ÂME SŒUR

Auteur : Angelscythe

Genre : Mystère, policier, noir, romance et shonen-ai

Couple : SebastianXCiel

Disclaimers : Tous les personnages appartiennent à Yana Toboso hormis Isaac FitzEmperesse


Chapitre 13 : Intervention musclée

Les couverts tintaient de temps en temps contre la porcelaine, la discussion demeurait basse lorsqu'elle survenait. Ce qui était rare. Les vraies paroles échangées étaient entre Sebastian, voire Ciel, et ses Maîtres. Et, une fois encore, elles se tenaient au strict minimum ? « Resservez-moi » « Désirez-vous un peu de vin ? » « C'est très bon » « Avez-vous prévu quelque chose pour ce soir ? ».

Le jeune Comte détestait cette ambiance qui lui donnait seulement envie de bailler. Heureusement, il passait le temps en jetant de rare coup d'œil à son ancienne fiancée qui lui offrait toujours un sourire et en s'imaginant vingt milles façon de tuer Isaac. C'était bien sûr cette seconde option qui l'occupait le plus.

Il tourna soudainement la tête. Un bruit venait de lui venir et il était plus perturbant. Il avait dû se réhabituer à l'enfer de la ville, des chevaux qui marchent, des cochers qui crient, des personnes qui discutent sans oublier toutes les turbulences que faisaient Finny, Bard et May Linn… Distinguer le gênant du naturel était pénible mais un mois entier lui avait permis de peaufiner ce qu'il avait réappris auprès de Jane.

- Sebastian…

- Une fenêtre brisée. Répondit-il.

La porte explosa et un groupe de chinois entrèrent dans la salle en trompe. Sebastian tendit la main et attrapa l'argenterie pour la jeter sur une petite fille qui esquiva d'une roue qui dévoila tous ses dessous.

Un homme attrapa quelque chose à sa ceinture, le porta à ses lèvres y arracha une partie métallique et le jeta vers la table. Ciel écarquilla les yeux.

- LIZZY ! Cria-t-il.

Il sauta sur la chaise et bondit sur son ancienne fiancée. Il redressa la table d'un coup et n'entendit pas le gémissement de la Marquise lorsque l'explosion retentit. Le bois céda, le siège d'Elizabeth craqua, tout s'effondra et le lustre s'effondra sur le dos de l'enfant qui cracha du sang. Ses doigts tremblèrent mais, baissant les yeux vers sa cousine, il vit qu'elle allait bien.

Du mieux qu'elle pouvait, tout du moins.

- FINNY, BARD, MAY LINN ! Hurla-t-il.

La jeune femme se boucha les oreilles. Ciel se redressa mais ne put retenir le flot de sang qui émana de sa bouche. Lizzy poussa un cri en portant ses mains à ses lèvres.

- Jeune Maître ! Cria Sebastian.

Une cuillère sectionna la gorge d'une fille tant elle avait été expédiée avec force.

- Ça… Ça va…

Isaac, les yeux grands ouverts, se reculait au sol, les bras constellés de tessons et d'écharde, les jambes légèrement touchées.

Sebastian jeta un couteau qui se ficha dans l'épaule d'un des hommes. Ciel se releva et bondit de l'autre côté de la table qu'il repoussa vers Lizzy.

- Reste cachée ! Ordonna-t-il.

- Vous devriez rester avec elle ! Grinça son majordome.

Une lueur inquiète vrillait son regard de cuivre mais il n'eut pas le temps de plus s'étendre qu'il attrapa une chinoise par la jambe et la jeta sur un combattant.

Ciel secoua la tête et se jeta sur une fille, incapable de faire autre chose. La demoiselle le saisit par la gorge et le jeta sur la table. Sebastian jeta ses couverts qui furent esquivés alors qu'un mastodonte lui sautait dessus. Un craquement résonna dans la pièce et le majordome s'effondra sur le sol. Isaac hurla.

Du bruit survint et des silhouettes se détachèrent.

- Jeune Maître ?!

Ciel vit un homme saisir un couteau. Il se jeta sur lui et attrapa sa main. L'arme fut légèrement déviée de sa trajectoire et s'enfonça dans le haut de la joue du garçon, sectionnant le cache-œil qui tomba au sol.

Un coup de feu résonna et l'enfant fut soulever du sol devant le Chinois.

- Tirez à travers moi, c'est un ordre ! Cria-t-il.

- Jeune Maître, excusez-moi !

La douleur vrilla Ciel mais la balle se planta dans l'homme qui s'effondra. Le garçon lui retomba dessus et ne put retenir son cri quand le couteau s'enfonça plus profondément dans son crâne.

- Se… ba… stian… C'est… un… or… dre… Tue…

Un pot de fleur traversa la pièce et tomba sur une femme qui fut littéralement écrasée. Le sang explosa partout alors que le valet se redressait. Une odeur de brûlée s'éleva alors que des cris féminins résonnaient contre les murs. Les mains de Sebastian se perdirent dans les flammes et il fit craquer la gorge de la pauvresse avant d'arracher le couteau de l'épaule du dernier Chinois et de l'enfoncer profondément dans son œil. Il le vit tomber et s'approcha de Ciel.

Il posa le genou dans tout ce sang et redressa doucement le petit corps.

- Attention, ça va faire mal. Annonça-t-il.

Il arracha le couteau, tirant un cri à l'enfant. La seconde d'après le frac de Sebastian était réduit en morceaux qui servirent à faire des bandages de fortune à Ciel.

- Vous ne mourrez pas de cela mais il est plus convenable de ne pas saigner de la sorte comme vous le faites.

Ciel grogna.

- Lizzy…

May Linn se précipita vers la Marquise et lui tendit la main.

- Merci… Chuchota-t-elle.

- Vous allez bien, Lizzy ?

- Oui… Un peu surprise et… j'ai mal au dos, mais ça va. Certifia-t-elle.

- Il faut appeler un médecin pour s'assurer qu'elle et l'enfant vont bien. Dit Sebastian. Bard, je te laisse t'en charger.

- Oui !

Il partit en courant alors qu'Isaac bégayait, recroquevillé sur lui-même.

- Ciel ? Questionna Lizzy.

- Je vais bien. Dit-il en forçant un merveilleux sourire.

- Le jeune Maître aura seulement besoin d'un peu de repos. Le saignement va se tarir, je le laverais et le mettrais au lit si vous le voulez bien. Dit Sebastian en s'inclinant.

- Qu… Qu'est-ce que vous êtes ? Questionna Isaac, les yeux écarquillés.

Il se reçut un regard venimeux de la part du jeune Comte dont la respiration était hachée.

- Jeune Maître ? Questionna Finny.

- Fouillez les cadavres pour découvrir le moindre élément disponible. Sebastian, emmène Lizzy dans sa chambre.

Le jardinier s'approcha du garçon et l'aida à s'asseoir sur une chaise épargnée. Le jeune Comte le remercia d'un hochement de tête tandis que son majordome s'approchait de la demoiselle.

- Si vous le permettez ?

- Oui.

Il la prit dans ses bras avec délicatesse. Isaac se leva bien que ses jambes furent sciées par l'inquiétude.

- Je vous demande ce que vous êtes ! Sebastian, Maltezer ! Je suis votre Maître !

- Je n'ai qu'un seul Maître. Répondit le majordome en souriant. Et il m'a dit de m'occuper de Lady Elizabeth.

Il décocha un sourire à l'ancien Baron et partit vers la chambre de Lizzy pour l'y installer. Elle soupira doucement.

- Merci. Je suis un peu chamboulée mais tout va bien. Assura-t-elle.

- Permettez-moi d'attendre l'avis du médecin pour en être sûr. Mon jeune Maître se fait beaucoup de soucis pour vous…

- J'espère que le médecin arrivera vite pour le rassurer. Il ne voudra certainement pas que tu t'occupes de lui jusqu'à ce qu'il sache.

- En effet, ça ne m'étonnerait pas. Au vu de son tempérament et de son mauvais caractère…

- Je ne peux pas lui en vouloir lorsqu'il s'agit d'avoir de l'affection pour moi. Mais tu aurais dû mieux le protéger, Sebastian.

- Je le reconnais… Mon attention s'est relâchée parce que mon jeune Maître est à présent un démon. Je savais qu'il survivrait à tout cela mais j'aurais dû vous sauver avant qu'il ne doive y recourir. Je loue toutefois son courage et sa résistance… Acceptez qu'on tire délibérément à travers lui…

- Ne le laisse pas travailler tant qu'il ne sera pas rétabli.

- Oui, Mad…

- Lizzy. Sourit-elle.

- Lizzy. Avez-vous besoin de quoi que ce soit ?

- Oui… Hormis de la présence de Paula au cas où, j'aimerais savoir ce que nous allons dire à mon époux.

- Ce que vous souhaitez.

La jeune femme rit en observant sa robe. Elle était toute abîmée. Ce n'était pas digne d'elle et elle avait honte de se présenter comme ça mais Ciel était au moins trop occupé pour le remarquer.

- C'est à Monsieur Tanaka que vous devriez vous référez. Mais il est surtout question de savoir si révéler que vous êtes des démons est correct.

- Ça ne l'est pas. Moins de personnes le sauront, mieux ce sera.

- En ce cas, il faudra trouver un mensonge…

- Bien.

Sebastian s'inclina et se dirigea vers la porte pour appeler Paula. Il attendit qu'elle n'arrive pour retourner dans le salon où May Linn et Bard tentaient de calmer Isaac prit de folie, les yeux injectés de sang.

- Sebastian ! Toi aussi ! Cria-t-il.

Il désigna la chemise maintenant souillée de sang.

- Comment va Lizzy ? Demanda le jeune Noble en se levant.

Sebastian l'obligea à se rasseoir et lui sourit.

- Elle va bien. Le médecin ne tardera plus, je pense.

- Sebastian ! Cria Isaac.

- Qu'a-t-on trouvé à propos de ces gens ? Demanda le majordome.

- Les filles étaient habillées comme les employées de Lau… Je devrais lui envoyer une lettre. Je pensais que le laisser en vie était une bonne chose mais je ne pouvais lui faire confiance… J'aurais dû l'exterminer. Dit Ciel, ses yeux virant au rouge.

- Vous auriez probablement dû mais ce n'était pas une mauvaise chose de lui offrir le bénéfice du doute.

- Je le laisse avoir un coup d'avance sur moi et c'est impardonnable. Rétorqua froidement le garçon.

- Sebastian !

L'homme s'inclina.

- J'oubliais.

- Ils avaient aussi ça sur eux. Dit Finny en tendant un papier cartonné, et tâché de sang, au valet.

Celui-ci l'inspecta en fronçant les sourcils avant de le confier à Ciel.

- Ça appartient bien à la maison de Lau…

- Sebastian…

- Au lieu de me traquer, Randall ferait mieux de faire son travail. Poursuivit le jeune Comte.

Il fut subitement attraper par Isaac qui le secoua, les yeux injectés de sang.

- Écoutez-moi ! Qui êtes-vous ?!

L'œil de Ciel se posa sur lui, rouge comme le sang qui nappait le sol.

- Ne me touchez pas. Siffla-t-il.

Sebastian repoussa le Marquis.

- Qui êtes-vous ! Vous tous !

Il désigna chacun d'entre eux. Finny couvert de sang mais qui souriait, Bard et May Linn tous deux armés et les démons qui auraient dû être mort depuis longtemps…

- J'exige des explications !

- Vous n'exigerez rien sous mon toit. Asséna Ciel, agacé.

- Que…

- Vous êtes l'époux de Lizzy et vous n'êtes même pas capable de reconnaître son cousin qui trône pourtant sur la plupart de ses photographies ? Il y a un gigantesque portrait de moi dans le boudoir du Nord. Ajouta-t-il agressivement.

- P… Pardon ?

- Je l'ai fait faire par un célèbre peintre Giacomo Balla. Se remémora Sebastian. Il était de séjour en Angleterre. Il avait une conversation fort plaisante.

- Mais… Murmura Isaac. Le cousin d'Elizabeth ? Ne soyez pas idiot ! C'était le Comte Ciel Phantomhive ! Un agaçant enfant qui se prenait pour mieux que n'importe qui ! Il est mort dans un accident de calèche !

- Ah, je reconnais bien là mon Maître. Sourit l'homme.

- Le jeune Maître n'est pas comme ça ! Protesta May Linn. Il est très bien ! Et cette maison est bien à lui ! J'ai beau être hypermétrope, je reconnais le jeune Maître que j'ai servi durant trois ans.

- Moi aussi ! Surenchérit Finny en levant la main.

- C'est assurément le Comte Ciel Phantomhive. Assura Bard, un sourire moqueur aux lèvres.

Sebastian sourit alors que leur cuisinier croissait les bras.

Ciel dévisageait toujours Isaac qui se rapprocha, les yeux écarquiller. Les mains se tendirent vers lui mais le bras du majordome les intercepta.

- V… Vous… SORCIER !

- De tous les mots que vous auriez pu choisir. Railla Ciel, son œil virant au rouge.

- Vous êtes tous les deux des usurpateurs !

Isaac recula et s'approcha de ses domestiques qui n'avaient pas bougé. Mais aucun ne fit quoi que ce soit pour lui remonter le moral. Pas même Finny qui serrait ses mains dont les gants étaient maculés de sang. Le Marquis se dirigea vers la table, les doigts tremblants, et glissa sur une flaque. Il tomba, poussa un cri mais attrapa un couteau qu'il brandit vers eux.

- Plus… Plus un pas ! Je vais appeler Scotland Yard !

- J'ai besoin de savoir quelque chose avant de vous faire éliminer.

- N… Non…

- Combien de fois avez-vous frappé Lizzy ? Ou l'avez-vous violenté ? Que vous vous croyez en droit de le faire ou pas.

- J… Jamais !

L'œil rouge de Ciel demeurait sur lui. Ce sourire qu'il affichait. Ce n'était pas celui d'un sorcier. C'était celui d'un…

- Vous avez une dernière chance. Dit le jeune Comte.

Isaac fut frappé par l'air impérieux. Oui. Il commençait à le remettre. Ce n'était plus un enfant jovial qu'il avait sous les yeux, c'était un Noble. Et, à présent, il savait à qui il avait à faire…

- Jamais…

- Vous trois. Est-ce arriver ? Demanda Ciel.

- Oui. Répondit tristement Finny.

- Malheureusement… Surtout quand Monsieur estimait que tout ne se passait pas comme il le désirait.

- Et même sans raison. Termina Bard.

- Voyez, j'ai confiance en eux et leurs paroles sont plus importantes pour moi que les vôtre… Et puis…

Ciel attrapa le bras de Sebastian et sourit cruellement.

- Mon diable de majordome a terriblement faim.

- Yes, my Lord. Répondit le valet.

Dès que corps fut relâché, il fondit vers sa proie qui hurla.

µµµ

Emmitouflé dans un manteau de Sebastian, Ciel se tenait aux côtés de sa cousine. Celle-ci souriait doucement au médecin qui refermait sa sacoche.

- Vous irez bien… Mais que s'est-il passé ? Demanda-t-il.

- Une attaque de la mafia chinoise, je crois. Murmura Lizzy.

- Quant à votre époux…

- Oui ? Dit la Marquise.

- Je n'ai rien pu faire pour lui. Les éclats de table et de grenade qu'il a reçus l'ont tué…

Elle porta ses doigts à ses lèvres.

- J'ai appelé Scotland Yard.

- B… Bien… Paula, va préparer du thé pour ces Messieurs lorsqu'ils arriveront. Murmura la jeune femme.

- Est-ce que ça ira, Madame ? Demanda le médecin.

Paula s'était déjà éclipsée après un « bien » retentissant.

- Oui… Sebastian, veux-tu bien raccompagner, Monsieur ?

- Bien, Madame.

- Bonne fin de journée si vous le pouvez. N'oubliez pas de boire un jus d'orange chaque jour. Vous devez absolument vous fortifiez après toutes ses émotions fortes.

- Merci, Docteur…

L'homme s'inclina doucement, sourit, ébouriffa les cheveux de Ciel et partit ensuite. Le garçon se tourna vers la porte et sonda les bruits avant de faire face à sa cousine.

- Quels talents d'actrice, Lizzy. Je suis impressionné. J'espère que Scotland Yard n'aura pas besoin du corps d'Isaac. Je préfère le confier à Undertaker, il pourra rapidement le mettre en terre.

- C'était un peu expéditif comme technique pour préserver votre secret. Dit Elizabeth.

- Et je suis navré de te faire porter du noir pendant deux longues années et demie.

- Pour la deuxième fois.

Ciel détourna la tête, l'air d'observer les fleurs dessinées sur le mur. Un papier peint que sa cousine avait elle-même choisi en récupérant la maison et qu'il avait déjà vu, mais quel beau prétexte.

- Je ne t'en veux pas, Ciel !

Elle se leva de son lit et le serra dans ses bras. L'enfant réprima une grimace de douleur au prix de milles efforts.

- Oh !

L'odeur de sang rappela à Elizabeth que les blessures que son cousin dissimulait aurait tué n'importe qui d'autre.

Bon… À l'exception de Sebastian.

- Sebastian ! Appela-t-elle.

Le démon ne tarda à revenir et s'inclina doucement devant la Dame.

- Il faut s'occuper de Ciel.

- Oui, Lizzy. Jeune Maître, si vous le permettez ?

L'homme prit le garçon d'un bras, le soutenant sous le fessier, et le laissa passer son bras autour de son cou.

- Si vous avez besoin de quoique ce soit, appelez-moi.

- Ça ira. Paula reviendra bientôt.

Sebastian sourit avant de s'éclipser vers les cuisines.

- Monsieur Tanaka, accepteriez-vous de rejoindre Lady Elizabeth en attendant le retour de Paula ?

Le vieil homme partit en trottinant vers la chambre de la jeune femme. Ciel se resserra contre son majordome qui se tournait maintenant vers May Linn, occupée à ranger des assiettes pour s'occuper.

- Va préparer l'eau du bain de notre jeune Maître, May Linn.

- Tout de suite !

Elle partit en courant.

- Bard, je compte sur toi pour préparer de quoi se restaurer pour Scotland Yard et, surtout, Madame Elizabeth. Prépare. Ne cuisine pas. Il reste des douceurs dans la chambre froide.

- Oui, m'sieur !

Il fit un garde-à-vous avant de filer à son tour. Paula sourit faiblement à Sebastian et reprit son thé. On ne l'avait pas mise au parfum et elle était encore chamboulée. Pourquoi tout ce sang sur « Maltezer » ? Pourquoi l'avoir caché au médecin qui aurait pu le soigner ? Et pourquoi Sebastian l'avait appelé « jeune Maître ». Il ne s'agissait pas de mots mal prononcés. Jeune Maître…

Sebastian repartit avec son petit fardeau et il regagna la salle de bain du personnel où il entendait May Linn s'afférer. Lorsqu'il arriva, il posa le garçon sur un tabouret installé disposé là à cet effet.

La bonne installa correctement les divers produits pour se laver et ceux de soins, prépara des bandes pour panser l'enfant. Elle versa un produit qui embaumait la lavande puis s'inclina et s'en retourna.

- Lorsque Scotland Yard arrivera, il est exclu que tu y ailles.

- Bien sûr, jeune Maître. Je préfère de loin m'occuper de vous de toute façon. Je vais déjà regarder votre œil, si vous le permettez.

- Oui.

Sebastian défit le bandage sommaire et libéra une odieuse blessure laissant voir la chair, le sang et même un bout de crâne, semblait-il. Les bords étaient pâles alors que l'intérieur était particulièrement foncé. Le majordome suivit le contour de la blessure avec une légère moue.

- Ce n'est vraiment pas joli, ils ne vous ont pas raté. Mais ce sera arrangé en quelques temps.

- Bien.

La porte se rouvrit et May Linn commença à mener les seaux qu'elle versa dans la baignoire. Elle se remplit petit à petit, rejetant des vapeurs doucement parfumées et créant de la mousse.

- Voilà, jeune Maître. Je vous laisse prendre votre bain. Annonça-t-elle.

Elle s'inclina et repartit.

Sebastian s'assura que la porte était fermée et testa rapidement la température de l'eau. Mais, pour ça, May Linn était douée. Probablement parce qu'elle connaissait les effets d'une eau trop chaude et que ce n'était pas un problème qu'on pouvait rejeter sur une mauvaise vue…

- Je vais vous déshabiller à présent.

- Merci. Tu devras te laver aussi.

- Je n'ai eu que les cervicales qui ont cédés. Dit-il.

Il en parlait comme s'il ne s'agissait que d'une simple contusion qu'il s'était faite en se cognant à une table.

- Tu es néanmoins couvert de sang.

- J'ai eu le temps de me changer pendant que vous étiez au chevet de Lady Elizabeth. Me présenter devant vous dans des vêtements souillés n'aurait pas été digne du majordome de Ciel Phantomhive.

- En effet.

Sebastian lui sourit et entreprit de le déshabiller, retirant d'abord son manteau trop grand qui s'était teinté de sang puis les habits qui séchaient en durcissant à cause de l'hémoglobine. Le majordome inspecta la poitrine de son jeune Maître comme un impact le traversait de part et d'autre entre les deux muscles qui lui servaient de pectoraux.

- May Linn vous a fait une blessure très nette. Commenta le valet.

Comme pour sa joue, on apercevait des os au milieu de la chair rougie alors que la peau pâlissait.

Sebastian passa dans son dos et observa les différentes blessures qui ornaient son dos. Elles se résumaient à très peu, guérissant déjà.

- Tu devrais mieux protéger Lizzy. Je n'aurais pas dû m'interposer.

- Je savais que vous le…

- SILENCE ! Le pacte ordonne que tu me protèges même si je ne peux plus mourir, je ne dois pas subir ce genre de sévices. Aurais-tu oublié à quel point tu m'es attaché ?

- Non. Répondit l'homme.

Il revint face à lui et termina de le déshabiller.

Ciel leva la main, présentant son dos à son majordome.

- Ceci est ta faute… Tu ne pourras jamais te repaître de mon âme parce que tu as échoué à me sauver. Si tu n'avais pas passé ton temps à arriver trop tard, je ne serai pas un démon.

- Je pensais que ça vous plaisait.

- C'est toi qui oublie comment tu dois me servir sous prétexte que je suis à présent un démon. Rectifia Ciel.

- Je ne l'oublierai plus. Sourit Sebastian.

- Tu fais bien. Siffla l'enfant, les yeux devenant rouge.

L'homme le prit dans ses bras et le transport dans l'eau où il prit un gant de toilette pour le laver.

- Tu peux retirer tes gants.

Y sentant un ordre, l'homme s'exécuta. Il ne porta qu'un bref coup d'œil au sceau qui le gardait prisonnier. Celui qui l'empêchait de prendre la tête de ce gamin et de l'enfoncer dans l'eau qui rosissait sous le sang et de l'y conserver jusqu'à ce qu'il cesse de bouger.

Quoiqu'il pourrait se le permettre puisque son jeune Maître n'y succomberait pas vraiment. Ce serait tellement jouissif…

Ses doigts remontèrent dans les douces mèches bleutées et il découvrit quelques échardes qu'il retira.

- Je n'aurais toutefois pas dû te faire manger une âme aussi dégoûtante. En veux-tu une meilleure ? Tu devrais en trouver qui te satisferont quitte à nous mettre des Shinigamis à dos…

- De toute façon, vous souhaitez toujours leurs morts. Je n'ai pas besoin de mille âmes ni d'un million. Je dévore celles qui sont plaisantes. Enfin, je dévorais. Rectifia-t-il avec amusement. C'est devenu une chose rare. As-tu vu comme celle de nos chers amis sont elles-mêmes corrompues.

Ciel opina à peine.

La main de Sebastian redescendit sur les épaules du garçon. Il reprit ensuite la toilette.

- S'il y en a une qui te plait, tu pourras la dévorer.

- Il est fâcheux que la vôtre ne soit plus disponible. Dit-il à son oreille.

L'enfant se tourna vers lui, le regard bleu mais ferme.

- Ai-je dit quelque chose qui vous déplaît ?

- J'ignore si je dois m'offusquer ou te remercier.

- Alors ne faites rien. S'amusa Sebastian.

Ciel soupira et regarda de nouveau devant lui.

µµµ

Ciel se laissa tomber sur son lit, portant déjà sa chemise de nuit blanche par-dessus les bandages qui couvraient maintenant son corps. Il entendit du bruit en bas et Paula ouvrir la porte à une personne qu'il identifia exactement comme celle d'Arthur malgré les nombreuses portes et murs entre eux.

- Sebastian… Randall risque de te reconnaître s'il te voit, je préfère que tu ne sortes pas de la chambre.

- Oui. J'irais vous chercher quelques douceurs après. Que diriez-vous d'un Battenberg cake avec du syllabub accompagné d'un Darjeeling avec du lait ?

- Ce sera parfait…

Ciel se glissa sous les couvertures et s'éloigna vers le bord.

- Puisque tu n'as rien à faire, viens te coucher avec moi.

- Êtes-vous sérieux, jeune Maître ?

- J'ai l'air de plaisanter ? Siffla l'enfant.

Sebastian soupira et retira ses chaussures, ses chaussettes, son frac, sa cravate ainsi que son gilet pour se glisser sous les couvertures avec le jeune Comte. Là, il se rapprocha, hésita longuement mais vint se blottir contre son majordome qui consentit à fermer ses bras autour de lui.

Il le resserra même contre son torse. Peut-être un peu plus tendrement qu'il ne l'avait prévu…