Je vous mets un nouveau chapitre avant de partir. J'espère qu'il sera à la hauteur de vos attentes.
Disclamer : Harry Potter appartient à J.K. Rowling, notre Reine. L'histoire est modeste, mais sort de mon imagination.
Kiss,
Eternely Snape.
Départ
« Tout est néant dans le monde, jusqu'à mon désespoir... »
Giacomo Leopardi
La semaine passa. Difficilement et douloureusement. Hermione et Severus faisaient tout pour ne pas se croiser en dehors des cours et lorsqu'ils avaient cours ensemble, ils évitaient au maximum le regard de l'autre. Severus continuait de faire son devoir de professeur et passait donc toujours devant le chaudron d'Hermione pour constater l'avancée de son travail, mais la jeune-femme avait remarqué qu'il s'attardait moins que devant les autres tables de travail et qu'il ne lui accordait aucune parole, même méchante.
Le premier jour, ça avait été très dur, pour eux, de faire comme si rien ne s'était passé. Les souvenirs et les images de la nuit qu'ils avaient passée ensemble ne les laissait pas en paix et les changements que cela avait engendré n'étaient pas moindres. Dès que leurs regards s'accrochaient, une rougeur apparaissait sur les joues d'Hermione et Severus avait bien du mal à garder son impassibilité.
Mais la volonté de tourner la page, d'oublier la douleur que cette nuit avait amenée avec elle avaient surpassé le désir de Severus. Car, même après tout ce qu'il avait ressentit après ce semblant de rupture, il continuait d'essayer de se convaincre qu'il avait agit par simple désir. Et le fait qu'il soit un homme l'aidait à se complaire dans cette idée qui, pourtant, n'arrivait pas à atténuer son chagrin.
Hermione était triste, évidemment, mais le fait de se dire que c'était « pour le protéger » la consolait. D'une consolation minime et éphémère, certes, mais cela lui permettait de se sentir mieux. Elle voyait, parfois quand il mangeait aux côtés de Minerva, qu'il semblait abattu, mais il était Severus Rogue, le fier et l'orgueilleux Severus Rogue et elle remarquait aussi qu'il faisait tout pour cacher sa peine et sa colère. Car il était en colère, c'était indéniable.
Bien sûr, elle savait qu'elle avait été dure avec lui, qu'elle l'avait touché dans son amour-propre mais elle n'arrivait pas à savoir si c'était parce qu'elle était allée trop loin ou parce qu'il avait fini par s'attacher à elle et qu'elle l'avait vraiment blessé. Severus Rogue avait toujours été un mystère pour elle et avoir partagé son lit pour une nuit ne lui avait pas permit de mieux le comprendre. Au contraire, il semblait plus inaccessible encore qu'auparavant.
Mais elle n'avait pas eu le temps de s'attarder sur ce problème pour l'instant et à son grand regret. Parce que, et de très loin, elle aurait préféré se pencher sur le « problème Rogue » plutôt que de devoir faire face à d'étranges rêves.
Il lui semblait que depuis que Lestrange avait réinvestit son esprit, il avait laissé une trace indélébile à l'intérieur et qu'il lui était impossible, à elle, de l'en effacer totalement. La journée, elle parvenait à l'oublier, à le sortir de sa tête, mais lorsque la nuit arrivait et qu'elle commençait à piquer du nez, elle était incapable de l'éjecter entièrement de son esprit. Et en plus, il lui était impossible de dire si ses visions étaient des cauchemars ou une sorte de réalité inversée.
Avant de dormir, elle n'oubliait jamais sa Potion de Sommeil sans Rêve et donc, normalement, elle ne devrait faire aucun rêve de n'importe quelle sorte. Pourtant, dès qu'elle fermait les paupières, ne serait-ce qu'un instant, Lestrange lui apparaissait, clair et précis, ainsi que la monticule de flammes qui ne cessait de grandir.
Les sensations, cependant, n'étaient pas les même que lorsqu'elle s'était réveillée dans son esprit, ce qui lui faisait pensé que ce n'était que des cauchemars trop puissants et beaucoup trop douloureux pour être contenus par une simple Potion de Sommeil sans Rêve, mais au vue des récents événements, elle n'osait aller demander autre chose à Severus ce qui faisait qu'elle dormait très peu et qu'elle était fatiguée.
Non. En fait, elle était éreintée, harassée, faible et avait constamment la migraine. Le nombre conséquent de Doloris qu'elle avait reçu faisait toujours craquer ses os et trembler ses membres. Il lui arrivait parfois de se réveiller en sueur avec la sensation d'avoir été torturée pendant des heures, d'avoir été plongée dans un bain d'eau glacée puis projetée contre un mur de pierre brûlant. Et en plus de cela, les horreurs de la Guerre lu revenaient, plus terribles encore.
Les visages d'Harry, de Ron, de Ginny et de ses parents ne cessaient de flotter devant ses yeux, la narguant d'une culpabilité dévastatrice dont elle ne pouvait se défaire. Luna était présente, plus que jamais, mais l'absence d'une véritable famille jouait avec les nerfs d'Hermione et la rendait irritable, furieuse et tourmentée. Pas un jour ne passait sans qu'elle ne pense à sa mère et à son père, au fait qu'ils avaient dû mourir dans d'atroces souffrances simplement parce qu'elle était une Née Moldue. Elle était rongée par un sentiment proche de la trahison qui lui faisait dire qu'elle méritait chacune des souffrances qu'elle enduraient.
Ce qui lui rendait la vie plus difficile, c'était qu'elle avait l'impression d'avoir été une telle égoïste qu'elle avait menée ses parents directement à la mort. Si elle avait été une fille protectrice et courageuse, assumant le fait de devenir orpheline pour la bonne cause, d'ôter tous souvenirs la concernant et de les envoyer en Australie, ses parents seraient toujours vivants et peut-être aurait-elle put leur rendre la mémoire. Et voilà où elle en était maintenant. L'esprit envahit par un Mangemort, le corps douloureux, l'âme déchirée, le cœur en véritable cimetière et prise dans un étaux de désespoir.
Le jeudi, Severus s'était rendu dans le bureau de Minerva pour – enfin – la mettre au courant du fait qu'il avait décidé de se rendre en Allemagne. Il ne pouvait décemment pas partir sans rien dire et la laisser avec deux postes vacants. Dire qu'elle avait été contre cette idée était bien trop faible.
« Severus ! s'était-elle indignée d'une voix perçante. Vous ne pouvez pas faire ça. Ce n'est pas votre rôle. Du moins, ça ne l'est plus. »
Elle avait lancé un regard noir à Albus dans son cadre qui faisait mine de dormir.
« C'est ma décision, Minerva. »
« En êtes-vous bien sûr ? »
La vieille femme avait toujours été indulgente avec Severus. L'hostilité cordiale qui s'était installée entre eux, Directeurs de Maisons rivales, avait été un des piliers principales de leur amitié. Elle avait toujours eu foi en lui et s'était souvent révoltée de la façon dont Dumbledore se servait de lui. Ça n'avait pas été de la pitié, seulement une sorte d'amour maternel. Un de ceux que Minerva réservait souvent aux personnes qu'elle appréciaient et qui étaient souvent seuls.
« Comment suis-je censée trouver deux remplaçants aussi compétents que vous ? avait-elle demandé avec résignation. Dois-je vous rappeler que vous êtes un des seuls Maître en Potion encore vivant et que personne n'accepte le poste de Défense Contre les Forces du Mal ? »
« Vous trouverez, Minerva. »
La Directrice avait haussé les épaules et avait poussé un profond soupir.
« Pourquoi faites-vous cela ? » avait-elle demandé en l'observant intensément.
Severus avait eu l'envie de l'envoyer balader, de lui répondre que cela ne la concernait pas, mais elle avait semblé s'inquiéter de lui, réellement, d'une véritable inquiétude. Pas de l'inquiétude fausse que lui réservait Albus au temps où il l'envoyait prendre des risques inconsidérés « pour le plus grand bien ».
« J'en ai besoin, Minerva, avait-il répondu d'une voix basse. Je sens que c'est quelque chose que je dois faire. Pour tous ceux qui ont tant perdu. »
« Votre cœur a toujours été noble, Severus et vous avez toujours été généreux. »
« Non, c'est faux. Je ne fais pas cela par charité, mais parce que j'ai besoin d'étouffer la culpabilité qui me ronge de n'importe quelle manière. Comprenez-vous ? »
« Je n'en suis pas sûre, mais il semblerait que je doive accepter cette décision. »
Severus n'avait pas répondu, soutenant le regard indéchiffrable de la Directrice de Poudlard.
« Reviendrez-vous, quand vous aurez fini ? »
« Doutez-vous de moi ? »
« Pas de vous. Ni de votre réussite d'ailleurs. Seulement de votre volonté à revenir à Poudlard. Je vous sens malheureux, ces temps-ci. Mes soupçons semblent se confirmer. Pourquoi décidez de prendre autant de risques, sinon ? »
« Je reviendrai. Peut-être pas immédiatement. Mais je reviendrai. Je n'en n'ai pas fini avec vos satanés Gryffondor. »
Minerva avait esquissé un sourire auquel Severus n'avait pas répondu. Il s'était levé, pensant mettre fin à cette conversation qui faisait grandir une boule dans sa gorge.
« Et concernant Miss Granger ? » avait subitement dit la vieille dame.
« Elle n'aura pas besoin de moi. Juste de prendre ses Potions. »
« Et si les choses venaient à s'aggraver ? Comment pourrais-je savoir quoi faire ? »
« Je laisserai quelques informations à Poppy avant de partir. Elle saura tout ce qu'i savoir si jamais Her...Miss Granger venait à rencontrer quelques difficultés. »
Minerva l'avait regardé étrangement, remarquant l'erreur qu'il avait faillit faire en prononçant le prénom de sa jeune Gryffondor mais n'avait rien dit. Severus avait alors ouvert porte.
« Une dernière chose, l'avait rappelé McGonagall. Vous ne m'avez pas dit quand vous avez décidé de partir ? »
Severus releva la tête mais ne se tourna pas vers Minerva.
« Je pars Dimanche soir, Minerva. »
Et il était partit sans laisser le temps à cette dernière de discuter. Au moins, c'était fait. Il ne restait plus qu'à Severus de se préparer, de mettre quelques affaires en ordre et de partir vite et loin de cette situation douloureuse.
Personne ne semblait au courant de son départ, hormis Hermione et Minerva. Il savait qu'il ne laissait pas beaucoup de temps à la Directrice pour trouver deux remplaçants coup sur coup, mais il avait tellement besoin de prendre de la distance, qu'il n'avait pu se résoudre à partir plus tard. Il lui avait donc conseillé de faire appel à Pretexta Limus, un des Potionnistes les plus célèbres d'Amérique du Sud.
C'était un vieux bonhomme au prénom étrange, au front dégarnis, un peu sourd et trop maigre pour son âge, mais très compétent que Severus avait rencontré lors d'un colloque sur la Potion Tue-Loup et ses effets. Le vieil homme était à la retraite, mais Severus était persuadé que, dans son amour des Potions, il sauterait sur l'occasion inespérée d'apprendre quelques choses à quelques petites têtes.
Pour trouver un Professeur de Défense Contre les Forces du Mal, Minerva avait envoyé un hiboux express à la Gazette du Sorcier en demandant de faire paraître un avis urgent. Elle avait reçu plusieurs CV, plusieurs personnes également mais avait finalement, et avec l'appui de Severus, engagé une espèce de grand blond séduisant qui semblait connaître parfaitement son sujet. Les deux Professeurs lui avait demandé de faire quelques démonstrations et il s'était montré très convaincant. De plus, son CV comportait plusieurs références importantes dont deux années passées en tant que Langue-de-Plomb au Ministère de la Magie.
Minerva avait donc demandé aux deux nouveaux venus d'arriver à Poudlard le Dimanche matin, afin qu'ils soient installés dans leurs appartements et présentés aux élèves lors du petit déjeuner. Les deux hommes semblaient tout à fait charmant. Pretexta – qui plaisantait souvent sur son prénom – était la caricature type du bonhomme bon vivant, qui aimait plaisanter, manger et boire. Par bien des côtés, il rappelait un peu Horace Slughorn, par son amour des Potions et sa gentillesse. Cependant, il ne semblait pas avoir tendance à catégoriser les élèves ni à vouloir trier sur le tas ceux qui semblaient plus doués.
Le grand blond s'appelait Octavius Alynson. Il semblait plus rigide, cela était sans doute dû à sa timidité presque maladive, mais semblait tout aussi disposé à rigoler que son collègue. Il avait des yeux gris métal, parsemé d'un étrange pétale noir profond qui donnait quelque chose d'étrange à son regard bienveillant. Son prénom, qui était tout aussi étrange que celui de Pretexta, semblait ne pas lui plaire et il faisait une grimace dès qu'on le prononçait.
Pretexta avait semblé ravi de revoir Severus et l'avait même prit dans ses bras en lui donnant des grandes claques dans le dos. Son sourire lui était monté jusqu'aux oreilles. Ses yeux avaient une couleur violette hors du commun qui ajoutait à sa bonhomie naturelle. Il n'y avait aucune exagération dans ses manières et il avait un rire enfantin qui plaisait.
Par sa maigreur et la couche de vêtements qu'il portait, il rappelait Severus, à la différence près que ses capes n'étaient pas d'un bleu marine presque noir, mais d'un vert émeraude parsemé d'argent. Contrairement à Octavius, il avait fait ses études à Ilvermony, aux États-Unis dans le Massachusetts. Octavius, qui était né en Russie, avait fait ses études à Koldovstoretz. Chacun des deux collègues semblaient prêt à entamer une guerre afin de déterminer quelle École de Sorcellerie était capable d'exceller Poudlard.
Au final, et pour le plus grand bonheur de Severus, Minerva avait trouvé ses deux remplaçants et devait donc laisser partir Severus, n'ayant plus aucun argument pour le retenir.
Le Samedi fut une journée pluvieuse et nuageuse. Le ciel bleu était caché par des nuages gris qui refusaient ne serait-ce que de montrer la moindre compassion. La plupart des élèves s'étaient réfugiés dans leur Salle Commune, prêt du feu, jouant ou faisant leur devoir. Neville, Luna et Hermione s'étaient retrouvés à la Bibliothèque afin de terminer un devoir assez complexe sur la Métamorphose humaine.
Aucun bruit ne courrait dans la pièce, seulement celui du froissement des pages, des plumes qui grattaient le papier et des soupirs résignés que poussaient les élèves qui auraient préférés jouer aux échecs version Sorciers. L'atmosphère était chaude, presque accueillante. Il n'y avait que Madame Pince, fidèle à elle-même, qui ne cessait d'émettre des « chut, on est dans une bibliothèque » dès qu'une mouche volait trop fort.
Hermione, qui ignorait tout du départ imminent de Severus, faisait de son mieux pour se concentrer sur son devoir, essayant d'oublier le bruit incessant que provoquait le pluie tombant sur les carreaux des fenêtres. Neville, qui paraissait toujours aussi maladroit dans ses tentatives désespérées de paraître maître de lui même, renversa plusieurs fois son encrier, éclaboussant ses parchemins ainsi que ceux de Luna. Et plus il essayait de faire attention, plus il était nerveux et plus il commettait d'impair.
Au bout du cinquième parchemin, Hermione décida qu'ils devaient tous faire une pause et proposa de regagner sa chambre. Luna semblait particulièrement lointaine ce jour-là, plus que d'habitude en vérité. Ses yeux globuleux ne cessaient d'aller et venir sur le visage d'Hermione, inquisiteurs. Sa bouche s'ouvrait souvent, puis se refermait soudainement dans ce perpétuel mouvement qui signifie « je veux dire quelque chose mais je ne sais pas comment le dire ».
Finalement, une fois arrivés dans les appartements des Préfets-en-Chefs et remarquant l'absence de Drago, ils décidèrent de rester dans le salon, auprès du feu qui crépitait dans l'âtre de la cheminée de marbre grâce aux bons soins des Elfes de Maison.
« Avez-vous entendu cette histoire comme quoi le Professeur Rogue avait décidé de partir en Allemagne ? » demanda Luna d'un ton innocent.
Comment elle avait été au courant, Hermione l'ignorait, mais l'annonce de cette nouvelle qu'elle connaissait déjà bloqua sa respiration pendant un moment, jusqu'à ce que ses poumons cris au manque d'air.
« Comment le sais-tu ? » demanda Neville presque avec espoir.
« J'ai entendu les Serpentard en parler ce matin. Il semblerai qu'il parte demain. »
Hermione laissa tomber le livre qu'elle venait prendre afin de faire celle qui était totalement désintéressée par la conversation qu'entretenait les deux amoureux et lança un regard de pure panique à Luna. Celle-ci écarquilla les yeux subrepticement, se rendant compte que son amie ne connaissait qu'une partie de l'histoire.
« Oui, ajouta-t-elle. Le Professeur McGonagall a déjà trouvé des remplaçants, apparemment. »
« Est-ce sûr ? » interrogea Hermione d'une voix tremblante.
Luna acquiesça et n'ajouta plus un mot, laissant à Hermione le temps d'assimiler la nouvelle. Bien sûr, elle savait qu'il avait pris la décision de partir. Mais si vite ? Non, certainement pas. Il lui avait dit qu'il ne partirait pas avant une semaine ou deux. Les événements récents semblaient avoir précipité ses plans et maintenant, elle se rendait compte qu'elle avait besoin de lui. Ils ne se parlaient pas depuis plusieurs jours, mais elle avait au moins la sensation qu'il n'était pas loin, qu'il était là s'il lui arrivait quoi que ce soit.
Aujourd'hui, alors que le départ s'annonçait proche, elle prenait conscience qu'elle serait seule face à ses démons jusqu'à son retour. Et si cela était égoïste, elle comprenait qu'elle le voulait près d'elle, pour elle, pour se sentir en sécurité et s'assurer que tout irait bien. Alors évidemment, il y avait Madame Pomfresh et Minerva qui étaient au courant de ce qui lui arrivait, mais comment sauraient-elles quoi faire en cas d'urgence extrême. Severus allait-il laisser un moyen de le contacter en cas de grave danger ? Et la question la plus importante qu'elle se posait, dans sa naïveté momentanée, c'était : est-ce qu'il allait venir lui dire au revoir ?
Pourquoi le ferait-il, après tout. Elle lui avait clairement fait comprendre qu'elle n'avait pas eu confiance en lui en ce qui concernait le fait d'assumer les choses qui s'étaient passées entre eux, lui avait dit que, toute façon, rien ne serait jamais possible entre eux et était passé pour une fille ayant simplement obtenue ce qu'elle voulait. Comment pourrait-il avoir envie de lui dire au revoir ? Elle était stupide. Une idiote d'enfant gâtée, éternelle insatisfaite. Maintenant, il lui fallait vivre avec l'éventualité de ne jamais le revoir, de n'avoir jamais l'occasion de lui dire qu'elle ne pensait pas un mot ce que qu'elle avait déclaré et de connaître ses véritables sentiments à lui.
« Voilà ce que c'est que de jouer avec le feu, murmura une voix perfide en elle. À force de trop s'approcher, on fini par se brûler, tel Icare. » La métaphore était appropriée, pensa Hermione. Car le feu qui brûlait toujours en elle ne faisait que prendre en puissance. Les braises que Luna venait de jeter n'avaient eu pour effet que de l'attiser plus encore. Et même si la nouvelle l'avait gelé sur le sofa, elle sentait les marques de son terrible secret perforées sa peau, trouer son âme et transpercer son cœur déjà bien amoché.
Le désespoir est une chose cruelle, pensa-t-elle de nouveau. Et par malheur, il avait dû lui tomber dessus comme un poids mort pesant une tonne. À sa connaissance, elle n'avait jamais connu plus grande souffrance. Ça faisait mal, le désespoir, ça détruisait tout sur son passage. Plus que l'espoir, Hermione avait perdu toutes ses illusions d'enfant, ses rêves d'adolescent, ses certitudes d'adulte précoce. Plus que sa volonté, elle avait oublié de vivre, survivant simplement grâce à quelques souvenirs heureux, enfouis trop profondément en elle pour la ressusciter totalement.
À chaque heure de chaque jour, elle espérait voir apparaître une nouvelle lueur qui pourrait la conduire hors de ce tunnel sans fin et sans lumière dans lequel elle était depuis des mois. À chaque minute de chaque jour, elle avait l'infime conviction de pouvoir un jour s'en sortir sans trop de dommages pour son âme meurtrit. Mais c'était sans espoir. Et plus que tout, à chaque seconde de chaque jour, elle espérait que tout cela n'ai été qu'un mauvais rêve. Un cauchemar abominable qui aurait duré trop longtemps mais qui finalement prenait fin. Et son fol espoir ne faisait que la conduire plus profondément dans cette myriade de souffrance qui guidait sa vie depuis trop longtemps.
Mais comment pouvait-elle faire pour s'en sortir si tout le monde était contre elle. La Guerre était finie, que Diable. Alors pourquoi devait-elle encore souffrir ? Souffrir plus que nécessaire, plus que tous les autres ? Souffrir injustement pour une cause déjà perdue ? Était-elle maudite à ce point ? Devrait-elle vivre dans l'affliction et le chagrin sa vie durant, sans jamais avoir la possibilité de se forger de nouveaux souvenirs heureux, remplis de rire et de bonheur ? Il semblerait...Pourtant, elle était incapable de s'y résoudre. Sans doute sa volonté à nier l'évidence la perdrait-elle, mais elle avait besoin d'y croire encore un peu. Pendant une heure, une minute, une seconde, pour se raccrocher à la seule chose qui lui restait : l'amour infaillible qu'elle portait à Severus.
Et pourtant, pourtant, elle ne pouvait rien espérer obtenir d'autre qu'une souffrance de plus, qu'un chagrin plus fort et qu'un déchirement plus intense que tout ce qu'elle connaissait déjà. Comment pourrait-elle avoir droit à autre chose ? Elle se le demandait bien...Elle se demandait même s'il était possible d'avoir plus mal, d'être plus détruite. La réponse lui semblait évidente, mais une fois de plus, elle avait besoin de croire que tout ce qu'elle avait vécu était le summum que tout ce qu'un être humain pouvait endurer, parce que perdre cette petite lueur d'espoir la rendrait complètement et irrémédiablement folle.
« Hermione ? »
La dit Hermione secoua la tête et se fit violence pour retrouver ses esprits. Des larmes brûlantes perlaient à ses paupières et le visage de Neville face à elle était flou.
« Tu te sens bien ? demanda ce dernier. Tu es toute pâle. »
« Je vais bien, répondit Hermione d'une voix lointaine. J'ai juste eu une absence. »
« On va manger ? »
Hermione acquiesça et se leva, sans oser regarder Luna puis précéda les deux autres hors des appartements.
La nuit fut terrible pour Severus. Il but beaucoup, afin de se vider l'esprit, afin d'oublier qu'il allait se retrouver loin d'Hermione pendant plusieurs semaines et que tout était sa faute à lui. Même le fait qu'Hermione le rejette avait été sa faute, il le comprenait à présent. Il avait passé tellement de temps à être un parfait salaud sans cœur avec elle qu'elle lui rendait la monnaie de sa pièce. Il méritait ce qu'il vivait, plus qu'il ne pouvait l'imaginer. Il aurait souhaiter partir en lui disant au revoir, en lui promettant de revenir rapidement. Il aurait aimé rentré et la trouvé dans ses appartements, l'attendant assise dans son canapé, avec un livre à la main. En somme, il aurait voulu avoir une vie normale, mais cela semblait totalement impossible pour Severus Rogue.
C'était pourtant pas faute d'avoir essayé ces derniers mois. Déjà, il avait survécu au Seigneur des Ténèbres et même si ce n'était pas son propre fait, c'était déjà une victoire énorme. Puis il avait récupéré son poste de Maître des Potions ainsi que celui de Professeur de Défense Contre le Forces du Mal. Une autre victoire, en soi. En oubliant le fait qu'il avait été constamment tourmenté par Hermione Granger, par les sentiments qu'elle éprouvaient pour lui et ceux qu'il éprouvaient pour elle, il avait eu une vie à peu près normale. Il ne répondait plus à deux noms, si l'on peut dire que « Mangemort » et « Espion » sont des noms. Il n'était plus sous les ordres de deux Sorciers fous à lier. En fait, il était libre depuis qu'il avait été acquitté devant un tribunal juste et équitable.
Alors pourquoi fallait-il qu'il parte risquer sa vie, maintenant que tout avait retrouvé un semblant de normalité ? Il en venait à se dire que son double rôle avait eu un effet néfaste sur lui et qu'il ne pouvait plus vivre sans mettre sa vie en danger. C'était absurde, évidemment. Quel Homme saint d'esprit voudrait vivre de cette manière ? Aucun. Sauf les suicidaires et Severus n'était pas suicidaire. Enfin, du moins c'est ce qu'il pensait. Non. Il n'avait jamais eu de pensées macabres pas plus qu'il n'avait eu l'envie d'aller se jeter du haut de la Tour d'Astronomie. Alors qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez lui ? Quelque chose, dans sa vie, avait dû se passer pour qu'il ai à ce point envie de partir à la recherche de Mangemort qui, soit dit en passant ne faisait plus aucun mal à personne ?
Bon d'accord, le fait de vouloir échapper à l'atmosphère pesante et palpable qui s'était installée entre lui et Hermione y était pour beaucoup, mais il y avait d'autre moyen pour fuir une femme et des sentiments, non ? Il pouvait très bien prendre des vacances. Minerva les lui aurait accordé, c'était certain. Il les avait bien mérité. Ou alors, il aurait simplement pu démissionner ? Oui, sauf que lorsque Severus Rogue se défile, il le fait d'une manière héroïque. En partant à la chasse aux problèmes, par exemple. Parce qu'il ne fallait pas oublier que même si les Mangemorts ne faisaient que se cacher, il ne dirait pas non au fait de tuer le traître et sauterait volontiers sur l'opportunité si elle se présentait.
Alors, qu'est-ce qui n'allait pas chez lui ? Voilà pourquoi il buvait, il n'avait pas tellement envie de le savoir. Pas plus qu'il n'avait envie de s'avouer qu'il était tombé amoureux d'Hermione Granger. Tombé amoureux...cela ne collait tellement pas avec le nom de Rogue. C'était même complètement impensable et ridiculement risible. Si cette stupide femme n'avait pas eu l'idée de se mutiler, il n'en serait pas là, aujourd'hui. Car tout avait bien commencé par là, n'est-ce pas ? Évidemment. Il était stupide de penser que ses sentiments s'étaient déclarés alors qu'elle l'aidait dans son procès. Stupide, vraiment...
Quoi qu'il en soit, et comme toujours, il avait besoin de se persuader qu'Hermione n'avait été qu'une ersatz de plus pour palier l'absence de Lily. Il devait le croire, le penser aussi fort qu'il le pouvait sinon, il était perdu à jamais. Ça n'était pas dans son habitude d'aimer et il était maladroit à tout ce qui ne touchait pas à l'impassibilité, au sarcasme, à l'orgueil et au mépris. Il était Severus Rogue, pour l'amour de Dieu, pas un de ces adolescents plein d'acné. Il n'avait jamais aimé personne d'autre que Lily et d'un amour bien maladroit, il fallait bien l'avouer. Il n'avait pas été aimé non plus. Pas comme il l'aurait souhaité en tout cas.
Severus avait toujours été une personne forte qui cachait ses émotions sous un masque solide fait de métal et d'acier. Implacable, totalement intouchable, il était difficile de l'atteindre. Sans doute jamais personne n'y était parvenue. Sauf Lily. Et maintenant Hermione. Lily qui avait été le combat de sa vie et qui resterai son regret éternel. Hermione, elle, était son espoir d'un avenir meilleur, d'une vie paisible pourquoi pas ? Seulement, il n'était pas sûr de le vouloir. Il s'était toujours plu dans sa solitude et la présence d'autres êtres humains à ses côtés le mettait mal-à-l'aise. Ça avait toujours été le cas. Alors pourquoi éprouvait-il le besoin de sentir quelqu'un à ses côtés, soudainement ?
Il était perdu, complètement déboussolé. Il perdait le contrôle, celui-là même qui le caractérisait si bien et qui avait été le pilier de sa vie. Comment une seule femme pouvait-elle le rendre si vulnérable, tout d'un coup ? C'était ça, plus que tout, qui le mettait en colère également. Parce qu'il avait passé presque 18 ans de sa vie à se forger un masque, à apprendre une attitude et des manières, à devenir ce qu'il était aujourd'hui et qu'il avait fallu à peine un mois pour briser chacune de ses convictions, chacune de ses certitudes comme s'effondrerait un château de carte battit en cinq heure et qu'un seul souffle de vent suffirait à détruire en cinq millième de seconde.
Il avait donc besoin de prendre du recul, de réfléchir à ce qu'il était devenu, au jour d'aujourd'hui, pour comprendre enfin comment il en était arrivé là. Et quoi de mieux que mettre hors jeu les derniers Mangemorts en fuite ? Il avait envie, bien sûr, de prévenir Hermione, de lui dire au revoir, car qui savait s'il allait revenir ? Il pouvait très bien se faire tuer au cours de cette mission ou n'avoir pas envie de rentrer pour diverses raisons. Il l'avait dit à Minerva, il ne reviendrai peut-être pas immédiatement. Peut-être lui faudrait-il du temps pour faire le point sur la situation, sur sa vie et lorsqu'il reviendrai, il se pourrait que l'année soit finie, qu'Hermione ai obtenue ses ASPIC et qu'ils ne se revoient plus jamais. Mais quelque chose au fond de lui le faisait renoncer à toutes tentatives désespérées de se rendre dans les appartements de la jeune-femme pour lui dire ne serait-ce qu'un mot.
La souffrance était dure. Ça n'avait jamais été facile de partir sans dire au revoir à la personne aimée, mais il était effrayé par d'hypothétiques larmes qu'elle pourraient verser, par une pulsion subite qui lui donnerait envie de lui faire l'amour. Les adieux, alors, seraient insupportables. Il ne pouvait lui faire ça, ce serait égoïste. Et il n'avait pas envie qu'elle ait une image de lui plus négative qu'elle ne l'était déjà. Alors il prendrai sur lui, partirai sans dire un mot et combattrai malgré sa souffrance. Puis il devait aussi prendre en compte le fait que Lestrange avait le contrôle de son esprit.
Ça, c'était le problème de plus. Évidemment, il laisserai à Poppy toutes les indications nécessaires si jamais un incident venait à arriver, mais si c'était totalement inutile ? Et si Hermione retombait dans un coma profond comme la première fois, incapable de résister à l'emprise que Lestrange exerçait sur elle ? Il se refusait à laisser la moindre possibilité d'être contacter et de pouvoir contacter car il savait pertinemment que ce serait un frein et il ne pouvait se permettre d'être détourner, de quelque manière que ce soit, de son but.
Le Dimanche fut une journée bien morose pour Severus et Hermione. Le départ semblait plus proche encore qu'il ne l'avait été la veille et beaucoup plus réel également. S'ils avaient décidé de s'ignorer totalement, il pensait l'un à l'autre secrètement. Hermione était rongée par une sorte de fierté qui l'empêcher de présenter des excuses à Severus et ce dernier était partagé entre son envie de prendre Hermione dans ses bras et celle de la préserver d'une énième souffrance mentale. C'est pourquoi, en ce dimanche matin, les deux amants d'un soir avaient le nez plongé dans leur verre de Jus de Citrouille, incapable de décrocher un mot.
La seule chose qui les sortit de leur torpeur fut l'arrivée de Pretexta et Octavius en plein milieu du petit déjeuner. La gente féminine, guidée par des hormones matinales, fixèrent leur regard sur le grand blond aux yeux gris perlés de noir. Pretexta fit moins parler, mais son sourire bienveillant faisait dire que ce devait être « un homme simple et sans manière ». Les deux arrivant s'était installés aux deux places vides qui leur avaient été réservées, sous le regard interrogateur des élèves.
« Comme vous l'avez sans doute remarqué, commença McGonagall en interrompant le brouhaha, nous allons avoir deux nouveaux professeur pendant un certains temps. Le Professeur Rogue a été désigné pour accomplir une mission en Allemagne et doit s'absenter pendant une durée indéterminée. Je vous présente donc Prestexta Limus, Maître en Potion réputé en Amérique du Sud, et Octavius Alynson, votre nouveau Professeur de Défense Contre les Forces du Mal. »
Des applaudissements firent échos dans la Grande Salle, enjoués et, parfois même, soulagés. Le fait d'apprendre que le sinistre Professeur Rogue n'allait plus enseigner ni les Potions ni la Défense Contre les Forces du Mal était une nouvelle assez encourageante pour les mois à venir, notamment pour les Gryffondor envers qui, et ce malgré la fin de la Guerre, il restait discourtois et sarcastique.
Après le petit déjeuner, les deux professeurs furent conduits à leurs appartements et on leur montra leur bureau. Pretexta demanda s'il lui était possible de rendre les cachots plus chaleureux et il lui fut répondu, sur un ton ronchon et un peu brut, que si Severus voyait la moindre couleur rose à l'image d'un certain crapaud appelé Dolorès Ombrage à son retour, il pendrait le responsable par les pieds et lui infligerait des tortures à peine imaginable par un être humain. Le vieil homme rit beaucoup à ces paroles qu'il prit pour une blague, mais lorsqu'il vit le regard meurtrier de Severus, il décida de laisser l'endroit en l'état. Après tout, ce ne serait son lieu de travail que pendant quelques semaines, tout au plus.
Plus tard, Severus laissa à Pretexta et Octavius les notes sur les cours qu'il avaient déjà donnés et sur ce qu'il était en train d'étudier avec ses élèves. Il leur laissa carte blanche sur la suite du programme, disant qu'il fallait seulement le prévenir, à son retour, ce qui avait été fait en son absence.
L'après-midi connut un rayon de soleil malade qui tentait vainement de percer l'éclat blanc du ciel. Hermione reçut la visite inattendue de Fred et George Weasley qui ne l'avait pas vu depuis la sortie tragique à Pré-au-Lard. Fred semblait abattu et George désemparé à la vue de son jumeau si triste et solitaire. Son envie de rire s'évanouissait. Finalement, la Guerre avait aussi eu raison d'eux. Ou n'était-ce pas la Guerre ?
« Il ne s'est pas encore remit de ton attaque et de celle de Percy, lui avait confié George alors qu'ils s'étaient retrouvés seuls. Il a beaucoup ruminé ces derniers temps. »
La pâleur du visage de Fred, les cernes sous ses yeux et les traits tirés en témoignaient.
« Même au magasin il broie du noir. Je ne sais pas quoi faire pour lui changer les idées. »
« Pourtant Percy va bien, non ? » avait demandé Hermione.
« Je pense qu'il s'inquiète beaucoup plus de toi. »
« De moi ? »
George avait haussé les épaules puis s'était tut en voyant son frère revenir de la Salle de Bain.
« On va faire un tour au bord du lac ? »
La voix de Fred avait retrouvé un peu de sa gaieté habituelle, mais une intonation persistait. Quelque chose qu'Hermione n'arrivait pas à définir et qui la rendait nerveuse.
Ils marchèrent longuement dans le Parc de Poudlard, se remémorant certains souvenirs du passé. La surface du lac était lisse, d'un noir abyssal, d'une profondeur infinie. Quelques élèves téméraires avaient bravé la fraîcheur du mois d'Octobre et le vent glacial d'automne, abandonnant momentanément les devoirs et leçons donnés par les Professeurs.
La fin de journée se passa tranquillement, sans anicroche. Les trois amis rirent beaucoup, redonnant à Fred un peu de son envie de vivre. Ils se quittèrent lorsque le jour commença à décliner en se promettant de se revoir très vite. Hermione se sentait mieux. Voir ses deux amis presque frères lui avait remonter le moral. Lors cette promenade, elle avait presque réussit à chasser Severus de son esprit – ce qui n'était pas une mince affaire, il fallait bien l'avouer – et c'était sentie apaisée. Encore maintenant, alors que Fred et George étaient partis, elle se sentait bien. Et le fait de se rendre que lorsqu'elle ne pensait pas à Severus elle se sentait mieux, lui permettait de réaliser pleinement combien l'amour qu'elle lui portait mettait son cœur à mal.
Elle aurait aimé, bien sûr, cessé de l'aimer de cette manière si dévorante et destructrice. Mais que pouvait sa raison contre les battements déchaîné de son cœur lorsque Severus était dans le coin ? Que pouvait sa volonté face à la passion qui habitait son être ?
Elle aurait souhaite, évidemment, que son amour se modère, qu'elle parvienne à vivre sans cette boule constante au creux de son estomac. Mais cela semblait impossible. Impossible car plus le temps passait, plus elle l'aimait follement. Son amour était si fort, si puissant, qu'elle aurait pu en damner un saint.
Parfois, elle avait l'horrible et effrayante sensation d'avoir vendu son âme Diable tant elle avait l'impression de ne pouvoir freiner ses sentiments. Chaque jour, son envie d'être dans les bras de Severus, de sentir sa peau contre la sienne, ses lèvres contre les siennes, d'être embrumée par son parfum, grandissait à une allure hallucinante sans qu'elle ne puisse rien faire d'autre que regarder son cœur tomber en un million de petit morceaux.
Alors qu'elle s'asseyait près d'un arbre à proximité du Lac, alors que le vent commençait à battre plus fort, plus froid et que la nuit devenait plus noire, que le ciel sans étoile se couvrait d'une fine pellicule de brume, des bruits de pas se firent entendre derrière elle, furtifs, quasiment imperceptibles. Elle tourna lentement la tête mais ne fut capable de discerner qu'une simple silhouette, haute et maigre. Elle savait qui c'était, bien sûr, il ne fallait pas chercher bien loin, mais elle aurait préféré rester seule et ne pas le voir avant son départ.
« Bonsoir, Miss, » salua Severus en la rejoignant près de l'arbre.
Il resta debout à côté d'elle, adossé contre le tronc, le regard sur un point fixe qu'il était le seul à voir.
« Professeur. »
Hermione avait du mal à respirer et commença à frisonner, sans pourvoir dire si c'était le froid ou la présence de Severus qui la faisait trembler.
« Allez-vous bien ? demanda ce dernier en posant son regard sur elle. Vous semblez avoir la chair de poule. »
« Je vais bien, murmura Hermione en se levant pour lui faire face. Que voulez-vous ? »
« Je devais vous donner ça, déclara Severus en sortant un parchemin d'une de ses poches et en lui tendant. Ce sont les consignes et ingrédients à utiliser si vous manquez de Potions. J'ai prévenu le Porfesseur Limus que vous étiez autorisée à vous rendre dans mon laboratoire personnel à votre guise. »
Hermione s'empara du parchemin en faisant tout son possible pour ne pas effleurer la main de Severus.
« Vous me laissez accès à votre laboratoire ? » interrogea Hermione, incrédule.
« En effet. La porte qui y donne accès se trouve à la droite de ma salle de classe. J'ai ôté les sorts qui en protégeait l'accès pour que vous puissiez y pénétrer, vous ainsi que Professeur Limus. J'ai également changé le mot de passe. »
Il la regarda intensément puis se pencha soudainement à son oreille.
« Errata. »
Il se redressa lentement, sans éloigner son visage du sien.
« Faute à corriger ? » traduit Hermione qui sentait son cœur battre plus fort.
« Fautes à corriger, rectifia Severus d'une voix profonde. Il y en a plusieurs que je devraient corriger. »
« Pourquoi ? Rien n'est de votre faute. »
Severus ne répondit pas, son regard glissant doucement sur les lèvres de la Gryffondor.
« Vous allez partir, n'est-ce pas ? » dit Hermione dans un souffle.
« Oui, répondit Severus, toujours sans éloigner son visage de celui de la jeune-femme. Je vais partir. Je voulais simplement vous voir avant de quitter Poudlard. »
«Allez-vous revenir ? »
« Sans doute. »
« Quand ? »
« Je ne sais pas. »
« Que se passera-t-il si... »
Mais Hermione fut coupée dans sa phrase. Les lèvres de Severus s'écrasèrent violemment sur les siennes dans une passion et une ferveur brûlantes. Il passa ses mains dans les cheveux d'Hermione, demanda l'accès à sa bouche, approfondissant le baiser. Il s'accrochait à ses lèvres, désespérément, voulant s'en rappeler pour le restant de ses jours, voulant garder un souvenir précieux de cette femme qui le rendait fébrile.
Puis il cessa de l'embrasser, se détachant d'elle, reculant de plusieurs pas, mettant une distance décente entre eux. Il considéra Hermione d'un œil brillant. Le avait les lèvres gonflées sous la baiser qu'il venait de lui donner, les joues rosées et les cheveux en bataille. Elle était terriblement désirable comme ça et il aurait voulu lui montrer combien il la désirait, mais il devait partir. Partir avant de se perdre, une fois de plus, dans un abîme de bonheur incandescent.
« Au revoir, Hermione. »
Il tourna les talons pour s'en aller, mais fut rappeler à la dernière seconde, la main d'Hermione posée sur son bras droit.
« Es-tu obligé de t'en aller ? » demanda-t-elle d'un ton piteux.
« Tu sais bien que oui. C'est nécessaire. En attendant, n'oublie jamais tes Potions. Jamais. »
Il dégagea son bras de l'emprise d'Hermione, voulant fuir à tout prix avant de succomber. Il avait déjà fait plusieurs pas en direction du portail lorsqu'il entendit Hermione courir après lui. Mais il était arrivé au point de Transplanage et il ne voulait pas entendre sa voix avant de partir, ça lui était inconcevable.
Alors il se concentra sur sa destination, ne se retourna pas lorsqu'il entendit Hermione prononcer son prénom, pas plus lorsqu'elle lui cria qu'elle l'aimait et disparut dans la nuit noire, loin de Poudlard, loin de ses sentiments. Loin d'Hermione Granger...
Et voilà ! Alors, qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? À très bientôt !
Eternely Snape.
