Z'ai eu pleiiiiin de zentilles reviews sur le précédant chapitre, hihi :). Merci les gens !
Petit chapitre que je vous livre avec plaisir, entre deux révisions et deux gémissements pour cause de « malade et cassée de partout » :D
Chapitre 13
Pour avoir tenté de s'échapper et avoir bien molesté son kidnappeur, Hyde paya le prix fort. Il s'y attendait, mais cela n'aida en rien. D'abord, il fallut gérer la cruelle déception d'avoir vu la porte, de l'avoir touchée, d'y avoir cru… Et d'avoir été repris alors que la liberté n'était qu'à deux pas. Lui qui n'y croyait plus, il avait tellement pensé que le cauchemar était fini, durant ce court instant où il avait frôlé la sortie… Se retrouver de nouveaux dans cette pièce sans lumière aucune le mortifia. Mais il n'eut pas le temps de songer à cette déception, que le visage de l'homme s'approchant de lui lui glaça le sang.
Tout y passa : des menaces sur tous ceux qu'il aimait aux coups donnés jusqu'au visage, cette fois… Jusqu'à l'humiliation suprême, pour la seconde fois… Tout. Rien ne lui fut épargné, du sadisme cruel à la méchanceté pure… Son corps criait au supplice, même si pas une plainte ne s'échappa de sa bouche. Même lorsque son ravisseur le laissa enfin tranquille, Hyde ne quitta pas sa position fœtale avant plusieurs heures… Cela avait été tellement violent que de toute façon, il était incapable de bouger. D'habitude, l'homme le touchait par plaisir… Cette fois, cela avait été par simple vengeance, ce qui était encore pire. Il avait vraiment eu l'impression d'avoir un animal devant lui. Et maintenant qu'il était seul, résolu à ne jamais en sortir vivant… D'ailleurs le voulait-il ? Il ne pourrait jamais plus avoir une vie normale après tout cela, alors à quoi bon en sortir ? Maintenant qu'il y était résolu, il chercha, pour la première fois… Il chercha le moyen d'en finir. Puisque cet homme lui avait volé sa vie si facilement, au moins il ne lui prendrait pas sa mort… De cela, il pouvait encore décider. Mais comment ? Commença alors, le lendemain de ce jour terrible, la plus macabre des recherches qu'il ait jamais mené : comment en finir avec une vie qu'un homme seul avait réduite à néant ?
Son sommeil était agité. Tetsu était en sueur, il avait inconsciemment envoyé voler draps et couvertures sur le sol et il se débattait maintenant contre Dieu sait quoi au milieu de son lit. Il savait qu'il dormait en quelque sorte, mais il ne parvenait pourtant pas à ouvrir les yeux pour mettre un terme à ce cauchemar… Comme si quelqu'un lui maintenait la tête et le forçait à regarder cette scène horrible… Celle d'un Hyde qui ne bougeait plus. Il était étendu là, sans vie, très pâle… Toujours aussi beau à ses yeux, mais manquant de l'éclat si particulier qu'il avait et qui donnait toujours l'image de quelqu'un d'énergique… Et Tetsu ne pouvait l'atteindre… Il pouvait juste crier son nom et n'obtenir aucune réponse, forcément… L'effrayante vision d'un Hyde qui l'appelait au secours les jours passés, avait cette nuit laissé place à un Hyde qui n'était plus, ce qui achevait de rendre fou le bassiste. Se débattant un peu plus, il se mit à crier des choses incohérentes, jusqu'à ce que la voix de Ken qui l'appelait depuis plusieurs minutes déjà et le secouait doucement, ne lui fasse ouvrir les yeux brusquement et se redresser en une seconde :
Ah !
Tetsu ? Tu vas bien ?
Oui, je… J'ai fait… un cauchemar…
Haletant comme s'il avait couru le 500 mètres en quelques petites secondes, Tetsu observa le visage rassurant de Ken comme pour se convaincre qu'il avait seulement rêvé cette vision effrayante qui pourtant avait l'air si réelle… Mais son cœur battait la chamade, et cela durerait encore plusieurs minutes… Il se frotta le visage, constata qu'il était moite… Et il ne se sentit pas mieux. En fin de compte, le cauchemar continuait quand même même réveillé. Il continuerait jusqu'à ce qu'une bonne nouvelle n'arrive enfin… Lui laissant le temps de se calmer, Ken s'assit sur le lit et remarqua doucement :
Inutile de te demander sur quoi il portait, ton cauchemar…
Tu… Il fait jour ? constata Tetsu, histoire de ne pas l'effrayer inutilement en lui parlant de son cauchemar.
Il est plus de 16h, Tetsu…
Comment ? Et tu m'as laissé dormir !
Tu n'as pas fermé l'œil de toute la nuit. Tu t'es endormi sur le matin, et tu avais bien besoin de tout ce sommeil… expliqua doucement Ken. Personne n'a voulu te réveiller.
Vous n'auriez pas dû… Il y a du neuf ? demanda le leader, tout en sachant bien que si c'était le cas, Ken l'en aurait déjà informé.
Ben… Je reviens de l'interview, là.
Oh…
Ca a été. J'ai dit ce qu'on m'avait permis de dire, j'ai été… sage, quoi. Je crois que ça a été utile.
Et tu te sens bien ? s'inquiéta-t-il, sachant bien que ce n'était pas un exercice très amusant.
C'était pas le moment le plus agréable de la journée tu t'en doutes, mais ça va, t'en fais pas, le rassura Ken avec un sourire un brin forcé.
Tant mieux alors…
Prends ton temps pour émerger, et rejoins-nous quand tu le sens… fit gentiment Ken.
De toute façon, c'est une journée pareille à toutes les autres… soupira Tetsu sans grand entrain. Je vais descendre un moment pour acheter de quoi manger. Y a plus grand-chose ici.
On peut le faire, si tu veux.
Laisses, ça me fera prendre l'air.
Debout, la Belle au bois dormant !
Que… ?
Hyde fut réveillé en sursaut par de l'eau glacée arrivée sans prévenir sur son visage. Le contraste était d'autant plus frappant qu'il mourrait de chaud depuis un moment… Il devait avoir une fièvre de cheval et il n'osait même plus passer la main sur son œil boursoufflé, tant il avait peur de hurler rien qu'en l'effleurant… Par quel miracle avait-il réussi à s'endormir ? Il lui semblait qu'il n'y arrivait plus, ces derniers temps… Quoi qu'il en soit, ce sommeil ne fut en rien réparateur : il en sortait plus usé qu'avant de fermer les yeux, plus démoralisé encore… En fait, il se sentait de moins en moins capable de la moindre réflexion ou du moindre effort.
Sa première réaction en voyant l'homme debout à côté du lit, fut de se recroqueviller tout près de l'autre bord du lit, le plus loin possible de lui. Tremblant comme une feuille, il n'essaya même pas de se préparer à un quelconque sévice, sachant bien qu'il ne pourrait rien y faire de toute façon… Ce fut juste un réflexe que de s'éloigner. Mais son regard plein de terreur sembla amuser l'homme, qui resta un instant à l'observer, comme si la peur qu'il inspirait lui faisait vraiment plaisir…
Du calme, du calme, fit-il avec un sourire narquois, je suis juste là pour causer. J'ai à faire, je ne reste pas.
…
Je voulais te dire que tu es un petit veinard.
Moi ? répéta Hyde, ne voyant pas bien en quoi la chance lui souriait.
Oui… J'étais très en colère contre toi, tu vois… Et j'aurais dû te punir plus sévèrement encore… Mais au lieu de ça…
Oui ? fit-il timidement, craignant le pire.
Tu as droit à un petit cadeau… Je suis vraiment trop bon avec toi.
Cadeau ?
Hm… Ca devrait te plaire. Et si tout se passe comme prévu, je te l'apporterai… Disons cette nuit, expliqua-t-il, jubilant clairement.
Qu'est-ce que…
Ah, ce ne serait plus une surprise n'est-ce pas, si je te le disais ? Mais tu seras content.
Il semblait vraiment ravi, alors que depuis la veille et la tentative d'évasion de Hyde, il était d'une humeur massacrante et extrêmement violent… Comme en témoignaient les hématomes présents un peu partout sur le corps du chanteur… Alors qu'est-ce qui pouvait bien le mettre dans une telle joie à présent ? Hyde n'eut même pas la force d'y penser plus que cela, sans compter que tout ce qui poussait cet homme à se réjouir ne pouvait qu'être mauvais pour lui, en fin de compte.
Tetsu alla faire quelques courses, sans grande envie toutefois. Mais il fallait bien au moins nourrir ses amis, à défaut de lui-même, qui n'avait plus d'appétit. Le regard plein de pitié de l'épicier au moment de payer ses achats l'acheva et il n'eut plus qu'une envie : rentrer chez lui, bien à l'abri entre ces quatre murs occupés par ses trois amis. Alors il pressa le pas, parce que cela devenait même urgent. A croire que toute cette histoire le rendait agoraphobe. Il n'avait même pas pris la peine de mettre un manteau ou des lunettes mais peu importe les regards posés sur lui, il n'était ni en état de signer un autographe, ni de subir une fausse compassion qui le minerait seulement davantage… Il poussa même un profond soupir de soulagement lorsqu'il entra dans le hall de son immeuble, qui décidemment, prenait vraiment des allures de refuge vital ces temps-ci. Cela faisait bien une semaine qu'il n'avait même plus relevé son courrier, et sans réelle explication, il se dirigea vers la boîte machinalement, comme si tous les gestes, si petits soient-ils, étaient bons pour occuper son esprit…
Il avait pas mal de lettres là-dedans, allant de la publicité à la facture, et même un magazine auquel il était abonné mais qui ne présentait plus aucun intérêt aujourd'hui… Et puis dans le tas, une lettre attira son attention, dans le sens où l'enveloppe était petite et à la texture bizarre, un peu comme du papier recyclé. Il n'y avait pas d'expéditeur derrière et même pas de nom sur le devant, en fin de compte. Elle avait été glissée dans sa boîte comme cela. Intrigué et distrait pour un temps de ses sombres pensées, il s'assit sur une marche pour déposer ses courses et son courrier, et ainsi avoir les mains libres pour ouvrir la petite enveloppe. Une demi-feuille était glissée dedans, et quelques mots étaient griffonnés. Lorsqu'il lut son contenu, ses mains tremblèrent exagérément et l'enveloppe s'en échappa pour finir sa course sur le sol, tandis que Tetsu la regardait, mortifié. Peu après, c'est au moins une demie douzaine de fois, qu'il la relu.
Ce qu'était ce fameux cadeau prévu, Hyde ne tenait pas à le savoir. De toute façon, rien de bon ne pouvait en ressortir… Tout ce qui occupait son esprit à présent, ce qui l'obsédait même, c'était la façon dont tout cela s'arrêterait enfin. Ce serait la délivrance, ni plus ni moins. Et il avait trouvé. On a beau être très fatigué et à bout de forces, on n'est jamais à cours de ressources, quand les enjeux sont aussi grands. L'ampoule qui pendait à nue du plafond était située juste au-dessus du lit, ou presque. Un petit crochet était planté à côté… C'était presque trop tentant. Alors il se mit debout sur le lit et au bout de deux ou trois reprises pour atteindre une certaine stabilité, il lança la chaîne retenant ses poignets afin de l'y pendre au crochet. Il recommença plusieurs fois avant d'y parvenir bien sûr, mais la persévérance est sans fin, lorsque l'on est décidé.
Et lorsque ce fut fait et que, le bras tendu, il fut accroché… Il s'aida de la tête de lit pour se hisser un peu et ainsi, avoir assez de mou pour passer la chaîne autour de son cou, sans vraiment de considération pour le geste qu'il était en train d'accomplir… Cet homme n'obtiendrait rien de plus, il lui restait au moins assez de dignité pour être sûr de cela. Il ne restait plus qu'à tout lâcher. Le crochet n'était peut-être pas très solide, mais Hyde n'était pas bien lourd non plus… Et vu son état de santé, de toute façon il suffirait juste d'un petit moment…
