Coucou tout le monde! Désolé pour cette longue attente et bonne lecture!
Chapitre 14
On frappa à la porte du Roi des Vampires. Trowa jeta un dernier regard circulaire autour de lui : les bougies pour plus d'intimité, les draps frais, l'odeur sensuelle, tout était en place pour l'arrivée de son presque calice. Un immense sourire heureux et séducteur au lèvre, il ouvrit la porte pour accueillir Quatre. Le blond était prêt à lui expliquer qu'il n'était pas possible que le vampire décide pour lui comme ça, sans le concerter, sans lui demander son avis ! Faire déplacer ses affaires, comme ça, sans le prévenir? Oui, il savait qu'il serait très bientôt calice, mais le soir même? Ils auraient pu en parler avant !
Quatre n'eut même pas le temps de prononcer une unique protestation qu'il se trouvait déjà dans les bras de son vampire. Celui-ci avait posé ses mains dans le bas de son dos et respirait l'odeur de sa peau. Un léger baiser et un simple chuchotis firent comprendre à Quatre les désirs du Roi : ne pas briser le moment par une parole. Les déterminations du blond s'envolèrent face à cet être d'une puissance séduisante : il venait de croiser les yeux rouge du vampire, il venait de respirer l'odeur de chasse, il était perdu. Désormais l'attirance vampirique lui embrouillait l'esprit, il ne pouvait s'en débattre, la principale caractéristique de celle-ci étant d'instaurer une atmosphère bien-faisante sans que la victime ne s'en aperçoive.
Le blond ne voyait donc aucun danger dans les gestes du vampire : à ce moment là le déposer sur le lit ne correspondait à aucune intention particulière, l'embrasser sur les lèvres ne dévoilait aucune action perverse, caresser son torse de ses mains n'était pas les prémisses d'un sport futur. Quatre, plongé dans une douce torpeur, ne se rebellait pas et vivait comme un rêve ses attouchements sensuels.
Ce ne fut que lorsque les lèvres froides du vampire touchèrent la peau de son cou, qu'il se réveilla brutalement. Il repoussa Trowa à l'aide de ses deux mains sur ses épaules. Le petit homme avait-il oublié que sa force était inférieure à celle d'un vampire ? Celui-ci bloqua rapidement ses mains au dessus de sa tête et l'observa. Comment avait-il pu sortir de l'influence de son odeur et de ses yeux ?
Le blond fut submergé par la panique d'être dans une position faible, sous un vampire, un être de la même race que ceux qui l'avaient fait souffrir ! Ses mouvements se firent désordonnés, il s'agita dans tout les sens, surprenant Trowa par cette terreur soudaine. Il se mit à crier, à pleurer. Le Roi ne réussissait pas à le calmer, les paroles douces ou ses yeux n'avaient aucun effet sur l'humain. A contre cœur, le Roi dut s'écarter du blond.
Quatre resserra ses jambes, plaquées sur sa poitrine et les entoura de ses bras. Son cœur battait fort, la peur faisait pulser son sang dans tout son corps, il tremblait convulsivement. Sa position fœtale et ses gestes étaient probablement dénuées de sens pour son vampire. Il fallait qu'il lui explique, il devait absolument lui parler ! Ses lèvres étaient serrées d'angoisse. Si il les avaient ne serait-ce qu'entrouvertes, il se serait assurément mordu la langue tant ses dents claquaient.
Trowa s'était reculé jusqu'au bord du lit, attendant que Quatre se calme seul, puisque sa présence semblait l'apeurer. Il s'en voulait de le mettre dans cet état pour une raison qui lui étais inconnu. Il aurait tellement voulu l'aider ! Mais il devait s'ouvrir à lui et le vampire lui laissait un peu de temps. Il se haïssait à ce moment là de lui faire subir cela.
Quatre restait ainsi. Ses soubresauts diminuaient en force et en nombre. Il n'osait plus jeter un regard à son vampire. Comment lui expliquer ? Comment se faire comprendre, pardonner ? Il s'en voulait d'avoir réagit si violemment. Il se devait de lui dire ce qui le tourmentait. Mais que ferait-il en apprenant la vérité ? Ne refuserait-il pas sa présence ? Ne voudrait-il pas le protéger en l'éloignant de lui ? Quatre se rendait à présent compte qu'avoir Trowa près de lui lui était devenu indispensable. Il n'aurait pu le quitter, il avait trop besoin de lui : le vampire avait pris le temps de le séduire, et, voilà, il en était devenu totalement dépendant. Il voulait rester près de lui ! Toute sa vie. Arrivé à ces conclusions, Quatre se jeta dans les bras de Trowa et pleura au creux de son cou. Il crut même avoir répété un nombre incalculable de fois « je t'aime », entre ses hoquets.
Le vampire parvint à saisir la litanie de son ange blond, et elle le transporta de joie. Mais il ne pouvait identifier la raison de ses pleurs. Alors, il se contenta de resserrer ses bras autour du corps frêle. Lorsque Quatre se fut enfin calmé, Trowa l'allongea et se plaça près de lui, sans le surplomber, ne souhaitant pas recommencer la même erreur. Il attendit quelques instants, se laissa tenter en déposant deux baisers sur ses paupières. Sa main allait et venait sur son bras, traversant son torse, protecteur. Le vampire ne prononça aucune parole, attendant que le blond soit prêt à expliquer son rejet. La voix de l'homme s'éleva doucement :
- J'ai peur des vampires. Tu l'avais compris, je suppose, puisque je t'avais déjà exprimer mon dégout sur ta façon de t'alimenter par le sang humain.
Trowa ne stoppait pas ses mouvements pour mettre le blond en confiance.
- Je... J'ai...
Après une brève inspiration, Quatre trouva ses mots :
- Quand j'étais petit, j'aimais jouer dans le jardin. J'avais quatre sœurs. Elles sont toutes décédées le même soir...
... ***...***...
Un enfant de six ans jouait dans un grand jardin de style arabe. Le palais surplombait la ville. Au plus haut d'une des tours, un étrange paysage s'offrait à ceux qui avait le droit d'accéder à ce prestigieux bâtiment. Une rivière longeait les murailles et l'eau venait lécher les plus basses pierres d'un des côtés. De l'autre côté, en plongeant son regard peu après les limites du village on pouvait apercevoir le sable chaud du désert : la sécheresse bordait cette eau fluviale, donnant au tout un côté magique.
Mais le petit garçon n'en avait que faire de ce magnifique paysage. Souvent, les dames de la cour lui assuraient qu'il avait les yeux couleurs de cette eau si pure et les cheveux de cet or sableux. On le complimentait car il était beau, enfantin et joueur. Ces paroles étaient également dictées par le désir d'être vu par le Maharadja, le père de ce joli garçon blond et de quatre autres filles, plus âgées mais aussi belles. Irea, l'aînée, brune certainement grâce à son père, avait déjà décidée du haut de ses 6 ans qu'elle serait médecin et elle était sur le point de réaliser son rêve : aider les autres. Elle avait une adoration toute particulière pour les enfants et ne manquait pas de chérir ses sœurs et son frère. Elle offrait toujours un sourire sincère à celui qui croisait sa route et réchauffait, à ce simple geste, les cœurs des villageois au service de son père. Elle était aimée de tous et le rendait bien. Son attitude altruiste était soutenue par l'aide de ses compagnons de jeux et ses plus petits amours, sa famille. Aucune de ses sœurs n'étaient dépossédée de cette bienveillance et Quatre rayonnait de bonheur à la simple idée de faire plaisir à quelqu'un. Ils ressemblaient tous trois à des anges, « ses petits anges », comme Irea aimait les appeler. Aïda était la seconde fille. Elle avait un don pour conter les légendes de son peuple : tous se rassemblaient autour d'elle lorsque, le soir, près du feu, dans la pièce commune, elle narrait l'histoire de la vie grâce à son Dieu. Les simples mythes d'une Déesse des eaux devenaient d'une incroyable réalité à travers les gestes de ses bras cerclés d'or. Son père aimait autant l'écouter que le château entier, qui, lors d'une festivité la suppliait de délier sa langue pour le plaisir de tous. La troisième des sœurs se prénommait Leïla. Elle aimait particulièrement la danse et la musique, et les arts étaient sa passion. C'est elle qui avait appris au blond à danser et à jouer de nombreux instruments. Son préféré était le violon, mais ils appréciaient tout autant le nay, une flûte de roseau ou le bendir, un petit tambour de bois. Leur grâce avait sue rivaliser avec leur dextérité et on n'osait se demander si leur surnom d'anges ne cachait pas là une vérité. Lorsqu'ils dansaient ensemble, ils ne vivaient plus que pour ces instants où les notes s'élevaient dans l'air, accompagnées de leurs corps. Leur présence fermait le monde autour d'eux, apaisant les âmes aux alentours, préférant s'arrêter un instant dans leurs travaux. La dernière de ses sœurs était la plus timide. Elle n'osait pas déclamer au monde sa tendresse aux autres comme Aïda à travers ses contes, ou par ses gestes telle Irea ou bien en offrant un instant de repos pour un moment de bonheur lors des petites danses de Leïla et Quatre. Najla protégeait ceux qu'elle portait dans son cœur, de loin. Au réveil, chacun pouvait trouver un geste lui étant adressé. Si un de sa famille ou de ses amis se trouvait malade, soyez sûr qu'il pouvait trouver à son réveil un petit déjeuné et des médicaments adaptés sur sa table, un bain chaud et accueillant dans une salle attenante et des ordres pour lui assurer un confort essentiel à un prompt rétablissement. On croyait en elle comme en une prêtresse protectrice. Tous voyaient un miracle sur son passage. Malheureusement, il n'y eu que des mirages cet soir là.
La nuit tombait sur ce château lorsque l'on se mit à crier et à courir dans tous les sens. Le petit garçon était perdu dans les dédales de ce palais, ne comprenant pas toute l'agitation autour de lui. Il courait... courait... et courait encore.
Il arriva dans une salle. Il pouvait voir sa mère, allongée dans les bras d'un autre homme que son père. Ce dernier releva la tête du cou sans vie de la femme. Deux fines traces de sang s'écoulaient de ses lèvres. Du haut de ses six ans, le petit garçon comprit que sa mère venait de mourir, son sang sucé par un vampire. Il se mit à crier, comme pour briser ce cauchemar. Il ne prit pas conscience de ce qui l'entourait. Il ne voyait pas ses sœurs sortirent par la porte, se figer à son cri, le regarder, les yeux remplis d'effroi. Il ne voyait que sa mère, celle qui l'avait toujours chéri, morte. L'être maléfique se tourna vers lui. En quelques instants il fondait sur sa nouvelle proie. Alors qu'il allait se pencher sur son cou, une des quatre femmes qui tentaient de s'enfuir lui lança un vase. Avoir bu du sang lui faisait à peine sentir le choc, mais il se devait de relever un tel affront. Il laissa donc sa proie pour s'occuper de cette humaine intrépide. Il ne fallut que quelques minutes pour que la vie ne la quitte. Une des sœur se jeta sur le petit garçon, le prit dans ses bras et se mit à courir. Avant qu'elle n'atteigne la porte, le vampire était déjà sur elle. Les deux sœurs se jetèrent sur lui, dans un dernier espoir de sauver l'héritier. Il les jeta, les tuant sur le coup de la chute. Cela donna pourtant le temps nécessaire à sa sœur pour ouvrir la porte, le lancer dans les bras d'un garde, donner l'ordre de porter le petit en sécurité. Et de mourir. L'enfant avait vu le vampire tuer sa mère et ses quatre sœurs...
Puis ce petit garçon grandit. Il fut envoyé comme représentant de sa famille au près du Chef des hommes, avec lequel il noua une forte amitié. Son père se remaria et eut de nouveaux enfants. Aujourd'hui ce même petit garçon est tombé amoureux d'un vampire. Du Roi des vampires, même. Quelle ironie du sort !
... *** ... *** ...
Repenser à ses sœurs le rendait toujours nostalgique. Le souvenir de ce jour fatidique n'avait été, il y a quelques instants, que plus fort et plus douloureux. Il n'avait pu combattre sa haine et sa peur. Pourrait-il devenir un calice ? Avait-il le droit de vivre avec un vampire alors que ses adorables sœurs étaient mortes de la main même d'un frère de son aimé ? Allah l'avait-il haï de survivre à ce jour ?
Quatre était à présent totalement calmé : aucune larme ne roulait plus sur ses joues, il avait su raconté son histoire d'un ton très neutre, comme seules les personnes qui ont trop souffert d'un drame peuvent le faire. Il laissa écouler un temps après son histoire. Trowa ne l'avait pas interrompu une seule fois. Il comprenait, il cherchait une solution.
- Je suis réellement désolé Trowa, j'ai bien peur que malgré mes promesses, je ne puisse être ton calice.
- Écoute moi bien, Quatre. Ce vampire, ce n'était pas moi. Parmi les humains, tous ne sont pas bons. Certains sont cruels. C'est surement une particularité de ma race également, mais je ne te ferai jamais de mal. Je t'en prie crois-moi lorsque je dis que mon désir le plus cher est de te protéger. Si tu veux, on peut encore essayer.
Quatre eut un mouvement de recul face à ces derniers mots, Trowa se dépêcha de le rassurer :
- Pas ce soir, non tu n'es pas encore près. Tu dois t'habituer à ma présence en premier lieu. Apprend à te faire choyer, à te décontracter entre mes bras, comme en ce moment, prend confiance en moi, et vois la différence en l'être infâme, qui a détruit ta famille, et moi, qui t'aime.
Quatre se sentait bien dans ses bras. Il voulait croire en Trowa, en un futur avec lui. L'ambiance était intime, sans être sexuelle. Ils chuchotaient, s'apprivoisaient. Quatre demanda :
- Pourquoi est-ce que tu as le droit de faire d'un homme ton calice en privé alors que la cérémonie pour Duo doit se faire public ?
- C'est un privilège de Roi. Les vampires ont plus confiance en moi qu'en mes rivaux qui pourraient trouver une manigance pour se faire passer pour le maître de Duo sans l'être vraiment.
Parler ainsi, si librement, avec son vampire avait détendu Quatre. Aussi s'endormit-il doucement, petit à petit, confortablement installé dans ses bras aimant, pendant que Trowa le rassurait par de légères caresses dans son dos.
... *** ... *** ...
marcher, pour réfléchir. Il avait tout tenté pour rassurer Quatre, mais il ne croyait pas lui même à ce qu'il avait dit car il était empli des mêmes peurs. Il avait décidé d'effacer les démons qui le hantaient en proposant la paix et de faire en sorte que plus personne n'ait à souffrir comme eux.
« S'il t'aime, il ne te fera jamais de mal. » Mais ne serait-il pas impossible pour eux de vaincre leur nature, celle de se nourrir de sang ?
« Il semble si froid en dehors alors qu'il exprime des sentiments si intenses lorsque nous sommes seuls. J'ai peur de ne devenir qu'un objet usuel et sans attrait une fois que je serai calice, qu'il m'aura conquis. » Il lui avait répondu qu'il agissait ainsi parce que Trowa voulait un réel amour entre eux. Pouvait-il en dire autant avec Heero ? Ce vampire était agréable et attentionné et le jour d'après il était si froid ! A tout moment, il le trouvait séduisant. Il en était amoureux... alors qu'il s'était pourtant montré si cruel la première fois qu'ils s'étaient parlés. Il avait plus confiance en Trowa pour être amoureux du petit blond et doux avec lui. Heero réagirait surement comme il se comportait pour tout : distant, sans sentiment.
« N'as tu pas peur qu'il te prenne ton sang ?! » Si, il avait peur. Heero ne lui permettait pas d'être en confiance. Il avait vécu un après midi en déambulant dans le château comme un rêve.
« Ce sera ta première fois, toi aussi, mon petit Duo. N'as-tu aucunes appréhensions ? » Il avait répondu en taquinant Quatre par son manque d'audace, et sa timidité, mais il était exactement pareil. De plus, Hélène ne l'avait pas rassuré avec ses mises en garde sur un Heero qui ne lui apporterait aucunes attentions et des premières fois difficiles. Il en rêvait mais un grondement sourd lui serrait l'estomac par à-cout douloureux. Il n'avait jamais eu aucune relation, que cela soit avec une femme ou avec un homme. Il était aussi pur que le blond. Même si ce n'était pas la réputation qu'il s'était faîte. Il fut un temps, il était le tombeur de ses dames, charmeur, la cigarette au lèvre, la lame dans la poche près à défendre une princesse en détresse. Il faisait souvent le mur à l'orphelinat, les ragots allait bon train. Cela ne le dérangeait pas plus que ça, il était tranquille quand à sa valeur pour les autres « hommes », ses amis étaient loin de le sous estimer... ou de le croire encore puceau. Et pourtant c'est ce qu'il était, la honte de sa tribu de mâles séducteurs et il allait se faire prendre par un qui ne manquait pas de charme et aux dents très aiguisées. Il ne fallait définitivement pas que son petit ange subisse le dépucelage avant lui, son égo était déjà assez mal en point.
Il marcha ainsi pendant un moment en ressassant les paroles de Quatre. Il avait réussi à le rassurer suffisamment pour que celui-ci aille voir le vampire. Cependant, il ne parvenait pas à faire de même avec lui. Il arriva dans un petit salon. Une porte s'ouvrit sur le côté, dévoilant Heero qui lui adressa la parole, égal à lui même :
- Hélène souhaite que je vous invite à dîner.
- Dans ce cas, c'est inutile.
Duo était énormément peiné par l'attitude de son vampire. Ne pouvait-il pas avoir l'envie de le voir, seul, de lui même, tout simplement ? Pourquoi était-il redevenu si distant ?
Heero était sur le point de repasser la porte lorsque Duo s'écria :
- Pourquoi ? Pourquoi faut-il que tu agisses ainsi ?
- Je ne comprends pas votre question.
Heero s'était arrêté, la main sur la poignée.
- Pourquoi ne montres-tu jamais tes sentiments ? Pourquoi tout est si formel ?
- C'est comme cela que l'on m'a éduqué. Je me dois de respecter cela.
- Pour moi, changerais-tu ?
Heero le regardait, sans comprendre. Duo était persuadé que le vampire pouvait être autrement, meilleur.
- Si je veux savoir ce que tu ressens, savoir ce que tu penses, connaître tes faiblesses, tes erreurs, que faut-il que je fasse ?
- Je n'ai aucune faiblesse et je ne commets jamais d'erreur.
Heero tenait à sa conduite parfaite. Le Chef des hommes savait que s'il voulait obtenir quelque chose de lui, il devait le pousser jusqu'à ses extrémités, le forcer à réagir.
- Je veux apprendre ton passé, raconte moi. Je souhaite vivre avec toi, parle moi !
Duo s'était rapproché du vampire jusqu'à être si proche qu'ils auraient pu se toucher, cela créait une atmosphère tendue qui contractait les muscles de Heero, près à se défendre, physiquement ou verbalement.
- Tu n'as aucunement besoin de cela.
Le ton de Heero avait été ferme mais il était retourné au tutoiement, alors Duo avait bon espoir. Il continuait sur sa voie, se rapprochant encore de son corps, sans le toucher.
- Lorsque je serai ton calice, mes pensées, mon passé ne seront plus des secrets pour toi. Je n'accepterai cet état de fait qu'à la condition que tu me rendes la pareille.
Tous les muscles de Heero étaient désormais sur le qui-vive ; ils n'attendaient plus que l'altercation, Duo ne le frôlait pas encore. Il s'était mis à lui parler bas pour que Heero se force à l'écouter.
- Mon passé m'est douloureux, tu n'es pas le seul à qui cela rappelle de mauvais souvenirs. Pourtant je suis près à le partager avec toi. Je veux t'entendre me narrer ton histoire comme je te chuchoterai la mienne. Je t'apprivoiserai pour que tu te confies. Et à ce moment là, nous pourrons commencer à nous connaître. Sache que je serai à ton écoute et que je suis en mesure de te comprendre. J'ai vécu.
Son souffle atteignait son oreille, leur peau se respirait, leur cheveux s'emmêlaient, mais aucun contact n'était encore établi. Aucun des deux ne ferait le premier pas, c'était un défi ! Duo osa provoqué le vampire en définissant le contrat :
- Laisse moi t'approcher et je te laisserai me toucher.
Le pari était lancé, la phrase de Duo était à double sens et au vu de leur position, Heero avait bien tout compris. S'il s'avouait vaincu, s'il parlait de lui, Duo se livrait à lui, son corps, son cœur, son histoire.
- Tu es déjà bien assez près !
Heero avait répondu à l'affirmative, le jeu pouvait commencer, ce serait à celui qui céderait le premier. Qu'elle serait la tentation à un tel moment? L'envie de savoir ou une tension plus primitive, sexuelle, l'envie de toucher ? Le vampire n'avait plus qu'une hâte : voir Duo s'abandonner à lui car il n'avait aucun doute sur lequel d'entre eux deux capitulerait en premier. Pourtant le Chef des hommes semblait si sûr de lui... Et effectivement Heero ne connaissait pas du tout à qui il venait de s'attaquer : l'animal savait se défendre...
