Chapitre 13
Je regardai autour de moi et vis que tout le monde nous regardait encore.
« Allons dans mon bureau, s'il vous plait, » demandai-je en tenant mon nez.
Comment faire face à tout cela ? Ce n'était pas une bonne image pour les dominants et les soumises présents. Bella m'avait désobéi. Jasper me haïssait. Le cœur d'Alice était brisé et j'avais une foule de dominants en colère à ma droite.
« Par où commencer ?
J'attrapai Bella et Alice et me dirigeai vers mon bureau. Je n'avais pas besoin d'augmenter le côté dramatique de la situation. Plus nous resterions ici, pire ce serait. Pendant que nous avancions vers l'escalier, je pouvais entendre Alice pleurer doucement et mon cœur se brisa pour elle. Je savais que tout finirait par s'arranger pour Jasper et Bella car ils étaient frère et sœur. Mais je doutais pour Alice.
Et pour moi ?
Cela n'allait pas être simple avec Jasper. J'avais brisé sa confiance en mille morceaux en baisant sa sœur. J'avais piétiné son « code d'honneur ». Et cette pensée me fit sourire. J'étais heureux. Avec Bella, nous vivions ce que nous voulions et personne ne se dressera en travers de notre chemin.
Mais les souvenirs courraient dans ma tête. C'était comme si je visionnais un film avec Jasper et moi comme acteurs. Je me remémorais toutes nos nuits, toutes les filles et toutes les fois où je lui avais sauvé les fesses lui évitant même la prison. J'avais peut-être perdu son amitié mais si je devais revivre la dernière heure, je ne changerais rien. Je referais les mêmes choses.
Enfin, sans Alice et Bella intervenant en bas.
Dès que nous fumes en sécurité dans mon bureau, je me tournai vers Bella.
« Isabella. Mais que fais tu là, bordel ? » Demandai-je sentant la colère me gagner. Elle n'aurait pas dû être au milieu de tout cela. Je lui avais dit de rester en dehors.
Elle ne répondit pas, regarda ses mains et secoua la tête. Son attitude me faisait royalement chier.
Il me faudra trouver une peine pour cet agissement.
« Vendredi, tu apprendras où est ta place. Nous passerons le week-end à t'apprendre à écouter ce que je te dis et à le faire ! » Dès que ces mots sortirent de ma bouche, Alice se leva pour défendre son amie.
« C'est moi qui lui ai dit de venir ! » Cela nechange rien. La seule personne qu'elle doit écouter c'est moi et non Alice.
« Là n'est pas le problème, Alice. Je lui avais dit de ne pas venir et il aurait été préférable que tu restes en dehors de ça. » Je bouillonnais face à elle.
« J'ai dû la convaincre. Elle m'avait dit que tu ne voulais pas qu'elle vienne. »
Que dois-je faire maintenant ? Dois-je toujours la punir ? Je n'avais jamais eu à faire face à ce genre de problème, ni à hésiter sur une punition pour une soumise. J'attrapai la main d'Alice et l'emmenai de l'autre côté de la pièce. Bella n'avait pas à entendre la suite.
« Tu savais que j'allais devoir la punir ? » lui demandai-je en arquant un sourcil.
Alice secoua la tête.
« Ok, ça va. Mais la prochaine fois que je lui dirai quelque chose qu'elle ne doit pas faire, reste en dehors. Compris ? »
Elle hocha à nouveau la tête.
« Très bien. »
J'avais parlé plus fort afin que Bella sache que la conversation était terminée. Elle pouvait s'en aller maintenant. C'était la meilleure solution pour elle comme pour moi. Je ne voulais pas une répétition de la soirée de vendredi.
Tu repenses à ton mensonge !
Mais non, mais si je devais la punir à nouveau, je devais lui dire qu'elle peut utiliser ses mots avant. Sinon, elle comprendrait que j'avais menti.
Oh, tu essayes de te couvrir pour sauver ton cul ?
Toi, va te faire foutre.
Bon maintenant, je me parle à moi-même. Il faut que ça s'arrête. Les deux côtés de ma tête devaient se mettre d'accord et rapidement.
Je reportai mon attention sur les filles. Alice semblait aller mieux qu'il y a cinq minutes mais je savais qu'elle pleurerait beaucoup une fois seule. Elle n'a jamais voulu montrer ses faiblesses en public contrairement à moi. J'avais détruit la vie d'Alice. J'avais résolu mon problème en parlant avec Jasper et réduit mes états d'âme mais en contrepartie, j'avais créé des soucis à tout le monde autour de moi.
Je fis le tour de mon bureau et appuyaisur l'interphone.
« Oui, Monsieur Cullen ? » Répondit Tamora.
« J'ai besoin d'un peu de glace et d'une serviette. » Mon visage devait être nettoyé.
« Oui, Monsieur Cullen. Monsieur ! Madame Cullen désire vous voir, » se dépêcha-t-elle de dire avant que je ne puisse l'interrompre. Je pouvais entendre Rosalie marmonner et jeter des trucs dans la salle d'attente. Je me doutais qu'on l'appellerait. Mais je ne pensais pas que ce serait si rapide.
Je soupirais au moment où Tamora m'apportait la glace et la serviette. Cela me laissait deux minutes de plus avant que Rose n'entre dans mon bureau. Rosalie ne venait vraiment me parler que quand il y avait un souci.
Je levai les yeux et remarquai qu'Alice et Bella étaient toujours debout près de la porte. Elles avaient certainement l'intension de s'en aller mais il était préférable que je discute avec Rose devant témoin.
« Asseyiez-vous, » ordonnai-je en souriant.
Elles prirent place côté à côte sur le divan. Bella se mit à rougir se rappelant certainement la dernière fois qu'elle avait pris place sur ce fauteuil. Mon sourire s'élargit aussi.
Alice me fixait, le visage inquiet.
« Rose va venir maintenant ? » Me demanda-t-elle.
Son inquiétude aurait pu me faire rire mais connaissant Rosalie, elle avait raison d'avoir des craintes.
« Oui et c'est pour cela que vous restez. J'ai besoin de témoins. »
Bella laissa échapper un petit rire qu'elle stoppa rapidement en voyant le regard d'Alice. Je m'apprêtai à réprimander Bella en lui disant qu'il n'y avait pas de raison de se moquer quand Rose déboula dans mon bureau.
Elle haletait comme un animal. Elle aurait pu me faire peur, ainsi.
Elle s'avança vers mon bureau en trois enjambées, un rictus sur ses lèvres. Une fois face à moi, elle tapa sur la table faisant sauter des cubes de glace hors du bol et me jeta la serviette au visage.
Elle recula et croisa les bras sur sa poitrine.
Nous y sommes !
« De tous les endroits que tu connais, il fallait que tu invites le frère super protecteur de ta soumise, ici, au bar. Devant tout le monde ! »
Ne ris pas Edward.
J'ai l'impression qu'elle n'a même pas vu que nous n'étions pas seuls.
« Pourquoi ? » Demanda-t-elle en me regardant attentivement. « Mais qu'est-ce qu'il t'a pris, putain ? »
Je la regardais pendant qu'elle parlait car rien ne la ferait taire maintenant qu'elle était lancée.
« Je ne pense pas pouvoir nettoyer ton gâchis maintenant. »
« Quel gâchis ? »
C'était juste une bagarre de bar. Je n'avais pas déclenché la troisième guerre mondiale.
« C'était une simple bagarre. »
Rosalie me stoppa en levant ses mains devant elle.
« Et bien, cette …bagarre a le mérite d'avoir remporté une réunion. »
« Sam est déjà venu aujourd'hui me demander une réunion. Donc, rien de neuf, » répliquai-je en essuyant le sang sur mon visage avec la serviette.
« Oh, vraiment ? Très bien cher frère. Sais-tu aussi qu'il la veut dans une heure ? » Rose sourit voyant ma bouche chuter.
Putain de merde.
« Comment va-t-il réunir tout le monde en moins d'une heure ? » questionnai-je.
« Uniquement les doms. Et il n'en faut que dix ayant plus de six mois dans le club. »
Elle inclina la tête en me regardant.
« Il se trouve que neuf des dix nécessaires étaient déjà présents quand tu as fait ton petit spectacle. La plupart sont membres depuis l'ouverture. Et maintenant que je suis là, nous pouvons commencer. Mais je pense que tout le monde attend un peu avant de venir se présenter. Ca ne sera pas une petite réunion. »
Je soupirai.
« Ne me regarde pas ainsi, frangin. C'est toi qui as établi les règles. »
Je l'ai ignorée. « Tous les dix ? » Cela n'était jamais arrivé.
Rosalie se pencha sur mon bureau en s'appuyant sur ses mains.
« Ouais ! Personne n'est heureux de ce qu'il vient de se passer mais ils veulent savoir pourquoi c'est arrivé. Ils vont certainement vouloir se débarrasser du problème, » chuchota-t-elle en se tournant vers Isabella.
Bon ok, elle savait qu'elles étaient présentes.
« Ils n'ont pas à choisir mes soumises pour moi, Rose. Ils n'ont pas à me dicter ma conduite. » Je ricanai.
Je ne suis pas fâché contre Rose mais le fait qu'ils essayent de me forcer la main me met en colère.
« Non, ils ne peuvent pas, » acquiesça-t-elle. « Mais ils peuvent l'empêcher de venir au club. Ils peuvent aussi lui interdire l'accès aux jeux et évènements. T'obliger à venir seul. »
Rosalie souriait.
« C'est pour cela qu'ils veulent les dix voix. C'est pour cela qu'ils ont invité les autres aujourd'hui. »
J'avais du mal à comprendre ce qu'ils avaient comme problème avec Bella. Ok, elle n'était venue que deux fois et à chaque fois, il y avait eu un souci. La première fois s'était terminée chez moi avec Bella pour la punir car elle avait brisé la règle du silence. Et la suivante, j'avais reçu des coups de poing. Pourtant, j'avais vu bien pire avec des soumises formées et je n'avais jamais convoqué de réunion pour mauvais comportement. Je n'étais pas quelqu'un qui chercher misère et étais plutôt facile à vivre.
Je n'ai jamais usé de mon statut au sein du club mais les autres dominants, si. Cet endroit tournait bien. Si j'avais voulu avoir un grade, je me serais enrôlée dans l'armée. Mais eux, ils voulaient de l'ordre et je devais rester pacifique face à eux. Ils voulaient jouer…alors jouons. Rosalie me sortit de mes pensées en avançant vers la table basse devant Isabella.
« Et toi ! » apostropha-t-elle Bella.
« J'espère que tu es satisfaite de la manière dont le choses évoluent. Tu devrais avoir honte. Tu devrais sortir la tête de ton cul et regarder autour de toi. Edward a des gens à ses côtés qui surveillent tous ces faits et gestes. Chacun de tes mouvements sont ses mouvements. »
« Rose, » la prévins-je.
« C'est bon, Edward, » murmura Bella « Elle a raison. Je vais m'améliorer. »
« Bien sûre que j'ai raison, » répondit Rosalie avec un sourire froid. « Si tu veux être une soumise normale, tu devrais choisir un dominant normal. Edward est tout sauf cela. »
« « Oh, Rose, redescend de ton piédestal, » plaisanta Alice. « Edward n'est pas différent d'eux »
Pauvre Alice. Elle n'avait aucune chance face à Rosalie.
« Il est trop. Tout le monde a les yeux fixés sur lui. Tous attendent des réponses. »
Rose tape du pied comme un enfant de dix ans.
« Il doit montrer l'exemple et ce qu'il vient de se passer n'est pas acceptable. Tu ne connais rien à ce mode de vie. Même si tu avais une relation dominant-soumise, tu ne pourrais pas comprendre sans être membre de ce club. Nous agissons différemment des autres. Nous avons des rangs, un sens du respect et des règles à respecter. Nous ne sommes pas des baiseurs fous qui voulons nous montrer, peu importe ce que tu penses de nous. »
Quel beau discours pro-club.
Alice secoua la tête. Elle pourrait dire ce qu'elle veut, Rose continuerait à prétendre qu'elle ne pourrait pas comprendre.
« Ce n'est pas très important pour l'instant, » intervins-je. « Nous sommes ici et nous devons faire face. Je vais aller à la réunion et je te prie de la former. Le premier évènement n'est pas avant trois semaines. Cela me donne du temps. » Je soupirai avant de poursuivre.
« Donc, nous allons profiter de cet évènement. Lice, rentre à la maison avec Isabella et reste avec elle jusqu'à ce que je t'appelle. Rose, je peux compter sur ton vote de soutien de sang. »
Elle me sourit.
« Bien sûr. Peu importe ce que je pense de vous et de tout le mal fait aujourd'hui. Tu es mon frère et mon sang. »
Je souris en hochant la tête. Je me levai et saluai Isabella en lui disant de garder leur cellulaire à portée de main. Je les appellerai pour leur donner des nouvelles, bonnes ou mauvaises.
Après leur départ, je me rendis à ma salle de bain attenante au bureau pour me changer et me nettoyer du sang séché. Je m'habillai et attendis.
Ce n'était pas une question de vie ou de mort, mais l'affaire était grave. Je voulais pouvoir amener Isabella ici. Je voulais l'avoir à mes côtés pour les fêtes ou évènements. Je voulais tout avec elle. Je ne voulais pas avoir à m'expliquer sur ma soumise. Personne n'avait le droit de me dire ce que je devais faire ou ne pas faire.
Rosalie passa sa tête par la porte.
« Ils sont prêts. Ils n'attendent plus que toi. »
