Résumé : Harry et Drago sont répartis dans leur maison respective, ils sont séparés pour la toute première fois mais notre beau brun doit donc affronter seul des rencontres tant attendues et tant redoutées pourtant… Parmi nos chers Gryffondors du passé… bonne lecture…

Harry Potter et l'enfant maudit – Livre II

(Suite de Harry Potter et l'enfant de l'amour)

Chapitre 14 : Une nouvelle maison

(POV Harry)

Je relevai les yeux juste pour voir Dray s'éloigner de Minerva et se diriger vers la table des Serpentards sous leurs acclamations enthousiastes, son regard se porta dans ma direction juste une fraction de seconde et il me rassura d'un très léger sourire, si discret que je n'étais même pas sûr qu'il existe réellement, espérant intérieurement qu'il n'était pas simplement une illusion, un rêve pour me convaincre que je n'allais pas le perdre dans cette nouvelle époque, dans cette nouvelle vie. Cette idée m'angoissait de plus en plus, même si au fond de moi, je savais que je n'avais aucune raison sérieuse de douter de lui, je n'arrivais plus à me raisonner véritablement. Dray avait eu beau me répéter en boucle toute la journée que tout ne serait que faux-semblants et mensonges entre nous, que rien de ce qu'il dirait ou ferait contre moi ne serait réel, je n'arrivais pas à être complètement rassuré, je crois que j'avais simplement peur qu'il me quitte.

Je le voyais s'installer à côté de son double quasiment parfait, un jeune homme de dix-sept ans, avec de longs cheveux fins et dorés, d'une pâleur étrange. Ils avaient la même silhouette, la même stature hautaine. Lucius Malefoy était juste un peu plus grand que son fils. La seule différence notable entre eux deux était la nuance de couleurs de leurs yeux. Les iris du père de Dray étaient d'un indéfinissable gris, métallique, tellement froids, durs et violents, si différents de la teinte douce et attirante des yeux de mon mari dont j'aimais chaque éclat amoureux, chaque lueur coquine ou tendre depuis plus d'un an. Je ressentais tant d'impressions différentes depuis qu'il avait pris la potion de metamorphosoeil. Cette nouvelle couleur noire, sombre était plus mystérieuse et fascinante et m'attirait indéniablement. Je fixais intensément les deux blonds sans même m'en rendre compte. Alors que j'étais à l'autre extrémité de la grande salle, nos regards se croisèrent pour ne plus se lâcher : son père me dévisagea longuement comme si je n'étais qu'un insecte qu'il fallait à tout prix écraser, qu'il fallait vaincre coûte que coûte. Il semblait me défier du regard, puis, je le vis tendre une poignée de main ferme à celui qui serait son fils dans quelques années. Tout en lui me glaçait le sang, me terrifiait véritablement.

Les traits de Drago se firent instantanément plus tendus, hautains, distants, j'avais l'impression de retrouver face à moi l'héritier sûr de lui et prétentieux que j'avais connu lors de mes premières années à Poudlard, celui que j'avais appris à haïr avant de l'aimer passionnément. Face à son père, il redevenait le parfait Serpentard, manipulateur, fourbe et arrogant, il retrouvait toute son éducation de sorcier au Sang-Pur, empli de préjugés abjects. Il y avait plus d'un an que je n'avais pas été confronté à cette autre partie de la personnalité de mon époux et le revoir à cet instant me semblait étrangement dérangeant, je n'étais plus sûr de vouloir revivre ces remarques odieuses et blessantes, ces regards condescendants à mon encontre. Comme s'il était aussitôt à sa place, parmi les siens, je le voyais discuter avec plusieurs élèves autour de lui, je reconnus presque immédiatement cette garce de Bellatrix, ses paupières tombantes, ses lourds cheveux bruns. De la revoir à seulement quelques pas de moi me donnait envie de vomir. Elle était juste à côté de sa sœur, la mère de mon amour, j'aperçus ensuite Severus qui semblait accaparer par un jeune garçon de treize ou quatorze ans. Je me doutais qu'il s'agissait du frère de mon parrain, il avait les traits caractéristiques des Black, les mêmes yeux que Sirius, la même silhouette. Au bout de quelques minutes, je réalisais que l'on m'appelait… Enfin, plus exactement, le jeune homme qui se trouvait à ma gauche interpellait Aristote Potter :

« Aristote… Aristote… Aristote…

- Oui…

- Ah… Tout de même ! Tu semblais vraiment complètement perdu dans tes pensées, Aristote ? Très, très loin de nous tous…

- Désolé… Je n'avais pas fait attention et puis, juste, tu sais, je n'ai pas vraiment l'habitude que l'on m'appelle Aristote…

- Ah bon…

- Oui, en fait, tous mes amis, mes parents m'appellent simplement par mon surnom, depuis toujours… Moi, c'est Harry… Juste Harry.

- Et bien, Harry… Juste Harry… Je suis le préfet en chef de ta maison. Je suis en septième année, je serai donc en cours avec toi toute cette année, même si cela dépendra aussi de nos options pour les ASPIC. Je pourrais évidemment te guider au travers du château les premiers jours jusqu'à ce que tu connaisses un peu mieux les lieux et puis, si tu as besoin de quoi que ce soit, d'un renseignement sur le règlement ou les enseignants, n'hésite surtout pas… Je suis tout prêt à t'aider en tout cas. Au fait… Je m'appelle Franck Londubat…»

Alors qu'il me tendait une poignée de main ferme et accueillante, je ne pus retenir ma surprise de me retrouver à côté du père de Neville, le même homme que j'avais aperçu il y a presque trois ans à Sainte Mangouste. Ron, Mione et moi rendions alors visite à Arthur qui avait été gravement blessé par Nagini au ministère. J'avais pu donner l'alerte juste à temps aux membres de l'Ordre grâce aux visions que j'avais eu de cette attaque ignoble et cela avait sauvé la vie du père de mon meilleur ami. Il était cependant encore très faible et devait rester encore alité quelques jours. Nous nous étions donc tous rendus à Sainte Mangouste, c'était pendant les vacances de fin d'année, je m'en souviendrais toujours. Nous nous promenions dans les couloirs lorsque nous étions tombés nez à nez avec ce demeuré incompétent de Lockhart. L'infirmière croyait que nous venions voir notre ancien professeur et nous nous étions retrouvés traînés de force dans cette chambre sordide d'hôpital pour lui tenir un peu compagnie. C'est ainsi que nous avions croisé par hasard notre camarade de dortoir, ce garçon étourdi, timide et lointain. Ce jour-là, j'avais vraiment découvert qui il était, en réalisant que Neville venait voir régulièrement ses parents à Sainte Mangouste, tout un pan de sa vie qu'il avait gardé délibérément secret. Alice et Franck avaient si durement payé leur tribut à cette première guerre atroce, leur esprit avait été irrémédiablement blessé et détruit par les Doloris et autres sortilèges de magie noire lancés par Bellatrix qui recherchait alors désespérément son cher maître disparu.

Je me trouvais finalement face à un adolescent au regard pétillant d'intelligence et de vie, dans cette autre époque. Mon regard se porta aussitôt vers la jeune fille face à lui qui lui souriait avec bonheur, elle avait le même visage un peu lunaire que mon ancien camarade de dortoir, les mêmes cheveux clairs. Je fus interrompu dans ma brève observation par un toussotement assez sonore de Franck, il me fixait curieusement et son air affable avait fait place à une mine pour le moins agressive et furieuse à mon encontre. Son ton me le confirma aussitôt :

« Aristote, je te présente Alice, ma fiancée et future épouse. »

A la précision faite sur leur situation personnelle, je commençais à comprendre le changement assez brutal du préfet en chef à mon égard. La lueur de jalousie dans ses yeux me fit légèrement sourire, ce qui me valut un regard encore un peu plus outré et vindicatif…

« Et bien, une seule chose s'impose, il me semble… Toutes mes félicitations à vous deux…

- Merci, Aristote. »

Après ce bref remerciement, Alice reprit sa discussion avec sa voisine sans prêter plus d'attention à mon encontre, ce qui n'était pas le cas de Franck dont les yeux me lançaient toujours de douloureux Avada, je me penchais légèrement vers lui, pour être certain que lui seul puisse m'entendre :

« Tu sais, inutile de vouloir me tuer en pensées. Alice me rappelle seulement un de mes meilleurs amis à Beauxbâtons, elle lui ressemble beaucoup, elle a le même visage, les mêmes traits… Rien de plus, alors inutile de te faire du souci pour cela… Et puis, elle n'est vraiment, mais alors vraiment pas mon genre…

- Pardon ? »

Cette fois, les yeux bleus de Franck se faisaient interrogateurs et je souriais plus franchement :

« Disons qu'avec moi, tu aurais plus de chance qu'elle … »

Je vis le préfet en chef déglutir difficilement à mes dernières paroles puis éclatait de rire franc et sonore :

« Tu plaisantes ?

- Même pas…

- Ca a au moins le mérite d'être clair mais tu sais Harry mais tu n'es vraiment, mais alors vraiment pas mon genre du tout.

- J'avais déjà compris, Monsieur Franck je-te-présente-ma-fiancée-ma-future-épouse-et-si-tu-la-regardes-encore-une seconde-tu sauras-ce-que-signifie-souffrir !

- A ce point-là…

- J'ai affronté un magyar à pointe pour remporter le trophée des deux baguettes et bien ton regard était encore plus effrayant que celui de cette charmante bestiole et pourtant elle a voulu me dévorer pour son quatre heures.

- Quelque chose me dit que nous allons vraiment bien nous entendre, Aristote… Pardon… Harry.

- Mais, je n'en ai jamais douté.

- Le gars de Durmstrang, celui qui t'accompagne, il est comment ?

- Ca dépend…

- Tu peux préciser…

- Disons que lui, il est exactement mon genre, mais je ne suis pas sûr d'être complètement le sien.

- Je ne suis pas certain de te suivre, Harry.

- Et bien, je ne sais pas exactement s'il serait capable de se transformer en magyar à pointe si quelqu'un m'approchait d'un peu trop près comme tu l'as fait à l'instant pour Alice…

- Je vois… Est-ce que tu connais le principe de la répartition des maisons à Poudlard ?

- Euh, non… Pas vraiment, le professeur Dumbeldore nous a juste expliqué hier que nous serions répartis au même titre que tous les élèves de première année.

- Alors, sache pour ton information qu'il a été envoyé à Serpentard, c'est un peu, comment dire… Notre maison ennemie. Chez Gryffondor, on est reconnu pour notre courage, notre audace. C'est bien une de tes qualités premières ?

- Oui, c'est exact… Aux dires de mes amis, je suis même parfois un peu trop téméraire, en fait…

- J'imagine très bien. Quant à lui, il est logiquement plutôt ambitieux, prêt à tout pour y arriver. Je me trompe ?

- Non, non, c'est vrai que cela lui ressemble…Il est assez sûr de lui et volontaire mais j'ai l'impression que pour toi, ce n'est pas une bonne chose, n'est-ce pas ?

- En fait… Tu vois, les membres de cette maison n'ont pas très bonne réputation, certains ont usé des pires procédés de magie noire pour obtenir la gloire qu'ils recherchent à tout prix. Les sorciers qui ont mal tourné dans l'histoire, en sont tous issus… Même… Tu sais qui… Tu en as déjà entendu parler au moins ?

- Oui, un peu, il est assez tristement connu dans l'Est de l'Europe.

- La plupart des mangemorts qui se revendique sous les ordres de Tu sais qui, sont venus de Serpentard. Il y a même une rumeur… Enfin, c'est plus qu'une rumeur…

- A propos de quoi ?

- Le blond à côté de ton coéquipier, tu le vois ?

- Oui.

- Il s'est vanté d'être devenu un mangemort cet été et franchement le connaissant, ce n'est pas impossible. Il est absolument détestable. C'est lui le second préfet en chef, il s'appelle Lucius Malefoy mais si j'ai un conseil à te donner, c'est de tenir loin de lui. Tiens… J'y pense… Si tu as besoin de quoi que ce soit quand je suis… un peu occupé avec Alice, il faut que tu t'adresses à ces deux là… »

Franck se retourna vers l'extrémité de la table et désigna un groupe des plus bruyants puis s'exclama fortement pour couvrir le bruit de toutes les conversations :

« REMUS, REMUS… LILY…»

Mon cœur fit une brusque embardée, j'avais l'impression que mon rythme cardiaque s'était emballé tout à coup. Franck s'était retourné et regardait un groupe d'élèves un peu plus jeune, attablés plus loin. Deux d'entre eux s'étaient levés et s'approchaient de nous, j'avais instinctivement fermé les yeux.

« Hé ! Hé ! Harry… »

Je soupirais et me redressais légèrement aux coups de coude peu discrets de Franck, avant de me retrouver dans des yeux émeraudes, les mêmes exactement que les miens habituellement, une sublime chevelure auburn… Maman… Elle était simplement sublime, tellement belle, son sourire était une illumination.

« Qu'est-ce qu'il y a, Franck ?

- Ah ! Lily, Remus, je vous présente notre nouvel élève de Septième année, Aristote Potter… Enfin, il préfère qu'on l'appelle Harry. Harry, je te présente les deux préfets de cinquième année. Tu peux également t'adresser à eux à la moindre interrogation : Voici Lily Evans et le sublime jeune homme à ses côtés, c'est Remus Lupin.

- Bonsoir Aristote… »

La voix douce et agréable de ma mère résonna en moi. C'était… Je me sentais tellement étrange, j'étais au bord des larmes et si je n'avais été assis, je crois que j'aurais pu m'écrouler lamentablement. Pour la première fois, j'entendais ma mère réellement, il ne s'agissait pas simplement de souvenirs douloureusement revenus par l'attaque de détraqueurs, c'était elle, elle était là, face à moi, me souriant doucement.

« Euh… En… Enchanté de faire ta connaissance Lily… »

Alors que j'aurais voulu avoir un peu plus de temps avant d'être confronté à chacun d'eux, Sirius, mon père et Pettigrow rejoignirent le quatrième maraudeur qui ne cessait de me fixer intensément, sans bouger. Jouant des coudes, Sirius et mon père poussèrent les élèves de première année qui se trouvaient autour de nous sous le regard courroucé de ma mère, Rem et Franck. Ils se placèrent naturellement à côté d'Alice, face à moi.

« Alors, le nouveau, ça va ? Moi, c'est Sirius Black, lui, c'est James Potter. Dis donc, tu crois que vous êtes de la même famille tous les deux ? »

Sirius me dévisageait, il me jaugeait, il voulait savoir immédiatement si j'étais digne de la confiance des maraudeurs. Je me sentais encore un peu plus mal sous le regard perçant et inquisiteur de mon père et mon parrain. Je savais que toute notre mission reposait sur notre intégration à ce monde et j'étais bien conscient que je n'aurais probablement pas une autre chance de les convaincre. Je soupirais presque inconsciemment avant de répondre à Sirius face à moi :

« En fait, c'est fort possible, mes ancêtres étaient originaires de Grande-Bretagne. Mon grand-père Archibald Potter s'est installé en France pour sa carrière, il était médicomage à Sainte-Circée. D'après ce qu'il m'a dit quand j'étais encore un enfant, il avait un frère, resté en Grande-Bretagne avec toute sa famille. Il m'en a souvent parlé d'ailleurs. Je n'ai malheureusement jamais rencontré aucun d'entre eux mais… Oui, il se pourrait que ton ami soit effectivement mon cousin.

- C'est vraiment extraordinaire ! J'ai toujours voulu connaître ma famille française ! J'ai supplié, je ne sais pas combien de fois mon père de vous faire venir ! Je suis ravi de faire ta connaissance, P'tit cousin. »

Mon père éclata d'un rire tonitruant et sonore et s'écroula sur l'épaule de Sirius à sa droite. Ma mère leva les yeux au ciel d'un air assez exaspéré. Visiblement, elle n'était pas encore prête à donner une chance au terrible brun, maraudeur en chef. Elle m'adressa un léger signe de la main en signe d'au revoir et repartit en direction de ses amies. Peter Pettigrow ne semblait pas se préoccuper le moins du monde de mon arrivée, il s'était assis un peu plus loin au milieu de quelques premières années et se goinfrait des desserts qui venaient d'apparaître magiquement au milieu de la table. Il attrapa la montagne de choux à la crème et disparut derrière la hauteur de délices et sucreries. Je retournais mon visage vers les autres maraudeurs. Remus avait finalement pris place à côté de mon père, je surpris à nouveau son regard doré sur moi. Il n'avait pas parlé une seule fois pendant que les deux autres maraudeurs accaparaient la discussion en narrant leur souvenir de vacances, leurs blagues plus ou moins douteuses… J'étais stupéfait de rire avec eux si naturellement. Moi qui avais tant appréhendé de me trouver face à eux, maintenant que j'étais ici, j'avais l'impression que c'était un des moments les plus heureux de ma vie, je souriais à mon père et à mon parrain, je parlais avec eux, simplement.

Alors que les plats se vidaient peu à peu, les conversations semblèrent s'épuiser un peu partout dans la grande salle. Les plus jeunes étaient visiblement fatigués, certains frottaient par moment leur yeux rougis énergiquement. Un bruit de fauteuil, puis un raclement nous sortit de notre discussion. Albus Dumbledore s'était relevé et avait pris place sur l'estrade. D'un sonorus, il fit taire les derniers murmures à travers la salle :

« Mes enfants, une nouvelle année débute ce soir, je sais que beaucoup d'entre vous ont hâte de rejoindre leur dortoir pour un repos ô combien mérité, surtout après un repas aussi pantagruélique. Avant que chacun d'entre vous ne quitte cette salle, je tenais à vous informer de quelques modifications pour les cours. »

Le vieux directeur marqua une légère pause comme s'il souhaitait ainsi obtenir l'attention de tous, c'était bien inutile sauf peut-être pour les deux compères face à moi qui cessèrent enfin leur bavardage :

« Puisque Monsieur Potter et Monsieur Black semblent enfin prêts à écouter, je vous rappelle que le règlement se trouve comme chaque année, chez le concierge, Monsieur Rusard. Pour nos jeunes élèves, certains lieux, en particulier la forêt qui jouxte le parc de notre école, sont interdits et dangereux. Oui, c'est un fait, quoi qu'en diront Messieurs Potter et Black. Maintenant, les changements liés aux cours concernent les élèves de cinquième, sixième et septième année. Tous ceux qui me connaissent, savent à quel point il me tient à cœur que les tensions entre les maisons disparaissent et pour la première fois, les cours seront en commun. Au moment où s'annoncent des heures sombres au dehors, il est temps à chacun d'entre vous de vous réunir, de faire les choix qui guideront votre vie. Rien n'est jamais définitif, il n'est jamais trop tard, même si certaines marques sont difficiles à effacer et à oublier. »

Franck tapota légèrement mon bras et me montra discrètement la table des Serpentards comme pour me signifier ce qu'impliquaient ces paroles, tandis qu'une vague de murmures réprobateurs s'emparait de la table des Verts et Argents. Dumbledore attendit que les mots forts qu'il venait d'énoncer ne se répercutent partout dans la Grande Salle.

« Pour finir, je vous souhaite une bonne nuit, une année agréable et pleine de surprise. Je rappelle également à nos deux préfets en chef que je les attends dans mon bureau immédiatement pour régler quelques formalités. Pour nos deux nouveaux élèves, originaires de Beauxbâtons et Durmstrang, Aristote Potter et Dante Malefoy, je vous précise qu'ils vivront dans des appartements particuliers. Je demande aux préfets de leur maison respective de les conduire jusqu'à vos salles communes pour leur présenter les lieux, avant de les ramener à leur logement privatif. Bonne nuit à tous. »

Il y eut un mouvement général dans la grande salle, accompagné d'un brouhaha général. Franck se redressa et déclara avec autorité :

« Lily, tu t'occupes des premières années, Remus, charge à toi de présenter notre salle à Harry pendant que je vais à cette réunion, essaye également de lui montrer les principaux lieux où il devra se rendre dans les jours à venir, les salles de cours, d'accord ?

- Oui.

- A demain tout le monde. »

Franck partait déjà. Je me relevai, comme un réflexe, mon regard se porta sur Dray à l'autre bout de la salle, il parlait avec Severus. Probablement qu'il avait été chargé de lui faire découvrir Poudlard au même titre que Remus avait été assigné à cette tache. Il ne se préoccupait pas du tout de savoir où j'étais, ce que je faisais. Je savais que c'était ainsi qu'il voulait procéder les premiers temps, il me l'avait dit et répété des milliers de fois à Grimmaurd pendant que nous nous préparions pour ce voyage temporel. Alors, pourquoi ce pincement au cœur ? Ce déchirement ? Il m'aime. C'était mon unique certitude et pourtant je n'arrivais pas à m'y accrocher réellement. Il semblait tellement à l'aise, tellement mieux au milieu de ce nid de serpent. Il sortit par la grande porte sans se retourner, sans même un dernier regard dans ma direction. Je restais figé, perdu dans mes pensées lorsque Rem toussota légèrement pour me signifier sa présence à mes côtés. La salle s'était vidée pratiquement complètement en quelques minutes. Il ne restait plus que quelques élèves des années supérieures de Serdaigle et Poufsouffle, le Professeur Mac Gonagall en pleine discussion avec le vieux Slughorn. Remus me regardait toujours et me souriait avec sincérité :

« Euh… Est… Est-ce que tu viens, Aristote ?

- Harry… Harry, tout le monde m'appelle comme ça, Remus. »

Celui que je considérais plus que comme un père me dévisageait maintenant avec encore un peu plus d'intensité, comme s'il essayait de percer un mystère rien que dans mon regard. Ses yeux dorés me semblaient plus tristes, presque mélancolique. Il paraissait fatigué, sans doute la proximité de la pleine lune et il m'avait expliqué, peu avant notre départ, que la potion Tue-Loup n'existait pas encore et son état était des plus difficiles, les souffrances liées aux transformations beaucoup plus dures qu'à notre époque.

« Remus…

- Oh… Pardon… Excuse-moi… Je… Suis-moi… »

Nous partîmes ainsi au travers du dédale des couloirs de Poudlard que je redécouvrais de nuit avec pour guide un Remus plus jeune que moi. Il me présenta les principales salles de cours, la salle de métamorphose de Mac Gonagall, la salle d'astronomie, les cachots où se déroulaient les cours de Slug. Il aurait pu m'interroger sur ce qui j'étais, d'où je venais, mais il n'en fit rien, pourtant, je ne doutais pas qu'il étudiait chacun de mes gestes, chacune de mes paroles, chacun de mes sourires. Il m'emmena finalement jusqu'à la salle commune aux couleurs de notre maison, cette pièce était aussi chaleureuse que la première fois où je l'avais découverte. Nous y retrouvâmes mon père et Sirius. Pettigrow s'était éclipsé dans leur dortoir plus tôt dans la soirée.

Nous nous étions installés près de la vaste cheminée où je conversais si souvent avec Hermione et Ron, Sirius avait récupéré des bièreaubeurres fraîches et quelques pâtisseries auprès des elfes de maison. Je passais ainsi une heure, peut-être deux à connaître le clan des maraudeurs. Mon parrain était toujours autant extraverti et inconscient des risques et des règles, maudissant Severus et son frère. Mon père était intarissable sur sa Lily. Au bout de quelques minutes, je me sentais complètement intégré à leur groupe, comme si j'étais un nouveau maraudeur. Ce fut ma mère qui vint en hurlant nous dire que je devais immédiatement retourner à mes appartements privatifs, fustigeant Remus pour son inconséquence. Le préfet était rouge de confusion et de honte, il me reconduisit sans plus attendre jusqu'à l'appartement. D'un simple au revoir de la main, Rem s'éloigna et je restais seul devant la tapisserie de l'enfant au ballon… Les yeux brillants de larme de bonheur de les connaître tous enfin.

A suivre…