Coucou tout le monde ! Voici le quatorzième chapitre de la fiction « Cataclysme Pourpre ». Bonne lecture à tous !
Aliete: Je suis très fière de moi. Sinon, ne t'inquiète pas pour Legolas, il est bien accompagné =) Bonne lecture !
Melior: Pas de soucis pour eux deux, comme tu va le voir dans ce chapitre. Bonne lecture !
Venez au centre commercial !
Le premier jour de Legolas sur terre fut une journée de découvertes.
Alors qu'ils étaient descendus de la chambre d'ami, qui serait celle de l'elfe pendant son séjour, Agnès avait réquisitionné Stella afin qu'elle l'aide à préparer les « apéritifs ». La jeune fille avait suivi sa mère d'adoption dans la cuisine, laissant son compagnon seul avec Alan. Ce dernier, voulant mettre Legolas à l'aise, lui avait servi un verre d'une boisson noire et mousseuse, qui ressemblait un peu à de la bière. Curieux, l'elfe en avait avalé une gorgée... avant de manquer de s'étouffer.
Bon sang, qu'est-ce que c'était ? Du poison, un explosif ? Le liquide était si pétillant qu'il donnait l'impression de dissoudre la langue du Sylve. Sucré, également, beaucoup trop. Et si acide ! Lâchant immédiatement le verre, qui éclata et répandit son contenu sur le parquet par la même occasion, Legolas se mit à tousser comme s'il voulait faire sortir ses poumons de la cage thoracique.
La réaction des terriens et de l'émerienne ne se fit pas attendre. Alan flanqua de grandes claques dans le dos de l'elfe, pensant à tort qu'il avait avalé de travers. Stella déboula, paniquée, dans le salon, suivie de sa mère.
La jeune fille jeta un bref regard à la scène, et comprit immédiatement ce qui s'était déroulé. Réprimant un soupir, elle stoppa la main de son père, qui allait à nouveau frapper le dos de Legolas. Et aida ce dernier à se relever.
« C'est rien, papa... » expliqua-t-elle à ce dernier, catastrophé. « Il n'avait jamais bu de soda avant. »
Stella entraina l'elfe, toujours toussant, vers la cuisine et lui versa un verre d'eau que Legolas vida d'un trait. Tout de suite, il se trouva mieux. Les larmes aux yeux à cause de sa quinte de toux, il observa Stella qui, très calmement, rempli un autre verre de la boisson noire.
« On retient: tu n'aimes pas le Coca. » énonça-t-elle simplement en portant le verre à ses lèvres.
Elle le regarda du coin de l'oeil. L'elfe avait l'air complètement chamboulé. Elle sourit.
« Tu devrais voir ta tête, on dirait que tu viens d'assister au Big Bang. »
« Le quoi ? »
La jeune fille sourit derechef, contente d'avoir attiré l'esprit de son ami sur autre chose.
« Selon les chercheurs, c'est le phénomène qui aurait amené à la création du monde. »
S'armant d'une loque et du balai qui allait avec, Stella s'en retourna vers le salon, l'elfe sur les talons.
Agnès et Alan accueillirent avec le sourire les deux amis. Legolas présenta ses excuses pour le verre brisé et les dégâts.
« Oh, ne t'en fais pas pour ça. Onyx a fait exactement la même chose, la première fois. Il a même crû qu'on voulait l'empoisonner. » répondit Agnès, en riant.
« C'est moi qui suis désolé, j'aurais du y penser. » ajouta Alan.
Pour finir, ils offrirent du jus multifruit à l'elfe, qui fut émerveillé par le gout de la boisson. Il reconnaissait la pomme et le raisin, mais une bonne dizaines d'autres fruits lui étaient inconnus.
« Bon, les jeunes ! » s'exclama Alan, « Agnès et moi allons aller chercher le sapin. Stella, est-ce que je vous dépose au centre commercial ? »
L'interpellée parût hésiter. En réalité, elle communiqua télépathiquement avec Legolas.
« Tous les ans, à cette époque, les gens s'offrent des cadeaux. D'habitude, je vais les chercher dans un endroit ou plusieurs... lieux de vente sont rassemblés. Mais ce sont des endroits très fréquentés, et comme tu t'en doutes, pleins de bizarreries. Est-ce que ça t'intéresse ? »
L'elfe réfléchit à peine.
« Je te suis. »
« Si ça ne te dérange pas, papa. » finit par répondre la jeune fille à haute voix.
« Oh, ça me gène terriblement, c'est pour ça que je te le propose. » rit Alan. « Va préparer tes affaires, au lieu de dire des bêtises. »
L'elfe et l'émerienne descendirent de la voiture, pour se retrouver en face d'un bâtiment de deux étages, très grand, et grouillant d'activité. Legolas observa avec stupéfaction l'immeuble, vitré de presque partout avec des étalages proposant une diversité étonnante d'objets en tout genre: vêtements, immobilier, livres... Il profita de ce que Stella cherchait quelque-chose dans son sac pour sonder le centre commercial. L'elfe eut la surprise de constater que non seulement il y avait un autre étage en sous-sol, mais qu'en plus un nombre à peine croyable de personnes s'y trouvait.
« Première étape », dit Stella en remettant son sac sur son épaule, « t'acheter des vêtements. Ceux que tu portes sont trop grands. »
De fait, Onyx était plus grand, robuste et musclé que Legolas. Il devait constamment remonter son jeans afin d'éviter sa chute. El le pull, trop grand, laissait passer les courant d'airs. Quant aux souliers, ils étaient trop petits, et commençaient à le faire souffrir.
Elle l'entraina dans un magasin de vêtements masculins. Se doutant que son ami ne saurait que choisir au milieu de tous ces étranges vêtements, elle lui fit des suggestions.
Au final, après deux bonnes heure d'essayages en tout genre à travers une demi-douzaine de boutiques, Legolas et elle se décidèrent sur cinq tenues différentes.
La première ressemblait à celle des jeunes adultes. Jeans bleu foncé (un peu moins rêche que celui qu'Onyx lui avait donné), t-shirt à manches longues blanc avec des lignes noires placées de façon archaïque, et un Sweat-Shirt gris par dessus. Des « All Stars » pour chaussures, plus confortables et pratiques.
La seconde, plus « jeune » sans pour autant faire « baraki », consistait en un T-shirt bleu au dessus duquel on avait ajouté une chemise à carreau blanche et bleue, ainsi qu'un jeans un peu plus clair, surtout au niveau des genoux et une paire de baskets.
La troisième se rapprochait de celle qu'Onyx lui avait donné: pull noir, pantalon de toile épaisse gris, chaussures de cuir noir, ainsi qu'une ceinture.
La quatrième était une tenue classique. Jeans noir, chemise grise par dessus laquelle on avait passé un pull clair sans manches.
Et enfin, la dernière était leur préférée à tous les deux. Pantalon de toile noire, souliers de la même couleur, et chemise blanche dont le dernier bouton était ouvert, laissant voir une fine chaine d'argent, que Legolas tenait de sa mère et conservait toujours sur lui.
Le passage à la caisse intrigua grandement l'elfe. Tant à Émeraude qu'à Arda, soit les gens troquaient, soit ils payaient avec des pièces. Ici, pas de pièces, mais une carte avec un petit rectangle doré, semblable à celle que Stella avait inséré dans le téléphone au matin. Cette dernière l'introduisit dans un petit appareil, et tapa sur quelques boutons. Un petit moment d'attente, puis un léger « bipbipbip » retentit.
« C'est un lecteur de carte. Dans un autre endroit, il y a de l'argent qui m'appartient, et cette carte, qu'on appelle une « carte de banque » est un lien entre le lieu -la banque- où se trouve l'argent et le petit appareil qui prend la somme qu'il faut payer. » expliqua-t-elle mentalement, tandis que la caissière imprimait le ticket de caisse.
« Merci, et à bientôt ! » leur dit la caissière avec un sourire commercial. « En tout cas, j'espère... » ajouta-t-elle en jetant un regard insistant à Legolas.
« Tu l'intéresses. » fit remarquer Stella, en sortant de la boutique.
« Je n'ai pas compris... »
« Tu lui plait. »
La caissière n'était d'ailleurs pas la seule femme à observer l'elfe d'un air gourmand. La plupart des filles qu'ils croisaient se retournaient sur leur passage, et ensuite se murmuraient des paroles à l'oreille l'une de l'autre.
« T'as vu le mec ? »
« 'Tain, top canon ! Ses yeux ! »
« Sa gueule ! Oh, y m'a zyeuté ! »
« Tu crois qu'y m' donnerait son 06 ? »
« Eh, l'aut' meuf qu'est avec, t'crois pas qu'elle sort avec lui? »
« J'espère pas ! J'crois que c'est sa sœur. Une meuf si banale, pour un mec pareil, ce serait trop con. »
Legolas ne comprit pas la moitié des mots utilisés par les adolescentes qu'ils croisaient. Qu'était donc un « mec », un « top canon » ?
« En gros, elles se disent que tu es plus beau que la moyenne, et qu'elles aimeraient bien entrer en contact avec toi afin de démarrer une relation amoureuse. » répondit Stella, avec un sourire amusé, quand il lui posa la question.
L'un l'autre ayant la gorge sèche après avoir exploré un énième magasin de vêtement, pour un pyjama cette fois. Il était près de midi, la fatigue et la faim commençaient doucement à se faire sentir. D'habitude, la jeune fille allait au McDonald du centre commercial lorsqu'elle y venait, mais n'avait pas tenu à infliger à Legolas la torture des fast-foods. Elle l'avait donc entrainé dans un restaurant chinois, non loin de la galerie. L'occasion pour le sylve de découvrir un morceau de la culture orientale.
Tout deux étaient en train de siroter un apéritif. Sous les conseils de son amie, l'elfe avait demandé un vin de litchi. Stella, elle, dégustait un kir chinois.
Le restaurant en question était presque complet, une chance, car tout deux pouvaient discuter sans crainte d'être écoutés tellement le bruit de fond était fort.
« À quoi rime cette agitation ? » questionna l'elfe en se massant les tempes. « Tu m'as dit que, à cette époque de l'année, les gens s'offraient des cadeaux, mais... pourquoi ? »
Stella ne répondit pas directement, prenant le temps de boire une gorgée de sa boisson. Elle réfléchit à la façon de parler de Noël à un étranger, qui n'avais jamais entendu parler de la religion catholique.
« Il y a... plus de deux-mille ans de ça, les gens croyaient en plusieurs dieux. Rien à voir avec tes Valars, ou même Fan et Parandar. Certains croyants pensaient qu'il n'existait qu'une seule entité divine, un dieu unique, et ils étaient persécutés par les autres. Un jour, le 25 décembre selon la Bib... légende, un charpentier et sa femme ont cherché un endroit pour se loger. Mais toutes les auberges affichaient complet. Finalement, ils trouvèrent refuge dans une grange. La femme, Marie, était enceinte, et a accouché cette nuit là de son fils, Jésus. Un ange, l'archange Gabriel, descendit des cieux et annonça que le bébé était le fils de Dieu et qu'il allait apporter la parole de Dieu -le dieu unique- aux hommes. Je ne vais pas te raconter la Bible dans son entièreté, sache juste qu'à la fin Jésus est mis à mort afin d'expier les pêchés des Hommes. Reste que le 25 décembre, les gens offrent des cadeaux à ceux qu'ils aiment. Pour célébrer la naissance du fils de Dieu. Plus récemment, la légende du Père Noël intervient aussi. Ce serait un gentil vieillard qui apporterait des présents aux enfants qui ont été sages, mais ça, c'est pour faire tenir les enfants tranquilles durant l'année. C'est aussi une fête de famille, c'est pourquoi je reviens chaque année ici, à la même époque. »
« Et les conifères décorés ? »
Le serveur leur apporta leurs entrées (rouleaux de printemps pour l'une, hors d'œuvres variés pour l'autre), coupant la jeune fille dans son récit de la fête de Noël.
« Les sapins ? Ce sont des arbres qui ne meurent pas en hiver. On les amène dans les maisons, pour célébrer le renouveau de la vie, puisqu'il ne perd pas ses aiguilles en hiver, contrairement aux autres feuillus. »
Legolas croqua dans un Wan-Tan, un ravioli chinois, réfléchissant à toutes ces informations neuves.
« Qu'offre-t-on, généralement ? » demanda-t-il.
« Ce qui a le plus de chances de faire plaisir aux destinataires du cadeau. Tu feras très plaisir à un enfant si tu lui donnes un jouet, par exemple. »
« Que vas-tu donner à tes parents ? »
Stella trempa un de ses nems dans la sauce aigre-douce, l'air de réfléchir. »
« Je ne sais pas encore. Mais j'ai des idées... »
Les courses de Noël faites, Stella sortit de sa poche un petit téléphone portable, que son père adoptif lui avait donné avant qu'elle ne sorte de la voiture. Son père répondit qu'il arrivait tout de suite, ajoutant en riant qu'il espérait que tout ce qu'ils avaient acheté tiendrait dans le coffre de la voiture.
« J'ai un sérieux doute. » répondit la jeune fille, en riant.
De fait, il y avait cinq sacs remplis de vêtements, ceux de l'elfe comme ceux de l'humaine (Stella ne s'était pas privée de refaire une partie de sa garde-robe), plus les cadeaux, plus les objets promis à Onyx, Swan, Kira et Cornéliane qu'étaient des pralines pour la reine et la guerrière, du vin du Sud de la France pour son père, et trois pots de chocolat à tartiner pour la petite princesse (Stella avait promis à Legolas qu'elle lui ferait gouter le fameux « Nutella » auquel la fillette tenait tant). Ils avaient également acheté une bouteille de vin de litchi pour l'elfe, qui avait apprécié celui du restaurant, et une bouteille de Coca pour en faire avaler à Nogait s'il continuait à faire le pitre.
Ils étaient maintenant plantés devant le centre commercial, tenant à bout de bras les articles obtenus pour ne pas mettre les sacs dans la neige, et attendant le père adoptif de Stella avec une impatience directement proportionnelle à la fatigue de leurs bras.
« Salut, les jeunes ! » dit ce dernier en arrivant. Il aida à mettre les articles dans le coffre.
« Bon sang, tu ne plaisantais, au téléphone, avec ton fameux doute ! S'exclama l'homme, essayant d'organiser les sacs afin que tous entrent dans le coffre, comme s'il jouait à un tetris géant.
Au final, il fallut mettre deux sacs sur les sièges arrières, entre Legolas et Stella.
« Papa, comment est le sapin ? »
« Très grand. Ta mère a déjà sorti les décorations, elle vous attendait pour commencer à les mettre. Ce sera quels tons, cette année ? »
« Je ne sais pas... Legolas, quelles sont tes couleurs préférées ? »
« Pourquoi faire ? » demanda celui-ci, interloqué.
« Savoir dans quels ton on va décorer le sapin.. Ah, sauf le vert, tu devines pourquoi. »
« Argent et or. » répondit l'elfe du tac au tac.
« Ça marche ! » s'exclama Alan, souriant.
Une fois rentrés, tous purent constater qu'en effet l'arbre de Noël était assez imposant. Il avait fallu couper la pointe pour éviter que celle-ci ne touche le plafond. Les branches étaient assez touffues, on ne voyait presque pas le tronc du conifère.
« Il est parfait. On va pouvoir commencer. » dit Stella, en observant l'imposant arbre.
« Non, mademoiselle, pas tout de suite, tu vas d'abord ranger tout ça dans ta chambre », dit Agnès d'un ton réprobateur, en pointant les paquets que la jeune fille et l'elfe avaient laissé tomber dans le hall, soulagés d'être débarrassé de leur fardeau. « De toute façon, il faut d'abord aller chercher les décorations à la cave, et passer un coup de balai pour enlever les aiguilles du sapin qui sont par terre. »
« D'accord, d'accord... » soupira ladite jeune fille devant la maniaquerie de sa mère.
Suivie par Legolas, ils montèrent à l'étage, tachant de garder l'équilibre malgré leur chargement.
« Par ici », lui dit-elle, ouvrant l'entrée de sa chambre avec son épaule.
Stella se dirigea d'un pas sur vers son lit, sur lequel elle lâcha d'un coup tous les sacs avec un soupir de soulagement. Elle invita l'elfe à faire de même, tout en faisant jouer ses bras.
Elle vida les sacs, mettant leur contenu sur sa couche. Rapidement, elle se mit à ranger le contenu des sacs, séparant les affaires de Legolas -qui massait ses muscles endoloris- pour les amener dans l'armoire de la chambre de ce dernier, mis tout ce qu'elle avait l'intention de ramener à Émeraude directement dans son sac, après avoir remplacé ledit sac, usé, par un nouveau en toile, et par terre les divers cadeaux qu'ils allaient mettre en dessous du sapin.
Legolas, lui en profita pour observer la décoration de la chambre de la jeune fille. Autant il n'y avait pas grand chose pour étayer sa propre chambre, autant ici diverses affiches colorées et faites en une matière étrange couvraient le mur, ne laissant presque pas de place pour le papier derrière. Il y avait de tout: des dessins nets, d'autres un peu moins et visiblement faits main, des tellement réalistes qu'on aurait pu croire que les affiches étaient en fait des fenêtres donnant sur d'étranges mondes, ou les hommes tenaient d'intrigants instruments de musique, des cadres, ...
Au dessus du lit -recouvert d'une housse de couette bariolée- se trouvait une étagère remplie de livres assez différents les uns des autres. L'étage inférieur comportait des couvertures très colorées, avec des titres écrits en rouge et blanc comportant trois lettres avec le dessin -encore une fois très net- d'un homme blond aux cheveux courts. L'elfe compta 25 tomes, plus quelques livres isolés. Sur le second étage, des livres de toutes tailles, avec une reliure assez semblable à celle des ouvrages de sa chambre. Contre le mur d'en face, un bureau sur lequel reposait un étui noir muni de poignées, fin au début, et devenant plus imposant vers le milieu. Il y avait également plusieurs images étonnantes de réalisme, un peu comme les affiches au mur, dans un seul et même cadre. Legolas s'en approcha, et vit que chacune représentait un groupe d'une vingtaine d'adolescents plus un adulte, souriant à travers l'objectif. Lorsque l'elfe les détailla, il reconnut Stella, plus jeune, sur tous les clichés.
« Ce sont mes photos de classe de l'école, avant que je ne m'en aille. » fit cette dernière, après avoir jeté un regard derrière l'elfe.
« Photo ? »
« Des moments de la vie, immortalisés grâce à un appareil qui sert à ça. Ça sert à rappeler certaines occasions, quand on les observe. »
Contre le troisième mur, se trouvait un imposant bloc noire d'une forme peu commune. Muni de trois pédales, et assez grand, il possédait une partie que visiblement, on pouvait ouvrir. Sous la partie amovible se trouvaient une série de touches blanches et noires. Poussé parla curiosité, l'elfe appuya sur une d'entre elles.
Un son, beau et musical en sortit. Le sylve poussa à nouveau sur la même touche, puis sur celle à droite. La musique allait de plus en plus aiguë.
« C'est un piano. » dit Stella, en s'approchant. « J'en jouais, avant... enfin, j'apprenais. »
La jeune fille joua trois notes. Puis contempla l'instrument d'un air un peu triste.
« Sur le bureau, c'est mon violon. Papa me l'avait donné quand j'ai réussi mes études de solfège, l'apprentissage de la musique. »
Legolas ouvrit la boite contenant le fameux violon, et pinça une des cordes. Un son plus grave se répandit dans l'air.
Stella s'assit derrière le tabouret, et contempla son piano d'un air absent.
Le sylve la regarda en silence, jaugeant son air sombre. Il avait bien compris, lorsqu'elle lui avait relaté son arrivé à Émeraude, qu'elle regrettait d'avoir laissé tant de choses derrière elle. Il s'apercevait maintenant à quel point. Sur chacune des fameuses photos, elle souriait d'un air heureux. Un sourire qu'il n'avait que rarement vu à Enkidiev.
« Te souviens-tu encore d'un morceau ? » demanda Legolas, afin de la tirer de sa rêverie.
« Hein ? Tu as dit quelque-chose ? » sursauta Stella.
« Je te demandais si tu savais encore jouer. »
Un simili-sourire apparut sur le visage de la jeune fille.
« Évidemment, ça ne disparais pas comme ça... »
Sa posture changea. Bien droite devant le clavier du piano, elle posa ses doigts avec assurance sur certaines touches. Se donna le temps de réfléchir, et appuya enfin sur les notes.
Une douce mélodie sortit du piano. Sans montrer la moindre hésitation, sans partition sous les yeux, la jeune fille fit danser ses doigts sur toutes les touches, jouant avec passion une de ses mélodies préférées, celle qui, dès qu'elle l'avait entendue, lui a donné l'envie d'apprendre à maitriser l'instrument il y a des années de cela.
À Legolas, la chanson rappelait sa brusque sortie de l'enfance, quand il avait découvert ce qu'étaient la guerre et la mort. À l'époque, il pensait que les elfes ne mourraient jamais grâce leur immortalité. Mais lorsque les habitants de la Forêt Noire eurent à essuyer attaque d'orques, quand Legolas vit, à travers les bras de sa mère, un des siens se faire transpercer par la lourde lame de l'ennemi, il comprit que même les elfes pouvaient mourir. La mélodie, jouée par Stella, le renvoyait à la tendresse sa mère qui murmurait des paroles elfiques sans aucun sens à l'oreille de son fils pour le faire sortir de sa tétanie.
Stella arriva finalement à la fin de sa mélodie, trainant sur la dernière note. Un silence avait envahi la pièce, celui des souvenirs, du passé qui se rappelle à nous de façon non pas douloureuse, mais peu agréable également. Ce que tous deux ressentait avait un nom...
Nostalgie.
(NdA: voici la chanson jouée par Stella. Comme d'habitude, enlevez les espaces entre le H, les T et le P, les /, les : et les .
H t t p : / / www . Youtube . Com / watch?v=TSWWyCiX6E8 )
Legolas et Stella finirent par descendre, après que la jeune fille eut placé dans l'armoire de la chambre d'amis les vêtements de son ami elfe. Agnès et Alan attendaient en bas, la caisse de décoration ouverte au sol.
« Salut les jeunes ! » les salua le père d'adoption de la princesse en les voyant. « On vous attendait pour commencer. Dis, Legolas, toi qui est grand, tu saurais placer l'étoile sur la pointe ? »
Legolas s'exécuta, mais du quand même tordre la branche du faîte de l'arbre pour y placer l'élément de décoration. Agnès et sa fille commencèrent à démêler les guirlandes électriques, tandis qu'Alan allait chercher à boire pour tout le monde.
« Encore une fois, ton père joue les tire-au-flan... » marmonna Agnès à Stella, pour rire.
« Tu connais papa, dès qu'il s'agit de faire un effort... »
« J'ai entendu ! » tonna une voix lourde, de la cuisine.
Les trois au salon se mirent à rire. Legolas lâcha la pointe de l'arbre, aidant les deux femmes à défaire les nœuds de la guirlande. Stella lui dit comment disposer les fils, partir d'en haut et descendre en diagonale afin que chaque petite ampoule éclaire une partie du sapin. Agnès, elle, tria les guirlandes de poils colorées, déparant celles d'or et d'argent des autres, puisque l'arbre allait être décoré en ces tons là. Quand ce fut fait, elle passa aux boules.
Tous les quatre passèrent un agréable moment, riant à la moindre occasion, même Legolas qui commençait à se sentir à l'aise, grâce aux efforts conjugués de tout le monde. Souvent, Alan fit mine de partir bouder quand sa femme lui lançait une pique, mais revenait toujours, envoyant à la figure d'Agnès des poignées de coton qu'ils étaient censés utiliser pour symboliser la neige. Ce qui dégénérait en batailles de boule de coton entre les deux adultes, sous le regard amusé de Legolas et Stella.
Quand enfin, le sapin fut fini, Alan alla éteindre les lumières. Grâce à celle dispensée par les guirlandes de l'arbre, la pièce était bien illuminée et décuplait la beauté de l'arbre ainsi décoré.
« Argent et or, très bon choix... ça mérite une photo ! » s'exclama Alan.
Quittant la pièce, et rallumant les lampes au passage, il revint un peu plus tard avec un appareil muni d'une petite fenêtre et de plusieurs boutons. Le fixant sur un trépied, il fit signe à Stella, Legolas et Agnès de se mettre devant le sapin. Les trois s'exécutèrent, Alan enclencha le minuteur, et vint rejoindre le trio.
« Il faut sourire. » dit Stella en Sindarin, pour Legolas.
Flash.
Enfin, vint le moment d'aller se coucher. Legolas rejoignit sa chambre avec bonheur, la journée ayant été riche en émotion. L'elfe se glissa dans son lit, rêvant aux étrangetés qu'il lui restait à apprendre sur place. Quand à Stella, elle était ravie de la journée passée. À aucun moment, Legolas n'avait paniqué ou s'était montré dangereux comme Syrie, à son grand soulagement. Mieux: le sylve avait même l'air de se plaire sur la planète Terre. Elle s'endormit en songeant à la fête de Noël qui s'annonçait, heureuse de la célébrer avec son ami elfe et ses parents.
