Pas de POV Jacob dans ce chapitre, il est puni^^. Rien que des discussions entre Bella et différentes personnes. Je me rends compte que mes chapitres sont de plus en plus longs, j'espère que ça ne vous dérange pas.

Merci à toutes celles qui suivent ma fic même si vous ne laissez pas de reviews, j'espère que vous appréciez.

Bises à ma correctrice, merci à toi Bambina.

Et merci Clarisse pour tes questions qui me vont réfléchir et avancer, et aussi ton soutien quand je doute.

Bonne lecture


POV BELLA

Je garai ma voiture et tel un zombi, me dirigeai vers la porte de ma chambre. Je jetai mes chaussures dans un coin de la pièce et m'effondrai sur le lit. Je pensais m'endormir aussitôt mais ce ne fut pas le cas. Trop de choses encombraient mon cerveau. En plus j'étais en colère et ce n'était pas le meilleur état pour faire abstraction de tout ça et sombrer dans un sommeil réparateur.

Alors je repassai dans ma tête les événements de la journée. Les Cullen, terrifiants de perfection et de gentillesse, au moins en apparence, car ils restaient tout de même des buveurs de sang. Puis les quileutes, mes amis, ces magnifiques loups aux dents tranchantes mais aux expressions tellement humaines. Après j'entendis résonner les cris de ma mère, sa colère qui était dirigée contre moi. D'ailleurs je ne comprenais pas pourquoi, elle devrait être contente que j'aie la confirmation de ce qu'elle m'avait répété toute ma vie. Mais j'avais ressenti un malaise et je ne parvenais pas à le sortir de ma tête.

Je ne m'attardai pas sur Jacob, je me sentais trahie, il avait osé téléphoner à ma mère pour avoir la confirmation que ce que je disais. Son intrusion dans ma vie personnelle me blessait profondément et un sentiment d'isolement se mêlait à ma colère. Qu'il veuille défendre son ami, je pouvais le comprendre, mais qu'il agisse dans mon dos, ça non ! Nous étions mal barrés s'il agissait ainsi, je détestais cette attitude et je n'étais pas prête à lui pardonner. Je sentais les larmes couler sur mes joues, la fatigue aidant, mes émotions étaient exacerbées.

Finalement je m'endormis en pensant à Bree et à notre rendez-vous du lendemain. Tant pis si je devais affronter Jacob, je n'allais pas priver mon amie et sa famille d'une journée à la plage parce qu'un homme trop arrogant s'était imaginé qu'il pouvait empiéter sur ma vie sans me consulter. Les autres quileutes seraient là et ils sauraient me faire rire et aussi changer les idées de Bree.

Je fus réveillée par des voix en dessous de ma fenêtre, des tonalités féminines qui n'avaient rien d'amicales. Elles se disputaient avec acharnement, je me glissai hors du lit et épiai à travers les rideaux. Je reconnus Jessica avec une femme plus âgée qui d'après leurs propos était sa mère.

- Pour la dixième fois, Jessica, je fais ce que je veux avec qui je veux ! C'est moi la mère et non l'inverse !

-On ne le dirait pas, tu te conduis comme une gamine sans cervelle... maman ! Ironisa Jessica.

Des éclairs de rage fusaient entre les deux femmes et je fis bien attention de rester à l'abri de leurs regards.

- Pourquoi ne veux tu pas comprendre que je veux vivre tout ce que je n'ai pas pu faire adolescente parce que j'étais enceinte !

Je vis les épaules de la jeune femme s'affaisser, et j'éprouvai énormément de compassion pour elle, certes je ne l'aimais pas, mais personne ne devait subir de reproches pour être simplement venu au monde surtout pas de la part de sa propre mère.

- Tu te répètes tu as déjà dit que, à cause de moi, tu as raté ta vie. Désolée d'être là, maman, mais je n'ai pas plus demandé à naître que toi à me donner la vie !

- Ça suffit Jessica, je n'ai jamais dit que tu avais gâché ma vie, mais aujourd'hui je veux en profiter et m'amuser.

- En partant faire de l'accrobranche avec un mec de vingt ans ? Tu oublies que tu as le double de son âge. Ricana Jessica.

Sa mère devint écarlate et je crus qu'elle allait faire une crise cardiaque quand je la vis poser sa main sur son cœur. Puis elle avança sur sa fille, la menaçant de son index.

- Écoute moi bien pour la dernière fois, je sors Ben Cheney si je veux et ce n'est pas parce que ton petit ami te trompe que tu dois te venger sur moi.

Waouh, la mère et la fille ne s'épargnaient aucun coup bas et celui-là me fit grimacer. Je remarquai que Jessica tournait la tête vers la porte de ma chambre et je reculai instinctivement ne tenant pas à la voir débouler devant moi. Mais sa réaction fut totalement à l'opposé de ce j'attendais, elle fondit en larme et remonta dans la voiture. Sa mère entra dans la boutique sous le sourire commercial de l'excentrique propriétaire. Je me demandai si madame Stanley aurait le temps d'arriver chez elle, avant que toute la ville soit au courant de la dispute et de sa liaison avec un nommé Ben Cheney.

Il était seulement 17 heures alors après une douche rapide, histoire de me réveiller, je sortis de ma chambre. Je montai dans ma voiture quand malheureusement je m'aperçus que Jessica était encore là. Nos regards se croisèrent et elle fonça dans ma direction, je n'échapperai pas à la confrontation, je m'extirpai de mon véhicule pour lui faire face.

- Tiens, tiens, Swan ! Mais quelle joie de te voir… Persifla-t-elle.

- Joie partagée, Stanley. Ironisai-je.

Elle éclata de rire en levant le pouce en l'air.

- Alors on est d'accord sur une chose au moins.

- Faut croire qu'on a certains points communs. Lançai-je.

Son sourire se fana doucement et elle se tendit comme un arc.

- Alors comme ça, tu veux me piquer mon mec ? Attaqua-t-elle.

- Je ne veux rien te piquer du tout, je te le laisse s'il veut toujours de toi, bien entendu. Dis-je toujours en colère contre Jake.

Elle parut étonnée par ma répartie et elle fronça les sourcils.

- De l'eau dans le gaz ? Déjà ? Pas à cause de moi, j'espère… Siffla-t-elle moqueuse.

- Tu n'es pas le centre du monde, alors ne te fais pas d'illusion.

- Mais alors, si c'est fini entre vous avant d'avoir commencé, je peux peut être le récupérer… Estima-t-elle.

- A toi de voir, si tu manques d'amour propre à ce point, alors garde-le !

Elle se referma, je vis son corps frissonner et quand elle reposa les yeux sur moi, ils étaient brillants des larmes qui menaçaient de jaillir.

- Tu ne sais rien à rien, Bella Swan. Jacob a juré qu'il resterait avec moi pour toujours et je ne veux pas qu'il me quitte, tu comprends ça ?

- Je peux comprendre que tu l'aimes et que tu souhaites que ce soit réciproque, mais j'ai plutôt l'impression que cette relation est à sens unique, pas toi ? Raillai-je.

Elle se mit à pleurer doucement, les bras le long du corps, la tête basse comme un condamné qui monte à l'échafaud et je fus prise de court, je n'osai pas la prendre dans mes bras pour la consoler, pas moi, je n'en avais pas le droit. J'étais celle qui lui enlevait l'homme qu'elle aimait et j'eus honte comme jamais auparavant dans ma vie. Finalement venir à Forks n'était pas l'idée du siècle, j'aurais mieux fait de rester à Phoenix avec ma mère et Phil, plutôt que de bouleverser les vies de Jacob, Jessica et peut être celle de Charlie.

- Jessica, tu es jeune et très jolie. Tu trouveras quelqu'un qui t'aimera à ta juste valeur, qui te rendra heureuse, j'en suis persuadée.

Je bafouillai, je n'avais jamais été très douée pour trouver les mots qui font du bien, certaines personnes ont ce don, mais pas moi. J'étais trop solitaire et sûrement trop indépendante pour cela, je savais être présente pour les autres, mais en silence ou dans l'action mais pas dans les câlins ou l'émotion. Elle leva la tête et me foudroya du regard.

- Je l'avais trouvé avant que tu débarques dans ma vie ! Dégage Bella, laisse le moi. Toi, tu trouveras quelqu'un d'autre, tu n'es pas une handicapée, alors laisse moi Jake, je t'en prie.

Au fur et à mesure qu'elle parlait, son ton devenait suppliant et sa sincérité ne faisait aucun doute, elle souffrait à cause de moi et je ne savais pas quoi faire pour effacer cela. Et j'en voulus encore plus à Jacob, il n'aurait jamais dû m'embarquer dans cette histoire. Il aurait dû rester fidèle à sa copine et ne pas me regarder, mon intérêt pour lui se serait certainement estompé avec le temps.

- Tu n'es pas handicapée, et même si c'était le cas, en quoi cela t'empêcherait de trouver un homme bien qui t'aimerait à ta juste valeur ? M'étonnai-je.

Je pensais à Embry qui, d'après Paul, avait toujours été sous le charme de Jessica, il y avait sûrement d'autres hommes à qui elle pouvait plaire, rien ne l'obligeait à rester avec Jacob sauf son amour pour lui, mais elle ne disait pas qu'elle l'aimait, elle se contentait de seriner qu'elle avait besoin de lui.

- Si, je suis handicapée, Bella et aucun homme ne voudra de moi dans mon état. Tu ne me connais alors tais toi. Tu veux voir les dégâts ? Me jeta-t-elle au visage.

Mais je n'eus pas le temps de répondre, sa mère klaxonna brutalement et Jessica sursauta. Elle partit vers la voiture et dit en me faisant une grimace sardonique.

- Je ne lui rends pas sa liberté. Tu peux lui transmettre ! Il est à moi et je le garde.

Mon cœur s'arrêta de battre, d'accord j'étais furieuse contre le quileute, mais entendre Jessica refuser de le libérer de sa promesse me brisait. Je croyais en notre belle histoire, en un avenir où Bella aime Jacob et Jacob aime Bella. Elle venait de détruire mon rêve et curieusement je n'arrivais pas à la haïr. Qu'aurais-je fait à sa place ? La détresse et la peur suintaient par tous les pores de sa peau et je comprenais qu'elle veuille garder son merveilleux petit-ami.

Ce que je ne parvenais pas à concevoir qu'elle accepte de continuer avec lui alors qu'il ne l'aimait plus, cherchait-elle à le faire souffrir pour une raison que j'ignorais ? Pensait-elle pouvoir ranimer une flamme apparemment éteinte ? Je ne connaissais pas leur lien, leurs souvenirs, ni la raison de la promesse de Jacob et je me sentais petite et fragile face à la détermination de Jessica. J'avais prévu de passer la soirée seule à finir la lecture des cahiers de Mike, mais là je voulais parler à quelqu'un, il me fallait un confident. J'appelai Paul.

- Hé Bella ! Comment vas-tu depuis ce matin ? Tu es ok avec tout ce que tu as vu ? Demanda-t-il doucement.

- Oui, je crois que je suis prête à accepter le surnaturel dans ma vie.

Ma voix tremblait et je dus m'appuyer sur la carrosserie, mais j'essayai de ne pas le montrer à Paul, de lui donner l'illusion que j'allais bien.

- Je savais que tu n'aurais pas peur. Mais que me vaut ton appel ? Tu as un problème avec ta voiture ?

- Non, non, je voulais juste savoir ce que tu faisais.

- Là, j'attends Tali, elle est partie essayer sa voiture pour voir si tout est ok.

- Alors ça avance entre vous ?

- Comment ça ?

- On a tous remarqué que tu avais craqué pour la jolie Natalia, alors tu as réussi à la faire tomber dans tes pattes de grand méchant loup ? Le taquinai-je.

- Pff. Même pas ! Elle refuse tous les compliments, tous les gestes gentils. Pourtant je fais des efforts, mais elle ne se comporte pas comme les filles que je connais !

Je rigolai en notant le grognement qui accompagnait ses paroles.

- Alors ne te comporte pas comme avec les filles que tu connais ! Je pense qu'elle a tellement l'habitude d'être entourée d'hommes qu'elle connaît tous les trucs de drague. Montre lui que tu es un mec sympa, cool et qui respecte les femmes si tu peux faire ça. A mon avis, si tu veux la faire craquer, il faut qu'elle t'admire et qu'elle sente que tu la considères comme ton égale, comme un mec.

Il resta silencieux pendant quelques minutes et je crus qu'il avait raccroché quand j'entendis un soupir dans mon oreille.

- Je ne saurais pas faire ça, Bella. Je n'ai pas l'habitude qu'une fille me résiste. Avoua-t-il.

- Je m'en doute.

J'éclatai de rire, une fille qui ne tombait pas dans les bras de Paul Lahote, forcément cela attirait encore plus le quileute. Je rajoutai.

- Vous adorez tous les deux les voitures et les moteurs, alors sers toi de votre passion commune, considère la comme un pote mécano et montre lui ce que tu vaux. Si tu y arrives, c'est elle qui te draguera, tu verras.

- Comment tu sais tout ça, toi ? Je ne pensais pas que tu avais autant d'expérience en drague ! Railla-t-il.

- Et tu as raison, mais je suis comme toi, j'adore étudier les autres et leurs comportements.

- Tu es un rayon de soleil, ma petite Bella. Tiens elle revient, je vais tout de suite mettre en pratique tes conseils. A plus tard ? Tu passes à la Push ce soir ?

- Je ne sais pas encore. Bonne soirée Paul et à demain, à la plage.

- Ok, la gamine. A plus.

- A plus, silverdog !

- Hé, je ne suis pas un chien, Fais attention à ce que tu dis ! Silverwolf pas silverdog !

Et je raccrochai en souriant. Je n'avais pas pu lui parler de mes angoisses, mais tout de même j'allais mieux, cette conversation m'avait permis de reprendre mes esprits. Mais je ne voulais toujours pas être seule ce soir et je n'avais pas l'intention d'appeler Jake, il fallait que je parle à quelqu'un d'autre.

- Salut Bella. Comment vas-tu ? Remise de tes émotions ?

- Ça va, je gère. Et toi, ça va ?

- On fait aller, mais là je dois faire à manger à une bande de loups affamés. Emily ne peut pas les nourrir ce soir et ma mère est partie voir le traiteur pour son mariage avec...

Elle se tut et un silence gênant s'installa. Elle savait qu'il y avait un problème entre Charlie et moi et elle craignait de m'avoir blessée.

- Pas de souci Leah, tu peux parler du mariage de ta mère avec le chef de la police. Je ne vais pas te raccrocher au nez, promis.

- Qu'est ce que tu fais ce soir ? Demanda la louve.

- J'aimerais te voir, j'ai besoin de vider mon sac.

- Alors ramène tes puces, quoique non, les puces tu les laisses chez Newton, je n'ai pas envie d'en récupérer dans mes jolis poils gris.

Je souris, maintenant que j'étais au courant de leur secret, les relations allaient être plus faciles surtout pour eux qui ne devraient plus faire attention à chacun de leur propos.

- Et t'en fais pas, ma mère n'est pas là, elle est allée chez sa sœur. Ajouta-t-elle avant de raccrocher.

Soulagée, je jetai le téléphone sur le siège à côté de moi et roulai en direction de la Push. Je regardai souvent dans les bois si je ne voyais pas un loup, mais ce soir là, ils restèrent bien cachés.

Leah était seule dans la cuisine et elle coupait des pommes, pendant que dans une énorme marmite, cuisait une sorte de ragoût. L'odeur qui atteignit mon nez me mit l'eau à la bouche et je me rendis compte que je n'avais pas mangé depuis la veille au soir. Je m'assis en face d'elle et pris un couteau pour l'aider. Elle me sourit et, comme prévu, je lui racontai presque tout, Charlie, la crise de ma mère, le coup de fil de Jacob. Elle ne me coupa jamais, me laissant révéler mes sentiments, mes appréhensions, mes doutes et quand j'eus enfin finie, elle vint me serrer dans ses bras musclés.

- Ben dis donc, et toutes tes journées sont comme ça ? Plaisanta-t-elle.

- Heureusement non, en général, ma vie est d'une banalité effrayante, mais depuis que je suis à Forks, ça a pris une tournure... fantastique.

- Alors mon futur beau-père est ton père. Waouh, ça fait de nous des sœurs en quelque sorte, non ?

Je la toisai en fronçant les sourcils, elle n'avait sûrement pas tout enregistré à ce que je venais de dire sinon elle n'oserait m'intégrer comme ça dans sa famille. Ce n'était pas la mienne, Charlie Swan était mon géniteur, pas mon père. Elle leva les yeux au ciel.

- Bella, je ne connais pas ta mère et je ne me permettrai pas de la juger mais tu ne crois pas qu'il faudrait que tu confrontes tes parents pour connaître la vérité ?

Je bondis de ma chaise, la faisant une nouvelle fois tomber sur le carrelage. Les sièges de la famille Clearwater n'allaient pas survivre à mes explosions de colère si je ne me maîtrisais pas mieux que ça.

- Je crois ma mère, comment tu peux supposer qu'elle m'aurait menti pendant toutes ces années ?

Mon amie se leva et s'approcha de moi en posant ses mains sur mes épaules.

- Je ne juge personne Bella. Mais je connais Charlie et je sais que c'est pas un salaud. Mais surtout je pense que, quoiqu'il se soit passé entre eux, ils te doivent une explication.

Elle avait raison, je devais obliger ma mère à venir à Forks pour la confronter à Charlie, je voulais qu'il reconnaisse devant elle qu'il l'avait virée de chez lui, je n'arrivais pas à admettre qu'il puisse y avoir une autre version. Renée m'aimait et me respectait, elle disait la vérité, sinon plus rien n'avait de sens. Pourquoi aurait elle fait ça ?

- Je vais m'occuper de ça, tu as raison Leah, il faut que les choses soient claires.

Elle sourit et nous changeâmes de sujet.

- Tu vois, finalement Jacob a bien fait de téléphoner à ta mère, ça te fait bouger et c'est bien.

- Quoi ? Tu dis qu'il a bien fait ?

- Bon ok, il n'aurait pas dû le faire dans ton dos, mais les conséquences sont plutôt positives, non ? Tu vas agir et non subir ! Dit-elle en me souriant.

- Je lui en veux quand même !

- Et tu as raison, il faudra que tu lui dises et qu'il rame un peu. Notre petit alpha va apprendre à avoir de la considération pour les sentiments des autres, ça lui servira de leçon.

- Pourquoi tu parles de Sam ?

- Tu n'es pas encore au courant. Demain nous avons une réunion et Jake va prendre la place qui a toujours été la sienne. Il va devenir notre alpha.

- Comment ça ? Et Sam ?

Elle me raconta l'histoire de la meute, de Sam qui était le premier à avoir muter en loup, d'Ephraïm Black, l'ancêtre de Jake qui avait signé le traité avec Carlisle. J'écoutai attentivement, fascinée par ce monde surnaturel.

- Pourquoi Jacob ne voulait de ce rôle ?

- Au départ parce qu'il refusait sa condition de loup, après il se trouvait trop jeune et puis je crois qu'il admire énormément Sam et il ne se sentait pas capable de mener une meute aussi éclectique que la notre. Ça ne doit pas être facile d'être alpha.

- C'est sur qu'avec Paul, toujours en colère, Quill qui déconne sans arrêt, ton frère, Brady et Collin qui ne pensent qu'à s'amuser et toi qui râle tout le temps...!

- Et fait gaffe à ce que tu dis, Swan ou je croque un mollet ! D'abord je ne râle pas, je dis ce que je pense, nuance ! Grommela-t-elle.

Je me moquai et elle me suivit en rigolant sincèrement.

- Dis donc, ma petite Bella, en tant que femme du chef, tu vas devoir aussi nous supporter chaque fois qu'on aura un truc à lui dire...

Je n'avais pas encore parlé de ma rencontre avec Jessica pourtant c'était la chose qui tournait dans mon esprit. J'hésitai, il me semblait que si je l'énonçai à haute voix, cela deviendrait réel alors qu'à cet instant, je pouvais encore imaginer que Jake serait à moi. Leah remarqua mon silence et elle m'interrogea du regard.

- Jessica ne veut pas renoncer à Jake.

- Oh, je suis désolée. Dit simplement Leah en couvrant sa bouche de sa main.

Je me laissai aller contre elle, elle essayait de me consoler mais les larmes coulaient et des longs sanglots me secouaient. Tous les événements de la journée avaient eu raison de moi et je craquai dans ses bras. Puis tout à coup, elle me repoussa doucement et m'indiqua la salle de bain. J'obéis sans trop comprendre la raison de ce geste, mais l'éclat dans ses prunelles me dissuada de poser la moindre question. Je me passai de l'eau sur le visage pour ôter toute trace de mon chagrin, il emplissait assez mon cœur, pas besoin de l'afficher comme un étendard.

- Qu'est ce que tu fais là ? Tu n'as pas le droit de venir, tu risques ta peau.

- J'avais besoin de te voir, je ne peux pas rester loin de toi. C'est plus fort que ma raison ou mon instinct de survie, si on peut parler de survie dans mon cas.

J'entendis des frottements, le claquement d'un objet sur le sol, puis le silence. J'avais compris que le visiteur était Nashoba et je me résignai à m'asseoir sur le bord de la baignoire. Je regardai mon portable et vis que Jake avait laissé plusieurs messages mais je ne voulais pas les lire, rien de voir son prénom sur l'écran provoquait l'inondation de mes yeux. Je remarquai aussi un appel d'un numéro inconnu, il avait aussi laissé un message mais je ne pouvais l'écouter sans entendre ceux de mon quileute préféré. Je choisis donc de rappeler ce numéro.

- Allo. Dit une voix que je reconnus aussitôt.

Et merde ! Je n'aurais jamais dû appeler. J'hésitai à raccrocher quand Charlie marmonna.

- S'il te plaît, ne raccroche pas Bella. J'aimerais te proposer quelque chose.

- Parle.

Ce fut le seul mot que je pus prononcer, j'en avais marre de tous ces problèmes, de toutes ces histoires. A cet instant, j'aspirai au calme et à la sérénité, les batailles et les engueulades ne faisaient pas partie de mes loisirs favoris.

- J'aimerais qu'on aille voir ta mère tous les deux. J'ai déjà pris un billet d'avion pour Phoenix et je pars demain matin, mais ce serait mieux si tu venais aussi. J'ai le droit à la vérité, mais toi encore plus que moi.

Je ne répondis pas, ses intentions rejoignaient les idées de Leah et je savais qu'ils avaient raison tous les deux, mais je reculai, la vérité me terrifiait. Et si Renée avait menti ? Comment allais-je réagir en voyant mes parents l'un en face de l'autre ? Je ne sortirai pas indemne de cette affrontement et je regrettai d'être venue à Forks. Mais bon dieu, pourquoi j'avais eu cette foutue idée de mettre mon géniteur face à ses responsabilités ? Qu'est ce que j'avais à y gagner ?

- Je t'en prie, Bella. Ne dis pas non, fais le pour toi. Tu ne peux pas vivre dans le doute et le mensonge.

Je ne voulais pas aller à Phoenix, pas demain, j'avais d'autres projets. Et surtout il fallait me laisser le temps de me préparer à cet échange qui serait destructeur pour moi comme pour eux, c'était évident.

- Je ne veux pas aller à Phoenix, je vais demander à Renée de venir à Forks. Après tout c'est ici que vous m'avez conçue, alors c'est ici que je veux vous voir ensemble et pas ailleurs. Lançai-je sèchement.

- Mais elle ne va jamais vouloir venir, elle ne souhaite sûrement pas me revoir.

- Oui, mais elle veut que je quitte la région donc elle viendra me chercher, je m'en occupe.

- Tu es sure de toi ?

- Non, je ne suis sure de rien mais je n'ai pas le choix, il faut que je connaisse votre histoire et pourquoi il a fallu que j'attende d'avoir 21 ans pour te rencontrer. Soupirai-je.

- Bien, alors maintenant que tu as mon numéro, appelle moi quand tu veux.

Je ne répondis pas et lui raccrochai au nez, je n'étais pas prête à lui faire confiance, même si de nombreux doutes commençaient à germer dans mon cerveau, je les repoussai avec toute la conviction dont j'étais capable. Je tendis l'oreille vers l'étage en dessous et il n'y avait aucun bruit, j'entrouvris la porte le plus doucement possible.

- Tu peux sortir Bella. Charlie va bien ? Demanda Leah.

- Mais comment... Bégayai-je.

- Tu oublies que nous avons une ouïe très sensible. Se marra-t-elle.

- Foutus loups ! Grognai-je.

- Hé ! Nash t'a entendu aussi... Rigola-t-elle plus fort.

- Foutus vampires ! Ajoutai-je sur le même ton.

Ils soupirèrent en même temps, mais leur expression était plus amusée que réprobatrice. Ils étaient chacun à un bout de la pièce et je passai mon regard de l'un à l'autre en tentant de savoir ce qu'ils avaient bien pu faire pendant que je téléphonai à Charlie. Ils ne se regardaient pas, Nashoba observait les mots accrochés sur un tableau en liège et Leah me fixait, une lueur étrange dans ses jolis yeux sombres.

- Pourquoi m'as tu envoyée dans la salle de bain ? Demandai-je pour casser ce silence pesant.

- Parce que je craignais de voir débarquer un loup fou de rage que Nashoba ait osé franchir la frontière et je ne voulais pas que tu sois un dommage collatéral.

Je me tournai vers Nashoba, il n'avait pas bougé d'un millimètre et je me demandai ce qui le fascinait autant dans ces petits messages. J'examinai le tableau et remarquai une photo de Leah plus jeune, elle riait aux éclats en regardant un homme qui ressemblait à Seth. Je supposai que c'était leur père, et ce cliché prouvait tout l'amour et la complicité qu'il y avait entre celle qui n'était pas encore une louve et son père. Je fus subitement jalouse de mon amie, certes son père n'était plus là, mais elle pouvait se souvenir de leurs moments de joie, de sa présence durant son enfance.

Je me baissai pour ramasser mon sac, je voulais les laisser seuls, mais quand je relevai la tête, Nash avait disparu et la porte d'entrée claquait. Leah la fixait et ses traits étaient angoissés, je vis qu'elle tremblait légèrement, je n'osai plus bouger.

- Leah, est ce que tout va bien ? Murmurai-je.

Au même moment, le battant de la porte vint cogner fortement contre le mur, Seth entra comme un fou dans la pièce. Il foudroya sa sœur du regard, il ne semblait pas avoir remarqué ma présence.

- Comment peux-tu le laisser venir chez nous ? Tu es inconsciente ! Hurla-t-il.

- Il est déjà venu et c'est même toi qui l'as laissé entrer, non ? Cria-t-elle en réponse.

- Il avait l'accord de Billy et c'était uniquement pour prendre de tes nouvelles. On ne lui a pas donné une autorisation permanente. Insista-t-il en s'approchant de Leah.

La tension dans la pièce me percutait de plein fouet et je me recroquevillai en souhaitant me faire oublier. J'aimais Leah et Seth et les voir se déchirer me choquait.

- Il ne nous veut pas de mal, il aime les loups et il ne cherche qu'à nous aider.

- C'est un buveur de sang, Leah ! A quoi tu penses ? Tu sais que je respecte les Cullen, et pourtant je trouve normal qu'ils n'aient pas le droit de venir à la réserve, alors lui encore moins !

- Bien alors il ne viendra plus. Se résigna la louve.

Seth la scruta comme s'il sondait son cerveau, il n'acceptait pas le détachement soudain de sa sœur et je devais avouer que j'étais comme lui. Leah n'était pas du genre à se soumettre sans se battre et sûrement pas face à son petit frère. Elle cachait quelque chose et nous le savions tous.

- Tu n'imagines pas qu'il puisse y avoir quelque chose entre vous, tout de même ? interrogea Seth, agressif.

J'étais décontenancée par l'attitude de mon sauveur, à cet instant, il ne ressemblait plus au jeune homme joyeux et insouciant, je ressentais son inquiétude sous une rage folle. D'ailleurs il serrait les poings et je sentis qu'il était prêt à se transformer. Leah le défiait du regard, mais elle ne disait rien.

- Comment tu peux supporter son absence de chaleur? Son odeur écœurante de sangsue ? insista Seth avec mépris.

- Peut être parce qu'il ne sent pas le vampire… Suggéra mon amie. D'ailleurs comment tu as su qu'il était là ? Rajouta-t-elle.

- C'est pas parce qu'il ne sent pas comme les autres qu'il n'a pas d'odeur… et en plus tu oublies que nous avons de bons yeux il ne passe pas inaperçu. Se moqua-t-il.

- Tu l'as vu traverser la réserve ? S'inquiéta la louve.

- Pas moi, Collin. Il voulait prévenir Sam ou Jacob mais je l'ai intercepté et je suis venu voir s'il avait raison.

Ils continuaient à se menacer du regard et cela m'effrayait, je m'approchai d'eux.

- Calmez-vous, ça ne sert à rien de vous disputer. Dis-je doucement.

Seth sursauta et me dévisagea comme si j'étais un extra-terrestre, il tremblait de plus en plus fort et Leah éclata d'un rire sarcastique.

- Tu parles d'un loup protecteur, t'étais tellement concentré sur ta colère que t'as même pas senti la présence Bella !

Le loup sable se retourna d'un bond et sortit en courant, je le vis foncer vers la forêt et compris qu'il n'avait pas pu se contrôler plus longtemps.

- Désolée Bella que tu aies assisté à nos querelles de famille.

- Ne le sois pas Leah, toutes les familles ont leurs problèmes.

Elle soupira et se laissa tomber sur un fauteuil, elle était complètement abattue.

- Et ce n'était que le premier. Quand les autres vont le savoir, ça va être pire.

Je la pris dans mes bras, à mon tour d'essayer de la consoler.

- Alors t'as vraiment craqué pour Nashoba ?

Elle leva la tête et elle prit un air rêveur.

- Je me sens bien avec lui, il est prévenant, cultivé, curieux de ma petite vie dans ma petite réserve. Avec lui, je me sens belle, intéressante et tout simplement une femme. J'avais oublié ce que c'était depuis que je suis un loup. Tu vois je dis un loup, pas une louve.

- Mais tu es une femme magnifique Leah, tu ne devrais pas en douter. Affirmai-je.

Tu sais, depuis que j'ai intégré la meute, j'ai été obligée de mettre ma féminité de côté aussi bien sur le plan vestimentaire que dans ma tête. Quand tu sais que des mecs, et pas les plus subtils de la terre, connaissent toutes tes pensées, même les plus intimes, tu préfères te fondre la masse. Pour cela j'ai arrêté de réfléchir comme une femme.

Je percevais sa solitude au milieu de la meute, personne n'avait fait attention à la seule fille de la bande. Bien sur, j'étais convaincue qu'ils l'aimaient tous, malgré son sale caractère, mais ils n'avaient jamais fait attention à ce qu'elle abandonnait pour qu'ils la traitent comme un loup à part entière.

- Tu ne devrais pas cacher ta féminité, Leah. Tu n'as pas à avoir honte d'être une femme, ce n'est pas une tare tu sais. Me moquai-je.

Elle sourit et fit une petite moue rigolote.

- T'en es sure ? T'as jamais eu envie d'être un homme ?

- Si, dans certaines situations, mais j'assume ce que je suis et finalement ça me convient très bien. Dis-je après réflexion.

- Mouais. C'est peut être pour ça que je me suis rapprochée de ce vampire, il se comporte différemment avec moi et je trouve cela génial.

- Tu vas continuer à le voir.

Ce n'était pas une question, je savais qu'elle était plus attirée par Nashoba qu'elle ne le pensait elle-même. J'espérais de tout cœur qu'ils pourraient, malgré leurs conditions d'ennemis naturels, vivre une belle histoire.

- Je sais que je ne devais pas, que rien de bien ne peut sortir d'une relation entre une louve et un vampire, mais j'ai besoin de ces moments avec lui et même si ça ne dure pas, ça me fait du bien. Ça te choque ? Questionna-t-elle brusquement.

- Pas une minute ! Je suis de votre côté, vivez ce que vous avez à vivre et vous verrez bien.

- Tu sais que les autres vont tout faire pour m'en empêcher. Surtout Jacob. Murmura-t-elle les lèvres serrées.

La colère que je croyais disparue, remonta tel un tsunami et mes yeux devaient lancer des éclairs de rage.

- Quand il aura régler ses propres problèmes de couple, il pourra éventuellement donner des leçons aux autres !

Leah se tordit de rire et elle bégaya entre deux gloussements.

- Je t'adore Bella. Tu seras parfaite en femme d'alpha. Je vais botter les fesses de ton cher et tendre pour qu'il agisse dans le bon sens. Je te jure qu'il va m'entendre.

A ce moment la porte s'ouvrit.

- Qui va t'entendre ? Moi j'ai rien fait. Demanda un Paul tout joyeux.

- Pour une fois. Répondit la louve du tac au tac.

- Hé je viens en paix ma sœur ! Rentre tes griffes. Rigola-t-il au lieu de s'énerver.

- Depuis quand tu me considères comme ta sœur ? S'étonna Leah.

- J'en sais rien, mais c'est comme ça, t'es ma sœur. Avoua le loup argenté.

Leah ouvrit de grands yeux, puis elle les plissa comme si elle avait compris quelque chose.

- Qui es tu ? Qu'as-tu fait de l'insupportable Paul Lahote ? Tu sais, le coléreux, celui à qui on ne peut pas parler parce qu'il démarre au quart de tour.

Je pouffai dans mon coin, moi je connaissais la raison de ce changement et je reçus un regard noir du quileute.

- Te moque pas Bella ! Je peux encore me mettre en colère !

- Tali n'est pas avec toi ? Demandai-je en lui faisant un immense sourire.

- Elle est sûrement partie très loin de la Push, Paul lui a fait peur ! Coupa Leah.

- Même pas ! Elle est chez moi, elle prend une douche.

Je croisai le regard incrédule de Leah, elle était aussi surprise que moi. Paul soupira et nous recadra sur le champ.

- On se calme les filles. J'ai proposé à Tali de se laver parce qu'elle était couverte d'huile de moteur. Et pour ne pas la gêner, je lui ai dit de nous rejoindre ici quand elle serait prête.

- Paul ! un gentleman attentionné ! Waouh, tu dois être sacrément amoureux ! Ironisa mon amie.

- Arrête Leah.

J'avais parlé doucement en la menaçant du regard. Elle rougit et se donna une contenance en allant vérifier si le ragoût cuisait tranquillement. J'en profitai pour murmurer à Paul.

- Je suis fière de toi, tu as agi comme il fallait.

- En fait c'est surtout que j'avais peur de ne pas résister et de la rejoindre dans la douche ! Grogna-t-il.

- Alors je suis encore plus fière de toi.

- J'ai tout entendu ! Cria Leah de la cuisine.

- Ta gueule Leah ! Hurla Paul, démontrant qu'il était toujours le même.

Je posai ma main sur le bras de Paul et lui chuchotai à l'oreille.

- T'es un mec bien, Paul Lahote.

Il me serra contre lui et nous nous sourîmes. A ce moment mes yeux croisèrent les prunelles tristes de la jolie Tali qui se tenait sur le pas de la porte. Je me reculai comme prise en faute et allai vers elle. Du coin de l'œil, je remarquai que Paul et Leah fixaient un point par la fenêtre, encore un truc que mes petites capacités humaines ne me permettaient pas d'entendre ou voir. Ils échangèrent un regard et, d'un même mouvement se tournèrent vers moi. Je fronçai les sourcils en me promettant de les faire parler.

Je saluai Tali et elle entra sans me calculer, elle accompagna Leah à la cuisine. Paul haussa les épaules et les rejoint, j'en profitai pour sortir sous le porche, j'espérai voir ce qui avait accaparé mes amis, mais bien entendu je ne vis que les feuilles qui bougeaient sous le vent. Pas de Foxwolf à l'horizon, dommage. Il me manquait même si j'étais toujours en colère contre lui. Je fus soudain soulevée du sol et me retrouvai plaquée contre un torse chaud, je devinai aisément que c'est un quileute, mais je ne reconnaissais pas l'odeur de Jake.

- Je pourrai t'enlever en fait, et tu ne dis rien ?

- Embry, lâche-moi ! Grondai-je en lui tapant sur les biceps.

Il rigola et me porta dans la maison.

- On va rentrer sinon Jake va nous voir et, jaloux comme il est, on va voir débarquer un loup fou de rage.

Je mis un doigt sur ses lèvres en lui désignant la cuisine. Il souleva un sourcil et fit une grimace.

- Merci. Je n'avais pas fait gaffe à son odeur. Murmura-t-il.

- De rien, Embry. J'assure vos arrières !

On entra dans la cuisine en rigolant. Leah discutait avec Tali et Paul les écoutait adossé au mur, il affichait un petit sourire en coin qui m'amusa et fit dire à Embry.

- Paul souriant dans une cuisine ! D'habitude il râle et grogne quand c'est son tour de faire la bouffe ou la vaisselle. Waouh, faut marquer cette journée d'une pierre blanche !

Le loup argenté l'attrapa par le cou et le maintint plié en deux.

- Si tu ajoutes un mot, je te colle mon poing sur le nez !

- Si vous voulez vous battre, vous sortez ! Annonça calmement Leah en leur montrant la porte.

Je rigolai en les voyant partir en se chamaillant. Je m'assis à côté de Tali et tentai de m'immiscer dans la conversation, mais elle m'ignorait totalement ne s'adressant qu'à Leah qui me lançait des regards désolés.

- Au fait Bella, tu ne voulais pas téléphoner à Jacob ? Il doit attendre ton coup de fil.

Merci Leah d'essayer de prouver discrètement à la petite nouvelle que je ne draguais pas Paul.

- Je crois qu'il est occupé, je l'appellerai plus tard.

- Tu dragues aussi Jacob ? Demanda Tali brutalement, une moue dédaigneuse sur le visage.

- Non, je ne drague personne. Jacob et moi, c'est... on va dire compliqué. Bafouillai-je.

- Mais il sort avec Jessica,

- Comment tu sais ça ? Demanda Leah en prenant ma main dans la sienne.

- Je l'ai rencontrée à l'hôtel. D'ailleurs, elle est bizarre, elle hurlait après sa mère, c'était une vraie furie ! Puis elle s'est mise à pleurer en se jetant dans mes bras. J'ai l'habitude de voir ce genre de pouff au garage de Dom. Elles tournent autour des mecs, puis elles pleurnichent quand ils les larguent. Mais elle, elle m'a raconté sa vie. Alors comme ça, c'est toi, la garce qui veut lui piquer son mec ?

J'aurais voulu disparaître dans le sol, je ne m'attendais pas à une réaction pareille. Tali m'envoyait tout son mépris et c'était pire que des insultes.

- Ce qui se passe entre Jake et Bella ne regarde qu'eux, Tali. Jessica ne t'a sûrement pas tout raconté, alors ne juge pas. Prévint Leah qui fronçait les sourcils.

Paul et Embry revinrent à ce moment et ils nous étudièrent avant de proposer de mettre le couvert. Peu après, Quill, Collin et Seth arrivèrent et nous passâmes à table. Tali resta le plus loin possible de moi et Seth me présenta ses excuses pour son départ précipité, mais il refusait de parler à sa sœur. Il régnait une tension que Quill et Embry n'arrivaient pas à briser malgré leurs blagues nulles et finalement, leur joie s'éteignit doucement.

- Sam et Emily ne sont pas là ? Demanda Tali.

- Non, ils sont sortis en amoureux. Lui répondit Paul en la dévorant des yeux.

- Jared et Brady sont aussi sortis en amoureux ? Suggéra-t-elle.

Tout le monde sourit timidement.

- Peut être mais sûrement pas ensemble, ou alors ils cachent bien leur jeu. Plaisanta Seth.

- Et Jacob ? Il doit être chez sa copine et il a bien raison !

Elle ne m'avait pas lâchée des yeux en disant cela mais je ne pris pas la peine de répondre, je sentais que les regards des quileutes étaient sur moi et qu'ils attendaient ma réaction. Je continuai à manger stoïquement même si au fond de moi, j'avais envie de crier que je n'étais pas une garce, que je ne voulais pas faire de mal à qui que ce soit.

- Non, je l'ai vu partir vers la forêt, il fait sûrement un jogging. Mentit gentiment Embry.

- Vous venez à la plage demain ? Questionna Quill en essayant de changer de sujet.

- Je passerai la journée avec vous, puis je continuerai ma route, rien ne me retient ici. Dit Tali en toisant Paul.

Nous remarquâmes aussitôt que le loup argenté voulait sortir du bois, ou plutôt du corps du quileute coléreux et surtout surpris par cette annonce à laquelle il ne s'attendait pas. Nous avions terminé le repas et je décidai de tenter un truc.

- Tu rentres à l'hôtel Tali ?

- Ben oui, tu veux pas que je dorme dans les bois ! Répliqua-t-elle acerbe.

- Tu pourrais me ramener ? Leah m'a demandé de lui prêter ma voiture et comme toi tu vas sur Forks.

Elle me dévisagea un court instant puis elle accepta visiblement à contrecœur. Leah ne me contredit pas, elle me faisait confiance. Paul lui, était à l'ouest et il me prit à part pendant que les autres aidaient à ranger la maison.

- A quoi tu joues Bella ? Je ne sais pas ce qui s'est entre vous deux, mais apparemment elle t'en veut alors n'en rajoute pas. Tu aurais pu me la laisser pour sa dernière soirée ici... Me reprocha-t-il.

- J'espère la convaincre de rester un peu plus longtemps mais pour cela il faut que je lui parle en tête à tête. Laisse-moi faire, ok ?

Il baissa les bras et me laissa la rejoindre, il nous regardait d'un air septique, mais j'allai faire tout ce que je pouvais pour calmer les choses entre elle et moi, car je sentais que son départ était lié à ma présence. Nous roulions en silence depuis deux minutes, elle n'allait pas vite ce qui me surprenait, car elle avait dit adorer la vitesse extrême, quand elle s'arrêta sur bas-coté.

- Allez accouche Bella, je sais que tu voulais qu'on discute toutes les deux, je t'écoute.

- Oui je voulais clarifier les choses avec toi. Je ne sais pas ce que Jessica t'a raconté à mon sujet et...

Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais j'élevai le ton et elle se tut.

- Je crois que cela ne te regarde pas, c'est entre Jake, elle et moi. Par contre on peut parler de Paul, là tu es concernée.

Elle se tendit instantanément et me lança son fameux regard glacial.

- J'ai pas peur de toi, Tali, et je ne suis pas ton ennemie. Je sais que tu plais énormément à Paul et c'est mon ami, uniquement mon ami. Il n'y aura rien entre lui et moi, tu n'es pas obligée de fuir parce que tu crois que je veux coucher avec tous les quileutes.

- Parce que c'est pas ce que tu veux ? Ricana-t-elle.

- On se la joue franchise ? Demandai-je après avoir inspiré profondément.

- D'accord, je n'ai rien à avouer, moi ! Persifla-t-elle.

- Pour commencer, c'est seulement avec Jacob que je veux faire l'amour, mais pas que ça, je veux tout, je le veux lui, à mes cotés pour longtemps, je veux vivre une magnifique et longue histoire d'amour comme dans les films. J'ai besoin de le sentir près de moi, j'ai envie de lui donner tout mon amour, de partager toutes mes joies et mes peines avec lui parce que quand il est là, je suis moi, je suis entière. C'est lui et pas un autre !

Plus je parlai, plus je criai et plus elle souriait.

- Qu'est ce qui te fait rire ? Grondai-je.

- Je croyais que ton histoire avec Jacob ne me regardait pas.

J'éclatai de rire avec elle et la tension entre nous disparut.

- Bon et si on parlait de Paul. Demanda-t-elle d'une petite voix.

- Tu lui plais, mais tu le sais déjà. Et il ne te laisse pas indifférente, sinon tu ne m'aurais pas fait une scène de jalousie. Tu plantes déjà des barrières autour de lui...

- Bon je reconnais que je vous trouve un peu trop proches tous les deux, et ça me dérange. Mais je ne plante rien du tout, je ne sais même pas ce qu'il attend de moi. Bougonna-t-elle.

- Alors je vais éclairer ta lanterne. Il te veut, toi.

- Ouais pour me mettre dans son lit et me jeter le lendemain. J'ai déjà donné et c'est pas mon truc. J'aimerais vivre une histoire un peu comme Letty et Dominic.

Je savais qu'elle parlait de sa sœur et de son beau-frère, elle nous avait racontés leur histoire et on avait compris qu'ils formaient un couple qu'elle admirait par-dessus tout.

- Je crois que Paul veut la même chose que toi. Tu ne sembles pas être le genre de fille qu'on ramène pour une nuit, et en plus je suis sure que tu es capable de lui mettre ton poing dans la figure s'il n'agit pas comme il faut.

Elle acquiesça en ricanant.

- Bon il est un peu trop costaud pour que je lui mette une raclée, mais je peux faire mal, j'ai appris à me battre. Sinon c'est vrai qu'il est plutôt beau gosse et j'aime bien son style, son caractère de merde...

- Ben alors, pourquoi tu veux partir ?

- Je sens qu'il y a un truc bizarre ici. Par exemple, ce matin il a disparu tout à coup et quand il est revenu, il était torse-nu. Bon je reconnais que j'en ai profité pour mater à fond, mais il m'a raconté une connerie, comme quoi il avait déchiré son tee-shirt et qu'il était mieux sans. En fait, j'ai cru qu'il était avec toi.

Elle m'observait par dessous et attendait une explication, mais je ne pouvais pas trahir le secret de mes amis, c'était à Paul de lui raconter sa véritable nature. En plus elle avait raison, il était bien avec moi, mais pas pour ce qu'elle imaginait.

- C'est vrai qu'ils ont parfois des agissements bizarres, mais ils sont tous très attachants alors ne t'arrête pas à ça.

Elle posa son front sur le volant en soupirant, je tournai la tête vers la fenêtre et j'aperçus une ombre furtive qui disparaissait derrière les arbres. Je souris, un grand loup gris nous surveillait. La fatigue commençait à s'abattre sur mes épaules et je me sentais sombrer dans une douce torpeur qui fut de courte durée, puisque Tali se redressa d'un coup.

- Bon ok, je vais rester quelques jours de plus, ça ne coûte rien d'essayer. Mais si jamais il se fout de moi, je… je lui coupe les…

Un hurlement de loup la stoppa net et je ne sus pas quelle partie du corps de Paul était visée…

- C'était quoi ça ? Dit-elle en fronçant les sourcils.

- Il y a des loups dans la région, d'ailleurs il vaudrait peut être mieux y aller.

Elle enclencha une vitesse et je me retrouvai plaquée au siège, elle conduisit comme une dingue jusqu'au magasin et nous fit un arrêt au frein à main. Mes jambes tremblaient quand je sortis de la voiture en la remerciant tout de même. Elle repartit en rigolant, j'étais fière de moi, j'avais réussi à amadouer la petite folle du volant.

Je fouillai dans mon sac à la recherche de ma clef quand je sentis une présence derrière moi, je me retournai d'un bond et deux grands bras m'entourèrent et me soulevèrent. Des lèvres chaudes écrasèrent ma bouche et je souris malgré ce qu'il avait fait. Je passai mes bras autour de son cou et partageai ce baiser avec ardeur. Jake m'avait manqué et j'étais contente de finir la journée dans ses bras. Il me reposa délicatement et ses yeux brillaient.

- Désolé, je n'ai pas pu résister. Tu m'en veux toujours ?

- Un peu, mais je ne sais pas te résister non plus…

Il colla son front contre le mien.

- Mais dis donc toi, tu te laisses embrasser par n'importe qui. Comment savais-tu que c'était moi ?

- D'accord je ne suis pas un loup, mais tu sais, nous, les humains, les gens normaux, tu vois de qui je parle… ? Ben, on a aussi un nez et on sait s'en servir, donc le mien a reconnu ton odeur boisée et envoûtante.

Il rit en me serrant encore plus contre son torse, je réalisai qu'il était torse nu et cela me fit frémir de plaisir, ma libido en éveil. Je me voyais bien passer la nuit avec lui, j'imaginai nos caresses tendres ou frénétiques, langoureuses ou passionnées et le désir s'accentua. Mes mains effleuraient la peau de ses épaules, elles descendirent lentement le long de sa colonne vertébrale et furent stoppées par la ceinture de son short. Le souffle court de Jacob dans mon cou, me provoquait d'agréables frissons et je savais où cela allait nous conduire. Malheureusement ce n'était pas possible, même si on en mourrait d'envie tous les deux.

- Jake… arrête… s'il te plaît.

Il se décala un peu, ses traits rongés de tristesse et d'interrogation. Je le repris contre moi et murmurai.

- Il faut que tu parles à Jessica, je l'ai croisée et elle ne veut pas te libérer de ta promesse.

Il me repoussa vivement et fit les cents pas devant moi, il tremblait et je savais que Foxwolf voulait sortir et exprimer sa colère et sa déception. Je mis ma main dans son dos et il s'arrêta immédiatement.

- J'aurai jamais du faire cette promesse, j'aurai pu me contenter de rester son ami pour l'aider.

- Raconte-moi tout.

J'ouvris la porte et l'entraînai dans l'horrible chambre, il s'assit au bord du lit, je me calai dans les oreillers prête à l'écouter. Il m'expliqua sa première mutation, les provocations de Paul concernant Jessica et un autre homme, les supplications de la jeune femme, la violence de l'accident, le coma tout ce qui l'avait conduit à prendre ce satané engagement. A la fin, il était vidé de toute émotion et me regardait sans me voir vraiment. Je l'attirai dans mes bras et l'embrassai tendrement. Nous restâmes blottis l'un contre l'autre sans parler, ni bouger et le sommeil nous emporta dans un monde sans Jessica, ni vampires.


Je ne pouvais pas écrire un chapitre sans la présence de Jacob, alors...