Disclamer : les personnages appartiennent à Masami Kurumada
UA – Yaoi
Béta-lecture de Scorpio-no-Caro. Un grand merci à elle !
Bonne lecture à tous et encore merci de votre fidélité ! Et très bonnes fêtes de fin d'année à tous !
Chapitre 14
Inde
Il ne leur fallut pas longtemps pour atteindre le temple en question. Il était quasiment désert et en partie en ruine mais dans sa cour, une immense statue de Bouddha trônait, oubliée de tous, dévorée par la végétation qui avait repris ses droits en ces lieux bien loin des circuits touristiques classiques :
- C'est bien dommage de laisser ces lieux se dégrader ainsi, remarqua Dohko. Ce temple est encore magnifique !
- On pourrait peut-être faire quelque chose, murmura Mu pensif.
- Oh toi, dit son aîné, tu as une idée derrière la tête !
- Ben ça demande une étude sérieuse et des fonds... mais ce serait une bonne initiative pour des élèves défavorisés, leur offrir des vacances en restaurant un temple oublié...
- Mu tu es génial ! Étudie ! Je fournirai les fonds ! s'enthousiasma Shion. Et je pourrais peintre chaque étape...
- Et en faire un recueil illustré, qui sera imprimé en je ne sais combien d'exemplaires et ensuite les fonds récoltés seront donné à d'autres élèves défavorisés pour continuer la restauration... Il y a tellement à faire dans celui-ci que ça pourrait prendre des années. Surtout si les élèves n'ont que deux mois de congés par an... continua Shaka en pensant à voix haute. Non, ça ne servirait à rien... à moins que Mu ne s'associe avec une école d'ici, pour faire des échanges en cours d'année et que les deux écoles travaillent dessus conjointement... Il faudrait que tu fasses des photos pour faire un projet que tu présenterais au directeur et aux élèves... Je suis sûr que Dohko peut faire un dossier en béton ! fit Shaka, toujours en pleine réflexion alors que les trois autres le regardaient béats de surprise.
Mais une angoisse commençait à naître dans les entrailles du jeune homme. Ça signifiait qu'il y aurait beaucoup plus de monde dans le coin, et qu'après ça il y aurait beaucoup de touristes pour voir tout cela. Bien sûr, ça ferait beaucoup de bien à la région, mais ils risquaient de tout polluer avec leurs déchets... Et puis… et puis, s'ils découvraient que Shion était ici, que se passerait-il?
- Mais Shion, avec ce projet, ta tranquillité ne serait plus qu'un fugace souvenir... Ils vont savoir que tu as été ici pendant tout ce temps et ils vont venir te chercher... Et si, comme tes frères l'ont dit, ils s'agglutinaient devant chez toi au Japon, je doute qu'un simple lac les retienne... dit Shaka tout haut mettant le doigt sur un problème majeur.
- On se calme ! dit Shion en prenant Shaka dans ses bras. Ce genre de projet met des années à se réaliser et ce temple est bien à une dizaine de kilomètres du palais...
- Oui, et n'oublions pas nos anges gardiens... ajouta Mu. Je suis sûr qu'ils pourront nous y aider n'est-ce pas mon amour ? demanda-t-il à Dohko.
Ce dernier était songeur comme réfléchissant aux diverses implications d'un tel projet…
- Nous en discuterons à la maison, avec Shun et Shiryu, fit-il au bout d'un moment. Ils auront peut-être un autre point de vue, ajouta l'homme d'affaire en se murant dans un silence de réflexions.
Mais il était inquiet. Shaka avait mis le doigt sur quelque chose. Le projet de Mu était certes très intéressant, celui de Shaka incluant aussi les élèves de ce village l'était tout autant. Mais Shaka voyait réellement plus loin qu'eux. Avec les "photos peintures" de Shion, il n'aurait d'autre choix que d'en faire un recueil à la portée de tous. Et connaissant les fans du peintre tous accourraient ici. Les commerçant ayant vu Shion le leur diraient en toute innocence et ils finiraient par trouver la maison… qui est habitée en ce moment par leurs "anges-gardiens". Mais pour combien de temps ? Et ils finiront par vite comprendre que Shion vit dans la maison du lac. Et les gens de l'extérieur ne respectent rien, surtout si c'est pour voir leur idole. Et là, c'est Shaka qui en pâtirait...
Il ne pourrait plus sortir tranquillement aller chercher ses offrandes sans être harceler, voir même blesser. Ils avaient bien blessé le petit frère de leur idole... alors ils n'allaient certainement pas s'arrêter à Shaka. Evidement, eux, ne croiraient pas à la légende locale et s'ils y croyaient au contraire, ils seraient bien capables de tout faire pour voir la « réincarnation ». Shaka dont les seules sorties était d'aller chercher ses offrandes… que les habitants ne déposeraient même plus trop accaparés par les touristes. Et ils finiraient par prier Bouddha et le remercier de sa bonté et oublieraient sa réincarnation… et Shaka mourrait de faim et de stress.
Dohko fronça les sourcils. Plus il réfléchissait et moins ça lui plaisait, bien que l'idée de Mu soit géniale. Et utile, si Shion finançait ce projet, ce n'est pas des années que ça prendrait mais quelques semaines, quelques mois tout au plus. Et puis, il se grillerait, tout le monde saurait qu'il est ici, et ils auraient fait tout ça en vain.
- Ne te fais pas de soucis pour moi Dohko, cela n'a aucune importance... lui dit Shaka, interrompant le cours de ses réflexions.
- Je t'interdis de dire cela ! Tu es mon ami Shaka, et de ce fait tu as de l'importance pour moi ! Ne compte pas sur moi pour te laisser mourir de faim ou d'un arrêt cardiaque ! s'écria haut et fort Dohko faisant tourner les têtes de Mu et de Shion.
- Tu viens de louper une occasion de parler tout bas, répondit Shaka avec un petit sourire confiant.
- Que racontes-tu Dohko ? firent les deux frères d'une même voix, alors qu'ils étaient plus loin en train d'admirer une autre statue.
- Bordel Shaka, comment peux tu rester aussi calme alors que tu n'as pas idée de quel enfer ça peut être ? explosa l'homme d'affaire, n'ayant pas du tout entendu la question des deux frères.
- Si tel est mon Karma... Et puis, tu l'as dit toi-même nous en rediscuterons avec Shun et Shiryu à la maison et surtout quand tu seras calme.
Dohko se tut, il n'en revenait pas.
- Ne me dis pas que ça ne t'inquiète pas ? fit l'homme se calmant un peu.
- Cela m'effraye, bien au contraire, mais nous en rediscuterons plus tard… Ils arrivent.
- De quoi parliez-vous ? Pourquoi tu es si énervé Dohko ? Et c'est quoi cette histoire de mourir de faim et de stress ? fit le peintre, alors que Mu hochait la tête de façon positive.
- Rien de bien important, fit Shaka. Vous avez vu quelque chose d'autre d'intéressant ? s'enquit-il l'air de rien.
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Maison de la forêt
- Les autres ne sont pas encore rentrés, remarqua Camus en arrivant.
Il se dirigea vers la cuisine et mis un café en route avant de s'assoir sur les genoux de Kanon.
- J'ai comme l'impression qu'il se passe quelque chose entre eux... fit-il pensivement.
- J'ai comme l'impression que tu sais quelque chose que j'ignore, répondit Kanon.
Camus déposa un petit baiser sur le nez de son patron, même s'il avait envie de répondre, il ne put le faire car leurs deux collègues entraient justement avec un grand sourire sur les lèvres.
- Oh ! dit Aphrodite en entrant dans le salon. Auriez-vous eu vous aussi une soudaine révélation ? se moqua-t-il gentiment en découvrant Camus sur les genoux de leur patron.
- Lorcan ! rougit Camus en voulant se lever.
- Ne bouge pas... J'ai bien l'impression que ces deux là se moquent de nous, n'est-ce pas Aphrodite ou dois-je moi aussi t'appeler Lorcan ?
- Fais comme tu veux, répondit le suédois en allant chercher le café que Camus avait mis à couler plus tôt... Lorcan ne me fais plus peur maintenant ! ajouta-t-il souriant toujours.
- Ravi de te l'entendre dire ! sourit Kanon. Alors vous avez trouvez des emplacements possible ? demanda-t-il revenant au travail pendant que le suédois leur versait le café
Rapidement ils se mirent à dresser les plans des endroits où seraient placés les futurs capteurs avant de se préparer pour aller manger au palais. Ils avaient tous besoin d'une bonne douche avant de partir.
- Tu me raconteras ? demanda Camus en retrouvant Lorcan prêt devant la maison.
- Bien sûr... à condition que toi aussi tu me racontes tout. Ton sourire fait vraiment plaisir à voir Camus.
Ils se dirigèrent bientôt vers le palais, discutant de tout et de rien.
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Palais
Shion était plus au moins resté silencieux depuis leur retour de la visite du temple. La colère de Dohko l'avait tout d'abord surpris, puis l'air gêné de Mu l'avait contrarié... Ces deux là lui cachaient quelque chose d'important. Une chose qu'il devait savoir avant d'aller plus loin dans ce projet... Il connaissait parfaitement les deux et savait qu'il n'obtiendrait rien d'eux. Par contre...
Il laissa Mu, Dohko et Shaka dans la cuisine où ils rangeaient les nouvelles offrandes qu'ils avaient profité pour récupérer en rentrant et se dirigea vers la piscine où il trouva comme prévu Shiryu et Shun batifolant dans l'eau :
- Désolé de vous déranger mais j'aimerais que tu vérifies une chose pour moi Shun, dit-il en les interrompant.
- Maintenant ? s'étonna le jeune homme.
- Oui... J'ai besoin de savoir si j'ai des nouvelles d'un contact que j'attendais pour une exposition future. Tu veux bien vérifier pour moi ? Je n'ai jamais été très doué avec les ordinateurs... s'excusa-t-il en souriant.
- Bien sûr, répondit Shun en sortant de l'eau. J'y vais tout de suite !
- Merci Shun !
Shiryu avait froncé les sourcils mais n'était pas intervenu tant que Shun était là. Il attendit qu'il se fût suffisamment éloigné pour demander :
- Que se passe-t-il Shion ?
Ce dernier reporta alors son regard sur lui, un regard bien décidé et impérieux :
- Dis-moi exactement ce qui s'est passé au Japon pour Mu pendant mon absence Shiryu. Il est important que je le sache, aussi bien pour Mu que pour Shaka et Shun... Je ne veux faire prendre de risques à aucun des trois, alors ne me mens pas s'il te plait.
Ce dernier sortit de l'eau s'essuya sommairement avant de prendre place sur une chaise en face du peintre.
- Mu a été agressé par tes fervents fans alors qu'il revenait de faire des courses, avoua le jeune homme qui lui raconta la mésaventure de Mu et comment il avait trouvé refuge auprès d'eux. Plus il avançait dans le récit plus le peintre fronçait des sourcils et plus son regard rose se chargeait de colère.
- Tu sais, c'est bien parce que Mu pratique aussi les arts martiaux qu'il a pu s'en sortir avec très peu de blessures... Mais si tel n'avait pas été le cas…
Shiryu fit une pause.
- Je ne sais pas encore pourquoi tu me demandes cela, mais je me doute que ça doit être important. C'est pourquoi je te le raconte. Toutefois, j'avais promis de garder le secret, donc si tu voulais bien aller faire quelques longueurs et te calmer un tant soit avant que je ne sois grillé.
Shiryu se tut, Shun revenait avec son portable, voulant sans doute communiqué des nouvelles demandées au peintre.
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Les deux nouveaux couples semblaient heureux, nageant dans le bonheur. C'est tout sourire qu'ils se rendirent chez Shaka faisant bien attention que personne ne les surprennent. Mais pour des pros comme eux, c'était du gâteau ou presque. Ils furent accueillis par Dohko qui avait un peu la mine sombre.
- Il faudrait que nous parlions un moment boulot, si possible sans que toute la maisonnée soit au courant, annonça l'homme d'affaire après les salutations.
- Entendu, mais il n'y a rien de grave au moins ? demanda Camus.
- Non rien de grave, pour l'instant du moins. Mais il faut que je vérifie pas mal de choses avec vous.
Les quatre hommes hochèrent la tête de façon positive, se doutant bien que c'était du sérieux. Mais le temps de rejoindre les autres ils avaient retrouvé leur sourire.
- Vous avez des têtes qui disent que vous avez succombé à un quelconque endroit magique, dit Shiryu en guise de bonjour.
- Qu'est-ce qui te fait dire cela ? demanda Lorcan.
- Les sourires idiots que vous affichez... répondit le jeune homme avec un air de petite fripouille.
- Voila les jus de fruits ! fit Shaka arrivant les bras chargé d'un énorme plateau. Bonsoir, je présume que tout va bien pour vous... ajouta-t-il à l'adresse de Lorcan et Camus qui rougirent pour le coup.
Shion avait retrouvé son calme quand il rejoignit tout le monde sur la terrasse où avait été dressée la table. Un sourire sur le visage, il salua à son tour tout le monde :
- Vous avez l'air heureux, constata-t-il également en passant un bras autour des épaules de Shaka. Mon amour aurait-il encore frappé ?
- Il semble que oui, répondit Kanon sans la moindre gêne.
- Tout le monde à table ! les interrompit Mu en tendant la salade à Lorcan. Servez-vous et faites passez !
Tout le monde s'installa et les conversations reprirent de plus belle. Le projet de Mu n'étant pas pour l'instant évoqué, Shion préférant remettre la discussion qu'il comptait avoir avec Dohko sur ce sujet à plus tard. Kanon profita de ce moment pour exposer leur projet et la façon dont il comptait mettre le palais sous surveillance constante, ravivant sans le savoir la colère du peintre :
- Ça va nous donner l'impression d'être surveillé en permanence, objecta Shion.
- Le but n'étant pas de surveiller les mouvements en provenance du palais, mais ceux qui veulent y aller, rectifia Angelo. Aucun de nous ne surveillera vos allées et venues... vous êtes entièrement libre de vos mouvements !
- Ok, admit le peintre. Mais que feriez-vous si on tente justement de forcer l'entrée du palais ? Le savoir est une chose, arrêter les intrus en est une autre... de plus cela ne fait que protéger le périmètre immédiat pas notre tranquillité en ces lieux. Quelle solution proposez-vous à ça ?
- Qu'est-ce qui te prends Shion ? intervint Dohko qui voyait la discussion, au départ anodine, prendre une toute autre tournure.
- Rien de spécial... J'essaie d'envisager toutes les options Dohko. Le projet de Mu est un super projet mais s'il doit mettre en péril la tranquillité de Shaka et celle que j'ai enfin trouvée, je préfère y renoncer ou chercher un autre moyen de le mettre en œuvre, c'est tout !
- Si je puis me permettre, de quel projet parlez-vous ? demanda Kanon. Nous avons été embauchés pour brouiller les pistes à votre sujet qu'avaient répandues votre ancien secrétaire et assurer la protection de votre résidence pour vous-même et Shaka. Si vous avez besoin d'autre chose, je dois le savoir !
- Oui, il a raison ! dit Shiryu. De quoi tu parles Shion ?
Ce dernier ne répondit pas de suite, son regard était rivé à celui de son ami et il était plein de colère. Un regard que Dohko connaissait bien :
- Ça suffit vous deux ! s'affola soudain Mu. Viens avec moi Shion... j'ai à te parler ! ajouta-t-il en l'entraînant avec lui dans les méandres du palais sous le regard perdu des invités. Kanon se demanda si leurs présences étaient encore souhaitées...
- On devrait peut-être vous laisser ? le devança Lorcan en se levant.
- Bien sûr que non, vous êtes mes invités... Laissez-moi vous expliquer, proposa Shaka avec un sourire tout en invitant les hommes à poursuivre leur repas.
Il exposa en détail l'idée de Mu, ce qui surprit toute le reste de la tablée, sauf Dohko, bien entendu.
- Je suis d'accord avec Dohko, intervint Camus. Vous risquerez d'en pâtir Shaka, et pas seulement que vous et Shion. Et notre travail aurait été inutile et vain.
- J'approuve ! Shion pourrait tout aussi bien de téléphoner aux medias et dire lui-même où il se trouve ! fit Shiryu.
- C'est vrai, mais le projet de Mu est tellement bien ! s'écria Lorcan les yeux plein d'étoiles.
- C'est vrai que le projet de mon compagnon est très louable, mais tellement dangereux pour tout le monde... soupira tristement Dohko.
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Mu avait entraîné son aîné à l'abri des oreilles sur une autre terrasse :
- Raconte-moi, lui demanda-t-il après l'avoir fait asseoir près de lui et s'être glissé contre son flanc, comme lorsqu'il était encore enfant
La colère de Shion retomba aussitôt...
- Ce serait plutôt à toi de me raconter, répondit Shion en l'enlaçant. Pourquoi m'avoir caché ce qui t'es réellement arrivé à la maison ? Me crois-tu si insensible à ce qui peut advenir de mon petit frère ?
- Bien sûr que non ! Je voulais juste te protéger... et n'en veux pas à Dohko, c'est moi qui lui ai demandé de ne pas t'inquiéter avec ça. Tu semblais tout juste reprendre goût à la vie... et Shun nous avait avoué que tu avais peint à nouveau...
- C'est moi l'aîné tu sais ? reprocha doucement le peintre. Dohko est fort et puissant mais saura-t-il te protéger de tout ce qui gravite autour de ma célébrité ? Tu sais Mu, il y a des moments où je préférais être totalement ordinaire... et ne pas infliger ça à mes proches.
- Shion, ne dis pas cela. Ta peinture est une merveille... ton talent reconnu dans le monde entier. Mais tout ceci est venu bien trop brusquement ! Pour nous deux... c'était inespéré au vu de notre enfance sans le sou. Peut-être avons-nous été simplement imprudents ? Avec Dohko et Shaka, on ne doit pas refaire les mêmes erreurs, c'est tout. Si ce projet est trop risqué alors laissons simplement tomber !
- Mais ton projet est génial Mu, si seulement on me laissait en paix... tu pourrais faire plein d'enfants heureux !
- Faisons confiance à nos amis pour une fois d'accord ? On va en parler calmement... tous ensemble, ok ?
Shion se leva mais avant de rejoindre les autres dit encore :
- Une dernière chose Mu... Ne me cache plus ce genre de trucs s'il te plait ? Même si tu penses me protéger.
- Promis !
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Pendant ce temps, sur l'autre terrasse :
- A moins que... fit simplement Kanon qui réfléchissait au fameux projet, sans s'étendre.
- A moins que quoi ? demanda Shun.
- Ecoutez, je ne veux pas m'avancer sans étudier plus en détail la question, répondit le patron de l'agence, et j'ai besoin d'en discuter avec mes associés ici présent en privé. Mais ce projet n'est peut-être pas si irréalisable que cela... Laissez-nous un peu de temps pour y réfléchir d'accord ?
Lorcan regarda son patron. Cet air-là, il le reconnaissait... Kanon avait vraiment une idée en tête. Shion et Mu les rejoignirent à ce moment et le reste de la soirée passa tranquillement sans que le projet fût à nouveau évoqué, même s'il restait présent dans tous les esprits.
La nuit était complètement tombée quand finalement les quatre détectives prirent congés de leur hôte.
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Après avoir un peu discutés après le départ de leurs invités, chacun avait regagné doucement sa chambre pour une nuit de repos. Shiryu et Shun ne firent pas exception à la règle.
- Je vais me changer, dit Shun en prenant la direction de la salle de bain.
- Pourquoi ne te changerais-tu pas ici ? Tu sais pourtant a quel point j'aime te voir nu... demanda Shiryu les joues en feu, même s'il pensait chacun de ses mots.
Il attira Shun à lui.
- Laisse-moi te voir et graver toutes ces images de toi… Et puis, tu es trop sublime que pour te cacher. Enfin quand je ne suis pas là, tu peux te cacher tant que tu veux... Mais quand nous sommes seuls, cela n'a pas raison d'être.
- Shiryu... rougit Shun sans vraiment le repousser. Tu vas me rendre fou...
- Si seulement c'était vrai, soupira ce dernier en le déshabillant lentement, parsemant la peau claire de baisers enivrants.
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De l'autre côté du lac
Les quatre hommes arrivaient dans leur maison et Camus fit un chocolat chaud pour tout le monde. Ils étaient déjà bien assez excités pour reprendre du café.
- Alors c'est quoi ton idée ? demanda Lorcan très curieux de savoir ce à quoi pensait leur patron en portant ensuite le mug du breuvage à ses lèvres en attendant que Kanon daigne ouvrir la bouche.
- Comme tu l'as si bien souligné Lorcan, le projet en lui-même est magnifique... commença ce dernier. Le mettre en œuvre sans y impliquer explicitement Shion devrait être faisable dans la mesure où il accepte de jouer le jeu.
- Développe, demanda Angelo.
- Il nous faut trouver d'autres évènements qui suffiront à cacher celui-ci, continua Kanon. Si Shion apparaît à New York sur un grand défilé de mode avec assez de battage médiatique autour... ou au festival de Cannes comme invité prestige... personne n'aura l'idée de le chercher ici...
- Je vois, dit Lorcan en émettant un petit sifflement. Tu veux faire de nous ses managers ?
- Disons plutôt ceux qui réglementent sa vie et ses apparitions publiques... Une expo de temps à autre suffira à combler ses fans et peu à peu, ils s'habitueront à attendre ses apparitions publiques. Mais cela a également un prix pour nous, je veux que vous en soyez tous conscients !
- Celui de dire adieu définitivement à notre ancienne vie ? demanda Angelo.
- Et de nous installer quasiment à demeure ici, précisa Kanon. Je ne vois pas comment faire autrement. Ecoutez, prenons tous le temps d'y réfléchir, de peser le pour et le contre et on en reparle demain ok ? Qu'en pensez-vous ? Il se fait tard et cette journée a été riche en évènements.
- Ok ! répondirent les trois autres en se levant.
- J'avoue que je suis mort ! bailla Lorcan. Bonne nuit !
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Quelques minutes plus tard
- Lorcan ?
- Oui Angelo ?
- Tu n'as pas chaud avec tout ça ? Bien que la soie est merveilleuse sur toi... Mais tu n'as pas chaud ?
- Non je n'ai pas chaud... et l'enlever serait bien trop dangereux tu ne trouves pas ? lui répondit le suédois en se lovant dans ses bras. S'il te plait Angelo, prenons notre temps...
- Alors ouvre la veste un peu que je puisse sentir ta peau, murmura l'italien.
Ce que lui accorda volontiers Lorcan
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Dans l'autre chambre
Camus commença par se doucher avant de rejoindre la chambre où il découvrit Kanon couché sur le dos, les bras noués derrière la tête et semblant l'attendre.
- T'aurais-je fait attendre ? demanda-t-il alors que la serviette qu'il avait attachée autour des reins semblait vouloir glisser.
Camus la resserra une peu et se dirigea vers son tiroir pour en tirer un boxer propre.
- Viens vite là... dit simplement Kanon en lui ouvrant les bras après que le français ait enfilé, avec un peu de mal c'est vrai, son boxer. Je veux juste m'endormir près de toi Camus...
Le français se glissa silencieusement dans le lit et se lova dans la chaleur de Kanon qui referma les bras autour de lui en soupirant d'aise :
- Bonne nuit mon petit Camus...
- Bonne nuit Kanon…
La journée avait été riche en émotions pour nos quatre détectives et bientôt la maison sombra dans le plus grand silence.
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Au palais, chambre de Shion et Shaka
- Viens mon ange, dit Shion se couchant nu dans le lit. J'ai besoin de toi au creux de moi ce soir...
Shaka ne se le fit pas dire deux fois, et se lova contre son amour après s'être également mis nu.
Il donna quelques baisers sur l'arête de la mâchoire du peintre.
- Mon amour, tout va bien… Ne t'inquiète pas... tout va bien... lui répéta sans cesse la réincarnation. Raconte-moi une histoire, demanda le jeune homme. J'ai envie d'entendre ta voix, j'ai l'impression que nous n'avons pas eue une minute à nous aujourd'hui.
- Une histoire ? interrogea le peintre en refermant ses bras autour de lui, ce n'est pas vraiment ma spécialité... Mais je vais essayer. Il y a quelques années, un jeune homme de tout juste quinze ans perdit subitement ses parents ans un accident. Il se rendit vite compte qu'à part la demeure familiale, héritée de génération en génération, il ne subsistait pas grand chose des biens de ses parents. Or ce jeune homme avait un jeune frère qui se retrouvait à sa charge. Il projeta d'arrêter ses études mais un de ses amis, le seul d'ailleurs, lui proposa de lui venir en aide, s'il jurait de tout faire pour obtenir son diplôme. Il étudiait l'art et promit... Le temps passa et il put faire face grâce à son ami aux dépenses du quotidien. Bien sûr, il tenait un registre pour pouvoir un jour rembourser son ami, et à ses moments perdus peignait les paysages qu'il trouvait beau. Son ami dut lui aussi faire face à tout juste dix-sept ans à un problème en se retrouvant obligé de reprendre l'entreprise familiale. Il l'aida de son mieux, le soutenant au quotidien et cela ne fit que renforcer leurs liens. Un jour son ami décida, pour le remercier, d'exposer ses tableaux dans sa société. Le succès fut immédiat et fulgurant. L'argent afflua alors si vite qu'il ne prit pas la mesure de ce qu'il impliquait en échange...
En bien peu de temps, sa vie et celle de ses proches fut étalée dans les journaux et devint un véritable enfer... Peu à peu, il perdit jusqu'à l'envie même de peindre, se réfugiant dans la tristesse et la solitude. Mais, là encore son ami veillait et l'incita à changer d'air...
Shion bougea et allongea son compagnon sur le lit, doucement il s'installa à genoux à ses côtés, laissant ses mains caresser le torse du jeune homme en poursuivant :
- Il partit ainsi, pas vraiment convaincu, à l'autre bout du monde, dans un pays qu'il ne connaissait que de nom. Un jeune étudiant l'y attendait et lui fit découvrir un site et une légende local et c'est là qu'il le vit pour la première fois...
- Qui ? murmura Shaka en retenant son souffle.
- Celui qui allait changer sa vie... devenir sa lumière et son avenir... toi mon amour...
Puis il cueillit les lèvres entrouvertes tout en continuant ses caresses douces mais de plus en plus précises. Shaka gémit en rompant le baiser. Son corps réagissait aux douces attentions et s'enflammait. Il sentit quelque chose grandir en lui, une chose qui lui faisait à la fois peur et très envie. Ses mains se perdirent dans la chevelure de son compagnon pour descendre lentement, caressant encore timidement le dos musclé du peintre.
Ce dernier passa une jambe par dessus le corps offert à ses yeux et prit place sur son bassin, avec des gestes doux et tendres, il guida lentement son amour vers les chemins divin du plaisir, s'égarant là sur une perle de chair qui se tendait sous son assaut, ou là encore sur une aine qui frémissait sous ses caresses. Shion prenait garde à garder le contrôle de son corps pour ne pas brusquer le jeune homme qui expérimentait pour la toute première fois ces nouvelles sensations. Quand il vint effleurer de sa langue le sexe tendu de Shaka, ce dernier se tendit et murmura dans un sursaut de lucidité :
- Oh… Shion… Non…
- Veux-tu bien me laisser t'aimer mon amour ? demanda doucement le peintre.
- Oui mon amour, aimons-nous... toute la nuit... murmura Shaka perdu entre désir et réalité.
- Alors laisse-toi aller… laisse-toi simplement guider par ce que ton corps te dit… ne pense à rien d'autre qu'à cela… dit-il en remontant à sa hauteur.
Tendrement, il l'embrassa et quand les yeux du jeune homme se refermèrent, confiants, Shion redescendit vers l'objet de ses désirs et très lentement, le prit en bouche pour le mener tout en douceur vers la délivrance.
Shaka sursauta et suffoqua d'abord tant la sensation était enivrante pour lui. Instinctivement, il accompagna le peintre dans ses mouvements, son bassin se mettant à bouger de lui-même comme pour accentuer encore ce qu'il ressentait. Il s'entendit crier et en eut un instant honte, mais c'était si bon qu'il oubliait bientôt tout ce qui n'était pas cet écrin chaud et humide qui semblait vouloir le faire mourir de plaisir. Puis, tout son corps s'arqua dans une ultime explosion de sens qui le laissa sans souffle.
Il reprit peu à peu ses esprits et se demanda, alors c'était ça le plaisir ? Tout ce qui était décrit dans les livres et dont il n'avait jamais vraiment saisi le sens profond ? De part son éducation, le contrôle parfait de son corps ne l'avait pas préparé à cela.
Shion lui souriait quand il rouvrit les yeux :
- Je… commença-t-il sans pouvoir rien ajouté tellement il sentait chamboulé au plus profond de lui. C'est si bon… mais toi ? réalisa-t-il soudain.
- Ce n'est pas fini mon cœur, dit le peintre en l'embrassant tendrement. Tu l'as dit, on va s'aimer toute la nuit…
Shaka rougit à ces mots et enfouit son visage contre la poitrine de son amant qui le laissait peu à peu se remettre en lui prodiguant de douces caresses et lui murmuraient des mots tendres. Le peintre avait parfaitement saisi les angoisses de son jeune compagnon et s'évertuait à tenter de le remettre en confiance. Mais la seule compagnie de la réincarnation depuis huit longues années avait été Bouddha, de là à imaginer qu'il se sente gêné voir même un peu honteux devant lui après ce qu'il venait de se passer entre eux et qui n'avait plus rien d'innocent était un pas que pouvait largement franchir le peintre. Surtout après tout ce dont il avait été témoin depuis qu'il l'avait rencontré.
Shaka avait en effet réalisé en entendant les mots de Shion que oui, quelqu'un d'autre était en permanence présent prêt de lui et que peut-être… Pourtant jeune homme se laissa aller contre le large torse et s'enhardit même à y déposer quelques baisers légers. Il se sentait si bien là, en confiance. Et puis, il avait été guidé vers Shion par Bouddha lui-même non ? Fort de se sentiment, il reprit doucement confiance en lui et oublia peu à peu tout ce qui l'entourait autre que l'homme qui le tenait encore dans ses bras. La chair frémissante sous ses caresses encore timides et les sons rauques que le peintre ne pouvait plus retenir le guidèrent pour l'aider à libérer ce dernier une première fois de la main. Il y a des gestes qu'il n'osait pas encore faire et Shion ne sembla pas lui en tenir rigueur fort heureusement. Bien au contraire, il l'embrassa encore plus passionnément que d'ordinaire.
La suite fut une série de découvertes pour le jeune homme, Shion lui faisant petit à petit découvrir les plaisirs des sens. Il lui parlait souvent, le rassurant, le guidant. Ils roulèrent plusieurs fois sur le lit et Shaka se retrouva fort gêné de dominer une fois ou deux son amant. Mais ce dernier encore une fois sut trouver les bons mots et les bons gestes pour l'apaiser. Il découvrit la satisfaction de donner comme le bonheur recevoir, la douce euphorie de certaines caresses et tant d'autres sensations qu'il lui était impossible de nommer. Et cela dura encore et encore. Ils avaient toute la nuit comme il l'avait si bien dit. Ils en profitèrent largement pour se découvrir et s'aimer, tout simplement. Jusqu'à ce que leurs corps crient grâce.
Shion sentit son contrôle qu'il avait si bien maintenu jusqu'alors s'étioler progressivement. Son corps réclamait plus et celui de son amant semblait au même point. Il l'avait doucement éveillé à ce qui allait suivre, il était temps de conclure. Il se pencha vers un tiroir où il avait pris soin de ranger des préservatifs et du gel quand il avait emménagé ici en prévision de ce moment bien qu'il ne l'imaginait pas si rapide. Shaka alors allongé sur le dos sous lui, ouvrit à demi les yeux, surpris certainement qu'il l'abandonne un instant.
- J'arrive mon amour mais on va avoir besoin de ça… s'excusa-t-il en l'embrassant.
Le jeune homme regarda attentivement ce qu'il venait de prendre et sourit en lui désignant le préservatif :
- Pas de ça, c'est inutile.
- Ce serait plus…
- Fais-moi confiance…
Shion sourit et reposa le préservatif loin de lui sans rien ajouter, après tout ce ne serait certainement pas la dernière chose qui le surprendrait chez lui.
- Vite… lui intima Shaka.
Le peintre lui-même ressentait maintenant ce besoin de finaliser enfin leur première étreinte, aussi obéit-il. Le froid du gel fit légèrement sursauter Shaka mais Shion ne lui laissa pas le temps d'en ressentir la gêne. Il souleva son bassin et le pénétra lentement. Le jeune homme émit un petit cri et quelques larmes perlèrent à ses yeux à demi fermés. Le peintre puisa dans ses dernières forces pour le laisser s'habituer à sa présence puis tout s'emballa brusquement comme si leurs corps agissaient d'eux-mêmes. Shion poussa un grognement rauque alors que Shaka l'avalait littéralement. La puissance qu'ils avaient maintenue si longtemps les submergea bientôt, leur faisant perdre toute notion de réalité. Leurs mains se cherchèrent pour s'accrocher l'une à l'autre, Shion releva son amant contre lui qui avait noué ses jambes autour de ses hanches. Leurs yeux s'étaient fermés, ils n'étaient plus que sensations extrêmes qui les balayaient. Le claquement de leurs chairs l'une contre l'autre, les sons qu'ils émettaient encore de temps à autres, la sueur perlant le longs de leurs corps rendaient l'ambiance plus érotique encore. Le corps de Shaka s'arqua soudain dans les bras de Shion alors qu'il touchait encore une fois sa prostate et il poussa un feulement quand l'orgasme l'atteignit de plein fouet. Son amant ne fut pas bien long à le rejoindre dans l'extase en le serrant à s'en faire mal contre lui. La puissance de la vague qui venait de déferlé en eux, à travers eux les laissa vidés et longtemps encore ils en savourèrent les dernières sensations sans bouger, accrochés l'un à l'autre.
Le peintre eut la présence d'esprit à un moment qu'il aurait été bien incapable d'évaluer de les recoucher et de les recouvrir mais il ne lâcha jamais son jeune amant qui s'endormit au creux de ses bras non sans avoir murmuré :
- Je t'aime…
A suivre…
