Chapitre 14 : Séduction
Hermione ouvrit les yeux à huit heure, ce samedi matin. Elle avait remarquablement bien dormi. La potion de sommeil sans rêves avait été efficace. Elle rejeta sa couette et se dirigea en chantonnant vers la salle de bain. Aujourd'hui, elle allait manger avec Severus, seul à seule. Ils avaient à discuter, avait-il dit. Pour sa part Hermione avait tout dit mais elle n'hésiterait pas à lui répéter jour après jour à quel point elle l'aimait, jusqu'à ce qu'il craque et l'admette enfin. Et en ce jour, elle avait bien l'intention d'utiliser un autre moyen pour le convaincre. Le séduire…
Pendant ce temps, Severus, était sorti à Pré-au-Lard faire l'emplette de quelques ingrédients manquant de son laboratoire. Ou plutôt, remplacer ceux qu'il avait pulvérisé la veille. Sa nuit avait été agitée. Il s'était réveillé souvent, en proie aux affres du désir. A cinq heure il s'était levé, avait pris une douche et était sorti s'éclaircir les idées.
Le Maître des Potions remontait lentement le chemin allant de la grande grille au château, les poches chargées d'ingrédients divers et variés. Il vit au loin Minerva McGonagall qui semblait l'attendre. Il pressa le pas, persuadé qu'elle ne le laisserait pas en paix tant qu'il ne se sera pas expliqué à propos de la visite d'Hermione, la veille au soir.
—Bonjour Severus. Avez-vous vu Hermione ce matin ?
—Absolument pas Minerva. Miss Granger est repartie de chez moi à une heure parfaitement décente et en bonne santé, assura Severus d'un ton narquois.
—Donc, vous l'avez vue hier soir ?
—Puisque vous lui avez soufflé la façon de s'introduire chez moi, alors oui, je l'ai vue ironisa-t-il.
La vieille directrice eut la bonne grâce de paraître gênée. Elle eut quand même un petit sourire car il n'avait pas l'air de lui reprocher son geste.
—Je ne veux pas m'immiscer dans votre vie, Severus, mais je suis à la recherche d'Hermione. Je n'arrive pas à la trouver, je voulais l'inviter à déjeuner avec moi.
Son ami haussa les sourcils.
—j'ai bien peur que Miss Granger ne soit pas disponible ce midi, susurra-t-il.
—Que voulez-vous dire ? Vous l'avez déjà invitée ? Fit Minerva, enchantée.
—Elle et moi avons à discuter, surtout de la façon dont elle me poursuit, continua-t-il moqueur. Et cessez de vous inquiéter, la voici votre protégée, je ne l'ai pas trucidée ! Fit-il en désignant la grille du parc.
Le temps que Minerva se retourne pour voir Hermione cheminer le long du sentier, Severus s'était éclipsé. Il n'était pas encore prêt à la revoir. Il avait besoin de s'apaiser en effectuant le rangement de ses achats, en se plongeant dans un livre ou toute autre activité pour éviter de penser à elle. Midi serait là bien assez tôt. Il était déjà dix heures !
La jeune femme sourit à son ainée. Minerva la serra dans ses bras et s'enquit.
—Comment cela s'est-il passé Hermione ? Il a l'air d'être dans de meilleures dispositions.
—Cela a été assez dur mais cela s'est arrangé, plus ou moins. Il m'a invité à midi pour parler.
—Mais c'est plutôt bien, non ? Au moins il ne refuse plus le dialogue.
—Non, c'est un fait, mais il a été assez percutant hier soir.
—En même temps, il s'agit de Severus Snape, pas d'un petit sorcier sans caractère !
Hermione se mit à rire. Elle acquiesça bien volontiers.
—Je dois être folle d'aimer un tel homme. La vie avec lui ne sera sans doute pas de tout repos. Enfin, si tout ce passe comme je le souhaite….
L'écossaise lui posa une main sur le bras.
—Ma chère petite, je suis persuadée que Severus va vous apporter ce que vous attendez de lui. Il est loin d'être idiot. Il se rendra parfaitement compte de la valeur de ce que vous lui offrez, je n'ai aucun doute là-dessus. La seule inconnue, c'est le temps que cela va prendre…Avec lui, on ne sait jamais.
La directrice des Gryffondors sourit en montrant ses paquets à sa supérieure.
—J'ai fais des courses et j'ai quelques arguments là-dedans pour le convaincre, glissa-t-elle malicieuse.
La Maîtresse de Poudlard jeta un œil dans un sachet et pouffa.
—Alors là, pas de doute, il va craquer. Un homme ne résiste pas à la vue d'une femme simplement vêtue de dessous affriolants comme ceux-ci. Croyez-moi, j'en ai fait l'expérience dans ma jeunesse, roucoula la vieille femme, avec des étoiles dans les yeux.
Hermione éclata de rire. Qui eut cru que femme si raide et si stricte eut pu lui faire des confidences aussi intimes ? Minerva se reprit avec un petit sourire d'excuse.
—Allez vous préparer, mon petit, la poussa-t-elle. Il ne pourra que succomber, j'en suis certaine. Allez, allez,…
La jeune femme lui adressa un sourire radieux et se précipita dans ses appartements. Elle prit un long bain pour se détendre avant la confrontation, lava soigneusement ses cheveux et, après s'être séchée, s'enduisit le corps d'un lait délicatement parfumé aux agrumes.
Elle revint dans sa chambre et sortit délicatement ses achats des sacs. Le porte-jarretelles de dentelles vert foncé, assorti du string et du soutien-gorge, trouvèrent leurs places et elle enfila les bas de soie argentée. La longue jupe fendue du même vert que ses dessous recouvrit ses jambes et un ravissant chemisier gris vint compléter sa tenue. Elle se contempla un long moment devant sa glace et fut satisfaite de ce qu'elle voyait. Les kilos qu'elle avait perdu ces dernières semaines ne lui manquaient pas du tout. Elle espérait que Severus la trouverait belle….
Elle sursauta en réalisant que midi sonnait à la cloche du château. Par Merlin ! Elle se souvenait de la sainte horreur du retard de Severus. Si ne pas être à l'heure devait détériorer leur entente, elle ne se le pardonnerait jamais. Elle s'aspergea d'un nuage de parfum assorti à son lait de corps, balança sa cape sur ses épaules et se rendit en trombe jusqu'aux cachots. Ouf ! A peine deux minutes, il n'allait tout de même pas le lui reprocher !?
—Vous êtes en retard ! Fut la première phrase qu'il prononça.
—Bonjour à vous aussi Severus ! Je suis effectivement en retard de deux minutes. Vous n'allez quand même pas me traduire en justice ?
—Non, je serais alors obligé d'écouter tes arguments et je ne suis pas sûr de vouloir les entendre, susurra-t-il en passant derrière elle pour l'aider galamment à retirer sa cape.
Hermione fut assez surprise de son geste. Tout comme elle fut étonnée de l'entendre reprendre brusquement son souffle quand il découvrit ses vêtements.
—Très Serpentard, Miss Granger, fut le seul commentaire.
—Et tu n'as pas encore tout vu, minauda-t-elle.
Severus sentit brutalement monter sa température interne. Diable ! Si cette femme avait décidé de le séduire, il avait bien peur de ne pas être capable de lui résister. Alors qu'il aurait préféré qu'ils prennent le temps de se parler, de se connaître mieux, elle semblait résolue à imprimer dés aujourd'hui sa marque sur lui. Pauvre victime consentante, pensa-t-il, se moquant de lui-même.
Il s'éloigna d'elle et de l'appel de son corps qu'il ressentait dans toutes les fibres du sien. Il alla à la table dressée pour deux et leur servit un verre de vin blanc.
—Viens t'assoir, intima-t-il. J'ai horreur de manger froid.
Hermione s'installa à table et leva son verre pour l'entrechoquer avec celui de Severus.
—A ta santé Hermione.
—A nous !
Severus soupira. Autant trancher dès maintenant dans le vif.
—Ecoute, je suis très flatté de ce que tu dis éprouver pour moi. Pour l'homme que je suis, je ne te cache pas que c'est inespéré. Une si belle et si talentueuse sorcière que toi, tu me touche infiniment, tu le sais. Mais je n'ai pas le droit d'accepter ce que tu m'offres. Les gens ne comprendraient pas.
Hermione se pencha vers lui.
—Ceux qui ne te connaissent pas ne comprendrons pas, effectivement. Mais ceux-là n'ont aucune importance pour moi. Par contre, ceux qui te connaissent m'envieront de partager la vie d'un homme tel que toi. Peu de femme ont la chance de vivre jour après jour aux côtés d'un sorcier si puissant, si intelligent et si séduisant.
A ces mots Severus renifla de dédain.
—Bien sûr que tu es séduisant, Severus, s'enflamma sa jeune collègue. Regarde toi dans une glace ! Tu es grand, mince, musclé comme il faut. Tu possèdes une grâce majestueuse, ta démarche est fière. Tes yeux sombres sont magnifique et me font penser au lac de Poudlard. Tes lèvres sont belles, fines et sensuelles.
Justement, un rictus les tordit. Ce qui fit sourire Hermione. Elle continua néanmoins.
—Tes mains sont belles, adroites et ta voix…Ta voix me fait frémir et me séduit dès que je l'entends, finit-elle dans un souffle.
—L'amour rend aveugle ! Argumenta le Maître des Potions.
—Alors je vais rester atteinte de cécité toute ma vie !
Surprenant Hermione, Severus se mit à rire. Un rire bas et grave qu'elle ne lui avait jamais entendu. Quel son magnifique ! Pensa-t-elle émerveillée.
—Tu es incroyable. J'essaie par tous les moyens de t'éloigner de moi, peine perdue. Je te mets à la porte et tu reviens par la fenêtre ! Que vais-je faire de toi ? Soupira-t-il.
Hermione se leva et vint s'installer de force sur ses genoux, entourant ses épaules de ses bras. Elle chuchota à son oreille :
—Tu vas m'aimer, Severus. Tu n'as que cela à faire. D'ailleurs tu le fais déjà dans le secret de ton cœur, n'est-ce-pas ?
—Pas seulement au plus secret de mon cœur, aussi au plus secret de mon corps, avoua-t-il. Si tu restes là, je ne réponds pas des conséquences, murmura-t-il, jaugeant sa réaction à travers ses paupières à demi baissées.
Hermione se liquéfia sous la sensualité de sa voix. Elle planta son regard dans le sien et lut le désir brut dans les prunelles noires.
—Emmène-moi dans ta chambre, souffla-t-elle, le regard brûlant.
Il se figea puis, dans un grognement, la souleva dans ses bras et l'emporta.
