Chapitre 15- Jour de Noël et retour à Poudlard
Néa se réveilla très tôt ce matin-là en se levant, elle découvrit une robe en satin rouge mi- longue et à volants sur le dossier de son fauteuil. Elle alla dans sa salle de bains et se débarbouilla, puis enfila sa robe et noua ses cheveux avec un ruban rouge. Elle choisit une paire de ballerines rouges et sortit de sa chambre en se demandant si son père était déjà levé. Elle courut jusqu'au salon et entra en trombe pour tomber nez à nez avec son père qui haussa un sourcil :
-Bonjour Antinéa, dit-il, puis-je savoir ce qui te rend d'humeur aussi joyeuse ?
-Ah bonjour père, fit-elle avec un sourire, mais enfin, c'est Noël aujourd'hui, vous avez oublié ?
-Bien sûr que non, dit Severus en souriant légèrement, ce qui fut déstabilisant pour Néa qui n'avait pas eu l'occasion de le voir sourire beaucoup depuis son arrivée, Joyeux Noël à toi, Antinéa.
-Joyeux Noël, père.
Elle regarda autour d'elle, le salon était magnifique. Il était vraiment bien décoré, il y avait des guirlandes rouges et vertes. Non loin de la cheminée, il y avait un sapin gigantesque et magnifiquement décoré, et dessous, il y avait beaucoup de paquets. Sur les meubles se trouvaient des maisons en pain d'épice, des petites reconstitutions de villages de Noël.
-Allons déjeuner, nous ouvrirons tout cela après, lui annonça-t-il.
-Oui, père, répondit-elle avec un sourire enthousiaste.
Néa n'arrêta pas de parler, tout le long du déjeuner. Severus était désormais un fin connaisseur de lutins du Père Noël et connaissait parfaitement l'emplacement secret, avait-elle dit, de l'atelier de celui-ci, au pôle Nord entre trois sapins géant et décorés toute l'année.
Après le petit déjeuner, ils ouvrirent leurs cadeaux. Néa reçut des friandises, une balançoire magique que les elfes avaient installée dans le parc, de nouvelles robes pour elle et sa poupée. Les Malefoy passèrent au manoir et Néa reçut un livre de contes animés de sa tante et un élastique magique. Le début d'après-midi était assez calme, Severus était installé dans le salon en train de lire son hebdo de potions. Soudain la porte s'ouvrit brusquement, et Néa apparut en courant, trop vite malheureusement, puisqu'elle trébucha et atterrit à plat ventre sur le sol. Severus se releva vivement mais, quand il aperçut sa fille s'étrangler de rire, il se rassit tout aussi vivement, un air impassible sur le visage :
-Père ! Je viens d'avoir une idée super géniale ! s'exclama Néa, ravie
-Vraiment ? Et qu'elle est-elle ? demanda Severus, suspicieux quant aux idées parfois excentriques de sa fille.
-Eh, bien, nous avons bien un lac ? demanda-t-elle.
-Oui, effectivement.
-Chouette ! Il doit être gelé alors, dit-elle
-Pourquoi, tu voulais aller te baigner ? demanda-t-il sarcastiquement.
-Ben non, dit Néa en roulant des yeux, j'aimerais faire du patin à glace !
-Serait-ce moldu ? demanda Rogue avec une moue dégoutée.
-Oui, mais à l'académie on avait un lac en glace éternelle, et on faisait du patin, j'aime beaucoup cela, dit–elle avant de faire une grimace triste, j'aimerais tellement recommencer…
« Merlin ! pensa Severus, elle sait y faire. »
-Eh bien, avec les derniers événements, tu n'as pas beaucoup profité de tes vacances, donc je peux t'accorder ce privilège.
-Ah, merci beaucoup, père, s'exclama Néa, plus que ravie, je vous adore, ajouta-elle en se jetant dans ses bras et l'embrassant sur la joue.
Severus en fut choqué, jamais au grand jamais quelqu'un lui avait montré autant d'affection. Ce fut mal à l'aise qu'il se débarrassa de sa fille et ordonna aux elfes d'acheter des patins à sa fille et de sécuriser le lac. Le lendemain, tout était prêt et Néa passa toute la journée dehors sur le lac. Severus l'observait de loin, virevoltant par-ci, tournoyant par-là. Il est vrai qu'elle était gracieuse et ses mouvements étaient souples. Le problème fut qu'elle ne prétendit plus rentrer au manoir, il dut aller la chercher lui-même. Le même soir, elle s'endormit bien vite.
Samedi matin, Néa devait se rendre dans le bureau de son père après avoir fini ses malles. Ce qu'elle fit puis se rendit dans les appartements de son père. Il n'était pas encore là, et Néa décida de se rapprocher du gentil portrait :
-Bonjour madame, est-ce que vous parlez ? demanda-t-elle poliment.
-Antinéa, bien évidemment, répondit la jeune dame dans le portrait.
-Vous connaissez mon nom ? demanda Néa incrédule.
-Oui, répondit le tableau, l'air amusé, mon Severus parle souvent de toi.
-Mais qui êtes-vous exactement ?
-Ma chérie, je suis ta grand-mère, je me nomme Eileen Prince, répondit le tableau.
Elles passèrent quelques minutes à se parler. Puis Severus entra l'air intrigué, il le fut encore plus quand sa fille dit au portrait de sa mère :
-Au revoir grand-mère, vous étiez tellement belle et j'aurais réellement aimé vous connaitre, dit la petite en faisant sa plus belle révérence.
-Suis-moi Antinéa, dit-il à sa fille puis se tourna vers le tableau, mère, dit-il en la saluant.
Néa attendait debout devant le bureau :
-Assieds-toi, dit Rogue en attendant que sa fille s'exécute, bien, si je t'ai appelée, c'est parce qu'il va falloir parler de Poudlard.
-Je vous écoute, père, répondit Néa.
-Je veux que tu aies un comportement exemplaire et des notes avoisinant au moins E+ , donc tu as intérêt à travailler pour histoire de la magie. Tu ne prends pas Laly avec toi et si j'apprends que tu l'as utilisée à l'école, ça ira mal. N'oublie pas que tu n'es pas à l'abri d'une punition ou d'une correction si tu désobéis ou si tu ne respectes pas le règlement de l'école, je serai au courant quoi qu'il arrive. Est-ce compris ?
Néa, qui avait pâlit à l'énonciation de la correction, s'empressa de répondre :
-Oui…
-Je te demande pardon ? fit-il menaçant.
-Pardon père, oui père, répondit-elle vite.
-Ce qui nous amène au point suivant, continua Rogue. J'exige toujours autant de respect mais tu peux me nommer professeur, ce que je crois que tu feras.
Néa hocha la tête
-Demain, dans le train, tu iras avec Drago. Je ne veux pas te voir avec Potter ou Weasley…
-Mais ce sont mes amis ! Je préfère rester avec eux plutôt qu'avec Drago.
-Baisse d'un ton, fais attention, ne me coupe plus la parole ou je mettrai mes menaces à exécution plus vite que tu ne le crois. Tu vas m'obéir, tu resteras avec Drago, point final. Et tu as intérêt à être sage et à ne pas te battre avec lui, sinon je te corrigerai devant toute la grande salle.
Néa pâlit instantanément.
-Oui, père, répondit-elle d'une voix blanche.
Le lendemain, Néa transplana avec son père à Kings cross directement sur le quai où se trouvaient déjà les Malefoy. Néa avait déjà enfilé son uniforme, il était plus beau que l'ancien, la matière plus légère et d'un noir encore plus profond. Il y avait ses initiales gravées en fil d'argent en dessous du blason Serpentard. Elle s'était coiffée pour l'occasion d'un simple serre-tête en soie verte.
Elle monta dans le train et alla avec Drago, elle espérait voir Harry ou Hermione, avant de se rappeler qu'Harry passait ses vacances au château. Bientôt ils furent rejoints par leurs amis de Serpentard. Le trajet se passa vite, Néa discutait avec Pansy, Daphné et Tracey et heureusement Drago l'ignora. Le train continua son chemin dans la nuit qui commençait à tomber.
Enfin, ils arrivèrent et prirent les diligences qui les ramenaient à l'école. Néa demanda à ses amis d'y aller et ajouta qu'elle allait arriver. Elle attendait près de l'entrée de la grande salle quand elle le vit. Harry se tenait à quelques mètres d'elle avec Ron et Hermione. Il vit Néa et eut un sourire, la jeune fille se jeta dans ses bras et fit de même avec Hermione. Quand à Ron, elle lui serra la main avec un sourire non réciproque :
-Harry, Hermione, vous m'avez manqué, dit Néa au bord des larmes, alors vos vacances ?
-Oh, je suis restée chez moi, répondit simplement Hermione, j'ai travaillé pour l'école.
-Au château, tout s'est bien passé, mais tu m'as manqué... dit-il rougissant
Soudain une voix méprisante que Néa connaissait trop bien les interrompit :
-Tiens, tiens, tiens Potter. Qui t'a donné l'autorisation de parler à Antinéa ? demanda innocemment Drago
-Drago…, murmura Néa froidement, va-t'en.
-J'aimerais mieux que de côtoyer ces minables mais je dois m'assurer que tu arrêtes de les fréquenter. Et tu n'as pas d'ordre à me donner.
-Et pourquoi devrait-elle t'écouter ? s'exclama Harry dont les yeux viraient au noir, elle n'a rien à voir avec toi, tu ferais mieux de dégager Malefoy.
-Ah, je vois, ria Drago, Néa, tu as menti à ton ami ? Moi qui pensais que ma cousine avait l'esprit ouvert sur la sincérité.
-Néa, que veut-il dire ? demanda Harry, complètement perdu.
-Harry, je…, essaya de dire Néa mais elle fut interrompue par Drago qui jeta de l'huile sur le feu.
-Voyons Potter, elle ne t'as pas dit que, pendant les vacances, elle avait gagné quelques rangs dans notre société ? Eh, bien, Antinéa, ce n'est pas bien de mentir à ses amis.
-Mentir ? Je ne comprends plus rien, explique-toi Malefoy, ordonna Harry.
-Non Drago, dit Néa suppliante avec les larmes aux yeux, s'il te plait…
-Sache que tu as devant les yeux, ma cousine de sang, Antinéa Rogue, répondit-il avec un sourire satisfait sur les lèvres.
-Quoi ? Néa, c'est vrai ? demanda Harry, presque horrifié, tu…toi…. La fille… de … Rogue ?
-Je… Je suis désolée, Harry, pardonne-moi, supplia Néa en sanglotant avant de partir en courant vers les cachots.
Hermione laissa les garçons se débrouiller et rattrapa Néa :
-Néa, arrête de pleurer, dit-elle en la serrant dans ses bras.
Pendant ce temps, Harry, encore sous le choc et sous le coup de la colère, se retourna vers Malefoy :
-Tu l'as faite pleurer, sale petit crétin snobinard, dit-il rageusement.
-Surveille tes manières Potter, répliqua Drago froidement, que crois-tu ? Elle n'est plus de ton rang, bientôt elle sera fiancé à un sang pur. Fais-toi à l'idée, et puis je ne te laisserai pas sortir avec ma cousine et, à mon avis, son père non plus.
-Franchement, comment peux-tu lui faire du mal ? Comme tu l'as dit, elle est de ta famille, dit Harry.
-Eh, bien, nous n'avons pas le même sens du mot famille, répondit Drago, quoi que toi tu ne dois même pas l'avoir, avant d'éclater de rire avec ses amis.
Harry ne se fit pas prier et sauta sur Malefoy, ainsi pendant 10 minutes ils se battirent. Les coups volaient et les autres ne voulaient pas s'en mêler. Malchance pour eux, Severus passait par là et il n'était pas content du tout. Il revit la scéne qu'il venait de vivre, quelques instants auparavant:
Hermione tenait toujours Néa en pleurs dans le hall des cachots quand Severus sortit de son bureau.
-Je peux savoir ce qui… Antinéa ? Que se passe-t-il ? Granger !
-C'est à cause de vous ! s'exclama Néa, ici, tout le monde vous déteste donc on va me détester ! Personne ne devait le savoir mais cet imbécile à tout fait échouer ! Je vous déteste ! s'écria-t-elle avant de partir en courant.
-Granger… dit-il glacialement, montrez-moi tout de suite ce qui a mis ma fille dans cet état.
-Bien, Professeur, répondit Hermione, résignée.
Severus suivait Hermione qui montait les escaliers. Quand ils arrivèrent dans le hall, Harry et Drago étaient l'un sur l'autre, se donnant des coups. Oh, oui, Severus était de mauvaise humeur !
Severus s'approcha des deux jeunes gens et les empoigna d'un coup, puis les entraina jusqu'à son bureau et les jeta contre un fauteuil.
-Alors ? J'écoute, cria-t-il avec des yeux noirs, lequel de vous l'a faite pleurer ?
Harry lui jeta un regard noir avant de se retourner méchamment vers Drago, Severus le remarqua :
-Bien 20 point de moins pour Gryffondor, et vous viendrez cette semaine en retenue, Potter. Maintenant dehors, dit-il d'une voix sèche.
Harry s'exécuta et retourna dans le hall où il vit Hermione et Néa :
-Néa, demanda-t-il doucement, viens, je veux te parler.
Néa hocha la tête et le suivit dehors, ils allèrent à côté du lac. Il restait du temps avant le banquet :
-Néa… je me fiche de ce qu'a dit Malefoy ! dit-il comme un chevalier, tu le sais, je t'aime beaucoup.
-C'est vrai ? Mais… mais… pour mon père ?
-Néa, tu sais très bien qu'il me déteste mais ça ne change rien, je t'aime comme tu es. Et puis, il n'est pas obligé de le savoir.
-Il le saura, mais je veux bien prendre le risque, je n'ai plus rien à perdre. Je t'aime aussi, Harry.
-On essayera d'être discret, mais ne me demande pas d'être ami avec Malefoy.
-Oh, ne t'en fais pas, je ne sais pas si tu as remarqué mais je ne m'entends pas vraiment bien avec mon cousin.
Harry s'approcha d'elle et lui déposa un baiser rapide sur les lèvres, avant qu'ils ne rougissent tous les deux. Ils retournèrent à deux vers le château.
Pendant ce temps dans les cachots :
-Je veux savoir, qu'as-tu dit ?
-J'ai dit à Potter qu'il n'avait pas à parler à Néa, ce qui est vrai ! S'exclama-t-il.
-Une octave plus basse ! Et c'est pour cela qu'Antinéa pleurait ? Ou tu as rajouté quelque chose ?
-J'ai dit à Potter son vrai nom de famille, répondit-il en baissant les yeux.
-Tu me déçois, Drago, tu viendras en retenue samedi et dimanche, dit Rogue d'une voix ferme. Si je ne t'enlève pas de point, Drago, c'est parce que je ne veux pas pénaliser Serpentard pour ta bêtise mais je vais écrire à ton père.
-Non, murmura Drago, pâle comme un mort, parrain s'il te plait.
-Drago, dit-il en se passant les mains sur le visage, je n'ai pas le choix, maintenant retourne au banquet.
-Oui, professeur, répondit-il froidement avant de quitter le bureau.
