Tour of Duty (L'enfer du devoir)
Chapitre 14: Alex et Johnny
Le temps du break chez les Catous, c'était fini, notamment entre Myron et moi. Nous tenions toujours l'un à l'autre mais c'était plus pareil, je crois qu'il n'y avait plus les mêmes sentiments. Se cacher, c'est excitant au début, mais à la longue, ça devient lassant, personne ne devait être au courant. Lorsque nous nous voyions, c'était moins des amants que des amis qui se retrouvaient. C'était agréable, mais sans plus.
Tout était sur le point de changer, nous avions changé de base pour Tan Son Nhut, juste en dehors de Saigon afin de protéger la ville (une mission précédente avait parlé d'une attaque prochaine sur Saigon) et deux personnes allaient entrer dans nos vies respectives. La base était plus grande et nous ne dormions plus sous des tentes, nous avions désormais des bâtiments en dur, des baraquements c'était le début du luxe. Nous avions également un nouveau commandant, Darling.
C'était un jeudi soir, le sergent Anderson et Myron étaient en ville, pour aller chercher Riviera dans une fumerie d'opium afin de le sortir de la drogue. Je ne sais pas ce qui s'est passé mais Riviera s'est fait poignarder. Il est mort sur le trajet l'emmenant à l'hôpital. Myron m'a dit qu'une journaliste était présente, qu'elle les avait accompagnés.
Il était furieux contre la journaliste (Mademoiselle Devlyn), il considérait qu'elle était responsable, et que sans son intervention, ils auraient pu arracher Riviera à l'endroit où ils l'avaient trouvé.
Melle Devlyn était sur la piste de trafiquants de drogue et Riviera était un élément important de son enquête.
Elle était brune, mignonne, la trentaine à peine, les cheveux longs et attachés, élancée et avait un air mutin.
Un nouveau pilote était arrivé sur la base, le lieutenant Mc Key, et j'avoue que je le trouvais plutôt craquant.
Il était brun, la mâchoire carrée, un regard perçant et coquin à la fois. Il était plus musclé, un tout petit peu plus grand que Myron, semblait plus jeune et certainement plus chien fou que Myron. Ils étaient différents quoi, en même temps, pourquoi essayais je de les comparer ?
Le lendemain, le sergent reçut une lettre de son ex-femme, il l'ouvrit juste avant de partir en mission, je l'ai vu la lire durant le trajet. Elle lui disait qu'elle arriverait bientôt à Saigon pour lui parler de quelque chose d'important.
Nous avions également reçu une lettre de Horn il s'était tellement marré en apprenant que Baker était devenu le chauffeur du Général, qu'il en avait pété ses agrafes. Horn avait été blessé par un type bourré dans un bar, c'était une histoire débile. Il s'en était sorti, mais ça le rendait inapte au combat, la guerre était finie pour lui. Il attendait dans un hôpital avant d'être rapatrié.
Quant à Baker, depuis son transfert, nous n'avions aucune nouvelle.
Un toubib était arrivé, une femme, le docteur Seymour, une psychiatre civile. Elle était là pour évaluer notre stresse face au combat c'est le sergent qui était le plus en contact avec elle du fait qu'il nous connaisse tous très bien, il était paternaliste avec nous et il servait donc de lien entre elle et nous.
La mission suivante, nous a fait rencontrer ce pilote Mc Key. C'est lui qui nous a emmené.
LM « Alors, vous êtes prêt ?
LG _ Lieutenant Goldman, sergent Anderson. On nous a signalé des Viets au nord de Tan Loc.
LM _ Alors on y va. On m'a dit que vous aviez beaucoup de courage, que vous étiez des héros et qu'officieusement vous aviez une jolie fille dans vos rangs.
SA _ Il ne faut pas se fier à ce que disent les autres.
LG _ C'est quoi ces haut-parleurs ?
LM _ J'ai récupéré ça dans un camp. Le rock dans la nature, y a que ça de vrai !
LG _ Ah oui ! Vous ne devez pas être trop mauvais en psychologie ! »
Il avait quelque peu transformé son hélico en installant des haut-parleurs branchés sur sa radio.
Il nous a déposé à environ 15 Km du point de rendez-vous. Crawford, le nouveau qui marchait devant Ruiz, se fit descendre alors qu'il se relevait. Ils avaient bien sympathisé tous les 2, et ça perturba Ruiz. Il commença à trop cogiter, il croyait que la balle était pour lui.
A ce moment là, nous étions en mauvaise posture, et Mc Key nous sauva vraiment la mise. De là où il était, il voyait tout et il pouvait mitrailler tout ce qu'on ne pouvait atteindre et il le fit en musique.
Rentrés à la base, Myron s'engueula avec lui.
LG « Vous nous avez sauvé la vie tout à l'heure, alors si vous promettez de ne plus nous casser les oreilles avec votre musique, je vous paie une bière.
LM _ Ecoutez, c'est grâce à mes haut-parleurs si vous êtes vivant, alors je fais ce que je veux. Ca fait longtemps que je suis à Saigon, et je connais pas un pilote aussi bon que moi, alors quand vous voudrez un homme fort, et le meilleur, appelez-moi, je vous donnerai une leçon !
LG _ Ce n'est pas la modestie qui vous étouffe ! »
Durant notre mission, Mademoiselle Devlyn était allée en ville pour se renseigner et mettre son nez partout. Elle prenait des renseignements chez Bridger. Ce bar était tenu par un soldat américain à la retraite, la cinquantaine, avec un côté baroudeur. Il n'était pas net, trafiquait beaucoup, avait des combines à droite à gauche.
Les rumeurs disaient que le Têt (Nouvel An lunaire chinois) ne serait pas une simple fête cette année, il se disait dans certains milieux que les Viets avaient apparemment investi la ville, déguisés en paysans, et qu'ils allaient rompre « le cessez le feu » La rumeur disait également que beaucoup d'armes circulaient en ville.
De leur côté, Taylor et Jhonson étaient semble t il sur un super coup. Ils en parlaient en descendant de l'hélico. Ils avaient gagné entre autre, des « sorties » pour aller en ville tout ça en jouant au poker.
Myron était énervé à cause de Mc Key quand il tomba sur Melle Devlyn, elle était de retour de chez Bridger.
AD « Lieutenant, je pourrais vous parler ?
LG _ Ecoutez, je reviens de mission alors…
AD _ Il paraît que ça a été dur.
LG _ Vous êtes toujours au courant de tout, vous allez vous faire des ennemis.
AD _ Je ne suis pas toujours fier de ce que je fais, mais j'aime mon métier. Vous savez, 1 enfant sur 6 meurt de la tuberculose, et le reste, où il est le reste ?
LG _ Je vais vous le dire où il est le reste quand vous êtes dans un village, vous voyez passer un gamin avec un panier et le 1er GI qui y touche se fait exploser la tête et après on retrouve des petits morceaux de cervelle un peu partout !
AD _ Et c'est vous qui devez écrire un mot aux parents je suppose qu'est ce que vous leur dîtes ?
LG _ Je leur dis que leur fiston est mort bravement, bien sûr, j'évite de parler du panier pour ne pas choquer ces braves gens ! Certains de ces gamins n'ont même pas l'âge de se raser ! Excusez-moi, il faut que j'y aille.
AD _ Attendez, je ne parlerai pas de Riviera dans mon article.
LG _ Je vous remercie. »
Ca arrangeait Myron car il avait reçu l'ordre de se débrouiller pour que Mademoiselle Devlyn ne parle pas de Riviera, notamment dans un de ses articles.
Un peu plus tard après cette mission, Mc Key (John de son prénom) m'invita à prendre un verre. J'avoue que ce fut un moment sympa, nous avons bien discuté. Il était curieux, charmeur et charmant. Je sentais qu'il essayait de savoir où il allait avec moi et s'il y avait moyen.
Quelques jours plus tard, Myron invita Mademoiselle Devlyn (Alex) en ville, pour manger un bout. Ils étaient dans un restaurant quand un gamin s'approcha, il voulait cirer les chaussures de Myron.
Beaucoup de gamin mendiaient et faisaient des petits boulots pour survivre dans ce pays. Il était mignon, comme tous les gamins ici portait une casquette mais pas de chaussure il devait avoir une 10aine d'année.
GV « GI veut cirer chaussure ?
AD _ Non, le GI n'a pas d'argent. »
La gérante voulut virer le gamin, mais Myron lui fila de l'argent pour qu'elle donne quelque chose à manger au gosse.
LG « Vous connaissez le lieutenant Mc Key ? Je ne suis pas jaloux par nature, mais l'autre jour il a failli avoir un accident. Qu'est ce que cela vous a fait ?
AD _ Vous étiez dans l'hélico ?
LG _ Ma maman m'a toujours dit de ne jamais répondre à une question par une autre.
AD _ Je croyais que vous n'étiez pas jaloux ?
LG _ Ca dépend de qui c'est. »
Myron et Alex sortaient du restaurant quand celui-ci explosa. Ils furent projetés au sol.
LG « Ca va ?
AD _ Quelle horreur, ces pauvres gens ! C'est la boîte à cirage du gamin.
LG _ Ils utilisent même des enfants. Ils planqueraient une bombe dans la poussette d'un bébé sans la moindre hésitation.
AD _ Venez, je veux savoir le fin mot de cette histoire. »
La situation était plutôt marrante parce que Myron et Johnny ne se supportaient pas ça se voyait, ça se sentait ils chassaient sur les mêmes « plates bandes ».
Johnny était venu me voir avant de partir en mission. C'est ding ! Il avait une façon de baratiner. Il voulait m'inviter ce soir là, mais je lui ai dit non, même si j'en avais très envie je voulais rester avec Ruiz car il m'inquiétait. Il avait ressorti ses poupées vaudou, en fait, il commençait à déconner plein tube, il était entré en force à la morgue avec une arme au point pour parler à Crawford.
Quelques jours plus tard, le sergent alla à Saigon, nous n'avions aucune mission, et lui avait rendez-vous avec son ex-femme. Il prit le car, il y avait une jeune femme, une Américaine assise juste devant lui elle semblait paumée. Blonde, la vingtaine tout juste, en robe à fleur, avec des ballerines blanches, elle tenait une petite valise marron à la main.
Il s'est rendu à son rendez-vous au bar d'un hôtel pour y rencontrer son ex-femme. Elle avait insisté pour le voir en personne. Elle voulait lui annoncer de vive voie qu'elle allait se remarier.
Pendant ce temps, Johnny était en mission, piloter l'excitait, ça se voyait, ça lui faisait monter l'adrénaline.
CPl « Dis Mc Key, avec ta musique d'enfer les Viets vont danser le booguies
LM _ Oui, la musique en plein air, ça me botte et l'avantage c'est qu'on peut communiquer avec l'autochtone. ! »
Johnny aimait piloter avec la musique à fond.
Rad « Charly 2, ici Charly 1. A vous.
LM _ J'espère que c'était urgent Charly, t'a interrompu un tube. A toi.
Rad _ Répétez Charly 2. A vous.
LM _ Tu ne comprendrais pas Charly 1. Qui a t il pour votre service. A vous.
Rad _ Il faudrait aller récupérer une section en difficulté. A vous.
LM _ Donnez moi les coordonnées. A vous.
Rad _ Ico Lima 191709. A vous.
LM _ Bien reçu, on va y aller. Terminé »
Une fois arrivés sur les lieux.
LM « La fête bat son plein !
CPl _ On décroche ! J'te paie une bière dès qu'on rentre !
LM _ Désolé, j'ai rencard avec un ange. »
Plus tard dans la journée, le sergent ramena son ex-femme à l'aéroport.
SA « Allez Carol, je t'aime et tu m'aimes. Ca m'aidera à tenir.
Cic _ Oh Zeke…
SA _ C'est ce que tu appelles un sourire?
Cic _ J'embrasserai Cathy pour toi. »
Alex était à son bureau avec Myron et Johnny. Elle mettait la dernière touche à son article.
AD « Il paraît qu'il y a de l'activité dans les régions de Quinyong et Anyang. Les Viets vont rompre le « cessez le feu »
Taylor et Jhonson étaient au « Paradis » pour parler à Bridger car Jhonson avait gagné au jeu la moitié des parts de l'établissement. La jeune Américaine venait d'arriver, elle était à l'entrée du bar.
Vtc « Vous avez demandé Jack Bridger ?
SJ _ Je suis le nouvel associé de Bridger, je m'appelle Marvin Johnson.
MT _ Alors, il est où Bridger ? Le pourvoyeur du rêve américain ?
Vtc_ Là.
SJ _ Où ? Là ?
Vtc_ Dans l'urne, il a été abattu la semaine dernière.
Cis _ Ce n'est pas vrai, vous mentez !
Vtc _ Qui êtes vous ?
Cis _ Stacey Bridger.
MT _ Jack Bridger était votre père ? »
Elle est partie en courant en pleurant. De son côté, Alex avait réservé dans un bon restaurant de Saigon. Le patron la connaissait, et il prit la peine de lui montrer leur table personnellement. Avant de s'asseoir, Johnny alla passer un coup de fil en revenant à table, il avait l'air plutôt content de lui.
Un serveur est alors arrivé en disant à Myron qu'il avait un appel quand il est revenu quelques minutes plus tard, il était furieux.
LG « Je croyais que vous ne deviez pas parler de Riviera ? !
AD _ Je n'ai pas parlé de Riviera !
LG _ Alors pourquoi le Capitaine veut me parler ? !
AD _ Je n'en sais rien !
LG _ Vous savez, on peut aussi bien tuer avec une machine à écrire qu'avec un M16 !
AD _ Myron !
LM _ Je savais qu'il était impulsif, mais à ce point ! En tout cas, il ne faut pas que ça nous empêche de passer un bon moment. »
Au « Paradis », Marvin était dégoûté, il était accoudé au bar, il venait de comprendre qu'il s'était fait avoir, et il avait bouffé tout son fric dans cette histoire. Taylor quant à lui, pensait qu'il fallait et qu'il pouvait tout récupérer au poker. Il alla au sous-sol de l'immeuble pour tenter sa chance.
Au même moment, Stacey Bridger déambulait dans les rues de Saigon, complètement perdue. C'est là qu'elle tomba sur des sales types, sur ce, arriva le sergent, elle eut juste le temps d'être dévalisée.
SA « Chérie ! Chérie ! Vous savez les jeunes filles c'est capricieux, chérie, c'est pas un quartier ou se promener. »
Les Viets ont regardé ce type en se posant des questions puis ils se sont enfuis avec la valise de Stacey.
SA « Bienvenu à Saigon »
Ils se sont installés à la terrasse d'un café, où ils ont discuté.
Cis « Alors je vois que vos retrouvailles n'ont pas été plus heureuses que les miennes.
SA _ J'ai dû rempiler une fois de trop.
Cis _ Vous aimiez votre femme ?
SA _ Enormément, mais autant je me souviens parfaitement de la naissance de Cathy, autant je n'ai pas de mémoire pour le jour, le 6 ou le 8.
Cis _ C'est peut être que vous en avez trop pour d'autres.
SA _ Stacey, je suis désolé pour votre père. Il cherchait à nous arnaquer mes GIs et moi, mais c'était pas un mauvais gars. »
Depuis quelques temps, tout le monde écoutait une émission de radio présentée par une certaine Vanessa Dany avait flashé sur sa voix, il la trouvait sexy et chaude et il voulait la rencontrer, en plus ça lui permettait de ne pas trop réfléchir, il commençait à en avoir marre de cette guerre, il venait de se rendre compte que ça n'avait aucun sens et ça le perturbait.
Donc, lui Ruiz et moi avons pris un bus pour nous rendre en ville. Je n'étais pas très emballée, mais si ça pouvait permettre à Ruiz de penser à autre chose. En avant !
AR « Dany, on flashe pas sur une voix.
DP _ Sur le vaudou peut être ?
DW _ Arrête Dany !
AR _ Ne parle pas de ce que tu ne connais pas ! Tu ne comprendrais pas. J'avais un oncle, chaque année, il décapitait un poulet avec les dents puis il buvait son sang, et il lui bouffait le foie.
DP _ T'as raison, je ne comprends rien au vaudou. »
Le sergent et Stacey retournèrent au « Paradis », c'est là qu'ils tombèrent sur Marvin, seul, assis sur les marches d'un escalier.
SA « Alors Jhonson, qu'est ce que tu fais là ?
SJ _ J'attends Taylor, il joue au poker avec des types pas net.
SA _ On va aller le chercher.
SJ _ Il ne veut pas. »
C'est à ce moment qu'ils entendirent un coup de feu provenant des étages, ils montèrent tous les 3 en courant.
GI « Je vais prévenir la police militaire, c'est un marines, il a un flingue et un bébé, il est là. »
Le sergent est entré dans la chambre il y a trouvé un marines en caleçon, il était assis sur le lit, un bébé dans ses bras et un flingue dans la main gauche. Il avait pleuré et semblait perdu.
SA « Et, du calme, ce serait dommage de gaspiller des munitions. Mieux vaut tirer sur les Viets.
M's _ N'approchez pas ! »
Le sergent réussit à le désarmer. Juste à côté, Stacey était assise sur une chaise avec le bébé dans les bras. Melle Coin, la gérante et mère maquerelle de l'établissement ainsi que Jhonson allèrent chercher Kim sa petite amie ils la découvrirent morte sur son lit, en sous-vêtement, elle avait été étranglée.
SJ « Sergent, la police arrive.
M's_ C'est moi qui l'ai tué.
SA _ Quoi ?
M's_ Son frère était Viêt-Cong, elle me posait des questions, je lui ai dit tout ce que je savais. Je ne voulais pas la perdre.
SA _ On va essayer de te sortir de là. »
Le sergent sortait de la chambre pour parler avec la police militaire afin d'essayer d'arranger les choses, quand le marines attrapa l'arme qu'on lui avait enlevé pour se tirer une balle dans la bouche.
Au sous-sol, la partie de poker s'était arrêtée quand ils avaient entendu la police. Ils étaient tous partis en courant, Taylor essayant d'attraper une partie de l'argent qui était sur la table.
Quant au sergent, il commençait à s'énerver.
SA « Maintenant Jhonson, tu vas chercher Taylor ! Il faut qu'il arrête ses conneries !
Vtc _ Venez, j'ai quelque chose à vous dire. »
Dany, Ruiz et moi étions au club Savoy. Là-bas il repéra Vanessa, il alla tout de suite la baratiner, il n'était pas le seul. Il lui dit qu'il avait un poste important pour l'impressionner, l'emballer plus vite et ça marcha, elle le préféra à tous ces types qui étaient autour d'elle. Elle goba toute l'histoire. Ruiz n'était pas en grande forme, il disait qu'il avait le mauvaise-œil, il n'avait même pas envie d'être avec une nana.
Sur ce, Mademoiselle Devlyn et Johnny entrèrent, j'étais à ce moment là au bar pour renouveler nos consommations. Ils se sont dirigés vers moi et…
AD « Bonsoir.
LM _ Bonsoir.
DW _ Bonsoir, comment allez-vous ? Myron n'est pas avec vous ? Il m'avait pourtant dit que…
LM _ Goldman vous a dit ? Myron ?
DW _ Pardon oui, le lieutenant Goldman. S'il n'est pas là, tant pis. Je vous laisse, je vais retrouver mes amis. »
Mc Key a fait une tête bizarre, et moi ça m'a fait plaisir on peut dire que je souriais intérieurement, j'avais jeté mon pavé dans la mare. Je me suis approché de Mademoiselle Devlyn pour lui parler, avant de retrouver Ruiz et Taylor.
DW « Mademoiselle Devlyn…
AD _ Appelez-moi Alex.
DW _ Alex, je suis étonnée de ne pas voir le lieutenant avec vous, je sais de source sûre qu'il était pourtant ravi à l'idée de cette sortie.»
Elle m'a regardé d'une façon bizarre, elle exprimait beaucoup de chose, d'abord la surprise que je sois si proche de Myron, et puis ensuite je ne sais pas, comme du soulagement je crois quand elle a compris que je lui laissais la place. Par la suite, nous n'avons jamais parlé de ça entre-nous.
LM « Je l'ai envoyé se promener du côté de Quiyong.
AD _ Quoi ? ! Vous n'écoutez jamais ce que raconte la presse ? ! C'est dans cette région qu'on a repérée de l'activité Viêt-Cong !
DW _ Il faut aller le chercher ! »
De son côté, Myron roulait à tombeau ouvert vers la base de Tuc An, pour voir le capitaine il était furax contre Alex et Johnny, ce qui le faisait conduire d'autant moins prudemment. C'est là qu'il se fit attaquer, une roquette lui fit faire une embardée, et sa voiture se renversa dans le fossé. Il fut éjecté mais part chance il ne fut pas blessé. Les tirs redoublèrent et il comprit qu'il était encerclé. Il ne voyait pas l'ennemi et il tirait un peu au hasard. C'est là qu'il tua un Viet qui rampait pas très loin de lui, et qui était sur le point de l'attaquer. Il lui fit ensuite les poches et découvrit des documents intéressants. Ca allait se finir au corps à corps si d'autres s'approchaient d'un peu trop près, car il était peu armé, il avait juste un revolver et 2 chargeurs. Il se retrouverait donc vite à cour de munition.
De notre côté, c'était un peu la panique, j'avais très peur que nous arrivions trop tard, qu'il lui soit arrivé quelque chose. Johnny et Alex étaient aux commandes, moi je m'occupais de la mitrailleuse. Rapidement, nous avons aperçus la jeep dans le fossé, mon cœur s'est serré, puis nous l'avons vu, dans les hautes herbes, nous faisant signe. Je me suis mise à mitrailler dans tous les sens nous nous sommes posé, pas très loin de lui, et il a sauté dans l'hélicoptère. Nous avons vite re-décollé.
J'ai mitraillé encore 2 minutes, pendant qu'il engueulait Johnny. Ensuite il s'est tut, et s'est assis dans un coin. J'ai lâché la mitrailleuse et je me suis assise à côté de lui.
Dans le sous-sol du « Paradis », Taylor, Johnson et le sergent, conduits par Mademoiselle Coin la gérante tombèrent sur Bridger. Stacey les avait discrètement suivis. Elle resta sans voie lorsqu'elle vit son père devant elle. Elle l'avait pleuré, et le fait de le voir comme ça devant elle, lui fit un choc. Lui aussi d'ailleurs, il ne s'attendait pas à voir sa fille dans Saigon le soir d'une attaque massive.
Bridger trafiquait des armes, et en parlant à Alex, il s'était mis en danger, en fait, il avait signé son arrêt de mort. Il avait choisi de se faire passer pour mort et de disparaître.
Quand ils décidèrent de sortir, ça se fit sous les bombes et les tirs.
Comme le prédisait la rumeur, la fête du Têt avait tourné. La guérilla avait investi la ville, et Bridger se fit tuer cette nuit là.
Le sergent Taylor et Marvin escortèrent Stacey jusqu'à un lieu plus sûr.
De notre côté, nous étions arrivés à la base. Les choses avaient changé durant le trajet de retour.
Lorsque je me suis assise à côté de Myron, je me suis jeté à son cou, je l'ai embrassé comme je ne l'avais pas fait depuis très longtemps.
LG « Déborah…
DW _ Tu m'as vraiment foutu la trouille.
LG _ Je suis toujours là…Déborah. »
Je l'ai lâché et je lui ai pris la main. Il fallait être discret, nous n'étions pas seuls. Une discussion s'imposait, nous l'avions que trop repoussée.
DW « Je sais ce que tu vas me dire, il est temps d'arrêter.
LG _ Je tiens énormément à toi, mais…
DW_ Il y a Alex. Moi aussi je tiens à toi, toujours, mais j'ai envie d'explorer d'autres horizons.
LG _ Mc Key. Il y a des choses qui me dépassent. Tu avais pourtant un goût très sûr avant.
DW _ Ca suffit!"
Nous nous sommes regardés, et nous nous sommes souris. Nos doigts se sont entremêlés et il m'a embrassé les cheveux. En descendant de l'appareil, Myron sauta sur Johnny, il avait retrouvé ses envies de meurtre.
AD « Myron ! Johnny a reconnu ses torts!
LM _ Cognez si vous en avez envie! »
Myron l'a fait, et Johnny s'est retrouvé par terre.
AD « Cognez-moi aussi si vous voulez !
LM _ J'avoue que je l'ai mérité.
LG _ Je vais tout vous dire ! J'ai trouvé un plan du dispositif et des laissez-passer de Thant Son Nhut sur le Viet que j'ai tué. Les Viets vont nous rendre visite. »
Myron était déjà parti avec Alex sur les talons.
LM « Oh ! Merde ! …Déborah, je peux vous parler ?
DW _ Plus tard, on n'a pas le temps.
LM _ Attendez, attend, je m'excuse.
DW _ Pourquoi tu t'excuses ? Tu ne me dois rien.
LM _ J'étais avec Alex pour ennuyer Goldman. C'est juste une bonne copine, je la connais depuis quelques temps déjà.
DW _ Tu n'as rien à m'expliquer.
LM _ J'aimerais être avec toi plus souvent mais tu es apparemment avec Goldman…Mais ça ne m'empêchera pas de tenter ma chance.
DW _ Tu es bien sûr de toi. Et puis avant d'affirmer quelque chose, renseigne-toi.
LM _ Quoi ?
DW _ Il n'y a plus personne. »
Il s'est approché il m'a passé la main derrière la tête au niveau de la nuque, il a exercé une pression pour m'attirer à lui et il m'a embrassé. Ca faisait bizarre, je l'ai voulu presque au premier regard, je m'étais demandé comment ça serait et maintenant je savais. C'était charnel, lent et intense à la fois. Je me suis retrouvée collée à lui, sa main derrière la nuque est doucement descendue le long de mon dos pour se caler au creux de mes reins. Je sentais toujours cette pression dans ses doigts pour me tenir serrée contre lui. Son autre main était posée sur ma joue. Il était si doux c'était si différent de l'impression qu'il pouvait dégager au premier abord.
Pendant ce temps, Ruiz et Dany se baladaient avec Vanessa et une copine à elle dans les quartiers louches. C'est alors que Vanessa a sorti une arme pour les tuer, elles comptaient les dévaliser, leur voler des documents importants, des laissez-passer pour pouvoir investir la base.
Dany a réagi, il s'est interposé et a dévié l'arme mais le coup est parti, la balle a effleuré la tête de Ruiz. Il a été sonné. Dany a réussi à la désarmer, il les a ensuite abattus toutes les 2 avant que la 2ème n'ait le temps d'utiliser son arme.
AR « Oh ! Merde ! Encore une balle pour ma pomme ! J't'aie dit que j'avais la poisse !
DP _ Allez, on se casse, dépêche !
AR _ Tu les as flinguées ?
DP _ Oui. »
Tous ceux qui étaient en dehors de la base sont rentrés nous sommes tous rentrés avant de ressortir, armés cette fois-ci. Nous avons passé une partie de la nuit à nous battre en ville. Saigon n'était pas une ville facile à occuper et à tenir, il y avait plein d'embuscade et de coin propice aux attaques.
Le lendemain ça s'était calmé, ce n'était pas encore fini, mais nous inspections les quartiers et les rues une par une. Le nettoyage complet des rues nous prit toute une semaine.
Pendant une semaine nous avons été sur le pied de guerre, nous ne sommes quasiment pas rentrés à la base et je n'ai pas eu l'occasion de voir Johnny. Je me suis plusieurs fois demandé comment ça allait se passer par la suite mais je n'avais pas le temps de trop m'attarder sur ces questions je devais restée concentrée sur ce que je faisais. La guérilla urbaine était bien plus dangereuse que se battre dans la jungle, c'est là que nous nous en sommes aperçus, il y avait bien plus de blessés que pour les autres missions.
SA « Lieutenant, faites-moi plaisir, la prochaine fois que Mademoiselle Devlyn vous dit quelque chose, écoutez-la. »
Pendant ce temps, Alex était à son bureau, pour écrire son article.
« Saigon, le 31 janvier 1968
Les attaques surprises des communistes contre Saigon et la plupart des chefs-lieux de district du Vietnam du Sud ont été très violentes.
Depuis des années, les Viêt-Congs et les Nord-vietnamiens combattent dans les rizières et la jungle. Aujourd'hui pour la première fois, c'est contre les villes, qu'ils ont mené leur plus violente offensive depuis le début de la guerre.
Bien qu'ils soient militairement battus, aujourd'hui les communistes ont démontré leur capacité à déclencher des attaques à l'échelle de tout le pays.
Cela soulève bien des questions quant à une victoire américaine.
A. Devlyn. »
