A/N: J'ai essayé de faire mon possible pour poster encore un chapitre en 2013, mais ce sera probablement le dernier de l'année... Dommage, je ne suis pas vraiment dans les temps... J'aimerais dire un TRÈS GRAND MERCI à toutes les personnes qui lisent encore cette histoire, celles qui la commentent, celles qui m'envoient des messages... Merci spécialement à Guygoush, ruka, et Joe K, à qui je ne peux malheureusement pas envoyer de message. J'ai pas mal de fanfictions en stand-by, qui attendent ma lecture, et je pense y passer le mois de décembre pour les lire, parce que je manque d'une sérieuse dose de Naomily pour me rendre l'inspiration...

En tout cas, je vous souhaite une bonne lecture pour ce chapitre, qui vous plaira je l'espère... :)

Rated M

Disclaimer: I do not own Skins. / Skins ne m'appartient pas.


CHAPITRE 14: Naomily.

J'étais allongée sur mon lit, Effy à mes côtés. On venait de fumer deux joints, et même si la brune avait l'habitude, ce n'était certainement pas mon cas. Je rigolais pour rien et nos discussions avaient peu de sens.

"Tu fêtes Noël avec Freddie ?" demandai-je en riant alors qu'il n'y avait rien de drôle.

"Non, on va chacun dans nos familles et on fête nouvel an ensemble chez les Fitch's." répondit-elle. "Et toi avec Emily ?"

"On passe le vingt-cinq ensemble, ouais." dis-je. "Ses parents font un espèce de repas chaque année pour Noël, donc…"

"Ça a l'air fun !" dit-elle ironiquement.

Encore une fois, cette phrase n'était pas drôle en soi, mais elle me fit rire de façon incontrôlable. On se mit ensuite à parler de ce qu'on allait acheter à nos copain et copine respectifs et je me rendis compte que je n'avais aucune idée. Effy voulait aller dans un magasin de skate puisque Freddie était un mordu de la planche à roulette, ce qui me donna l'idée d'aller dans un magasin de musique. Non pas que j'avais une idée précise, mais ça pouvait aider. Je crois qu'Effy était vraiment amoureuse de Freddie. Elle n'oserait jamais me l'admettre, mais j'étais sûre que c'était le cas. Je n'en parlais jamais avec Katie ou Emily, puisqu'elles avaient encore du mal à digérer cette histoire, mais j'étais pratiquement sûre qu'Effy et Freddie s'aimaient véritablement.

"Décroche ton téléphone, Naomikins…" soupira-t-elle.

Je ne m'étais même pas rendue compte qu'il était en train de sonner. Je le sortis de ma poche, décrochai, et portai l'engin à mon oreille.

"Ouep ?" demandai-je en riant.

"Campbell ?! T'es saoule ou quoi ?" demanda une Katie, légèrement irritée.

"Non, pas vraiment." répondis-je sur le même ton.

"Hm, ouais… écoute, je voulais savoir, ta couleur préférée, c'est le bleu c'est ça ?"

"Euh… non, c'est le rouge !" répondis-je. "Emily a les cheveux rouges, j'aime Emily, j'aime le rouge."

Oups. J'en avais trop dit. Une chance qu'il s'agissait de Katie.

"Quoi ? Je t'entends très mal."

"J'ai… j'ai dit que c'était le rouge."

"Mais Emily m'a dit que- AÏE ! EMSY ! Oh, pardon… Euhm…"

"Emily est avec toi ?"

"Non, euh…"

"Tu viens de dire 'Aïe, Emsy'."

"Ah ? Euh, oui c'est possible."

"Qu'est-ce qui se passe, Katie ?"

"Bon, je suis en train d'aider Ems pour te trouver un cadeau de Noël et- AOUCH ! Elle hésite entre plusieurs trucs, et-"

"Donne-moi ce téléphone, Katie." dit Emily. "Naoms ?"

"Ouip ?"

"T'es défoncée ?" demanda-t-elle, amusée.

"Non..."

"D'accord… Écoute, je voulais que ça reste une surprise, mais j'ai peur que ça ne te plaise pas, alors c'est pour ça que j'ai demandé à Katie de t'appeler pour être sûre que ta couleur préférée c'était bien le bleu."

"Pourquoi ?"

"Dis-moi, c'est tout…" dit-elle, avec une petite voix.

"Non, c'est le rouge." répondis-je. "Et Em ?"

"Oui ?"

"Je ne veux plus que tu dépenses autant qu'à mon anniversaire, ok ? Sinon je n'accepterai rien de toi."

Et j'étais sérieuse. Ça me gênait sincèrement qu'elle dépense autant pour moi. Bien évidemment, le collier était magnifique, mais je préférais ne jamais penser au prix, parce que sinon je risquais de m'effondrer sur le sol.

"Mais Naoms…"

"Non Em, je suis sérieuse."

"Bien." répondit-elle, défaitiste. "On se voit demain ?"

"Oui." répondis-je un sourire aux lèvres. "À demain."

Elle me répondit la même chose et raccrocha. Effy avait entendu tout l'échange et avait probablement dû l'analyser, cela va de soi. Elle resta immobile un instant, apparemment encore perdue dans ses pensées, puis se leva du lit et sortit de ma chambre. Aussi bizarre que cette fille pouvait être, elle était une amie géniale.

On partit donc ensemble faire les boutiques dans l'après-midi. Il neigeait beaucoup et c'était plutôt difficile de marcher sans perdre l'équilibre. Il fallait que je trouve un cadeau à ma mère, un pour Cook, pour Katie, mais aussi Effy. Le plus dur restera bien évidemment de trouver un cadeau pour ma petite amie, et je n'avais absolument aucune idée.

Après près de trois heures de recherche, Effy trouva un bonnet et un t-shirt dans le magasin de skate fétiche de Freddie, et j'étais heureuse de dire que j'avais réussi à trouver des cadeaux pour mes proches, mais aussi pour Emily. C'était la première fois que je passais autant de temps pour les fêtes de Noël, et ma mère n'en serait probablement pas fière, car elle jugeait qu'il s'agissait bien plus d'une fête commerciale que d'une fête permettant de réunir la famille selon elle. Cette année cependant, on arriverait à allier les deux, car on avait invité les Oliver's à la maison, ainsi que la soeur de ma mère. Maxxie et moi ne nous étions jamais entendus avec les filles de ma tante, car elles étaient de vraies pestes. Ça faisait plus de trois ans que je ne les avais plus vues cela dit, et elles avaient probablement changé. Cook aussi se joignait à nous pour les fêtes, car il avait une fois confié à ma mère qu'il ne voyait plus sa mère et que son père ne voulait plus de lui.

À vingt heure, on était totalement épuisées de notre journée à faire les magasins, si bien qu'on s'endormit toutes les deux sur le canapé, affalées l'une sur l'autre. Son torse me servait de coussin et nos jambes étaient entremêlées pour ne pas qu'on tombe sur le sol.


Je fus réveillée de façon assez violente par de légères secousses au niveau de mon épaule et quelqu'un appelait mon nom. Mes sourcils se froncèrent automatiquement et je grognai bruyamment, pas heureuse du tout qu'on trouble mon sommeil.

"Naoms !" s'exclama la voix encore une fois.

J'ouvris grand les yeux aussitôt que je reconnus la voix d'Emily. Elle se tenait au-dessus de moi, une main sur mon épaule.

"Ems !" dis-je, à moitié endormie.

"Qu'est-ce que vous foutez ?" demanda-t-elle, le regard énervé.

Je me demandais de quoi elle parlait, puis vis que j'étais encore positionnée sur Effy. Elle avait probablement mal interprété la situation, et je pouvais difficilement lui en vouloir.

"Du calme, on ne faisait que dormir." intervint Effy, qui s'était elle aussi réveillée.

"Du calme ?!" répéta Emily. "Je vous retrouve toutes les deux l'une sur l'autre, avec tes bras autour de ma petite amie, mais il faut que je reste calme ?!"

"Em, il ne s'est rien passé ok ?" dis-je en la fixant. "On est toutes les deux casées et on n'a pas l'intention d'aller voir ailleurs."

"Ça n'a pas empêché Effy la dernière fois." rappela-t-elle.

"Bon ça suffit." lui dis-je.

Je me levai et pris son bras pour l'amener directement dans ma chambre. Je m'excusai auprès d'Effy et fermai la porte derrière moi. Emily semblait toujours encore énervée, mais son visage prouvait qu'elle n'était pas très à l'aise avec cette situation.

"J'aimerais que tu arrêtes tes gamineries avec Effy." dis-je. "D'abord parce que ta soeur t'a demandé d'arrêter, et aussi parce qu'Effy est mon amie, et que je déteste qu'on traite mes amis comme ça. Oui, elle sort avec l'ex de ta soeur, mais il faut que tu t'y fasses maintenant."

Elle regarda au sol, le regard énervé et la mâchoire crispée. Elle n'acceptera pas aussi facilement. C'était une Fitch après tout. Et Dieu sait que les Fitch's sont bornés. Mais j'arriverai à mes fins avec elle. Elle ne me résistera pas bien longtemps.

"S'il-te-plaît…" dis-je en m'approchant d'elle.

J'enroulai mes bras autour de sa taille et elle n'opéra aucune résistance. J'approchai ensuite mes lèvres de son oreille droite et je l'entendis avaler sa salive avec difficulté.

"Et si tu ne le fais pas pour Effy ou ta soeur…" commençai-je. "… fais-le pour moi."

J'embrassai le lobe de son oreille, puis sa mâchoire et le creux de son cou, et sa respiration devint forte. Elle allait accepter d'une seconde à l'autre, et je savais que je n'avais plus plus grand chose à faire avant qu'elle accepte.

"S'il-te-plaît…" répétai-je dans son cou.

"Bon, très bien !" s'exclama-t-elle.

Je la relâchai et elle s'écarta de moi, frustrée. Je la repris instantanément dans mes bras et embrassai son front, pour ne pas laisser ce visage énervé incrusté sur sa figure. Elle s'apaisa presque aussitôt et enroula elle aussi ses bras autour de mon bassin.

"Tu voulais me dire quelque chose d'important ou tu es simplement venue pour pester contre Effy ?"

"Très drôle." dit-elle en se moquant. "Je voulais savoir si tu étais libre pour qu'on puisse passer la journée ensemble ?"

"Ça peut s'arranger, oui…"

"Ça peut ?" répéta-t-elle.

"Oui… si tu présentes tes excuses à Effy."

Elle soupira et me lança un regard énervé, auquel je levai un sourcil pour la mettre en garde. Elle n'avait pas l'air de vouloir coopérer, mais je savais qu'elle finirait par accepter.

"Si je vais m'excuser, je t'aurai pour moi toute seule aujourd'hui ?" demanda-t-elle.

"Je serai tout à toi, oui…"

Ses lèvres bougèrent de droite à gauche et elle fit semblant de réfléchir longuement, puis acceptai mon offre. Elle ouvrit la porte de ma chambre et ses yeux cherchèrent Effy sur le canapé puis près de l'évier. Elle était probablement dans sa chambre, je suivis donc Emily de près, et elle entra dans la chambre de ma colocataire. Effy lisait un livre sur son lit, et leva instantanément les yeux vers nous. Je poussai ma petite amie à l'intérieur de la pièce et elle remua légèrement sur place, apparemment pas très à l'aise avec la situation.

"Excuse-moi." dit rapidement Emily.

Effy ne répondit pas, apparemment pas convaincue par sa phrase, et en attente de plus.

"Je suis vraiment désolée d'avoir réagi comme ça avec toi, je n'aurais pas dû." ajouta-t-elle. "J'avais pas envie d'en vouloir à Fred et c'était plus facile de te détester toi, puisque je ne te connaissais pas."

Effy la regarda dans le blanc des yeux pendant environ une dizaine de secondes, puis se recoucha sur son lit en disant :

"J'accepte tes excuses."

Et elle remit son casque sur ses oreilles, puis continua sa lecture. Emily resta en place un moment, sans bouger, comme si elle n'avait pas encore eu le temps de calculer ce qui venait de se passer. Elle se retourna ensuite vers moi, le regard perplexe, puis haussa les épaules en souriant avant de ressortir.

"Et maintenant que tu es tout à moi, dépêche-toi de t'habiller, on sort."

"Oh, vraiment ?"

"Oui, vraiment." répondit-elle en riant. "Maintenant, magne-toi !"

Je courus jusque dans ma chambre et enfilai des vêtements chauds. Il neigeait toujours autant, voire encore plus, et tomber malade à quelques jours de Noël n'était probablement pas une bonne idée.

En sortant, Emily prit ma main, comme d'habitude. C'était bête d'accorder tant d'importance à ce petit geste, je savais bien. Mais pour moi, c'était une preuve que notre relation était bien réelle. Oui, même après ces quelques semaines ensemble, j'avais toujours besoin qu'elle me rassure, qu'elle me prouve que j'étais à elle et qu'elle était à moi.

On s'assit d'abord dans un parc pour boire notre café, puis Emily eut l'idée de faire un bonhomme de neige. L'idée, à première vue, ne m'enchantait pas plus que ça. Mais lorsque je vis Emily construire seule un tas de neige qui était censé représenter le bas de son corps, je décidai de la rejoindre. On fit rouler une première boule dans la neige afin de la faire grossir jusqu'à une taille raisonnable, puis on la déposa à un endroit fixe. On refit la manoeuvre encore deux fois en veillant à faire deux autres boules, chaque fois plus petite que la précédente, puis on les plaça les unes sur les autres. Emily trouva quelques cailloux pour faire les yeux et la bouche, et on prit une cuillère de notre café pour faire son nez. Notre bonhomme était penché et n'avait pas fière allure, mais j'étais tout de même fière de notre travail. Emily sortit même son téléphone pour le prendre en photo. Elle prit d'abord quelques cliché de moi à côté de lui, puis je fis de même avec elle et on s'assit dans la neige à côté de notre création pour en prendre une où on apparaissait toutes les deux avec.

"Comment tu veux l'appeler ?" demanda Emily en rendant le ventre du bonhomme de neige un peu plus rond.

"Emily." répondis-je en levant les yeux vers la tête de notre sculpture en neige.

"Je préfère Naomi." rétorqua-t-elle.

"Bien. Naomily dans ce cas ?"

"C'est parfait."

Et ça l'était véritablement. J'avais rarement passé des après-midis plus adorables que celui-là avec elle. On ne s'était presque pas embrassé, on n'avait pas couché ensemble, mais on avait simplement profité de la présence de l'autre. Et c'était parfait, comme elle l'avait si bien souligné.


Ce qui m'embêtait le plus durant les fêtes de Noël, c'est que je devais rentrer chez ma mère pendant toute la période de vacances. Ne vous méprenez pas, j'adorais passer du temps avec ma mère (non pas que je lui avouerai ça un jour), mais j'aimais aussi passer du temps avec ma petite amie. C'était un peu égoïste de ma part de vouloir passer ces quelques jours de vacances avec elle plutôt qu'avec ma mère, mais j'aimais terriblement cette fille et l'idée de me voir séparer d'elle pendant une semaine ne me réjouissait pas des masses. Je sais qu'Emily avait convenu qu'on pourrait quand même se voir, mais on aurait probablement plus de mal maintenant que je serais chez ma mère.

J'avais réussi à m'occuper les deux premiers jours en alternant révisions et sms avec Emily. Bien sûr, ce n'était pas pareil, mais ça aidait beaucoup. Le troisième jour, j'emballai les cadeaux de mes proches, et décorai les cartes que j'accrochai avec. Le cinquième jour cependant, je commençais à m'ennuyer fermement. J'avais commencé à lire un livre, mais m'arrêtais toutes les cinq minutes pour voir si j'avais un texto. Ça pouvait paraître bête, mais Emily ne m'avait pas envoyé de message de la journée. Je ne voulais surtout pas lui renvoyer un deuxième sms, de peur qu'elle me trouve pathétique. J'attendais donc, assise sur mon lit, téléphone dans la main droite et mon roman dans la gauche, depuis déjà plus de deux heures.

Après avoir regardé un documentaire avec ma mère sur la déforestation (note à moi-même : cette expérience ne doit plus jamais se reproduire, elle devient insupportable quand elle regarde des trucs pareils), j'allumai mon ordinateur, puis me connectai sur Facebook. J'avais cinq notifications, dont un message. Il était d'Emily Fitch, et je souris instantanément en l'ouvrant.

J'ai déblayé devant chez nous ce matin et j'ai glissé… en atterrissant sur mon téléphone. Inutile de préciser qu'il est en miettes… J'espère que tu liras ce message assez vite :S

Ah, ça expliquait donc pas mal de choses… Je vis qu'elle était encore en ligne, aussi lui répondis-je aussitôt.

Naomi Campbell : C'était déjà assez dur de ne pas se voir, si maintenant tu détruis tous les moyens pour se parler, ça va être impossible de tenir jusqu'au 25 :p J'espère que tu ne t'es pas fait trop mal ;)

Emily Fitch : J'ai un bleu sur les fesses si tu veux savoir… :(

Naomi Campbell : Ça t'apprendra, Fitch! mes lèvres pourraient faire disparaître la douleur… ;)

Emily Fitch : Oh, vraiment?

Naomi Campbell : Oui… ;)

Je vis dans la fenêtre de la discussion instantanée "Emily est en train d'écrire…" pendant près de cinq minutes, et me demandai ce qu'elle avait à me dire de si long, puis je reçus un nouveau message de sa part.

Emily Fitch : J'aimerais que tu sois là…

Naomi Campbell : Tu peux venir chez moi quand tu veux, tu sais… ma mère t'adore.

Emily Fitch : Crois-moi, c'est la seule chose que j'ai envie de faire depuis la dernière fois qu'on s'est vues…

Naomi Campbell : Qu'est-ce qui t'en empêche?

Emily Fitch : Ma mère -_-

Naomi Campbell : On se revoit bientôt, Em ;)

Emily Fitch : Tu me manques.

Oh… voilà un message auquel je ne m'attendais pas. J'étais surprise (dans le bon sens, bien évidemment) et très heureuse qu'elle m'envoie ça. C'était chaque fois de petits progrès qui nous rapprochaient et qui me mettaient plus en confiance pour que je lui avoue mes sentiments.

Emily Fitch : Je peux t'appeler?

Naomi Campbell : Tu as besoin de demander? ;)

Peu de temps après qu'elle ait lu mon dernier message, mon téléphone sonna. Le numéro provenait apparemment d'un fixe, que j'assumais être le numéro de téléphone des Fitch's, et je décrochai.

"Salut." dis-je en souriant.

"Ta voix me manquait…" avoua-t-elle.

"La tienne aussi…" répondis-je. "Tu fais quoi ?"

"Je suis allongée sur mon lit." dit-elle, la voix rauque. "Je pense à toi."

Ok, je n'aurais probablement pas dû lui demander, puisque je m'imaginais à présent divers scénarios dans lesquels Emily était allongée nue sur son lit, en pensant à moi.

"Qu'est-ce que tu ferais si tu étais avec moi, là tout de suite, Naomi ?" demanda-t-elle.

"Je t'embrasserais." répondis-je sans même réfléchir.

"Quoi d'autre ?"

"Je caresserais ton corps. Tout ton corps."

"Où exactement ?" demanda Emily, le souffle court.

"Je commencerais par ta magnifique poitrine." dis-je. "J'y déposerais quelques baisers tout en caressant tes cuisses très doucement. Je m'attarderais sur ta clavicule et mes lèvres embrasseraient ton cou passionnément. Mes mains se perdraient alors dangereusement entre tes jambes."

"Hmmm, Naoms…"

Elle respirait difficilement, si difficilement que j'entendis chaque respiration dans le téléphone. Les sons qu'elle produisait étaient délicieux et je voulais en entendre plus.

"Je retire tous les vêtements qu'il te reste et ne perds pas une seconde pour te caresser là où tu en as le plus besoin…"

"Hmmm…" murmura-t-elle. "Touche-toi aussi, Naoms…"

Elle n'eut pas besoin de me le répéter deux fois; j'enlevai mon pull et mis ma main à l'intérieur de ma culotte, sentant à quel point j'étais déjà trempée.

"Je veux t'entendre jouir, Naomi."

Cette simple phrase suffit à envoyer de nombreuses décharges électriques au niveau de mon clitoris, rendant cette conversation téléphonique extrêmement intense. Je ne fonctionnais alors plus que par instinct et ne contrôlais plus mes mouvements. En très peu de temps, j'étais dans un état second, rien qu'en entendant le souffle de ma petite amie et en l'imaginant se toucher en pensant à moi.

"Emily, je vais… je vais…"

"Moi aussi, Naoms…"

Je l'entendis gémir bruyamment, et je ne contrôlais plus non plus ma voix. Le simple fait de l'entendre se toucher suffit à me rendre folle et en moins d'une minute, je hurlai son nom dans mon coussin. Je l'entendis faire de même la seconde suivante et c'était magnifique à entendre. Plus magnifique encore lorsque je me rendis compte qu'elle était dans cet état parce qu'elle pensait à moi.

"Wow…" dis-je.

"Ça faisait un moment que j'avais envie de faire ça." avoua-t-elle.

"La prochaine fois que tu as une idée comme ça dans la tête, je t'en prie, ne la garde pas pour toi !" dis-je en riant.

"Oui, Emsy, ne garde pas ça pour toi, j'aimerais prévenir Gordon McPherson la prochaine fois !"

C'était la voix de son frère qui venait de répondre.

"JAMES ?!" s'exclama-t-elle.

J'entendis une porte s'ouvrir et son frère se mit à hurler quelques secondes plus tard. Il y eut un bruit sourd, suivit d'un "Ouch !" et la porte se referma.

"Mon frère avait pris l'autre téléphone et a probablement entendu toute la conversation." dit-elle. "Je ne pense pas qu'il recommencera."

"Sois pas trop dure avec lui, il arrive à l'âge où tous les mecs sont curieux…" lui rappelai-je.

J'entendis Emily grommeler à l'autre bout du fil, mais elle ne répondit pas. Comme d'habitude, je décidai donc d'engager un autre sujet de conversation, et on passa près d'une heure au téléphone. Avant de raccrocher, elle me rappela l'heure à laquelle je devais venir chez eux, et qu'elle me rappellerait probablement entre-temps. Je descendis ensuite voir ma mère et la vis préparer un tas de plats dans la cuisine.

"Qu'est-ce que c'est ?" demandai-je en regardant la table avec attention.

"C'est pour le repas de Noël du centre !" répondit-elle avec enthousiasme.

Ah oui, j'avais presque oublié… Chaque année, ma mère aidait à la préparation de ce repas pour les handicapés. La plupart ne pouvait pas rentrer chez eux et les plus chanceux d'entre eux recevaient la visite de leur famille… Il y avait donc un repas d'organisé les vingt-trois et vingt-quatre décembre, et ma mère était donc en train de tout préparer pour demain.

"Je peux t'aider ?" demandai-je.

Ma mère se retourna, surprise, puis m'offrit un large sourire avant de hocher la tête, encore plus enthousiaste qu'avant. Je l'aidai donc à couper les carottes en rondelles comme elle était en train de le faire et je la vis me regarder du coin de l'oeil en souriant davantage.

"Quoi ?" lui demandai-je, amusée.

"Rien, rien !" dit-elle. "Je suis juste heureuse qu'Emily dégage en toi toute cette énergie positive…"

Et elle n'avait pas tout à fait tort… Je n'avais jamais aidé ma mère les autres années… Et je n'avais jamais été de si bonne humeur non plus. Depuis que j'avais rencontré Emily, les choses avaient véritablement changé. Elle m'avait véritablement changée.


Quand ma mère revint le vingt-trois au soir vers une heure du matin, je venais de terminer une conversation téléphonique (plutôt torride) avec Emily. Avant de me coucher, je décidai de discuter un peu avec elle, parce que je savais qu'elle aurait probablement envie de me dire comment ça s'était passé. Elle avait apparemment rencontré un bel Irlandais qui lui aussi avait participé à ce repas de Noël.

"Je dois conclure que tu t'entends bien avec lui dans ce cas ?" demandai-je et elle acquiesça. "Tu le revois quand ?"

"Demain !" répondit-elle. "Je l'ai invité pour Noël, parce qu'il n'avait personne avec qui le fêter."

"Oh. D'accord…" répondis-je, surprise.

Ma mère n'avait jamais fait venir les mecs avec qui elle sortait à la maison. Il n'y en a pas eu tant que ça, mais les rares fois où je savais qu'elle entretenait plus ou moins une relation avec quelqu'un, je n'avais jamais eu l'occasion de rencontrer ces personnes. Il devait donc être plutôt spécial pour que ma mère décide de l'inviter à Noël. Mais je ne la questionnai pas d'avantage, voulant me laisser quelques surprises pour demain soir.


Ma mère avait beau me répéter que j'avais changé depuis que j'avais rencontré Emily, elle n'était pas beaucoup mieux… Elle n'avait cessé de fredonner des chansons de Noël depuis ce matin et dansait autour de la table pour mettre le couvert. Quand Cook arriva, elle le serra dans ses bras plus fort que d'habitude et il me fixa étrangement, comme pour me demander ce qui se passait. Je lui expliquai donc que je n'étais pas bien sûre, mais qu'il se pourrait bien que ma mère s'envoie enfin en l'air. J'étais heureuse que Cook soit venu plus en avance que les autres, puisque ça nous permit de discuter un peu ensemble et rattraper ces quelques mois où ne s'était que trop peu vus.

"Comment va ma brouteuse préférée ?" demanda-t-il en s'asseyant sur mon lit. "Et surtout je veux tous les détails croustillants de ce que toi et ta copine avez prévu de faire pour les fêtes de Noël."

"Va te faire foutre !" dis-je en le frappant avec le coussin.

"Quand tu veux, Naomikins !" plaisanta-t-il.

"Et toi, Cookie ? Comment se porte ta queue multicolore ?"

"Hey !" s'exclama-t-il, apparemment vexé que j'ose traiter ainsi son pénis. "Ne parle pas comme ça de Cookie Junior, tu sais comme il est sensible…"

"Oh, Cook, je t'en prie, je vais être malade…"

"Tu ne sais pas ce que tu rates, Naomikins !"

"J'ai une petite amie qui est une véritable tornade au pieu, alors tu sais…"

"Je parie que sa soeur est pire encore !" dit-il. "Je me demandais d'ailleurs… tu sais… puisqu'elle m'a invité, moi, à cet espèce de dîner snobinard… Tu penses qu'elle serait d'accord pour-"

"Non, Cook !" le coupai-je. "On en a déjà parlé, et je t'ai dit de te tenir à carreaux."

"Je sais, je sais, relax ! C'est juste que, elle est vraiment canon…!"

"Fais-le pour moi, Cook…" dis-je, calmement. "Elle a passé des moments difficiles ces derniers temps et elle a besoin d'un soutien moral. Tu seras là pour la mettre en valeur, tu comprends ?"

"Le Cookie Monster sait toujours comment mettre les nanas en valeurs, fais-moi confiance !" répondit-il avec ce sourire flatteur.

"Je n'en doute pas…" dis-je. "Merci, Cook."

"Pas de quoi, Blondie."


A/N: Voilà donc la fin du chapitre 14. Cook saura-t-il maintenir ses pulsions le temps d'une soirée ? ;) Le prochain chapitre devrait vous plaire, car beaucoup de révélations y seront faites. Je ferai mon possible pour le poster pendant les périodes de Noël pour que les dates coincident, mais je ne peux malheureusement rien vous promettre... En attendant, je m'en vais faire mes emplettes de Noël :) N'hésitez pas à me laisser vos appréciations à la fin de ce chapitre, pour que je sache ce que vous en avez pensé !