Chapitre 14
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La nouvelle s'étant répandue à toute vitesse la salle d'arme se remplie rapidement d'une foule curieuse et surexcitée qui se massa sur les bords en laissant libre le milieu.
Les deux duellistes s'y placèrent.
Harry angoissé au possible écrasait nerveusement les mains de Neville et Ron qui l'entouraient et qu'il avait saisit dans les siennes.
L'assurance dont avaient fait preuve Draco et Severus l'avait rassuré un moment mais voir le blond faire face à Aelred qui semblait déjà persuadé de sa victoire lui mettait le doute et il avait peur.
Ses deux amis ne disaient rien, ils comprenaient son inquiétude, mais ils grimacaient de douleur.
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Sur un geste d'Eben le combat s'engagea.
Les adversaires commencèrent à se tourner autour de manière à se tester puis les échanges se firent plus violents.
Harry qui piétinait sur place et tremblait d'appréhension ouvrit des yeux béats d'admiration quand il vit son amour, l'air déterminé et le regard étincelants, se mettre subitement à attaquer Aelred sans relâche.
Ce dernier résista avec beaucoup de technique il fallait bien le reconnaître mais souplement et avec une élégance qui fit fondre le brun Draco l'accula progressivement, son adversaire qui ne pouvait plus que reculer sous ses assauts qui se succédaient, ne fit plus que se défendre, parant les coups au mieux.
La foule qui jusque là avait soutenue son champion en criant se tu, il était clair qu'il était en mauvaise posture.
Brusquement Draco qui n'avait aucune envie de faire traîner ce combat, qu'il menait haut la main, fit un rapide moulinet du poignet et sa lame s'entremêla à celle d'Aelred qui sans comprendre la vit s'envoler de ses mains et retomber loin de lui sur les dalles de pierre.
Il s'immobilisa en déglutissant péniblement, la pointe menaçante de la lame du blond posée sur sa gorge.
Draco appuya dessus mais malgré tous ses défauts le fils d'Eben était fier et honnête dans ses combats et leurs yeux rivés l'un à l'autre il ne le supplia pas de l'épargner.
Ce dernier qui l'aurait bien achevé sans un battement de cil, choisit pourtant de lui laisser la vie, pour Eben.
D'un geste vif et précis il lui entailla profondément la joue et recula en baissant son épée, le sang avait coulé l'honneur était sauf.
Aelred après une hésitation s'enfuit.
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Fou de joie et de soulagement Harry courut vers Draco qu'il prit dans ses bras en jetant un regard luisant de fierté sur ceux qui les entouraient.
« Il est à moi ! clamait ce regard………..rien qu'à moi et qu'on se le dise !
« Je t'aime ! lui murmura t-il, puis il l'embrassa avec passion, se moquant qu'on les observe.
Quand ils se séparèrent Eben s'approcha du blond et lui posa une main sur l'épaule.
« Merci ! lui dit-il à voix basse.
Draco venait de gagner le respect de tout le clan qu'Aelred venait de perdre.
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Plus tard dans la journée le chef du clan leur fit visiter ses terres, son domaine très bien géré n'était pas pauvre mais pas riche non plus, ici ils vivaient surtout de l'élevage des moutons et il y en avait de partout, répandant une odeur assez forte.
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Le soir venu pour la première fois depuis longtemps les trois couples eurent enfin chacun droit à l'intimité d'une chambre, là au creux d'immenses lits à baldaquin la nuit fut très agréablement agitée, chacun retrouvant avec un plaisir intense les caresses et le corps de l'autre.
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Lucius Malfoy ne décolérait pas, cela faisait maintenant deux mois que les prisonniers s'étaient enfuis et ses soldats n'avaient trouvés aucune trace d'eux, c'était comme si ils s'étaient brusquement volatilisés.
Il avait décidé d'abandonner les recherches le matin même en leur souhaitant d'être tous morts au détour d'un chemin, il avait maintenant un autre souci.
Après la fuite de son fils et comme il s'y attendait le comte Voldemort avait très mal prit cette histoire et contrairement à ce qu'on disait le ridicule tuant, il l'avait mit au ban de toute la bonne société qui en faisait des gorges chaudes.
Mais la veille le Lord l'avait enfin convoqué dans son palais, Lucius s'y était précipité en pensant qu'il allait retrouver sa place de bras droit.
C'était bien le cas mais avec une petite condition.
Le comte le voulait à ses côtés de jour comme de nuit...de nuit surtout d'ailleurs.
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Lucius se regarda attentivement dans le miroir à pied.
Il se savait très bel homme et avait toujours su que le Lord l'aurait bien voulut dans son lit mais il avait toujours refusé ses avances, étant de la même caste Voldemort ne pouvait l'y obliger.
Mais là, la veille ce dernier avait été assez explicite.
Soit il devenait son amant et sous sa protection il retrouvait sa place dans le monde.
Soit il refusait et passait le reste de ses jours à l'écart de tous, seul dans son château, en paria.
Il frissonna en repensant au regard du comte et à l'éclat d'amusement et de plaisir anticipé qui y avait brillé.
Il le tenait à sa merci et le savait.
Pourtant si Lucius avait mieux regardé il n'aurait lu aucune lueur perverse dans le regard du Lord.
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Il soupira en posant par réflexe une main sur l'une de ses fesses qu'il massa lentement.
« Je n'aurais qu'à fermer les yeux ! se dit-il tout en sachant que ce serait loin d'être suffisant, seule petite consolation Voldemort était loin d'être désagréable à regarder c'était plutôt l'inverse et beaucoup auraient souhaité être à sa place et puis il ne fallait pas oublier que c'était un homme très puissant.
Il se saisit d'une légère cape de velours et sortit d'un pas décidé.
Il était hors de question qu'il finisse en paria.
Les beaux projets qu'ils avait fait grâce à son fils ne se réaliseraient jamais, il n'aurait jamais de pouvoir, le Lord le maintiendrait sous son joug il en était certain, mais auprès de lui il serait quand même craint et respecté.
C'était mieux que rien.
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La guerre entre les deux clans s'était achevée mais les six amis étaient restés, n'étant pas pressés ils avaient acceptés l'invitation d'Eben, avec qui ils s'entendaient très bien, de passer l'hiver avec eux.
Hiver très rude qui s'installa rapidement dans les montagnes et la neige fit son apparition.
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Dans le château il n'y avait pas grand-chose à faire durant cette saison où tout marchait au ralenti et Blaise, qui avait reçu la même éducation que Draco, se mit à donner des leçons aux enfants du château, leur enseignant l'écriture et la lecture.
Ce qui plut beaucoup à Eben qui regrettait de ne pouvoir faire de ses petits-enfants, qui avaient tout de petits sauvages, des êtres civilisés et il les encouragea.
Il n'y avait aucune école dans cette région oubliée et pour qu'ils puissent faire des études il aurait fallut les envoyer à Edimbourg, ce qui était trop cher pour sa bourse, la seule solution aurait été de faire venir des précepteurs, malheureusement aucun ne voulait venir se perdre dans cet endroit à la mauvaise réputation.
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Draco s'y mit lui aussi et avec Blaise ils s'avérèrent des enseignants peu commodes mais excellents.
Des heures réservées à l'étude furent instaurées et Ron et Harry qui assistaient à tous leurs cours les regardaient avec des yeux amoureux et amusés.
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Severus et Neville suivirent l'exemple et donnèrent des leçons d'escrime et de tir au lance pierre, ce qui fit fureur parmi les enfants qui en furent bientôt tous équipés, au grand dam des adultes qui se retrouvèrent avec des bleus partout.
Neville se prit aussi d'amitié avec le vieil apothicaire du château qui lui enseigna toutes les vertus des plantes du coin, seuls remèdes vraiment valables à l'époque.
Les médecins eux avaient une fâcheuse tendance à vous saigner pour un oui ou pour un non, c'était la panacée universelle, ce qui souvent achevait le pauvre malade qui avait eu l'idée malheureuse de faire appel à l'un d'entre eux.
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Les jours passèrent tranquilles, Aelred évitant Draco et Harry autant que possible, il était stupide mais pas au point de ne pas reconnaître une défaite et son père avait était très clair, il devait se tenir loin de ses hôtes ou alors il sévirait, pour la première fois de sa vie Aelred avait comprit à son air que son père ne plaisantait pas, il était prêt à le punir sévèrement en cas de désobéissance.
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Ils étaient heureux au milieu de ces gens qui finalement sous leur rudesse apparente n'étaient pas ce qu'on disaient d'eux.
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Un jour alors que l'hiver s'achevait et que les premiers beaux jours arrivaient, ils sortirent tous pour une promenade à cheval en compagnie d'Eben, ils s'éloignèrent des terres de ce dernier et arrivèrent non loin d'un lac aux eaux grises près duquel ils aperçurent un château qui leur plut immédiatement.
Perché sur une butte verdoyante par l'herbe printanière il se découpait fièrement sur le ciel bleu.
Ils s'arrêtèrent pour l'admirer et Eben les voyant sous le charme leur expliqua qu'il était à vendre, le seigneur à qui il appartenait était allé s'installer pour de bon dans la capitale.
Eben espérait qu'ils soient intéressés, qu'ils deviennent ses voisins lui convenait tout à fait.
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A samedi si vous voulez!
