Et voici la suite! Bon je vous préviens juste, hein: à partir de demain de bosse, et je ne sais pas quand c'est que je pourrai publier à nouveau, étant donné que mes horaires habituelles sont prises par le travail (environ 16h à minuit). On verra comment les choses se déroulent. Bonne lecture!
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Drago aimait que les journalistes se plient en quatre pour tenter de lui parler. Il aimait les voir à ses pieds, là où il foulait leurs indignes torchons, parce que ceux que la presse intéresse détiennent le pouvoir. En l'occurrence, c'était justement pour s'attirer l'attention des reporters qu'il avait décidé de tirer un trait sur son honneur de Sang-pur et d'épouser Granger, aussi faux ce mariage soit-il.
Durant la journée, remarquant avec satisfaction que chacun de ses mouvements était épié par lesdits journalistes, il ne put que se demander comment Granger prenait la chose, et s'il n'eut pas mieux valu rester avec elle aujourd'hui. Pas pour passer du temps en sa compagnie- la simple idée de perdre de précieuses secondes dans sa vie à jouer les amoureux alors que la femme à ses côtés ne méritait que de le servir enchaînée à ses pieds lui donnait la nausée- mais pour présenter un front uni face aux sceptiques. Il ne se donnait pas tant de mal pour rien.
Lucius et Narcissa s'étaient frottés les mains devant tant de publicité, puis étaient partis s'enfermer dans le bureau du patriarche pour comploter et planifier la suite des actions à mener, sans le convier à leur réunion- ce qui ne dérangeait pas le jeune homme outre mesure, mais qui était tout de même ironique lorsqu'on songeait qu'il était le premier concerné par leurs petites messes basses.
Lorsque le soir vint et que Drago contemplait de plus en plus sérieusement l'idée d'aller se délasser les muscles dans son lit, il s'aperçut qu'il aurait effectivement mieux fait de rendre visite à sa charmante presque-fiancée, pour vérifier comment ses proches prenaient la nouvelle.
Il était installé dans le boudoir, occupé à relire des rapports concernant le montant d'or à investir pour rafraîchir sa maison sicilienne, et ses parents, non loin de là, s'offraient un rare moment de détente amicale en jouant aux échecs. Comme d'ordinaire chez les Malefoy, il n'y avait que peu de bruit. Aussi loin qu'il se souvienne, les seuls éclats de rire que le jeune homme avait entendu entre les quatre murs de l'illustre Manoir avaient été lâchés par les nombreux invités aux somptueux bals que Narcissa pouvait offrir.
La cheminée s'illumina d'un coup, en un ronflement verdoyant qui jeta une ombre étrange et légèrement maladive sur la pièce, et Hermione Granger en sortit.
Drago haussa un sourcil, étonné, tandis que la jeune femme regarda autour d'elle, comme perdue. Puis ses yeux d'orage glissèrent vers la bouteille d'alcool presque vide entre les doigts pâles de l'héroïne de guerre, et il soupira tout bas.
Hermione secoua la tête brusquement, ses boucles épaisses et soigneusement entretenues depuis que Narcissa avait son mot à dire rebondissant sur ses épaules, puis elle chercha des yeux un coupable sur lequel rejeter sa fureur évidente.
-Toi.
Drago se frotta l'arête du nez, déjà lassé par tant de stupidité. Au moins aurait-il le plaisir de rappeler à Granger à quel point elle avait l'air trollesque lorsqu'elle s'enivrait.
La jeune femme pointa un doigt frémissant de rage sur lui, et il haussa un sourcil railleur. Lucius et Narcissa suivaient la scène avec des yeux ronds, mais Hermione ne leur jeta pas un regard.
-Espèce de sale ordure, éclata Hermione soudainement, chancelant sur la pointe des pieds. Tout ce qui m'arrive, c'est de ta faute ! Je perds ma réputation, mes amis, et même ma santé à cause de ta tronche de serpent.
Narcissa étouffa un petit cri au langage de la jeune femme, qui s'approcha d'un pas de son futur fiancé, doigt toujours pointé sur lui, accusateur.
-Ron allait me demander en mariage à Noël, hurla-t-elle. Et toi, avec ta blondeur aveuglante et ta stupide pureté et tes airs de prince, tu m'as ôté toute chance d'être heureuse avec lui !
Drago la détailla attentivement, puis répliqua en saisissant à nouveau son rapport, déjà désintéressé de la conversation.
-Cela ne va pas m'ôter le sommeil. Pourquoi ne vas-tu pas pleurer dans les bras de Potter, ou de Tonks ? Ou, je ne sais pas, de quelqu'un qui en a quelque chose à faire, par exemple ?
Personne n'eut le temps de réagir. Alors que Drago, esquissant un rictus, replongeait dans son rapport, un jet de lumière blanche lui érafla la joue, le brûlant vivement au passage. Il devait sans doute être reconnaissant au fait que Granger soit si mauvaise au tir lorsqu'en état d'ébriété, puisque le maléfice, il l'avait reconnu.
Narcissa se leva, baguette en main, visage blanc de rage, mais Lucius s'empressa d'arrêter son épouse avant qu'elle ne réplique dans le dos de la Gryffondor. Il fit bien, visiblement, puisque son fils, ignorant le sang coulant le long de sa mâchoire, se leva d'un bond, saisit Hermione violemment par la nuque et lui arracha la baguette des mains, avant de jeter l'objet du délit quelque part derrière un canapé. La jeune femme siffla de rage, mais Drago ne lui laissa pas le temps de se débattre. Il lui noua les bras dans le dos, ignorant le fait qu'elle se débatte vainement, et, tirant sa propre baguette de sa ceinture, disparut avec un « crac » sonore.
Lucius se rassit lentement, sourcils levés. Lorsque Hermione viendrait s'installer au Manoir, il lui ôterait toute chance de pouvoir toucher à une bouteille d'alcool jusqu'à la fin de leur contrat. Remarquant que sa femme était partie récupérer la baguette de Hermione, il ricana soudainement.
-Cela me rappelle...
-Je sais pertinemment ce que cela te rappelle, Lucius, siffla Narcissa en posant sèchement la baguette de sa future bru sur la table basse. Mais, du moins, n'étais-je pas ivre.
Lucius ordonna à sa tour de se déplacer, fonçant droit dans le cavalier de son épouse.
-Aurais-tu préféré épouser cet imbécile attardé de Flint, peut-être ?
Un léger sourire vaguement nostalgique vint jouer sur les lèvres de la blonde, qui contempla attentivement le plateau de jeu avant de répondre,
-Que tu le veuilles ou non, Fabius Flint était le fantasme de toutes ces dames à Poudlard. Et il était mon fiancé avant que tu décides que tu me voulais au lieu de la fille Crabbe.
Lucius ricana sombrement.
-Oui, mais au final, c'est bien moi qui t'ai épousé.
-Et je ne le regrette absolument pas, assura-t-elle en couvrant sa main de la sienne dans un rare geste d'affection à la face du monde. Mais la différence est que tu m'aimais déjà, et que tu étais prêt à remuer ciel et terre pour que je te retourne le sentiment. Alors que Drago et Granger...
-Et heureusement, parce que si Drago tombait amoureux d'une Sang-de-Bourbe...
Il frissonna, et Narcissa eut un petit sourire à nouveau.
-De toute manière, si les choses vont selon le plan, Lucius, elle nous fera un petit-enfant.
-Mais Astoria également. Et ce sera l'enfant d'Astoria qui, un jour, héritera de l'empire Malefoy.
-Certes, certes, acquiesça Narcissa pensivement. Mais que feras-tu de l'enfant de Granger, dis-moi ? Ne t'attacheras-tu pas à lui ?
-Aucune chance, décréta Lucius catégoriquement. À toi de jouer, ma chère femme.
-Oh ! Oui, oui. Échec et mat.
…
La tête de Hermione lui tournait affreusement lorsque le transplanage prit fin, et elle dut se stabiliser vivement en s'accrochant au mur derrière elle. Mur doté de vêtements d'un raffinement rare, ainsi que d'une bouche tordue de dédain qui cracha,
-Bon sang, Granger, lâche-moi.
Hermione, mue sans doute par l'instinct de survie, recula d'un pas immédiatement, trébucha, et serait tombée si Drago n'avait pas tout aussi instinctivement tendu le bras pour lui attraper le poignet brutalement. Elle aurait sans nul doute des bleus le lendemain. Jetant un bref regard autour d'elle, elle s'aperçut qu'elle était dans une grande chambre austère, seulement meublée d'un immense lit, de deux tables de chevet et de plusieurs portes menant sans doute vers la salle de bains, le couloir et un dressing. Malgré son état d'ébriété avancé, Hermione sentit un éclair de panique lui traverser le corps.
Qu'allait-il lui faire ?
Comme s'il avait lu ses pensées, Drago émit un ricanement sombre et la poussa vers le lit, où elle tomba sans grâce, yeux écarquillés le dévisageant avec méfiance. La bouteille ouverte dans sa main tomba sur le parquet, déversant son contenu, sans qu'elle le remarque, et elle parvint à cracher,
-Recule ! Ne t'approche pas de moi, espèce de sale raciste...
Drago ricana encore, mains dans les poches de son pantalon, et avança d'une grande foulée, se trouvant à quelques centimètres d'elle au pied du lit. Il était imposant, presque étouffant, et elle déglutit, alors que le monde tournait encore.
-Sinon quoi, Sang-de-Bourbe ?
Il vit avec curiosité les yeux ambre de la jeune femme en pleine détresse se poser de manière aléatoire sur les différentes portes, puis sur lui, et comprit. Ses yeux d'orage s'écarquillèrent un bref instant, et il lança :
-Tu crois que je vais te violer, Granger ?
Elle ne répondit pas, mais frémit, et il éclata d'un rire ressemblant à un aboiement, bref et sincère. Sa main le démangeait. Il avait envie de la gifler.
-Calme-toi, Sang-de-Bourbe, conseilla-t-il d'une voix lente. Je n'ai jamais pris une femme contre son gré, et nous ne sommes pas encore mariés.
La respiration de Hermione s'apaisa quelque peu, et elle lui jeta un regard méfiant, avant de reculer sur le lit.
-Je veux rentrer chez moi, souffla-t-elle.
Drago haussa un sourcil méprisant.
-C'est déjà miraculeux que tu ne sois pas arrivée ici en sept morceaux dans ton état, Granger. Je te déconseille donc de tenter quoi que ce soit. Tu vas rester ici.
-Dans ta chambre... ? Hors de question !
Drago eut un rictus insolent, et répliqua,
-Pauvre fille. Il y a une trentaine de chambres d'invités au Manoir. Largement la place de te laisser ici...qui est à l'autre bout de la demeure par rapport aux chambres de la famille.
Elle hocha lentement la tête. Elle était fatiguée, à présent.
Drago la regarda en silence tandis qu'elle s'allongeait, paupières tombantes, puis recula jusqu'à la porte, avant de lancer d'une voix claire,
-Granger ?
Un grognement étouffé lui répondit. Il toucha la blessure sur sa joue du bout des doigts et sentit le sang sous ses digitales.
-Tu vas me le payer.
La porte claqua, et Hermione sombra enfin.
…
Lorsque Hermione émergea enfin, avec un mal de tête lancinant et l'impression d'avoir été écrasée par le Magicobus, elle vit face à elle deux balles de golf verdâtres.
Elle cligna des yeux, et sa vue se précisa.
Ce n'étaient pas des balles de golf, mais des yeux, sertis dans une tête osseuse ornée d'un long nez aussi coupant qu'une épée.
-Mademoiselle est réveillée, se félicita l'elfe de maison. Tikki est content, Mademoiselle.
-Que...
La voix de la jeune femme s'éteignit. Pourquoi, parmi toutes les étrangetés du monde magique, y avait-il un elfe de maison chez elle ? Et pourquoi sa tête était-elle si lourde ?
-Mademoiselle doit boire, Mademoiselle, s'enthousiasma l'elfe. Mademoiselle a beaucoup trop bu hier soir.
Tikki lui présenta une petite fiole emplie d'une substance grise à l'air peu avenante, et Hermione la saisit avec prudence, avant de regarder autour d'elle, paniquée. Où était-elle, par Merlin ?
-Mademoiselle n'a pas besoin d'être effrayée, nota Tikki. Mademoiselle est en sécurité. Tikki a préparé une potion de Sobresorcier.
Hermione lui jeta un regard douteux, mais ôta le bouchon et avala l'immonde boisson. Aussitôt, le mal de tête s'évanouit, ainsi que la lourdeur de son corps, et les souvenirs renflouèrent. Lorsqu'elle se rendit pleinement compte qu'elle était arrivée chez les Malefoy totalement ivre et qu'elle avait agressé le fils chéri de la maison, elle eut envie de se recoucher, de préférence après avoir avalé une nouvelle bouteille de Whisky Pur Feu.
-Je suis dans la m...
-Les maîtres veulent voir Mademoiselle, précisa l'elfe. Tikki va vous amener tout de suite.
Sans attendre de réponse, Tikki saisit son bras entre ses doigts osseux et les fit transplaner jusqu'au rez-de-chaussée, dans le même salon où elle était arrivée la veille.
Heureusement, Lucius et Drago étaient absents. Néanmoins, une Narcissa à l'air glacial les attendait, debout près de la cheminée.
Tikki disparut, laissant Hermione seule face à la matriarche Malefoy, qui la dévisageait avec autant de chaleur qu'un iceberg. Quelques secondes de silence s'écoulèrent, puis Narcissa déclara,
-La prochaine fois que vous vous amusez à reproduire une scène de cette sorte, mon époux vous enfermera dans le donjon quelques jours, afin de vous apprendre où est votre place.
Malgré elle, la brûlure de la rébellion enfla dans la poitrine de la jeune femme.
-Je ne vais pas m'excuser, rétorqua-t-elle sèchement. Vous avez détruit ma vie. Je pense être en droit de pourrir un peu la vôtre.
-Cela ne m'étonne pas de vous, Granger, la méprisa Narcissa. Vous avez autant de savoir-vivre qu'un Veracrasse en pleine hibernation. Drago voulait s'entraîner au Doloris sur vous un peu, pour se venger de la blessure que vous lui avez infligé hier soir. Vous lui avez lancé un Maléfice de Tue-Ennemi. Si vous l'aviez touché au cœur, il serait mort, brûlé de l'intérieur. Qui eut cru que l'enfant chérie du Ministère ait de si grandes connaissances en matière de magie noire ?
Gênée, Hermione détourna le regard.
-Peu importe, enchaîna Narcissa. J'ai empêché mon fils de vous toucher, mais la prochaine fois je ne serai pas si magnanime. En revanche, j'ai une nouvelle pour vous, et autant dire que vous avez intérêt à l'accepter sans vous précipiter sur les réserves d'alcool du Manoir.
Hermione attendit, tandis que Narcissa savourait visiblement son malaise.
-La date des fiançailles a été fixée, lâcha-t-elle enfin. L'annonce officielle se fera dans un mois, jour pour jour.
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Tadaaam.
Alors? Mouahahahaha (rire diabolique, pas crise d'apoplexie). Qu'en pensez-vous? Qu'attendez-vous pour la suite? Est-ce que ce chapitre est satisfaisant?
N'oubliez pas de laisser une petite review, SVP (S'il Vous Plaît, pas Saluez Votre Pénis).
Bisous et à bientôt!
DIL.
