Oui, je sais, trop long d'attendre et tout. I'm sorry, j'oublie la moitié du temps de venir poster ici et je ne mets à jour que sur le forum. En espérant que ce chapitre pardonnera l'attente et que vous apprécierez.

Quinn POV

—Quinn, murmure-t-on derrière moi.

Je serre les dents, incapable de me retourner tout de suite. Mon corps se crispe, trahissant immédiatement la tension qui m'envahit. J'aurai aimé qu'elle ne soit plus là, qu'elle soit partie loin, qu'elle arrête de meurtrir mon cœur. Même son nom commence à me déchirer de l'intérieur. Elle a le pouvoir de me faire mal, très mal, trop mal.
— Je suis désolée, ajoute-t-elle.

Piètre excuse à mes yeux. Elle se trouve à côté de Rachel, un bras possessif autour de ses épaules. Ellen me sourit mais je peux voir à quel point, fausse est son expression. Elle jouit de me faire du mal, elle jouit de cette situation où elle remporte le prix si convoité. Rachel l'observe d'un air perdu. Elle ne semble pas comprendre mais pour moi, c'est très clair. Tout son langage me dit : pas touche, Rachel est à moi maintenant.

— Pas de problème, répliqué-je.
Les mots déchirent ma gorge, les larmes me montent aux yeux. C'est dix mille fois plus douloureux de reconnaitre ma défaite dans un jeu que j'ignorais jouer que de la voir réclamer Rachel en face de moi. Santana entoure mes épaules et serre légèrement. Elle sait que je vais m'effondrer. Elle m'offre un soutien silencieux pour tenir le coup quelques secondes de plus.

Je rencontre le regard de Rachel. Beaux yeux bruns qui me fixent sans comprendre. Elle doit voir le renoncement dans les miens. Je vais faire ce que je veux, ce que je peux. Elle finira par être désolée. Je me détourne à nouveau, détalant dans le sous-sol. J'ai vraiment besoin de sortir d'ici. Santana me suit proche.

Une semaine plus tard :
Rachel POV
Une semaine presque heure pour heure après l'incident de la cuisine et tout a changé. Quinn et Santana m'évitent. Ellen est de plus en plus présente et je n'en peux plus. Je pensais me rapprocher de Quinn et c'est l'inverse qui se produit. Pour ne rien arranger, je reçois toujours des fleurs d'un admirateur anonyme – je soupçonne Ellen d'en être à l'origine, il faudra que je la confronte à ce sujet.

Je pensais être sur la bonne voie et je découvre que nos chemins étaient bien parallèles à un moment mais qu'une cassure s'est produite. Nous avons dérivé trop loin l'une de l'autre pour que je sache comment combler cette distance. Son regard est éteint, ses yeux ne reflètent plus rien quand elle croise les miens. J'ai peur qu'elle n'ait arrêté de m'aimer. Et si je l'ai perdue ?

Est-ce que ça vaut encore la peine d'essayer ? L'amour peut-il renaitre quand il y a eu tant de douleur ? Nous avons tant perdu déjà que je ne sais plus ce qu'il nous reste. Je ne suis même pas sûre d'arriver à reconstruire l'amitié que nous avions commencé à bâtir.

Je soupire, rangeant mes livres au fond de mon casier. Je réalise maintenant à quel point cette situation a mal tourné. Je ne devrais pas demander pourquoi mais la question tourne dans ma tête. Peut-on partager les fautes et juste nous relever pour recommencer ? Pourquoi est-ce que je continue à tomber de plus en plus en amour avec elle quand ce n'est pas juste ? Plus d'un couple de fois, je ressens ce sentiment dès que je l'aperçois. Je la désire encore.

Et si la flamme brûle toujours en moi, n'ai-je pas une chance ? Je veux y croire. Claquant la porte du casier, je me dirige tel un fantôme dans les couloirs. Un peu de marche me fera du bien et si j'ai de la chance, j'éviterai Ellen et son offre de me ramener à la maison. Peut-être en passant par le petit parc ? C'est plus long mais j'aurai le temps de penser notre prochaine discussion.

La route semble déserte, personne à l'horizon. Le parc, lui, est rempli de vie. Je m'y sens en sécurité. Parfois, j'ai l'impression d'être dans un mauvais roman d'amour. Celui ou l'héroïne n'obtient pas ce qu'elle veut à la fin. Je me refuse à penser que cela sera le cas. Pas tant que j'aurai mon mot à dire là-dedans ! De rares canards surfent sur le lac et je regrette de ne pas avoir Brittany de mon côté. Nous aurions donné du pain et rit comme des baleines, comme avant, avant la rupture.

J'arrive à la maison, apaisée. Elle est silencieuse, Santana profite de Brittany sans doute. Mes pères rentrent tard pour le moment. Je ne sais pas ce que fait Quinn. Ma chambre me semble si vide sans sa présence. Pendant quelques jours, c'était le paradis. Me réveiller dans ses bras, oublier quelques secondes notre relation inexistante. La sentir se réveiller à son tour et partir rapidement était un déchirement. Tout comme se réveiller seule avec son odeur imprégnée sur les draps. Je n'ai pas encore eu le courage de les changer. Son odeur n'est presque plus là pourtant.

Il faut que je m'occupe sinon, je resterai à tourner en rond ici. N'importe quoi, je suis prête à faire n'importe quoi pour rester active et me sentir un peu en vie. L'idée de petits gâteaux est la plus raisonnable qui me vient à l'esprit. Je descends à la cuisine en chantonnant. Après tout, cela apportera peut-être un sourire sur son visage et fonctionnera comme offre de paix avec Santana. Le chocolat a toujours été sa faiblesse, je ne dois pas me sentir coupable de l'utiliser contre elle.

Bol, cuillère, farine, sucre, … j'empile les ingrédients nécessaires sur le plan de travail. Les premières étapes sont simples et je me perds dans cette danse compliquée. La pâte est prête rapidement, il me reste à mouler les formes. Une petite toux discrète me surprend et mon regard croise celui de Quinn.

—Quinn …
Je crois voir un ange. Elle me sourit un peu incertaine.

—Je viens juste chercher un verre d'eau, ne te dérange pas pour moi, explique-t-elle remplissant effectivement son verre.
—Non, non, Quinn, attends, l'interpellé-je alors qu'elle s'apprêtait à quitter la cuisine, je … euh … Si ce n'est pas trop demandé et que tu n'as rien à faire ou si tu le veux bien, je comprendrai que ça ne soit pas le cas et que tu ne veuilles pas te retrouver en ma présence ou que …

— Rachel, m'interrompt-elle avec un discret sourire.
Du genre de ceux que j'ai appris à aimer. Ceux qui font sourire les autres autour d'elle. J'attends sa réponse avec impatience. Elle hésite. Un peu trop longtemps pour moi. Mon cœur s'emballe déjà et je me prépare au rejet. Je détourne les yeux, voulant lui faciliter la tâche. C'est un truc que j'ai appris rapidement, il suffit d'un regard de ma part pour lui faire faire ce que je veux. Je ne veux pas la contraindre aujourd'hui, elle doit choisir.

—D'accord, soupire-t-elle, laisse-moi aller chercher quelque chose et je suis toute à toi.
Elle se détourne pour partir mais s'arrête subitement dans l'encadrement de la porte. Elle me jette un bref regard, le visage rouge avant de s'enfuir rapidement. Je souris et retourne à ma tâche. Si seulement, cela pouvait être vrai.

Le dos tourné à la porte, je sais le moment exact où elle revient. Mon sourire menace de s'élargir encore. Je sens chaque étape qu'elle prend pour se rapprocher de moi, j'entends chacune de ses respirations, son odeur envahit toute la pièce supplantant celle de la pâte. Soudain, elle est derrière moi, ses bras me contournent et attrapent chacun de leur côté un peu de pâte. Je la sens presque sourire contre la peau de ma joue avant qu'elle ne se recule. Contact fuyant qui me rappelle tout ce que je manque. Si elle veut la jouer comme ça …

Je lui souris et dépose une plaque devant elle. Attrapant la feuille de cuisson derrière moi, je me colle à son côté pour la disposer correctement. La température monte. Nos bras s'effleurent et ma peau s'enflamme. Le feu se ravive à l'intérieur de moi et sa présence me consume. Je ne demande rien d'autre que de pouvoir succomber mais ce droit m'est retiré. Elle est mienne et je suis sienne. Le monde n'arrivera jamais à changer ça.

Mais maintenant, en attendant, je me sens mourir. Rien d'autre ne compte pendant quelques minutes que le rythme régulier entre nous. Je dois me rappeler des gestes simples : lever, verser, égaliser. Sa présence allume cette petite étincelle à l'intérieur de moi et me donne envie de briller. Un sourire mange tout mon visage. Parfois, nos mains s'effleurent et elle recule la sienne précipitamment, marmonnant un désolé du bout des lèvres.

Je m'empêche de croiser son regard, de sentir son odeur. Retenir ma respiration m'arrête de commettre l'irréparable. Cette table devant moi me hurle des pensées inappropriées. Si seulement, je pouvais faire courir mes doigts le long de ses bras, remonter et les croiser derrière son cou. La tirer vers moi et taquiner du bout des lèvres sa bouche si parfaite, respirer pendant une seconde le même air avant de fondre et de ne devenir qu'une.

Mon imagination reproduit même sa main qui monte et descend dans mon dos. Fantasme éclaté par un raclement de gorge, je commets l'erreur de tourner les yeux vers elle. Elle me sourit mais rien n'importe, je suis perdue dans son regard. Une étincelle verte surnage dans le noir de ses pupilles, les yeux du désir. Mon esprit ne pense pas, ne réfléchit pas. J'avance, je me rapproche parce que chaque centimètre entre nous ne devrait pas exister.

Je ne fais que ressentir. La pression de son corps contre le mien, son souffle qui effleure ma joue. L'air chaud provoque l'apparition de chair de poule. Instinctivement, ses bras m'enlacent. Les miens ne perdent pas de temps, s'enroulant autour de sa nuque. Mes yeux plaident pour moi. Pas une parole n'est échangée mais tout est dit.

Ne fuis pas, s'il te plait, laisse-moi te faire sentir. Elle ne fait pas un mouvement mais nos visages se rapprochent. Nous profitons de cette nouvelle distance. Je me sens complète. Elle me comble … comme seule une âme-sœur le peut. Il n'y a pas de baiser, pas d'autres touches. Ce n'est qu'un langage silencieux par les yeux et le cœur. Ils battent au rythme de nos émotions. Ceci n'est pas une fiction ou un fantasme, c'est réel.

Je ne peux me rapprocher plus. J'ai besoin qu'elle fasse le dernier pas, qu'elle scelle cette envie pour moi. Ses yeux se ferment et je vois qu'elle sait. J'attends ... Même si cela me tue. Je ne vis plus que pour sentir ses lèvres contre les miennes. Essaie, murmuré-je à travers les ronds apaisants que je réalise sur la peau douce de sa nuque. Ressens, marmonne mon corps au sien. Désire, respire mon souffle sur sa peau. Prends le risque, chuchote le battement de mon cœur quand il se mélange au sien.

Elle soupire sa reddition. Mes yeux se ferment au premier contact. Si le paradis avait un goût, ce serait celui de ses lèvres quand elle effleure les miennes. Je peux encore sentir le parfum du chocolat fusionné à celui de sa peau. C'est paradisiaque, fantastique, incroyable.

Je souhaite que tout reste ainsi si … si parfait. J'appartiens au creux de ses bras. Qui pouvait le savoir ?

Hope you love.