Disclaimer : Rien ne m'appartient, hormis l'histoire et les quelques OC qui vont apparaître.

Bêta-Correctrice : Kitty Madness

Statut : 16 chapitres, en cours d'écriture.

Merci aux revieweurs : DetectiveRan008, PrekDeva, Oxytomire, Rose-Eliade, Poussy, allieblackpotter, IceQueen38, durzo-blitz, Aya31, Lokki, Le Cerf-Pentard, stormtrooper2, caro1005line, ElwennSnape, aussidagility, starck29, Miss Homme Enceinte 2, Pims10, Walala35, lefousdeslivres, GlaceChouette28741, Maeva Cerise, Karozthor the Necronomagus, grosBill, Ludovic PREVOT, Aurelie Malfoy, PercebethHp, SnoozPower, Maudinouchette, Muirgheal, A, Lord Harold James Gryffondor, nouur, PetitLutin22, Le Poussin Fou, Love maraudeurs (x2).


Réponses aux reviews anonymes :

Aya31 : Merci pour ta review ! La réaction de Malfoy n'arrivera pas tout de suite, mais ne t'inquiète pas, ça va être drôle ! ;)

Aussidagility : Merci pour ta review ! Pour le savoir, il faudra continuer à lire xD

Ludovic PREVOT : Merci pour ta review ! :D

Maudinouchette : Merci pour ta review ! Par contre, "un peu court" ? C'est un des plus long chapitres que j'ai écris depuis le Tome I, ça m'étonnerait que je puisse en écrire des beaucoup plus long dans la suite ^^

A : Merci pour ta review, et voilà la suite ! ;)

Love maraudeurs : Merci pour ta review ! Alors, c'est dans le canon que Draco se mari avec Astoria ! Ici, ce sera un peu différent ! x)


Voilà le nouveau chapitre, où Ombrage a de GROS ennuis !

Enjoy ! o/


Chapitre Treize :

Quand Harry entra dans le salon du Manoir en revenant de Gringott's, ses deux Tuteurs le fixèrent.

- Alors ? lui demanda immédiatement son Parrain.

- Tout s'est bien passé, répondit l'adolescent. Le faux contrat a été créé, et Lord Greengass et moi avons signé le vrai.

Ni Sirius ni Remus n'avaient voulu l'accompagner pour son rendez-vous, considérant qu'en tant que Lord, il était de sa responsabilité de régler ce genre d'histoire lui-même, et qu'il n'avait guère besoin d'un chaperon.

Après tout, le désormais Cinquième Année étudiait les traditions et l'étiquette depuis son plus jeune âge, que ce soit pour son rôle de futur Lord ou celui de futur Comte. Il n'aimait pas réellement la politique, mais il se débrouillait plutôt bien.

- Tu préfères rentrer à Poudlard ce soir ou demain matin ? intervint Remus.

- Demain après le déjeuner, répondit le Serpentard, faisant froncer les sourcils des deux adultes en face de lui.

L'Animagus Chien voulut intervenir, mais son compagnon lui mit une main sur le bras pour le faire taire, laissant le temps au Fourchelang de justifier sa réponse.

- Demain, c'est Halloween…, commença ce dernier. Et je pensais… Je veux dire, je n'y suis pas retourné depuis – et bien depuis. Et je me disais qu'il était peut-être temps.

- Tu veux aller au cimetière, voir Kevin, comprit le Loup-Garou.

Harry acquiesça, se passant une main dans les cheveux.

- Tu veux que l'on vienne avec toi ? lui demanda Sirius.

- Non, je pense que c'est quelque chose que je dois faire seul, répondit son filleul.

C'est ainsi que le lendemain matin, il se retrouva devant la tombe de son ancien meilleur ami. D'après ce qu'il pouvait voir, la pierre tombale était régulièrement entretenue, ainsi que les fleurs posées autour.

Il n'était pas revenu depuis l'enterrement de l'aîné Latour, six ans et demi plus tôt. Et il s'en souvenait comme si c'était hier…

Le petit garçon se figea à une dizaine de mètres de la foule, ne pouvant pas avancer plus. Il pouvait distinguer Christina, Laurent et Sébastien au premier rang, ainsi que les Delacour qui étaient assis non loin.

Il ne pouvait pas les affronter, pas alors qu'il avait échoué à sauver leur fils, frère et ami. Sirius et Remus ne dirent rien, son Parrain se contentant de serrer sa main avec plus de force. Le sermon du Prêtre dura une demi-heure, qui en parut quatre fois plus au petit brun.

Tout ce qu'il pouvait faire, c'était fixer le cercueil dans lequel reposait son meilleur ami – meilleur ami mort par sa faute.

Je te promets, pensa-t-il avec force, alors que les larmes coulaient sur ses joues. Je te promets de ne plus jamais laisser mourir un de mes amis devant moi sans rien faire.

Au moment où tout le monde se leva pour la mise en terre, il s'enfuit en courant, n'osant pas regarder derrière lui.

Kevin… Kevin… Mort… Ma faute, ma faute, ma faute !

Harry secoua la tête pour sortir de ses pensées, s'installant au sol à un mètre de la pierre tombale. Il passa une main sur le marbre, retraçant les lettres du bout des doigts.

Kevin Frédéric Latour

24/07/1980 – 31/03/1989

Fils, frère et ami bien-aimé.

Sans qu'il ne le contrôle, les larmes coulèrent sur ses joues. Mais il n'essaya même pas de les arrêter. Son ami les méritait plus que quiconque.

- Hey…, dit-il au bout de quelques secondes d'une voix rauque. Ça fait longtemps. J'imagine que tu m'en veux, je n'ai pas été un très bon ami ces dernières années. Je t'avais promis de toujours veiller sur Seb, mais je ne l'ai pas fait. Je ne pouvais pas, pas après… Je t'avais également promis que tu serais le seul que je perdrais de cette façon, mais là encore, je n'ai pas réussi. Cédric était… Il était un ami exceptionnel, et il ne se passe pas un jour sans que je me sente coupable pour ce qui lui est arrivé. Tout comme il ne passe pas un jour sans que je ne me demande ce que j'aurais pu faire pour te sauver, ce soir-là.

L'adolescent ne dit rien pendant de longues minutes, puis il effaça ses larmes avec un ricanement amer.

- Tu dois me trouver pathétique, n'est-ce pas ? souffla-t-il ensuite. Et bien tu as raison. Mais je ne suis pas venu pour que tu m'écoutes me plaindre, ne t'inquiète pas. J'ai pas mal de choses à te raconter, alors autant commencer tout de suite…

Alors il parla. Il parla des trois années et demie qu'il avait passé sans lui, à s'entraîner encore plus dure qu'avant. Il parla de sa lettre de Poudlard, de sa visite du Chemin de Traverse, de sa rencontre avec Blaise, avec les Potter. Puis de sa rentrée, de sa rencontre avec Théo, Daphnée, Sarah et Adrian… De ses cours, de l'histoire avec la Pierre Philosophale. De Ginny, Owen et Astoria. De la Chambre des Secrets. De Luna et Neville. Puis de Pettigrow, de l'annonce de l'existence d'Elizabeth (« Une petite-sœur, Kev ! Tu te rends compte ? »), et de leur combat dans la Cabane Hurlante.

Il lui raconta la finale de la Coupe du Monde, l'attaque de Mangemorts qui avait suivi. Sa rencontre avec la cadette Potter, l'arrivée des Délégations en Angleterre, ses retrouvailles avec les Delacour et Sébastien. Le Tournois des Trois Sorciers, détaillant chaque épreuve le plus possible. Daphnée, qui était sorti avec Thomas (« Dois-je préciser que je puais la jalousie ? Enfin, d'après Gaby, mais j'avoue qu'elle n'a pas vraiment tort. »), de son entraînement pendant l'année. Puis de Barty Croupton Junior, déguisé en Maugrey Fol Œil. Du labyrinthe, du cimetière, de la mort de Cédric. De sa quasi-dépression de l'été et de l'aide de ses amis pour qu'il se remette sur pied.

Il évoqua également les soucis qu'il rencontrait avec Lily Potter, l'audience après laquelle il était officiellement devenu Lord Potter-Black. Puis son anniversaire, et le Bal des Héritiers.

Et il lui expliqua longuement sa relation avec Tristan, qui de jumeaux haït pendant l'enfance était passé d'ennemi juré, puis de personne qu'il avait ignorée froidement, avant de devenir un membre de sa famille qu'il devait protéger (« La promesse que je t'ai faite compte aussi pour lui, après tout, je n'allais pas le laisser se faire torturer sans rien faire ! »), et enfin du moment où il l'avait réellement considéré comme son frère, cet été. De leur nouvelle entente, qui restait difficile certaines fois, parce que son cadet avait été élevé comme un fils unique, et qu'il avait encore tendance à se croire au-dessus des autres, même s'il faisait des efforts.

Il parla ensuite de son début de Cinquième Année : de la nomination d'Ombrage en tant que Professeur de DCFM, en passant par le club de défense, pour finir par son nouveau statut de fiancé.

- Je me souviens du jour où tu m'as posé des questions sur les contrats de mariage… dit-il avec un léger sourire aux lèvres. Je t'avais dit que je refusais d'avoir un futur époux ou une future épouse désignée, que je préférais être heureux comme tes parents, ceux de Fleur et Gabrielle, et ceux de Thomas – ou comme Sirius et Remus maintenant, mais chut !, je ne t'ai rien dit. Mais là… Je n'avais pas le choix, en fait. Et ce n'est pas parce que c'est Daphnée – même si ça joue un peu, je l'avoue. Cela aurait été Ginny, Luna, Astoria ou Laura, j'aurais fait la même chose. J'espère juste qu'elle ne va pas me tuer quand elle l'apprendra, et qu'elle me laissera lui expliquer en détail.

Harry se tut, puis soupira un grand coup. Pendant son monologue, il s'était appuyé sur la tranche de la pierre tombale, le soleil lui arrivant directement dans le visage. On était fin octobre, mais il faisait plutôt doux pour la saison, ce qui l'arrangeait : il n'aurait pas aimé venir un jour de pluie ou quand le ciel aurait été couvert.

Il lança rapidement un Tempus, pour se rendre compte qu'il était plus de midi. Il avait passé toute la matinée à parler à la tombe de Kevin, et il n'avait pas vu le temps passer.

- Je pense qu'il est temps que j'y aille… dit-il en se redressant. Je t'ai raconté les sept dernières années de ma vie en détail, j'espère que cela ne t'a pas trop ennuyé.

Il hésita quelques secondes, puis ressortit sa Baguette. Avec un mouvement de poignet, il fit apparaître un bouquet d'asphodèle un autre de bégonia.

- Je reviendrais, c'est promis, souffla-t-il en posant une dernière fois sa main sur le marbre froid.

Le Serpentard resta immobile quelques secondes, puis tourna les talons. Une fois sorti du cimetière, il pointa sa Baguette sur son Collier-Portoloin.

- Remus John Lupin.

Un crochet l'attrapa au nombril, et un instant plus tard, il atterrissait dans la cuisine du Manoir. Ses Tuteurs le fixèrent un peu plus longtemps que d'habitude, mais ne firent aucun commentaire.

- Tu arrives à temps, on allait commencer à manger, lui dit son Parrain. Je te ramènerais à Poudlard en transplanant, si tu veux. Cela t'évitera de passer par la cheminée de Dumbledore.

Harry acquiesça sans rien dire, et il ne fit qu'écouter la conversation pendant le repas, ne participant que lorsqu'on lui posait une question.

Une heure et demie plus tard, Sirius le faisait transplaner devant le portail de l'École, repartant après lui avoir ébouriffé les cheveux. Le Fourchelang grogna légèrement, mais prit rapidement la direction du Hall. Il n'avait pas dit à ses amis qu'il partait, et il était sûr qu'ils allaient lui demander des comptes avant même qu'il ne mette un pied dans la Salle Commune.

Le côté mère-poule de Neville, Blaise, Ginny et Luna s'était considérablement développé depuis la fin du Tournois des Trois Sorciers. Et même s'il était parfois agaçant d'être fixé comme un criminel parce qu'on s'était absenté deux heures – pour aller s'entraîner, en plus – le fait que ses amis se soucient autant de lui le confortait dans sa décision de ne pas s'éloigner d'eux, et ce malgré les circonstances.

Il traversait le Hall en direction des cachots quand une voix familière – et manifestement énervée – le sorti de ses pensées. Il bifurqua immédiatement vers sa source.

- …pas parlé ! Elle n'a pas le droit de faire ça, c'est illégal ! hurlait Hermione.

- Elle a raison, mec, approuva Ron. Tu devrais prévenir tes parents, je pense.

- Mes parents ? renifla Tristan. Ma mère n'arrête pas de me rabâcher les oreilles avec cette histoire de Survivant ! Mon père est sympa, il est resté le même, mais il est plutôt occupé, en ce moment.

- Occupé ou pas, tu dois lui parler ! ordonna presque son amie en retour. Ce ne sont pas de simples plumes, Tristan, ce sont des Plumes à Sang ! Elles ont été interdites en –

Quoi que veuille dire la Préfète des Rouge-et-Or, elle ne put finir sa phrase. En effet, en entendant parler des Plumes à Sang, Harry était entré dans la pièce sans même s'annoncer.

Son regard se dirigea de suite vers la main de Tristan, sur le dos de laquelle il décelait parfaitement les mots « Je ne dois pas dire de mensonges. ». La colère enfla en lui, mais il essaya de ne pas le montrer.

- Qui a fait ça ? demanda-t-il.

Son frère ne répondit pas, se contentant de le fixer. La bataille de regard dura une bonne minute, puis Harry s'approcha du Gryffondor.

- Qui a fait ça ?!

- Ombrage, répondit Ron, se prenant un regard noir de son meilleur ami.

Mais le cadet Weasley ne s'en préoccupa pas, fixant l'échange entre les deux jumeaux.

- Viens avec moi, ordonna le Serpentard en agrippant le bras de son cadet.

Il le traina dans le Hall, suivi des deux autres membres du Trio.

- Je peux savoir ce que tu fais ? lui demanda finalement Tristan.

- On va chez Dumbledore, dit-il.

- Non ! s'exclama le Gryffondor en essayant de se dégager de sa poigne, l'obligeant à s'arrêter en plein couloir.

Heureusement, les alentours étaient vides de tous élèves ou Professeurs.

- Ombrage n'attend que ça, que je lui montre qu'elle m'atteint ! reprit le Rouge-et-Or.

- Qu'elle t'atteint ? répéta Harry, incrédule. Je me fiche complètement de ta fierté, Tristan. J'ai pris un Doloris pour te protéger, ce n'est pas pour laisser cette salope te torturer trois fois par semaine ! Alors soit tu me suis de ton plein gré, soit je te pétrifie et je te traîne chez le Directeur. Qu'est-ce que tu choisis ?

Le cadet Potter le sonda un long moment, puis il acquiesça. Le Serpentard acquiesça à son tour, puis se tourna vers les deux autres :

- Je ne pense pas que vous puissiez nous accompagner, vous devriez retourner dans votre Tour, dit-il avant de tourner les talons, suivi de son jumeau.

Il ne leur fallut que deux minutes pour atteindre le Bureau Directorial, et l'escalier en colimaçon apparut quand Harry cracha le mot de passe, qui n'avait pas changé depuis la dernière fois. Il monta les escaliers quatre à quatre, entrant sans même frapper.

Dumbledore était assis derrière son Bureau, manifestement en train de remplir de la paperasse, et il leva la tête à leur arrivée.

- M. Potter-Black-Lupin, je vois que vous êtes revenus, dit-il. Comment va votre Grand-Mère ?

Comme à chaque fois qu'il se retrouvait face au Directeur, un flot de haine submergea le Serpentard, qui savait que cela provenait de son lien avec Voldemort. Heureusement, les leçons d'Occlumencie avaient fait leurs preuves, et Harry arrivait plus ou moins à contrôler ses sentiments face au Président du Magenmagot. Mais à l'heure actuelle, la colère ne venait pas que de Tom.

- Ce n'est pas le sujet, le rabroua-t-il donc. Appelez Fudge et Scrimgeour, et dites-leurs de venir.

- Puis-je savoir pourquoi tu requiers leur présence ? l'interrogea Dumbledore en se levant.

- Vous saurez en même temps qu'eux, refusa le Cinquième Année. Dites à Fudge que c'est urgent et que la demande vient de moi, il ne devrait pas faire de difficultés.

Le Directeur haussa un sourcil, mais il ne posa pas plus de questions, se dirigeant vers sa cheminée. La communication ne dura pas longtemps, puisque le Ministre accepta dès que Dumbledore prononça la phrase « Lord Potter-Black veut vous parler, Cornelius, il veut que vous veniez à Poudlard. ». Cinq minutes plus tard, Fudge arrivait avec le Directeur du Département des Aurors.

Le regard du Ministre se dirigea de suite sur Tristan, le détaillant légèrement avant de revenir au Serpentard :

- Un souci, Harry ? s'enquit-il.

- Je crois que c'est le cas, M. le Ministre, acquiesça le Cinquième Année avant de se tourner vers le Directeur. Faites appeler le Professeur Ombrage, s'il vous plaît.

Le chef de l'Ordre haussa un sourcil, mais s'exécuta à nouveau sans poser de questions.

- Vous m'avez demandé, Dumbledore ? fit leur Professeur de DCFM en sortant de la cheminée à peine une minute plus tard.

Elle se figea légèrement en voyant Fudge et Scrimgeour, et ses traits se durcirent en voyant Tristan. Sans réellement se contrôler, Harry se décala pour se placer devant son cadet, son instinct de protection reprenant le dessus.

- Bien, maintenant que tout le monde est là, dit le Directeur en invoquant des sièges pour tous puissent s'installer, pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous avez demandé cette réunion, M. Potter-Black-Lupin ?

- M. Scrimgeour, fit le Serpentard en se tournant vers l'Auror, veuillez prendre note que je porte plainte contre Dolores Jane Ombrage pour torture sur un mineur et utilisation d'un Artefact de Magie Noire.

- Quoi ?! s'exclama le crapaud rose en sautant sur ses pieds. C'est complètement stu –

- Dolores, l'interrompit sèchement Scrimgeour avant de se tourner vers Harry. Pourriez-vous développer, je vous prie ?

- Le Professeur Ombrage utilise des Plumes à Sang pendant ses retenues, explicita le jeune Lord. Et comme vous le savez, les Plumes à Sang sont considérées comme Artefact de Magie Noire et ont été interdites par le décret de 1921, sauf en cas de signature de contrat entre deux Maisons. Or, mon frère n'est pas habilité à signer le moindre contrat.

Le silence tomba dans le Bureau, alors que tous les regards se fixaient sur Tristan, sauf celui d'Harry qui restait concentré sur Scrimgeour et Fudge. Il aperçut distraitement un insecte décoller de l'épaule du Ministre avant que Dumbledore ne prenne la parole :

- Tristan… dit-il doucement. Est-ce vrai ?

Le Gryffondor hésita, se tournant vers son aîné. Ce dernier acquiesça, le roux enleva donc le Glamour qu'il avait remis sur sa main en sortant de la pièce où il se trouvait avec Ron et Hermione, faisant briller les mots « Je ne dois pas dire de mensonges. » sur sa peau.

- Pourquoi n'es-tu pas venu me voir ? demanda le Directeur, semblant prendre dix ans de plus.

Tristan détourna le regard, mais ne répondit pas.

- M. Potter, intervint de nouveau l'Auror. Depuis quand durent ces retenues ?

- Depuis le début de l'année, répondit le Rouge-et-Or après un nouveau signe de tête de son frère. La première a eu lieu le lundi de la première semaine, et ensuite tous les jours, puis encore tous les jours de la semaine suivante, y compris le samedi soir. Après, les retenues ont diminué à trois jours par semaine.

- Quels étaient les motifs de ces retenues ? s'enquit le Directeur du Bureau des Aurors.

- La première, c'est parce que j'ai dit que Voldemort était revenu, annonça Tristan sans prendre de gant.

Le nom du Mage Noir fit sursauter le Ministre et leur Professeur, mais ni le Directeur ni Scrimgeour ne sourcillèrent.

- C'est un mensonge ! intervint Ombrage d'une voix forte. Ce gamin ment depuis –

- Et depuis quand les opinions des élèves sont des motifs raisonnables de retenue, Mrs Ombrage ? la coupa l'Auror d'une voix froide avant de se tourner à nouveau vers le Gryffondor. Toutes les retenues sont donc dues à votre affirmation selon laquelle Vous-Savez-Qui est de retour ?

Harry, qui observait la discussion sans rien dire, haussa intérieurement un sourcil. Scrimgeour ne semblait pas avoir d'avis tranché sur le retour de Voldemort, ce qui pouvait être un bon point pour eux. Il échangea un rapide regard avec Dumbledore, qui semblait penser la même chose.

- Non, répondit le cadet Potter. J'ai arrêté de le dire, parce que j'ai compris que nous n'étions pas du même avis sur la question, et que le répéter ne ferait qu'énerver le Professeur Ombrage. Mais ensuite, elle a utilisé tous les prétextes qu'elle pouvait trouver pour me mettre en retenue.

- Vous perturbez ma classe ! intervint de nouveau leur Professeur de DCFM. Et je vois qu'à nouveau, vous ne faites que mentir !

- Et est-ce que vous me traiteriez moi, de menteur ? intervint le Serpentard en la fusillant du regard. J'ai dû venir vous voir personnellement pour que le nombre de retenues de Tristan diminue ! Et je confirme que la plupart du temps, vous le collez parce qu'il « respire trop fort » ou parce qu'il « fait du bruit en toussant » ! Et en plus de donner des retenues sous des prétextes stupides, vous utilisez des instruments illégaux ! Si je l'avais su plus tôt, vous ne seriez déjà plus professeur ici !

- Vous n'avez pas le pouvoir de me faire renvoyer, Potter-Black-Lupin ! railla Ombrage.

- C'est Lord Potter-Black pour vous ! claqua Harry. Tristan Potter est membre de ma Maison, il est donc sous ma protection ! Ma plainte n'était pas une menace, elle était réelle, et je la maintiens.

- Nous pouvons peut-être trouver un moyen… intervint Fudge, parlant pour la première fois.

- Non, trancha le jeune Lord sans hésitation. Je peux comprendre que politiquement parlant, Mrs Ombrage puisse vous être utile, M. le Ministre, et ce n'est absolument pas contre vous. Mais il est hors de question que je laisse cette femme s'en sortir. Après tout, qui sait si elle n'a pas fait cela sur d'autres élèves ? Ce n'est pas le genre de pédagogie que l'on devrait autoriser.

- Ce n'est en aucun cas autorisé, approuva le Ministre. Et vous avez raison, nous ne savons pas combien d'élèves ont subi ce traitement. Des mesures doivent être prises.

L'ancienne Sous-Secrétaire hoqueta, jetant un regard trahi à son supérieur. Harry eut un sourire triomphant qu'il essaya de dissimuler le mieux possible, alors qu'il fixait moqueusement Ombrage.

- Je suis d'accord avec Cornelius, approuva Dumbledore avant de se tourner vers la seule femme de la pièce. Dolores Ombrage, considérez que vous êtes renvoyée de votre poste de Professeur de Défense Contre les Forces du Mal, avec effet immédiat.

Le silence plana quelques secondes, puis le Directeur se tourna vers Scrimgeour :

- Vous avez d'autres questions, Rufus ? demanda-t-il.

- Une seule, acquiesça ce dernier avant de se tourner vers le Serpentard. Vous avez dit que vous êtes allé parler à Mrs Ombrage à propos des retenues de M. Potter. Pourquoi ?

- Tristan et moi ne sommes peut-être pas les meilleurs amis du monde, mais comme je l'ai dit, il est un membre de ma Maison, répondit-il après une demie-seconde de réflexion. Techniquement, je suis son Tuteur, au même titre que ses parents. Et ces retenues l'épuisaient visiblement, je n'allais donc pas laisser ses performances académiques baisser à cause d'un seul Professeur. Surtout quand le Professeur en question n'avait aucun motif valable pour ces détentions.

Le Directeur du Bureau des Aurors acquiesça.

- J'ai tout ce qu'il me faut, dit-il en se levant. Lord Potter-Black, M. Potter, il faudrait que vous veniez avec moi au Ministère pour enregistrer la plainte et les preuves. Nous en profiterons pour soigner votre main, M. Potter.

Les deux frères échangèrent un regard, puis acquiescèrent.

- M. le Directeur, pouvez-vous prévenir Ron et Hermione de mon absence ? demanda ensuite le Gryffondor en se tournant vers Dumbledore. Je pense qu'ils vont s'inquiéter, sinon.

- Aucun problème, accepta le vieux Mage. M. Potter-Black-Lupin, voulez-vous que je prévienne également vos amis ?

- Ce ne sera pas nécessaire, je leur expliquerais en revenant, répondit Harry. Mais merci de la proposition. Nous vous suivons, M. Scrimgeour.

- Je vous demanderais toute la discrétion possible sur cette affaire, intervint Fudge.

- Les journaux vont être rapidement au courant, lui fit remarquer le Serpentard.

- J'aimerais avoir le temps de faire une annonce officielle avant, indiqua l'homme politique.

- Je vous fais confiance, M. le Ministre, approuva le jeune Lord. C'est toujours un plaisir de vous revoir, et ce malgré les circonstances.

- Moi de même, Harry, sourit Fudge.

L'adolescent lui fit un signe de tête avant d'être entraîné vers la cheminée par l'Auror. Ce denier passa en premier, puis Tristan, et enfin le Fourchelang, qui reconnut leur destination d'arrivée comme étant le Quartier Général des Aurors, situés au Niveau Deux au Ministère.

Il n'avait jamais visité les lieux, mais Nym' les lui avait décrit de nombreuses fois : les bureaux collés les uns aux autres par pairs, les murs qui séparaient les différents duos d'Aurors, les notes qui volaient dans tous les sens… Tout était là.

Leur arrivée fut rapidement remarquée, et de nombreux Aurors les fixèrent alors que Scrimgeour les emmenait dans différents couloirs. Ils débouchèrent finalement sur une infirmerie, où trois Guérisseurs étaient présents. Aucun lit n'était occupé, ce qui devait être rare dans ce département.

- Vous recrutez au berceau maintenant, Chef ? s'amusa un des Guérisseurs en s'approchant.

Le Chef en question ne fit que lever les yeux au ciel.

- Karl, voici Tristan Potter et Harry Potter-Black-Lupin, ils sont là pour une plainte, dit-il. Il faudrait soigner la main de M. Potter.

- Entendu, accepta le Guérisseur sans poser de questions.

Il fit signe à Tristan de le suivre, l'installant sur un des lits pour examiner la plaie. Il fronça les sourcils en jetant un coup d'œil à Scrimgeour, mais ne fit aucun commentaire. L'Auror se rapprocha également du Gryffondor, sortant un appareil photo de la sacoche accrochée à sa ceinture pour prendre une photo de sa main avant que le Guérisseur ne commence à le soigner.

- Tu as de la chance, la plaie n'est pas assez profonde pour laisser une cicatrice, fit ce dernier en jetant un sort sur le dos de la main de Tristan.

La croute qui s'était formée à cause du sang séché disparut, et la plaie se referma d'elle-même. Le dénommé Karl se dirigea ensuite vers une étagère, en sortant un flacon contenant une Potion violette avant de revenir vers le Gryffondor.

- Appliques-en tous les jours pendant une semaine, et la plaie disparaîtra, dit-il en lui passant le flacon. Un seul pot devrait suffire, mais si tu le vides avant la fin de la semaine, va voir l'Infirmière Pomfresh, je suis sûr qu'elle en aura.

- Entendu, acquiesça le Gryffondor.

- Bien, maintenant que nous avons fini ici, suivez-moi, intervint Scrimgeour en prenant le chemin de la sortie.

Ils retraversèrent à nouveau de nombreux couloirs, puis le Chef des Aurors les mena vers son bureau. Il les fit entrer avant de s'installer en face d'eux.

- Bon, je pense qu'il est temps de commencer.

Ils passèrent plus de deux heures dans ce Bureau, à récolter toutes les preuves dont les Aurors auraient besoin pour la plainte : pour cela, Scrimgeour demanda à Tristan de raconter toutes ses retenues, et il fit même une copie de ses souvenirs pour pouvoir les présenter devant le Magenmagot si besoin.

Une fois toutes les démarches terminées, Scrimgeour raccompagna les deux adolescents à la cheminée, mais ils furent arrêtés en route :

- Harry ? s'exclama une voix avec surprise.

Le Serpentard se retourna pour voir sa cousine le regarder avec des yeux écarquillés.

- Auror Tonks, le salua le Directeur du Bureau.

- Chef, la salua à son tour Nymph'. Je peux savoir ce que mon cousin fait là ?

- Non, répondit son supérieur. Du moins pas tout de suite. Tu le sauras en temps voulu.

La jeune Auror fronça les sourcils, jetant ensuite un regard à Harry, qui lui sourit légèrement, lui faisant comprendre que ce n'était pas grave.

- Il est temps de rentrer à Poudlard, je pense, dit-il ensuite en se tournant vers son frère.

Ce dernier acquiesça, et ils finirent les quelques mètres qui les séparaient de la cheminée.

- Merci pour tout, M. Scrimgeour, fit le Gryffondor en se tournant vers le fonctionnaire.

- Tout le plaisir était pour moi, Messieurs, lui retourna le chef des Aurors.

- Poudlard, Bureau du Directeur ! s'exclama ensuite le Rouge-et-Or en jetant la poudre de Cheminette dans l'âtre.

Les flammes tournèrent au vert, et Tristan entra dans la cheminée, disparaissant rapidement. Harry allait le suivre quand une main sur son épaule le stoppa.

Il se retourna pour voir que le Chef des Aurors avait lancé un Sortilège de Silence autour d'eux, leur permettant de parler en toute intimité.

- Vous avez une question, j'imagine ? supposa le Serpentard.

- En effet, acquiesça l'Auror. Je sais que vous ne voulez pas faire de commentaires sur cette affaire, mais je pense que je suis en droit de savoir. Est-ce que Vous-Savez-Qui est de retour ?

Le jeune Lord le fixa un long moment, puis décida de ne pas répondre directement.

- Qu'est-ce que vous en pensez ? demanda-t-il.

- Je pense que même si Dumbledore est vieux et pourrait commencer à devenir sénile, ce n'est pas à ce point, répondit Scrimgeour d'une voix bourrue qui n'était pas sans rappeler Maugrey à Harry. Que votre frère n'inventerait pas ce genre de choses pour se rendre intéressant. Et que le Directeur ne mentirait pas sur le retour d'un Mage Noir qu'il a longtemps combattu.

- Vous connaissez déjà la réponse, à ce que je vois, fit le Cinquième Année. Alors pourquoi me demander ?

- Parce que mon intuition me dit de croire Dumbledore, mais je ne lui fais pas confiance, répondit sans hésiter l'Auror. Mais si quelqu'un d'autre me disait que Vous-Savez-Qui est vraiment revenu…

- Vous devriez commencer à l'appeler Voldemort, lui suggéra l'adolescent. Comment voulez-vous le combattre si vous n'êtes pas capable de dire son nom ?

Scrimgeour lui lança un regard perçant, puis la compréhension se fit dans son esprit. Ses yeux s'écarquillèrent légèrement, et une expression d'horreur s'inscrivit quelques secondes sur son visage avant qu'il ne retrouve sa façade neutre.

- C'est donc vrai… souffla-t-il.

Il y eu un silence, puis Harry reprit :

- Cette conversation reste bien évidemment entre nous, dit-il.

- Nous sommes d'accord, acquiesça le Chef des Aurors avant de supprimer le Sortilège de Silence. Bon retour à Poudlard, Lord Potter-Black.

- Merci, M. Scrimgeour, sourit le Serpentard avant d'entrer dans l'âtre en criant sa destination.

Il se retrouva immédiatement dans le Bureau Directorial. Dumbledore était installé à son Bureau alors que Tristan l'attendait quelques mètres plus loin.

- Tout s'est bien passé ? demanda le Directeur.

- Aussi bien que possible, répondit le Cinquième Année de Serpentard. Si vous voulez bien nous excuser, je pense que nos amis attendent.

- Bien sûr, acquiesça Dumbledore. Bonne fin de journée à tous les deux.

Les deux frères sortirent du Bureau, rejoignant le Hall en silence. Au moment de se séparer au niveau des escaliers, l'aîné attrapa le bras de son cadet pour le tourner vers lui :

- Pour ce qui est d'Ombrage, n'en parle à personne à part Ron et Hermione, lui dit-il. Il vaut mieux laisser l'annonce à Dumbledore, je pense.

- Je suis d'accord, acquiesça le Gryffondor.

- On se voit ce soir à l'entraînement, finit Harry avec un signe de tête, prenant ensuite la direction des cachots.

Il arriva rapidement devant le mur donnant accès à la Salle Commune, et il avait à peine posé un orteil à l'intérieur que Ginny lui fonçait dessus :

- Où étais-tu ?! lui demanda-t-elle en le fusillant du regard. Deux jours ! Cela fait deux jours que tu es parti sans rien dire ! Nous prévenir était trop demandé, peut-être ?

Le Serpentard grimaça sous la remontrance, mais il devait reconnaître que la cadette Weasley avait raison, il aurait dû les prévenir de son départ.

- Je suis désolé, dit-il donc. Un problème familial m'est tombé dessus, j'ai dû partir tout de suite. J'ai juste eu le temps de prévenir Rogue.

- Quel genre de problème ? s'enquit Blaise en fronçant les sourcils.

- La mère de Remus est tombée gravement malade, dit-il, reprenant l'excuse que ses Tuteurs avaient donnée au Directeur.

Le basané sembla accepter l'explication, de même qu'Astoria et Owen, mais ils furent les seuls. Ginny, Neville et Théo froncèrent les sourcils, Daphnée le fixa avec un visage impassible – ce qui le surprit légèrement, sa meilleure amie étant normalement plus expressive en privé – et Luna le fixa en souriant légèrement. L'Héritier Lupin savait que chacun d'eux avait senti son mensonge, Luna étant peut-être même déjà au courant dans tous les détails de l'histoire, mais qu'ils ne feraient aucun commentaire.

Le reste de l'après-midi passa rapidement, le groupe s'affairant à terminer leur devoir pour avoir leur dimanche de libre, comme ils le faisaient depuis le début de l'année.

À dix-neuf heures, ils se rendirent dans la Grande Salle pour le dîner, prenant place à la Table des Serpentard, où ils furent rejoints par Laura qui avait passé la journée avec ses amies de Serdaigle.

Une fois tous les élèves installés, Dumbledore se leva, obtenant rapidement le silence :

- Mes chers élèves, je me doute que vous êtes affamés, mais j'ai une annonce à faire avant que le repas ne commence. Comme vous pouvez le voir, Mrs Ombrage est absente de la Table des Professeurs, tout simplement parce qu'elle n'est plus Professeur de Poudlard.

La salle éclata en chuchotements, et même les adultes semblèrent surpris. Apparemment, le Directeur n'avait pas pris la peine de leur parler du renvoi d'Ombrage.

- S'il vous plaît ! s'exclama Dumbledore, ramenant le silence. La raison de son départ vous sera donnée plus tard, et j'aimerais d'ailleurs que toutes les personnes ayant eu une ou plusieurs retenues avec Mrs Ombrage se déclarent à leur Directeur de Maison. Le poste de Professeur de Défenses Contre les Forces du Mal reste pour l'instant vacant, mais un remplaçant devrait être rapidement trouvé. Maintenant que l'annonce est faite… Je vous souhaite bon appétit !

Il se rassit en claquant dans ses mains, faisant apparaître les plats sur les tables.

Harry croisa le regard de Neville, puis celui de Luna. Les deux avaient compris qu'il avait quelque chose à voir avec le départ d'Ombrage, et il allait avoir des explications à donner.

Mais plus tard, décida-t-il en attrapant le plat de purée.


Je vous avais dit qu'Ombrage allait prendre cher ! C'est rapide, mais je peux vous le dire, cela a été jouissif à écrire ! xD

Comme vous pouvez le voir, les choses commencent à bouger du côté du Ministère : Scrimgeour est maintenant au courant du retour de Voldemort, il va donc agir en conséquences, tout en restant discret bien sûr ! ;)

Pour ce qui est de la partie au cimetière... J'ai pleuré comme une madeleine en écrivant cette partie, et je me suis même demandé pourquoi j'écrivais ce genre de choses... Avant de me rappeler que je suis un peu sadique sur les bords, donc... ^^

Je pense que le reste du chapitre est plutôt clair, mais si vous avez des questions, n'hésitez pas !

On se retrouve dans deux semaines (le 24/06) pour la suite !

SauleMarron19427, pour vous servir !