Peter Hale - Ian Bohen x Fem!reader / Commande Wattpad
Il y avait des endroits que tu aimais bien, dans la vie. Ta chambre, par exemple, ou comme tu aimais l'appeler, ton sanctuaire. Personne n'y mettait les pattes sans ton autorisation, et c'était réellement reposant d'avoir un lieu à toi toute seule.
Ensuite, il y avait le lycée. Oui, tu devais avouer que même si parfois les gens pouvaient être stupides, c'était assez cool, comme endroit – et okay, peut-être que tu aimais bien apprendre aussi, alors cela aidait.
Puis, il y avait la bibliothèque. Ça, c'était la baaaase de la base. Tu aimais particulièrement les livres, en fait, et tu adorais les lire en silence – enfin, tu aimais aussi bien quand tu avais des écouteurs et de la musique calme en fond, mais bref. Tout ça pour dire que tu pouvais passer des heures dans la bibliothèque, à justement, lire.
Mais tu n'avais pas tout à fait prévu de prendre un livre, et de te retrouver littéralement dedans. Mais dedans… Vraiment littéralement. Littéralement de littéralement, même.
Et tu avais encore moins prévu de faillir mourir dès le début ! Sérieusement, quel auteur commençait, dès la première page, à mettre ses personnages dans des situations impossibles ? C'était dans les thrillers, ça, pas dans la fantasy, et encore moins dans la romance, merde !
- Harleen, t'es sûre que tout va bien ? Tu agis vraiment bizarrement, depuis ce matin !
Il te fallut encore une petite seconde de réflexion pour comprendre que c'était à toi qu'on parlait – parce que mince, tu t'appelais Sarah, toi, pas Harleen ! Et évidemment, que tu agissais bizarrement, tu avais à peine ouvert le bouquin que tu étais tombée dans l'histoire ! Alors non, tu ne savais pas comment Harleen agissait, oui, tu avais cru que c'était une blague quand on t'avait dit de courir, et oui, tu étais presque morte de peur en voyant un putain de loup-garou à deux pas de toi et prêt à t'égorger.
- Je viens bien, Peter, je t'assure, souris-tu faiblement à Peter.
Peter, qui avait le corps de Ian, ton meilleur ami. Christ, est-ce que les choses pouvaient être encore plus bizarres qu'actuellement ? Tu ne croyais pas. Surtout que Peter agissait à l'opposé de Ian. L'Oméga était brusque, presque toujours moqueur, un sourire narquois posé sur les lèvres en permanence, et avait l'air de prendre les choses toujours différemment. Ton Ian était vraiment totalement l'autre côté de la médaille. Il était calme, tout le temps attentif aux autres, plutôt doux, et quand il riait, c'était pour de vrai.
Mais par contre, c'était vrai que d'un point de vue physique… Des jumeaux. D'ailleurs, toi, tu étais bien dans ton corps – ce qui était peut-être la seule chose bien de cette aventure, parce que tu n'étais pas sûre de supporter être physiquement quelqu'un d'autre. Déjà qu'apparemment, tu étais différente…
Le soupir de Peter te sortit de tes pensées, et avant que tu n'aies eu le temps de dire quelque chose, il t'avait prise dans ses bras, te faisant un câlin. Et mince, pour le coup, ses câlins étaient totalement ceux de Ian : rassurants, tranquilles, et forts. Par réflexe, tu t'agrippas au tee-shirt de Peter et fermas les yeux, respirant son odeur. Tu ne savais pas trop quelle relation avait cette Harleen et Peter, mais en tout cas, ils étaient proches.
Tu expiras lentement, et lorsque tu rouvris les yeux, tu étais affalée sur une table de la bibliothèque.
Est-ce que tout cela était un rêve ?
Assise sur ton lit, le livre fermé devant toi, tu ne savais pas réellement quoi faire. Trois fois déjà, tu étais retournée dans Teen Wolf. Seulement, tu étais incapable de dire où tu étais dans l'histoire : c'était comme si elle avançait quand tu n'étais pas là ; et tu pouvais ouvrir le bouquin au début comme à la fin, cela n'avait pas eu d'incidence.
Bilan, tu ne savais pas quoi faire. Harleen en prenait toujours plein dans les pattes, mais en même temps, elle avait la meute avec elle, et Peter. Désormais, tu étais presque sûre qu'il y avait quelque chose entre eux – Peter te cherchait trop pour que cela soit juste amical.
Mais cela restait le corps de Ian, et toi, tu étais incapable de réussir à bien différencier les deux.
Bilan, Peter trouvait que Harleen agissait bizarrement, et Ian trouvait que toi, tu avais aussi des réactions étranges.
D'ailleurs, comme s'il avait lu tes pensées, ton téléphone vibra soudainement, t'indiquant un appel.
- Hey, Ian, fis-tu, souriant instinctivement – Harleen ou pas, Peter ou pas, Ian restait ton meilleur ami.
- Salut, sweetie ! Dis, je me demandais, ça te dirait qu'on se voit, cette après-midi ?
- J'aurais bien voulu, mais -
- Non, il n'y a pas de mais qui tienne ! Fit sérieusement Ian à l'autre bout du fil, te faisant claquer des dents. Juste, Sarah, je… Vraiment, je ne sais pas ce qui se passe, pourquoi tu agis comme ça en ce moment, mais j'aimerais bien retrouver ma meilleure amie. Alors, juste toi et moi, au parc, comme avant ?
Pendant quelques secondes, ton cœur accéléra sensiblement, et sans comprendre comment, tu te retrouvas à dire oui, quatorze heures, sous le chêne.
Autant dire que le livre fut oublié sur ton lit et que tu passas la demi-heure suivante à t'insulter en te répétant que non, Peter n'était pas Ian, et que non, tu n'étais pas Harleen, et que oui, Ian était ton meilleur ami, mais que c'était tout, bon sang ! Tu poussa un long soupir en te décidant finalement à sortir de chez toi pour ne pas être en retard. Tu pouvais le faire. Tu étais capable de le faire. Et lorsque tu arrivas au chêne et que Ian y était déjà, à regarder le ciel, ton cœur rata un battement. Bon sang. Tu pouvais quand même le faire, même si cela semblait un petit peu plus compliqué que prévu.
- Sarah !
…
Okay, beaucoup plus compliqué, parce que mince, le sourire Ian venait de te retourner l'estomac de la plus belle des manières.
Et ce sourire ressemblait beaucoup trop à ceux de Peter pour ton propre bien.
S'il y avait quand même quelque chose d'étrange, avec le livre – enfin, encore plus étrange que le fait que tu pouvais entrer dans un univers alternatif, s'entend – c'était le temps.
Au début, tu avais essayé de trouver un lien – par exemple, un jour là-bas, faisait une minute ici ; mais non, il n'y avait aucun lien.
Du tout.
Désormais, cela faisait presque un an que tu avais le bouquin. Enfin… Tu avais. Disons que tu renouvelais en permanence ton prêt à la bibliothèque, et que le livre n'était jamais demandé, alors… En tout cas, le fait était que sur un an de ton univers, il s'était écoulé presque quatre ans dans l'autre – et une fois, entre deux de tes voyages, il s'était écoulé un an entier.
ENTIER.
Autant dire que cette fois-là, tu avais eu du pain sur la planche pour tout rattraper.
Surtout entre Harleen et Peter, parce que visiblement, ces deux-là avaient réussi à finir par sortir ensemble. Et à chaque fois que Peter te regardait, ou te serrait contre lui, tu avais ton cœur qui faisait la fête, parce que même si c'était Peter, c'était le corps de Ian bon sang.
Et peut-être que tu étais un peu beaucoup tombé amoureuse de ton meilleur ami. En fait, voir Peter, puis voir Ian, c'était tout simplement horrible, parce que Harleen avait une relation avec Peter mais que toi… Toi, tu étais tout simplement trop timide pour tenter de parler à ton meilleur ami. Tu le voulais, mais à chaque fois que tu le voyais, tu avais tes joues qui rougissaient atrocement, et tu perdais le fil de tes mots comme une collégienne.
Bilan, tu t'étais résolue à ne rien dire du tout.
Tu ne disais rien du tout, tu l'observais de loin, et quand tu étais Harleen et pas Sarah, tu te perdais dans les bras de Peter.
Au début, tu avais tenté de ne pas le faire, vraiment – parce que bon sang, tu avais le sentiment qu'au final, Peter tromperait Harleen s'il t'embrassait toi – même si techniquement, c'était elle qu'il embrassait, et toute cette merde était bien trop trop trop compliquée.
Et puis une fois, tu avais ouvert le bouquin, et tu t'étais retrouvé serrée contre Peter, plaquée contre un arbre, avec lui qui t'embrassait comme si tout son monde, c'était toi. Enfin, Harleen.
Mais ces lèvres, c'étaient celles de Ian, et tu avais découvert, au fur et à mesure, que Peter et Ian étaient bien plus semblables que tu ne le croyais – à vrai dire, parfois, tu croyais même avoir Ian en face de toi alors que tu n'étais pas dans ton univers, et certaines fois, tu croyais avoir Peter à tes côtés alors que c'était Ian.
Alors, à ce moment-là, tu avais… Et bien, tout simplement, tu avais perdu pied. Tu t'étais laissé aller complètement, répondant au baiser de Peter avec fougue, même si dans ta tête, les frontières devenaient de plus en plus floues. Lorsque des mains avaient parcouru ton corps, contre cet arbre, tu avais été incapable de dire si c'étaient celles de Peter ou celles de Ian, et tu t'étais juste laissé porter par la puissance du plaisir qui parcourait les moindres nerfs de ton corps.
Et Christ, que cela avait été bon. Lorsque tu étais ressortie de l'histoire – toujours sans comprendre comment, parce que non, en un an, tu n'avais toujours pas réussi à comprendre comment marchais cette chose, tu avais été incapable de regarder en face Ian pendant plusieurs jours. Et heureusement que ton meilleur ami avait été débordé de travail pendant ce moment-là, parce que sinon, tu étais sûre qu'il aurait remarqué qu'il y avait un truc qui n'allait pas chez toi.
Mais bon sang, tu te rappelais encore des mains de Peter qui tenaient des cuisses fermement alors que tu avais enroulé tes jambes autour de sa taille, et comment il t'avait fait l'amour avec passion. Putain.
Tu avais attendu un bon moment avant d'ouvrir à nouveau le livre, mais lorsque tu l'avais fait, tu ne t'étais définitivement pas attendue à faire un saut dans le temps de sept mois.
Et tu ne t'étais encore moins attendue à ce que Peter et Harleen se soient mariés.
Et que Harleen soit enceinte.
En te rendant compte de cela, tu eus l'impression que ton corps arrêta de fonctionner complètement. En effet, s'il y avait une chose qui était toujours liée entre ce monde et le tien, c'était l'état physique. Si, en étant Harleen, tu t'étais fait griffer, et que tu revenais dans ton monde avant d'être soignée dans l'autre, alors la griffure était sur ton propre corps.
Ce qui voulait dire que tu étais… Enceinte. Toi aussi. Et que c'était pour ça que tu avais du retard sur tes règles depuis deux semaines alors que tu prenais la pilule. Merde !
En tout cas, tu eus à peine le temps de te sortir de ton état de stupeur que le mot « fin » s'affichait devant toi sur un fond noir, avant de te propulser plus durement que jamais dans ton réel monde.
- Sarah ? Sarah !
- Qu-quoi ?
Tu clignas fébrilement des yeux, tentant d'éclaircir ta vision et de chasser les étoiles qui voletaient devant tes yeux.
- Tout va bien ? Demanda une voix chaude, que tu attribuas immédiatement à Ian – et effectivement, il y avait bien ton meilleur ami qui te tenait contre lui en te regardant d'un air préoccupé, ses sourcils froncés.
- Je… Ouais, tout va bien, réussis-tu à dire en souriant faiblement, tentant de calmer les battements affolés de ton cœur.
- Tu es sûre ? Parce que tu étais en train de dormir et d'un coup, tu t'es mise à sursauter, un truc de fou, et -
Ian se coupa brutalement en regardant ton lit – ton lit, sur lequel il y avait le livre. Ton meilleur ami sembla à court de mot pendant quelques secondes, la bouche entrouverte d'étonnement,avant qu'il rebaisse ton regard vers toi.
- Tu… Tu étais Harleen ? Demanda-t-il, semblant à bout de souffle.
Mais mince, comment pouvait-il connaître Harleen ? Et comment pouvait-il avoir deviné que tu avais été – oh, bordel.
- Tu étais Peter ? Fis-tu, bouche-bée, alors que les implications de cela étaient en train de faire une tornade dans ta tête.
Ian hocha faiblement la tête, et sans que tu puisses t'en empêcher, tu eus un rire hystérique en te cramponnant à lui.
- Tu… Je… On va être parents Ian, réussis-tu à bégayer, alors que ton rire se transformait en des pleurs, et ton meilleur ami te serra contre lui comme s'il voulait te protéger du monde entier.
- Hey, sweetie.
Une paire de bras solide s'enroula autour de tes hanches alors qu'une bouche tendre se posait dans ton cou, et tu te laissas aller dans l'étreinte avec bonheur.
Pendant un moment, Ian resta simplement comme ça, dans ton dos, à embrasser ton cou et ta nuque, avant de finalement se décaler pour te faire tourner. Avec un sourire, tu passas tes bras par-dessus ses épaules, venant jouer avec les cheveux court de sa nuque.
- Qu'est-ce que tu fais là ? Demandas-tu avec un sourire, te coulant contre la chaleur de son corps. Tu étais en train de dormir.
- Hum, je crois que je n'arrive plus à dormir lorsque ma femme n'est pas à côté de moi, fit-il en souriant, frottant son nez contre le tiens, et tu eus un léger rire.
- Charmeur.
Ian eut un sourire en coin avant de venir t'embrasser tendrement.
- Moi ? Si peu ! Murmura-t-il contre tes lèvres, et un sourire étira les tiennes.
Cependant, lorsque Ian entrelaça tes doigts pour te tirer dans votre chambre, tu te laissas faire avec félicité, éteignant juste la lumière de la bibliothèque.
Dedans, il y avait deux exemplaires d'un livre, posés dans un coin, et qui n'avaient jamais été réouverts.
