Ne pas s'attacher.
La règle numéro une pour survivre aux zombies, pas vrai ? Donc, est-ce que cela devrait me déranger si à chaque fois que je le regarde, ce sentiment écrasant d'assuétude se répand jusque dans mes os ? Et que je peux sentir cette même surcharge de dépendance venant de sa part ?
Depuis quand était-il devenu aussi dépendant de moi ? Quand étais-je devenu ainsi envers lui ? Il y a moment où je me suis demandé si je pouvais vivre dans un monde sans Levi, et... je ne pense pas en être capable. Il m'avait peut-être fallu plusieurs expériences de mort imminente, mais je réalise enfin que j'ai autant besoin de lui qu'il a besoin de moi. Et cela me fait peur. J'ai foutrement peur qu'à tout moment il disparaisse, et que je me retrouve seul. Je veux le lui dire, lui expliquer d'une façon ou d'une autre ce sentiment fait rage dans mes tripes mais la précarité de la situation pend au-dessus de ma tête comme un verre au bord d'une table.
« Ne va pas te blesser. » Levi me regarde du coin de l'œil, ses mains repoussant rapidement le buisson devant nous. Cela fait un moment que nous marchions dans la forêt. Je ne sais pas depuis combien de temps exactement parce qu'encore une fois, je n'ai aucune notion du temps, soleil et lune comme seuls repères.
Sa déclaration me fait buter sur mes mots. C'est impossible que je sois aussi transparent. « Q-quoi ? » Très fin, Jaeger.
« On dirait que ton cerveau a finalement conclu que tu étais une cause perdue. » Je lui lance un regard noir, car je sais que rien de ce que je dirais n'aura de réel mordant. Je veux haïr le fait qu'après tout ce que nous avons traversé, Levi reste un connard mais je suppose que ça fait simplement parti de son charme. Attendez, de quoi ? Je commence à être du même avis que cet enfoiré, parce que y'a pas moyen qu'une personne normale qualifie Levi de... charmant. Seigneur, non. « Je te demanderais bien pourquoi tu te chies dessus, mais je ne pense pas vouloir vraiment le savoir. »
Non. Non, tu ne le veux pas.
« C'est rien. » Et merde, si ça c'était pas la pire excuse de tous les temps. Mais Levi n'insiste pas, il se contente de redresser un sourcil devant ma fuite flagrante. Je lui envie sa faculté à passer aussi facilement à autre chose. Si les rôles étaient inversés, je l'aurais probablement harcelé jusqu'à ce qu'il me réponde ou que j'aie sa botte au cul.
Une sorte de silence confortable s'installe entre nous, le seul son étant le craquement des feuilles sous nos bottes. C'est agréable. La capacité de se sentir autant à l'aise en pleine fin du monde. Peut-être que je devrais m'inquiéter. Peut-être que je ne devrais pas me faire à quelque chose de si vague et imprévisible. Ce sentiment de satisfaction pouvait facilement m'éloigner du chemin de la sûreté et de la sécurité mais à l'heure actuelle, je n'en ai vraiment rien à foutre.
Un coup sec sur mon épaule me fait comprendre que je devrais probablement m'en faire.
« Eren, n'es-tu pas excité ? » Hanji me regarde à travers ses culs-de-bouteille avec un sourire qui s'étend sur la moitié de son visage. Je veux l'interroger sur la raison pour laquelle elle n'était pas plus abattue du fait d'avoir perdu son foyer, mais je suppose qu'il s'agit simplement de Hanji. Elle ne semble pas être le genre de personne à pleurer la perte de choses banales. Même si perdre ton lieu de vie n'est pas vraiment banal... Je ne m'attendais pas à autre chose néanmoins. C'était comme si son cerveau avait été programmé pour oublier que nous vivions actuellement la World War Z. La seule chose dont je l'avais entendue se plaindre depuis mon réveil c'était d'avoir dû laisser ces fichues têtes de zombie derrière elle. Ça, par contre, ça n'aurait pas dû me surprendre.
« Je suppose. Je veux dire, tout ça pourrait se terminer dans ce cas, pas vrai ? » La femme boit pratiquement mes mots, ses yeux tiquant d'une excitation contenue. Erwin l'avait avisée de faire moins de bruit après qu'elle ait attiré une petite hordes de zombie avec ses cris.
« Oui ! Je– »
« Et c'est le signal comme quoi il faut que je m'éclipse. Amuse-toi bien, gamin » Levi m'abandonne aux loups tandis qu'il ralentit pour marcher à côté de Mike. En regardant ces deux-là, je peux dire qu'ils n'avaient probablement jamais échangé plus de deux mots. C'est presque drôle combien ils ont l'air satisfait du silence de l'un et de l'autre. Je peux comprendre pourquoi Levi ne s'était jamais plaint de l'homme, et je ne sais vraiment pas pourquoi il ne traîne pas avec lui plus souvent. Il est évident que cela serait mieux que traîner avec un ''petit merdeux'' comme moi.
Hanji continue comme si elle n'avait jamais été interrompu, « Je crois qu'il y a de bonne chance pour que ça puisse aider à sauver la race humaine. Les dossiers qu'on a déniché montraient que les rôdeurs ont littéralement perdu tout leur désir de se nourrir. Alors, tu peux imaginer les effets sur quelqu'un qui ne se serait pas complètement transformé ? » Elle parle si vite que je n'ai pas le temps de répondre à sa question avant qu'elle ne reprenne à nouveau. « Ma théorie est que ton sang agit comme une sorte de globule blanc amélioré. Une fois qu'il est injecté, il identifie le virus dans le sang et l'élimine. C'est probablement pour ça qu'à la base, tu ne t'aies pas transformé. Donc merci aux globules blancs de ton sang, Eren ! »
« Euh...merci ? » Hanji me rappelle que j'étais comique dans une vie antérieure, des larmes se formant dans le coin de ses yeux alors qu'elle rit.
« Tu... Je... » Elle reprend enfin son souffle, « J'aurais aimé t'avoir connu avant ça. » Un nuage soudain se forme au-dessus de nous, gris et empli de chagrin. Je doute que ce c'était le but de Hanji d'assombrir l'ambiance ; mais il est là maintenant, planant au-dessus de nos tête comme un rappel fatal du passé. C'est bizarre de repenser à ma vie avant ça. C'est comme si j'étais né à nouveau lorsque l'apocalypse avait frappé. Bien sûr, je suis toujours le même petit con borné que l'on envoyait constamment passer ses après-midis en colle sous l'œil attentif de Keith Shadis mais j'ai également beaucoup changé. Aussi cliché que cela puisse paraître, je ne tiens plus les choses pour acquises. Je ne peux pas tenir les choses pour acquises. Si j'ai bien appris quelque chose dans le camp militaire zombie, c'était que vous pouviez et que vous alliez perdre des chose que vous aimez. Que ce soit des possessions, des souvenirs, des personnes. Quelque chose finit un jour par vous être arraché des mains et ne vous sera jamais retourné.
Hanji méprend mon silence pour de la colère, et elle s'excuse aussitôt. « Je suis désolée, Eren. Je ne voulais pas évoquer le passé. C'est juste que... je suis sérieuse. Je suis certaine que nous aurions été les meilleurs des amis. » Elle m'offre un petit sourire, essayant d'apaiser la tension avec ses excuses.
« C'est pas grave, Hanji. Je ne suis pas fâché... C'est juste dur de repenser à tout ce que j'ai perdu. » Son sourire faiblit, essayant de dissimuler la culpabilité qui se dessine dans ses yeux. Elle détourne le regard, choisissant de se focaliser sur les feuilles qui sont mutilées sous ses bottes. Je sais qu'il y a autre chose qu'elle voudrait me dire, mais l'incertitude imprègne ses mouvements.
Finalement, elle soupire, refusant toujours de croiser mon regard. « J'ai perdu quelqu'un aussi. » Mes yeux s'écarquillent, mes mains se serrant autour des bretelles de mon sac-à-dos. « On ne s'est jamais marié, mais il était pour moi ce qu'il avait de plus proche d'un mari. » Je ne dis rien, laissant simplement mon silence parler de lui-même. « On s'était rencontré à la fac. On avait le même cours de sciences, et on nous avait désigné partenaires de labo. J'adore improviser, donc évidemment, je ne voulais jamais m'en tenir aux règles du labo. Il essayait toujours de me dissuader de faire mes "expériences de dingue". Elle se met à rire en se remémorant l'histoire. Cela ne sonne toutefois pas creux ou vide, mais plein de vie.
« Un jour, je me suis sentie particulièrement aventureuse, j'ai donc décidé de mélanger quelques produits chimiques en plus et BOOM ! J'ai cru que je l'avais tué. Il a dû être conduire d'urgence à l'hôpital pour des brûlures chimiques, et à ce moment j'ai regretté toutes les fois où j'ai ignoré ses supplications de m'en tenir aux instructions. Je suis arrivée à l'hôpital pour apprendre qu'il ne souffrait que de brûlures légères, et que le seul dommage collatéral était ses sourcils. Je suis rentrée dans sa chambre et je me suis mise à chialer comme une madeleine en le suppliant de me pardonner. Et tu sais ce qu'il a fait ? Il a rit, et m'a dit que je pouvais le dédommager en dînant avec lui. » Des larmes silencieuses ont commencées à couler sur ses joues, mais elles ne sont pas pleines de regrets. Bonheur. Elles renferment de la joie, de l'amour. Des mots qui semblent presque obsolètes aujourd'hui.
« Il est mort environ une semaine après que l'infection soit apparue. Il s'est jeté devant un rôdeur pour me sauver. Je n'ai jamais pu lui dire merci ou au revoir, mais je ne pense pas en avoir eu besoin. Moblit savait que je l'aimais, et c'était tout ce qui importait. » Je ne sais pas quoi dire. Est-ce que je dois dire quelque chose tout court ? Cela me semble trop personnel, trop réel pour que je commente là-dessus. Je ne dis donc rien. Je me délecte simplement de la présence de Hanji. Cette femme brave et folle qui en a traversé tant, mais qui affiche toujours un sourire sur son visage comme si tout allait bien. Mais ce n'est pas le cas. C'est tout sauf le cas. Mais elle ne se laissera pas penser ça et d'une certaine façon, je suis jaloux. Jaloux de sa capacité à surmonter, à aimer ? Je ne suis pas certain. En tous cas, je réalise que je l'ai sous estimée.
« Désolé si c'est trop pour toi, je voulais juste te faire savoir que tu n'es pas le seul à avoir perdu un être qui lui est cher... Merde, je pense que chacun d'entre nous a perdu quelqu'un à un moment. Mais c 'est pour quoi que les humains sont des créatures si incroyable, Eren. Parce qu'on va de l'avant. » Elle croise mon regard et sourit, un grand et lumineux sourire. Les larmes ont depuis longtemps séchées sur ses joues, laissant des traînées le long de son visage. Je sens mes lèvres s'étirer de la même façon et pour une fois, le poids de mes pertes ne me semble pas si lourd.
La sensation du feu contre ma peau est réconfortante, une arme suffisante pour combattre le froid de l'automne qui allait croissant. Je ne crois pas jamais avoir été si reconnaissant de la prévenance de Levi jusqu'à maintenant. S'il n'avait pas été là, je serais en train de m'asseoir devant les flammes à moitié nu et probablement en train de mourir d'hypothermie. J'enroule mes bras plus étroitement autour de ma veste de chasse marron, me délectant de cette chaleur supplémentaire.
Je suis dans mon premier tour de garde, même si en réalité, tout le monde semble partager ce tour de garde avec moi. Étant donné qu'ils sont tous endormis et seulement à quelque pas de moi allongés dans la terre. Nous ne sommes plus en possession de tentes donc nous devons nous contenter du sol, ce qui est ''foutrement dégueulasse'' selon Levi. Cela ne me dérange pas cependant. Je suis toujours content d'être libéré de Stohess. Dans le silence, mon esprit s'interroge, se demandant comment les choses auraient pu se terminer. Si je n'avais pas sauvé Levi, est-ce que Zackly m'aurait tué ? Je veux dire que oui mais connaissaient ce tordu de connard il m'aurait probablement gardé en tant qu'animal de compagnie à torturer et à tourmenter. Je frissonne à la pensée d'être à nouveau à la merci de ce fou.
J'entends un bruissement ; et avant que je m'en rende compte, Levi a pris siège à côté de moi sur le rondin. Je peux à peine le voir, son profile étant faiblement éclairé par le feu mourant. En parlant de ça, je devrais probablement ajouter un peu de bois à moins que nous voulions nous réveiller en abominables hommes des neiges. Il ne dit rien au début, s'imprégnant simplement du silence satisfaisant que nous semblions avoir créé.
« J'arrivais pas à dormir. » De toute évidence. Je soupire, car je n'ai jamais été doué pour ce genre de bavardage. Le silence commence à mal tourner, se muant en quelque chose d'embarrassant et qui n'a pas lieu d'être.
Merde.
« Euh... c'est embêtant. » Bordel. Pourquoi est-ce que parler est aussi difficile ? Depuis quand mon corps avait-il décidé de revenir en sixième ? Putain de merde. Avec n'importe qui d'autre, cela ne m'aurait posé aucun problème. C'est uniquement un certain connard aux cheveux noirs qui semble me rendre plus muet qu'un commissaire-priseur dyslexique.
Levi s'éclaircit la gorge, suffoquant manifestement dans l'embarras dont je suinte. « Comment va ton dos ? » Ma respiration coince dans ma gorge, parce que je voulais vraiment faire comme si tout ça n'était jamais arrivé. Les blessures mentales étaient plus douloureuse que les physiques. Maintenant qu'il en a parlé, la seule image qui se jouait dans mon esprit était Levi agitant le fouet au-dessus de sa tête. Encore et encore. Cela me rend malade. J'enrage. Je veux réveiller Erwin et demander à savoir pourquoi il ne nous a pas prévenu que Zackly planifiait d'utiliser Levi contre moi mais à quoi bon ? En connaissant cet homme, il aurait déjà une réponse toute prête pour moi. Une qui me ferait me sentir stupide de l'avoir interrogé en premier lieu.
« Ah, ça va . Je veux dire, Hanji y a mis des bandages et apparemment, ces salopards à Stohess y avait mis une sorte de crème dessus. » Levi laisse échapper un souffle que je ne savais pas qu'il retenait. Il semble... soulagé. Je sais qu'il s'en veut, et je réalise qu'il n'y a rien que je puisse dire pour lui enlever sa culpabilité. Il fixe attentivement le feu, ses pensées perdues dans les flammes. Cela va le tuer, cette contrition. Et merde, j'ai presque failli le perdre une fois, que je sois maudit si c'est ça qui le bute.
Je cogne mon genou contre le sien, essayant le tirer de sa stupeur pleine de culpabilité. Il jette un coup d'œil vers moi, ses yeux tombants fatigués et las. Je lui souris dans l'espoir que cela tire une émotion au plus profond de lui qui ne pue pas la honte. Mon plan fonctionne tandis qu'il lève les coins de sa bouche en un demi-sourire satisfait.
« Je suis content, moi aussi. » Mon sourire faiblit tandis que mon expression se change doucement en confusion. « Que ce soit moi qui t'aies trouvé. »
Ah, ça.
Je dois détourner les yeux alors que la température de mes joues commence à grimper. Ce n'est pas comme si je voulais qu'il oublie les choses que j'avais dites, car moi je ne les avais pas oubliées. C'est la dernière chose dont j'avais envie. J'avais juste espéré qu'ils pourraient, peut-être, être comme un manuel d'instruction. Vous savez, ceux que vous avez juste là mais que vous ne lisez jamais. J'aurais dû savoir que Levi ne me laisserait pas occulter quelque chose d'aussi... fort. Je veux dire, merde, je ne sais pas comment il a pris ces mots mais manifestement ils avaient eu un certain impact sur son cœur.
J'essaie de parler, mais mes pensées font s'enliser mon discours, « Je... c'est juste que... » Je vais contre ce que mon esprit me dit, et je cherche le regard de Levi. Au lieu du petit sourire narquois que je m'attends à voir orner son visage, je rencontre à la place un air inquiet, anxieux. Il croit que je ne le pensais pas. Et maintenant il croit m'avoir acculé à un hypothétique mur, sans aucune échappatoire. Et... et ce n'est pas du tout ça. Comment aborder ça exactement ? Comment lui dire la vérité ? Lui dire que je ne sais pas ce qu'est cette satanée douleur dans ma poitrine, mais qu'elle apparaît chaque fois que ses yeux croisent les miens. Non... merde, ça sonne atrocement mièvre. J'aurais vraiment dû prendre conscience que les comédies romantiques n'allaient pas m'aider dans la vraie vie.
Tout en prenant une profonde inspiration, je commence à dire, « Je... je le pensais. » Sa respiration se noue tandis qu'il soutien mon regard. J'aimerais qu'il m'interrompe, car je peux dire que cela va être une de ces occasions où ma bouche n'a aucun filtre. « Chaque mot. Je les ai tous pensé. Tu... tu ne sais pas comment je me sentais là-bas. À me dire que d'une minute à l'autre Zackly allait me mettre une balle dans la tête, et que je... et que je ne te reverrais plus jamais. Je veux dire, j'ai été un trou du cul. » Je baisse les yeux et je poursuis. « J'ai été un trou du cul. Mais... mais il y avait tellement de chose que je voulais te dire, tellement que je voulais que tu me dises. Et merde. Je me sentais juste comme si j'avais gaspillé tout ce temps précieux à être un con alors que j'aurais pu être un ami. Donc, ouais... »
Eh bien, étant donné qu'il y a un million d'autre chose que je veux lui dire... je pense que ça ne s'est pas trop mal passé. Je me risque à jeter un coup d'œil vers le haut, dans sa direction, et découvre que ce fameux sourire suffisant a refait place sur son visage, effaçant tout doute qu'il aurait pu lui rester.
« Tu as raison. » Un sourire s'étire sur mon visage à ses mots. « T'es un trou du cul. »
Et il disparaît.
Je souffle bruyamment tandis que je met mon visage dans mes mains. Voilà pourquoi je ne m'ouvre pas émotionnellement. L'enfoiré à côté de moi émet un petit rire bizarre, alors qu'il admire ma réaction. Fais comme tu veux, mais on verra qui rira la prochaine fois que tu décideras d'épancher ton cœur.
Connard.
Le calme commence à tomber sur nous tandis que ce qui reste de la bonne humeur de Levi se dissipe. J'espère qu'il ne s'attend pas à ce que je le brise non plus car je ne suis pas un masochiste. Je resterais joyeusement dans ce silence gêné si cela signifie que mes émotions ne seront pas à nouveau embrochées. Okay, peut-être que j'exagère. Je veux dire, je ne suis pas en colère, pour ainsi dire. Mais Levi n'a pas à le savoir.
« Arrête de te comporter comme un petit merdeux. » Je lui lance un regard assassin quand je croise le sien. Les mots « je suis désolé » n'existent vraiment pas dans son vocabulaire, hein ? Non, ils n'existent pas. Mon dos se raidit lorsque je revisualise la dernière fois où ces mots ont quittés ses lèvres.
J'ouvre la bouche pour répliquer sur un ton malicieux, « Considère ça comme ta punition pour être un tel enfoiré. » Quand bien même, c'est son charme. Souviens-toi, Eren ? Ouais... un charme. Je tente de conserver mon regard énervé, mais fixer ces yeux charbon dissipe aussitôt toute la fausse irritation que j'avais emmagasiné. Je soupire tandis que je détourne mon attention sur le feu. « J'étais sérieux, tu sais. »
Il ne dit rien, et pendant un moment je me demande s'il pense que probablement toute cette chose venait de franchir beaucoup trop de lignes interdites. Une main sur mon genou chasse chaque doute qui s'est manifesté dans mon esprit. Il le presse, attirant ainsi mon attention. J'obtempère, relevant la tête pour croiser ces yeux argentés. Même sa mission accomplie, Levi laisse encore la main en contact avec mon genou.
« Je l'étais aussi. » Je suis sûr à quatre-vingt dix-neuf pour cent qu'il fait référence à sa première déclaration et non à toute la partie ''trou du cul'', mais je ne sais jamais avec Levi. Il est comme une créature mythique dont personne ne croit encore en l'existence, ne faisant que rarement un pas dans la lumière. Mais lorsqu'il le fait, c'est beau, c'est grandiose. Et quand tu vois ça, tu te dis que tu ferais n'importe quoi pour revoir cette créature. Mais tu réalises que rien de ce que tu fais ne provoquera son retour. Qu'il est le seul responsable de son apparition. Et c'est énervant. Cette anticipation. Mais cela en vaut aussi la peine. Chaque second que tu passes dans l'attente deviennent vite désuète lorsqu'il réapparaît enfin. Tu oublies toute l'attente, toutes les larmes parce qu'il est là. Et merde, si c'était pas la métaphore la plus bizarre que j'ai jamais faite. Mais c'est vrai, hein ? Aussi bizarre que cela paraisse, la personnalité de Levi est un putain de mystère.
« Je ne t'ai jamais remercié pour être allé chercher mes affaires. »
Sa main serre mon genou tandis qu'il commence à dire, « Tu n'as pas à le faire. Je sais que certaines de ces merdes doivent être importantes pour toi. » Mes photos. C'est presque de manière frénétique que j'enlève mon sac-à-dos de mon épaule pour vérifier si elles sont toujours là. Un soupire de soulagement s'échappe de mes lèvres lorsque mes doigts entrent en contact avec le porte-feuille. Levi a depuis enlevé sa main, choisissant plutôt de me fixer avec stupéfaction. Ouais, j'aurais probablement pu m'y prendre d'une façon plus douce. « C'est pour les photos que tu t'inquiètes, hein ? » Je ne devrais pas être étonné par la déductibilité de Levi, ou peut-être que c'est juste mon manque de discrétion qui me trahit.
« J'ai failli te tuer à cause d'elles, tu sais. » Pour une raison qui m'est inconnue, je ressens le besoin d'expliquer l'intensité de mon instinct de protection envers ces objets. Même si cela me fait paraître un petit peu fou. Dans la lumière faible du feu, je peux le voir hausser un sourcil, ne s'attendant à l'évidence pas à mon aveu de tentative de homicide. « C'était au tout début quand tu m'as trouvé, et que tu étais en train de fouiller dans mes affaires. » Levi se raidit visiblement. Pour quelle raison, je n'en suis pas certain. Peut-être que l'image de la vie qui disparaît lentement de mes yeux est gravée dans son esprit. Peut-être que c'est ce qui le rendait très mal à l'aise.
Je poursuis comme si je n'avais pas vu son mouvement d'appréhension. « J'étais tellement furieux que tu sois en train de fouiller dans mes affaires que j'étais sur le point de te tuer... enfin, essayer de te tuer. » Levi tente pile au bon moment de masquer son anxiété avec un sourire en coin. Je vois clairement au travers cependant. Ses yeux le trahissent car peu importe combien son visage essaie d'être impassible, ces yeux couleur d'orage exposeront toujours ses émotions comme s'ils étaient un fichu musée d'art. Je fouine dans mon sac-à-dos et en sors le porte-feuille, car vas savoir pourquoi, j'imagine que permettre à Levi de voir les photos va l'apaiser.
La plupart d'entre elles sont des photos d'école de Mikasa et moi. Certaines sont de nous trois, Le Golden Trio comme nous aimions nous nommer. C'était naze, et Jean était toujours fâché que nous ne l'ayons pas inclus dans le surnom. Mes doigts atterrissent sur la seule photo que je recherchais. Ma main tremble tandis que je la sors, la photo renfermant encore le même sentiment d'angoisse. Je me sens nu à l'idée de ce que je suis sûr le point de faire. Je n'ai jamais partagé cette photo avec qui que ce soit. Pas avec Mikasa. Pas avec Armin. Personne. Et me voilà, sur le point de remettre à quelqu'un que je connais à peine l'unique objet de mon ressentiment.
Mais attends.
Je connais Levi. Peut-être pas autant que j'aimerais, mais je le connais. Probablement mieux que quiconque dans notre groupe. Je soupire bruyamment pour tenter de me débarrasser de l'inquiétude qui a envahi mon corps. Les mains tremblantes, je pousse la photo sur ses genoux.
Il regarde fixement l'objet avec crainte, les yeux grands ouverts d'étonnement. Cela prend un moment avant qu'il ramasse enfin la photo, toujours incertain si ce partage est quelque chose que je veux vraiment. Je le veux. Je suis prêt. Ses doigts caressent la photo comme si c'était quelque chose de sacré, quelque chose de précieux. Ils s'arrêtent sur mon visage, assimilant attentivement chaque détail.
Il parle enfin, « tu lui ressembles trait pour trait. » Ma mère. Je ne peux qu'être d'accord avec lui sur ce point. J'ai envie de rouler des orbites, tandis que j'anticipe ces prochains mots. Cela va être les yeux. C'est toujours les yeux. « C'est le sourire. » Quoi ? « Vous avez tous les deux cette sorte de bonheur qui émane de vos sourires... Merde, quand est-ce que je suis devenu aussi foutrement sentimental ? » Je ris tout en me penchant sur son épaule pour avoir une meilleure vue sur l'image. Il a raison. C'est quelque chose à laquelle je n'avais jamais vraiment pris la peine de faire attention jusqu'à maintenant. J'ai toujours pris les gens au mot lorsqu'ils comparaient ma ressemblance physique avec ma mère. Et, pour être honnête, j'étais fatigué d'entendre combien mes satanés yeux étaient beaux, et que je devais en remercier ma mère.
Seigneur, maintenant j'ai l'air d'un arrogant trou du cul.
Je ris tandis que je lui donne un petit coup de coude, « Je crois que t'as toujours été sentimental, c'est juste qu'il a juste fallu que tu traînes avec moi pour que tu t'en rendes compte. » Je suis en train de flirter ? Bordel de merde, est-ce que c'est du flirt ? Eren Jaeger flirte... et est probablement sur le point de me prendre direct un coup de poing dans la mâchoire, parce que ce n'est même pas du bon flirt.
Il lève les yeux vers moi, les lèves se changeant en ce tristement célèbre petit sourire satisfait. « T'as probablement raison, Bright Eyes. » Et oh putaing, est-ce qu'il est en train de flirter en retour ? Ou suis-je juste complètement à côté de la plaque ? Je n'ai jamais été bon à deviner les intentions des gens, et merde, si je savais ce que cette conversation est supposée signifier.
Il jette à nouveau un coup d'œil à la photo tandis qu'il s'arrête, réfléchissant à ses prochains mots. « Je suppose que c'est ton père ? » La légèreté du moment se transforme rapidement en quelque chose de malsain et menaçant. Je ne veux pas parler de ça. Papa. Dans ma tête, ce nom me semble empoisonné. Comme s'il était mal utilisé et qu'une autre tentative de prononciation allait faire tomber ma langue. Grisha. C'est un meilleur titre pour lui. C'est son prénom après tout. Il n'a jamais été à mes yeux digne du titre de père. Grisha. Ouais c'est le nom qu'il mérite mais uniquement parce qu'il est né avec. Connard aurait probablement été mon choix, mais bien sûr, ça aurait fait mauvais goût sur un acte de naissance.
Je me crispe, et Levi en a évidemment pris note. « Tu n'es pas obligé d'en parler. » Eh bien, je sais que je ne suis pas obligé d'en parler. Et je n'en ai pas envie. Mais je me rends compte qu'en dehors du fait qu'il sache que je ressemble à ma mère, Levi ne sait rien de moi. Hormis ça, et que je suis un petit con voilà tout.
Putain, s'il peut parler de ses deux amis morts, je peux parler de mes problèmes de père.
« Non... c'est juste que je ne l'ai pas vraiment connu. » J'attends que Levi ajoute un commentaire mais comme je me rends compte qu'il me laisse le champ libre, je poursuis. « Il est parti quand j'avais, genre, quatre ans. C'est... c'est pas comme s'il nous avait laissé à la rue ou une merde comme ça. Maman n'a jamais eu à réclamer une pension alimentaire ou un truc du genre. C'est juste que... merde. » C'est difficile d'y repenser. Ce n'est pas comme choisir, si tu veux ou non, des burritos ou des tacos pour le dîner ; mais plutôt comme choisir si oui ou non tu veux rouvrir des blessures que tu gardais enfouies depuis foutrement longtemps. « C'est que... cet enfoiré a resurgi dix putains d'années après. Il est revenu sans crier gare, comme s'il n'était jamais parti et... et c'est à ce moment que la photo a été prise. On était heureux. On était foutrement heureux qu'il soit de retour. À ce moment-là, on avait déjà adopté Mikasa et elle a appris à aimer cet homme tout autant que moi. Puis, un matin je me réveille, et il s'est tiré à nouveau. Sauf que... sauf que cette fois, je suis assez vieux pour réaliser de ce qui s'est passé. Et... et je ne s-sais pas ce que j'ai f-fais pour qu'il parte. Genre, est-ce que j'étais p-pas le f-fils qu'il e-espérait? » Je m'entends bégayer, et je sais que mes larmes ne seront pas longues à venir, si elles ne sont pas déjà en train de couler le long de mon visage. « Et j-j'aime toujours cet enfoiré même si je d-devrais le détester. Je m'inquiète t-tout le t-t-emps de savoir qu'il est m-mort. Je... » Levi m'arrête en attirant ma tête dans le creux de son cou.
Je me sens pathétique, à me mettre dans tous mes états pour quelque chose d'aussi insignifiant. Pleurer pour cet homme. C'est l'apocalypse, putain. Je devrais pleurer pour la mort de mes amis, pour les mauvais traitements infligées à Stohess mais, non. Je pleure pour un père perdu depuis longtemps et que je n'ai jamais vraiment connu. Peut-être que c'est parce que j'ai gardé cela tût depuis longtemps. Mikasa savait qu'il ne fallait mieux pas évoquer cet homme, sachant que ce qui résultait en général d'une telle question était moi lui disant ''de s'occuper de ses oignons'' et qui partait dans ma chambre en claquant la porte. Merde, j'aurais dû quand même en parler à quelqu'un. Même à Mikasa. Je veux dire, elle aussi avait dû voir un homme qu'elle aimait s'en aller loin d'elle. J'agis comme si je suis le seul affecté par son départ, mais en vérité, les autres avaient juste une meilleure méthode pour cacher leur douleur.
Levi rompt le silence gêné, « Tu sais, j'ai jamais vraiment eu de père non plus. J'ai été élevé dans la rue par une espèce de cinglé jusqu'à ce que je rencontre Isabel et Farlan. Même là, ce connard me téléphonait de temps en temps, prétendant que je lui devais quelque chose vu toutes les difficultés qu'il avait enduré à élever un petit merdeux comme moi. Donc... tu n'es pas seul. » Ses mots calment la tension qui fourmillait à travers mes veines. Je me blottis davantage contre lui, permettant à ses bras de s'enrouler autour de mon corps. Morphée commence progressivement à m'attirer dans son étreinte tandis qu'il commence à tracer avec sa main des cercles sur mon épaule. Très vite, tout devient flou et je laisse les mots de Levi de me bercer.
Tu n'es pas seul.
« Ça ne devrait pas prendre plus de deux jours si on suit cette route. » Erwin avait dès le petit jour essayé de me rassurer sur le fait que nous serions à Trost Médical le plus tôt possible. Je ne peux lutter contre l'inquiétude qui m'inonde dès que j'imagine entrer dans une autre structure. Je veux dire, et si c'était comme Stohess ? De toute évidence, Erwin et compagnie sont pas doués pour juger les gens.
« Comment tu sais qu'ils vont être différent des gens à Stohess ? » J'avais cette question en tête depuis que Hanji avait dit deux mots sur notre destination. Je ne veux pas avoir l'air de douter du plan de l'homme, mais ma curiosité avait pris le dessus.
« Je ne sais pas. » Et bien merci si ça c'est pas rassurant. « Mais ce que je sais que c'est censé être l'un des endroits réquisitionnés par l'armée pour avoir mené des recherches sur les virus. En d'autres termes, c'est conçu pour trouver le remède. Mais tout ça n'est qu'une rumeur. Donc, je suppose qu'on doit prier pour que les événements tournent en notre faveur pour un fois, mmh ? » Je ne lui réponds pas tandis que je me retourne pour faire face à la route devant moi. C'est agaçant qu'il ait une vision aussi optimiste de ce ''Trost Médical''. C'était comme si tout ce qui était arrivé à Stohess n'avait eu aucun effet sur lui. Peut-être que c'était ce qui faisait d'Erwin un être humain aussi incroyable. Qu'il ne perdra jamais foi en l'humanité, peu importe ce qui arrive. Je suis envieux de son tempérament, et j'aimerais que moi aussi, je puisse partager ses convictions. Mais, malheureusement, le destin m'avait entubé trop de fois pour que j'offre ma confiance aussi facilement.
« Je te dirais bien de ne pas t'en faire, Eren, mais je sais que ça ne servira à rien. Fais-moi juste confiance, d'accord ? » Ah, le voilà le mot qui semble être le drame de mon existence. Confiance. Je l'ai déjà accordé à cet homme, et je n'ai pas l'intention de révoquer ce privilège. Je veux dire, bien sûr que les plans d'Erwin avaient une forte tendance à être super foireux ; mais je suis en vie, n'est-ce pas ?
De justesse.
Mais foutrement vivant quand même.
Soudain, une idée me vient en tête, une requête si vous préférez. « Erwin, si toute cette histoire de Trost ne fonctionne pas, est-ce que tu crois qu'on pourrait essayer de partir à la recherche de mes amis ? » À dire vrai, je suis étonné que Mikasa n'ai pas décimé tous les zombies sur son chemin pour me retrouver. Cela ne lui ressemblait pas de renoncer à moi aussi facilement. J'espère secrètement qu'Armin a fait entendre raison, et a persuadé Mikasa de ne pas se faire tuer en me cherchant. Bordel, ils m'avaient vu me faire mordre. Cela prouve suffisamment que je n'allais pas être retrouvé. Armin, étant le fourbe enfoiré qu'il est, je garantis que lui au moins avait une chance de la faire se tenir tranquille.
« Si c'est ce que tu veux, alors je n'y vois aucun inconvénient. » Je peux sentir mon sourire s'étirer sur mon visage, car Erwin est sincère. Je sais qu'il tiendra parole et fera le nécessaire pour que mon souhait soit exaucé.
Du coin de l'œil, je remarque qu'un rôdeur marche vers nous d'un pas lourd. Nous avions été plutôt chanceux d'éviter ces monstres, restant près des buissons de la forêt mais maintenant que nous voyagions le long de la route, les apparitions de morts-vivants étaient plus fréquentes. C'en était un lent, et Levi l'abat facilement d'un coup de hache. Nos balles viennent à manquer, donc nous avions essayé de faire attention à conserver nos munitions en défonçant la tronche des zombies à la main.
« Dégueulasse. » Bien sûr, Levi n'était pas trop enclin à l'idée de combat rapproché étant donné les éclaboussures de sang. Il avait l'air d'en avoir cent pour cent marre et le fait qu'il n'y avait pas de douche chaude à retrouver alimentait probablement son exaspération.
« Je prendrais le prochain, si tu es si préoccupé par la saleté. » Hanji rit à côté de Mike. Elle n'obtient pas de réponse verbale, mais un mouvement rapide du majeur qui ne fait qu'alimenter ses gloussements. Je la rejoindrai bien, mais mes poumons commencent à me brûler à force de grimper la pente de la route. Soudain, un autre rôdeur sort de l'ombre. Erwin ne tarde pas à renvoyer le mordeur dans l'autre monde, glissant son couteau dans le crâne en décomposition. D'une seule putain de main. Erwin est vraiment incroyable.
« Ferme-là avant d'en attirer d'autres, binoclarde. » Je ne peux qu'être d'accord avec Levi, car que sortant de nulle part, un autre rôdeur apparaît. Et un autre. Et un autre. Très vite, il y a au moins dix zombies qui essayent de nous encercler. Nous nous mettons à courir, car nous n'avons pas assez de munitions pour liquider tous les rôdeurs et nous ne sommes pas non plus assez stupides pour essayer de nous attaquer à une petite horde au corps-à-corps. Plus nous nous éloignons des rôdeurs, plus forts les grognements deviennent. C'est étrange, bizarre et je ne compren-
Oh merde.
On est parvenu jusqu'en haut de la côte quand je les vois.
Des centaines.
Et putain ils ont tous les yeux braqués sur nous.
Note des traductrices : Nous sommes désolées pour cette aussi longue absence. Entre le travail, le moral et l'absence de motivation, nous n'avons pas eu vraiment l'envie de continuer. Nous avons décidé de poursuivre néanmoins, mais en suivant les publications de l'auteur (un nouveau chapitre - une traduction) en partant de la moitié de la fic. Donc nous comptons traduire deux chapitres avant la mise en place de ce système. Seulement nous ne sommes plus que deux (sans compté Rima pour l'orthographe) et nous aurions bien besoin de nouvelles recruts ! Donc si vous vous y connaissez en anglais, que votre français est pas trop dégueu et que vous avez du temps libre (donc ce qui ont des examens tous le temps, mauvaise idée) et que vous aimez cette histoire ; soyez les bienvenues !
En revanche les recrutements se faisant avec plus de facilité sur le site Archive of Our Own, c'est par là que nous passerons, pour nous contacté, les peudos sont où naminette où RizMayonnaise, merci encore de votre soutien !
