Réponses aux reviews !
Salut petitcoeurfragile ! Mais non ce n'est pas triste. Ils vont s'en remettre, promis x)
Chou-chan, eh ben, ça faisait un bail o_O A défaut d'autre chose, le drame d'Al' et l'Ankou t'aura au moins poussé à commenter xD Oui, j'aime les cliffhanger, j'avoue, je prends beaucoup de plaisir à ricaner devant mon ordi en imaginant les lecteurs qui bondissent ! Bon, sinon oui, le chap' suivant est encore pire. Accroche-toi x)
Hey SauleMarron19427 ! Mon dieu, mais on, ce n'ets pas la fin du monde ! Enfin, si, un peu. Mais ne t'inquiète pas, ils vont s'en remettre. J'ai encore 4 tome sà publier, ça va être long s'ils se font la gueule...
Eh oui Loupiotte54, une amitié parfaite n'existe pas ! Il y a toujours des prises de têtes ou des moments où tu en a marre de l'autre. Mais on se réconcilie. C'est le principe des amis x)
Bref ! Sinon. Quelque part dans tes commentaires précédents, tu avais deviné un truc qui va EFFECTIVEMENT arriver dans Renouveau, tu as donc toutes mes félicitations ! xD
Salut Keloush ! Oui, Lucy est effrayante quand elle s'y met x) J'hésite à la faire psychanaliser d'autres personnes. Souvent, elle tombe tout juste !
Salut Alexielios ! Oui, les deux parties ne se sont pas vraiment expliquées dans cette dispute. Mais rien que l'histoire d'Aenor, ça a jeté un froid. Le fait qu'Al' soit jaloux et Scorpius trop sûr de lui, ça a juste été le déclencheur par-dessus toute la tension. Et oui, mon bêta a l'air d'avoir des absences en ce moment x)
Salut DGM-médiéval (très classe ce pseudo !). Yep, les disputes, c'est des conneries inévitables. Les jalons quifont grandir sur le difficile chemin de l'adolescence... Wow, bravo d'avoir tout lu d'un coup ! Pour les adultes, oui on va les voir à nouveau, et yep, ça devient de plus en plus sérieux. Mais je n'écris pas sur eux qu'au moment des drames, je te rassure ! x)
Euuuh, Iris tu penses à des trucs bizarre en lisant mes notes, c'est quoi cette histoire de A et de I ? XD Enfin bref, visiblement, Lucy a du succès. Et prépare les mouchoirs pour le chapitre qui suit, il est encore pire que celui de la dispute !
Bonne question Aomine ! L'époque des Maraudeurs ou l'époque d'Harry ? Ben, Al' serait plus tenté par l'époque des Maraudeurs, pour rencontrer sa grand-mère Lily dont on dit qu'l lui ressemble beaucoup, et Severus Rogue avant qu'il ne devienne Mangemort. Et aussi pour savoir si les Maraudeurs étaient comme son frère James, ou plus comme l'Ankou. L'Ankou, lui, préférerait aller à l'époque de ses parents : empêcher son père de prendre la Marque, rendre Harry moins stupide, dire ses quatre vérités à Dumbledore. Donc voilà : les deux époques iraient bien x)
Salut Lucie x) Mais non, ne pleure pas, ça va s'arranger ! Enfin, plus ou moins. Alors garde tes mouchoirs pour ce chapitre-là : c'ets le pire de la fic je pense...
Hey Hiyoru ! Al' craque pour Aenor depuis un moment, j'avais mis des indices visibles, seulement, comme l'Ankou éprouvait les mêmes sentiments, la plupart des gens se concentraient sur Scorpius... Et voilà. 'fin bref. Ca mis à part, Narcissa ets sans doute à une réunion mondaine et Cathy... Ailleurs. Elle est forte et indépendante, Cathy, mais quand elle est dans la même pièce qu'Alva, Draco, Nathan... Elle se fait en quelque sorte écraser. Elle ne veut pas graviter autour d'eux, et ça se comprend. Et oui, les Rôdeurs sont des andouilles, mais eh ! Comme tu dis, ce sont des garçons de treize ans !
HONTE SUR TOI, Iphitos ! Les filles ne foutent pas la merde, c'est juste les mecs qui sont cons et qui ne savent pas communiquer u_u
Salut Moufleyte! Je t'ai répondu par MP mais je tenai aussi à te dire, là, que ta review m'a vraiment fait plaisir, et flattée au dernier degré. Non, je ne suis pas JKR sous un pseudo, mais je suis contente de m'être montrée digne de son univers... Et d'avoir pu te faire aimer les Serpentards x)
Vraiment Folite, tu le voyais venir ? A croire que les disputes sont indispensables à toutes les amitiés. Oh, et s'ils ne s'expliquent pas, c'est parce qu'il ets très dur de ravaler sa fierté dans ce genre de cas xD
Nope, Googiegarance, Al' et l'Ankou ne finissent pas ensemble ! Al' est complètement hétéro. Leur relation est strictement platonique x)
Hey Louve ! Espèce de revenante x) La dispute, je la voyait venir depuis un bail, il faut dire que le combustible s'accumulait depuis qu'Al' a découvert que l'Ankou craquait sur Aenor. A partir d elà, toutes leurs réactions peuvent avoir un sens différent : le rire d'Al', par exemple, a un côté nerveux et hystérique quand on sait ce qu'il éprouve... Enfin bref ! Yep, ça se passe bien du côté des Malefoy, je m'éclate à écrire sur eux x)
Merci Satanael ! Oui, j'étais trop attachée à l'univers d'Harry Potter pour le laisser partir comme ça... Du coup, hop, c'est repari pour une génération ! Enfin bref, merci, et bone lecture x)
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Note du Kiwi Suprême : Hey ^^ Le chap' est enfin là, et je vous annonce que trois de mes partiels se sont déjà écoulés (pénal, administratif et obligations), et que ça s'est pas si mal passé x) Priez pour la suite !
Ce chapitre est le PIRE de la fic. Sortez vos mouchoirs. Vous êtes prévenus.
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L'attentat
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Poudlard resta atrocement calme pendant six jours encore. Puis, vers la mi-mai, après avoir été supplié à genoux par les Serpentards qui en avaient par-dessus la tête de voir James parader avec sa bande de Weasley (et jeter des sorts à tout ce qui portait du vert et argent), l'Ankou Malefoy reprit du service.
Enfin. L'Ankou Malefoy sans Albus Potter n'était pas vraiment l'Ankou Malefoy, mais on fait avec ce qu'on a.
Donc, avec la complicité de certains Gryffondors (et de huit réveils trafiqués et astucieusement cachés), l'Ankou s'arrangea pour ruiner les grasses matinées du week-end de la promo de James, ainsi qu'une grande partie de leurs nuits, au point que Gaby quitta le dortoir pour aller squatter chez les Poufsouffles. Grâce aux Serdaigles (et plus précisément à un mystérieux produit chimique très inflammable), les devoirs de James, Faust et Tom (Fred ne les ayant pas fait) se volatilisèrent, leur valant un T en Métamorphose, et trois heures de colles avec Laughlin. Et grâce aux Poufsouffles, et plus précisément à Chiara, l'équipe des blaireaux gagna haut la main la finale de Quidditch, et la Coupe qui allait avec.
Faust, profitant de l'éloignement des Rôdeurs, se battit avec Al'. Une seule fois. Le lendemain, lui et James avaient tous les deux l'air de s'être engueulés et le grand noir ne tenta plus de s'approcher du cadet des Potter. Pour la première fois de sa vie, l'Ankou en fut reconnaissant à James. Peut-être que ce n'était pas un parfait connard après tout.
Par la suite, Faust et James cessèrent totalement d'embêter Al', restèrent à prudente distance de l'Ankou (ils n'avaient pas oublié la St Valentin), mais comme ils continuaient à faire des blagues aux amis des Rôdeurs, Scorpius se sentit obligé de leur pourrir la vie. Beaucoup.
Al' ne sortait toujours pas avec Aenor.
Scorpius en était régulièrement informé par Reg, qui semblait faire une fixation là-dessus. Visiblement, l'idée qu'Aenor sorte avec un garçon le faisait hyper-ventiler. Probablement parce qu'une fois que sa sœur serait casée, ses parents se jetteraient sur lui comme des vautours sur une carcasse pourrie afin de s'occuper de son avenir matrimonial.
Même si voir Reg paniquer comme ça était plutôt distrayant, à la longue ça devenait assez stressant pour les pauvres nerfs de l'Ankou. Reg avait déjà l'air assez sur les dents, en plus de tout. Au départ, plongé dans ses propres problèmes et ruminant ses sombres pensées à propos de l'absence d'Al', Scorpius ne l'avait pas remarqué. Mais peu après la mi-mai, ça devint évident. Reg avait maigri, ses notes avaient baissées et il ne fréquentait quasiment plus les autres élèves de sa promotion à Gryffondor, sauf quand l'Ankou était là pour distraire leur attention.
Il y avait un truc qui clochait.
Étant donné que Scorpius était un Serpentard, au fond (même si souvent ses instincts de Gryffondor l'emportaient), il n'alla pas voir Reg mais préféra plutôt tâter le terrain auprès de Carrie. Il semblait que la Née-Moldue soit la seule personne, mis à part l'Ankou lui-même, avec qui Reg passait du temps.
– Si tu t'inquiètes pour lui, tu devrais lui en parler, se contenta de dire Carrie.
Elle était en train de corriger le devoir d'Histoire de l'Ankou –Carrie était très douée en Histoire– et n'avait pas levé les yeux de la copie. Pour n'importe qui d'autre, cette habitude de ne pas regarder les gens quand elle parlait aurait pu passer pour de l'indifférence ou de l'arrogance, mais Scorpius connaissait bien Carrie, et il avait depuis longtemps deviné que c'était un tic du à sa timidité.
– Je ne peux pas aller lui demander ce qui ne va pas comme ça ! s'exclama-t-il.
Carrie, cette fois, leva les yeux pour lui jeter un regard honnêtement surpris :
– Pourquoi pas ?
– Parce que… Parce que ce n'est pas comme ça qu'on fait, fit maladroitement l'Ankou. Pas chez les Serpentards.
– Et comment on fait chez les Serpentards ? interrogea Carrie en retournant à son devoir. Par Merlin, l'Ankou, tu ne peux pas écrire que les Moldus ont "corrompu l'esprit des sorciers avec leurs préjugés à la validité très discutable" ! Dis simplement que la communauté magique a été influencée par la mentalité chrétienne !
– Sérieusement, aucune subjectivité, marmonna l'Ankou.
Elle était très bien sa phrase. En tout cas, elle allait parfaitement avec le contexte, à savoir : le rapport des sorciers avec la religion. A la base, la réponse était facile : il n'y avait pas de rapport, les sorciers ne croyaient pas en une entité supérieure puisqu'ils croyaient à la magie, point final. Mais la question était plus complexe que ça. La religion avait façonné de manière importante les mentalités des Moldus au cours du temps, que ce soit avec ses valeurs comme avec ses discriminations, et cela avait influencé les mentalités sorcières. La frontière entre leurs mondes était plus perméable que beaucoup se plaisaient à le croire.
– Mais sinon, reprit le jeune Malefoy. Chez les Serpentards, on cerne le problème et on le résout discrètement. On n'attaque pas de front.
– Mais Reg est un Gryffondor, pointa très justement Carrie. Adapte-toi.
Pas faux. Pour faire face à James quand il menaçait Carrie, l'Ankou n'avait pas pris de gants et ne s'était pas encombré de messages subtils : il lui avait carrément dit d'aller se faire voir chez les grecs et que Carrie était sous sa protection.
– Je ne sais pas, hésita l'Ankou. Qu'est-ce que je vais lui dire ?
Carrie haussa les épaules, et barra une autre phrase sur le devoir de Scorpius :
– Essaie d'abord "si quelque chose ne va pas, tu peux m'en parler". C'est ce que j'ai dit, moi.
– Et il t'a parlé ? s'intéressa Scorpius.
– Oui. Sérieusement, où tu es allé pêcher cette histoire sur l'influence de la religion des Tsars de Russie sur la communauté magique de leur pays ?
– Ma mère est russe, je suis calée sur l'Histoire de son pays, se défendit le Serpentard. Et c'est vrai. Les Sang-Purs Russes ont toujours été très proches des Tsars, et plusieurs de leurs enfants Cracmols ont épousé des membres de la famille royale. C'est pareil dans plusieurs pays cela dit, mais ici les sorciers s'en cachent, et pas en Russie.
– Admettons. Mais Bakary nous a demandé de parler de la Grande-Bretagne, donc ce paragraphe est hors-sujet.
– Si tu le dis… Mais à propos de Reg, tu sais ce qu'il a ?
Carrie ne leva pas les yeux de sa feuille :
– Oui. Je suis son amie.
– Alors tu sais ce qui ne va pas avec lui ?
Carrie sembla faire un effort sur elle-même pour relever la tête et planter son regard dans le sien. Elle avait les yeux d'une couleur oscillant entre le bleu et le noir, très sombre, de la teinte de l'encre ou des profondeurs de l'océan. L'Ankou ne connaissait personne d'autre avec un regard pareil : c'était l'un des plus intenses qu'il ait jamais vu.
– Je le sais mais je ne te le dirais pas. C'est à toi de lui demander si tu veux vraiment le savoir. Sinon, ça n'est pas respectueux envers lui.
Touché. L'Ankou grogna, puis se leva, retenant une grimace de douleur quand il tira sur les muscles de ses cuisses. A la dernière séance de karaté, il avait été assigné comme partenaire à Brian McLaggen et aucun d'entre eux ne retenait ses coups. Il avait mal partout.
Carrie lui jeta un regard surpris :
– Tu vas lui parler ?
– Non, mais je vais le faire à un moment, t'inquiète pas. Là, j'ai rendez-vous avec le Quatuor pour ensorceler le troisième étage. Et après j'irai passer voir Mimi.
Carrie soupira. Al' passait quasiment tous les jours voir Mimi pour lui parler. Scorpius l'avait remarqué et, depuis, s'arrangeait pour aller voir le fantôme de temps en temps afin d'avoir des nouvelles de son ami. Comment il allait, si son frère l'embêtait, ce genre de choses…
– Ça va bientôt faire un mois, tu sais.
– Vingt-et-un jours, rectifia automatiquement l'Ankou.
– Sérieusement, tu ne penses pas que ça fait assez longtemps ?
La seule réponse qu'elle obtint fut un soupir, et le claquement de la porte derrière Scorpius. Visiblement, le jeune Malefoy n'avait pas envie d'en parler. Carrie haussa les épaules et retourna à la correction de devoir de son ami.
L'Ankou, lui, se dirigea vers le troisième étage tout en vérifiant qu'il avait bien son matériel. En effet, les poches de sa cape étaient remplies d'éprouvettes de verres à l'intérieur desquelles semblaient crépiter en silence des feux d'artifices qui ne faiblissaient pas. Le jeune Malefoy n'était pas peu fier de cette invention. Il s'était inspiré des feux de Bengales et des Pétards mouillés du Dr Flibuste, le tout assorti d'une légère Métamorphose afin d'obtenir une forme animale, de potions plutôt simples pour la couleur et la puissance des étincelles, et de deux ou trois Sortilèges pour compléter le tout.
Depuis l'histoire de la classe de Botanique, où il avait utilisé ces pétards enchantés pour la première fois, il avait déjà reçu trois lettres de Georges Weasley lui proposant l'achat de sa formule. Trois lettres ! Il s'était contenté d'écrire en bas "pas intéressé" et de les renvoyer, tout fier de lui.
Il retrouva le Quatuor à l'endroit prévu, devant les toilettes des garçons, et Cameron lui sauta quasiment dessus :
– Tu les as ?
– Évidemment, renifla l'Ankou avec dédain en commençant à distribuer sa marchandise.
– Un jour il va vraiment falloir que tu nous expliques comment tu as fait, fit pensivement Gaby en étudiant une éprouvette bouchée à la cire et qui contenait un crépitement d'étincelles bleues.
– Hors de question, protesta Scorpius. J'y ai passé un temps fou ! Vous vous rendez compte qu'il m'a fallu quasiment trois ans ?
– Trois ans ? s'étrangla Cyrius.
– Ben, oui, j'avais besoin d'un labo, alors je ne pouvais bosser que l'été, en occupant celui d'Oncle Nathan… Mais, sérieusement, j'ai commencé à inventer ces petites merveilles l'été juste avant ma première année. Et ça a été une tonne de boulot…
– Tu n'as pas demandé d'aide à Dylan ? s'étonna Cameron. Ou à Al' ?
Le sourire de Scorpius se fana légèrement, mais il se força à conserver un ton léger :
– Je voulais que ça soit une surprise.
Pour Al', surtout. Les mots restèrent suspendus dans les airs sans avoir été prononcés. Puis Cameron esquissa un large sourire, et tapa l'épaule de l'Ankou en s'exclamant d'un air excessivement joyeux :
– Bon ! Allons mettre Poudlard à feu et à sang !
– J'aimerai qu'il soit noté que j'étais contre cette idée, pointa Oscar en prenant lui aussi sa provision de feux d'artifices. Au fait, ces feux… Choses… Trucs… Elles ont un nom ?
– Ce sont des Onibi.
– Onibi ? répétèrent d'une même voix Cyrius et Oscar sans comprendre.
– Ça veut dire "feu follet", expliqua patiemment l'Ankou. C'est du japonais et je trouvais ça cool. Bon, on y va ou bien on prend racine ?
Il n'en fallut pas plus pour lancer l'opération, et les cinq complices se dispersèrent… Et trois minutes plus tard, le cinquième étage était totalement envahi de créatures d'étincelles et de lumières, cabriolant, rugissant, hennissant comme des créatures vivantes. L'Ankou ne put retenir un gloussement satisfait. C'était bon de savoir qu'il n'avait pas perdu la main.
Puis le hurlement de rage de Laughlin lui parvint, et, avec toute la bravoure de sa Maison, l'Ankou prit les jambes à son cou.
Il ignorait encore que le temps de l'insouciance touchait à sa fin.
oOoOoOo
Lettre d'Hyperion Malefoy à ses parents :
Chers parents,
Tout se passe bien à Poudlard. La plupart des élèves commencent à réviser pour leurs examens. Le Quatuor sème bien sûr le chaos, avec l'aide d'alternativement Scorpius et James Potter et leurs bandes respectives. Mais aucune aile du bâtiment n'a pris feu (sauf la serre numéro deux mais j'ai été informé que ça ne comptait pas) et il n'y a pas eu de mort (mis à part celle de la soi-disant dignité de Scorpius, Merlin, il n'est pas bien dans sa tête en ce moment), donc tout va bien.
Flitwick veut me faire entrer dans la chorale l'année prochaine. Je suppose que Demy m'a pistonnée. Mais je me demande si je pourrais cumuler ça avec mon module de Littérature. Ça ferait beaucoup de travail. D'un autre côté, ça me manque terriblement de ne plus jouer au piano.
Je sais de source sûre (Lucy Zabini) que Scorpius ne vous a pas écrit depuis une éternité, donc voici quelques nouvelles : il va bien, il a été teint en roux par Fred Weasley hier soir mais s'est vengé promptement, ses notes ont un peu baissé mais rien de dramatique, il avait cessé de semer le chaos quelques temps mais il s'y est visiblement remis et je pense que McGonagall et Laughlin sont en train de monter un assassinat et qu'on va retrouver mon frère enterré dans le parc un jour prochain. Je suis blasé.
Il a également sympathisé avec un fantôme et je ne compte plus les inondations dont il est indirectement responsable. Et, au passage, il est nul en relations humaine et dès que quoi que ce soit touche Al', il en fait une montagne. Sérieusement, achetez-lui un cerveau.
Je vous embrasse,
Hyperion M.
oOoOoOo
– … Je me demande si les gènes Gryffondors sont héréditaires, disait pensivement Alva en faisant passer à son mari la dernière lettre d'Hyperion.
Les Malefoy, tous les six, étaient rassemblés dans le salon. Nathan écrivait des notes tout en feuilletant un épais grimoire. Lucius Malefoy lisait Discours de la servitude volontaire, d'Etienne de la Boétie, avec une intensité presque effrayante. Cathy lisait le dernier exemplaire du Mensuel de la Métamorphose, et Narcissa tournait distraitement les pages du Prophète, le journal Puriste auquel elle était abonnée. Draco lisait le compte-rendu de la dernière réunion du Magenmagot : il était bon d'avoir un peu de recul sur ces rassemblements, et d'étudier ce qui avait été dit à froid, après coup. Alva, elle, triait leur courrier.
– Dans le cas de Scorpius, je commence à douter, renifla son époux.
– Il est si catastrophique que ça ? s'enquit Nathan avec curiosité.
– Disons juste qu'il est heureux qu'il n'ait pas fini dans la Maison des fous dangereux, se contenta de dire Draco en parcourant la lettre.
– A ce point ?
Draco haussa les épaules, puis rendit la lettre à Alva en lui disant d'un ton accusateur :
– Ça vient de ton côté de la famille.
– Le fait qu'il soit timbré ? sourcilla Alva. Je regrette, mais ta famille aussi a deux ou trois soucis.
Lucius et Narcissa relevèrent tous les deux la tête de leur lecture, un sourcil haussé, comme s'ils mettaient silencieusement Alva au défi de poursuivre. Nathan leva les yeux au ciel, et Cathy ferma brièvement les paupières… Mais non, la Russe semblait totalement ignorer les messages subliminaux qu'émettaient ses beaux-parents et qui indiquaient qu'elle risquait de se manger un sort de façon imminente.
– Ton père est un Mangemort, commença Alva. Ne le prenez personnellement, Lucius…
– Ton père était aussi un Mangemort, contra Draco. Et plus fanatique. Et tes frères aussi étaient des Mangemorts.
– Oui, mais il y en avait un qui avait rejoint l'Ordre du Phénix !
– Et c'est censé me persuader qu'il était sain d'esprit ?
Lucius ricana tandis qu'Alva grimaçait.
– … Ok, tu marques un point.
– Et comment que je marque un point !
– Mais je tiens à préciser qu'il n'était pas un fanatique de Dumbledore.
– Encore heureux, railla Draco. Mais, juste pour information… Est-ce qu'il n'était pas ami avec Stensenn ?
Stensenn, professeur de Défense Contre les Forces du Mal à Poudlard durant la huitième année de Draco, était un sadique avéré, vicieux et amer, que tous ses anciens élèves détestaient à l'unanimité. Sentant qu'elle perdait du terrain, Alva changea d'angle d'attaque :
– Je te signale que dans ta famille, tu comptes plus de malades mentaux que moi. Bellatrix Lestranges, Sirius Black…
Draco plissa le front, cherchant une parade, puis son visage s'éclaira et il déclara, goguenard :
– Tu sais que tu es davantage apparentée aux Weasley que moi ? Les Hawking sont des cousins assez proches des Prewett pour avoir hérité de leur atroce couleur de cheveux…
– Tu as quelque chose à dire sur mes cheveux, espèce de blond ?
– Je ne te conseillerai pas de partir sur ce terrain, claironna joyeusement Draco. Après tout tu es en minorité ici…
Nathan, Lucius et Narcissa hochèrent gravement la tête, et Cathy fit d'un ton très sérieux :
– Renonce, Alva. Il est temps d'opérer une retraite stratégique et pleine de dignité.
– Du genre en rampant vers la porte, ajouta Nathan d'un ton narquois.
Du coup, il se prit une poignée de lettres dans la figure. Mais ça ne l'empêcha pas de rigoler d'un air idiot tout en enlevant les enveloppes de ses cheveux et de sa chemise. Draco agita sa baguette, ramenant le tas de courrier en une pile bien nette à côté d'Alva, puis il se tourna vers sa femme avec un sourire moqueur et ouvrit la bouche pour continuer leur joute verbale…
… Et soudain, la cheminée s'embrasa de flammes vertes, et le visage paniqué de Justin Shepper apparut :
– Draco ! Marlin merci tu… Wow, pourquoi je n'étais pas au courant de ça ?
Les yeux grands comme des soucoupes, il fixait Lucius Malefoy comme s'il ne l'avait jamais vu, ce qui était sans doute le cas. Le Mangemort prit une expression de pure froideur, pas vraiment ravi d'être appelé "ça". Nathan leva les yeux au ciel, et Draco soupira :
– Rien d'illégal, je te promets.
– Tu es marié à l'illégalité incarnée.
– C'était juste un souterrain, par Kachtcheï ! s'exclama Alva. Et je ne pouvais pas savoir que… ! Oh, laisse tomber. Qu'est-ce qui se passe ?
– C'est la folie, gémit Justin. Le Chemin de Traverse a été attaqué !
Tout le monde chez les Malefoy sembla se figer. Justin secoua la tête, l'air encore vaguement halluciné :
– On suppose que ce sont des terroristes… C'était indescriptible… Ils étaient encapuchonnés, et ils ont surgi de nulle part, en grognant comme des animaux… Je n'avais jamais vu une telle violence, ils étaient comme fous !
– Drogués à la FullMood, dit Nathan dans un murmure si bas que seule Cathy l'entendit.
– Des blessés ? s'enquit Draco le plus calmement possible.
Sa sérénité feinte sembla apaiser Justin, de la même façon que le calme apparent de Scorpius savait apaiser les Rôdeurs. D'un ton plus posé, l'ancien Gryffondor raconta :
– Beaucoup : trente d'après les chiffres officiels, sans doute plus en réalité, probablement une quarantaine ou une cinquantaine… Il y a au moins dix morts. C'était tellement sanglant. Et… Ollivander, le vendeur de baguettes… Il est dans un état critique. On ne sait pas s'il va s'en sortir.
Un silence assourdissant sembla tomber sur le salon. Draco avait la bouche sèche. Des morts… Cela faisait vingt-et-un ans que personne n'était mort sur le Chemin de Traverse… Justin déglutit, puis continua :
– Des tireurs d'élite ont été envoyés, puis des Aurors. Les Epsilon.
Alva retint son souffle, et Justin se hâta de la rassurer :
– Aucun mort parmi eux. Jeremiah Hanson a pris un mauvais sort, mais il s'en sortira. Ron, Valerian et Jack n'ont rien.
Draco, Alva, Nathan et Cathy se remirent à respirer. C'était drôle. Ils étaient devenus amis avec ces trois-là en dernière année à Poudlard, et n'avaient absolument pas suivis les mêmes études, après le collège de sorcellerie. Mais les liens étaient restés, malgré tout.
– Enfin bref, coupa Justin. Susan est déjà au Ministère. Draco, tu as intérêt à y aller, le Magenmagot va en parler et tu dois être parmi ceux qui sont au courant, sinon les Réfractaires vont se servir de ça…
– Les Réfractaires, murmura à nouveau Nathan avec un frisson. Par les chaussettes de Rowena, putain. Exactement ce que…
– Les Réfractaires ? releva Draco. Pourquoi, les malades du Chemin de Traverse avaient des revendications ?
Justin secoua la tête.
– Pas vraiment. Ils sont juste surgis de nulle part, déchaînés. Ils jetaient des sorts, mais ils frappaient aussi à mains nues… Ou avec des lames. Il y en a un, on suppose que c'est le chef, qui a dit « cette société corrompue doit disparaître, et ce sera de notre main », puis ils ont disparu. On n'est même pas sûr que ce soit le chef, mais c'était le seul qui avait l'air cohérent, alors… M'enfin, je dis juste que les Réfractaires vont profiter du chaos pour dire qu'il faudrait plus de sécurité ou quelque chose dans ce goût-là.
Draco hocha la tête, puis se leva et claqua des doigts. Lixy, l'elfe de maison, apparu devant lui.
– Ma veste, ordonna Draco. Ma carte du Magenmagot. Et mon manteau noir : tout de suite.
– Oui, maître.
Elle disparu, puis réapparut moins de six secondes plus tard, tous les articles demandés en main. Draco enfila la veste, jeta le manteau sur ses épaules, puis se dirigea vers la cheminée. Avant de disparaître dans les flammes, cependant, il se tourna vers Nathan, l'air grave.
– On doit prévenir les autres.
Le Né-Moldu hocha la tête avec sérieux, et Draco disparu dans les flammes émeraude. A nouveau, le silence tomba sur l'assemblée, lourd et froid comme un bloc d'obsidienne. Puis, à voix basse, Nathan lâcha :
– Ça commence. Exactement comme je l'avais dit.
– Un monde plein d'insécurités, murmura Narcissa. Et un groupe d'hommes masqués qui attaquent à l'improvise, terrorisent les gens… Sans visages…
– Sans possibilité de négocier, compléta Alva d'une voix froide. Sans merci. Sans humanité, sans raison.
– Folie et violence, souffla Cathy. Exactement ce qui s'est passé il y a vint ans…
Lucius hocha lentement la tête, le visage impénétrable. Alva poussa un soupir, et se passa une main lasse dans les cheveux. Cela faisait vingt ans qu'elle n'y avait pas piqué d'arums. Vingt ans qu'elle n'avait pas pensé à la guerre. Elle se tourna vers Nathan.
– A ton avis… Devrait-on le prévenir ? Potter ?
Nathan considéra la question quelques instants, mais étrangement, ce fut Lucius qui parla. Sa voix, posée et froide, avec un léger accent traînant qui rappelait les intonations de son fils, résonna étrangement dans la vaste salle silencieuse.
– Non. Ce n'était qu'une première attaque. Nous ignorons ce qui s'est réellement passé. Nathan n'a pas terminé d'analyser le schéma d'attaque des Réfractaires, et vous n'avez pas encore organisé de résistance. Si vous dites quoi que ce soit à Potter avant d'avoir toutes les cartes en mains…
– … Il foncera dans les ennuis comme un chien dans un jeu de quilles, compléta Cathy. Je suis d'accord. Organisons notre défense, et ensuite, impliquons Harry.
Alva hocha la tête, puis pointa :
– Et Weasley ? Ronald Weasley. Il sait que les Réfractaires trempent dans le trafic de FullMood, même si on ne l'a pas impliqué dans nos projets de résistance. Il va finir par additionner deux et deux et deviner que ce sont les réfractaires qui ont monté l'attentat.
Nathan hocha lentement la tête :
– Il pourrait, s'il s'en souvenait.
Alva tourna un regard choqué vers lui, et le Serdaigle eut un sourire crispé :
– Sérieusement. Ça ne t'a pas étonné que Ron ne nous harcèle pas pour qu'on fasse quelque chose ?
– Je pensais que Potter lui avait ordonné de rester en dehors de ça…
– Non. Harry est très doué pour oublier ce qui le dérange, alors il a mit le compte de la passivité de Weasley sur leur petite brouille. Mais si Ron ne s'est pas montré, c'est parce que Draco a bloqué sa mémoire au sujet de Djar.
– Quand ? lâcha Alva en fronçant les sourcils.
– Et comment ? ajouta Narcissa lentement. Je sais que Draco est bon Legilimens et Occlumens, mais quand même…
– Juste après le divorce des Potter, les renseigna Nathan. C'était le bon moment. En plus, le nouveau Capitaine des Iota est un Legilimens et on ne pouvait pas prendre de risques. Quand à la méthode, c'est, euh, la même que ton père a employé sur toi, Alva.
La mâchoire d'Alva se crispa. Trois mois enfermée dans un manoir rempli de Détraqueurs à devenir folle, avec des pans entiers de mémoire –tous ce qu'elle faisait dans le labo de son père– disparus, effacés. Elle n'avait jamais récupéré ces souvenirs.
Il y eut un silence lourd et tendu, puis Nathan soupira, et se leva, abandonnant ses journaux.
– Si vous n'avez pas d'autres questions, je vais voir Theo et lui donner un coup de main. St Mangouste va avoir besoin de beaucoup de baumes et de Potions de soins, demain.
Beaucoup de blessés mourraient dans les heures qui suivraient l'attaque et ne pourraient jamais bénéficier des Potions de Theo et Nathan. Ils le savaient tous. Mais personne n'ouvrit la bouche.
Nathan quitta la pièce.
oOoOoOo
Article de la Gazette du Sorcier, paru le 20 Mai 2019 :
ATTAQUE TERRORISTE SUR LE CHEMIN DE TRAVERSE
Le Chemin de Traverse, depuis la fin de l'année des Ténèbres, est considéré comme l'un des lieux sorciers les plus sûrs du monde. Néanmoins, cette réputation est peut-être un peu surfaite… Hier soir, à 18h56, alors que la rue était encore pleine de clients pressés par la fermeture des boutiques, un groupe d'une vingtaine de personne y est soudainement apparus, encapuchonnés, portant des masques blancs et lisses. Avec une sauvagerie bestiale, ces individus se sont rués sur les passants les plus proches, dans les boutiques, dans une opération de destruction barbare.
« Ils étaient à peine humains », nous raconte un témoin terrifié. « Ils lançaient des sorts, mais ils utilisaient leurs poings et leurs pieds aussi, et Merlin, ils grognaient, ils ne parlaient pas, ils grognaient juste comme des fauves… On aurait presque deviné qu'ils avaient la bave aux lèvres derrière cet affreux masque… »
Des passants hurlants, une foule terrifiée cherchant à fuir, des gens piétinés, des enfants séparés de leurs mères par le chaos, et d'autres, attrapés puis battus à coups de poings et de pieds par ces bêtes humaines…
« J'ai perdu mon fils dans la cohue », répétait mécaniquement une femme en larmes peu après le drame. « Je l'ai perdu, je ne le retrouve pas… J'ai perdu mon fils dans la cohue… »
Le corps de son fils, six ans, sera retrouvé un peu plus tard égorgé dans une boutique saccagée. Les agresseurs ont perpétré ce meurtre à l'arme blanche, sans user de magie, comme des animaux. Il ne sera pas le seul. Onze morts sont officiellement à déplorer, ainsi que trente-neuf blessés. Huit d'entre eux sont toujours hospitalisés à St Mangouste. Ces chiffres sont sans doute au-dessous de la réalité.
Parmi eux se trouvent Mr Ollivander, le respectable fabricant de baguettes. Les mystérieux terroristes ayant Transplané juste devant sa boutique, dont la porte était ouverte pour laisser passer un client –lui aussi parmi la liste des blessés graves–, le pauvre homme n'a eu aucune chance. Son état est stationnaire mais les Guérisseurs ont peu d'espoir.
« Mr Ollivander est un très vieil homme », explique le Guérisseur Seamus Finnigan. « Il était déjà sur le déclin après l'année des Ténèbres. Et ces… terroristes se sont acharnés sur lui comme des chiens sur un os, avec des sorts mais aussi un couteau. »
La violence et la soudaineté de l'attaque ont pris tout le monde par surprise, semble-t-il, laissant témoins et victimes dans un état d'horreur hébétée. L'attaque a duré quinze minutes entières. Une éternité pour les passants pris aux pièges sur le Chemin de Traverse. Les tireurs d'élites auraient-ils dû réagir plus vite ? Les Aurors auraient-ils dû être envoyé immédiatement, et pas douze minutes après l'alerte ? La Gazette s'interroge. Et elle n'est pas la seule.
Rédigé par Nero McAlister.
(Page 6 –Liste des morts, messages des familles) (Page 13 – La relève d'Ollivander : son petit-neveu Mortimer prend la parole) (Page 20 – Ron Weasley réclame une patrouille d'Auror sur le Chemin de Trav.) (Page 23 – Rubrique tabloïd : Ginevra Weasley à nouveau en couple ?).
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– Alors ? fit Al' d'un air inquiet quand Rose s'assit près de lui.
Il était quatorze heures, en ce mercredi matin où les cours avaient été exceptionnellement annulés. Elle venait de faire le tour de tous leurs cousins à Poudlard. Vivement, elle secoua la tête :
– Ils vont bien.
Le visage d'Al' s'éclaira… Avant de prendre une expression honteuse tandis qu'il glissait un coup d'œil en direction de Gareth Flint, quelques places plus loin. Le Serpentard regardait fixement sa purée depuis dix minutes, effrayant d'immobilité. Ses deux parents étaient de sortie sur le Chemin de Traverse ce jour-là. Ils étaient allés à la banque… Et ils avaient été tués.
Ce matin, lorsque le courrier était arrivé, ça n'avait pas été beau. Le journal. Puis les lettres écrites d'une main tremblante par un parent, un frère, une sœur, ou pire, l'écriture impeccable d'un bureaucrate du Ministère. Les lettres d'annonce de décès avaient un sceau violet foncé. C'était une chose qu'Albus ne savait pas avant aujourd'hui. A présent, en regardant la lettre que Gareth serrait dans sa main depuis ce matin, il se disait que c'était quelque chose qu'il aurait préféré ne jamais savoir.
– Ton père était là-bas, murmura-t-il d'un ton absent à sa cousine.
Rose haussa les épaules, l'air butée, et répéta :
– Ils vont bien. Tous. Et tais-toi, on ne devrait pas en parler devant… Tous les autres.
Al' frissonna, et parcourut la Grande Salle du regard. Ce matin, au petit-déjeuner, il y avait eu des cris, des sanglots hystériques, un chaos de détresse et de panique. A présent, une chape de désespoir et d'incompréhension semblait s'être abattue sur les élèves. Nombre d'entre eux étaient d'ailleurs absents, étant restés dans leurs salles communes, ou s'étant réfugiés ailleurs pour pleurer. Les quadruplés, par exemple. Roxanne Sloper, amie avec Leah, savait que leur mère tenait une boutique sur le Chemin de Traverse, et avait sans doute été blessée.
Mais d'autres étaient là, essayant de se montrer braves sans y arriver. Elisa Brown, à la table des Serdaigles, sanglotait doucement. Sa mère, Lavande, était morte de ses blessures peu après son transport à Ste Mangouste. Jaime Apache, un deuxième année de Poufsouffle, tremblait comme une feuille malgré les murmures apaisants des jumeaux Duchemin. Son oncle était mort, lui aussi. Charlie Mevil, un quatrième année Poursuiveurs de Poufsouffle, déchiquetait méthodiquement un morceau de pain en regardant dans le vide. Son grand frère était tireur de baguette, et il avait été gravement blessé. Chez les Gryffondors, une sixième année pleurait dans les bras de Jason Pandore. Trois filles de différentes années mais ayant un air de famille, sans doute des sœurs, reniflaient discrètement, les yeux rouges.
Et Scorpius n'était pas là. Il n'était pas là depuis ce matin.
C'était la première chose qui avait alerté Al', avant l'arrivé des hiboux, du journal, des lettres, avant le début des pleurs. Scorpius n'était pas là. Il avait voulu se pencher vers Lucy pour lui demander, peut-être de manière détournée, où se trouvait son ami, puisqu'il était certain que son lit était vide quand il avait quitté le dortoir. Mais les lettres avaient commencées à arriver, et la peur pour sa famille avait temporairement éclipsé l'anxiété du jeune Potter. Mais à présent… Il regarda autour de lui, mais ne vit pas son ami, et sentit sa gorge se nouer. Il se tourna vers Jo, le plus proche de lui :
– Où est l'Ankou ?
– Je ne suis pas sa mère, se contenta de lâcher hargneusement l'asiatique en attrapant plusieurs toast qu'il enveloppa dans une serviette.
Puis, abandonnant son petit-déjeuner, Jo se leva avec ses provisions, murmura quelques mots à Gareth, et entraîna le jeune Flint muet en direction de la sortie. Al' sentit son rythme cardiaque s'affoler tandis que la panique commençait à le gagner. Il fouilla la salle du regard mais la plupart des élèves ne s'asseyaient plus à la table de leur Maison désormais, et c'était le chaos pour repérer quelqu'un. Les membres d'une même famille semblaient se rassembler comme pour se rassurer, oubliant leurs querelles, leurs Maisons. Par exemple, James était entouré par des Weasley de toutes les Maisons, et Faust avait abandonné son sourire supérieur contre un air grave, une main posée sur l'épaule de son meilleur ami.
Néanmoins, Al' aperçut un visage familier et se dirigea vers la table des Gryffondors, où Aenor, Naomi, Reg et Carrie mangeaient en chuchotant.
– Vous avez vu l'Ankou ?
Reg lui lança un regard noir, mais Aenor se contenta de secouer la tête, inquiète :
– Non, désolée. Tu crois que… ?
Al' n'attendit même pas qu'elle ait fini sa phrase, et quitta la Grande Salle quasiment en courant. Maintenant qu'il y pensait… Il n'avait pas vu Hyperion non plus. L'angoisse redoubla, rendant ses mains moites, et Al' se dirigea vers les cachots, si vite que lorsqu'il atteignit le passage dérobé, il était à bout de souffle.
– Draconit, haleta-t-il.
Le faux mur disparut et il s'engouffra dans la salle commune. La moitié de l'équipe de Quidditch était là, entourant Jackson Frost, dont la grande sœur était parmi les blessés. Al' leur jeta à peine un coup d'œil :
– Vous avez vu l'Ankou ?
Améthyste hocha la tête et, sans tourner les yeux, désigna l'entrée des dortoirs :
– Dortoir des premières années.
Il était donc avec son petit frère. Al' eut soudain la bouche sèche en entrant dans le couloir, et plus il avançait vers la porte du dortoir, plus il ralentissait, pétrifié d'angoisse. Si la famille de l'Ankou avait… Si Al' n'avait pas été là pour lui alors que…
Il s'arrêta devant la porte. Derrière, il entendait des voix chuchoter. Il se sentait malade d'inquiétude, et avait la poitrine tellement oppressée qu'il avait du mal à respirer. Éperdument, il souhaita qu'il ne soit rien arrivé aux Malefoy. Puis il frappa doucement, et poussa le battant de quelques centimètres.
Scorpius apparu dans l'entrebâillement, le visage fermé, les cheveux en bataille et le regard sombre. Ses yeux s'écarquillèrent imperceptiblement en voyant Al', puis son visage se ferma aussi complètement que si c'était James qui s'était trouvé en face de lui.
– Qu'est-ce que tu veux ?
Que tu reviennes, voulut lui crier Al'. Que tu ailles bien. Que tout le monde aille bien. Mais au lieu de ça, il jeta un bref coup d'œil par-dessus l'épaule de son meilleur ami, et vit Hyperion serrer dans ses bras un Serpentard de première année qui pleurait doucement, puis reporta son regard sur l'Ankou et demanda, incertain :
– Tout va bien ?
Scorpius, qui avait suivit son regard, ouvrit la porte complètement, sortit dans le couloir et referma derrière lui, laissant Hyperion et son ami seul.
– La mère de William est morte.
C'était William Dawn, réalisa Al'. Le meilleur ami d'Hyperion. Pas étonnant que l'Ankou et son petit frère n'aient pas été vus. Les Dawn étaient une famille de Sang-Purs aristocrates que les Malefoy connaissaient bien, et Hyperion et William se connaissaient depuis l'école primaire…
– On ne t'a pas vu de la journée, fit maladroitement Al'.
Le regard de l'Ankou se durcit, et il déclara sèchement :
– La mère de Lysandre a été blessée, donc j'étais avec lui. C'est ce que font les amis, ils sont là quand on a besoin d'eux. Qu'est-ce que tu faisais toi, tu profitais du fait d'avoir l'avantage avec…
– Arrête, supplia Al'. S'il-te-plaît.
Toute la sécheresse et la dureté désertèrent le visage de l'Ankou, et il eut soudain l'air très jeune, très fatigué. Très triste. Il secoua la tête, et se passa une main dans les cheveux d'un geste las :
– Désolé. Je suis vanné.
– Ta famille va bien ? fit timidement Al'.
Scorpius hocha la tête, et lâcha :
– La tienne aussi.
– Comment tu le sais ? s'ébahit le jeune Potter.
Scorpius lui jeta un regard blasé et, un instant, ce fut presque, presque, comme si tout était redevenu normal entre eux.
– Mon père est membre du Magenmagot, il a eu la liste des victimes quelques heures après l'attaque. Et il m'a écrit ce matin.
– Ah.
Il y eut un autre silence. Plus long. Plus lourd. Finalement, l'Ankou recula pour s'adosser au mur à côté de la porte du dortoir, les yeux rivés sur le visage d'Albus. Ça faisait vingt-trois jours et une poignée d'heures qu'ils n'avaient pas été aussi proches, réalisa Al'.
Vingt-trois jours et dix heures, aurait répondu l'Ankou.
Parce que tous les jours, ils veillaient à se lever à des heures différentes, à ne pas se croiser dans la salle commune, à traîner avec des amis différents, et ça avait été long. Et Scorpius avait sentit le poids de cette séparation comme une boule de fonte sur son estomac.
– Bon, finit par lâcher l'Ankou. Je ferai mieux d'aller voir Lysandre et les autres.
– Ouais, fit bêtement Al'. Vas-y.
Scorpius hocha la tête, hésita un instant à parler, à dire tout ce qu'il avait sur le cœur –tu vas bien, ta famille va bien, je suis tellement désolé, on va s'en sortir, ce n'est pas grave, enfin si, mais on survivra, parce qu'on est ensemble, on doit rester ensemble, c'était tellement stupide, je regrette, je te demande pardon– mais finalement ne dit rien, et s'éloigna dans le couloir.
Il sentit le poids du regard d'Albus sur sa nuque, mais ne se retourna pas.
La journée passa lentement, dans une atmosphère hébétée, un peu comme ces jours qui suivent les grandes catastrophes, un peu comme ce que vivent les gens d'un petit village du Sri Lanka après avoir vu une énorme vague surgir de nulle part et balayer tout ce qu'ils avaient dans ce monde. Stupeur. Incompréhension. Douleur. Chagrin. Colère. Impuissance. Mais il faut bien survivre, alors les repas eurent lieux aux horaires habituelles, Rusard continua à maugréer des menaces, Mimi à inonder les toilettes. Le monde ne s'arrêta pas de tourner.
Al' s'approcha du groupe compact de Weasley, mal à l'aise, et Lily se jeta dans ses bras. Après ça, Al' resta avec ses cousins et sa fratrie, comme un mouton dans un troupeau de têtes rousses et brunes et blondes, effrayé à l'idée d'être tout seul.
La Directrice fit un discours de soutien. Les élèves furent invités à se confier à leurs directeurs de Maisons. Ils furent très peu à aller voir Feylack, chez les Serpentards. La plupart se retrouvèrent dans le bureau de Mocking. Elle était bizarre, mais au moins, elle ne leur sortait pas des banalités d'usages ou des condoléances indifférentes. Elle leur demandait plutôt de se calmer, de respirer, de réfléchir aux problèmes matériels qu'ils pouvaient résoudre, comme comment contacter des proches, organiser son absence pour aller aux funérailles… Et même si parfois, il s'agissait d'actes odieux comme appeler les Gobelins pour les informer du décès des parents et du transfert de leur or sur le compte de leurs enfants, c'était nécessaire, et c'était réel, et c'était quelque chose à faire, et les enfants s'accrochaient.
Le monde continuait de tourner, mais les enfants commençaient à sentir à quel point il était froid et sombre, à quel point on est seul face au malheur.
L'Ankou ne fut pas beaucoup vu. Du moins, par la plupart des gens. Il passa d'amis en amis, Chiara, Marcus, Oscar, Abby, Cameron, Aenor, Reg, Rose, Carrie, Gareth, Jo, Owen. Il vérifiait qu'ils allaient bien. Il s'assit avec eux quelques minutes, ou plusieurs heures, juste pour être là et leur dire qu'ils n'avaient qu'à demander s'ils avaient besoin de quelque chose, que ça allait bien se passer. Il empêcha Cameron et Fred de se sauter à la gorge au sujet d'une broutille parce qu'ils étaient tous les deux à bout de nerfs. Et au dîner, il s'assit chez les Gryffondors, l'air épuisé et le visage sombre, et Carrie le serra dans ses bras, sans un mot.
Ils furent nombreux à quitter leur table pour aller s'asseoir autour de l'Ankou. Al', lui, resta avec James et Fred et Dominique et le reste de sa famille, qui pour une fois semblait avoir oublié les couleurs de son blason. Mais ses yeux traînèrent longtemps sur les cheveux blonds du jeune Malefoy, et c'est là qu'il aurait vraiment voulu être.
Le dîner fut long.
Ce soir-là, les couchages changèrent. Les membres de différentes familles s'étaient arrangés pour dormir ensemble, échangeant leurs places avec des membres d'autres Maisons par exemple, ou se fournissant en matelas et en sacs de couchages grâce aux elfes de maison. Par exemple, Naima, Eva, Carrie et Chiara échouèrent dans le dortoir des filles de septième année de Serpentard, avec Elena, la sœur de Chiara. Hyperion, Antoine Cooper et William Dawn finirent tous les trois chez les Serdaigles, et Demetria les pris sous son aile.
Quand l'Ankou rentra dans son propre dortoir, il était très tard. Il était allé voir une dernière fois son frère et sa sœur et avait largement dépassé le couvre-feu. Seul le bruit des respirations endormies s'élevait dans le noir. La journée avait été épuisante. Ne voulant pas réveiller les autres avec le grincement terrible de la porte de la salle de bain ou la lumière, le jeune Malefoy se changea dans le noir, à côté de son lit, et s'apprêtait à se glisser dans ses draps, il entendit un froissement de tissu et tourna la tête.
Al' avait écarté les rideaux de son lit à baldaquins, et dans l'obscurité, ses yeux vert forêt étaient presque noirs. Une seconde, ils se dévisagèrent en silence.
– Tu me manques.
Les mots, chuchotés et à peine audible, restèrent suspendus dans les airs, fragiles comme une bulle de savon. Scorpius mit un moment à réaliser que c'était lui qui les avait prononcés.
Al' ouvrit en grand ses rideaux, et s'assit pour faire de la place dans son lit. Machinalement, Scorpius le rejoignit, et assit en tailleur sur le matelas, en face de son ami. Al' referma le rideau derrière lui, et l'Ankou se retrouva dans le noir, entouré par le parfum d'Albus, et la vague de regret qui le frappa alors eut la force d'un coup de marteau. Il cligna des paupières plusieurs fois, le temps que ses yeux s'habituent à l'obscurité, et distingua finalement le visage d'Albus dans le noir. Il n'arrivait pas à distinguer son expression.
– Tu me manques aussi, chuchota Al' d'une voix qui se brisa.
Leurs doigts se cherchèrent et se lièrent dans le noir. Ils restèrent assis un moment, comme ça, se tenant la main comme des enfants, puis Al' murmura doucement :
– Je suis content que ta famille aille bien.
L'Ankou déglutit, et sa prise se resserra sur la main d'Al'.
– Je n'étais pas prêt, chuchota-t-il. Mes parents savent se battre, on sait tous se battre dans la famille, et je me disais que ça nous rendait plus fort, qu'avec ça on pouvait supporter toutes les épreuves de la vie… Mais ce n'est pas vrai. Je ne suis pas si fort que ça. Aujourd'hui je les ai tous vu pleurer et je ne me suis jamais senti aussi faible. Je ne suis pas fort, je ne suis pas génial. Et je ne suis pas prêt. Je suis juste un débile qui fait des blagues. Je ne peux rien faire pour protéger les autres. Gareth, Lysandre, William…
Al' lâcha sa main et le serra dans ses bras, fort, si brusquement qu'ils tombèrent tous les deux couchés sur le matelas, en diagonale. L'Ankou ouvrit de grands yeux, mais il avait les bras pleins d'Albus, ses cheveux dans la figure et l'odeur de son shampoing dans le nez, et il avait l'impression que tous les nœuds de son ventre se dénouaient d'un coup.
Il ferma les yeux et étreignit Al' en retour, fort, comme s'il voulait ne plus jamais le lâcher.
– Tu les as aidés, chuchota Al'. Je t'ai vu, tu étais là à leur parler, à leur dire de s'accrocher, et ça leur donner de la force. Nous, on était tous à se cacher, à essayer de se rassurer les uns les autres, mais toi, tu es allé aider les autres, tu n'as pas essayé de te planquer pour faire une crise de panique et péter un plomb.
L'Ankou émit un petit rire en rouvrant les yeux, et il sentit Al' sourire contre sa joue, avant que le jeune Potter ne poursuive, tout bas :
– Personne n'est prêt pour un truc pareil. Et rien ne sera pareil, après ça. Mais on va survivre, et on va guérir, parce que… Parce que tu es là, et que toi, tu ne te brises pas et tu avances, et que tu donne envie aux gens de faire pareil. T'es pas un débile qui fait des blagues. Tu es l'Ankou Malefoy. Tu donnes aux gens envie de te suivre. Et tu me manques.
L'Ankou inspira puis expira profondément, les poumons pleins de l'odeur d'Albus, la tête plein des mots d'Albus, et les bras d'Albus serrés si fort autour de lui qu'il avait l'impression qu'il allait étouffer, mais en même temps, il se sentait mieux qu'il ne s'était senti depuis… Depuis vingt-trois jours et une dizaine d'heures. Le coude d'Al' lui faisait un peu mal là où il s'appuyait contre une côte, mais l'Ankou n'en avait rien à faire. Ça serait une mort qui lui plairait bien.
L'asphyxie albusienne.
– Je suis désolé de ce que j'ai dit la dernière fois, souffla-t-il. Je ne pense pas que tu sois moins cool ou que…
– Je m'en fous, murmura Al' en fermant les yeux contre lui. Je sais que tu ne le pense pas. Et je regrette aussi tout ce que je t'ai dis. Je sais que t'es tout sauf un égoïste. Je suis un crétin jaloux de tes cheveux de Barbie.
Scorpius émit un faible gloussement, puis ferma les yeux. Il sentit l'oreiller, derrière sa nuque –ils étaient carrément tombés à côté– s'affaisser un peu, et une truffe humine entourée de moustaches toucha sa nuque en le flairant, lui tira un sourire. Magnum le reconnaissait.
– Tu peux rester ici cette nuit ? demanda Albus d'une voix basse et ensommeillée.
L'Ankou se tortilla pour trouver une position plus confortable, enlever le coude qui lui faisait mal contre son flanc et mettre l'oreiller sous leurs deux têtes, puis referma les yeux et resserra son étreinte sur Al'.
– Oui. Sûr.
Et ils s'endormirent, les rideaux verts les protégeant du froid glacial des cachots, et de la chape de tristesse qui pesait sur le monde entier.
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Notes officieuses du Magenmagot :
Bilan :
- 12 tués sur places.
- 41 blessés, dont 19 décédés dans les 48h suivantes.
- 8 disparus (présumés décédés).
- Dégâts matériels : coût estimé à 850 Gallions (provisoire).
Décès notables :
- Oscar Ollivander, fabricant de baguettes (mort des suites de ses blessures).
- Lucrethia Dawn, épouse de du Traducteur Dawn, chef de la famille Dawn et Ambassadeur Officiel des sorciers auprès des Gobelins (tuée lors de l'attentat).
- Lavande Brown, journaliste pour la Gazette (morte des suites de ses blessures).
- Oswald Katarine, membre du Magenmagot affilié au parti Progressiste (tué lors de l'attentat).
Discours du Ministre Kingsley demain à 10h17. Texte officiel de condoléances et de conseils à faire paraître dans tous les journaux possibles. Mise en place d'une patrouille d'Auror (à la demande du Chef Potter) sur le Chemin de Traverse.
Probabilité qu'il s'agisse d'un incident isolée : 89%.
Pas de nécessité d'entrer en état d'urgence.
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A suivre...
