Byakuya m'attend dans le couloir, adossé contre le mur. Je baisse les yeux, n'osant pas affronter son regard. Je n'ai pas envie de lui annoncer une fois de plus mon départ.
-Tu repars déjà ? devine-t-il en faisant un pas vers moi.
Je hoche la tête de haut en bas pour seule réponse. Je n'ai pas encore envie de partir. Deux mois c'est déjà trop long.
-Combien de temps ?
-Un mois, murmuré-je alors que je fixe toujours le tapis. Minimum.
Je me sens obliger de rajouter ce mot. Ma grand mère m'a bien fais comprendre que mon retour n'est pas pour maintenant. Elle compte me garder loin d'ici mais j'ignore pourquoi. Byakuya pousse un soupir. La distance entre nous augmente encore plus. Les non dits, le manque l"un de l"autre, la tristesse tout ça nous éloigne, nous brise petit à petit ...
Byakuya part, sans un regard vers moi, sans me toucher, sans un baiser, sans rien. Je fais un mouvement vers lui mais il m'ignore totalement. Il est en colère après moi. La situation nous met tous les deux à crans. Au bout du couloir, je croise le regard de mon aïeul. La colère s'empare de moi alors qu'elle affiche un sourire satisfait. Plus la situation va s'envenimer entre Byakuya et moi, plus cela sera plaisant pour elle. Je serre les points et je tourne les talons. Direction Karakura !
o-o-o-o-o
-J'ai enfin le droit à un bonjour correcte ! s'exclame Mazaki alors qu'elle me sert dans les bras.
Tout à l'heure, à mon retour, je suis passée tellement rapidement que je n'ai pas eu le temps de la saluer. Je n'avais qu'une hâte voir mon mari.
Mazaki semble soulagée de me voir, de me tenir prêt d'elle. Je lui rends son étreinte, enfin sereine. Sa présence m'a manqué pendant tout ce temps. J'ai réalisé à quel point elle est importante dans ma vie. Une confidente, une amie ... une mère, à qui l'on peut tout dire, sans craintes.
Elle me lâche après m'avoir forcé à m'asseoir sur une chaise.
-Tu veux mangez des gaufres ? Des crêpes ? Avec la confiture, comme tu adores.
Mazaki, dans une robe fleurie, m'adresse un grand sourire. Ses cheveux, redressée à l'aide d'un élastique, sont d'un magnifique roux bouclés. Elle est resplendissante. Elle est si contente, si heureuse que je n'ose pas lui parler. Je ne souhaite pas voir disparaître son magnifique sourire. Surtout quand je vais devoirs lui annoncer que j'embarque de nouveau Shirosaki avec moi. Elle était tellement triste le jour du bal. Elle faisait de son mieux pour sourire mais elle laissait paraître un peu sa tristesse.
-Au soir, pour le dîné, tu préfères un menu complet ou bien des pizzas ? demande-t-elle en s'attelant dans la cuisine. Je ne sais pas ce que vous avez mangé durant deux mois ! Vous avez tous les deux perdu du poids c'est affolant ! Et vous paraissez tellement soucieux ! Cela ne devait pas être très plaisant de ne parler qu'entre vous. Une bonne séance de relaxation et plusieurs jours de repos vont vous faire le plus grand bien ! Et puis aussi les repas en famille ! Yuzu et Karin vous attendaient impatiemment. Et si tu voyais Kazui, il passe son temps à me demander quand est-ce que vous rentrez ...
-Mazaki, murmuré-je en l'interrompant.
Je trouve enfin le courage de lui parler. Il le faut. Elle va se faire de faux espoirs ... Mazaki, qui me tourne le dos, s'arrête net. Je la vois baisser les yeux sur ses mains qui tiennent un verre de limonade fraîche. Le silence devient pesant, oppressant. Elle a compris. Elle sait que nous allons devoir nous éloigner à nouveau, qu'elle ne peut rien y faire.
-Pas déjà ?
-Je suis désolée Mazaki. Je ne décide pas. Tu sais, je préférerais que nous restions ici.
Je lui explique que c'est ma grand mère qui a choisi. Elle veut que tout soit rapidement terminé, quitte à ce que nous soyons absent plusieurs mois. Mazaki soupire mais acquiesce d'un signe de tête. Elle sait très bien que quand tout sera terminé, nous ne repartirons plus jamais aussi loin, aussi longtemps.
Nous sortons de la pièce pour nous rendre au sous sol, là où Shiro se trouve. Alors que nous avançons dans le couloir, Mazaki remarque que je tourne mon alliance. Un toc que j'ai développé lorsque je me sens anxieuse. Cela m'apaise et me rassure.
-Comment Byakuya prend il la chose ? demande-t-elle nonchalante.
-Très mal, comme tu peux l'imaginer.
N'ayant pas envie de m'étaler sur le sujet, je dévie la conversation sur ses autres enfants, comme Karin et Yuzu. Elle m'apprend que Karin s'entraîne pour un match de foot qui à lieu dans deux jours. Ils sont en final. Et que Yuzu continue de réviser pour ses examens qui eux se dérouleront d'ici un bon mois. D'après ce que me raconte Mazaki, Yuzu passe tout son temps dans le cabinet de son père, avec lui à étudier.
Nous arrivons au sous sol. Shirosaki range son zanpakuto et laisse ses affaires lorsqu'il nous voit venir. Il affiche une grimace en constatant que je suis avec sa mère.
-Je ne t'ai pas assez vu ses dernières semaines au moins ? lance-t-il ironique en retournant à son occupation.
-Et tu vas devoirs me supporter encore un mois. Voir plus, rajouté-je, les mains dans les poches.
Suite à cette déclarations, il se laisse tomber sur le banc à côté de lui. Il fixe le plafond en marmonnant. Il maudit la famille Shihoïn et toutes ses missions pourries ! Je le rejoins dans ses pensées. Nous souhaitons tous les deux pouvoirs vivre notre vie, fonder notre famille. Etre tranquille quoi !
-Bon, allons prendre ce maudis avion, finit-il par dire en se levant d'un bond.
Mazaki nous accompagne à l'aéroport. Elle souhaite nous dire au revoir sur place, pas comme notre dernier départ. Elle ne peut malheureusement pas aller plus loin, nous l'enlaçons avant de franchir les systèmes de sécurités. Nous n'avons qu'un petit sac chacun, nos affaires personnels ayant déjà été transférer à notre lieu de chute, comme la dernière fois. Nous tendons nos billets à l'hôtesse qui nous indique le chemin, la première classe. Nos sièges sont côte à côte, ce qui nous permettra de parler du dossier qui se trouve dans mon sac. Je m'installe prêt du hublot alors que mon ami préfère être du côté du couloir. Il commande un whisky à peine assis.
De nombreux passagers s'installent comme nous, chacuns vaquant à ses occupations. Certains sont sur leur ordinateur, d'autres lisent un livre. D'autres encore mettent un masque de sommeil pour le long trajet qui nous attend.
Nous nous rendons dans un petit village de Tsumago, qui se trouve dans le centre du Japon. C'est un petit village où les voitures sont interdites, les câbles électrique et tout ce qui se rapporte au temps moderne est bien cachés, de telle sorte à ce que l'on se retrouve dans l'ancien temps. Il y a de nombreux chemins de randonnées, de nombreuses forêts. La maison que nous allons occupé se trouve, elle, à l'écart du village.
Ma grand mère souhaite que nous la renseignons sur un groupe d'individu qui se rassemble la nuit et sur des transfert d'argents étrange qui ont lieu dans une branche éloigné de la famille. Elle souhaite qu'on les infiltre pour pouvoir destituer le chef de cette organisation, si il y en a une.
-Veuillez accrochez vos ceintures avant le décollage, annonça l'hôtesse à travers le haut parleur.
Je ferme le dossier d'un coup sec. Nous lui obéissons tranquillement. Je m'allonge au fond de mon siège, le regard tourner vers le hublot. Le vent souffle fort dehors, et la pluie est au rendrez vous. Je ferme les yeux, commençant à sombrer dans un doux sommeil. Shirosaki m'appelle doucement. J'entrouvre un œil. Comparer à moi, il semble légèrement à cran de se trouver dans cette machine géante.
-Tu n'es pas stressée d'être là ?
Sa voix est légèrement plus grave qu'à l'accoutumer, ce qui confirme mon intuition.
-Pourquoi voudrais-tu que je stresse ? dis-je à voix basse en m'allongeant au fond de mon siège. Si l'avion s'écrase, mon âme va à la Soul Society. Et ton gigaï sera détruit, mais pas ton âme.
-Vu comme ça, marmonne-t-il en se rallongeant.
Je ferme les yeux en souriant, me laissant bercer par les bruits alentours. Un nouveau voyage nous attend.
o-o-o-o
Le ciel est d'un bleu clair. Aucun nuage à l'horizon. Le soleil décline à l'horizon. Le vent souffle légèrement faisant danser l'herbes et les coquelicots qui m'entourent. Je suis des yeux le papillons qui passe devant moi. Il est tellement coloré. Cela change comparé aux couleurs des shinigamis.
Je m'allonge de nouveau dans l'herbes. J'attrape doucement le pétale d'un coquelicot. Je contemple ce rouge si profond avant de le lâcher. Il s'envole, loin, souffler par le vent. Byakuya me manque tellement. Tous les soirs, ou le matin, je trouve un peu de temps pour lui écrire une lettre. Bien sûr, je ne les lui enverrais pas. Ces lettres sont rangées dans une boîte. Cela me permet d'apaiser ma culpabilité, mes remords d'être partie fâchée. J'aurai tellement voulu partir l'esprit apaiser, que l'on se réconcilie avant.
-Toujours en train de ruminer ?
Shirosaki s'allonge à l'inverse de moi, sa tête juste à côté de la mienne mais pas son corps. Nous observons le ciel au dessus de nous.
-Tu ne m'as pas raconté comme tu as trouvé Grimmjow, dis-je brisant le silence.
-Ce n'est pas moi qui l'ai trouvé. C'est lui qui m'a fais du rentre dedans. Tu te rappelles le soir où nous sommes allés boire un verre avec Ichi ?
-Mmhh, marmonné-je distraite.
-Ben avant de sortir du bar, il m'a donné son numéro et il m'a sauté dessus quoi ! Il m'a embrassé d'une telle façon ! J'ai mis trois, quatre jours avant de m'en souvenir et après je l'ai rappelé pour lui dire quelque chose. Cela ne s'est pas passé comme prévu et nous avons fini au lit, raconte-t-il.
Je le sens sourire à côté de moi. Il est heureux de cet rencontre fortuite. C'est ce qui pouvait lui arriver de mieux, surtout à son âge. Il n'est plus tout jeune.
-Allez, il faut se préparer, il va être l'heure.
Nous soupirons de désespoirs, la nuit va se lever. Il va être temps d'espionner un gang.
o-o-o-o-o
-Allez, à dans trois jours Yoru. Pas avant, murmure-t-il dans la ruelle sombre à côté de chez lui.
Je hoche la tête en signe d'accord. Nous nous retrouverons ici même à la fin de la troisième journée, pour reprendre notre travail. J'ouvre un portail vers le monde des morts. Nous nous saluons de la main jusqu'à ce que la porte entre les deux mondes soit close.
L'air de la Soul Society. Je ne pensais pas qu'un jour cette endroit pourrait me manquer. Cela fais maintenant six mois que je n'ai pas foulé cette terre, vu ses arbres. Six mois que nous enchaînons missions sur missions. Que nous remplissons dossiers sur dossiers pour le compte de la famille Shihoïn. Nous y serions encore si nous n'avions pas réussi à berner ma grand mère. Nous avons trois jours devant nous avant de reprendre la suite de nos missions. Cela nous laissera le temps de voir nos familles respectives. Enfin pour ma part, mon mari surtout. Plus de huit mois sans être avec lui, à discuter même par téléphone, à s'embrasser, à être dans ses bras, cela commence à devenir légèrement long !
Je cours rapidement jusqu'au manoir. Je mets à peine quelques secondes, tellement je suis impatiente.
J'avance à pas de velours dans la demeure. Le couloir est sombre, les volets sont fermés. En même temps, à deux ou trois heures du matin, ce n'est pas comme si beaucoup de monde était réveillé. Les serviteurs aussi sont partis dormir. Je me faufile jusqu'à ma chambre à coucher. Je pousse la porte doucement. Le clair de lune inonde de lumière pâle le lit vide, le bureau ranger. Byakuya ne se trouve manifestement pas ici. J'esquisse un sourire. Ses vieilles habitudes ont repris le dessus. Il est incorrigible. Maintenant que je suis rentrée, je vais lui montrer comment on peut prendre du bon temps. Je tourne les talons pour filer sans un bruit vers son bureau.
Au fur et à mesure de mon avancement, de légers sons se font entendre. L'angoisse grandit en moi alors que j'avance sans un bruit. Les bruits présents me sont familiers ... Trop familier ... Je continue quand même jusqu'à me retrouver devant le bureau de mon cher mari. La porte est légèrement close mais le son provient bien de cette pièce. C'est d'ailleurs la seule pièce d'allumer. J'espère me tromper ... Que ce n'est pas ce que je pense ... Toujours sans le moindre bruit, je pousse cette porte. Elle ne couine pas, ne craque pas, préservant le silence, mon anonymat ...
Le ciel me tombe sur la tête lorsque je prends connaissance de la situation.
Une femme blonde allongée sur le ventre sur son bureau, une jupe relevée, une culotte en bas des jambes. Byakuya à moitié déshabillé, de dos, la prenant.
Le mouvement est le même que toutes les fois où c'était moi sur ce bureau ... Elle gémit son prénom encore et encore ... Prenant son pieds avec mon mari...
Je les observe, incrédule. Mes pieds ne veulent pas bouger ... J'essaie pourtant de toutes mes forces de les faire bouger mais ils n'obéissent pas ... J'aimerai tant les interrompre, leur signaler ma présence mais rien ! Je suis bloquée dans un corps qui ne veut pas répondre ! Je reste, juste là, planter sur place à regarder mon mari en sauter une autre ... Je suis figée sur place ...
Sa voix ne m'est pas étrangère mais je ne parviens pas à mettre un visage dessus ... Elle me paraît familière et en même temps si étrangère...
Alors que mon corps se décide enfin, la jeune femme tourne le visage de l'autre côté. Même les yeux clos, je parviens a la reconnaître ... Halibell Tia ...
Je finis par détourner le regard, dégoûtée de la scène qui se déroule sous mes yeux ... Mon cerveau ne sait pas si il doit pleurer ou être en colère ... Mon cœur, lui, est en miette ... Il a explosé en un milliers de morceaux ... Je me sens vidé ... trahi par cet homme que j'aime ... Celui que j'étais impatiente de retrouver ...
Je fais un pas en arrière ... Puis un deuxième ... Et ainsi de suite jusqu'à ce que je me retrouve dehors. Je continue de courir sans but.
Je fuis cette maison ... Lui ... Eux ... Tout ...
Mon cerveau dirige maintenant. Je me soustrais au monde qui m'entoure pour me protéger de mes émotions ... Comment a-t-il put faire ça ? NOUS faire ça ? Ne pouvait-il pas attendre que je revienne ? Avec Tia ... Et juste avant de partir, lors du bal, il m'avait dis de ne pas m'inquiété pour elle ... Le menteur ...
Lorsque je reviens à moi, je me retrouve à la sixième division. Cette dernière est vide, mis à part quelques shinigamis surveillant. Je pars m'enfermer dans le bureau de Renji Abaraï et de son capitaine. Je me rapproche du bureau de Byakuya dans l'espoir de m'asseoir pour réfléchir à la situation. Seulement alors que je m'approche de la fenêtre, un détail sur la bibliothèque m'interpelle. Un rayon lunaire illumine une photo de nous lors de notre mariage. Nous sourions tous les deux. Cette photo est la goutte d'eau qui fais déborder le vase. Je laisse exploser ma colère.
Seul le tic tac de l'horloge au mur et le son de la pluie frappant les carreaux me maintiennent consciente. Je suis assise devant ce qui avant été le bureau de mon mari, les avant bras sur mes genoux et la tête entre les jambes. Enfin ce qu'il en reste. D'ailleurs, il ne reste plus grand chose de debout dans cette pièce. L'armoire et tous les livres sont au sol, éparpillés. Les photos ont été explosés contre les différents murs. Les dossiers sont retournés au sol.
Je n'ai pas touché aux affaires de Renji. La totalité de ses affaires est en ordre. Mais tout le reste y est passé, tout ce qui pouvait essayer de calmer ma colère ...
Un clic retentit coupant le silence. Je lève la tête vers la porte. La poignée bouge, l'ouvrant. J'essuie le reste des larmes qui ont coulés, laissant seulement mes joues rouge.
Renji affiche une tête d'ahuri en découvrant ce que j'ai fais. Il essaye d'avancer dans le bureau mais s'arrête seulement au bout de deux pas. Ses yeux se posent sur moi. Il m'interroge du regard devant le bordel monstre. Il souhaite une explication.
-Tu devras demander à Byakuya, il sait pourquoi.
Je me lève, mes jambes sont totalement engourdis d'être rester dans la même position plus d'une heure. Je prends la photo de notre mariage et je retire mon alliance. Je pose le tout bien en évidence au sol, là où j'étais assise. Je ne veux plus de cet anneau, appartenir à cette famille, à être sa femme ... Je passe à côté de Renji en observant l'horloge qui indique sept heure quinze.
-Ne ranges rien s'il te plait. Byakuya le fera lui même.
Nous nous jetons un regard entendu avant que je ne disparaisse à la huitième division. J'ai un compte à régler. Connaissant Byakuya, il va passer à la division juste avant la réunion pour donner ses directives. Il va être étonné en arrivant et j'aurai disparu avant qu'il ne réagisse.
Un serviteur m'accueille à la demeure du capitaine Kyoraku. Il m'emmène dans le salon, là où elle me demande d'attendre patiemment, le temps d'aller chercher son capitaine. Je lui adresse un sourire crispée mais j'attends patiemment qu'il sorte de la pièce pour sortir par l'autre porte. J'arrive dans un long couloir. Les murs sont peints d'un vert d'eau. J'avance rapidement à l'autre bout de la maison. Je finis par tomber sur un escaliers. Surement utiliser par les serviteurs pour pouvoir accéder à l'étage précipitamment. Une fois en haut, j'ouvre porte sur porte, espérant trouver ce que je cherche. Lorsque je tombe sur une décoration avec des murs rose et de nombreux posters accroché au mur, je sais que j'ai trouvé la chambre de Tia. Seulement aucune trace d'elle. Je maudis cette journée.
Le parquet grince derrière moi. Je fais volet face.
-Kyoraku ! dis-je surprise de me trouver en face de lui.
Lui aussi est totalement étonné de me voir ici.
-Allons au rez de chaussée pour discuter, se sera mieux que la chambre de ma nièce, m'indique-t-il en me tenant la porte ouverte.
Je souris crispée. Je ne souhaitais pas le voir, ni parler avec lui ! La seule personne que je souhaitais affronter est la blonde. Nous atteignons l'escaliers centrale lorsque la voix d'un serviteur se fait entendre.
-Bonjour mademoiselle. Votre oncle se trouve en haut.
Des pas de talons résonnent sur le carrelage. La petite blonde devint pâle l'espace d'une seconde en me voyant en haut des marches. Je prends mon temps, les descendant une par une sans baisser les yeux, Kyoraku à mes côtés. Je me retiens de lui sauter à la gorge pour la tuer. Son oncle m'en empêcherait et je préfère avoir ma conscience tranquille.
Pourtant, plus je m'avance vers elle, plus ma colère grandit au creux de moi. Je sers les poings tellement fort que mes ongles s'ancrent dans ma peau. Sous mes yeux je les vois encore et encore en pleine actions, les gémissements résonnent dans mon crâne sans s'arrêter.
-C'était bon cette nuit ? demandé-je à quelques pas d'elle.
Kyoraku nous regarde tour à tour sans comprendre. La blonde ouvre la bouche mais aucune parole ne sort.
-Je ne me répéterai pas deux fois alors tu vas bien m'écouter maintenant, déclaré-je glaciale et hostile. Si tu oses remettre ne serait-ce qu'un pieds au manoir, je te tue. Si tu l'approches à nouveau, au manoir, à la division ou ailleurs, je te tue. Et si un jour, il te vient à l'esprit l'idée folle de m'adresser la parole, de me sourire ou même d'essayer d'être aimable avec moi, je te tue. Suis-je claire ?
Elle répond affirmativement sans décrocher un mot. La peur se lit sur le visage. Satisfaite, je m'apprête à partir lorsque son oncle nous interrompt.
-Attends attends Yoruichi, déclare Kyoraku en se mettant entre sa nièce et moi les bras écartés. Je peux savoir ce qui se passe ? Tu as un problème avec elle ?
-Tu veux lui dire ?
Je penche la tête sur le côté pour planter ses yeux dans les siens. Je m'adresse directement à sa nièce qui s'est légèrement reculée, s'éloignant de moi. Son corps trahi son angoisse, sa crainte. Elle hoche la tête de gauche à droite sans pour autant prononcer un mot. Elle est devenue muette d'un coup. Kyoraku me fixe, attendant une réponse.
-Ta chère nièce ici présente s'est tapée mon mari cette nuit.
Kyoraku me fixe incrédule. Ses yeux deviennent rond comme des soucoupes. Il n'en croit pas ses oreilles. Il se tourne rapidement vers sa nièce qui baisse seulement les yeux. Elle a au moins l'intelligence de ne pas me contre-dire, une bonne chose pour elle. Kyoraku oublie ma présence alors qu'il lui passe un savon. Il veut savoir comment elle peut avoir eu l'idée de faire une chose pareille alors que tout le monde sait que Byakuya est marié. Elle finit par lui avouer une chose importante, dont j'ignorais l'existence.
-On m'a ordonné de le séduire ...
-Qui Tia ! hurle-t-il les mains sur les hanches. Qui peut bien t'avoir demandé une telle folie ?!
-Sa grand mère ...
Ses yeux vert se posent sur moi. Le sol se dérobe sous mes pieds une fois de plus. Ma grand mère ! Quoi ?
-Hier matin, elle est venue me voir, raconte-t-elle à voix basse sans lever les yeux vers moi, fixant le sol. Elle m'a dis que Byakuya serait dans son bureau cette nuit et qu'il fallait que j'arrive à le mettre dans mon lit au soir. Parce que tu rentrerais aujourd'hui et qu'après se serait impossible.
Grand mère avait tout prévu ! La distance entre Byakuya et moi à cause des absences incessantes, qu'elle a provoqué. L'intérêt que Byakuya a pour la jeune femme, dont tout le monde est au courant depuis la dernière soirée. Et surtout que Byakuya cède à l'envie qu'il a. Et pour finir, mon retour, plus tôt que prévu mais dont elle était prévenue... Elle voulait que je les trouve ... Que mon mariage explose ... Elle savait que je ne passerais pas sur cet écart ... Pas sur la fidélité ...
-Je ne comprends pas Hallibel ! Pourquoi tu as accepté de faire une chose pareille ?! s'emporte le capitaine ses mains sur les épaules de sa nièce. Tu as été élevé mieux que ça quand même ! Si tes parents savaient, ils en deviendraient fous !
La susnommée triture ses doigts. Son attitude est étrange. On dirait qu'elle s'en veut pour ses actions. Pourtant c'est quand même elle qui est allée le chercher.
-Tia Hallibel ! Tu vas répondre oui ! s'énerve-t-il perdant son sang froid.
-Elle me fait chanter ... J'ai triché aux examens et elle l'a découvert. Je n'ai pas eu le choix.
Kyoraku soupire face à cette révélation.
-Je suis désolée, sanglote-t-elle en tombant à genoux au sol, les mains sur son visage. Vraiment désolée.
Kyoraku s'agenouille devant elle pour la consoler, calmer ses pleures. Je les fixe, les yeux dans le vide. Je n'arrive pas à avoir de la sympathie pour cette femme. Elle a détruit mon mariage pour éviter de se faire taper sur les doigts pour une connerie qu'elle a fais. Maintenant, elle n'a plus qu'à assumer.
Je les contourne et fais quelques pas avant de m'arrêter.
-N'oublies pas ce que je t'ai dis, déclaré-je froidement en serrant les poings.
Je reprends ma route sans un regard en arrière. Il est temps que j'aille voir le capitaine Yamamoto et il faut que je me dépêche. Je préférerai y aller avant le début de la réunion hebdomadaire. Et surtout avant que Byakuya ne débarque. Malgré les aveux de Tia et l'implication de ma grand mère, personne ne l'a forcé à avoir des rapports avec elle. Lui, était libre de ses choix et il a décidé de briser notre mariage.
o-o-o-o-o
-Avec tout le respect que je vous dois capitaine Yamamoto, déclaré-je formelle les mains derrière le dos et droite comme un i. Je ne vous demande pas votre permission, je vous explique que je prends un congés sans solde pour une durée indéterminée pour raison personnelle.
-Mais vos missions ? Que va dire votre grand mère ?
Je grimace. J'évite d'exploser devant cet homme. Je ne veux plus entendre parler d'elle pour le moment ! Ni de la famille Kuchiki ! Je veux juste qu'on me foute la paix !
-Qu'elle aille au diable ma grand mère, répondit-je en serrant les dents. Mes missions sont terminées et je n'y retournerais plus.
-Je peux savoir ce qui motive votre choix capitaine.
La porte de la salle de réunion s'ouvre. A son énergie spirituelle, je reconnais là Byakuya. Il ne semble pas être content. Ses pas avancent vers le capitaine et moi. Plus aucune conversation ne se fait entendre.
-C'est toi qui a retourner mon bureau ? demande-t-il en m'attrapant le bras se fichant du monde autour de nous.
-Estimes toi heureux de ne pas être mort, craché-je en me défaisant de sa prise à mon bras.
Oh oui, il a vraiment de la chance ! Jusque là, je parviens à me contrôler mais vaut mieux qu'il n'insiste pas. Le capitaine Yamamoto affiche une expression surprise devant l'animosité de mes paroles. Il nous écoute, sans intervenir, comme plusieurs capitaines, dont Kyoraku.
Je me tourne de nouveau vers papy Yama, laissant mon mari en colère. D'ailleurs ce n'est pas à lui d'être en colère mais à moi ! Seulement je n'étalerai pas ma vie privée ici.
-Le vice capitaine Soi Fong sera le capitaine remplaçant jusqu'à mon retour. Si elle a besoin, elle sait comment me trouver. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je souhaiterai disposer.
Le capitaine Yamamoto hoche la tête en guise de confirmation. Bien, je peux m'en aller et partir loin d'ici. Je contourne doucement Byakuya sans le regarder.
-Je peux savoir ce qui se passe ? demande-t-il le plus platement du monde.
-Oh ça va hein ! Fais pas l'innocent ! Elle, au moins, elle n'a pas nié. Alors assumes ! Je t'ai vu Byakuya ! Dans ton bureau ! Si tu veux les détails, je peux te les donner ! m'énervé-je en me tournant légèrement vers lui.
Je reprends doucement ma route, essayant de ne plus faire attention à lui, il n'en vaut pas la peine.
-Lors de mes vœux, rien ne parlait de fidélité, murmure-t-il derrière moi.
SPLAF !
Maintenant, je lui fais face, rouge de colère. Le visage de Byakuya est légèrement sur le côté. Il affiche une mine surprise. Il ne devait pas s'y attendre. D'ailleurs, plusieurs visages se tournent vers nous avec la même expression. Ma main me lance mais la douleur n'est rien comparée à celle que je lui ai infligé avec cette gifle.
-Vas y répètes pour voir ! craché-je furieuse. Pas de fidélité ? Mais c'est la base même du mariage ! Et toi, tu l'as déshonoré en fourrant ta queue là où tu ne devais pas !
Je traverse la salle, droit comme un i, serrant les poings pour ne pas l'achever. Je me mords la lèvre inférieurs pour ne pas me mettre à pleurer devant l'atrocité de ses paroles. Je haie ce type ! Je haie ce qu'il a fais de moi ! D'être aussi faible ! Il ne m'y reprendra plus !
Je croise le regard triste de Kyoraku à côté de la porte d'entrée. Je hausse les épaules avant de partir, il n'y peut rien lui. Ce n'est pas de sa faute. Byakuya a l'amabilité de ne pas me retenir. D'ailleurs, je ne me serais pas laisser faire. Je claque la porte en sortant.
o-o-o-o-o
-Shiro n'est pas là, il revient dans dix minutes, m'explique Grimmjow alors qu'il me laisse entrer. Vous repartez déjà ?
Secouant la tête de gauche à droite, je finis par lui murmurer que nous ne repartirons plus jamais. Il me demande gentiment si tu vas bien. Je hausse les épaules, insensible à ses mots. Je ne veux pas parler, juste voir mon ami et ne pas être seule. La dernière fois je n'avais atteints que la cuisine mais là, nous allons dans le salon.
La déco est masculine. C'est celle du gars aux cheveux bleu, ce n'est pas trop les goût de mon ami.
Le maître des lieux me propose un café. Je grimace. J'aimerai quelques choses de beaucoup beaucoup plus fort.
-T'a de l'alcool ?
-A dix heure du mat' tu déconnes ?
Quand il remarque enfin que je suis sérieuse, il croise les bras contre son torse. Il m'examine de la tête au pieds, se doutant que quelque cloche, je ne suis pas aussi fatiguée d'habitude. Mais la seule chose que je laisse transparaître est ma lassitude. Je veux enfin oublier ... Pour quelques heures la douleur que me procure mon cœur ... La trahison ... Ses paroles ... Tout ...
-Du whisky ça te va ?
Je hausse les épaules. Je m'en contre fous ... Tant que je peux oublier ma peine. Ce qui est bien avec le copain de Shiro c'est qu'il ne cherche pas à discuter, à savoir le fond du problème. C'est une des qualités qu'il apprécie chez cet homme, d'après ce que mon ami m'a raconté.
Grimmjow me sert un verre, avant de disparaître. Je l'avale d'un trait. Il revient quelques minutes plus tard, vêtu d'un short troué et d'un tee shirt gris avec une tête de mort.
-Voilà les croissants ! s'exclame l'albinos en entrant dans le salon.
Son sourire disparaît lorsqu'il croise mon regard éteint. Ses yeux passent de moi à son petit ami. Il lui tend le paquet qu'il tient dans les mains avant d'aller se servir un verre et de remplir le mien.
Je m'adosse au pieds du sofa, sur le tapis. Je fixe le liquide ambre. Il me brûle la gorge mais cela me soulage légèrement.
-Ah quoi boit-on ? S'interroge mon ami en prenant place en face de moi, de l'autre côté de la table basse.
-A l'infidélité de Byakuya.
Je lève mon verre pour trinquer dans le vide en revoyant devant mes yeux ceux de mon mari. C'est un idiot ! Un crétin fini ! Un enfoiré ! Une ordure ...
Je continu de l'insulter de différentes manières. Lorsque j'ai fini de fixer le plafond en marmonnant, je croise des yeux jaune. Shiro est étonné mais n'ajoute rien. J'en suis soulagée. Je ne souhaite pas m'épancher encore plus sur un minable. Nous buvons dans un silence de monastère.
Une demi heure après mon arrivée, mon ami et moi n'avons pas bougé d'un pouce. Nous sommes tous les deux toujours assis sur le sol. J'en suis à mon deuxième verre. Shirosaki, quant à lui, est au téléphone avec ce qui semble être Mazaki. Il semblerait que mon mari me cherche. Qu'il aille au diable ce type ! Je ne veux pas le voir ! Shirosaki la comprit puisse qu'il explique rapidement à sa mère qu'elle ne doit pas lui donner son adresse. Il finit par raccrocher en lui précisant qu'il fera attention à moi.
-Tu vas faire quoi après ? Questionne Shiro en posant son verre sur le tapis.
Le feu aux joues, je hausse les épaules. Dans un premier temps, me prendre une bonne cuite, se sera déjà pas mal, sous la protection de l'albinos. Ensuite, je n'en ai pas la moindre idée.
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Je retire mon pull à rayures jaune et blanches que je lance sur mon lit. Le jean le rejoint sans attendre. Je me retourne pour attraper mon kimono noir et blanc. Lorsque je finis de le nouer, je prends mon poudrier pour ouvrir un portail vers la Soul Society. Je me concentre suffisamment pour atterrir devant l'immense portail rouge du manoir Kuchiki. Un objet attire mes yeux. Je le prends vite avant que le portail ne se referme.
Je traverse un long couloir en croisant les domestiques qui s'inclinent sur mon passage. Certains sont surpris et d'autres totalement indifférent à ma présence. Je ne leur jette pas un regard, ne perdant pas mon temps avec eux. Je n'en ai d'ailleurs pas le temps. Je sers contre moi le dossier que je ne dois surtout pas perdre. Il est trop important. Les portes défilent devant moi. Je ne cherche pas mon chemin, je connais ma destination. Après quelques minutes, je finis par atteindre celle que je souhaite. Je calme ma respiration et les battements de mon cœur. Je répète encore et encore les mêmes litanies.
-Ne flanches pas, ne flanches pas.
Prenant mon courage à deux mains, je frappe à la porte avant de l'ouvrir sans attendre qu'on me réponde. J'entre dans le bureau. Il est identique, comme à l'époque. Toujours le même. Toujours celui sur lequel il a déshonoré notre union. Je me promets qu'un jour j'y mettrais le feu pour le réduire en poussière !
Je quitte des yeux les tableaux accrochés au mur pour me tourner vers les trois personnes présentes. Rukia Kuchiki, Renji Abaraï et surtout Byakuya Kuchiki, mon époux. Son aura, son charisme font son petit effet. Il me trouble l'instant d'une seconde mais je remets rapidement mes idées en place. Je m'avance vers eux calmement sans baisser les yeux face au regard polaire de mon mari, ignorant son vice capitaine et sa sœur.
-Tu aurais dû prévenir de ta visite Princesse, je t'aurai accueilli avec plaisir, déclare joyeux le chef de famille en se levant de son fauteuil.
Je le vois lancer un regard aux personnes qui l'accompagnent. Tous les deux s'inclinent avant de passer à mes côtés et de disparaître. Je finis par atteindre le bureau lorsque la porte se referme en silence.
-Restes où tu es, dis-je le plus sereinement possible alors qu'il s'apprête à faire le tour du bureau. Nous devons parler affaires.
L'espace d'un instant, il semble être surpris. Mais comme moi, il reporte un masque d'indifférence et de politesse. Je lui suis reconnaissante de m'écouter lorsque je le vois s'installer dans son siège. Je prends place à mon tour sur une chaise en face de lui. Nous nous examinons, se demandant lequel des deux sera le premier à détourner le regard ou bien à briser le silence. Je patiente, n'oubliant pas de répéter en boucle ma phrase. Il est hors de question que je perde au petit jeu qui se déroule. Après quelques minutes, Byakuya finit par craquer, brisant le calme faussement serein.
-Tu n'as pas changé Yoruichi ... Depuis tout ce temps.
Je me raidis involontairement en entendant mon prénom. Malgré le temps, il me fait toujours autant d'effets. Il m'envoûte encore et encore rien que par les mots. Je chasse cette pensée avant de lui répondre.
-Toi non plus. En un an, les choses sont toujours identiques.
-Que puis-je pour toi ?
Byakuya est doux, affectueux. Si il croit qu'il peut me berner une fois de plus, il se trompe. Je ne tomberais pas dans le même piège deux fois. Il met ses mains devant lui, les doigts croisés. La première chose que je remarque est son alliance. Il la porte toujours à son annulaire. Comme si elle signifiait toujours quelque chose ! Je refoule la colère qui monte. Ce n'est pas le moment de s'énerver. Je prends le dossier qui est sur mes genoux, pour le lui tendre.
-J'aimerai que tu signes l'intégralité de ce dossier s'il te plait, dis-je alors qu'il l'ouvre.
Il ne demande pas plus d'explications. Ses yeux feuillettent la première page, puis la deuxième et ainsi de suite sans un mot, ni un regard vers moi. J'attends patiemment en fixant l'encrier, dans l'espoir d'une décision rapide et juste. Lorsqu'il le referme, Byakuya affiche un léger sourire, comme si il s'y attendait. Il garde sa main dessus sans prononcer un mot. Le silence est plus pesant qu'une conversation. Je lui souris en retour, pour ne pas le laisser me déstabiliser. C'est à celui qui énervera l'autre en premier.
Byakuya se lève, et il m'invite à le suivre. Je fronce les sourcils alors qu'il contourne son bureau. Il reformule sa demande en ajoutant un 's'il te plait'. Je me lève, sur mes gardes. Nous nous suivons. Je reste à une certaine distance de lui. Trop de proximité est trop dangereux. Nous atteignons le petit salon sans un bruit, sans un regard. Il me tient la porte, le dossier à la main.
Dans la pièce, Renji et Rukia se tiennent prêt du feu de cheminé. Ils jouent aux cartes. Leurs regards étonnés se posent sur nous. Byakuya passe à côté d'eux, sans même les voir. Il les contourne et là, il lance les papiers dans le feu !
-Il est hors de question que j'accède à ta demande Yoruichi, dit-il sans un regard vers moi.
Je reste figée alors que l'intégralité du dossier se désintègre en l'espace de quelques secondes. Il s'assure que tout est détruit avant de continuer à parler, me fixant cette fois de ses yeux anthracites. Il change de ton pour me parler. Il est autoritaire, sec et ferme.
-Tu es ma femme. Rien ni personne ne pourra changer ça. Ni un avocat, ni toi. Je refuse de divorcer.
Il ... refuse ?!
-Byakuya, je ne veux plus être marier avec toi ! déclaré-je en commençant à m'énerver. Un an que nous sommes séparés ! Que nous ne nous voyons pas ! Je souhaite pouvoir vivre ma vie, sans avoir de compte à te rendre.
-Tu peux faire ce que tu veux Yoruichi mais il est hors de question que je divorce. Cela ne se fait pas chez les Kuchiki.
-Eh chez moi, cela ne se fais pas de s'envoyer en l'air avec une pétasse quand on est marié ! m'emporté-je en le fusillant du regard.
Rukia et Renji, voyant le désastre venir, se lèvent en silence. Lorsque je les vois faire, je respire un grand coup pour reprendre mon calme. S'énerver ne mènera à rien.
-Je reviendrais autant de fois qu'il faudra Byakuya mais j'aurai ma liberté ! Tu finiras par céder.
Je fais volte face, lui tournant le dos. Tournant le dos à une vie que je ne veux pas, que je ne souhaite plus avoir. Byakuya peut penser ce qu'il veut, je finirai par obtenir sa signature. Peu importe la manière. Je veux pouvoir vivre ma vie, aimer à ma guise, exister dans le monde que je souhaite. Rien n'est possible tant que cette union existe. J'atteins la porte lorsqu'il se décide à me répondre.
-Je ne signerai pas Yoruichi. Tu es à jamais à moi.
