A propos de l'histoire : Encore une petite avancée dans le temps. On se retrouve deux ans plus tard, toujours en POV Sirius. Là, par contre, on attaque le lourd, soit le moment où tout à commencé dans les bouquins.

Vilà, je n'en dis pas plus.

Enjoy !

P.S. : Je tiens à préciser que le titre de ce chapitre ne pas été inspiré par Batman Begins... Non, c'est pas vrai. U.U'


"The Beginning..."

2 ans.

2 ans que je passe mes journées assis à ses côtés.

2 ans que j'attends qu'il ouvre les yeux.

En vain.

A force d'attendre, la vieillesse m'a rattrapé.

Mes traits se sont creusés, des cernes ornent mes yeux en permanence.

Mes doigts se crispent sur les accoudoirs de mon fauteuils à chaque fois que je le crois réveillé.

C'est insoutenable.

J'ai peur.

Mais j'attends.

Mon amour, je t'en prie, ouvre les yeux.

Tu rates tellement de choses au dehors.

Lili et James sont désormais parents.

Un petit garçon.

James est aux anges, même s'il ne sait pas vraiment comment s'y prendre.

Après tout, c'est rare qu'un homme ai l'instant maternel.

C'est moi le parrain du petit Harry.

Il ressemble tellement à James, même s'il a les yeux de Lili.

Il fête ses un an aujourd'hui d'ailleurs...

Une infirmière coupe mon monologue interne de sa voix criarde en beuglant dans le couloir :

« 20 heures ! Fin des visites ! 20 heures ! Fin des visites ! 20-... »

Je ne l'écoute pas plus longtemps et me lève de mon fauteuil.

Ma main traverse la bulle protectrice qui entoure mon lycanthrope, et caresse son front doucement.

Je lui murmure un « je t'aime », espérant qu'il m'entende.

Puis je m'en vais, le regard triste.

Dehors, il pleut des cordes.

Je m'allume une cigarette et la fume en balayant le parking à balais inondé de mon regard fatigué.

Oui, j'ai repris la cigarette.

J'en avais trop besoin.

Il me manques trop.

Je finis vite ma clope, à l'abri sous le porche.

Puis je la jette dans une flaque et rejoint mon balais en courant.

Je m'envole en quelques secondes, la pluie glaciale fouettant mon visage.

Je fonce à la verticale, me retrouvant vite au dessus des nuages.

Voler m'a toujours permis d'évacuer et de m'éclaircir les idées.

Je monte de plus en plus haut.

Mais bizarrement, aujourd'hui, ça ne me calme pas.

J'ai un mauvais pressentiment.

Une ombre noire passe prêt de moi.

Je n'y prends pas garde et vole encore un peu.

Puis je redescends et me dirige vers Goddric's Hollow.

Harry doit m'attendre.

Je souris à cette idée et prends de la vitesse.

En cinq minutes, j'arrive chez James et Lili...

Et mon sang se glace.

Pas un bruit dans le village. Rien.

Pas une lumière dans la maison.

Que s'est-il passé ?

J'entre en courant dans la maison, poussant la porte à la volée.

Les meubles sont sans dessus-dessous.

Les fenêtres sont brisées.

Un corps gît entre les débris de tissus et de verre.

James.

Je me rue vers mon ami, retournant son corps meurtri pour voir son visage.

Son expression est figée, son corps est couvert de contusions...

L'Avada Kedavra...

Quel fin atroce pour toi, mon frère...

J'entends des pas à l'étage.

Deux sortes de pas.

Des pas boitillants et lourdauds, et des pas souples, comme flottants.

Armé de ma baguette, je lâche en douceur le corps de mon frère de cœur et gravis les marches.

Des voix me parviennent depuis la chambre de Harry.

Il n'y en a qu'une que je reconnais, celle de Peter.

Ca fait des lustres qu'on ne l'a pas vu. Qu'est-ce qu'il fait là ?

L'autre voix est essoufflée, forcée.

On dirait celle d'un vieillard centenaire.

Je longe le mur discrètement jusqu'à l'embrasure de la porte, prêt à me défendre.

Les mots sont distincts à présent.

« Queudever... Appelle Lucius... souffle difficilement la première voix.

-M-M-Maître ! balbutie Peter. Que s'est-il passé ?!

-L'enfant, Queudever... L'enfant... Elle l'avait protégé... La sale sang de bourbe... »

Lili.

Qu'ont-ils fait à Lili ?...

A mes pieds, quelque chose attire mon regard...

Une tignasse rousse...

Lili, les yeux grands ouverts, figée par la mort, tout comme James.

Elle me regarde, inanimée.

Mon Dieu, non...

Et Harry ? Est-il en vie ?

Ma prise se resserre sur ma baguette.

« Maître... Cher Lord... »

Lord ?

Lord Voldemort ?

Peter, sale traître...

« Ne m'appelle pas « Lord » ! rugit la voix. Tu n'es pas digne de m'appeler ainsi, toi qui a trahi la confiance de tes amis les plus chers, simplement pour t'assurer ma protection. Tu es un traître, Queudever... »

Un sanglot retentit.

Peter pleure.

Il est pathétique...

Un crac attire mon attention.

Quelqu'un d'autre s'invite à la petite fête que le Seigneur des Ténèbres et ce traître de Peter semblent organiser dans la chambre de mon cher filleul.

« Vous m'avez demandé, maître ?

-Lucius... Mon précieux Lucius... Ramène moi au manoir...

-Bien maître. »

Un nouveau crac résonne dans la maison.

Peter sanglote toujours.

Et il est seul à présent.

Je me relève, la rage au ventre.

Je m'arrête dans l'encadrement de la porte, bloquant l'issu à ce traître.

Hors de question qu'il s'échappe.

Je vais le tuer.

Il doit payer.

Il doit payer pour les vies de Lili et de James, ces vies qu'il a trahi, et volé.

Son visage dégoulinant de larmes se tourne vers moi.

Il est horrifié.

Tant mieux.

La détermination et la haine dans mon regard font trembler sa lèvre.

Je souris.

C'est la première fois que j'ai envie de tuer quelqu'un, et c'est également la première fois que cette idée me fait sourire.

Pas de joie, bien sûr, mais de rage.

Il bredouille de peur.

« Si-Si-Sirius ?...

-Alors Peter, on est pas content de me voir ? Ca fait un bail pourtant... »

Il ne répond pas, mortifié.

Je fais un pas vers lui.

« Tu sais, je dois reconnaître que tu es plutôt rusé, pour un rat... »

Puis un deuxième.

« Je n'aurais jamais imaginé que tu puisses tous nous berner aussi facilement, moi le premier... »

Puis un troisième.

« Qui aurait cru... qu'un ami de longue date serait capable de vous manipuler... Pour au final... Tuer ceux qui avaient une confiance totale en lui. »

Je m'arrête à sa hauteur, le toisant avec tout le dégoût dont un Black est capable.

« Tu es répugnant. »

Il tremble des pieds à la tête.

Tremble mon petit, tremble...

Cela ne retardera pas l'échéance...

« Si-Si-Sirius... Je-Je suis désolé ! Ils m-m'ont torturé ! Je ne p-p-pouvais pas me taire... Ils-... »

D'un geste vif, Je pointe ma baguette contre sa gorge, lui coupant la parole.

Je ne souris plus.

Je le hais.

Le bout de ma baguette presse contre sa peau.

Je la sens brûlante.

Comme si elle ressentait ma colère.

Elle est bouillante à présent, et elle marque la peau de Peter, qui retient un gémissement.

Comme une brûlure de cigarette.

Je le regarde droit dans les yeux.

« Quelle ordure tu es... Tu n'as jamais été digne de faire parti des Maraudeurs. Tu n'as jamais été digne de devenir Animagi... Sans nous, et surtout sans James, tu serais resté au fond de ton égoût, à l'effigie du rat que tu as toujours été... Comment as-tu osé Peter ?... »

Une larme m'échappe.

Une larme de souffrance.

De haine.

Et de déception.

Quant à lui, toute trace de peur ou de désolation a disparu de son regard.

« Le Seigneur des Ténèbres est plus fort... Il dominera le Monde Sorcier, puis le Monde Moldu, quoi que fasse L'Ordre... Il est beaucoup plus puissant que vous... »

Un rire aliéné lui échappe.

« Vous ne pouvez rien contre lui ! Vous n'êtes que des pions dont il se sert à sa guise ! Vous êtes si influençables ! »

Son rire résonne dans la pièce, menaçant et oppressant.

J'appuie un peu plus ma baguette contre sa gorge, le brûlant avec plus de profondeur.

Il serre les dents, mais son sourire délirant subsiste.

« Tu es perdu Sirius. Tu n'es qu'un vulgaire petit moucheron insignifiant, enroulé dans une toile indestructible en attendant que la suprême araignée ne te dévore. Tel est ton destin, Paddy, et il est malheureusement irréversible, comme pour James et Lili... Et comme pour le petit Harry. »

Devant mon expression horrifié, il rit de plus belle.

« Si tu avais vu le gosse hurler de douleur ! C'était tellement mélodieux ! Un vrai régal pour les oreilles...

-Tais- toi ! »

Le coup de poing fuse.

Il vacille de quelques pas en arrière, et s'écroule au sol.

Je tombe à genoux, détruit.

Harry...

Mon cher petit Harry...

Tu n'y as pas coupé non plus...

Si seulement j'étais rentré directement...

Mon cœur se serre alors que Peter éclate de rire pour la énième fois, le nez en sang.

Et quand je lève les yeux, le traître a disparu pour laisser place à un rat, qui se sauve par la fenêtre grande ouverte.

Il ne va pas s'échapper aussi facilement.

Il doit payer.

Et je compte bien lui servir de bourreau.