Bonjour à tous!

Ceux qui sont familiers de mon blog savent que j'ai promis d'accélérer le rythme de publication de cette histoire, dans la limite de mes moyens. Ce chapitre arrive donc un mois et demi seulement après le dernier, hourra pour moi! J'ai comme d'habitude répondu à toutes vos reviews, le résumé de mes réponses se trouvant sur mon blog.

Résumé des épisodes précédents: Elliot, un loup-garou espion de l'Ordre et amoureux d'Hermione, est envoyé dans l'ancienne meute de Fenrir Greyback pour avoir des informations sur les sbires de Voldemort et avoir la confirmation que Charlie Weasley est mort. Son contact là-bas est Viktor Krum, puisque la meute s'est établie dans les Carpates orientales, à la frontière entre la Roumanie et la Bulgarie. Au Square Grimmaurd, Hermione s'est évanouie pour une cause inconnue peu après avoir reçu des nouvelles de Rowena Serdaigle. La fondatrice a continué son parcours meurtrier jusqu'au jour où elle a rencontré Helga Poufsouffle.

Je vous demande de saluer bien bas la collaboration de Lupinette qui m'a beaucoup aidée sur ce chapitre en particulier!

Avant de vous laisser à votre lecture, je tiens à dédier ce chapitre à ma revieweuse fidèle Herrmione, qui fête son anniversaire aujourd'hui! Bon anniversaire à toi la miss)

Bonne lecture!


Eternal Snow

Chapitre 14: Fenrir, mon sauveur

Elliot vivait depuis plusieurs jours au milieu de ses congénères lycanthropes, et le moins que l'on pouvait dire, c'était qu'il avait des difficultés à s'habituer à la vie de la communauté. Ils étaient une cinquantaine à vivre dans une série de cavernes reliées entre elles par de minces couloirs creusés à flan de montagne par l'eau et les années. Le jeune homme avait appris que ces grottes constituaient le refuge hivernal de la communauté, et que les loups-garous vivaient dans un campement de tentes à partir du printemps.

Son voyage vers les Carpates orientales avait été étonnamment calme. Il avait rejoint une dizaine d'autres lycanthropes à Douvre. Des adolescents paumés qui avaient été approchés par des rabatteurs. On leur avait promis une vie meilleure s'ils rejoignaient la communauté des Carpates et promettaient fidélité à Voldemort. Beaucoup ressentaient une haine amère contre les sorciers qui les avaient rejetés du monde à cause de leur condition et n'avaient plus rien à perdre. Elliot avait feint de ressentir le même dégoût pour les humains et avait ainsi pu se lier avec un frère et une soeur qui avaient été mordu le même soir que lui. D'abord méfiants, les deux adolescents avaient fini par lui faire confiance et lui avaient expliqué qu'ils comptaient s'expatrier en Roumanie dès qu'ils auraient les moyens de payer la traversée de la Manche. Le jeune homme avait alors prétendu vouloir faire partie du voyage.

Il avait dû payer 100 Gallions (1) pour être entassé avec les autres dans un van moldu à bord d'un ferry en partance pour Calais. Là, ils avaient pris le train pour Paris, ensuite un autre pour Budapest en Hongrie et étaient enfin arrivés en Roumanie par l'express pour Borsa. A partir de là, ils avaient dû faire du stop ou marcher. Le voyage avait pris en tout une semaine, semaine pénible durant laquelle ses pensées tournaient souvent autour d'Hermione. Ils étaient arrivés complètement épuisés au camp.

Dès le début, ils avaient été tous séparés et Elliot avait perdu de vue le frère et la soeur qui lui avaient tenu compagnie durant les journées précédents. La jeune fille, nommée Sonia, fut envoyée dans une autre caverne et il ne la revit que de loin, pendant les célébrations. Son frère, Eric, dut rester avec les enfants car il n'avait pas encore atteint la majorité. Quant à Elliot, il reçut l'ordre de demeurer avec un petit groupe d'hommes de son âge environ, chargés de maintenir le feu et le confort pour le reste du clan. Ce n'était pas la tâche la plus valorisante au sein des lycanthropes, mais cela l'aida à connaître les rites et habitudes de ceux qu'il devait espionner.

Ainsi, il vit que différentes castes existaient au sein du groupe: les chasseurs, qui ramenaient de la nourriture pour tous, étaient les plus respectés. Venaient ensuite les éclaireurs, qui connaissaient la région et les montagnes comme leur poche et guidaient les changements de camp. Les enfants encore en âge d'être à l'école étaient éduqués par les plus anciens. Et enfin il y avaient les jeunes gens comme Elliot, qui étaient surnommés les Dingos (2) par les autres membres du clan:

- On ne te fera pas confiance tout de suite, avait martelé l'un des plus vieux chasseurs. Tu devras nous prouver ta loyauté, et cela de nombreuses fois, avant qu'on ne te considère comme l'un des nôtres. A chaque pleine lune tu seras mis à l'épreuve, alors prépare-toi!

Il comprit également que la vie de la tribu ne se résumait pas à survivre. Il découvrit ainsi avec étonnement que les lycanthropes vouaient un culte à leur ancien chef, Fenrir, mort en martyr selon eux. Chaque soir, à la tombée de la nuit, tout le monde se rassemblait dans la caverne principale et chantait des sortes de cantiques à la gloire de celui qui était tombé. Si Elliot avait été étonné par ces pratiques, il l'avait encore plus été en constatant que certains loups-garous, qui avaient eux-même été mordus par Fenrir, montraient une dévotion sans limite. Ils prétendaient que l'ancien chef les avaient libérés, en leur donnant la force et le pouvoir de détruire. Cela lui fit froid dans le dos: ces hommes étaient prêts à donner leur vie, à commettre les pires crimes, au nom de leur foi en celui qu'ils commençaient à considérer comme un dieu. Et pourtant, Elliot savait que Fenrir Greyback était loin d'être un prophète ou un quelconque rassembleur de foules, bien qu'il ait effectivement mordu et transformé de très nombreux lycanthropes. Il n'était qu'un Mangemort de bas étage, toujours chargé des tâches les plus ingrates. Comment tous ces gens pouvaient-ils le vénérer alors qu'il n'était que le bouffon de Lord Voldemort?

A son arrivée dans le groupe des Dingos, il avait été accueilli par un lycanthrope qui n'avait pas encore atteint la trentaine. Le jeune homme, qui s'était présenté sous le nom de Jonas, était bien bâti et sa peau burinée par le soleil et les intempéries le faisait paraître beaucoup plus vieux. Ses cheveux d'un roux sale méritaient une bonne coupe et ses vêtements n'étaient pas de toute première fraîcheur, comme la plupart des autres membres de sa caste. Mais il avait un sourire franc qui avait tout de suite plu à Elliot. Ils étaient donc rapidement devenus amis et Jonas lui avait enseigné les us et coutumes de sa nouvelle famille.

Ainsi, il avait appris que les lycanthropes s'étaient choisi un nouveau chef depuis la mort de Greyback. Ce chef mystérieux se faisait appeler le Guide. Il passait la plupart de son temps en Angleterre et ne revenait que pour la pleine lune. Aussi, Elliot ne l'avait-il encore jamais aperçu au camp. Il se promit de transmettre cette information à l'Ordre pour qu'ils puissent identifier celui qui était, de toute évidence, le lien entre les Mangemorts et le clan.

Jonas ne lui avait pas révélé depuis combien de temps il était un loup-garou. Lorsqu'il le questionnait sur ses origines, le jeune homme restait évasif. Mais la plupart du temps, son ami était si enjoué que cela permettait à Elliot de tenir sachant que les conditions de vie étaient loin d'être agréables. Il faisait très froid dans les cavernes, surtout la nuit, et la journée il devait parcourir la forêt sans relâche, dans la neige et le vent, pour trouver du bois sec afin de ranimer les différents feux.

Depuis qu'il était arrivé, Elliot n'avait cessé de se demander quand il pourrait prendre contact avec Viktor Krum et surtout s'il pouvait se fier à lui. Harry avait beau affirmer qu'il était "fiable à cent pour cent", il n'avait pas vraiment une grande confiance en l'ancien attrapeur Bulgare. Bien sûr, le fait qu'il ait été le premier petit ami d'Hermione ne jouait pas en sa faveur dans l'esprit du lycanthrope et il n'était pas vraiment impatient de le rencontrer.

Mais ses états d'âme n'entraient pas en compte dans sa mission: il devait absolument réussir à transmettre les informations qu'il avait déjà récoltées à Krum. Dès le jour de son arrivée, il avait repéré le signe convenu par l'Ordre: un foulard rouge accroché à une branche tordue d'un arbre, à l'orée de la forêt près d'un village moldu. C'était là que Krum l'attendrait tous les jours, à quinze heures précises. Elliot devrait se débrouiller pour échapper à la surveillance des autres lycanthropes avant la pleine lune.

Il n'y a pas à dire, un patronus c'est quand même plus pratique! pensa-t-il une centaine de fois au moins.

Mais les loups-garous repéraient la magie à des kilomètres et réprouvaient toute forme de sortilège. Ils haïssaient tellement les sorciers responsables de leur relégation qu'ils préféraient vivre comme des moldus. Cela ne facilitait vraiment pas sa tâche d'espion.

Heureusement, une opportunité se présenta la veille de la pleine lune lorsque Jonas lui expliqua ce qui allait se passer le lendemain:

- Le Guide célèbre la cérémonie de transformation lui-même à chaque pleine lune. Il y aura des chants et le Guide racontera sans doute des épisodes de la vie du Grand Fenrir.

Elliot hocha la tête, comprenant que ça allait être mortellement ennuyeux.

- Notre rôle à nous, poursuivit Jonas, est de préparer la caverne principale pour accueillir la cérémonie. Nous irons chercher du bois en début d'après-midi pour que tout soit prêt avant le coucher du soleil. Vu qu'il a encore neigé aujourd'hui, nous devrons sans doute nous séparer pour parcourir la forêt. Tu penses que tu t'y retrouveras tout seul?

Elliot dissimula sa satisfaction à cette bonne nouvelle, et convint sobrement:

- Pas de problème.

- Le Guide arrivera très tôt demain matin, ajouta Jonas avec un air réjoui. Tu auras enfin l'occasion de le rencontrer! Il aime bien discuter avec les nouveaux et leur parler du Grand Fenrir. Il l'a bien connu, tu sais.

- Ah bon? s'intéressa Elliot.

- Ils ont servi ensemble dans l'armée du Seigneur des Ténèbres. Le Guide était là quand le Grand Fenrir est tombé sous les coups ennemis.

Peu de lycanthropes du groupe avaient réellement connu leur idole. Certains des anciens se vantaient d'avoir pu chasser en sa compagnie mais ils étaient rares. La plupart des loups qui avaient participé à l'attaque qui avait coûté la vie à Greyback, celle où Elliot avait été mordu, étaient morts avec lui. Seuls quelques uns avaient pu s'échapper. Ainsi donc le Guide était un de ceux-là. Cela éveilla immédiatement une grande méfiance dans l'esprit de l'espion: et si le Guide le reconnaissait? Mais il se rassura bien vite en se disant que ce jour-là les loups n'avaient pas pris la peine de le dévisager et étaient passés à l'attaque, qui plus est sous leur forme animale. Il y avait peu de chance que quelqu'un se souvienne de lui précisément.

Néanmoins, il passa les heures qui suivirent dans un état de vigilance stressée, qui lui valut des regards interrogateurs de la part de Jonas. Son ami était quant à lui positivement heureux de revoir celui qui, selon lui, avait changé sa vie. Il en parlait avec un tel respect teinté de crainte qu'Elliot n'avait pas envie de le contredire. Il commençait à comprendre comment Voldemort parvenait à avoir la main sur autant de lycanthropes: plus que la défiance envers les sorciers, c'était surtout leur dévotion envers ce Guide qui les faisait marcher droit.

Personne ne parlait du monde extérieur, sinon pour prédire la future grande bataille contre les ennemis du Grand Fenrir. Et personne ne parlait non plus des éventuels amis ou familles qu'ils avaient laissé derrière eux. Les cérémonies journalières ne servaient qu'à renforcer le sentiment d'appartenance au groupe et la méfiance envers tout élément extérieur. Voldemort y était rarement mentionné, et seulement en tant "qu'outil de la libération des lycanthropes". On ne parlait évidemment jamais des théories extrémistes du Lord Noir en ce qui concernait la race ou la pureté du sang. Ainsi, tous les lycanthropes présents ici croyaient fermement que soutenir le Seigneur des Ténèbres leur permettrait d'accéder à la liberté.

Tout ceci révoltait Elliot. Sa conscience lui hurlait de se rebeller, d'ouvrir les yeux de tous ces pauvres gens avant qu'il ne soit trop tard. Mais son rang d'espion lui interdisait une quelconque action dans ce sens. La nuit précédent la pleine lune se passa donc dans une tension inconfortable pour le jeune homme, tension encore amplifiée par la proximité de la transformation.

Cette transformation, justement, était une autre source d'inquiétude pour Elliot. Qu'allait-il se passer exactement. Leur demanderait-on de tuer des villageois? Ou se contenteraient-ils ne chasser dans les bois? Il ne serait pas tout à fait animal, bien sûr. La potion Tue-Loup était considérée comme une abomination parmi les membres de la communauté, mais il la prenait en cachette pour rester conscient durant tout le processus. Il allait devoir jouer suffisamment bien la comédie pour qu'aucun loup ne s'aperçoive que son esprit était toujours humain. Cela impliquait donc de mimer la sauvagerie, quoiqu'il se passe. Et c'était cela probablement le plus inquiétant.

Le matin arriva bien trop vite à son goût. Dans un brouillard mental désagréable, il fit ses ablutions en compagnie de Jonas et attendit avec lui l'arrivée du Guide à l'entrée de la grotte principale. Tout le monde paraissait très excité par cette visite: les enfants couraient de tous les côtés, les femmes avaient revêtu leurs plus belles robes et les hommes jetaient de fréquents coups d'oeil vers l'entrée. Enfin, les adolescents qui étaient allés en éclaireurs à l'entrée de la forêt revinrent en courant en annonçant que le Guide était arrivé. Quelques minutes plus tard, trois hommes vêtus de robes de sorcier firent leur entrée dans la caverne, accueillis par un silence quasi religieux de la part de tous les lycanthropes.

Elliot reconnut immédiatement l'homme de gauche: c'était le rabatteur qui les avait conduits jusque Douvre. Il était petit, chauve, avait constamment l'air endormi et s'était présenté sous le nom de Jude Thurkell. A droite se tenait un homme blond, très gros, qui paraissait exténué de la marche nécessaire pour arriver au camp. Au centre se tenait un grand homme très mince, visiblement source de toute l'attention ambiante. Il portait une robe noire de sorcier, collée à son grand torse maigre comme un maillot de corps et trop courte d'une dizaine de centimètres, révélant ainsi des chaussures élimées d'une couleur indéfinissable et des chevilles fines qui n'avaient pas l'air de craindre le froid. Ses long cheveux blonds foncés étaient noués sur sa nuque, révélant un cou de rapace et un visage émacié. Ses yeux marrons brillaient d'une lueur inquiétante, tandis qu'un rictus appréciateur déformait ses traits alors qu'il contemplait la foule venue l'accueillir.

Soudain, il fit un signe et tous s'inclinèrent devant lui pour s'exclamer:

- Le Guide est de retour!

Des applaudissements suivirent. Le Guide leva les bras pour les apaiser et prit la parole:

- Oui! fit-il d'une voix forte. Je suis de retour parmi vous aujourd'hui et je vous apporte de bonnes nouvelles, mes amis!

Les lycanthropes applaudirent bruyamment de nouveau.

- Notre ami le Seigneur des Ténèbres, reprit le Guide, m'a confié qu'une grande victoire venait d'être remportée contre nos oppresseurs!

Elliot doutait que Voldemort apprécie d'être qualifié d'ami par un loup-garou, mais il s'inquiéta plutôt de la suite. Cela n'annonçait rien de bon.

- Les fidèles du Seigneur des Ténèbres ont attaqué un monument moldu il y a une semaine et ont réussi à tuer plusieurs sorciers corrompus qui s'opposaient à leur pouvoir.

Les lycanthropes explosèrent de joie, tandis qu'Elliot blêmit malgré lui: les "sorciers corrompus" ne pouvaient être que des membres de l'Ordre. Combien avaient été tués exactement? Et qui? Mais il ne pouvait pas demander de précision sans attirer l'attention sur lui.

- Oui mes amis, fit le Guide en dominant le tumulte de sa voix profonde, je sais ce que vous vous dites: la Bataille Finale n'est pas loin! Bientôt, nous n'aurons plus à nous cacher, nous serons libérés du joug sorcier et nous pourrons vivre sans crainte. Nous exterminerons nos ennemis jusqu'au dernier!

Les cris de joie retentirent de plus belle, résonnant comme un orage dans la grande caverne. Encore une fois, le Guide leva les mains pour demander le silence.

- Je sais, je sais, vous êtes tous impatients de voir ce jour arriver. Mais en attendant il faut nous préparer à la grande cérémonie de ce soir. J'ai cru comprendre que nous avions accueilli plusieurs nouveaux fidèles récemment, j'ai hâte de pouvoir faire leur connaissance.

Elliot eut l'impression que le Guide scrutait la foule en disant cela. Son regard étrange s'arrêta sur Sonia qui baissa la tête avec humilité, puis sur son frère Eric qui aborda une expression fougueuse et enfin sur lui-même. Le jeune espion plaqua sur son visage une apparence joyeuse alors qu'en réalité sa tension artérielle s'était dangereusement accélérée en croisant ces yeux pénétrants. Il ne lui fallut qu'une demi-seconde pour se souvenir d'où il avait pu voir ces iris emplis de cruauté: le Guide était le loup-garou qui l'avait mordu deux ans auparavant. Une sueur effroyable dégoulina dans son dos lorsque l'homme le désigna du doigt.

- Je connais ton visage, énonça le Guide en ne le quittant pas du regard. Quel est ton nom?

Elliot vit du coin de l'oeil que beaucoup le regardaient d'un air envieux. Il s'efforça de masquer sa peur et de répondre d'un ton ferme:

- Je m'appelle Elliot. Elliot Roberts, crut-il bon d'ajouter.

- Qui a fait de toi l'être que tu es aujourd'hui? claqua la voix du Guide.

- V... Vous, trembla Elliot.

Le Guide hocha la tête, tout en continuant de le dévisager. Le contact visuel dura une interminable minute, puis le Guide lâcha:

- Bienvenue à toi!

°oOo°

- Tu ne m'avais jamais dit que c'était le Guide qui t'avait changé! s'exclama Jonas alors qu'ils partaient en quête de bois.

- Je ne le savais pas, répondit Elliot sombrement.

Et s'il l'avait su, il n'aurait jamais accepté cette mission! Il avait bien cru sa dernière heure arrivée quand le Guide l'avait reconnu. Mais heureusement, être le fils spirituel du Guide avait soulevé un courant d'admiration de la part des autres lycanthropes et le Guide lui-même avait paru fier de le voir rejoindre leur cause. A présent il allait devoir jouer serré pour ne pas se faire démasquer, car il se sentait encore plus surveillé qu'avant.

- En tous cas, s'enthousiasma Jonas, attends-toi à être jalousé par les autres. Avoir été transformé par le Guide, c'est presque autant d'honneur que si c'était le Grand Fenrir en personne!

Elliot s'abstint de préciser que durant cette soirée funeste, le Guide et les autres sbires de Fenrir avaient voulu faire un massacre et il n'y avait survécu que parce que les Médicomages étaient intervenus rapidement. Mais une question lui vint à l'esprit:

- Par qui as-tu été mordu, toi?

Le visage de Jonas se ferma, et il répondit d'un air embarrassé:

- Je n'ai pas très envie d'en parler...

Cela piqua la curiosité d'Elliot qui voulut en savoir plus:

- Allez, raconte-moi!

Jonas le dévisagea longuement, puis il expira profondément, comme pour se donner du courage:

- Je n'ai pas toujours respecté les enseignements de Fenrir, commença-t-il hésitant. Avant d'être mordu, j'étais... je travaillais pour nos ennemis pas loin d'ici. J'élevais des dragons mais en réalité j'informais nos ennemis des activités lycanthropes. Puis le Guide m'a libéré, comme toi. Et il m'a fait venir ici.

- Tu te battais contre Voldemort avant d'être mordu? saisit Elliot.

Cela expliquait pourquoi Jonas faisait encore partie des Dingos alors qu'il était visiblement dans la meute depuis assez longtemps.

- Oui, répondit-il, mais c'est très loin maintenant. J'ai compris que ma vraie famille est ici et qu'il est vain de vouloir braver la volonté du Guide. Rien de bon n'arrive à ceux qui s'opposent au Guide.

Cette dernière phrase intrigua Elliot et il essaya de questionner habilement:

- Comment ça? Tu ne croyais pas en la supériorité du Grand Fenrir.

Son ami parut honteux:

- Non, avoua-t-il. Je m'égarais sur les chemin du doute, je ne voulais pas admettre que le Guide avait raison. Alors il m'a parlé... très longtemps. Et j'ai fini par voir la Vérité.

Elliot déglutit difficilement. Ce qu'il entendait ressemblait fortement à du conditionnement mental. Jonas n'était probablement pas le seul qui avait été ainsi endoctriné pour suivre aveuglément les ordres du Guide. C'était purement et simplement du lavage de cerveau.

- Est-ce que tu crois que le Guide va vouloir me parler? demanda-t-il inquiet.

- Sans doute, répondit Jonas. Ton passé est derrière toi à présent, tout doit être purifié. Tu dois oublier qui tu étais avant pour devenir l'un des nôtres...

- Mais toi... tu te souviens encore de ton passé? Tu m'as dit que tu élevais des dragons...

Jonas se mordit les lèvres, comme s'il en avait trop dit:

- Il vaut mieux ne pas en parler. Celui que j'étais avant est mort désormais. Allez, il faut continuer notre tâche...

Elliot contempla un moment son ami qui s'était remis à la recherche de bois. Un roux... Éleveur de dragons... Ennemi de Voldemort... Se pourrait-il que...

- Charlie... Charlie Weasley? murmura-t-il sans vraiment y croire.

Son ami se retourna vivement, une peur intense inscrite sur son visage:

- Tais-toi! chuchota-t-il brutalement. Ne m'appelle pas comme ça, tu vas nous attirer des ennuis à tous les deux!

- Mais...

- On se sépare ici, décréta Jonas. Tu continues tout droit et moi je vais à gauche. On se retrouve dans une heure...

Et il s'éloigna sans se retourner. Estomaqué par sa découverte, Elliot mit quelques minutes à se rappeler de la raison qui l'amenait réellement dans la forêt: transmettre ses informations à Krum. Il pensa alors à Mr et Mrs Weasley qui pleuraient leur fils qu'ils croyaient mort et sentit l'urgence. Il fallait que l'Ordre sache!

Avec d'infinies précautions, feignant toujours de chercher du bois, il s'approcha du lieu de rendez-vous en vérifiant des dizaines de fois qu'il n'était pas suivi. En arrivant sur place, il constata que Krum n'était pas encore là. Il fit alors mine de fouiller l'endroit et de ramasser quelques brindilles, en attendant son contact. Soudain, une voix venue de nulle part le fit sursauter:

- Rrroberrrts?

- C'est moi, chuchota-t-il dans le vide.

Devant lui apparut alors un homme mince, aux épaules voutées et au teint cireux. Krum s'était désillusionné pour passer inaperçu sur le chemin menant à la forêt et le contemplait à présent avec un air sévère. De grands sourcils noirs lui mangeaient le front, rendant son aspect encore plus intimidant.

- Ça fait quatrrre jourrrs que je t'attends! Tu devais me contacter avant la pleine lune, et c'est aujourrrd'hui!

- Merci je sais, contra Elliot agacé par l'entrée en matière du bulgare. Ils surveillent les nouveaux et je n'ai pas pu m'échapper avant sans attirer l'attention.

Krum grogna quelque chose qui ressemblait fort à un juron en bulgare, mais n'alla pas plus loin et revint au sujet initial:

- Qu'est-ce que tu as pourrr moi?

Elliot lui fit un résumé de ce qu'il avait appris sur la meute: leur nombre, leur dévotion pour Fenrir et le conditionnement mental exercé par le Guide. Lorsqu'il parla de Charlie Weasley, Krum parut franchement surpris:

- Tu es sûrrr? J'étais surrr place peu aprrrès l'attaque de l'élevage de drrragons. Beaucoup de corrrps étaient complètement dévorrrés, comment Weasley a-t-il pu échapper à ça?

- Il ne s'est pas échappé, supposa Elliot. J'imagine qu'il a été fait prisonnier après avoir été mordu, peut-être par les Mangemorts qui accompagnaient les loups ce soir-là. Ils lui ont probablement fait dire tout ce qu'il savait sur l'Ordre, puis le Guide l'a reprogrammé pour être un parfait lycanthrope.

- C'est affrrreux, commenta l'ancien attrapeur.

Elliot finit son rapport en convenant avec Krum d'un prochain rendez-vous trois jours après la pleine lune. Puis il décida qu'il était grand temps de partir s'il ne voulait pas que Jonas ne se demande où il était passé. Même si son ami était Charlie Weasley, il ne devait pas oublier qu'il était avant tout un fidèle du Guide et qu'il pouvait le dénoncer à tout moment s'il le soupçonnait d'appartenir à l'autre camp.

- Fais attention à ton charme de désillusion, indiqua-t-il à Krum avant de partir. Les lycanthropes sentent la magie à des kilomètres et ils vont s'inquiéter si tu t'enfonces trop dans la forêt.

- Je ferrrai attention, promit Krum.

Puis il disparut à la vue d'Elliot. Le jeune espion rebroussa lentement chemin, ramassant des brindilles ça et là. Il n'avait pas très envie de retrouver Jonas et de continuer à jouer la comédie. Le sort de Charlie Weasley l'horrifiait: tout le monde le croyait mort, y compris sa famille, et lui n'avait même pas conscience d'avoir changé de camp et s'être retourné contre eux.

Elliot essayait de s'imaginer ce qui se serait passé si lui-même avait été recueilli par la meute juste après sa morsure. S'il n'avait pas fait la connaissance de Rémus et s'il n'avait pas appris avec lui à dépasser son amertume. Sans doute aurait-il connu un destin similaire: conditionné par une sorte de secte et condamné à se battre contre l'Ordre du Phénix. Pourtant, sa famille avait toujours été opposée à Voldemort et à ses idées de domination. C'était sans doute d'ailleurs pour ça que Fenrir avait décidé de les attaquer lors de l'anniversaire d'Elliot, quand tous les Roberts d'Angleterre étaient réunis au même endroit.

Rempli de ces pensées peu réjouissantes, il ne remarqua pas tout de suite que Jonas l'attendait, adossé à un arbre, son tas de branches posé à côté de lui dans la neige.

- Écoute, commença-t-il comme si la conversation précédente n'avait jamais été interrompue, celui qu'on appelait Charlie Weasley est mort il y a un an et demi. Le Guide a eu la bonté de me transformer et la patience de m'enseigner les préceptes du Grand Fenrir. Je lui dois tout... alors s'il te plaît, ne parlons plus de ça.

Elliot aurait bien voulu protester et l'obliger à reconnaître qu'il ne devait rien du tout à ce manipulateur de Guide, mais il ne voulait pas compromettre sa couverture. Jonas était complètement dévoué au clan et il ne manquerait certainement pas de le dénoncer s'il en disait trop.

- D'accord, céda-t-il. N'en parlons plus.

Jonas le remercia d'un hochement de tête, puis ramassa son tas de bois et se mit en route vers le camp. Elliot lui emboîta le pas de mauvaise grâce. Il avait soudain un mauvais pressentiment et la forêt lui parut plus menaçante que jamais. En chemin, il crut entendre plusieurs fois des cris au loin, mais ce n'était peut-être que son imagination.

°oOo°

- Elliot! Viens! cria Jonas depuis l'entrée de la caverne qui leur servait de chambre.

Elliot avait passé le reste de l'après-midi sur son lit à réfléchir à un moyen de sortir Jonas de là, mais n'en avait trouvé aucun. A moins de l'assommer avec une branche et de le trainer jusque Londres, bien sûr. Il sentait également la pleine lune approcher et ses muscles commençaient à être raides et douloureux. Il n'avait pas oublié de prendre la dernière dose de sa potion Tue-Loup, mais ça ne l'avait pas rassuré. Il lui restait suffisamment de potion pour une autre pleine lune après cela. Il fallait qu'il trouve une solution dans ce laps de temps. Peut-être que Krum et le reste de l'Ordre auraient un plan? Attendre trois jours avant de revoir le bulgare lui semblait insurmontable.

- Qu'est-ce qu'il y a? maugréa-t-il.

- Les chasseurs ont attrapé un espion!

Elliot se releva brusquement, affolé. Un espion? Ce ne pouvait pas être...

- J'arrive! fit-il.

Il courut à la suite de son ami vers la caverne principale, où la cérémonie de la pleine lune allait bientôt commencer. Des feux avaient déjà été allumés partout, y compris à l'extérieur où Elliot put distinguer une grande agitation. A la suite de la dizaine de lycanthropes qui avaient été alertés eux aussi par le cri de Jonas, il sortit et découvrit que le Guide se tenait à côté d'une silhouette à genoux, pieds et poings liés. Avec horreur, il reconnut l'ancien attrapeur bulgare, malgré ses deux yeux au beurre noir et le sang dévalant de son nez, sans doute cassé. Krum était en piteux état et il gémit de douleur lorsque le Guide l'attrapa brusquement par les cheveux pour l'obliger à regarder la foule.

- Cet homme, déclara le Guide d'une voix sentencieuse, a été capturé alors qu'il se promenait sur nos terres, caché par un ridicule sortilège de Dissimulation.

Oh non... pensa un Elliot malade de terreur. Je l'avais prévenu pourtant!

- Il a refusé de me dire ce qu'il faisait là, poursuivit le Guide avec un air furieux, et il s'est scellé la gorge pour qu'il ne puisse pas être contraint à dire la vérité... autrement.

Le Veritaserum... Tous les membres de l'Ordre apprenaient à y résister au cas où ils seraient pris. Cela signifiait que Krum ne l'avait pas dénoncé. Pas encore.

- Je suis sûr que ce sorcier n'était pas là par hasard, cracha le Guide en regardant la foule d'un air mauvais. Il venait y rencontrer quelqu'un!

Un étau compressa les poumons d'Elliot tandis qu'il essayait de paraître calme à l'extérieur. Si Krum n'avait rien dit, on ne pourrait pas le soupçonner n'est-ce pas? C'était son seul espoir de ne pas être découvert. Il fallait que Krum tienne le coup.

Le Guide lui décocha un coup de genou dans le menton à cet instant précis, et Krum tomba par terre. Un chasseur le releva sans ménagement pendant que le Guide s'avançait vers tous les lycanthropes à présent rassemblés devant la scène.

- Désigne-nous ton complice! ordonna le Guide à Krum. Et je te laisserai peut-être la vie sauve.

Un long silence tomba sur le clan. Le Guide dévisagea un à un tous ceux qui se trouvaient devant lui. Lorsque son regard tomba sur lui, Elliot ne garda son calme que grâce à son entrainement d'espion. Le Guide ne parut pas remarquer quoi que ce soit, et passa au suivant. Il sembla à Elliot qu'il s'attardait très longtemps sur Jonas, ce qui l'inquiéta.

Mais soudain, un rire rauque s'éleva. Tous les regards se fixèrent sur Krum, qui toussait et riait en même temps. C'était la scène la plus lugubre qu'Elliot ait jamais vue. Le Guide retourna vers Krum à grande enjambées et le frappa dans le dos pour le faire tomber et arrêter ce rire sinistre. Mais au sol, Krum ne se tut pas:

- Orrrdurrre, ricana-t-il, tu crrrois vrrraiment que tu vas pouvoirrr me fairrre parrrler comme ça? Je ne dirrrai rrrien... Et tu n'aurrras plus jamais confiance en eux...

Le Guide l'attrapa par les cheveux et le releva violemment.

- Dans ce cas, fit-il dans un murmure malsain, je te promets que tu vas souffrir. Ta mort sera tellement atroce que ton complice sera forcé de se dénoncer pour l'éviter.

Un frisson parcourut l'assemblée. Elliot ne savait pas de quoi le Guide parlait, mais il s'attendait au pire. Et ses craintes furent confirmées lorsqu'il vit que les chasseurs attachaient Krum à une racine au centre de la clairière. Des femmes allèrent chercher les torches qui éclairaient la caverne principale et les disposèrent en cercle autour du bulgare. Le Guide revêtit une robe blanche tandis que tout le monde se rassemblait autour de lui et Elliot comprit que la cérémonie de la pleine lune allait être célébrée à cet endroit même. A la lueur des flammes, les lycanthropes parurent dangereusement calmes et déterminés. La lune se lèverait d'ici quelques minutes et Elliot vit que Krum jetait des regards apeurés vers ceux qui l'entouraient désormais.

- Le Grand Fenrir nous regarde, commença le Guide en levant les mains au ciel. Puisse-t-il nous aider à traquer nos ennemis et à les réduire au silence!

- Gloire au Grand Fenrir! cria la foule.

- Les humains ordinaires sont des infidèles! scanda le Guide. Ils méritent de mourir!

- A mort! crièrent plus fort les lycanthropes.

Plusieurs d'entre eux commençaient déjà à sentir les effets de la lune sur leur corps. Ils s'agitaient et accueillaient les prémices de la transformation avec des cris de joie.

- Certains doivent encore prouver leur loyauté! poursuivit le Guide. Qu'ils s'avancent!

Elliot déglutit mais fit un pas en avant avec les autres Dingos. Jonas lui lança un sourire d'encouragement qui lui fit l'effet d'un poignard dans l'estomac. Il comprenait à présent ce qui allait se passer.

- Vous allez faire payer cet infidèle! confirma le Guide, un rictus mauvais lui déformant le visage. Vous goûterez à la chair humaine ce soir!

- A mort! répéta la foule dans un hurlement à moitié animal.

Comme un automate, Elliot se vit hurler avec les autres et lever le poing vers le ciel. Il réfléchissait à toute vitesse à un moyen de se sortir de là en emmenant Krum mais il ne voyait pas comment il pourrait affronter tous les lycanthropes présents. Ils l'arrêteraient avant qu'il ait pu sortir sa baguette. Il pourrait peut-être courir vers Krum et transplaner avec lui, mais c'était suicidaire. Il se doutait que les sbires du Guide avaient placé une barrière anti-transplanage sur toute la forêt.

Tant pis, pensa-t-il avec un soudain détachement, je prends le risque. Je ne dévorerai pas vivant un être humain!

Il serra sa baguette dans sa poche et allait s'élancer quand il croisa le regard de Krum. Celui-ci le fixait comme s'il essayait de lui dire quelque chose. Il indiqua son poing serré dans sa poche et secoua la tête négativement.

Non! comprit Elliot. Tu ne peux pas me demander ça! Tu ne peux pas me demander de te laisser!

Krum répéta son geste plus fermement puis ferma les yeux, résigné, lorsque la pleine lune vint éclairer la clairière. Au milieu du tumulte ambiant, leur échange était passé inaperçu.

Dès que le premier rayon de l'astre nocturne le toucha, Elliot ressentit la douleur fulgurante de la transformation. Ses os se renforcèrent et sa colonne vertébrale se tordit violemment. Il lâcha sa baguette et tomba à genoux. Le hurlement qui sortit de sa bouche n'avait déjà plus rien d'humain. Des poils noir de jais apparurent sur tout son corps, transperçant sa peau comme autant d'aiguilles chauffées à blanc. Sa mâchoire s'allongea et des crocs poussèrent à une vitesse époustouflante. Des griffes aiguisées émergèrent à l'extrémité de ses membres qui étaient désormais des pattes et toutes ses articulations émirent un craquement sinistre. Les quelques minutes que durèrent la transformation lui parurent durer une éternité, puis la douleur reflua. La transformation était terminée.

Avec précaution, il observa les alentours. La plupart des lycanthropes étaient complètement transformés eux aussi. Jonas à côté de lui avait un pelage brun clair parsemé de rouge et reniflait dans sa direction avec méfiance. Soucieux d'agir comme un vrai loup, Elliot baissa la tête en signe de soumission et le loup-garou roux parut accepter son geste. D'un oeil, il observait Krum qui avait toujours les yeux fermés et semblait réciter quelque chose en bulgare.

Sans doute une prière, réalisa Elliot.

Soudain, un énorme loup gris et noir qui devait être le Guide hurla, et tous lui répondirent. Elliot se sentit alors poussé, ainsi que Jonas et les autres Dingos, vers le prisonnier. Ils allaient le faire. Ils allaient les obliger à dévorer Krum vivant.

Que Merlin nous pardonne, fut la dernière pensée d'Elliot avant de se précipiter sur Krum, toutes dents dehors, à la suite des autres Dingos.

°oOo°oOo°oOo°

Ce soir-là, Hermione n'était pas tranquille. C'était la pleine lune et elle pensait à Elliot en rangeant distraitement des bandages propres dans la réserve de l'infirmerie. Elle se demandait comment son ami supportait sa première transformation au sein de la meute et espérait fermement qu'il allait bien. Personne ne lui avait donné d'information à ce sujet et elle avait la désagréable impression d'être tenue à l'écart des affaires courantes de l'Ordre.

Cela faisait une semaine qu'elle s'était évanouie d'épuisement et tout le monde la traitait encore comme une convalescente. Pourtant, elle se sentait bien! Sa crise avait été effrayante mais elle s'en était parfaitement remise. Elle avait encore parfois des sortes de flashs, des images qui passaient devant ses yeux et qu'elle n'arrivait pas à identifier, mais elle n'avait plus de maux de tête et ne s'était plus évanouie. Un bon point pour la potion Énergisante d'Abelforth. Le vieux Médicomage lui avait fait passer tous les examens possibles et imaginables pour déterminer si ses troubles ne venaient pas d'une cause plus grave, mais il était apparu qu'elle ne souffrait de rien d'autre que de fatigue. Cela avait rassuré tout le monde.

Elle avait donc pu reprendre sa place au sein de l'infirmerie et avait ausculté Tonks et Sara. Tout étant normal, elle avait donné sa bénédiction pour que la mère et la fille repartent en Italie au plus vite. Puis la petite vie au Square Grimmaurd avait repris son cours normal. Les derniers blessés du London Eye avaient pu rentrer chez eux et on avait enterré les victimes la veille au matin. Ça avait été une cérémonie émouvante.

Durant toute la journée, Hermione s'était occupée de distribuer les dernières doses de potion Tue-Loup aux loups-garous membres de l'Ordre. Cela n'avait pas vraiment contribué à détourner ses pensées du danger qu'encourait son ami. Même si elle savait qu'Elliot avait un talent naturel pour se lier avec n'importe qui, elle redoutait d'apprendre qu'il avait été découvert.

Distraite par ses pensées inquiètes, elle laissa tomber plusieurs bandages par terre. Les bouts de tissus se déroulèrent et ce fut bientôt l'anarchie sur le sol de la réserve. Hermione jura, plus par lassitude que par colère, et se baissa pour ramasser ce désordre. Mais une main la devança:

- Tant de vulgarités dans la bouche d'une Gryffondor! fit Drago Malefoy avec un sourire moqueur. Tu caches bien ton jeu, ma chère...

- Tu n'es pas sensé rester dans ta chambre, toi? répliqua-t-elle sur le même ton.

Le Serpentard ne répondit pas tout de suite, mais il l'aida à ramasser les dernières bandes et à les remettre en place.

- Il est 21 heures, il n'y a plus personne dans l'infirmerie, indiqua-t-il une fois la tâche achevée. J'ai bien de le droit de sortir pour saluer mon infirmière préférée tout de même!

- Je suis Médicomage, pas infirmière! protesta-t-elle, sans pouvoir s'empêcher de rougir sous ce compliment déguisé.

Depuis quelques jours, depuis son évanouissement en réalité, elle sentait que le comportement de Drago avait changé. Il ne paraissait plus si abattu par sa condition de Cracmol et ne lui faisait plus sentir qu'il lui en voulait. Il était également moins amer et ses piques étaient plus drôles que méchantes: il avait retrouvé la morgue typique de la maison des serpents. Mais ce qui la perturbait plus, c'était sa façon d'agir avec elle. Il la... troublait. C'était le mot. Elle avait l'impression qu'il cherchait toujours l'occasion de la désarçonner.

- Ah oui c'est vrai, les infirmières ont un uniforme sexy, elles!

- N'importe quoi! pouffa Hermione.

Elle se détestait de glousser à ses blagues puériles, mais elle devait reconnaître que son humour grinçant la faisait souvent rire.

- Thé? proposa-t-il en voyant qu'elle avait terminé sa tâche de rangement.

- A cette heure-ci? Il est un peu tard pour un thé, non?

- Dans ce cas, grand-mère prendra une infusion! se moqua-t-il en se dirigeant vers l'escalier.

Avec un haussement d'épaules vaincu, elle le suivit et descendit avec lui jusqu'à la cuisine. Ils ne croisèrent personne en chemin. Ginny était dans sa chambre, probablement avec Harry, les Weasley rendaient visite à Bill en Australie, et les autres membres de l'Ordre ne vivaient pas au quartier général en permanence. C'était reposant d'avoir un peu de calme dans cette maison qui bruissait d'activité d'habitude.

Hermione prit un vieille bouilloire cabossée et entreprit de faire chauffer de l'eau. Drago s'éclipsa quelques secondes, puis revint avec une bouteille à la main.

- Il ne t'a pas fallu longtemps pour trouver la réserve des Black. remarqua-t-elle en constatant qu'il s'agissait d'une bouteille de cognac.

- Avec ça tu n'auras pas de problème pour dormir, se justifia-t-il.

Elle le laissa sortir les tasses pour le thé et s'occupa de sa bouilloire. Une fois l'eau prête et le thé infusé, elle s'assit en face du Serpentard et le regarda verser une lampée d'alcool dans leurs tasses.

- Santé, murmura-t-il en rebouchant la bouteille.

Ce n'était pas mauvais. Le breuvage avait même quelque chose de réconfortant.

- Alors, des nouvelles de Rowena? demanda Drago après un instant de silence. Tu lui as écrit ce que je pensais de son histoire?

- Je ne pense pas qu'elle aurait apprécié de se faire traiter de mythomane déséquilibrée, répliqua Hermione en souriant. Je lui ai seulement demandé la suite de son histoire et je n'ai pas encore eu de réponse.

- Dix Gallions qu'elle nous révèlera qu'Helga Poufsouffle était une harpie hyponcondriaque!

Hermione secoua la tête en riant. Bien sûr, l'histoire que leur racontait l'auteur de ces lettres était incroyable, mais elle sentait de plus en plus que c'était la vérité, aussi horrible soit-elle.

- Je me demande pourquoi elle nous a parlé de son porteur, dit-elle. D'accord, ça explique pourquoi elle ne peut pas nous raconter toute son histoire d'un coup puisqu'elle doit prendre possession de quelqu'un pour pouvoir écrire. Mais je n'aime pas ça, ça me rappelle un peu trop le principe d'un Horcruxe. Et surtout, qui est ce fameux porteur?

- Elle n'avait pas parlé d'un de ses descendants? remarqua Drago. Rien ne nous dit que cette possession est le fait d'un Horcruxe.

- Oui mais si c'est réellement Rowena qui nous écrit, je te rappelle qu'elle est morte depuis mille ans! Je ne vois guère que la magie noire pour réaliser cette prouesse!

Drago secoua la tête.

- Si ce que cette cinglée a écrit est vrai, elle connaissait un type de magie complètement oublié. Peut-être que la Magie du Sang est plus puissante qu'on ne le pense.

Hermione grogna, bien obligée de reconnaître que le raisonnement du Serpentard n'était pas dénué de sens. Ils terminèrent leur thé corsé et elle les resservit. Drago fut moins généreux avec le cognac:

- Même si l'idée de te voir saoule me séduit beaucoup, expliqua-t-il, je ne voudrais pas te rendre malade.

La Gryffondor grogna une deuxième fois et attrapa la bouteille.

- Je ne suis plus une petite fille, merci.

Il essaya de lui reprendre la bouteille mais elle la tint hors de sa portée. Avec un sourire machiavélique, il se leva et se pencha au dessus de la table pour essayer une nouvelle fois de lui dérober son bien. Comprenant son intention, elle se leva à son tour en riant et s'éloigna de quelques pas.

- Hé! C'est ma bouteille! protesta-t-il en ne pouvant cacher totalement son sourire.

- Viens la chercher alors! le provoqua Hermione.

Elle ne savait pas vraiment comment ce jeu avait commencé mais elle sentait que le cognac devait y être pour beaucoup dans son audace. Drago sembla relever le défi et contourna la table avec un air de prédateur. Elle ne le laissa pas approcher et s'éloigna rapidement. Mais c'était sans compter sur les réflexes d'attrapeur du Serpentard. Arrivé à un coin, il la surprit en sautant agilement par dessus la table en s'aidant seulement d'une main, et lui attrapa le bras. Elle essaya de bouger mais elle riait tellement qu'elle n'avait pas la force d'échapper à la poigne du jeune homme.

- Je croyais que tu étais encore en convalescence! parvint-elle à dire au milieu des rires. Tu n'es pas sensé faire d'efforts brusques!

- Comme si t'attraper me demandait des efforts, ricana-t-il en l'emprisonnant avec son bras droit tandis que son bras gauche essayait en vain d'attraper la bouteille qu'Hermione gardait à l'abri contre elle.

Ce faisant, ils étaient maintenant collés l'un à l'autre. Hermione sentit ses joues s'empourprer mais n'avait plus tellement envie de se dégager. Alors Drago changea de tactique et commença à la chatouiller pour lui faire lâcher prise.

- C'est pas du jeu! s'exclama-t-elle.

- Je n'ai jamais dit que c'était un jeu, se contenta de répondre le Serpentard.

Un toussotement gêné interrompit net leur simili combat. Ils se tournèrent d'un même mouvement vers la porte, découvrant une Ginny qui paraissait mortifiée de les avoir dérangés, et se détachèrent immédiatement l'un de l'autre.

- Désolée... fit Ginny avec une moue sincère.

Hermione vit du coin de l'oeil que Drago fusillait la rouquine du regard. Elle-même se sentait légèrement frustrée.

- Il y a un hibou dans ta chambre Hermione, expliqua Ginny. Il faisait un bruit pas possible depuis une demi-heure à ta fenêtre mais il refuse que je prenne le parchemin qu'il transporte.

Immédiatement, Hermione pensa à Rowena Serdaigle. C'était sans doute sa réponse.

- J'y vais, déclara-t-elle en déposant la bouteille sur la table.

Elle monta les escaliers quatre à quatre avec Ginny, laissant Drago ranger le désordre qu'ils avaient mis dans la cuisine. Son amie eut la délicatesse de ne poser aucune question et elles grimpèrent la dernière volée d'escaliers vers leurs chambres mitoyennes en silence. Arrivée sur le palier, Hermione vit que Harry les attendait, adossé au chambranle de la porte de la chambre de Ginny.

- Ton hibou est plutôt sauvage, l'apostropha-t-il.

- Ce n'est pas le mien, c'est celui de... Neville! mentit-elle.

Après tout, il arrivait qu'elle échange des informations avec le botaniste sur diverses plantes médicinales. Cependant, son ami avait l'air sceptique.

- Avec Neville... répéta-t-il.

Mais Ginny intervint, comme pour se faire pardonner de son intrusion précédente:

- Oh laisse-la tranquille! Elle a le droit de recevoir du courrier, non? Allez, viens.

Elle prit la main de son petit ami avec autorité et l'obligea à rentrer dans la chambre à sa suite. Hermione se dirigea vers sa propre chambre et trouva un petit hibou gris clair, sagement posé sur son bureau. L'oiseau attendit patiemment qu'elle arrive à sa hauteur pour lever la patte et lui présenter la lettre qu'il transportait. C'était bien l'écriture de Rowena Serdaigle.

De retour dans la cuisine, elle vit que le Serpentard avait fait disparaître les tasses de thé et la théière, pour les remplacer par deux verres bien tassés de cognac. Au regard qu'elle lui lança, il répliqua seulement:

- Si je suppose bien et que c'est une lettre de Rowena, je crois qu'on va en avoir besoin.

Alors, Hermione déroula le parchemin et s'assit à côté de Drago pour partager la lecture.

Chère Hermione,

Je ne peux malheureusement pas encore vous révéler qui vous envoie ces lettres, en réalité. Mon porteur courrait un trop grand danger si la nouvelle de son existence venait à des oreilles mal intentionnées. Je ne peux que vous assurer que je n'utilise aucune Magie Noire pour prendre possession de sa main et vous conter ma vie.

Ma rencontre avec Helga Poufsouffle fut le début d'une amitié comme je n'en connus jamais plus. Nous fîmes connaissance un soir dans une auberge de Leeds quand un moldu passablement éméché eut la mauvaise idée de s'attaquer à moi. Ce fermier, venu en ville pour négocier ses produits avec divers commerçants, avait prévu de rester une huitaine à l'auberge dans laquelle je séjournais. Bien que je ne me liais pas avec les autres clients, il me remarqua dès le premier jour et commença une cour assidue. Un soir, alors qu'il avait consommé trop d'hydromel, l'ivrogne crut qu'il pouvait me prendre par la force alors même que j'avais repoussé ses avances jusque là. Mal lui en prit: je l'immobilisai d'un simple sort, et d'un second mouvement de baguette je lui ôtai toute envie de recommencer à l'avenir.

Peu de gens étaient présents dans la salle commune de l'auberge, et je leur effaçai la mémoire avant qu'ils ne puissent alerter quiconque. Mais je n'avais pas remarqué qu'une jeune femme avait assisté à toute la scène depuis l'escalier et qu'elle avait compris que j'étais une sorcière comme elle. Lorsque je regagnai ma chambre, elle m'attendait, assise sur mon lit. Elle ne dit pas un mot de la scène qu'elle venait de voir mais me montra simplement sa baguette magique. Je sus alors que j'avais une alliée.

Helga m'apprit qu'elle était dans la région pour acheter des herbes rares. C'était une petite sorcière rousse qui venait d'un village écossais nommé Drumnadrochit, sur la rive ouest du Loch Ness. Sa famille n'était pas aussi noble que la mienne, mais ils possédaient un château au bord du Loch et une bonne partie des terres de la contrée. En outre, ils étaient les plus grands éleveurs au monde de Kelpys domestiqués (3). Helga était une sorcière puissante, déjà à cette époque. Elle excellait dans la préparation des potions et dans l'invention de nouveaux sortilèges, tandis que moi je passais le plus clair de mon temps à lire toutes sortes de grimoires. Nous étions dissemblables, mais j'admirais sa bonne humeur et sa faculté à communiquer avec autrui, même avec moi. Les coups du sort m'avaient rendue méfiante envers les autres, mais Helga usa de patience et de gentillesse pour m'approcher. Cela fonctionna, nous devînmes amies.

Quelques semaines plus tard, elle me proposa de la suivre dans son périple pour trouver des ingrédients toujours plus rares pour ses potions. Après Leeds, nous allâmes à l'ouest, vers Manchester, puis la côte, l'Irlande, la Scandinavie, le reste de l'Europe. Nous visitâmes de nombreux villages et rencontrâmes d'autres sorciers qui nous permirent d'enrichir nos connaissances. L'argent n'était pas un problème à cette époque, Helga subvenant à nos maigres besoins. Durant ces années de découvertes, je lui cachai une partie de mon histoire, parce que je ne voulais pas perdre la seule véritable amie que le destin m'avait envoyée. Je continuai donc à m'abreuver de sang humain pour renforcer mes pouvoirs, tout en couvrant mes actions avec d'infinies précautions. Malgré cela, je pense qu'elle devait se douter de quelque chose, mais elle n'en eut la confirmation que bien plus tard.

Au cours de nos multiples voyages, nous nous approchâmes plusieurs fois de Pré-au-Lard, mais je trouvais toujours un prétexte pour nous en éloigner et ne pas risquer de rencontrer les Serpentard de nouveau. Un jour, je prétendis que j'avais envie d'assister à un véritable duel de sorciers afin de diriger nos pas vers la ville de Sheffield, légendaire pour ses joutes, et ainsi nous détourner du village maudit. Paradoxalement, ce fut cette diversion qui nous permit de rencontrer Godric Gryffondor.

Godric était l'un des duellistes les plus doués de l'époque. Il défaisait ses adversaires avec une aisance et un charisme imbattables. Nous assistâmes à plusieurs de ses combats et l'encourageâmes avec enthousiasme. Helga paraissait très sensible au charme de cet homme originaire du North Yorkshire et je dois avouer que je n'étais pas non plus indifférente à ses yeux verts et à sa carrure solide. Un soir, après une joute, nous l'abordâmes donc timidement pour le féliciter de sa dernière victoire. Ce fut ainsi la toute première fois que je pus discuter avec l'homme dont je détruisis la vie.

Rowena Alienor Donatienne Serdaigle

La cuisine du Square Grimmaurd ne resta pas silencieuse très longtemps après cette lecture:

- Quel âge avaient-elles à cette époque, à ton avis? demanda Drago.

- Je ne sais pas... 24... 25 ans, j'imagine. D'après la légende, les fondateurs ont commencé à construire Poudlard alors qu'ils étaient au milieu de la trentaine. Pourquoi cette question?

Drago haussa les épaules:

- Je sais que Rowena n'avait pas de parents pour la contraindre, mais je trouve bizarre que la famille Poufsouffle ait laissé Helga voyager comme ça toute seule, et ne l'ait pas obligée à se marier.

C'était effectivement une question pertinente.

- Il me semble avoir lu quelque part qu'Helga était entrée dans les ordres de Merlin et avait fait voeu de chasteté. C'était assez courant à l'époque, d'autant plus qu'elle était la troisième née de la famille.

- On dirait qu'Helga n'a pas vraiment suivi ses voeux, si elle est tombée amoureuse de Gryffondor... ricana Drago.

- On n'en sait rien, répliqua Hermione. Rowena a l'air de dire qu'il s'est passé quelque chose entre elle et Godric. On ne le saura pas avant la prochaine lettre.

Sans prévenir, Drago tapa du poing sur la table et la fit sursauter.

- Je ne sais pas toi, gronda-t-il, mais moi j'en ai marre de suivre les aventures de Rowena Serdaigle et de devoir attendre le prochain épisode sans apprendre quoi que ce soit de valable pour détruire l'Horcruxe!

- On ne peut rien y faire! protesta Hermione.

- Si! Tu vas lui écrire et lui dire qu'elle a intérêt à accélérer la cadence et à nous dire tout ce qu'elle sait sur son pendentif!

Ses traits étaient décidés et il dégageait une résolution qu'elle trouva extrêmement séduisante. Elle n'avait que peu d'occasions de voir son côté fonceur, lui qui semblait toujours si calculateur. La plupart du temps, sa spontanéité ne servait qu'à l'opposer à Harry ou Ron. Le voir se battre pour une cause importante était nouveau. Et cela plaisait à Hermione.

Sans vraiment prévoir ce qu'elle allait faire, elle posa sa main sur le poing serré du jeune homme, et lui dit:

- Calme-toi. Je vais lui demander de nous donner plus de précision sur l'Horcruxe, d'accord?

Le Serpentard parut se détendre. Il ouvrit lentement le poing et enlaça les doigts d'Hermione timidement, en évitant son regard. La jeune femme sentit son coeur s'emballer à ce contact mais ne fit rien pour l'empêcher. Ils restèrent ainsi plusieurs minutes, main dans la main, fixant des directions opposées, écoutant seulement le souffle régulier de l'autre. Puis Hermione rompit cet instant étrange et détacha ses doigts des siens avec regret, en disant:

- Il est tard... je vais me coucher.

Le Serpentard hocha la tête et attrapa son verre où paressait un fond de cognac. Avant de le vider, il murmura:

- Bonne nuit Hermione.


(1) Soit environ 500 livres ou 725 euros.

(2) Le dingo est un chien sauvage d'Australie, il descend vraisemblablement de loups prédomestiqués par l'homme puis retournés à l'état sauvage.

(3) Le Kelpy est un démon des eaux que l'on trouve le plus souvent en Grande-Bretagne et en Irlande. Il peut prendre différentes formes bien qu'il apparaisse le plus souvent sous l'apparence d'un cheval à la crinière constituée de joncs. Lorsqu'il parvient à attirer un humain, il plonge avec lui et le dévore. Le plus grand et plus célèbre Kelpy du monde est le monstre du Loch Ness que l'on confond souvent avec un serpent de mer


CECI EST UN MESSAGE POUR LA PROMOTION DES FANFICTIONS:

De nombreux auteurs talentueux constatent qu'ils ont des lecteurs mais très peu de commentaires (reviews). Ils sont venus sur ce site pour partager leurs histoires avec vous mais ils ont l'impression d'écrire dans le vide et, découragés, certains arrêtent de publier. On prend donc le risque de voir baisser la qualité des histoires sur ce site! Amis lecteurs, VOS commentaires peuvent faire la différence! Alors, si vous en ressentez l'envie, ne soyez pas timides, osez donner votre avis ou simplement encourager les auteurs! Vous pouvez aussi rejoindre le FIC, le Front d'Incitation aux Commentaires (lien du forum dans mon profil) et diffuser cet appel auprès de vos lecteurs ou des auteurs que vous commentez.

Je précise que je ne relaie pas ce message pour recevoir personnellement plus de reviews! J'ai la chance d'avoir des lecteurs fidèles avec qui j'adore échanger mes points de vue. Mais pensez-y: pour écrire une histoire intéressante, on a besoin d'encouragements! Alors, faites un effort et reviewez les histoires que vous lisez! Les auteurs vous remercieront.


Alors, qu'avez-vous pensé de ce chapitre? La partie sur les loups-garous a été sacrément difficile à écrire, donc j'espère que l'histoire d'Elliot vous a passionné. J'espère aussi que vous avez aimé voir Drago et Hermione se rapprocher lentement (même si je suis sadique et que c'est pas encore gagné) et que l'histoire de Rowena Serdaigle vous plait toujours autant!

Dans le prochain chapitre: Ron et Grace apprennent à mieux se connaître, Harry dévoile sa stratégie pour vaincre Voldemort et on reçoit des nouvelles de Death Opter. De très mauvaises nouvelles.

Une petite review pour me féliciter d'avoir publié ce chapitre aussi vite? Ou pour me crier dessus pour avoir la suite? N'oubliez pas que j'y réponds toujours juste avant de publier le chapitre suivant, donc ça peut prendre un peu de temps.

A bientôt,

Loufoca

(Update: 11 juin 2012)