Note de l'autrice : hey ! Salut tout le monde ça va ? Les gens qui sont en vacances, tout se passe bien ? Tranquille ? Bref alors... Je vous amène le nouveau chapitre ! J'espère qu'il va vous plaire ! Pour ceux qui se poseront la question, la scène de la plume est uniquement là pour faire une blague de merde qui interviendra plus tard... Non, ce n'est pas vraiment une scène qui sort de nulle part, elle aura un impact sur la suite ! X)

Pour ceux qui se posaient la question, je ne réponds plus via le chapitre aux commentaires (plutôt par MP). Excepté pour les personnes non connectées bien entendu ! ^^

Aussi, je réponds à la question de son choix (en rapport avec cette fanfic, bien entendu) à la première personne (connectée, bien entendu) qui me dit à quel youtuber fait référence la dernière phrase ! ^^ J'avoue, c'est assez dur mais bon ! XD

Bonne lecture


Chapitre 12 : Comme une Poule devant un couteau

Erise le fixait avec de grands yeux étonnés. Un sourire satisfait se peignit sur les traits du Phénix : elle voulait du surprenant, il lui en avait donné. Dans ses iris, il pouvait voir l'incompréhension. Et ça, alors que d'habitude, c'était plutôt de la moquerie qu'il y avait. Ainsi qu'une saleté de petite lueur vicieuse en plus par-dessus, histoire de compléter le tout et de faire comprendre à son interlocuteur à quel point il était dans la merde. Autant dire qu'à cet instant, Marco était assez content de son effet.

« Si j'avais su que cela te ferait taire, je te l'aurais dit bien avant…

- Pour- Pourquoi tu me dis ça, enfin ?

- Eh bien parce que depuis qu'Ace a eu la bonne idée de t'engager, tu es embarquée avec nous. Donc, pour que ça se termine plus vite, autant qu'on travaille en équipe. Plutôt que de se mettre des bâtons dans les roues. Parce que vois-tu, je n'ai aucunement envie de rester sur Venaler une minute de plus que nécessaire. »

La jeune femme aux cheveux blancs le regarda alors avec une insistance presque dérangeante. Ses lentilles émeraude faisaient vraiment un drôle d'effet, quasi irréaliste. Marco en préférait presque ses iris rouges même si elles étaient inquiétantes par leur fourberie sous-jacente. Elle fit une tête étrange et se racla plusieurs fois la gorge avant de prendre la parole d'un ton plaintif :

« Mais… moi j'aime bien te faire chier !

- Je croyais que tu voulais juste me tuer et avoir ma prime...

– Bin oui, mais si je peux en plus te saouler, je ne vais pas me gêner ! C'est ma vengeance ! Et puis on a un duo super-dynamique en mode engueulade ! Ce serait con de briser le rythme…

- Donc tu veux continuer la petite guéguerre ? insista le blond même s'il ne comprenait pas trop le sens des dernières réflexions de la fausse prostituée.

– Non. »

Pour une fois qu'Erise disait quelque chose de raisonnable, c'était à marquer d'une pierre blanche. Même s'il était surpris, Marco ne vendit pas la peau du Carcajou avant de l'avoir tué. Il venait pointer le « mais » d'une manière plus que flagrante. Qui ne vint pas.

« On termine ce boulot et, quand je suis plus de votre "côté", je reprends la préparation de ton assassinat. En revanche, je veux une contrepartie. »

Oui. Le Phénix aurait dû s'en douter. Sauf qu'à la place d'un « mais », il avait eu un « en revanche ». C'était kif-kif bourricot. Pour autant, il tenait un moyen d'avoir un peu la paix. Donc, il fit un effort et demanda d'une voix calme tout en présageant du pire :

« Laquelle ?

– Une de tes plumes.

- Pardon ? s'étrangla le commandant de la première flotte. »

Il s'attendait à beaucoup de choses mais alors ça… Non, vraiment, ça ne lui avait même pas traversé l'esprit. Et il se demandait bien qu'elle était la raison de vouloir une chose pareille. Mais bizarrement, il craignait le pire…

« Pourquoi ?

- Eh bien, je voudrais voir combien ça coûte sur le marché noir… Y'a tout un tas de superstitieux qui seraient capables de payer une fortune pour un bout de ton plumage… Et je te dis pas pour la bestiole entière !

- Est-ce qu'il t'arrive de ne pas avoir le profit à l'esprit ?

- Je crois pas… Alors t'acceptes ? »

Et le pire était sans aucun doute qu'elle avait l'air sincère. Alors qu'il aurait dû dire « non » tout de suite, Marco se mit à réfléchir : est-ce que sa tranquillité (même s'il se doutait bien qu'elle serait toute relative) valait de perdre une plume ?

« Qu'est-ce qui me prouve que tu seras plus sage si je t'en passe une ?

– Bah… Je suis connue pour trahir mes employeurs, tu sais… Mais je ne les trahis que si je n'ai pas été payée en amont. Si tu me la donnes maintenant, j'essaierai plus de te tuer… Et je te propose de stopper notre petite guerre. Marché conclu ? »

Vraiment, Marco sentait qu'il passait un pacte avec le Diable. Il pesa le pour et le contre. Puis, il finit par souffler. Après tout, c'était l'occasion de lui jouer un mauvais tour.

« Je te la passe maintenant. Et après on y va et je ne veux pas t'entendre. Et pas d'esclandre surtout !

- Rabat-joie ! se plaignit Erise. Enfin. Je vais essayer de me tenir. »

Marco l'entraina un peu à l'écart, dans une ruelle et, après avoir vérifié qu'il n'y avait personne, passa dans sa forme mi-humaine, mi-phénix.

« Dépêche-toi, ordonna-t-il. Je n'ai pas envie qu'on se fasse prendre. Nan mais qu'est-ce que je suis pas obligé de faire… Vraiment… »

Erise étudia pendant quelques secondes l'aile qu'il venait de lui présenter.

« Celle-là ? proposa-t-elle en pointant du doigt.

- Mais arrête de faire ton marché enfin ! Bouge-toi !

– Bon bah OK. »

D'un coup sec, elle arracha une plume d'un peu plus de six centimètres. Marco serra les dents et reprit son apparence normale. La jeune femme aux cheveux blancs s'était totalement désintéressée de lui et scrutait ce qu'elle venait de récupérer.

Marco était surpris. Sur ce coup-là, il pensait l'avoir : lorsque ses vieilles plumes tombaient, elles se transformaient en cendre. Il avait cru que ce serait également le cas ici. Mais visiblement, encore une fois, on avait décidé de se jouer de lui. Enfin, au pire, elle arnaquerait juste un vieux crédule qui penserait posséder la jeunesse éternelle. Elle se trouvait maintenant en possession d'un magnifique plumeau bleu vif.

« Tss. C'est du gâchis qu'un mec comme toi ait de si belles choses… Tu portes un magot sur le dos et t'en profites même pas !

– Erise…

- C'est bon, c'est bon ! J'me tais ! assura la mercenaire en jouant avec. »

Elle suréleva la main droite qui la portait et la lâcha, la faisant doucement tomber dans son autre paume. Elle répéta l'opération jusqu'à ce que Marco, intrigué, la saisisse au vol. Alors que la jeune femme allait brailler de mécontentement, la plume s'embrasa au contact de la peau du Phénix. Erise écarquilla les yeux :

« Bin alors là… Je suis sur le cul. »

Elle l'attrapa de nouveau et elle s'éteignit.

« Mais c'est trop marrant ton truc ! se réjouit-elle en réitérant plusieurs fois l'expérience, provoquant un jour/nuit assez horripilant. »

Elle était pire qu'une gosse…

« Montre-moi ça…

- Et puis quoi encore ? se braqua la jeune femme en faisant disparaître la plume dans son sac. Donner c'est donner, reprendre c'est voler.

- Ça te va bien de dire ça…

– Faites ce que je dis pas ce que je fais ! Enfin, si tu veux étudier ce phénomène, tu feras ça plus tard ! Allez ! On se presse le piaf ! Hop hop hop ! »

Une fois cette digression effectuée, ils partirent d'un pas bien plus rapide. Et dans le silence. Ce qui était un exploit. Cela venait sans doute du fait que la mercenaire calculait dans sa tête le prix que pourrait lui apporter sa dernière acquisition. Elle était très douée pour les mathématiques lorsqu'il s'agissait de faire des calculs économiques. Un petit génie des finances se cachait sous ces cheveux blancs. Peu de gens l'auraient deviné...

Cependant, lorsqu'elle eut terminé sa comptabilité, elle ne put s'empêcher de retrouver la parole. Pour une fois, elle ne balançait pas des vannes. Non, la jeune femme avait plutôt décidé de se la jouer guide touristique et parlait de tout ce qu'elle connaissait à Venaler. C'est-à-dire un nombre de choses non négligeables. À tel point que Marco, qui se moquait totalement d'une histoire de Lotus Bleu (alors qu'il n'aurait clairement pas dû), finit par lui lancer :

« Quitte à faire dans l'extrême, plutôt que de te déguiser en prostituée, t'aurais dû opter pour la nonne. Au moins, tu aurais dû garder le silence. »

Elle le regarda alors avec de grands yeux étonnés :

« En nonne ? C'est ça ton petit fantasme en fait ? J'aurais pas cru… T'as pas la tête à ça. J'aurais pensé à quelque chose de plus pimenté de ta part. A moins que si t'avais vu Ace en bonne sœur sexy, ça t'aurait fait plus d'effet...

- Mais non c'est —

– Nan mais tu sais, je juge pas, hein. Je suis quelqu'un d'assez ouvert — sans mauvaise blague, je peux tout à fait comprendre…

– Ferme ta gueule. Juste : ferme ta gueule. Tu es impossible.

- La violence ! s'exclama la jeune femme en retour. Je suis choquée par un tel langage. Monsieur le Pirate, il serait temps de changer de vocabulaire ! »

Marco leva les yeux au ciel et préféra abandonner cet échange.

Sur le chemin, quelques hommes sifflèrent la jeune femme déguisée en prostituée mais elle ne leur répondit même pas : elle était de nouveau tournée vers sa comptabilité. Enfin, ils arrivèrent au niveau de la caverne de La Muerte. L'obscurité était seulement trouée par un grand nombre de torches mais devait contenir un nombre assez incroyable de coupe-gorges.

« J'y suis jamais rentrée… glissa la jeune femme tandis qu'elle se changeait de nouveau dans le dos du Phénix. C'est sur le territoire du Chrysanthème Vert… Et on peut pas dire que ce clan m'apprécie…

- L'entrepôt ne doit pas être compliqué à trouver. Même pour toi, ajouta-t-il en se demandant ce qu'elle entendait par "le territoire du Chrysanthème Vert". »

Lorsqu'il se retourna, il faisait maintenant face à une silhouette entièrement vêtue de noir, presque androgyne. Des bottes noires, un pantalon noir, un sweat-shirt noir. Marco ne lui aurait jamais avoué, toutefois, il était impressionné par sa capacité à se métamorphoser en quelques minutes seulement. On ne voyait même pas ses traits.

« Bon… Je prends de l'avance.

- Comment ça ?

- Je vais m'infiltrer dedans avant toi. Ça va faire trop louche si on y vient à deux !

- D'accord… J'imagine que de toute façon, je ne vais pas pouvoir te retenir.

- T'imagines bien ! À tout à l'heure, le piaf ! J'espère que je te manquerais pas trop !

- Ne t'inquiète pas pour ça, je survivrai très bien à ton absence…

- Ton amour me touche ! ricana la jeune femme. »

Et avant que le Phénix ait pu faire quoi que ce soit, elle s'évanouit dans l'obscurité de la grotte de La Muerte. La mort en espagnol.