Bonsoir
Prête pour Noel ? Le père Noel va vous apporter de beau cadeau ? Vous avez été sage ?
En tout cas merci pour les review du chapitre précédent.
Merci à Lily pour sa correction
Bonne lecture.
Il était 4h30 du matin quand je sortis de l'hôtel, il faisait encore nuit noire mais les rues étaient encore animées, pas autant qu'en journée mais quand même. J'avais demandé un taxi auprès du concierge de l'hôtel, en montant dans le véhicule, j'indiquai ma destination au chauffeur qui ne chercha pas à me parler durant les quarante minutes de trajet. Je payai ma course et me dirigeai vers la plage de Coney Island.
En arrivant devant la plage, je respirai à plein poumons l'air frais de la mer, ça m'avait manqué. J'enlevai mes chaussures, retroussai le bas de mon jean et mis les pieds dans le sable. Je fermai les yeux à cette sensation. Le sable encore frais enveloppa mes pieds et je gémis de bonheur. Je fus soudain terriblement nostalgique de la Floride. Avec Jacob, nous habitions non loin de la mer et nous avions passé un temps incroyable à marcher le long de l'eau en bavardant, riant, se taquinant... à l'époque, j'avais un bronzage d'enfer suite à tout notre temps libre passé sous le soleil.
Mais mes plus beaux souvenirs étaient tous les couchers et levers de soleil que nous avions vus ensemble, dans les bras l'un de l'autre. Nous observions en silence ce spectacle. J'eus un sourire triste en repensant à ces souvenirs passés. J'avançai alors vers la mer, savourant chaque pas dans le sable, j'allai jusqu'à mettre les pieds dans l'eau, je reculai vite, elle était bien plus froide qu'en Floride, il n'y avait pas photo. Je m'éloignai un peu pour aller m'asseoir au sec, ramenant mes jambes contre moi que j'entourai de mes bras, mon menton posé sur mes genoux.
Je fermai les yeux en écoutant le clapotis de l'eau, le bruit des vagues s'échouer sur le sable et se retirer pour mieux revenir. Je souris en entendant les mouettes voler au-dessus de la plage, je profitais de la légère brise du matin, humant avec bonheur l'odeur iodée de la mer. Quand je rouvris les yeux, le ciel était devenu plus clair, le jour arrivait.
Le regard fixé sur l'horizon, je regardai le ciel se teindre de rose et de orange, chassant le noir de la nuit que le crépuscule avait déjà éclairci. Le soleil apparut tout doucement, timidement, presque avec paresse. J'admirai les couleurs du ciel, les quelques nuages blancs et fins se dévoiler, la mer reflétant ce spectacle qu'elle déformait au rythme des vagues. Au loin, l'eau brillait, se fondant parfaitement avec le ciel. La lumière devint plus intense, l'étoile jaune s'imposait de plus en plus jusqu'à atteindre un point de vue lui permettant de dominer le ciel et de répandre sa douce chaleur matinale sur nous, pauvres humains que nous sommes. Je pris alors mon téléphone pour regarder mon fond d'écran, une photo de Jacob et moi, quelques jours avant le drame.
- J'espère que le spectacle d'un lever de soleil vaut le coup de là où tu es Jake...
J'essuyai les larmes silencieuses qui roulaient sur mes joues avant de me lever. Il était 5h30 passées. Je décidai de marcher un peu le long de l'eau, profitant de ma solitude et du silence. Puis j'allai m'installer à la terrasse d'un Starbucks pour m'offrir un café et un muffin. Je pris mon temps pour ce petit-déjeuner puis je me baladai un peu le long de la promenade, au milieu des manèges encore inanimés des différents parcs d'attractions, jusqu'à atteindre la jetée. Quelques pêcheurs me saluèrent poliment à mon passage, une fois au bout, je fis mes au revoir silencieux à la mer avant de rebrousser chemin.
Il était près de 9h10 quand j'arrivai à l'hôtel, le trajet du retour avait été plus long à cause de la circulation, devenue subitement très dense dans les rues. En entrant dans ma chambre, j'envoyai valser mes chaussures et posai la clef sur une des consoles et d'un geste las, mon sac s'écrasa par terre. Je regagnai le salon et y trouva Edward, assis dans un fauteuil. Assis face à moi, le regard dur, le bras gauche le long de l'accoudoir du fauteuil, le poing se serrant et se desserrant. Son bras droit était accoudé sur le fauteuil lui aussi mais son avant bras était relevé, son pouce soutenant sa mâchoire contractée, son index posé sur sa tempe, le reste de ses doigts repliés. Sa cheville droite était posée sur son genou et son pied tressautait nerveusement. Merde... il était beau ! Même en colère, mais pourquoi l'était-il ?
- Bonjour.
Sur la table, le petit-déjeuner attendait et j'allai me servir un verre de jus d'orange en attendant qu'il réponde. Il ne changea pas de posture, son pied se balançant de plus en plus nerveusement, ses yeux noirs me fixant. Il finit par parler d'une voix froide et tremblante d'une colère qu'il essayait de maîtriser au mieux.
- Où étiez-vous ?
- Sortie.
- Seule ? Au petit matin ?
- Oui.
- Vous imaginez la panique que j'ai eue ce matin en découvrant votre lit froid, vos affaires manquantes et aucune trace de vous nulle part ? Mis à part la commande d'un taxi à 4h30 ! Putain, mais que faisiez-vous à 4h30 dans un taxi Isabella ?
- Un truc du genre '' mêlez-vous de vos affaires ! ''
- 4h30 du matin Bella ! Bordel mais c'est dangereux New York la nuit ! Vous êtes folle ? Pourquoi ne m'avez-vous pas appelé ?
- Parce que je n'avais pas à le faire !
- Je suis furieux Isabella !
- Mais merde à la fin ! Vous êtes qui pour moi ? Seulement mon patron ! Vous n'êtes pas mon père, mon frère, un oncle ou quelqu'un de ma famille, vous n'êtes pas non plus mon petit-copain ou pire mon mari !
- Je suis votre a...
- Je suis ici pour vous aider dans votre travail, vous assister ! En dehors des heures de réunion ou de votre boulot personnel nécessitant mon aide, je n'ai aucun compte à vous rendre ! Si l'envie me prend de sortir à plus de 4h du matin, je sors ! Vous n'êtes que mon patron monsieur !
- Dans ce cas, vous avez dix minutes de retard, je vous avais demandé d'être ici pour 9h !
- Je vous demande pardon alors pour ce retard.
Durant notre dispute, il s'était levé et me faisait maintenant face, je le défiais du regard, déterminée à remporter la bataille. C'est vrai ça, je n'avais aucun compte à lui rendre ! Pourquoi il s'énervait après moi, je ne lui appartenais pas, je faisais ce que je voulais ! Il finit par fermer les yeux et inspirer profondément avant de me regarder à nouveau. Son regard s'adoucit mais je vis qu'il était blessé.
- Bien... je vois. J'ai promis de vous accompagner voir cette putain de statue alors on va le faire.
- Je ne vous oblige à rien.
- Nous irons ! Rendez-vous à 10h dans le hall et cette fois, ne soyez pas en retard.
- C'est compris.
- Où étiez-vous ?
- Même si j'étais partie me faire baiser par le premier type du coin, ça ne vous regarderait pas !
Ok... là, j'avais peut-être été un peu trop loin. Il me regarda horrifié, terriblement peiné. J'eus pitié de son regard d'enfant perdu.
- Pardon... j'étais à Coney Island, je voulais voir le soleil se lever, voir la mer et marcher dans le sable. C'est une chose que me manque terriblement à Seattle... la plage.
Je sentis les larmes envahir mes yeux et je baissai la tête alors qu'il lâchait un faible soupir de soulagement. Il tendit une main vers moi mais je me reculai. Sa fureur m'avez bien trop énervée, il me couvait trop, il s'était trop attaché à moi pour une raison que j'ignorais et je refusais qu'il continue de le faire. Bien que cela me déchirait étrangement le cœur. Il rabaissa son bras et se détourna de moi.
- 10h, dans le hall.
- Oui.
Il repartit alors dans sa chambre. Je fermai fort les yeux, serrant les poings le long de mon corps, retenant un cri de rage. Recouvrant mon calme, j'allai prendre une douche ayant pour but de me détendre. Une fois sortie, je me rhabillai et grignotai un peu avant de descendre dans le hall, cinq bonnes minutes avant l'heure.
Dans le hall, le concierge attira mon attention pour m'informer qu'Edward était au bar. De loin, j'observai alors mon patron, assis sur un des tabourets du bar, de profil, le regard dans le vide et une main serrant un verre de bourbon. Il n'était que 10h ! J'avais envie d'aller vers lui et de le laisser me prendre dans ses bras. Pourtant je ne bougeai pas, continuant à le regarder. Comme s'il sentait son regard sur moi, il tourna la tête dans ma direction, regarda l'heure puis but d'une traite l'alcool de son verre avant de se lever pour me rejoindre.
- Le taxi va nous attendre.
Il passa devant moi en disant ces mots et sortit. La bonne humeur d'hier n'aura pas duré longtemps... je montai à ses côtés dans le taxi, chacun regardait de son côté de la fenêtre et le trajet se passa en silence. C'était ma faute, je le savais, j'avais été dure mais il n'avait aucune autorité sur moi. Alors que nous attendions pour prendre le ferry jusqu'à Liberty Island, il brisa le silence.
- Vous avez raison. Je n'ai aucun droit sur vous. Je n'ai pas à vous chaperonner ou vous surveiller. Vous faites ce que vous voulez de votre temps libre, c'est vrai. J'ai juste eu peur pour vous en ne vous trouvant nulle part.
- Je n'aurais pas dû être si méchante.
- Nous sommes quittes ?
- Oui.
- Essayons de passer une bonne journée malgré tout.
- Oui.
Il me sourit mais Bella de glace était de retour. Sur le ferry, nous nous installâmes et heureusement pour moi, le bruit de moteur derrière nous grondait trop fort pour une conversation. Je me contentais d'observer la ville s'éloigner de nous. C'était beau. Edward finit par me tapoter le bras et pointa son doigt devant nous. Madame Liberté se dressait devant nous. Quand le bateaux accosta, Edward me guida au pied de la grande dame. Je me sentais si minuscule. Je pris le temps de l'admirer, de prendre des photos. Puis nous montâmes les 354 marches en colimaçon pour atteindre la couronne. J'arrivais là-haut, rouge et essoufflée, Edward lui était presque déçu qu'il n'y en ait pas plus.
L'exercice fut récompensé par la vue magnifique qui s'offrait à moi, l'océan et Manhattan. Là encore, je pris des photos puis nous redescendîmes visiter l'île. Edward acheta un petit drapeau Américain et une couronne en mousse qu'il me persuada de mettre le temps d'une photo. Je pris la pose, la même que la statue, moi en premier plan, elle au second. Puis Edward charma une touriste française pour qu'elle nous prenne en photo, Je lui mis la couronne sur la tête et gardai le drapeau. Il passa alors un bras autour de ma taille et nous posâmes ensemble.
J'offris le déjeuner sur l'île, installée au soleil, je profitais des bienfaits des UV sur ma peau, terriblement en manque depuis des mois. Edward était au téléphone et je décidai d'envoyer une photo de la statue à Alice, avec pour texte '' NY ? GE-NI-AL ! '' Elle me répondit rapidement disant qu'elle était jalouse, que j'avais intérêt à tout lui raconter en détails et m'informa que Brad Pitt allait bien. Edward m'avertit qu'il était temps de partir et de rentrer à l'hôtel.
Après un brin de toilette, j'enfilai ma tenue de travail, tailleur, talons et queue de cheval. Je vérifiai les dossiers, ma tablette et l'agenda. Je retrouvai Edward en costume dans le couloir. Son visage était désormais celui de l'homme d'affaires, déterminé et sûr de lui. Nous montâmes dans une berline noire que j'avais retenue pour ses déplacements d'affaires. J'indiquai au chauffeur le lieu du rendez-vous et tendis à Edward les notes pour qu'il les relise durant le trajet.
Moi aussi en mode boulot, je m'assurai auprès des assistantes d'Esmée et d'Emmett qu'ils étaient prêts pour la téléconférence. Au fur et à mesure que nous avancions, je les avertissais. À 15h50, nous étions devant le bâtiment, une salle louée pour l'occasion et à 15h55 nous étions dans les bureaux. On nous reçut et pendant qu'Edward saluait investisseurs et actionnaires, je connectai les bureaux de New York à ceux de Seattle. Je saluai silencieusement mes collègues restés au pays, une fois tous les réglages au point, je me tournai vers Edward qui annonça le début de la réunion. Je servis à tous ces messieurs à boire et à manger avant de m'isoler dans un coin de la pièce. C'était une réunion mortellement banale, un moment de détente pour tout le monde. Après des gentillesses pour tout le monde, deux ou trois blagues et rires légèrement forcés, on rappela l'enjeu de la rencontre, évoquant le projet sans entrer dans les détails puis ils parlèrent du rendez-vous de demain, s'assurant que rien n'avait changé et si cela convenait toujours à tout le monde.
1h30 plus tard, tout de même, chacun repartit à coup de chaleureuses poignées de mains et tapes sur l'épaule. Edward resta avec l'avocat New-yorkais toujours connecté avec Seattle. Ils discutèrent encore affaires pendant une bonne demi-heure avant de se quitter. L'avocat, maître Gubler, nous accompagna jusqu'au bas de l'immeuble. Il nous salua pour monter dans sa voiture et nous montâmes dans notre propre véhicule. Installée, je demandai au chauffeur de nous conduire à l'hôtel. La voiture introduite dans la circulation, Edward lâcha un soupir en desserrant sa cravate.
- La réservation est pour quelle heure ce soir ?
- 20h.
- Et il est ?
Je mourrais d'envie de lui demander si l'énorme montre qui ornait son poignet était là pour faire joli. Je gardai ma remarque pour moi et répondis.
- 18h05.
- Ok. Nous sommes dans les temps, c'est bien.
Il se frotta les tempes en grimaçant. Je fronçai les sourcils et l'étudiai.
- Tout va bien ?
- Ouais... ils m'ont donné mal au crâne ces connards.
- Tenez... prenez ça. C'est peut-être moins efficace qu'un bourbon à 10h du matin mais c'est tout ce que j'ai.
Je lui tendis deux petits cachets pour la tête, j'en avais toujours sur moi, on ne sait jamais. Il me lança un regard mauvais avant de les prendre et de les avaler.
- Merci.
- Je vous en prie. Dites, pourquoi ces connards ? Ce sont vos investisseurs mine de rien.
- Ouais, mais ce sont aussi des connards arrogants qui, tant qu'on n'a pas leurs signatures, peuvent retourner leurs vestes si l'herbe est plus verte ailleurs. Franchement vous les avez vus ? Leurs blagues et leurs politesses sournoises... genre tout va bien. C'est aussi chiant que lorsque je couchais avec Jane... Et encore, je préfère les supporter eux qu'elle.
Je fis les yeux ronds et ma bouche s'ouvrit sous la surprise de cet aveux. Je ne pense pas qu'il me vit car il ferma les yeux, posant la tête contre son siège. Cependant, il sourit en croisant les mains sur son ventre.
- Vu l'absence de réponse, j'en déduis que vous êtes surprise et peut-être même choquée.
- Vous ne parlez jamais d'elle.
- J'en parle quand je sors d'un moment désagréable. 95% du temps avec elle était désagréable, donc les mauvais moments me font penser à elle et j'en parle. Croyez-moi, je préférerais éviter.
- Hum.
- Si ça peut vous rassurer, je ne pense jamais à elle quand je suis avec vous.
- Donnez-moi un mouchoir, je vais pleurer avec cet aveu.
Il ricana et me donna un coup d'épaule. Je souris et décidai d'en apprendre plus.
- Pourquoi être resté avec elle si c'était si terrible ?
- Je pensais pouvoir la changer, la rendre meilleure. J'étais sûr qu'il y avait quelqu'un de bien sous cette façade de fille coincée. Puis avec le temps, j'ai abandonné jusqu'à parfois oublier qu'elle était là. Tant qu'elle ne m'embêtait pas, ça aillait et j'avais quelqu'un pour les soirées.
- Vous vous serviez d'elle ?
- Non... de nous deux, c'est elle qui m'a le plus manipulé.
- Elle a toujours eu ce look de bonne sœur ?
- Ouais... je ne vous parle pas des sous-vêtements ! Ils devaient dater de la première guerre !
Je pouffai en imaginant parfaitement le genre. J'osai pousser la conversation plus loin.
- Et au lit ?
- Ma vie sexuelle vous intéresse ?
- C'est me moquer d'elle qui m'intéresse.
- Missionnaire, tout le temps. Elle me touchait à peine, elle ne faisait quasiment aucun bruit, trois gémissements et un faible cri aiguë et c'était fini. Pas de caresses et rhabillage obligatoire. Chacun de son côté et un simple bonne nuit à demain.
- Vous êtes allé voir ailleurs, avouez !
- Non, le boulot me prenait tout mon temps. Le centre était en construction, je passais tout mon temps avec Laurel... Quand j'avais besoin, elle disait oui mais il ne fallait pas perdre de temps. Jamais d'autres formes de plaisir que ce fichu missionnaire.
- Pauvre Edward. Sincèrement, je vous plains. Peu d'homme aurait tenu.
- Je sais. Emmett me l'a souvent dit. Bref, si nous pouvions parler d'autre chose. C'est pas vous qui m'avait engueulé parce que je ne suis que votre patron ?
- Si, pardon. Mais je n'aime pas cette fille, j'aime me moquer des gens que je n'aime pas.
- Méchante fille !
Là, c'est moi qui lui mis un coup, il grimaça et se frotta l'épaule avec exagération, ce qui me fit sourire en secouant la tête. Je regardai à nouveau par la fenêtre et le silence reprit ses droits. Arrivés à l'hôtel devant nos chambres, Edward se tourna vers moi.
- Dans 1h dans le hall ?
- Je serai prête oui.
Il hocha la tête avant d'entrer dans sa chambre. J'en fis autant et filai sous la douche sans attendre. Je mis en marche les jets massants et me détendis un maximum. Après la douche la plus longue de ma vie, je sortis, mis un peignoir et enroulai une serviette sur ma tête. J'allai regarder mes vêtements dans le dressing et hésitai devant la Valentino. C'était une robe magnifique, offerte par Edward et il m'avait demandé, du moins habilement fait comprendre, qu'il voulait que je la porte lors de notre dîner à New York.
J'étais tentée de la mettre mais si je le faisais, ça signifiait que j'entrai dans son jeu qui ressemblait à de la séduction. Je voulais que ce petit jeu entre nous cesse et je ne devais pas le pousser à continuer mais avais plutôt intérêt à tuer cette histoire dans l'œuf. De plus, j'avais regardé sur le site du restaurant, oui c'était un endroit chic mais porter une robe comme la Valentino serait pour le coup trop habillé. Mais elle était trop belle... je voulais la porter !
Encore indécise, j'allai sécher mes cheveux, je les coiffai en faisant une petite coque sur le haut de ma tête que j'attachai derrière ma tête, le reste libre de tomber sur mes épaules et mon dos, un peu à la façon de la chanteuse Adele dans son clip '' someone like you ''. Je me maquillai simplement avant de retourner devant les deux robes suspendues dans le dressing.
Prête, je descendis dans le hall, je fis un salut de la tête à Peter, le groom qui nous avait accueillis le premier jour. Il me renvoya la politesse en inclinant la tête et en me souriant. Je fis quelques pas vers le bar pour voir si Edward y était à m'attendre. Comme je ne le trouvais pas, je tournai les talons et regardai vers les ascenseurs. Il finit par sortir de l'un d'eux et son regard se posa sur moi.
Il me sourit en avançant mais quand il vit que je portais une robe noire toute simple, tout en restant élégante, il s'arrêta pour m'étudier. Il était déçu, je le voyais bien. Il fronça les sourcils et ses épaules s'affaissèrent, son regard perdit de son éclat et toute trace de sourire disparut. Je serrai ma main autour de la pochette noire que je tenais tout en essayant de rester imperturbable. Il finit par combler le vide entre nous mais sa déception ne le quittait pas.
- Vous êtes prête ?
- Oui.
- Je... m'attendais à vous voir dans une autre robe.
- J'ai jugé qu'elle était trop habillée pour un simple dîner. J'ai opté pour la simplicité.
- Venez... ne nous mettons pas en retard.
Avant qu'il me touche, je pris le chemin de la sortie pour gagner la voiture. Après m'être installée et lissé ma robe sur mes cuisses, je regardai New York sombrer dans la nuit.
- Vous n'êtes pas fatiguée ?
- Pardon ?
- Vous êtes debout depuis au moins quatre heures et demie du matin... moi, je serais mort de fatigue.
- Je n'ai pas besoin de beaucoup de sommeil. Ça va.
- D'accord... vous verrez, le restaurant est surprenant.
- J'ai hâte de voir.
Plus un mot ne fut échangé jusqu'au restaurant. Edward nous annonça et on nous guida jusqu'à une table, à côté d'une grande fenêtre, offrant une vue sur l'East River, en tournant la tête à droite, je pouvais voir l'impressionnant pont de Brooklyn, droit devant moi, je distinguais facilement la statue de la liberté. Edward avait raison, les lieux étaient superbes mais la vue était exceptionnelle. Le crépuscule enveloppait la ville et les lumières s'allumaient un peu partout autour de nous... New York ne dormait jamais.
Edward me laissa admirer la vue en silence, j'étais fascinée par ce spectacle, je souriais bêtement et sentis l'émotion me serrer la gorge. Heureusement, un serveur arriva et me sortit de ma rêverie, il nous donna les cartes. Je n'avais aucun prix inscrit sur le mien. Je levai le nez vers Edward qui étudiait la carte d'un air sérieux. Il dut sentir mon regard et me parla sans me regarder.
- Prenez ce qui vous fait plaisir Isabella...
- Il n'y a pas de prix.
- Moi je les ai.
- Donnez-moi votre carte quand vous aurez fini.
- Non. Choisissez, peu importe le prix. S'il vous plaît.
Je n'insistai pas et fis mon choix. Le serveur vint prendre notre commande, un autre nous servit un apéritif, le premier à peine parti. Je goûtai le cocktail servi et fermai les yeux, c'était délicieux. Edward me demanda alors mes impressions sur New York. Je ne lui cachais pas le plaisir que j'avais à être ici et à visiter cette ville. Il revint sur les moments qu'il avait le plus appréciés, je lui confiais ceux qui ne quitteraient jamais ma mémoire, plaçant le lever de soleil de ce matin en première position.
Lorsque le serveur nous apporta nos plats, j'engageai la conversation sur le travail et sur ce qui se passerait lorsque les bureaux de New York seraient ouverts. Ils avaient déjà une équipe prête à travailler dans les nouveaux locaux. Il ne manquait vraiment plus que la signature et l'engagement des actionnaires et investisseurs pour finir de lancer la machine.
Dehors, il faisait totalement nuit. Mais les buildings étaient tous allumés, nous rassurant dans la nuit noire. Le repas était absolument divin, je me régalais, la viande, le vin, les légumes... tout était parfait. Même Edward était plus détendu qu'à notre arrivée. Nous finîmes notre repas et attendîmes qu'on nous débarrasse quand mon patron se redressa sur sa chaise, se penchant légèrement vers moi.
- Vous savez, je n'ai pas eu l'occasion de vous le dire mais ma sœur vous a beaucoup appréciée.
- Ah oui ?
- Oui. Elle a aimé parler avec vous, elle vous a trouvée très belle aussi. Elle a dit que vos yeux étaient comme deux pépites de chocolat.
- Elle a dit ça ?
- Je vous jure.
- J'ai aimé discuter avec elle vraiment. Elle est très jolie, blonde aux yeux bleus... le rêve de beaucoup de femmes.
- Je suis pas mal non plus... Emmett c'est autre chose.
Je souris et me penchai légèrement à mon tour au-dessus de la table.
- Vous êtes prétentieux monsieur Cullen.
- À peine.
- Pour en revenir à Laurel, a-t-elle eu des problèmes avec la presse ?
- Quelques-uns oui, mais elle ne se rend pas compte de ce qu'ils disent. Pour elle, elle est normale, c'est nous qui sommes différents. Elle trouve juste ça marrant de se voir dans les magazines où se trouve Justin Bieber sur la page d'à côté.
- Elle aime Justin Bieber ?
- Bof, non je ne pense pas. Elle est plus Katy Perry. Taylor Swift... savez-vous que j'ai dû supporter un concert des Jonas Brothers quand elle avait dix ans ?
- Vos oreilles se sont-elles remises de cette épreuve ?
- Je n'en suis pas certain, non. Mais elle était heureuse. Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour quelqu'un qu'on aime.
- Oui... Mais c'est ce qui vous rend touchant et admirable.
- Vous me trouvez touchant et admirable ?
- Avec Laurel oui. Avec Emmett... beaucoup moins !
Il rit en rejetant sa tête en arrière. Puis, il prit timidement ma main dans la sienne avant de plonger ses yeux dans les miens. Son visage prit un air sérieux et déterminé.
- Ma sœur a raison Bella... vous êtes très belle... je n'arrive pas à me dire que vous n'êtes que mon efficace et irremplaçable assistante. Au fil du temps, vous êtes devenue comme... une obsession pour moi. Vous êtes tellement proche de moi mais pourtant si loin, un caractère bien trempé. Une détermination surprenante et une capacité à gérer vos émotions qui me dépasse... J'ai envie de vous découvrir Bella.
- Edward...
- Quand vous vous êtes ouverte à moi, sur votre vie en Floride, j'étais heureux que vous m'ayez choisi pour vous libérer. Et je veux vous aider, vous accompagner à surmonter ça, je veux être l'homme sur qui vous pouvez compter, vous confier, rire, parler... je veux être votre repère dans ce monde Bella. Vous avez baissé votre garde avec moi, ce qui me pousse à croire que vous m'appréciez, que je compte plus pour vous qu'un patron. Je vous désire Bella... Jamais personne ne m'avait attiré autant que vous. Durant toute ma relation avec Jane, aucune femme n'a attiré mon regard mais vous... lors de notre première rencontre, dans l'ascenseur, vous vous souvenez ? J'étais déjà conquis alors que nous n'étions encore que des inconnus.
- Stop...
- Bella... je sais que j'ai raison. Votre main serrant la mienne en ce moment me le prouve, votre pouls qui s'emballe, votre regard... je le sais.
Il avait raison. Ma main agrippait la sienne, je respirais plus vite. Moi aussi j'étais bien avec lui, je me sentais en sécurité, j'aimais parler avec lui, passer du temps à parler de tout et de rien. J'aimais travailler avec lui également, nos échanges. J'appréciais toutes ses attentions, la façon qu'il avait de veiller sur moi... j'aurais pu succomber mais la sonnerie de mon téléphone me fit sursauter et toutes mes pensées romantiques s'évaporèrent. Non ! C'était mon patron, je ne voulais pas d'ambiguïté. Je ne voulais pas d'une nouvelle relation, pas après Jacob, pas maintenant. Enfin... je crois. Je retirai ma main de la sienne et sortis mon téléphone sous son regard agacé. Maman. Je levai les yeux vers lui.
- Je dois répondre.
Il hocha imperceptiblement la tête et je me détournai légèrement.
- Allô ?
- Bella chérie. C'est maman. Je ne te dérange pas ?
Je lançai un regard à Edward qui ne m'avait pas quittée des yeux. Je décidai lui faire passer un message.
- Non maman... tu ne me déranges pas du tout. Juste un dîner pour le travail. J'allais rentrer à mon hôtel. Tout va bien ?
- Pourquoi tu ne m'as rien dit pour Jacob.
- Qui t'a dis ?
- Jenna bien sûr.
- Bien sûr oui... Désolée.
Edward qui était désormais furieux paya l'addition et se leva. Je l'imitai et le suivis dehors jusqu'à la voiture. Il monta sans me laisser la priorité, je pris sa suite et discutai avec ma mère de tout et de rien durant tout le trajet. Je ne raccrochai avec elle qu'une fois dans le couloir de ma suite.
- Merci pour la soirée Edward.
- Allez au diable Isabella !
Je m'arrêtai net, choquée. Il glissa sa clef dans sa porte, entra et me glissa quand même un regard d'excuses avant de fermer sa porte. Je l'avais cherché, je l'avais éconduit après peut-être, sûrement même, encouragé. Il avait raison, avec lui, j'avais baissé ma garde, j'avais dépassé les limites. Je le payais maintenant. Pleurant, j'entrai dans ma suite et filai au lit, sans me déshabiller, me décoiffer ou me démaquiller. Je pleurai jusqu'à ce que mon corps ne le supporte plus et que je m'endorme.
Et voilà...
Je sais, Bella vous donne des envies de la baffer !
Elle résiste comme elle peut...
Je vous souhaite de très bonne fêtes de Noel !
A la semaine prochaine pour un autre chapitre.
Biz
