Coucou tout le monde !

Me voilà pour un nouveau chapitre !

Je vous embrasse et place aux réponses !

waitingfora : Ah, tu verras bien qui est Kementári au fil des chapitres ! Tout ce que je peux te dire, c'est que cette dernière affectionne particulièrement notre jeune elfe et qu'elle serait certainement prête à donner sa vie pour elle, si une telle chose était possible ! Tu découvriras de nouvelles choses dans le chapitre prochain ! Bis. Juliefanfic

yourfirstfan : Ah, mon amie ! Que ferais-je sans toi ! Tu es mon soutient indéfectible, une rocher auquel me raccrocher ! Merci d'être toujours là pour moi, tes reviews et tes mots me font toujours des plus plaisirs. N'hésite pas cependant à marquer e que tu as aimé dans ce chapitre, ce qui t'as fait rire ou non, ce que tu n'as pas aimé s'il y a. Je t'embrasse fort. Je pense à toi my best friend. Big Kiss.

milyi : Je suis heureuse que mon écriture te plaise. Je lis beaucoup, à vrai dire je dévore des bouquins et cela se voit peut-être dans mon écriture... Tu adores Haldir ? Dans ce chapitre on le voit un peu, mais pas beaucoup, tu devras attendre le chapitre prochain ! Mais si ça peut te rassurer, il sera plus présent dans les autres, tu verras pourquoi ! Enfin bref, j'espère que ce chapitre te plaira ! Bisous.

Noooo Aime : C'est certain qu'Elenna est arrivée à point nommé ! Mais avec Thalion qu'elle devait mettre en sécurité, pas facile d'être là à temps, mais elle a réussi ! C'est sûr que ce sont des sales gosses ces hommes à se moquer d'elle ! Pas gentils ! Bref, j'espère que tu aimeras ce chapitre ! Bis. juliefanfic

CHAPITRE 14 : L'EXPRESSION DES COEURS...

Lorsqu'elles entrèrent dans la chambre, Elenna sentit ses jambes la lâcher. Kementári la rattrapa et la fit s'asseoir sur le bord du lit. Liliane balaya la pièce des yeux, puis remarquant qu'il y avait une porte qui donnait autre part que dans le couloir, elle y entra. Elle revint bien vite et signala à Kementári qu'elle partait chercher de l'eau.

La jeune Elfe voyait trouble en cet instant. Elle sentait que le sommeil voulait la prendre de force, pourtant elle résistait. Elle ne voulait pas être un poids pour ses amies, même si elle savait que c'était pourtant le cas en ce moment même. Comme si sa protectrice avait entendu ses pensées, ce qui était probablement le cas, d'ailleurs, elle s'approcha d'elle, remit avec délicatesse une mèche de cheveux derrière son oreille et lui murmura :

« -Non, petite Elfe. Jamais vous ne serez un poids. Vous avez fait preuve d'un rare courage aujourd'hui. Peu sont ceux qui peuvent prétendre à être aussi vaillants que vous ne l'êtes.

Elenna regarda alors Kementári. Ses yeux bleus sans âge reflétaient la sincérité la plus totale. Elle pensait ce qu'elle disait. Or, la jeune femme ne pouvait comprendre pourquoi on la jugeait courageuse. Son acte avait était fou et terriblement dangereux. Elle aurait pu perdre son enfant. Cela serait d'ailleurs arrivé si son amie n'avait pas été là pour la sauver.

-Je n'ai pas été vaillante, répondit-elle faiblement.

Les lèvres de Kementári s'étaient pincées. Elle semblait réfléchir dans le but de faire entendre raison à la jeune Elfe devant elle.

-Pourquoi avez-vous sauvé ces gens, alors ? Qu'est-ce qui vous a poussé à ces actes ?

Au souvenir des blessés et des morts, Elenna sentit son cœur se serrer. Pourquoi avait-elle sauvé ces gens ? La réponse était qu'elle n'avait pu les laisser à leur triste sort. Ses parents l'avaient élevée en lui inculquant des valeurs : le respect, la compassion et la justice. Or, ces gens étaient blessés parce qu'il se battaient pour sauver leur peuple attaqué injustement par un mage ivre de pouvoir. C'était la pitié pour ces hommes qui avait guidé ses gestes. Jamais elle n'aurait eu le courage de se regarder en face si elle les avait laissés mourir.

Entendant les pensées de la jeune femme, Kementári reprit :

-La compassion et la pitié sont les moteurs même du courage. Vous avez sauvé nombre de vie, aujourd'hui. Mais vous avez également su, par votre présence, rendre l'espoir aux hommes encore debout. Et les décisions que vous avez prises, petite Elfe, vous les avez prises en sachant que vous risquiez votre vie. Vous avez plongé dans la bataille pour empêcher la mort de prendre son du en sachant qu'elle aurait pu vous prendre vous. Et je ne parle même pas du moment où le village dans lequel vous étiez a été attaqué. Vous avez foncé tête baissée pour sauver cet enfant. Alors oui, petite Elfe, vous avez été vaillante. Bien plus courageuse que beaucoup. »

Une légère rougeur teinta les joues de la jeune femme. Et alors qu'elle se sentait gênée face à ces compliments, Liliane rentra accompagnée de trois servantes. Son amie et les trois femmes portaient chacune deux seaux remplis d'eau. Elenna entendit que l'on versait le contenu des récipients dans un bain. Elle sentit son cœur s'alléger face au plaisir qu'elle ressentait rien qu'en s'imaginant se laver de manière si agréable. Elle entendit la sœur de Thalion demander à Kementári si elle devait rester et cette dernière lui répondre qu'elle s'occuperait d'elle et qu'elle n'avait pas besoin d'aide.

Lorsque la chambre fut vidée des servantes et de son amie, Kementári commença à aider Elenna à se déshabiller. Si la jeune Elfe n'aurait jamais pu le faire avant, elle devait avouer que la fatigue l'anesthésiait complètement et que non, elle ne ressentait aucune gêne. Elle considérait sa protectrice à présent comme une parente, un membre d'elle-même. Aussi, le fait qu'elle l'aide dans chacun de ses gestes visant à se dévêtir, pouvait se comparer au fait que se soit sa sœur qui l'aide dans cette tâche.

Elles enlevèrent d'abord ses chaussures puis sa cape. Voyant l'état de la robe de sa protégée et sachant qu'elle était irrécupérable, Kementári déchira cette dernière partiellement afin de la lui retirer. Quand enfin elle fut dévêtue, la jeune femme aida Elenna à marcher jusqu'au bain. Lorsque cette dernière fut immergée dans l'eau, elle ne put retenir une exclamation de pur plaisir. L'eau chaude détendait ses muscles et calmait son corps endolori. La jeune Elfe se mit ensuite à se savonner. Si Kementári l'avait aidée à se mettre en tenue de naissance, elle ne pouvait accepter d'être lavée par une autre personne. Lorsqu'elle eut fini, elle commença à tenter de démêler ses cheveux. Mais sa fatigue plus les débris qui y étaient accrochés ne l'aidaient guère. Aussi, après une énième tentative infructueuse, elle laissa retomber ses bras dans l'eau, défaitiste. La voix mélodieuse de sa protectrice se mit alors à résonner. Cette dernière riait gentiment de l'Elfe. Quand Kementári laissa ses doigts parcourir la chevelure blonde d'Elenna, celle-ci la laissa faire. A vrai dire, elle en savoura même chaque instant. Les mains qui lui nettoyaient les cheveux étaient légères et semblables à la caresse d'une plume. Lorsque Kementári lui savonna la tête avec délicatesse, elle ferma les yeux et se laissa porter par l'instant. Sa mère avait eu les même gestes quand elle était petite. Aussi, elle se sentait bien, traitée comme une petite fille. Elle en oubliait ses soucis, ses problèmes pendant un moment. La disparition de ses parents et de sa sœur n'avait pas eu lieu, elle n'avait jamais connu les êtres misérables qui lui avaient volé ce qu'elle aurait voulu offrir à l'homme qu'elle aimerait... Il ne restait plus qu'elle, son enfant et son amie. Et tous les trois partageaient un moment agréable, apaisant l'âme pendant un temps.

Lorsque Kementári eut fini et qu'Elenna fut entièrement lavée des souillures de la bataille et de la vie sauvageonne qu'elle avait menée durant plusieurs jours, elle sentit une caresse le long de sa joue. Surprise, la jeune Elfe ouvrit les yeux. Devant elle, les yeux de sa protectrice reflétaient l'amour, mais aussi une grande tristesse. Incapable de laisser la personne qu'elle appréciait désormais comme un membre de sa famille à une telle douleur d'âme, Elenna posa sa main sur la joue de cette dernière. Kementári lui offrit alors un mince sourire.

« -Tu lui ressembles beaucoup, dit-elle en caressant la main qu'Elenna avait posé sur sa joue.

La jeune femme regarda sa protectrice, ne comprenant pas ses paroles. A qui donc ressemblait-elle ? Ayant entendu ses pensées, la femme vêtue de vert continua.

-Tu ressembles tant à ton aïeule ! Tant par ton physique que par ta force de caractère. Rien n'aurait pu venir à bout de la mère de ta mère, petite Elfe. Elle était têtue, avait un grand sens de la justice, était plus courageuse que beaucoup, et débordait d'amour à donner. Elle serait fière de toi, Elenna. »

Elenna fut touchée par les paroles de Kementári. Ainsi, elle avait connu sa grand-mère. Elenna n'avait que peu entendu parler de son aïeule. Sa mère ne lui en avait que peu parler. Oh, elle avait su que cette dernière était d'une grande bonté et qu'elle était morte en protégeant sa fille, mais jamais elle n'en avait su plus. Elle comprenait à présent la raison de ce silence. Elle n'avait pu lui raconter l'histoire de la femme qui lui avait donnée la vie, sous peine de dévoiler ses origines à Elenna. Par ailleurs, elle était touchée des dernière paroles de son amie. Ainsi, sa grand-mère serait fière d'elle ? Cependant, une question lui restait à l'esprit. Comment Kementári avait-elle connu cette dernière ? Qu'avait-elle représentée pour elle ? Entendant les pensées qui agitaient la jeune Elfe, sa protectrice secoua la tête, signifiant par là que l'heure des réponses n'avait pas encore sonné.

Kementári aida Elenna à se relever et lui apporta une longue chemise de nuit pendant que cette dernière se séchait. Une fois qu'elle eut enfilé le vêtement, la jeune femme fit asseoir l'Elfe sur le lit et coiffa sa longue chevelure dorée en une longue tresse.

« -Qu'Irmo veille sur tes rêves, petite Elfe, murmura sa protectrice après lui avoir baisé le front. Nous nous reverrons, je t'en fais la promesse. »

La jeune femme n'eut pas le temps de lui demander pourquoi elle lui avait faite cette promesse que Kementári s'en était allée. Elle avait simplement disparu tel un mirage. Elenna sentit alors quelque chose couler le long de sa joue et s'essuya celle-ci du plat de la main. Elle s'aperçut qu'il s'agissait d'une larme. D'une seule et unique larme. La tristesse l'envahit. Elle venait à nouveau de perdre quelqu'un qui lui était chère sans une explication, même si elle savait qu'elles se reverraient. Elle comprenait à présent la promesse de sa protectrice. Elle s'allongea et songea une dernière fois au lendemain qui l'attendait avant de sombrer dans un sommeil elfique réparateur.

Un léger courant d'air vint lui frôler la peau nue de sa joue avec délicatesse lui apportant par là, l'odeur du pain, du lait chaud et du miel. Ouvrant lentement les yeux, elle vit que le Soleil était en train de se coucher, conférant au ciel une étrange couleur rouge. Elle finit par s'asseoir et remarqua alors un plateau posé sur sa table de chevet. Celui-ci était composé d'un bol de lait encore fumant, de tartines de pain chaud recouverts de miel et de diverses fruits. Elenna fit honneur au repas. Elle se régala. Après s'être nourrie de baies durant de nombreux jours, elle profitait enfin d'une meilleure pitance. Quelques minutes plus tard, elle entendit quelqu'un toquer légèrement à sa porte. Ne sachant guère de qui il s'agissait, Elenna se leva de son lit et donna l'autorisation à la personne de franchir la pièce.

Ce fut une jeune fille d'une quinzaine d'années qui passa la porte. Elle portait dans ses bras plusieurs paquets.

« -Bonsoir, la salua poliment Elenna.

-Bonsoir ma Dame, répondit la jeune fille. Un banquet va être servi en l'honneur des combattants et on m'a envoyée vous aider à vous préparer... On m'a également donnée des vêtements pour vous, étant donné que ceux que vous portiez ne sont plus en bonne état...

La jeune femme sourit alors gentiment à l'adolescente. Elle ne semblait pas trop savoir se comporter et elle avait bégayé quelques fois sous l'appréhension qui la rongeait.

-Dis-moi, jeune fille, demanda l'Elfe avec un sourire, quel est ton nom ?

-Je m'appelle Méliane, ma Dame.

-Oh, je t'en prie, pas de « ma Dame » avec moi. Appelle-moi simplement Elenna. »

Après que les présentations furent faites, l'adolescente aida la jeune Elfe à se vêtir de la robe. Celle-ci était longue, bleu pâle, et se laçait dans le dos. De part sa grossesse, elle ne porta pas de corset, et elle fut soulagée qu'on lui épargne cette peine. Elle enfila ensuite une paire de ballerines en cuir. Une fois qu'elle fut habillée, Méliane défit sa longue tresse et brossa ses cheveux avant de les laisser libres. Selon elle, la chevelure d'Elenna était bien plus belle sans ajouts d'artifices et les femmes tueraient pour avoir des cheveux comme les siens, ce qui avait fait rire la jeune Elfe qui retrouvait un peu son enfance.

Lorsqu'elle fut prête, la jeune fille qui l'avait aidée à se préparer s'en alla. Restée encore dans sa chambre, Elenna soupira. La bataille de la nuit avait été rude, et même si elle avait eu le loisir de se reposer, elle se sentait encore fatiguée. En réalité, il s'agissait plus d'une fatigue psychique que physique. La vison de tous les morts qui avaient malencontreusement croisé son regard, les soldats qui avaient poussé leur dernier souffle devant elle, tous les enfants sacrifiés lors de la bataille, l'avaient anéantie pendant un instant. Et même si à présent la douleur de son cœur se faisait plus supportable, elle en souffrait encore. Elle secoua la tête. Elle était attendue en bas et le banquet allait commencer.

Alors qu'elle longeait le couloir où se trouvait la porte de sa chambre, cherchant à rejoindre la bonne salle, elle rencontra le prince de la Forêt Noire. A son approche, ce dernier se mit à sourire.

« -Je suis heureux de vous voir, mon amie. Je venais vous chercher, le banquet va commencer.

-Figurez-vous que je cherchais moi aussi à vous rejoindre, Legolas. Mais à vrai dire, je ne sais pas où cela a lieu exactement.

Un grand sourire s'étira sur les lèvres du prince qui semblait avoir du mal à ne pas rire quand il prononça ces mots :

-Je m'en doutais. D'après votre petite sœur, vous avez un sens de l'orientation plutôt médiocre. Aussi, je venais car je m'en serai voulu si vous étiez venue à vous perdre dans la forteresse... Vous auriez pu vous rendre à la salle de bain des gardes pendant que ceux-ci se lavaient. Cela aurait été très inconvenant !

Elenna poussa alors une exclamation indignée. Mais qu'avaient-ils tous à se moquer d'elle ?

-D'abord Aragorn, ensuite vous ! Mais pourquoi diable me persécutez-vous avec vos moqueries ? demanda-t-elle faussement contrariée avant qu'elle ne se mette à rire avec légèreté.

-Il est jouissif, Dame Elenna, de vous voir réagir à ces petites piques. Vous ne les prenez jamais mal et vous riez toujours de bon cœur.

-Peut-être parce qu'il y a toujours une part de vérité dans vos dires, Legolas. Et pourquoi pleurez alors que l'on peut rire et profitez de la vie à chaque instant ?

Elle souriait, joyeuse quand elle parlait. Puis, l'ombre d'un mauvais souvenir apparut et cette fois son sourire fut teinté de tristesse.

-Je n'ai pas toujours eu cette philosophie, mon ami. Quand ma famille a disparu, j'ai sombré. Mais je n'ai pas pu rester au fond longtemps. Il y avait ma petite sœur. Elle avait besoin de quelqu'un à qui se raccrocher. Il fallait que je sois là. Je l'ai adoptée et je l'ai élevée. Je venais à peine d'être légalement reconnue comme étant adulte. Encore une enfant aux yeux de certains. Mais je me devais de subvenir aux besoins d'Elerinna. Elle n'avait plus que moi. Aussi, j'ai décidé de vivre chaque jours en faisant fi de ma douleur. Et j'y suis parvenue. Puis j'ai compris que chaque jour devait être vécu comme le dernier. Depuis, je vis la joie et la tristesse comme si jamais demain ne devait se lever. Je profite de chaque journée que la vie m'offre. Soit-elle bonne ou mauvaise. »

A l'entente des paroles d'Elenna, le cœur de Legolas avait eu mal. Il savait que son amie avait vécu des choses difficiles, pourtant imaginer que la vie ait pu être si dure était au-dessus de tout ce qu'il avait pu penser. Au fur et à mesure que le temps était passé, il avait senti qu'un fort sentiment d'amitié pouvait naître entre eux. Oh, que personne ne se trompe, il s'agissait d'une amitié sincère, d'un sentiment qui naissait entre un frère et une sœur de cœur. Alors, il eut mal de savoir qu'une personne aussi bonne et courageuse qu'elle avait du souffrir ainsi. Mais il se sentit fière d'elle aussi. Car malgré tous les obstacles de sa vie, tout ce qui aurait du l'empêcher d'avancer, elle vivait et profitait des peines et des malheurs. Elle avait compris ce que beaucoup ne comprenaient pas. Lui même venait de le comprendre à cet instant. Vivre la vie comme le dernier jour du monde, aimer et chérir les proches, laisser le cœur guider les actions, telle devrait être la devise de l'existence.

Elenna vit plusieurs sentiments passer dans le regard de son ami. Si elle ne comprit pas celui de la fierté qui selon elle n'avait pas sa place, elle put y lire également la compassion et la douleur. Cela lui sembla étrange de voir Legolas souffrir de ce qu'elle avait vécu. Elle n'avait jamais parlé de tout cela à qui que se soit, mais maintenant qu'elle avait franchi ce pas, elle se sentait délivrée. Libérée d'un poids et soulagée que quelqu'un d'autre puisse peut-être la comprendre. Mais elle se sentit gênée aussi. Elle n'avait pas pour habitude de dévoiler ses faiblesses passées. Et alors qu'elle baissait les yeux, regardant ses pieds et qu'elle allait se mettre à marcher, elle sentit des doigts fins soulever avec une grande délicatesse son visage. Ne pouvant que suivre la direction donnée à ses yeux, elle plongea son regard dans celui argenté de son ami. Les yeux de Legolas luisaient d'une douce lueur rassurante. Il lui sembla alors que pour la première fois, depuis que la tragédie qu'elle avait évoquée précédemment, le Destin ait décidé de lui accorder un peu de répit. Le Prince de la Forêt Noire lui apparaissait semblable à un rocher auquel elle pouvait se raccrocher si elle se perdait sur le sinueux chemin de la Vie. Il était une personne de confiance, un ami, un frère, qui la guiderait si elle venait à tomber et à se faire mal. Alors qu'elle lui adressait un doux sourire, elle vit les lèvres de son ami remuer.

« -Elenna, dit-il pour la première sans utiliser le qualificatif « Dame ». Vous comptez à présent comme une amie de longue date dans mon cœur, même si notre rencontre fut brève et ne remonte guère à plus d'un mois. Mais le courage dont vous faites preuve chaque jours, votre force d'âme mais également vos faiblesses ont su vous rendre à mes yeux mais également à ceux de nombreuses autres personnes, aussi importante qu'une sœur de sang. Aussi, je vous fais la promesse, mon amie, que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour que la vie ne soit plus celle que vous ayez vécue, mais plutôt un enchaînement de joie qui rendra à votre cœur l'innocence de votre âge. Car ce n'est pas parce que vous deviendrez bientôt mère, une lourde responsabilité j'en conviens qui s'annonce comme un long périple jonché de peine et de bonheur, que la vie ne doit plus vous sourire. Le rire doit habiter votre visage, le rendre naïf et insouciant, tel qu'il aurait dû être si les malheurs ne vous avaient pas frappée.

Touchée par les mots de son ami, Elenna resta saisie quelques instants. On ne lui avait encore jamais parlé en ces mots, mais à l'entente de ces derniers son cœur s'était allégé de manière subtile, mais néanmoins présente. Elle plaça alors une main sur son cœur avant de la tendre vers lui et de lui murmurer doucement en elfique afin que lui seul entende :

-Merci de tout cœur mon ami. J'espère que votre Destin sera aussi clément que celui que vous me souhaitez.

Attendant quelques secondes, elle finit par reprendre dans un ton beaucoup plus léger :

-Allons-y, Maître Elfe, car cela m'étonnerait qu'ils prennent le temps de nous attendre pour fêter la victoire ! »

Un peu déstabilisé par ce changement soudain de comportement de la jeune femme, Legolas resta stoïque quelques instants avant qu'un large sourire ne s'étire sur ses lèvres.

Ils arrivèrent finalement quelques minutes plus tard dans une grande pièce. Le Roi était monté sur une estrade et semblait être sur le point de faire un discours, même si aucune parole ne franchissait ses lèvres. Lorsque Elenna vit que ses yeux se posèrent sur eux, Théoden poussa un léger soupir satisfait et commença à parler. Ils avaient été attendus, finalement. Un sourire s'étira alors sur ses lèvres.

« -Peuple du Rohan, Amis Elfes et Ami Nain, commença-t-il en accordant un regard à Gimli, nous avons subi de lourdes pertes aujourd'hui, mais nous avons vaincu ! De part l'aide de chacun, de part le courage de chacun, le Peuple des Rohirrims n'est pas tombé entre les mains de Saroumane ! Le Rohan tiendra encore longtemps, mes amis !

Il fit une courte pause puis reprit :

-Aujourd'hui, en cette soirée où familles se retrouvent, remercions comme il se doit les personnes qui ont donné leur sang afin de protéger le Royaume ! Gloire aux morts victorieux !

-Gloire ! reprit en cœur le peuple rohirrim.

-Je tenais également, sous l'insistance de nombre de mes soldats, remercier une personne particulière, continua le roi. En effet, plus lourdes aurait été les pertes si une jeune personne n'avait pas risqué sa vie afin de sauver et de protéger les blessés qui pouvaient l'être. Cette personne a fait preuve d'un courage rare pour une personne telle qu'elle, aussi, remercions-la comme il se doit. Dame Elenna, recevez la gratitude éternelle du Peuple du Rohan ! Ses portes vous seront toujours ouvertes !

-Gloire ! scandèrent une dernière fois les Rohirrims.»

Le visage de la jeune femme se colora rapidement de rouge, gênée qu'un roi puisse lui présenter des remerciements devant son peuple. Théoden lui adressa un sourire reconnaissant et but ensuite une gorgée de sa coupe. La soirée commença. Legolas lui apprit alors qu'une autre soirée en l'honneur des morts, de plus grande envergure, aurait lieu après qu'ils aient rendu une visite au traître de magicien.

Elenna déambula parmi les tables, ne sachant pas vraiment comment s'occuper. Elle regarda avec amusement les Hommes tenter de défier les Elfes à un concours de boisson, mais ceux-ci perdaient inévitablement. Il était vraiment difficile de rendre un Elfe ivre, et les seules possibilités étaient soit de lui faire boire une vingtaine de bouteilles d'alcool fort, soit de lui faire boire du vin elfique. Et alors qu'elle s'amusait de voir un groupe d'Hommes complètement désinhibés sous l'effet de l'alcool tenter de chanter en harmonie une chanson paillarde, elle fut rejointe par le Roi.

« -Tout le Peuple Rohirrim vous doit beaucoup, Dame Elenna. Sans vous, le nombre de morts aurait été bien plus conséquent.

Surprise que le roi vienne lui adresser la parole pour la remercier encore une fois de ses actes, la jeune femme resta saisie quelques secondes avant de répliquer.

-Je n'ai pas fait grand chose, Roi Théoden. Je n'ai fait que cacher les blessés et en plus j'ai été aidée par Haldir. C'est plutôt lui, que vous devriez remercier.

Un sourire s'étira sur les lèvres du souverain. Il sembla alors à Elenna que cela le rajeunissait considérablement et qu'il devrait le faire plus souvent.

-Je suis allé voir Haldir, Dame Elfe, et il m'a lui-même confié qu'il n'aurait jamais fait ce qu'il a fait si vous n'aviez pas été là. Il vous a suivie. C'est vous dans l'histoire qui avez su faire preuve d'une grande vaillance afin de protéger les miens.

Les joues d'Elenna se teintèrent d'une légère couleur rosée. Le roi qui l'observait le remarqua et se mit à rire avec légèreté, sans moquerie aucune toutefois.

-Sachez, Dame Elenna, que le Rohan vous accueillera toujours à bras ouverts dès à présent. Vous et votre enfant, reprit-il en avisant son ventre qui commençait à s'arrondir.

-Merci, répondit-elle alors, en mettant sa main sur le cœur. »

Le roi inclina la tête avec respect et partit rejoindre d'autres invités.

De nombreux soldats firent également comme leur souverain, et allèrent remercier par eux-même la jeune Elfe. Elenna reconnut parmi eux un grand nombre de ceux qu'elle avait caché. Elle reçut également la visite de personnes qu'elle ne connaissait pas, mais qui venaient lui présenter les remerciements de soldats qui n'avaient pu quitter leur lit. Elle rencontra également le père d'un des jeunes enfants tombés lors de la bataille. Ce dernier avait appris par un soldat que la jeune femme avait fermé les yeux de son fils et avait prié pour son âme. Les larmes aux yeux, il vint la remercier. Elenna continua ainsi, à déambuler sans destination précise, se mêlant de tant à autres aux réjouissances. Elle but avec plaisir plusieurs verre de jus de fruits et ria avec des adolescents qui avaient un peu abusé de l'alcool et qui lui racontaient leurs pires bêtises, la sommant de n'en parler à personne. Elle n'eut pas à le faire d'ailleurs, car quelques minutes plus tard, alors qu'ils racontaient comment ils avaient réussi à changer les vêtements de leur père respectif en robe, ces derniers arrivèrent par derrière et écoutèrent avec attention les frasques de leurs enfants. Quelques minutes plus tard, on pouvait observer trois adolescents tirés par les oreilles par des parents pas contents mais qui semblaient avoir beaucoup de mal à ne pas rire. Elenna fit alors un sourire désolé envers les trois garçons et soupira. Elle espérait que son enfant ne serait pas un garçon ! Rien qu'imaginer la vie impossible que celui-ci lui rendrait suffisait à la refroidir. Une fille, par pitié pour sa survie, une fille calme qui obéisse et ne fasse pas de bêtises ! Elle secoua la tête en souriant. Vu l'ascendance, avoir un enfant calme semblait presque mission impossible. Les parents d'Elenna, bien qu'ils furent sages quand leurs enfants naquirent, leur avaient raconté leurs bêtises d'enfance, et quand elle les avait entendu, jamais plus Elenna ne les avaient vu de la même façon ! Et alors qu'elle était perdue face à de bons souvenirs qui remontaient sa mémoire, son regard fut soudain attiré par un homme et une femme qui ne semblaient pas en très bon accord. L'homme, totalement ivre, passait la main sur les fesses de la jeune serveuse, qui s'éloigna précipitamment. Rendu hardi par l'alcool, ce dernier retenta sa chance en embrassa la jeune fille sans son consentement. Une colère sourde monta alors en Elenna. Elle s'approcha et alors qu'elle allait mettre sa main dans la figure de l'homme, Haldir arriva avant elle et se plaça entre la jeune servante et l'homme éméché. Ce dernier leva les mains en signe de reddition mais tenta tout de même une nouvelle approche. La jeune femme observa alors l'Elfe qui semblait furieux, bien que son visage n'exprima alors aucune émotion. Elle s'approcha de la jeune fille et vit Haldir mettre sa main sur la paume de son épée et menacer l'opportun de lui apprendre les bonnes manières s'il ne s'en allait pas de suite. Ce dernier, bien que ivre, comprit qu'il n'était pas dans son intérêt de rester, et partit sans demander son reste.

Lorsque le Garde de la Lorien se retourna, il vit la jeune femme qui rassurait la servante qui, si on se conférait aux légers tremblements de ses lèvres et à ses yeux écarquillés, devait être sous le choc. Haldir les regarda quelques minutes, et lorsqu'il vit que la jeune femme qu'il avait protégée de l'homme aux envies malsaines s'était calmée, il s'approcha d'elles.

Remarquant que le chevalier elfique et servant se rapprochait d'elles, Elenna laissa un sourire s'épanouir sur son visage. Elle sentait au plus profond d'elle-même qu'une grande amitié finirait par naître entre eux, une amitié aussi solide que du roc, la même qui la liait à Legolas ou à sa sœur. S'apercevant que Haldir lui rendait son sourire, elle sentit son cœur se gonfler de joie. Ravie de retrouver son ami, elle oublia sa colère contre l'homme ivre, et décida qu'elle passerait une bonne fin de soirée, finalement. Ils laissèrent la servante en la confiant à son frère plus âgé qui par chance n'avait pas encore bu une goutte d'alcool de la soirée et qui se trouvait non loin de là. Lorsque Haldir lui expliqua ce qu'il s'était passé, il fallut que deux Elfes interviennent et le ceinturent pour l'empêcher de commettre l'irréparable et d'aller attenter à la vie du malotru qui s'en était pris à sa sœur. Lorsqu'il fut calmé, même s'il jura de faire payer l'affront fait à sa sœur plus tard, Haldir entraîna Elenna vers Aragorn, Legolas, Gimli et Mithrandir.

Sincèrement heureuse de retrouver ceux qui avaient partagé son quotidien durant une journée et qui s'étaient occupés de sa sœur après qu'elle se soit faite capturée par Saroumane, elle sentit son cœur bondir dans sa poitrine. Elle vit les membres de cette étrange communauté s'arrêta de parler en la voyant arriver.

« -Mon amie ! s'exclama Aragorn lorsqu'elle arriva à sa hauteur.

Ses yeux rieurs la contemplèrent et le sourire qui naquit sur ses lèvres semblait lui dire « Vous êtes enfin propre, mon amie ! Il faut croire que le bain que vous avez pris vous a fait le plus grand bien ! ». Afin de se moquer à son tour de ce rôdeur arrogant, elle lui tira la langue d'une manière qu'elle espérait discrète, mais ce fut peine perdue, car tout le monde l'aperçut. Un rire tonitruant suivi de nombreux autres résonna alors. Gimli qui s'était esclaffé le premier prit enfin la parole.

-Ah, Dame Elfe ! s'exclama-t-il. Je dois avouer si la plupart des Elfes sont bornés, froids, impassibles et d'un ennui mortel, continua-t-il alors que tous les êtres elfiques qui l'avaient entendu lui lancèrent un regard noir, ce n'est pas, mais alors pas du tout votre cas !

Un grand sourire s'étira sur les lèvres de la jeune femme. Tout le monde était au courant de l'inimité entre Elfes et Nains, pourtant elle ne pouvait s'empêcher d'être amie avec Gimli. Un comble, aurait dit certains !

-Ah, vous me voyez ravie, mon ami ! ria-t-elle. Mais il faut avouer que j'agis ainsi parce que je suis entourée d'amis. Je ne suis pas sûre de la refaire face au Roi Théoden par exemple...

Ceux qui l'entendirent se mirent à rire doucement. Cependant, en les regardant de plus près, Elenna s'aperçut qu'il manquait des membres de la Communauté.

-Vous étiez neuf lorsque nous nous croisâmes la première fois mais vous n'êtes plus que quatre. Où sont donc les Hobbits et Boromir ?

Un éclair de tristesse passa furtivement dans les yeux de chacun. Ils se cherchèrent du regard, cherchant une approbation muette. Ce fut finalement Aragorn qui prit la parole.
-Mon amie, commença-t-il.

Elenna sentit son cœur se tordre sous l'appréhension. La tristesse visible sur leur visage ne lui disait rien qui vaille, et elle était sûre que quelque chose de dramatique s'était produit après sa capture.

-Boromir a quitté cette Terre peu après notre départ de la Lothlorien. Il fut abattu de trois flèches. Sam et Frodon ont décidé de continuer leur lourde tache seuls, quand à Merry et Pippin, après avoir été enlevés par des Uruk-Hais, ils sont maintenant dans une relative sécurité parmi les arbres de Fangorn.

Elenna soupira. Le destin de ses compagnons n'avait pas été des plus joyeux. De même, une chose l'intriguait. Quel était donc la lourde tache de Sam et Frodon ? Semblant comprendre les interrogations intérieures de la jeune femme, Aragorn secoua de manière presque imperceptible la tête, lui signifiant qu'il ne valait mieux pas aborder ce sujet en ces lieux. Quelques secondes plus tard, inquiète après avoir entendu le drame qui avait touché la Communauté, Elenna songea à sa petite sœur. Allait-elle bien, au moins ?

-Et Elerinna ? Comment se porte-t-elle ? Elle va bien, j'espère ?

Un sourire se dessina alors à nouveau sur les lèvres de ses amis.

-Ah, soupira Gimli. Votre sœur vous ressemble beaucoup ! Elle n'a pas cessé de nous faire tourner en bourrique !

La jeune Elfe se mit alors à rire. Elle reconnaissait bien cette dernière ! Gimli reprit cependant la parole.

-Mais votre disparition l'a beaucoup affectée, vous savez ? Quand elle ne faisait pas l'imbécile, elle pleurait. Il a finalement fallu toute la persuasion de la Dame de la Lorien pour qu'elle se calme et qu'elle redevienne sinon comme avant, une jeune fille joyeuse. Cependant, je me doute que les Galadhrims doivent se mordre les doigts depuis qu'ils l'ont adoptée au sein de leur cité. Du temps que nous avons passé là-bas, elle a bien martyrisé quelques Elfes malheureux, n'est pas Haldir ?

Un grand éclat de rire lui répondit. Il était vrai que les fois où il avait gardé la jeune enfant, elle lui en avait fait voir de toutes les couleurs. Mais il devait avouer que cela avait été rafraîchissant.

-Enfin, Haldir n'est pas le seul pauvre malheureux. Elle a également pris à cœur d'embêter le Seigneur Celeborn de la Lorien. »

Elenna sentit un rand sourire s'étirer sur ses lèvres. Elle était habituée aux frasques d'Elerinna, aussi en entendre parler lui faisait le plus grand bien. Mais elle se sentit bientôt lasse. Cela faisait déjà six heures que la fête avait commencé, et elle commençait à fatiguer de toujours rester debout, fait certainement exacerbé par sa grossesse. De même, la bataille était encore récente, et elle sentait qu'il lui faudrait du temps pour s'en remettre totalement. Elle prit alors congé de ses amis et s'en alla dans sa chambre. Elle n'avait pas encore eu de conversation sérieuse avec Haldir, mais elle se promit de la faire le lendemain.

Après s'être déshabillée et s'être sommairement lavée, Elenna se glissa sous les draps de son lit. Elle s'endormit rapidement d'un sommeil elfique, bien qu'un nouveau rêve vint la troubler.