Angela Hopper : Espoirs et Désillusions
Prologue
Un jour, je me suis rendu compte que rien n'avait d'importance. Je vivais ma vie comme un rêve, riant d'un rien, inconsciente du monde qui m'entourait. Je ne pensais qu'à m'amuser, refusant que l'on vienne me prendre cette liberté qui était la mienne. Je pensais sincèrement que j'étais heureuse, entourée de mes amies et vivant comme bon me semblait avant de réaliser que je n'avais rien.
Après tout, je n'étais qu'une fille normale et sans histoire. Du haut de mes quinze ans, je ne connaissais encore rien de la vie puisque mon plus grand échec avait été de perdre mon meilleur ami, mais jamais je n'avais connu une aussi grande tristesse que ce jour-là.
J'avais deux amies : Maya et Ambre. Nous étions inséparables depuis la maternelle, mais également toutes aussi rêveuses les unes que les autres.
Maya était la plus énergique du groupe, toujours prête à partir à l'aventure chercher des trésors enfouis ou escalader les plus hauts sommets. C'était une fille assez grande pour son âge aux longs cheveux noirs qu'elle tirait vers l'arrière, gardant néanmoins une sorte de frange du côté droit du visage, laissant une frange cacher à moitié son œil gauche. Ambre, quant à elle, était la plus raisonnable, toujours à peser le pour et le contre, réfléchissant toujours avant d'agir et cela se voyait dans son apparence. Toujours impeccablement coiffée, la jeune brune ne laissait dépasser que deux petites mèches de chaque côté de son visage fin et angélique pour m'imiter. La gentillesse et l'innocence se lisaient dans son regard vert émeraude et son sourire éclatant. Et enfin il y avait moi, Angéla, la blonde du groupe, celle qui les faisaient rire, qui égayait leurs journées, en quelque sorte le bouffon, mais cela ne me dérangeait pas. J'aimais le temps que nous passions ensemble et je tout le reste m'était égal et me paraissait futile.
Et puis un jour, je fus ramenée à la réalité, de la façon la plus brutale qui soit. Je n'y étais pas préparée évidemment, personne ne l'aurait été à vrai dire.
Lorsque notre vie bascule d'un seul coup, du jour au lendemain sans prévenir, passant du rêve le plus doux au cauchemar le plus atroce, nous nous brisons et nombreux sont ceux qui ne s'en relèvent jamais.
« Je vous sauverai, coûte que coûte, même si pour cela je dois y laisser la vie. Je me relèverai autant de fois qu'il le faudra, j'affronterai les pires monstres, je vaincrai les pires adversaires, mais je vous retrouverai et je réparerai mes erreurs. Je refuse que d'autres paient pour ma stupidité et mon aveuglement. »
Si le destin s'acharnait contre moi, alors moi aussi, j'allais m'acharner contre lui. Je n'allais pas le laisser me vaincre aussi facilement. Ne pas savoir abandonner, être têtue et totalement déraisonnable, voilà ce qu'on me reprochait souvent mais si cela me permettait de retrouver ce que j'avais perdu, alors j'allais l'être, plus que jamais.
Et dire que tout cela avait commencé d'une façon tellement banale que c'en était presque risible…
Angéla : Une vie de rêve ?
Enfin ! J'avais finalement réussi. Après tant d'effort et de dur labeur, j'étais finalement devenue championne mondiale de duel de monstres, écrasant sans difficulté l'ancien roi, Jack Atlas.
Tandis que je m'avançais sur le podium afin de recevoir mon trophée, je saluai une foule en délire qui m'applaudissait à tout rompre. J'étais leur héroïne, celle étant partie de rien et qui, en à peine quelques mois, avait gravi tous les échelons jusqu'à devenir numéro un.
Mais, alors que le présentateur allait me remettre ma récompense, une sonnerie retentit et le décor changea pour une banale salle de classe, après un cours de maths visiblement à en juger par les inscriptions étranges au tableau.
Comment m'étais-je retrouvée là ? Et où était mon trophée ? Etait-ce un adversaire rancunier qui m'avait assommée de me trainer de force à l'école pour se venger d'avoir perdu contre moi ? C'était une théorie plus que probable…
Du moins…c'est ce que j'aurais aimé…
-Angela ! Me cria Ambre, tu viens ou on va encore déjeuner sans toi !
-Oui, oui, j'arrive lui répondis-je d'un ton las tout en rangeant mes quelques affaires trainant sur ma table.
Je me levai ensuite de ma chaise avant de m'étirer et bailler longuement. Les cours de maths n'étaient vraiment pas de tout repos, surtout avec notre professeur, Cloclo, qui ne nous lâchait jamais d'une semelle. La seule alternative que j'avais trouvée pour échapper à ses questions était de me réfugier dans le monde des rêves.
-Angela, tu crains vraiment, me lança maya une fois que je l'eue rejointe.
-Tu vas me dire que tu as écouté toi-même en étant réveillée ? Rétorquai-je.
-Non, mais dis-toi qu'on a bien rigolé pendant ce cours de maths, tu as vraiment raté quelque chose.
-Vraiment ? M'exclamai-je, soudainement intéressée par les ragots.
-Oui, une marmotte endormie canardée de craie par un chasseur prof de maths en colère railla Maya en éclatant de rire, suivie immédiatement d'Ambre.
C'était donc pour ça que j'avais autant de poussière de craie sur toutes mes affaires et que mes mains étaient aussi blanches que de la soie…Depuis le temps, ce n'était plus quelque chose qui me dérangeait, surtout que la craie partait assez facilement sur l'uniforme de l'école.
-Au moins, il a utilisé du blanc cette fois, la dernière fois j'ai mis presque dix minutes avec le rouge lui répondis-je en haussant les épaules.
Mes deux amies repartirent dans un fou rire incontrôlable en me revoyant râler aux toilettes et repeindre les lavabos en rouge avant qu'une élève ne s'évanouisse pensant que j'avais du sang sur les mains. Ça m'avait pris dix minutes de plus pour la réanimer et évidemment, j'étais arrivée en retard au cours suivant…
Sur ces belles paroles, nous descendîmes à la cantine et sans grande surprise, il y avait une queue faisant trois fois le tour de la cour pour y accéder. Mais, même si j'avais une envie folle de repasser par les souterrains pour couper et manger immédiatement, Ambre me rappela à l'ordre avec la menace du surveillant général qui pesait sur moi depuis la dernière fois.
-Je te rappelle que ce type te traque, il doit sûrement attendre au bout pour t'attraper et te mener directement chez Chapy !
-Le surveillant général en boss final ? Rien de plus facile, non seulement tu pourras m'admirer à l'œuvre mais en plus tu auras un repas dans les cinq minutes ! Rétorquai-je, sûre de moi.
-Parfait, je te suis Angéla ! Je suis sûre que tu vas gagner haut la main ! S'exclama Maya en me poussant hors de la file d'attente.
Mais, alors qu'elle m'entrainait avec elle, quelque chose tomba de son sac : une boite de pansements et un kit de premier secours.
-Une minute, pourquoi tu as ça avec toi ? L'interrogeai-je, m'arrêtant brutalement.
-Ah, ça…Au cas où, on ne sait jamais me répondit-elle avec le sourire le plus faux du monde.
-Bon, bah je vous attendrai ici moi, Maya, ramène Angéla entière si possible…en fait, ramène la tout court s'il te plait…
-Vous n'avez aucune confiance en moi ! M'écriai-je, vexée.
-Aucune me répondirent-elle d'une seule voix.
Devant cette solidarité incroyable, je me contentai de gonfler les joues et de me planter dans la file d'attente, frustrée.
Au bout d'une bonne demi-heure de queue dans le froid, les cris, l'agitation et les tentatives de passages en force, nous finîmes par enfin accéder au self.
Comme chaque jour, la diversité de choix invraisemblable me choqua tellement que je restai une bonne minute devant les plateaux à me demander si je n'aurais pas mieux fait de rester en classe et apporter un sandwich. Cependant, les cris d'élèves affamés et visiblement ayant perdu le sens du goût m'obligèrent à faire un choix et je pris le premier plat me passant sous la main.
-Tiens, tu prends des lentilles toi maintenant ? Me demanda Ambre, surprise en regardant mon assiette.
Je soupirai. Encore un jour à sauter le déjeuner…Ils auraient quand même pu faire un effort et nous mettre quelque chose de comestible pour le jour où devait se dérouler la finale du tournoi de duel de l'école histoire que les participants ne jouent pas le ventre vide. Et puis, pourquoi le poissons accompagnant les lentilles me paraissait aussi…indéterminé ?
Je renonçai rapidement à essayer de comprendre ce qu'il y avait dans mon assiette et je partis chercher une table pour trois.
Après cinq tours de cantine et avoir manqué de déraper trois fois sur au même endroit, nous finîmes par trouver trois places dans un coin, à côté de la fenêtre et nous nous installâmes.
-Alors, vous avez lu les livres pour Calvere ? Demanda Ambre, entamant la conversation.
-Ouai, les trois hier entre vingt-heures et minuit, j'ai cru que je n'en verrai jamais le bout ! Se plaignit Maya engloutissant le poisson étrange d'un seul coup.
Encore et toujours du travail...mes amies ne parlaient presque que de ça quand nous n'avions pas d'autre sujet de conversation, mais moi, je m'en fichais complètement. Ce que j'aimais, c'était les duels de monstres. Je ne rêvais que d'une chose : être un jour numéro un mondial...malheureusement pour moi, personne dans ma classe ne semblait apprécier. Elles préféraient toutes regarder plutôt que d'essayer, si bien que je me sentais bien seule parfois…
-Et toi Angela ? Tu les as trouvés comment les livres ? Aussi intéressants que les dix derniers que tu n'as pas lus ? Railla mon amie aux cheveux d'ébène.
-On va dire ça grimaçai-je, ne les ayant même pas achetés et ayant passé ma soirée à autre chose de plus important.
-Encore ? S'étrangla Ambre, écarquillant les yeux de surprise. La dernière fois Calvere ne l'a pas très bien pris...et si jamais il t interroge de nouveau, je sens qu'il va vraiment s'énerver...
-Ne t'inquiète pas, j'ai pris un résumé sur internet, je ne suis pas folle. Mais je ne comprends pas comment vous faites pour lire des livres aussi longs en deux semaines…voire même en une soirée comme certaine…
-Il suffit de s'y mettre mon Angie, c'est sûr que si tu n'achètes pas les livres, tu ne risques pas de les terminer rigola Maya.
-Bon, ça va, j'ai compris et arrête avec ce surnom, c'est ridicule !
-Je trouve ça plutôt mignon moi répliqua Ambre avec un grand sourire.
Sous l'effet de la frustration et cherchant quelque chose d'autre à faire, je pris une cuillerée de ce que j'avais dans mon assiette avant d'avoir des nausées en me souvenant de ce que je venais de prendre. J'avalai donc avec grande difficulté et énormément d'eau les lentilles de la cantine tandis qu'Ambre et Maya faillirent s'étouffer tellement elles riaient devant mon air affolé.
Nous ne restâmes pas bien longtemps après cet incident et nous remontâmes dans la cour où se déroulait un duel pour le tournoi interclasse entre les garçons et les professeurs. Franchement, pourquoi nos déléguées n'organisaient-elle que de stupides sorties alors qu'en face, ils avaient le droit d'affronter les professeurs au jeu que j'appréciais par-dessus tout ?
La rencontre du jour se jouait entre notre professeur de technologie, monsieur Horlogier, un grand maigre à lunette et aux crâne dégarni, et un première qui du nom de Erwan assez…massif et lourd, dans tous les sens du terme.
-Bonne chance Erwan mais sache que je ne te ferai aucun cadeau, même si tu es un de mes meilleurs élèves ! Déclara Horlogier.
-J'espère bien monsieur, sinon ça ne vaudrait même pas la peine que je vous affronte ! Lui répondit Erwan, enthousiaste.
-Nous allons voir ce que donne la nouvelle Génération ! Je pioche...je crois que je vais me contenter de poser 5 cartes face cachée et terminer mon tour.
-Vous pensez vraiment que je suis assez bête pour invoquer un monstre avec toutes ces cartes ! Je vais activer immédiatement Violent Orage, dites-leur au revoir !
-C'est exactement ce que j'avais prévu. Je révèle une de mes cartes : Jugement Solennel. Il me suffit de payer la moitié de mes points de vie pour annuler ta carte !
-Bon...alors je vais devoir jouer la prudence. Je pose un monstre face cachée ainsi que 2 cartes face cachée et je termine mon tour.
Horlogier : 2000 - Erwan : 4000
-Mais quel abruti ! M'exclamai-je, consternée devant un tel manque d'initiative. Il a passé le jugement solennel, qu'est-ce qu'il pouvait bien risquer de plus ?
-Va savoir me répondit Maya en haussant les épaules.
Visiblement, j'étais la seule à être vraiment impliquée dans ce duel. Comme à leur habitude, Ambre et Maya regardaient sans pour autant essayer de s'intéresser plus que ça. Ce n'était qu'un divertissement comme un autre pour elles mais moi, je rêvais d'être à la place de cet Erwan et briller en écrasant ce professeur rabat-joie qui me collait toujours de sales notes !
-C'est donc mon tour Repris Horlogier, je pioche et j'active ma carte face cachée, Offrande Suprême puis j'invoque Gadget Jaune en mode attaque ce qui me permet d'ajouter à ma main un autre gadget. Je continue en invoquant spécialement mon Kagetokage depuis ma main. Je paie maintenant 500 points de vie pour invoquer Gadget Vert depuis ma main. Je peux maintenant ajouter un Gadget Rouge à ma main et je l'invoque en payant 500 points de vie puis j'ajoute à ma main un gadget jaune
-Je ne m'attendais pas à ça grimaça son adversaire, surpris
-Tu devrais écouter plus souvent en cours, sache que les machines s'assemblent toujours entre elles pour former quelque chose de mieux et c'est ce que je vais faire tout de suite ! Je recouvre 2 gadgets pour invoquer Gear Gigant X. Je lui détache une unité de couverture pour ajouter à ma main un Poisson Rouge Étain. Je recouvre maintenant mon Kagetokage avec mon dernier gadget pour invoquer le Numéro 39 : Utopie !
-Franchement, Utopie, je croyais qu'il n'y avait qu'Aymeric pour jouer un monstre aussi mauvais soupirai-je.
-Tiens, la voilà repartie avec son Aymeric, tu penses toujours à lui ? Me taquina Ambre.
-Je ne vois pas ce qui pourrait te faire penser ça ripostai-je en détournant le regard et me focalisant sur le duel ridicule que j'avais sous les yeux.
-Comme ça, juste une intuition hasarda-t-elle avant de faire comme moi.
Pourquoi Ambre me reparlait-elle de ce raté ? Elle savait que je ne pouvais même pas entendre son nom…Et puis, Je n'avais que faire de lui, il était non seulement le pire duelliste que je n'avais jamais vu, mais en plus il était le pire petit ami sur terre. J'avais bien fait de l'envoyer promener, je n'avais pas besoin d'un type comme lui. S'il aimait se complaire dans le mensonge et les cachoteries, tant mieux pour lui, mais qu'il les garde pour lui. J'avais été stupide de croire en lui, ne serait-ce qu'une seconde…
-Je n'ai pas encore fini ! Continua le professeur Horlogier, j'attaque ton monstre face cache avec mon gear Gigant X !
-comme vous avez détruit mon monstre, vous vous prenez 500 points de dégât et deux musasabi agile en cadeau.
-Comme c'est aimable ! Mais ce n'est pas ton cadeau qui m'empêchera de t'attaquer directement avec mon utopie
Horlogier : 500-Erwan : 1500
-Je recouvre ensuite tes cadeaux pour invoquer Gachi Gachi Gantetsu qui augmente l'attaque de tous mes monstres de 400. C'est à toi !
-C'est terminé dit soudain une voix féminine à côté de moi.
Je me retournai, heureuse d'entendre enfin une fille s'intéresser au même jeu que moi et je vis que celle qui avait prononcé cette phrase n'était autre qu'une grande fille blonde aux yeux verts répondant au nom de June Wheeler, la première de notre classe, juste devant Ambre.
Comme d'habitude, elle était impeccablement coiffée, avec simplement une petite mèche tombant au milieu de son front tandis qu'une plus grande descendait sur son épaule gauche tandis qu'une barrette maintenait le côté droit. Son visage était assez mature pour quelqu'un de notre âge, avec des traits et des expressions qu'on pouvait retrouver aussi bien chez un adulte et ses yeux reflétaient une intelligence et une réactivité hors du commun.
C'était une fille assez discrète dans la classe, à qui je n'avais jamais vraiment parlé à part pour demander des devoirs. Elle était d'ailleurs souvent dans son coin, préférant certainement ses livres à ses camarades de classe et c'est pourquoi, je n'aurais jamais imaginé qu'elle ait pu s'intéresser au duel de monstres.
Cependant, je n'eus pas le temps de faire plus ample connaissance car la jeune fille tournait déjà les talons pour retourner en classe vraisemblablement mais je notai dans un coin de mon esprit qu'elle pouvait se révéler être une potentielle partenaire de duel avant de me reconcentrer sur l'arnaque qui se déroulait sous mes yeux…
-Bon, j'ai mal joué mais je vais me rattraper, je pioche ! Je n'ai vraiment pas de chance...je pose un monstre face cachée et je termine mon tour...
-C'est tout ? A moi, je tire et j'active deux Typhon d'Espace Mystique que j'avais poses. Dis adieu à tes deux cartes !
-Aucune importance, elles ne me servaient à rien de toute façon...
-j active maintenant le livre de taiyou et je fais passer ton monstre en mode attaque !
-L'effet de mon super méga agile hamster s'active : j'invoque donc face verso momonga agile.
-c'est inutile car je vais maintenant recouvrir mon utopie : fais place au Numéro C39 : Rayon Utopie ! Je lui retire 2 unités de couverture : ainsi ton monstre perd 2000 points d'attaque et le mien en gagne 1000 !
-3900 points d'attaque ! S'étrangla Erwan. Mais alors...
-Oui, tu as perdu ! En avant rayon utopie, Tranchant du soleil levant !
Horlogier : 500-Erwan :0
Alors que tout le monde applaudissait les deux duellistes qui se serraient la main, visiblement fiers d'eux, je bouillonnais intérieurement devant ce spectacle ridicule.
-Quoi ?! C'est tout ce dont est capable un des meilleurs garçons ?! M'exclamai-je.
-Il fallait s'y attendre, Mr Horlogier est quand même un des meilleurs duellistes de tout le lycée...
-Je ne parle pas de ça ! Non mais vous avez vu ce duel ? Même moi je l'aurais battu ! Tout ce qu'il a fait, c'est invoquer trois-quatre monstres, dont utopie, et attaquer !
-Vraiment ? Tu aurais pu faire mieux toi ? Me demanda Maya, sceptique.
-Evidemment, tu t'adresses au futur numéro un mondial ! Rétorquai-je fièrement.
-Dans ce cas, gagne un duel contre lui et je te croirai me répondit-elle en haussant les épaules.
-Très bien, tu verras un duel comme tu n'en as jamais vu répliquai-je, l'œil brillant.
Sur cette déclaration de guerre, Ambre nous tira toutes les deux par la manche et nous força à courir pour arriver à l'heure en cours de français qui commençait moins de deux minutes plus tard.
Nous réussîmes néanmoins à rejoindre la classe avant l'arrivée de Calvere. Lorsque ce dernier entra à son tour, il portait son habituelle chemise noire s'assit sur sa chaise comme on s'assoit dans un fauteuil prêt du feu.
Ma place était vraiment la pire qu'on puisse imaginer : exactement dans le champ de vision de Calvere dès que celui-ci tournait un peu la tête, au dernier rang, là où le professeur regarde par réflexe.
-Bien, pour aujourd'hui vous aviez quelques livres sympathiques à lire n'est-ce pas, déclara-t-il d'un ton doucereux.
-Sympathique...façon de parler..., marmonnai-je assez bas pour qu'il n'entende pas.
-Donc voici les trois questions : ...
Calvere posa ses habituelles questions stupides auxquelles je ne compris pas grand-chose, c'est pourquoi je sortis mon dossier "préparé" à la maison...ou plutôt imprimé depuis mon ordinateur.
Pendant que je regardai les mouches voler, faisant semblant de réfléchir, je voyais toutes mes camarades écrire, chercher des choses à dire, parler, et même...dessiner…
Après dix minutes sans rien faire, j'entrepris tout de même de lire ce que j'avais sorti, histoire ne pas paraitre trop suspecte...
En fait, il n'y avait rien de bien intéressant dans mon résumé et Je commençai à paniquer. Je sentais que Calvere allait m'interroger la première à en juger par son regard fixé sur mes notes. Je me mis à paniquer et je regardai autour de moi et je cherchai si par hasard, il n'y avait pas une bonne âme prête à me donner ses réponses ou lever la main mais ni Ambre ni Maya, ni personne d'autre n'avait l'air d'être d'humeur à répondre volontairement aux questions.
-Bon, j'ai comme l'impression que notre amie Hopper veut commencer déclara Calvere en me voyant m'agiter dans tous les sens. Et bien allez-y.
-Euh...d'accord, bafouillai-je. Donc le bonheur des dames, c'est ça ?
-Oui, allez-y
-Bon alors...
Je n'avais d'autre choix que de lire mon copier-coller mais il m'arrêta après le premier paragraphe.
-C'est très confus votre réponse. Imaginez, je dis bien imaginez que vous parliez a quelqu'un qui n'aurait pas lu le livre.
Quand il dit cela, toute la classe éclata de rire. Tout le monde savait que personne ne lisait jamais en entier les livres de Calvere…ou alors une très petite minorité lorsque les livres n'excédaient pas les cents pages.
-Je dis imaginez parce que, bien entendu, tout le monde dans cette classe les a lus. Reprenez et soyez claire cette fois ci.
J'essayai tant bien que mal de gagner un peu de temps en faisant tomber mes feuilles, faisant semblant de me tromper de question et Ambre et Maya m'aidèrent un peu en se plaignant de leurs voisines. Je les remerciai d'un geste rapide avant de chercher ce qui pouvait se rapprocher le plus d'une réponse pas trop stupide à la question de Calvere mais je n'eus pas besoin de simuler d'avantage car la cloche sonna et me sauva.
-On reprendra ça la prochaine fois. Et c'est vous que j'interrogerai en première, dit-il en s'adressant à moi, donc tachez de faire quelque chose de mieux.
Sur ces belles paroles, il sortit et je m'effondrai sur ma chaise, consciente d'avoir frôlé la catastrophe cette fois-ci. Encore une fois, j'avais réussi à passer entre les gouttes, mais pour combien de temps encore…
Je n'eus même pas le temps de ranger mes affaires de français et de me plaindre auprès de mes amies que le professeur d'histoire, monsieur Lareine, entra dans la classe, visiblement assez énervé puisqu'il jeta son sac sur le bureau à peine arrivé.
-Bonjours mesdemoiselles, asseyez-vous. Aujourd'hui est un jour très spécial. Savez-vous lequel ?
Personne ne répondit évidemment. Il en avait de bonnes lui…
-Aujourd'hui, nous allons parler de l'Egypte ancienne. Vous allez me demander pourquoi. Et bien c'est très simple, j'ai fait quelques découvertes intéressantes que j'aimerais partager avec vous. Donc est ce que quelqu'un ici pourrait me faire un bref résumé de l'histoire d'Egypte qu'on se mette dans le bain ?
Silence dans la classe. J'aurais bien levé la main puisque l'Egypte était le berceau du jeu que j'aimais par-dessus tout, mais si quelqu'un me voyait faire ça, ma réputation risquait d'en prendre un coup alors je me contentai de bailler.
-Personne ? Allez, un peu de courage quand même ! Tenez, June, pouvez-vous me parler de l'Egypte ?
La première de la classe se leva et prit la parole d'une voix assurée, comme elle le faisait toujours. Elle devait certainement agacer beaucoup de monde dans la classe à toujours tout savoir, mais ça ne me dérangeait pas plus que ça. Cela me faisait même rire de voir Ambre se plaindre tout le temps d'avoir été détrônée depuis maintenant deux ans.
Après un long exposé de choses que je savais déjà, Lareine interrompit ma camarade, sortit un papier et reprit la parole au moment où June commençait à évoquer la fin de la guerre contre Zorc :
-Bien tout ça, mais avez déjà entendu ceci : « Lorsque le jour fera place à la nuit et que l'ombre remplacera la lumière, le monde plongera dans un nouvel âge de ténèbres. Le roi des ombres renaîtra de ses cendres et étendra alors son voile de terreur sur la terre. Avec l'aide de ses serviteurs des temps anciens, il rependra le chaos et la destruction. Tous les peuples n'auront d'autre choix que de se soumettre et il règnera pour l'éternité… »
-Non, jamais et pourtant mes parents s'y connaissent dans l'histoire d'Egypte répondit June, pensive.
Je tendis l'oreille. Ce cours d'histoire commençait enfin à devenir intéressant…Cette sensation nouvelle, cette envie de découvrir de nouvelles choses, ce désir d'en savoir toujours plus et cette peur de la cloche qui aurait interrompu cette discussion…Etait-ce cela…que ressentaient Ambre et June chaque jour ?
-D ou tirez-vous cette...cette prophétie je pense, non ? Demandai-je d'une petite voix, ce qui surprit Lareine.
-C'est exact Angela, il s'agit bien là d'une prophétie. Et si vous voulez savoir d'où elle vient, elle a été redécouverte dans les ruines d'un ancien royaume, le royaume d'Héliopolis
-Jamais entendu parler...
-C'est bien normal, reprit June, ce royaume s'est très vite éteint avec la disparition de son roi. Mais je croyais qu'Héliopolis n'était qu'une vieille légende poussiéreuse.
-Mais cette prophétie...elle fait froid dans le dos...Frissonnai-je.
-C'est une prophétie de fin du monde mademoiselle Hopper, elle doit forcément être un peu obscure.
-Mais monsieur, continua la première de la classe, pourquoi nous parler de ça aujourd'hui ? Je veux dire, je ne crois pas avoir vu une quelconque information dans les journaux ou à la télévision…
-Je voulais simplement vous en parler pour voir vos réactions répondit-il.
-Mais c'est ridicule, plus personne ne croit aux prophéties de nos jours ! Vous n'allez pas me dire que vous y croyez ? M'exclamai-je, interdite.
-Je n'ai jamais dit qu'elle était réelle. Mais je suis historien, je ne fais qu'énoncer des faits et je les analyse ensuite ma chère Angéla.
La conversation dériva rapidement sur d'autres sujets et Pendant tout le reste du cours, nous parlâmes de l'Egypte et du début des duels. Enfin, nous n'étions que deux à participer : June et moi.
Comme je m'en doutais, elle partageait la même passion que moi pour le duel de monstre. Toutes les autres parlaient entre elles de choses et d'autres mais pas de l'Egypte. Pour la première fois, je trouvais un réel intérêt pour un cours d'histoire et à la fin de l'heure, ma soif d'en savoir plus n'était toujours pas étanchée.
Le professeur de sport étant absent, nous avions la permission de sortir plus tôt. Personne ne s'en priva. Après tout, ce n'était pas tous les jours que nous pouvions sortir à seize heures au lieu de dix-huit heures...
Saisissant cette occasion, je laissai Maya et Ambre sur la touche. Cela les surprit un peu mais elles ne protestent pas. Il fallait que je parle à June, elle semblait en savoir beaucoup plus sur toutes ces histoires qui me passionnaient. Elle pouvait peut-être m'éclairer un peu plus sur la prophétie.
Je la repérai au coin de la rue, sur le point de prendre le bus pour rentrer chez elle. Je me mis à courir pour la rattraper avant qu'elle ne monte dedans.
-June ! Attends, il faut que je te parle ! Lui criai-je en faisant de grands signes pour qu'elle me voie.
Mais alors que je courais, je me pris les pieds dans une branche qui trainait sur le trottoir. Heureusement June réussit à me retenir avant que je ne m'étale face contre terre.
-Merci, lui dis-je un peu honteuse.
-Ce n'est rien. Je suis contente que tu ne te sois pas fait mal, me répondit-elle en souriant. Donc tu voulais me parler d'après ce que j'ai entendu. Tu as oublié de noter des devoirs ou il te manque des cours ?
-Pourquoi pas…mais non, je voulais te demander plus de précisions au sujet de...de ce dont nous avons parlé tout à l'heure en cours.
-Tu sais, tu devrais demander directement à Lareine, c'est lui le spécialiste en la matière, pas moi continua-t-elle très humblement.
-Oui, mais je me disais que pour avoir une telle culture, tu devais avoir de bons livres chez toi. Peut-être qu'il y aurait des informations auxquelles tu n'aurais pas prêté attention et…
-Oh, dans ce cas-là, Tu devrais demander à mon père, il s'y connait plutôt bien dans toutes ces histoires de fin du monde. Enfin, c'est ce qu'il prétend. Il dit l'avoir sauvé plein de fois quand il avait notre âge et...
-Parfait, présente-le-moi ! L'interrompis-je, des étoiles dans les yeux.
-Bon, je t'aurais prévenue, ne vient pas te plaindre qu'il est assommant ou autre chose comme ça...Soupira June en retournant attendre le bus.
A l'arrêt et pendant le trajet, j'en profitai pour faire plus ample connaissance avec cette fille que j'avais dans ma classe depuis déjà deux ans et j'appris beaucoup de choses sur elle que je n'aurais jamais imaginées, comme par exemple qu'elle avait déjà remporté plusieurs tournois locaux de duels de monstres auxquels je n'avais pas pu participer à cause de mon père…
-Tu as remporté ce tournoi ? Mais, comment as-tu fait ? M'exclamai-je, interdite devant le professionnalisme mais surtout l'humilité de la jeune fille.
-Ce n'était rien m'avoua-t-elle, gênée. J'ai simplement fait comme toujours, en me donnant à fond durant le duel. C'est comme ça que je joue. Toujours donner le meilleur de moi-même, peu importe le résultat. La défaite ou la victoire m'importent peu. Je serais toujours satisfaite du moment que je sais que j'ai donné mon maximum. C'est ce que mes parents m'ont toujours appris.
Le temps passa incroyablement vite aux côtés de June qui me racontaient des anecdotes plus folles les unes que les autres si bien que je failli rater notre station.
Une fois arrivées, je me retrouvai complètement perdue. Nous étions dans un arrondissement qui m'était totalement inconnu : Montmartre. Il y avait la beaucoup d'animations, des peintres, des mimes, et même des souffleurs de bulles géantes, le tout dans un décor assez ancien me faisant penser à ces villages d'autrefois que l'on peut voir dans les livres. Même les boutiques me semblaient vieillottes avec leurs babioles en bois et leurs produits fantaisistes.
-C'est la première fois que tu viens à Montmartre ? Me demanda June devant mon air perdu.
-Euh...oui, je ne sors pas beaucoup de mon quartier…
-Oh, donc tu n'as jamais vu ça !
-ça ? Répétai-je, intriguée.
Sans en dire plus, la jeune fille me prit par la manche et me conduisit devant la basilique. De là, nous avions une vue vraiment magnifique. Nous pouvions voir presque tout Paris de notre perchoir : l'arc de triomphe, la tour Eiffel et Montparnasse, le Louvre, la seine, les ponts et bien d'autres monuments historiques.
J'étais émerveillée. Je ne regrettai vraiment pas d'avoir demandé à June de m'emmener ici. Il fallait que j'emmène Ambre et Maya ici aussi, j'étais persuadées qu'elles adoreraient, elles qui aimaient tout ce qui sortait un peu de l'ordinaire.
Après être restées quelques minutes devant ce spectacle splendide, June m'amena enfin chez elle. Elle habitait un petit appartement juste a cote de la basilique, sur la place carrée de l'arrondissement qui était assez animé, surtout par des artistes quand on regardait bien. En même temps, l'endroit ressemblait tellement à une peinture que je les comprenais de venir exercer leur art ici.
-Bon, reste là, je vais voir s'ils sont déjà rentrés ou si...
June laissa sa phrase en suspend quand elle entendit le bruit d'un verre qui se brise provenant de la cuisine. Je sursautai mais cette-dernière resta très calme.
-Ça c'est surement maman qui a essayé de cuisiner... Me dit-elle en soupirant. Suis-moi, je vais te la présenter.
Nous entrâmes à l'intérieur et ma nouvelle amie se dirigea directement à la cuisine…Même si celle-ci ressemblait plus à un champ de bataille qu'a une cuisine. Il y avait de la farine un peu partout. Tous les appareils étaient sortis : mixeur, grille-pain, batteur, et même une friteuse et la mère de June était à genoux en train de ramasser les débris de ce qui avait dû être un saladier.
-Maman ! S'exclama la blonde, mécontente.
-Oh, c'est toi, je ne t'avais pas entendue entrer. Tu es rentrée tôt aujourd'hui June.
Sa mère se releva, manquant de faire tomber d'autres ustensiles au passage. Elle lui ressemblait beaucoup, elle avait les mêmes cheveux blonds comme l'or ainsi que les mêmes yeux, à l'exception de leur couleur qui tirait plus vers le mauve chez sa mère. Je remarquai également que June possédait la même mèche que sa mère au milieu du front, ce qui ne faisait qu'accentuer leur ressemblance même si mon amie était bien mieux coiffée. Ce qui les différenciait par contre, c'était leur regard. Autant celui de June était pur et innocent, autant celui de sa mère dégageait quelque chose d'autre que je ne pouvais pas bien cerner…mais peut-être était-ce simplement dû à l'âge.
-Oui, le prof de sport n'était pas là. Mais ce n'est pas le plus important, j'ai ici une amie qui voudrait parler à papa. Est ce qu'il est là ?
D'abord hésitante devant un tel carnage et sortant de mes pensées, je finis me présenter convenablement.
-Bonjour madame, je m'appelle Angela Hopper ; lui dis-je en lui serrant la main.
-Enchantée. Je suis la mère de June. Mais entre nous tu peux m'appeler Mai, je n'aime pas qu'on m'appelle madame. Et pour répondre à ta question June, ton père est sorti mais il doit revenir d'une minute à l'autre.
Au même moment, j'entendis la porte d'entrée s'ouvrir, un bruit sourd m'indiquant qu'un objet venait de tomber suivi d'un gémissement.
-Quand on parle du loup, c'est surement lui qui revient. Je vais le prévenir que vous êtes là, prenez ce que vous voulez, il y a tout ce qu'il faut.
Le père de June arriva quelques secondes après. C'est un grand homme blond, comme June et Mai d'ailleurs, à l'air assez niais dégageant la même gentillesse que sa fille. Il portait une blouse blanche ainsi qui n'était apparemment plus toute neuve à en juger par les nombreux trous un peu partout et l'odeur de brûlé qui s'en dégageait.
-Papa, dit June, je te présente Angela, une amie.
-Bonjour Monsieur, désolée du dérangement.
-Mais ce n'est rien, c'est un plaisir de faire ta connaissance ! Je suis le professeur Joey Wheeler, archéologue et accessoirement duelliste de talent ! Est-ce que par hasard tu aurais déjà vu mon nom dans un livre relatant l'histoire des duels ? Sache qu'il s'agissait bien de moi et…
-Bon, c'est très intéressant ; râla sa fille en lui coupant la parole, mais Angela n'est pas venue ici pour parler de duel ou de je ne sais quoi. Mais par contre, as-tu déjà entendu ceci ?
June lui récita mot pour mot la prophétie dont Lareine nous avait parlée, ce qui me laissa bouche bée. Elle avait une de ces mémoires…je ne me souvenais que de bribes de phrase et de l'idée générale alors que Lareine en avait parlé moins de trois heures plus tôt…
Quand elle eut fini, son père croisa les bras sur son torse et fronça les sourcils, perplexe.
-Hum...intéressant tout cela. D'ailleurs, ton histoire me rappelle une de mes aventures...
-Et voilà, c'est parti...soupira June.
-C'était à l'époque où nous habitions à domino city. Moi, Yugi, Kaiba et les autres avions été téléportes en Egypte antique... [...] C'est alors que nous fumes encercles par l'armée de Zorc. Nous pensions que tout était finit. Il ne nous restait plus d'énergie quand soudain...
-Mais elle s'en fiche de tes histoires à dormir debout papa ! Elle est venue pour en savoir plus sur une prophétie, pas pour entendre ça !
-Comment ça, à dormir debout ? Tout cela n'est que la pure vérité. Tu verras si c'est agréable quand tu auras des enfants à ton tour et que tu leur raconteras tes aventures pour sauver le monde !
-Je préférerais ne jamais avoir à faire ça lui répondit-elle en s'affalant sur un fauteuil.
-Mais ça m'intéressait moi ce combat. Il s'est fini comment ?
-Tu vois June ? Enfin quelqu'un qui aime mes aventures !
-J en peux plus, prévenez-moi quand vous aurez fini...
Sur ces mots, la jeune fille ferma les yeux et fit semblant de dormir pendant que son père continuait à me raconter ses aventures. J'étais littéralement passionnée, j'avais l'impression de vivre moi-même le récit. J'aurais tellement voulu être à sa place, avec Ambre et Maya, elles auraient adoré elles aussi, j'en étais persuadée.
-Donc le pharaon s'est souvenu de son nom. Il a ensuite ressuscité les 3 dieux égyptiens : ra, slifer et obelisk pour les faire fusionner et ainsi donner naissance à horakthy. Sa lumière était si forte qu'elle a détruit Zorc une bonne fois pour toute. Notre mission la bas étant terminée, nous sommes rentrés chez nous et nous avons dit adieu à Atem après que celui-ci a perdu contre Yugi. Fin de l'histoire.
-Je n'aurais jamais imaginé que quelqu'un ait pu vivre de telles aventures lui dis-je, soufflée.
-Et ma fille qui dit que je radote ! S'exclama-t-il, fier de lui. Enfin quelqu'un qui sait apprécier mes histoires à leur juste valeur. Bon, sur ce, occupons-nous de cette prophétie.
Le père de June se leva et alla fouiller une dans une étagère très poussiéreuse remplie de livre tous plus gros les uns que les autres tandis que sa fille rouvrit les yeux en baillant. Le professeur Wheeler revint quelques instants plus tard avec un énorme livre qui, visiblement, n'avait pas été ouvert depuis des lustres. Sur la couverture, on pouvait voir un étrange symbole divisé en six parties égale de différentes couleurs, les mêmes que pour les attributs des monstres de duel.
-Je pense qu'on trouvera tout ce dont on a besoin dans ce livre très particulier déclara le professeur d'une voix mystérieuse qui fit bailler June une nouvelle fois.
-Et…qu'a-t-il de si spécial ? Demandai-je, déconcertée.
-Voyez-vous, il n'existe que deux exemplaires de ce livre. L'original a été retrouvé dans des ruines au milieu du désert. J'ai réussi à avoir une copie grâce à mes recherches sur l'Egypte et avec l'aimable accord de Seto. Mais trêve de bavardage, mettons-nous au travail !
Le scientifique ouvrit l'ouvrage et commença à feuilleter la table des matières avant de s'arrêter sur un point précis et de passer directement à la page qui devait l'intéresser. Il lut encore pendant quelques minutes et cria un « Euréka » qui nous fit sursauter June et moi.
-J'ai trouvé ce qui nous intéresse déclara-t-il fièrement sous les yeux ébahis de sa fille.
-V…Vraiment ? Bégaya June, surprise que son père ait obtenu l'information aussi vite.
-Pour qui me prends-tu rétorqua ce dernier fièrement. Mais je crois que votre professeur vous a raconté une histoire incomplète.
-Que voulez-vous dire ?
-Il n'a pas mentionné qu'il existait une autre fin que voici : « Cependant lorsque la puissance des ténèbres s'alliera à celle de la lumière, l'exilé reviendra et alors la galaxie, les cieux, la terre et les gardiens se dresseront contre l'oppresseur. Tous rangés derrière un seul chef, une bataille épique aura lieu contre les serviteurs des ténèbres et le roi des démons lui-même. »
