Je pensais avoir publié le chapitre ce soir.

Mais en fait, non ._.

Vous avez le droit de me jeter des peluches, je suis vraiment un étourdie... Désolée ?

Bon, pour ce chapitre, pas de warning, parce que c'est plus dépressif que choquant... Mais vous pouvez avoir un câlin à la fin de votre lecture (N'utilisez pas cette excuse pour me découper et me lacérer, je cours vite, très vite :D) !

Bah... Je sais pas quoi dire de plus dans cet intro'. (La fatiiiiiiiiiiiigue)

Ah, si : enjoy... Si vous le pouvez NYAHAHAHAH

Disclaimer : Les personnages cités ne m'appartient, tout est la propriété de Mathieu Sommet... Et ce magnifique dessin en haut à gauche est la création d'Ayane 45, via DeviantArt !


Chapitre 14 | Et de cinq

Ils marchèrent pendant un long silence. Pour la première fois, Maître Panda avait obéi aux ordres qu'on lui avait donné, c'est-à-dire suivre le colosse sans rien dire.

S'il le faisait, c'était essentiellement pour protéger la Fille, qui, il le savait, ne s'était toujours pas remise de ce qui lui était arrivé. Elle tremblait de tous ses membres et suivait sans rien dire leur geôlier, terrorisée par ce qui aurait pu se passer si elle s'était débattue une nouvelle fois. Ses cheveux blonds étaient décoiffés et partaient dans tous les sens, et son souffle haletant prouvait qu'elle restait sur le qui-vive.

Le mélomane sentit le gaillard le tirer violemment par la capuche pour l'inciter à aller plus vite. Sans rien dire, il accéléra, ses pas résonnant dans le couloir étroit.

Au bout d'un moment, ils s'arrêtèrent devant une porte, d'à peu près les mêmes proportions que celle de la cellule du chanteur, et la Fille tiquer devant celle-ci. Elle jeta un coup d'œil nerveux à leur gardien, avant que celui-ci n'ouvre la porte, et le Panda vit dans son regard une lueur d'appréhension. Apparemment, déduisit la personnalité en kigurumi, elle savait ce qu'il y avait derrière.

Au début, quand la cloison s'ouvrit dans un grincement, il ne vit rien. Puis, petit à petit, il distingua deux masses noires recluses dans la pièce ; l'une était contre le mur gauche, ses bras entourant ses genoux, et l'autre se balançait dans un coin au fond à droite dans la même position.

À côté de lui, il sentit la Fille tressaillir. Il lui jeta un discret regard, avant de reporter son attention sur la pièce.

Et là, soudain, il reconnut les deux personnes dissimulées dans la pénombre avec un frisson d'effroi.

La masse noire à gauche, habillé d'une tenue de prêtre, s'était soudainement recroquevillée à leur venue. Sa capuche lui masquait une partie de la tête, mais ses yeux brillaient d'un éclat terrorisé. Les jointures de ses mains agrippées à ses genoux étaient blanches, tant il semblait vouloir disparaître.

Et l'individu se balançant silencieusement dans un recoin d'ombre, sa blouse auparavant blanche complètement salie et les lunettes de travers, fredonnait d'un ton presque inaudible, les yeux rivés sur le sol. Un léger sourire nerveux barrait son visage, lui donnant l'air complètement dément.

Le chanteur frémit en voyant le Moine et le Prof. Ils étaient méconnaissables. L'un semblait vouloir se dissimuler au regard du monde, tandis que l'autre paraissait fou à lier.

Il tourna la tête vers la féministe à ses côtés, mais elle ne réagit pas. Ses yeux s'étaient comme éteints, et seul le tremblement de ses mains lui indiquait qu'elle tenait compte de la situation.

Complètement horrifié par la scène, il vit leur gardien pousser sans aucune délicatesse la blonde dans la cellule, avant de faire un geste pour ramener le Panda à l'extérieur de la salle. Mais celui-ci se raidit :

— Les gars ? les appela-t-il dans l'espoir qu'ils lui répondraient.

Il y eut plusieurs réactions, mais aucun ne lui répondit.

Le Moine se renferma encore plus sur lui-même, et les épaules du Prof tressautèrent, comme s'il était pris d'un fou rire. Ce qui s'avéra vrai car un instant plus tard, un léger ricanement retentit dans la pièce tandis que le prêcheur de Dieu se mettait dangereusement à trembler.

Le chanteur écarquilla les yeux, ne sachant absolument pas ce qui se passait. Il tenta de trouver une réponse auprès de la Fille, mais celle-ci abaissa les épaules, comme résignée et habituée aux réactions de ses compagnons.

Horrifié, le mélomane comprit qu'il avait eu tort. Depuis le début, il pensait que rien ne s'était passé, que rien n'était arrivé aux autres.

Comme il s'était trompé.

Il réalisa que s'ils avaient été séparés, ce n'était que pour mieux les briser. Que les premiers à être passés pendant leur attente interminable dans leur cellule, c'était eux.

Un frisson glacial lui parcourut l'échine, avant que le grand gaillard ne le ramène d'un geste beaucoup plus rude à l'extérieur de la pièce ; mais lui ne pouvait pas détacher son regard de ses amis, de sa famille qui semblait brisée.

La porte se referma devant lui.

Mais sa vision du Moine recroquevillé sur lui-même, du Prof riant comme un dément et de la Fille se tenant debout au milieu de la pièce restait comme marquée au fer rouge dans son esprit.

Il ne tint pas compte du chemin qu'ils prirent. Ses yeux restaient dans le vague, soutenant la même image de sa famille brisée, tandis que ses pas suivaient le rythme du colosse d'un air machinal.

Après ce qui lui parut un long, très long moment, ils s'arrêtèrent devant une porte. Décidément, elles se ressemblaient toutes, et cela n'aurait pas étonné le Panda si on lui avait dit qu'il était revenu à son point de départ. Son gardien sortit négligemment une clé de la poche de son jean usé, et la tourna dans la serrure. La porte s'ouvrit dans un grincement qui devenait caractéristique de cet endroit, puis le chanteur fut poussé à l'intérieur de la pièce.

La cloison amovible se referma brutalement derrière lui. Alors qu'il s'apprêtait à être plongé dans le noir, il sentit une chaude lumière lui caresser le front. Surpris, il releva brusquement la tête, avant de papillonner des yeux, aveuglé.

Un léger rayon de soleil venait lui barrer les yeux, passant à travers une brèche dans le mur. Le chanteur comprit, vu l'angle et la hauteur de la fissure, qu'il devait être tard, voire même que la nuit tombait. En effet, si la trouée permettait de faire passer la lumière, un léger souffle de vent le fit frissonner de froid.

Il mit un moment avant de réaliser l'état de sa situation.

Il était seul. Seul dans une cellule à part.

En cage.

La peur et l'anxiété qu'il avait refoulées depuis le début de leur cauchemar explosait en lui comme une bombe à retardement.

Il frissonna à nouveau, et cette fois-ci, ce n'était pas de froid.

En cage.

Son regard ne se détachait pas de la brèche, et pourtant, ses pensées étaient à mille lieues de là. Un trop-plein d'émotions se déchaînait en lui, comme un barrage cédant face à une rivière.

En cage.

Il se devait de garder le contrôle. Il était le seul à pouvoir encore se rebeller. À essayer de changer les choses.

En cage.

Ses mains se crispèrent instinctivement, et ses sentiments, qu'il s'efforçait de cacher, prirent le dessus.

En cage.

Puis, sans qu'il ne puisse se retenir, ses jambes se dérobèrent sous lui. Il s'écroula au sol, à genoux dans la poussière, et ferma les yeux de toutes ses forces pour échapper aux imposants murs qui l'encerclaient.

Pour oublier.

En cage.

Mais le mot revenait sans cesse dans son esprit à deux doigts de craquer. Le chanteur réussit à desserrer les poings, mais ses mains agrippèrent violemment les deux oreilles de son kigurumi. Un gémissement plaintif lui échappa du bout des lèvres.

Il perdait.

En cage.

Il perdait face aux murs oppressants, qu'il voyait presque se transformer en barreaux. Il perdait le contrôle, tombant de plus en plus dans la psychose.

Oui, il perdait… Il était…

En cage.


Le Geek continuait d'essayer d'apaiser le Hippie en le berçant contre lui. Si les tremblements du camé s'étaient légèrement amoindris, il semblait avoir plongé dans une sorte de délire auquel lui seul avait accès.

Depuis que Maître Panda lui avait confié le drogué agité de spasmes, il n'avait plus rien entendu. Le chanteur n'était pas revenu, n'avait pas été ramené. Pour des soucis de confort, il s'était rassis contre le mur, et avait gardé le drogué contre lui : hors de questions de le laisser livré à lui-même.

Il ne restait plus que lui et le Patron.

Le criminel n'avait toujours rien dit. Il semblait s'être plongé dans une bulle protectrice, comme un cocon qui l'empêchait de voir le monde extérieur.

En réalité, il ne restait plus que lui.

Sans le soutien et la protection du mélomane. Sans la présence du dégénéré sexuel qui, même si elle était dangereuse et hostile, se trouvait être rassurante. Sans le calme et relaxant esprit du pacifiste.

La responsabilité qui s'abattait d'un coup sur ses épaules pesait très lourd. Il n'était pas d'un naturel très combatif, ce n'était un secret pour personne et pourtant, depuis leur emprisonnement, il avait pris sur lui pour supporter les changements, aidé et rassuré par la présence de ses compagnons.

Mais là, la pression était forte, plus forte que jamais elle n'avait jamais elle ne l'avait été.

Et le corps tremblant dans ses bras, qu'il s'efforçait de calmer, ne l'aidait pas à garder son calme. Il aurait voulu pouvoir faire quelque chose, se rebeller, ou bien aider son prochain comme le Hippie qui ne cessait toujours pas de s'agiter.

Mais il n'en avait ni la force, ni le courage.

Le gamer jeta un coup d'œil suppliant à la petite lucarne toujours en haut de la cellule. Il était resté dans la pièce depuis un bon bout de temps, et absorbé par les évènements, il n'avait pas vu le jour se lever ou bien se coucher. Il comprit qu'ils étaient dans cette prison depuis bien trop longtemps en voyant que la nuit était tombée cela faisait presque une journée qu'ils étaient enfermés, dans des conditions déplorables, et déchirés de part et d'autres.

Une situation horrible, et insoutenable depuis vingt-quatre heures.

Le Geek serra un peu plus le Hippie dans ses bras, autant pour réconforter le pacifiste que lui-même.

La nuit allait être longue. Trop longue…


Avant toute réaction, sachez que je vous aime, hein :D

Sur ce, je m'en vais dans mon bunker ! *lalalalala ils ne me trouveront paaaaas*

À dans quatre jours les pandas, et n'hésitez pas à laisser une review ;)