Hellooo°°° !

Je n'sais pas si pour vous c'est aussi l'enfer météorologique, mais dans mes montagnes, ça craint !

Un cagnard du feu de Dieu, plus de 30° dans l'appart' persiennes fermées et ventilateur à fond, impossible de sortir entre 9h et 20 h, à moins d'être suicidaire et de finir cuit comme un oeuf, une horreur... Heureusement, l'orage a sacrément pété cette nuit, averse de grêle en prime, et on a perdu une petite dizaine de degrés ! enfin... demain la canicule sera de nouveau de retour... Bah ! ça m'aura permit de retrouver des petits plaisirs simples, comme marcher pieds nus dans l'herbe encore recouverte de rosée à 5h du mat' ! et également avancer sur l'écriture de cette fiction ;)

Bon, 3615 ma vie vous vous en secouez le bonbon alors je passe aux reviews !

Puceron52 : ravie de voir que le pov Jasper t'a plu ! Certains chapitres seront sous différents points de vues, le prochain côté Emmett par exemple ! Et Jasper reviendra aussi, d'ici quelques chapitres... Je me tais avant d'en dire trop ! Ou pas assez, na ! Tu te poses de bonnes questions et certaines réponses arriveront petit à petit. Edward est beaucoup de choses, et ça aussi se verra au fil des chapitres, bien que certaines réponses à son sujet seront distillées dans celui-ci !

Triskelle Sparrow : Comme le dit si bien le génialissime philosophe Philippe Geluck (!) "La bêtise est nettement supérieure à l'intelligence, car toute l'intelligence du monde ne permettra jamais de comprendre la bêtise universelle, tandis qu'un peu de bêtise suffit amplement à ne pas comprendre quoique ce soit d'intelligent". Bref, l'idiote ne comprendra pas et ne comprendra malheureusement jamais... Quelle idée aussi de croiser une poule lobotomisée avec un poisson rouge trépané, on voit le résultat !

Garbage : Bienvenue sur le vol Acheroniastyx e partance pour Incubus Anomaly, je te souhaite un excellent voyage ! Effectivement, Bella n'est pas un vampire et je suis ravie de voir que cette idée te plait ! La grande révélation n'est pas prévue au programme avant un bon bout de temps et quand je vois que j'arrive moi-même à me surprendre, me demandant où je peux bien aller pêcher de telles idées, je ne pense pas me tromper en affirmant que tu seras surprise toi-même ! en bien ou en mal, on verra ça en temps voulu ;)

Magdalyn88 : What's up Maaaaad ! contente de voir que mon nouveau délire te plait et surtout de t'y trouver ! Tes petits surnoms sont pas mal et ça me fait penser à un truc, tu sais quel est le seul animal au monde capable de changer de sexe en moins de deux secondes ? Bah voyons ! C'est évident ! Le morpion ! Ah... Edward en mode létal... tu le retrouveras dans d'autres chapitres, je te rassure ! à + ma guedin ! Bizzz

Samystère : Et oui, l'amour soigne bien des maux ! Quant à Tanya, gardera/ gardera pas sa tête, je me tâte encore sur la question... En ce qui concerne le changement d'Edward, ça se développera au fil des chapitres !

Et merci à Ptitcoeurfragile, Kyssou et Sandry pour vos commentaires !

Et un autre MERCI à Méla Cullen pour son formidable boulot de relecture ! Wéééé ! Les Mèls sont les meilleures ! Mèèèèèl's poweeeer !

Bon, avant de perdre un autre neurone à raconter n'importe quoi, je me tire !

Sur ce bonne lecture et...

... ENJOY ! ! !


POV Edward :

L'aube menaçait bientôt de poindre, il fallait donc que je rentre, je n'en avais pas le choix.

J'aurai largement préféré passer la journée avec Bella, surtout après la nuit idyllique que nous avions passés ensemble, mais elle avait raison, mieux valait ne pas créer de tensions supplémentaires, il y en avait déjà suffisamment !

J'avançais jusqu'à la villa d'un pas lent, pour ne pas dire à reculons. Je n'étais pas pressé de rejoindre les autres, oh là non !

Pas que mes frères et sœurs me dérangent, loin de là, mais je savais que j'allais avoir droit au flot incessant de questions en tout genre… T'as fait quoi ? T'étais où ? Avec qui ? Et pourquoi ? Et comment ? Blablabla... Blablabla.

Et puis, pour être honnête, je n'étais pas pressé de me faire castrer et assassiner – dans cet ordre précis - télépathiquement par Rosalie. Son caractère devenait de plus en plus insupportable au fil du temps. Pire encore depuis que l'étrange créature m'avait guéri de ma « soif ». J'en arrivais à me demander comment Emmett pouvait la supporter !

Selon l'adage, « l'amour rend aveugle ». Dans le cas de mon frère, il devait déjà être sacrément myope avant de rencontrer Rosalie !

Mais ce qui me faisait reculer le plus possible l'heure du retour était la présence plus qu'étouffante de Tanya…

Je n'en revenais pas que Rosalie en soit arrivée à de tels extrêmes pour essayer d'empêcher un éventuel rapprochement entre Bella et moi. Je savais pertinemment que ma sœur ne supportait pas la Denali, elle la trouvait bien trop vulgaire, stupide et allumeuse à son goût. Rosalie n'avait toujours pas digéré le fait que Tanya ait essayé de séduire Emmett sous ses yeux, alors qu'il était encore un vampire nouveau-né. Mais Tanya est comme ça, on ne la refera pas. Elle a essayé avec Carlisle, Jasper, Emmett, Peter… En fait, tout ce qui possède une bite et une paire de couilles, pour m'abaisser à la vulgarité de la Denali – est bon à séduire. Et lorsqu'il n'y a aucun mâle potable qui se profile à l'horizon, Tanya n'hésite pas à jeter son dévolu sur les femelles…

Et pourtant, Rosalie n'a pas hésité à faire intervenir la gourde blonde dans notre pseudo conflit.

Tanya est une magnifique femme, je ne vais pas mentir, mais hormis sa superbe plastique, l'intérieur est creux. D'une bêtise illimitée en passant par sa cupidité, Tanya n'a rien pour plaire du point de vue moral ou intellectuel.

Rosalie avait cru que l'incroyable beauté de la Denali ferait fuir Bella comme n'importe quelle humaine avant elle, mais ça n'a pas marché, heureusement !

D'un autre côté, je n'en revenais pas que ma sœur ait pu avoir une pareille idée ! N'avait-elle pas eu des pensées saphiques à l'encontre de Bella ? Chose qui ne lui était jamais, ô grand jamais arrivé avec Tanya. Alors comment pouvait-elle croire que son plan ridicule fonctionnerait ?

Bella…

Je marchais sur un petit nuage, me repassant sans cesse les évènements de cette nuit. Pour la première fois depuis mon éveil dans cette nouvelle existence, j'étais heureux, réellement heureux. Apaisé. Serein.

Je pouvais toujours sentir sur mes lèvres le goût sucré des siennes, je ne voulais pas quitter sa saveur ensorcelante, c'était la seule chose qui me permettrait de tenir la journée à venir en attendant de la retrouver. Jamais je n'aurai pu imaginer ressentir une telle déferlante sensorielle d'un baiser et bon Dieu que c'était bon !

Je me sentais vivant, incroyablement vivant, et il n'y avait aucun mot pour décrire mon ressenti. J'étais presque arrivé à la maison et j'entendais de vagues disputes mais… je m'en foutais royalement ! Rien ne pourrait m'empêcher d'être heureux.

J'étais si heureux que je voulais le hurler sur tous les toits, le crier au monde entier, partager mon bonheur avec tout le monde !

J'entrais dans la villa et saluais les membres de ma famille. J'étais si heureux que je voulais leur faire partager mon bonheur ! Est-ce donc ça, être amoureux ? Bon sang, je veux me sentir comme ça constamment ! J'enlaçai Esmée, étreignis Carlisle… et Alice… et Emmett… Jasper… et même Rosalie ! Rien ne pouvait menacer ma joie, absolument rien. Je me sentais si bien ! J'avais toujours entendu dire que « l'amour donne des ailes », aujourd'hui, j'étais prêt à la croire. Je planais littéralement de joie, je pourrais presque voler tant ça me rendait léger !

Je me jetais dans un fauteuil en soupirant de félicité, mes pensées axées sur Bella, lorsqu'un hurlement strident me déchira les tympans. Je sentis un poids se jeter sur moi et tournais alors la tête brusquement, évitant de justesse que la bouche gluante de Tanya ne pollue la saveur de Bella toujours présente sur mes lèvres.

- Non mais ça va pas, Tanya ? Qu'est-ce qu'il te prend ?

- Bah quoi Eddyyyy ! J'ai pas le droit à mon « bonjour » ? Elle papillonnait des cils, une moue boudeuse aux lèvres. Se rendait-elle compte à quel point elle était ridicule ?

- Tu fais partie de ma famille ? Non ! Alors « au-revoir » !

Je la repoussais comme je le pouvais, mes ses ongles griffus enfoncés dans mes épaules et ses jambes s'emmêlant tant bien que mal aux miennes rendaient la tâche ardue. Bon sang ! Quand rentrera-t-elle dans son crâne épais que je ne veux pas d'elle ? Je croisais le regard de Jasper et le suppliais silencieusement de m'aider à me débarrasser de Tanya. Il eut pitié de moi et ceintura la blonde, mais il eut bien du mal à la détacher de sa prise.

Pfff… elle est pire qu'un chewing-gum collé sous la godasse, celle-là !

Emmett vint alors à la rescousse et j'arrivais enfin à me débarrasser de la Denali grâce à mes frères. Au moment où elle s'écartait enfin de moi, elle inspira profondément et son regard se noircit instantanément, son visage se déformant en proie à une colère noire.

- Pourquoi tu sens comme cette saleté d'humaine puante, Eddy ? Son… son… son baleine fatigue est partout sur toi ! Cracha Tanya.

- On dit « haleine fétide » Tanya ! Ricana Emmett.

- On s'en fout ! Je veux savoir pourquoi tu sens comme elle !

La jalousie la rendait particulièrement furieuse, enlaidissant ses traits. Non mais de quel droit se permet-elle de dire de telles choses ? De quel droit gâche-t-elle ma joie ? J'eus toutes les peines du monde à maîtriser ma colère.

- Tu n'es pas en position de vouloir ou exiger quoique ce soit, Tanya. Ce que je fais et avec qui ne te concerne en rien. Tu n'as aucun droit sur moi, il serait temps que tu te le rentres une bonne fois dans le crâne ! Ma voix sourde et venimeuse me paraissait étrange, je ne supportais plus les insinuations de cette cruche.

Je me jetais une fois de plus dans mon fauteuil et me perdais dans la contemplation de mes doux souvenirs de la nuit. J'avais tellement hâte que la journée se termine ! Malheureusement, elle ne faisait que commencer…

Les pensées de ma famille étaient principalement centrées sur mon sourire. Un sourire idiot ? Non mais quoi, encore ! Je ne souris pas bêtement, moi ! Je préférais donc les mettre en veilleuse et penser à Bella… À ses lèvres… Ses mains… Son rire… Son corps…

jamais vu aussi heureux… une nouvelle sœur… voleur de vie… trop génial… non mais c'est quoi ce sourire de gland… oh mon tout-petit… Volturi sur le dos… comme il a l'air heureux… je suis si contente… sale égoïste… si heureux… saleté d'humaine voleuse d'homme… souriant… à moi… jamais vu comme ça… puisqu'elle ne veut pas comprendre… imbécile… explose de bonheur… la tuer et il sera à moi…

Cette dernière pensée me fit bondir de mon siège. Elle n'avait aucun droit !

J'avançais lentement vers Tanya, tel un fauve encerclant sa proie, incapable de contenir le grondement qui roulait dans ma gorge. Pour qui se prend-elle ? Elle n'a aucun droit sur moi ! Et ses menaces à peine voilées à l'encontre de Bella méritaient un châtiment à leur hauteur. Pour le moment, je me contenterai d'un avertissement.

J'avançais vers Tanya, elle reculait sans même s'en rendre compte. Mon bras jaillit de lui-même, comme pourvu de sa propre conscience, et ma main s'enroula étroitement autour du cou de la Denali. Je la plaquais violemment contre le mur et resserrais mon emprise sur sa trachée. Tanya se débattait, feulait, griffait, me donnait des coups de pieds mais je n'en tenais pas compte. Je ne sentais ni douleur, ni compassion à son égard. La pitié que j'avais pour elle à une époque s'envola instantanément, mon côté humain disparut, laissant place au vampire dans toute sa terrifiante splendeur J'entendais les pensées surprises de ma famille, ils ne m'avaient jamais vu ainsi, mais je n'en tenais pas compte, laissant ce brouhaha continu de côté pour me concentrer sur la menace. Tanya se débattait de plus belle et poussait des hennissements hystériques, je resserrais ma prise sur son cou.

- Approches-toi d'elle et tu auras à faire à moi… Touche-la une seule fois, tu auras à faire à moi… Essaye de mettre tes pensées à exécution et je te tue, Tanya. Me suis-je bien fait comprendre ?

Je prenais un plaisir fou à la voir ainsi, réduite à ma merci, à gémir, pleurnicher, se débattre… Elle est si pathétique avec ses fantasmes pervers et dégoûtants, ses bassesses et menaces ! J'aimais sentir l'odeur de la peur suinter par tous les pores de sa peau. Malheureusement, son esprit dépravé et vulgaire refit surface, ses pensées fantasmagoriques et impossibles m'atteignirent à nouveau de plein fouet, et elle eut l'audace de ne pas tenir compte de mon avertissement.

- J-j-je ne sais pas ce qu'elle t'a fait ! Elle t'a envoûtée ! Tu-tu ne peux pas me tuer ! Je suis ta compagne Eddyyy ! Ta fiancée ! Ta future femme ! Tu m'aimes ! TU M'AIMES ! Hurla-t-elle dans une tentative désespérée de me faire entendre « raison ». Quelle idiote !

Je grognais de plus belle, l'atmosphère vibrait de ma colère. Ma famille était figée, ne me reconnaissant pas en cet instant. Je n'avais plus rien à voir avec l'Edward qui était rentré à la maison heureux à l'aube, je n'étais plus qu'un vampire assoiffé de sang et de vengeance, devant protéger son territoire à tout prix. Et cette stupide femelle qui croyait que je l'aimais ! Comme si je pouvais désirer quelqu'un d'aussi incroyablement abject ! Je plaquais une fois de plus Tanya contre le mur qui commençait à s'effriter, puis resserrais ma poigne sur son cou.

- Tu… n'es… pas... ma… compagne… tu... ne... le… seras… jamais… JAMAIS ! Tu entends ?

Je la claquais contre le mur, encore et encore, marquant le rythme de mes propos en espérant que ça rentre dans sa misérable cervelle.

- Descends de ton petit monde d'illusions et de fantasmes abjects et accepte une bonne fois pour toutes que je ne t'aime pas ! Je ne ressens rien pour toi, RIEN ! Tu n'es qu'une créature égoïste, insipide et fourbe. Il n'y a rien d'attirant en toi, RIEN !

Je la plaquais une dernière fois contre le mur avant de la relâcher brusquement. Tanya tomba au sol, fesses les premières. Je percevais clairement son humiliation, son désir de vengeance, sa colère, sa jalousie, mais je n'en avais rien à faire. Je savais qu'elle n'en resterait pas là, mais je serais là pour la retenir, ou la tuer si nécessaire.

Je lui jetais un dernier regard haineux avant de retourner m'asseoir, mais j'avais encore une petite chose à faire avant, il était temps de remettre les pendules à l'heure. Je me plantais devant Rosalie, l'incendiais de mon regard et la pointais du doigt.

- C'est également valable pour toi. Ne te mêle plus jamais de mes histoires, mon existence ne concerne que moi, et moi seul ! Ne m'oblige pas à me déchirer avec la famille à cause de ta vanité et de ton égocentrisme, me suis-je bien fait comprendre ?

Ma sœur était bouche bée, les yeux écarquillés par l'effarement, elle n'en revenait pas que j'ose lui parler ainsi. Elle fut profondément choquée, et moi-même je l'avoue, lorsqu'elle s'aperçut qu'Emmett n'intervenait pas.

J'te comprends, Ed. J'te comprends vraiment, mais laisse-moi régler ça avec Rosie, s'il te plait. Je te promets de lui faire entendre raison.

Rosalie ouvrit la bouche à plusieurs reprises mais préféra se taire. Apparemment, elle avait peur de ma colère…

Je retournais m'asseoir dans mon fauteuil et m'enfonçais dans les coussins, le regard perdu à l'extérieur. Je savais que j'avais choqué les miens, mais je le devais. De quel droit Tanya se permet-elle de menacer ma Bella ?

Ma Bella ?

Voilà qu'à mon tour je devenais possessif…

Afin de me calmer, je me focalisais sur les évènements de la nuit passée. Cela fonctionna à merveille ! Ma colère se métamorphosa instantanément en un calme plat.

Tanya pleurnichait et gémissait, se plaignant auprès de qui voulait bien l'entendre de la façon dont j'avais osé me conduire avec elle, ma « compagne », ma « fiancée ». Rosalie quant à elle fonça dans sa chambre, à la fois scandalisée par mon comportement et en colère contre Emmett qui ne l'avait pas défendue. Elle se sentait trahie, mais refusait d'admettre qu'elle-même nous avait tous trahis en faisant venir Tanya à Forks.

Ma famille, bien que profondément choquée par la colère que j'avais pu manifester quelques instants plus tôt, était plutôt heureuse de me voir aussi souriant. Apparemment, ils n'y avaient pas été habitués depuis toutes ces nombreuses années.

Jasper, assis au sol, le dos contre mon fauteuil, avait un sourire particulièrement béat aux lèvres et les yeux rêveurs. Je lui donnais un léger coup de genou contre l'épaule afin de le ramener parmi nous. On aurait dit qu'il planait, il ressemblait à ces humains qui fument de l'herbe.

- Hein ? Euh… Ouais Edward ?

- Bah… Qu'est-ce qu'il t'arrive, Jazz ?

- Rien de grave, t'inquiète pas pour moi ! Je me suis en quelque sorte branché sur tes émotions. C'est le pied total ! Ça me rappelle étrangement la fois où j'ai fumé de l'opium quand j'étais humain ! Je kiffe !

- T'es défoncé ?

- Non petit frère, tu es défoncé, je profite simplement de l'effet kiss-cool, nuance !

- J'ai vraiment l'air aussi idiot ?

À le voir ainsi, un sourire niais au possible aux lèvres, les yeux à moitié vides et aussi détendu, je ne pus m'empêcher de penser qu'il se moquait de moi. Mais lorsque des « oui » tonitruants me répondirent, je fus gêné. Pourquoi l'amour devrait-il nous rendre aussi idiots ?

- Parce que vous êtes des mecs, petit frère ! Et les mecs deviennent idiots d'aimer ! Ricana Alice en se jetant au cou de son mari.

Esmée m'observait, un sourire heureux fendant son doux visage maternel.

- Ooooh ! Je suis si heureuse pour toi mon tout petit ! Tu mérites tant ton bonheur après toutes ces années à souffrir seul ! Tu me la présenteras, n'est-ce pas ? Je veux, non j'exige, de rencontrer la jeune femme à l'origine de ce merveilleux sourire, mon chéri !

Avais-je été humain, j'aurais rougi de ses paroles. Esmée me caressait tendrement les cheveux, impatiente de rencontrer Bella. Carlisle me fixait d'un regard bienveillant, il semblait également content de me voir aussi serein. Cependant, je ne pus m'empêcher de voir une pointe de doute dans ses prunelles d'un ambre clair. Mine de rien, je fouillais ses pensées.

Malgré tout humaine ! Que va-t-il se passer lorsqu'elle prendra de l'âge, voudra des enfants, lorsqu'elle mourra ! Il doit bien se rendre compte qu'elle ne sera pas là indéfiniment ! Qu'adviendra-t-il de mon fils lorsque cette humaine succombera ?

En entendant les pensées de Carlisle, je ne pus m'empêcher de repenser aux paroles de Bella, cette première nuit où nous avions discuté, la première fois qu'elle avait décidé de ne plus me fuir. Hormis Jasper et très certainement Alice, tout le monde pensait que Bella était humaine, je répondis donc aux pensées de mon père, les propos et théories de la délicieuse jeune fille en tête.

- Elle n'est pas obligée de le rester indéfiniment…

- De quoi parles-tu, Edward ? Me demanda mon père.

- De Bella. Elle n'est pas obligée de rester… humaine…

Carlisle m'observa quelques instants, les yeux écarquillés, avant de grimacer. Mes propos ne lui plaisaient pas tant que ça.

- Je me doute que si cette jeune fille est réellement ta compagne, il te faudra faire un choix mais… elle passerait à côté de tellement de choses que seule son humanité peut lui apporter et...

- Je ne te parlais pas de mon choix, mais du sien, Carlisle.

- C'est contre la loi, Edward, tu n'y penses pas ? Si les Volturi venaient à apprendre qu'une humaine est au courant de notre existence, non seulement ils la tueraient, mais nous risquerions énormément dans cette histoire.

- Donc, tu voudrais que je la transforme sans qu'elle n'ait connaissance du monde surnaturel auparavant. Lui prendre ses choix. C'est bien ça, non ?

- Personnellement, je préfèrerais que cette jeune fille reste humaine, la vie est quelque chose de si précieux ! Mais… Si elle est définitivement ta compagne, tu ne survivras jamais à sa mort naturelle et je me refuse de te perdre. Il faudra donc que tu la mordes.

- Mais sans lui parler de l'existence des vampires avant ? N'est-ce pas hypocrite comme solution ?

- Et si tu lui laissais le choix, Edward, qui te dit qu'elle acceptera la transformation ? Peut-être préfèrera-t-elle vivre sa vie humaine, y as-tu pensé ?

- Cela resterait son choix, Carlisle, je m'en voudrais de lui imposer mes désirs sans tenir compte des siens.

Mon père se figea, ses épaules tombèrent et il se mit à balbutier, en proie à une intense stupéfaction.

- Ô Seigneur… Serais-tu en train de dire que tu me reproches de t'avoir mordu ? Je… je sais que Rosalie m'en veut car je lui ai arraché l'opportunité d'enfanter, mais je ne pensais pas que tu m'en voulais, toi !

- Non Carlisle, je n'ai jamais dit ça. J'ai juste parlé d'une question de choix, nuance !

- Mais il n'y avait plus d'autre choix lorsque j'ai dû vous transformer ! Ma douce Esmée était à quelques secondes de la mort, le corps brisé, fracassé ! Emmett était broyé par sa rencontre avec cet ours, les poumons perforés, la rate explosée, les os broyés, le cœur endommagé ! Rosalie… était laissée pour morte, détruite, ravagée ! Tu étais toi-même presque vidé de ton sang et…

Carlisle se tut immédiatement et grimaça, cachant ses pensées mais il était trop tard, il en avait trop dit, ou pas assez… Je regardais mon créateur en proie à la plus complète incompréhension. Il m'avait menti pendant toutes ces années… Pourquoi ?

Je ne devais apparemment pas être le seul auquel il ait caché la vérité puisque tous les regards convergèrent sur lui. Même Rosalie était sortie de sa chambre ! Je me laissais lourdement tomber dans le fauteuil.

- Tu… tu m'as dit que je mourais de la grippe Espagnole, Carlisle ! Que ma mère t'avait suppliée de me sauver ! Tu m'as menti ? Parle ! PARLE BON SANG !

- Calmes-toi Edward. Demanda Jasper.

Mon frère posa sa main sur mon épaule, m'obligeant à rester assis et amplifiant l'action de son talent de ce contact. Je ne m'étais pas aperçu à quel point j'étais énervé, mon corps frémissait violemment, mon fauteuil vibrant sous le poids de ma colère. Carlisle m'observait avec une culpabilité non feinte et gémit lorsqu'Esmée lui lança un regard noir.

- Carlisle ? Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Pourquoi n'as-tu rien dit avant ? Pourquoi ?

Le salon s'emplit immédiatement de ma famille, tout le monde avait les yeux rivés sur Carlisle. Il m'observa longuement, ses grands yeux tristes luisant de larmes qui ne couleraient jamais. Il soupira.

- Je suis désolé, Edward. Je n'aurais jamais dû te cacher cela mais… Techniquement, je ne t'ai pas menti. Ton père, Edward Senior, avait déjà été emporté par l'épidémie grippale lorsque ta mère, Élisabeth, est arrivée avec toi. Malgré sa fièvre, elle se préoccupait plus de te soigner que de sa propre santé. Tu étais si malade… J'ai bien cru que tu ne verrais pas une nouvelle aube se lever lorsque tu es arrivé à l'hôpital, Edward. Ta mère m'a supplié de faire tout ce qui était en mon pouvoir pour te guérir, je pense te l'avoir déjà dit, non ? Donc, en soi, je ne t'ai pas menti. Cependant… Tu n'arrêtais pas de délirer, d'appeler une certaine « Isobel », de t'inquiéter à son sujet, qu'il fallait que tu la vois une dernière fois avant de mourir. Ta mère, bien que très malade, ne comprenait pas tes propos, elle ne connaissait aucune Isobel et selon elle, tu n'en connaissais aucune également. Cette nuit-là, j'ai été appelé en urgence auprès du maire de Chicago. Un accouchement difficile, sa femme risquait de mourir en couche… Lorsque je suis revenu à l'hôpital, j'ai été témoin d'un véritable miracle, Edward… Tu étais guéri. Une totale rémission. C'était impossible ! Tu étais si malade… Tu aurais dû mourir ! Et pourtant, tu n'avais plus ni fièvre, ni aucun autre symptôme de la grippe Espagnole ! Comme si tu ne l'avais jamais eue ! Tu es resté auprès de ta mère, à la soigner comme tu le pouvais mais, malheureusement, la grippe l'a emportée en quelques heures… J'avais promis à Élisabeth de veiller sur toi, et c'est ce que j'ai fait, t'observant de loin… Tu venais de perdre ta famille, tu étais seul au monde. Tu as décidé de reprendre tes études de droit, sachant que c'était la volonté de ton père, tu voulais lui rendre hommage de cette façon. Je passais te voir, de temps à autre, pour prendre de tes nouvelles. Malgré ton deuil, tu t'en sortais relativement bien. L'épidémie de grippe Espagnole continuait de sévir, je passais la majorité de mon temps à l'hôpital, n'en sortant que pour chasser ou veiller sur toi. Puis une nuit, peu avant ton dix-huitième anniversaire, je suis allé dans les Plaines Dolomite, je devais absolument me nourrir. Je… Je suis tombé sur ton odeur, Edward. Je ne comprenais pas, tu n'aurais pas dû être là, en pleine nature, au beau milieu de la nuit ! J'ai commencé à suivre ta piste et je me suis inquiété lorsque l'odeur de ton sang s'est ajoutée à celle de ta peau. J'ai fini par te retrouver et… tu étais seul. À moitié nu et presque vidé de ton sang. Tu délirais… Ta voix était si faible ! Tu appelais… Suppliais… Isobel… Tu n'avais que ce mot à la bouche. Il n'y avait aucune autre odeur hormis les parfums de la Nature et nos fumets… J'ai alors choisi de tenir la promesse que j'avais faite à ta mère et je t'ai mordu. Tu allais mourir, Edward, je ne pouvais m'y résoudre !

- Pourquoi ne m'as-tu jamais rien dit, Carlisle ?

- Je ne sais pas ce qui a pu t'arriver cette nuit-là, Edward. Quel traumatisme tu avais pu subir ! Et… tu n'avais aucun souvenir… J'ai choisi la solution de facilité et je t'ai menti par omission. Je suis désolé, fils.

- Tu as dit que j'étais presque vidé de mon sang… est-ce un vampire qui m'a attaqué ?

- Non. Tu n'avais aucune trace de morsure… Enfin de morsure de vampire. Il n'y avait aucun venin également. Jusqu'à ce que ta transformation s'achève, je croyais que tu avais été attaqué par un jeune puma, ou un autre fauve puisque tu portais des traces de crocs, mais… Tu as gardé ces marques une fois la transition passée.

- Comment ça Carlisle, je n'ai aucune marque !

- As-tu déjà observé ta morsure attentivement, Edward ?

Je secouais la tête en signe de dénégation. Je n'avais jamais vraiment fait attention à la marque de mon créateur, puisqu'elle était également pour moi la preuve de mon anormalité par rapport à mes frères et sœurs. Carlisle m'indiqua alors d'un geste las de la tête le grand miroir posé sur la cheminée.

Je me levais donc, me positionnais face au miroir, et débarrassais mon cou du fouillis de cheveux qui s'y trouvait, dévoilant la morsure qui m'avait offert cette nouvelle existence. L'observant attentivement, je découvris alors deux petits points, ressemblant à s'y méprendre à de minuscules canines, légèrement plus foncés que le reste de ma morsure. Elles ne devraient pas être là ! Le venin brûlait tout sur son passage lors de la transformation, supprimant toutes cicatrices ou acné ou imperfections de la peau. Hormis une morsure de vampire, les griffes des Modificateurs, ou les crocs et griffes des Enfants de la Lune, rien ne pouvait marquer l'épiderme d'un vampire ! Et pourtant, ces petits points étaient bien là, je ne les imaginais pas.

Je me tournais vers Carlisle, sidéré.

- Je ne sais pas ce qui a pu t'arriver ce soir-là, Edward, mais je pense que tu as eu affaire à une créature du monde surnaturel. Laquelle, je n'en ai aucune idée, je n'avais jamais vu ça…

Me revint alors à l'esprit les derniers mots de cette créature lors de mon dernier… repas.

Tu es… une anomalie. Tu es le résultat d'une erreur… de mon erreur…

J'en tombais à genoux, le souffle coupé.

- Edward ! S'écria Jasper en se tenant les côtes, ressentant ma douleur.

- Que se passe-t-il, fils ? Qu'as-tu ?

Carlisle s'empressa de me rejoindre, m'enserrant dans une étreinte réconfortante, tandis que je lui révélais les paroles de l'Être, la voix envahie par la douleur, le dégoût.

- Je suis une aberration, Carlisle. Une erreur de la nature… Une anomalie !