi, précisément, qui finirait par arriver ? s'étonna-t-elle avec amusement.

- Je savais que je finirais par rencontrer la femme de mes rêves donc oui, toi ! confirma Michael.

- Je peux te poser une question ?

- J't'écoute…

- Je te préviens, c'est une question stupide et sans réel intérêt mais… je me dis qu'il a quand même fallu qu'un grand nombre de facteurs extérieurs entrent en jeu pour qu'on en vienne à se rencontrer tous les deux. Il a fallu que ta coloc' s'en aille, que mon proprio me foute à la porte, le tout au même moment, et que je trouve ton annonce… Qu'est-ce qui se serait passé si rien de tout ça n'était arrivé ?… Je veux dire, est-ce que tu crois qu'on se serait quand même rencontrés ailleurs ou… est-ce qu'on aurait fait notre vie, chacun de notre côté, sans savoir que l'autre existait, et sans savoir à côté de quoi on passait finalement.

- Et bien… je sais pas si c'est stupide et sans intérêt comme question mais en tout cas c'est angoissant, souffla Michael. Alors je crois que… oui… je préfère penser que d'une façon ou d'une autre, on aurait quand même fini par se rencontrer… Et tu veux que je dise quelque chose d'intéressant ? demanda-t-il.

- Mmm.

- Mon ancienne coloc', c'était aussi ma collègue, on bossait ensemble. Et le job à Washington qu'elle a accepté il m'avait d'abord été proposé à moi. J'avais longtemps hésité avant de prendre ma décision parce que c'était quand même un poste très intéressant mais… je sais pas… l'idée de quitter Chicago pour me retrouver seul dans une ville à plusieurs milliers de kilomètres de ma famille, ça m'avait paru trop insupportable. C'est comme si je sentais que ma place était ici et que j'arriverais pas à être totalement heureux ailleurs. Alors au dernier moment, j'ai refusé et c'est elle qui est partie à ma place.

- Bah heureusement parce que j'aurais quand même eu nettement plus de mal à te tomber dessus si t'avais été à Washington !

- Oui, c'est sûr que ça aurait compliqué les choses, reconnut Michael avec amusement. Mais ça les aurait pas rendues impossibles, j'en suis certain !

Sara releva son visage vers Michael et il lui déposa un baiser sur les lèvres.

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De retour à l'appartement, Sara se débarrassa rapidement de son manteau avant de se diriger droit sur le frigo.

- T'as encore faim ? s'amusa Michael.

- Non, j'ai soif, indiqua-t-elle en saisissant la bouteille d'eau dans la porte du réfrigérateur. J'ai toujours soif après un repas copieux, expliqua-t-elle juste avant de porter la bouteille à ses lèvres.

Michael retira à son tour son manteau puis il s'approcha du bar de la cuisine et regarda Sara se désaltérer avec un sourire au bord des lèvres.

- Quoi ? demanda-t-elle en rebouchant ensuite sa bouteille. Pourquoi tu me regardes comme ça ?

- Je te regarde pas, je t'admire, corrigea Michael.

- Pendant que je bois de l'eau ? s'étonna Sara qui ne voyait pas bien où il y avait matière à s'extasier.

- Oui. Je te trouve belle et je me lasse pas de te contempler. Quoique tu fasses t'es sublime.

Sara rigola devant cette déclaration qui, si elle était bien sûr flatteuse, lui sembla quelque peu exagérée.

Elle se retourna et rangea la bouteille d'eau dans le frigo. Elle s'immobilisa juste après en avoir refermé la porte et esquissa un sourire en sentant le souffle chaud de Michael contre sa nuque. Il était venu se poster juste derrière elle et elle ferma les yeux lorsqu'il commença à déposer de légers baisers sur la peau fine de son cou. Elle pencha légèrement sa tête sur le côté pour s'offrir à lui comme à un vampire.

Michael encercla sa taille d'un bras, sa poitrine de l'autre, et apprécia les formes qu'il pouvait percevoir à travers ses vêtements.

- J'ai envie de toi, lui murmura-t-il à l'oreille comme s'il avait été nécessaire de le préciser.

Mais si elle l'avait bien sûr compris, le profond désir qui émanait de ces quelques mots la fit frissonner et le trouble ainsi créé en elle fut tel qu'elle crut bien sentir le sol se dérober sous ses pieds. Elle se retourna et noua ses bras autour de son cou tandis qu'il s'emparait de ses lèvres dans un langoureux baiser.

Calée entre la paroi froide du réfrigérateur et le corps brûlant de Michael, Sara sentit sa main se glisser sous sa jupe et remonter le long de sa cuisse. Il caressa sa hanche, puis sa fesse. Elle laissa échapper un soupir de satisfaction contre ses lèvres et elle resserra l'étreinte de ses bras autour de son cou pour lui signifier qu'elle avait, elle aussi, très envie de lui.

Sans quitter ses lèvres, Michael la souleva dans ses bras et l'installa sur le plan de travail de la cuisine. Leur souffle se raccourcissait à mesure que leur excitation grandissait. Il remonta sa jupe sur ses hanches puis il la débarrassa de la fine pièce d'étoffe qui lui servait de sous-vêtement. Elle écarta ensuite ses jambes pour lui permettre de venir au plus près d'elle et elle entreprit de libérer l'objet de toute sa convoitise qu'elle se mit à caresser, à effleurer délicatement du bout de ses doigts.

Michael étouffa un grognement de plaisir. Il prit une profonde inspiration pour tenter de ne pas perdre le contrôle de la situation. Il attrapa la main de Sara et la repositionna sagement autour de son cou. Puis il encercla son bassin de son bras et la rapprocha de lui avant de la pénétrer avec fougue.

Sara poussa un gémissement et se cramponna plus fermement à Michael, agrippant le tissu de sa chemise dans ses poings crispés de plaisir. Il commença à bouger en elle sans attendre et elle adapta subtilement l'ondulation de ses hanches au tempo qu'il imposait jusqu'à ce que, étroitement enlacés, ils jouissent ensemble de cette symbiose parfaitement consommée.