Mercredi 9 janvier
Les cours avaient repris depuis 3 jours, les choses n'avaient toujours pas changé. Bon, certaines personnes ne faisaient plus trop attention, mais d'autres nous regardaient toujours comme des bêtes de foire. Je n'avais pas eu de nouvelles de Nathalie depuis maintenant 2 semaines. Elle trainait avec les autres et je fus vraiment déçue de sa réaction.
Ma sœur faisait des efforts et l'appelait maintenant Axel au lieu « du solitaire ». Ma mère acceptait un peu mieux, mais ce n'était pas gagné. Mon père ne voulait même pas en entendre parler.
— S'il pose un pied ici, je m'en vais, m'avait-il dit.
Je comprenais leur réaction, mais Axel n'était pas méchant. Il était même parfait. Il avait juste cette maladie. Ma mère m'avait cuisinée pour notre weekend et malgré mon entêtement à dire que « non, nous n'avions rien fait » elle n'était pas dupe. Elle m'avait souri et m'avait dit « si tu as besoin de préservatifs, il y en a dans l'armoire près de la télé ».
Axel était heureux, il ne faisait plus attention aux autres et n'avait plus peur du regard des autres lorsque je l'embrassais.
Tout ça pour dire... tout va bien. Enfin, ça aurait pu être bien pire. Axel et moi étions ensemble.
— Lara, lève-toi.
— Hum...
J'ouvris les yeux et vis ma sœur devant mon lit.
— Quoi ?
— Nathalie est là.
— Quoi ?
— Nath, elle est en bas.
J'ouvris les yeux et sortie du lit. Il était 7 h. J'attachai mes cheveux et descendis avec ma sœur.
— Oh ! Bien dormit ma chérie ?
— Oui, maman.
— Je t'ai fait un petit déjeuner.
— Je n'ai pas faim.
Je voyais Nathalie devant moi et je fus dégoutée de la revoir. Après deux semaines, elle se pointait chez moi sans rien dire avant.
— Salut, Lara.
Je ne dis rien et ma mère vit mon visage changer.
— Je vais vous laisser.
On entendit uniquement les gouttes d'eau taper sur le fond du lavabo.
— Heu... Je voulais juste m'excuser.
— Ça fait deux semaines que tu ne m'adresses même plus la parole.
— Je suis vraiment désolée.
— Que tout le monde me rejette, je m'en fous, mais ma meilleure amie, ma confidente. Comment t'as pu faire ça ?
Je voyais qu'elle n'était pas bien, elle avait ses cheveux attachés en un chignon lâche et elle ne s'était pas maquillée.
— Tu me manques Lara.
— Pourquoi ? Pourquoi tu ne me parles plus ?
— J'avais surement peur d'être rejetée.
Elle l'avait dit tellement bas que j'eus du mal à l'entendre.
— Ils disent tellement de choses sur toi et lui. C'est une petite école et une petite ville, tout le monde parle.
— Je m'en fous de ça Nathalie, dans moins de 6 mois, j'ai fini mes études et on part à l'université. La mentalité des gens d'ici est pitoyable.
— Je sais, je ne veux plus être mêlée à tout ça.
Je m'approchai d'elle et la pris dans mes bras. Elle resserra sa prise tellement fort que je commençai à avoir mal, mais je m'en foutais. Je tenais ma meilleure amie dans mes bras.
— Pardonne-moi Lara.
— Promets-moi que tu ne t'éloigneras plus, lui demandais-je.
— J'ai quitté le groupe, je ne veux plus être avec eux.
Je la regardai et lui souris.
— Il y a encore une place à notre table.
— Axel ne va rien dire ?
— Bien sûr que non.
Elle me sourit.
— Bon, je vais rentrer et me changer.
— Ouais, moi aussi, je vais me laver.
— On se voit à l'école.
— 8 h, je serai là, lui dis-je.
— OK. À t'al.
— Ouais.
Elle partit, me laissant, là, dans la cuisine. Je ne savais pas trop comment réagir et sur le coup je lui ai pardonné, mais son absence m'avait fait beaucoup de mal.
Je me lavai et m'habilla.
— Je peux venir avec toi aujourd'hui ? Demanda ma sœur.
— Ouais.
— Tu vas le chercher ?
— Comme tous les matins.
— Oh !
On sortit et elle se mit directement à l'arrière.
— Il est comment ?
— Axel ?
— Oui.
— Heu... il est très bien.
— Il est gentil ?
— Oui.
— Vous l'avez déjà fait ?
— Annissa, ça ne te regarde pas.
— Oh ! S'il te plait, on parle de ça avec sa sœur, non ?
— Pas quand sa sœur va tout répéter à ses crétins de copains.
— Je ne dirai rien.
Je regardai dans le rétroviseur et elle me regardait. Elle attendait une réponse.
— Oui, on l'a déjà fait.
— Ce weekend ? Ou avant ?
— Ce weekend.
— Je le savais.
— Non, tu ne le savais pas.
Elle rigola et vint mettre sa tête à côté de moi.
— Je veux tout savoir.
— Tu ne sauras rien de plus.
— Hum... c'était bien au moins ?
Je me demandais bien si elle l'avait déjà faite ma sœur, on ne parlait jamais de ça. J'avais eu Maxime et il n'hésitait pas à parler de notre vie sexuelle, toute l'école était au courant et ma sœur avait dû avoir quelques échos.
— oui c'était bien.
— Seulement bien ?
— Si je te dis plus que parfait, tu me lâches ?
— Oui.
— Alors, c'était plus que parfait.
Elle me sourit.
— Je ne le vois pas coucher avec une fille.
— Et toi ? Dis-moi.
— Quoi ?
— Tu as 16 ans. Tu l'as déjà fait ?
Elle baissa la tête et je vis son visage devenir un peu rouge.
— Annissa.
— Non, je l'ai, jamais fais.
— Et pourquoi tu rougis?
— Car, toi, tu l'as fait à 16 ans.
— Et ?
— Je ne veux pas être plus vieille que toi.
— Tu as 16 ans et demi, tu le feras plus tard que moi de toute façon. Je l'ai fait le jour de mon anniversaire.
— Sérieux ?
— Oui, une catastrophe, je regrette.
— Pourquoi ?
Elle semblait vraiment passionnée par ma vie sexuelle.
— Maxime ne l'avait pas fait avant et ne le croit pas s'il te dit que si. Il n'était pas très doué.
— Pourtant, Lucie dit qu'il est plutôt bien.
— Vers la fin, il était plutôt pas mal en effet, mais je l'ai quitté à ce moment-là. Pas de bol.
Elle rigola et moi avec.
— Et comment est Axel ?
— Tu peux garder un secret ?
— Oui.
— Il est vraiment parfait. Il est tendre, doux et je me sens entière avec lui. Il est prévenant et ne pense pas qu'à lui. Il m'a fait découvrir quelque chose que je ne connaissais pas.
— C'est quoi ?
— L'amour et le vrai plaisir. Je n'ai peut être que 17 ans, mais si un jour tu trouves quelqu'un qui t'aime autant qu'il m'aime et que tu aimes autant que je l'aime alors tu pourras le faire sans le regretté plus tard.
On était arrivé devant chez Axel, il sortit et me sourit.
— Je tiendrai ma langue, mais maintenant je ne le vois plus comme avant.
Je rigolais pendant qu'Axel entrait.
— Salut.
— Salut.
— Bonjour, Annissa.
— Salut, Axel.
Il m'embrassa, mais son baiser était plus rapide que, les autres fois, ma sœur devait surement le gêner. En même temps, elle nous regardait, non, nous fixaient sans jamais cligner des yeux.
— Ça va ? Demandais-je.
— Ouais et toi ?
— Oui, Nathalie est venue ce matin.
Je le sentis se tendre.
— Oh !
— Elle s'est excusée de ne pas m'avoir parlé ces deux dernières semaines.
— Et qu'as-tu dit ?
Je le regardai et soufflai.
— Tu lui as pardonné ?
— C'est toujours ma meilleure amie.
— Oui, je comprends.
Ma sœur se rapprocha de nous et demanda à Axel;
— Alors Axel, votre petit weekend c'est bien passé ?
— Heu... oui c'était très bien, merci.
Je me garai sur le parking et ma sœur sortit.
— Oui, c'est ce que j'ai entendu. Bye, vous deux.
Axel me regarda et je me forçai à rire un petit peu.
— Tu lui as raconté ?
— Elle m'a demandé comment c'était.
— Et ?
— Je lui ai seulement dit que c'était génial.
Il s'approcha de moi et m'embrassa. Un baiser plus long et langoureux que tout à l'heure. J'agrippai ses cheveux et approcha son corps du mien. Il caressa mes cheveux et ma cuisse avec envie.
— Si tu veux, on peut sécher les cours, lui dis-je entre deux baisers.
— Je voulais simplement te dire bonjour correctement.
Je lui souris et lui caressa la joue.
— Allons-y, dit-il.
— On a fini à midi aujourd'hui.
— Ouais.
On sortit de la voiture et je vis Nathalie posée sur sa voiture. Quand elle me vit, un petit sourire s'étira sur son visage.
— Je vais en cours, on se voit dans 2 heures, dit Axel.
— OK, à tout à l'heure.
Il me fit un bisou sur la joue et partit. Il passa devant Nathalie et lui dit bonjour. Elle répondit et fut un peu étonnée.
— On a deux heures d'histoire, lui dis-je.
— Ouais.
— Allez, viens.
Je la pris par le bras et on partit en cours... Je ne voulais pas la perdre
