Merci pour les mises en alerte et en favoris ! Et les reviews *.*
Note de l'auteur : Cette fic prendra en compte TDKR à partir du 17eme chapitre ! Je publie donc les derniers chapitres très vite pour que le 17 soit là avant le 25 Juillet :)
Note à l'attention des reviewers anonymes : Je rage à chaque fois de ne pas pouvoir vous répondre, alors si vous avez une adresse mail, un blog, un twitter, n'importe quoi, vous pouvez me le donner si vous le souhaitez pour que je puisse vous répondre.
Disclaimer : Rien n'est à moi (mes Ocs, si vous voulez, mais c'est si peu que ce n'est même pas vraiment a peine de trop s'attarder là-dessus)
Chapitre 14 :
It's time we saw a miracle
Come on it's time for something biblical
To pull us through
And pull us through
And this is the end
This is the end of the world
Alfred vint la réveiller au petit matin le jour pointait – il allait faire beau, visiblement. A l'est, pourtant, le ciel était gris, d'un gris peu naturel, menaçant. Elle pensa soudainement à Welles, Belmondo et Delon et se demanda : Paris brûle-t-il ?
Gotham, oui.
Elle ne s'attarda pas. En chemise de nuit, suivit Alfred. La chambre de Bruce. Tout était un peu flou – ses yeux pleuraient un peu, à cause de la lumière trop forte, parce qu'on n'ouvrait toujours pas les rideaux. Bruce n'était plus qu'une masse informe sur le lit, d'ailleurs.
Elle se souvint de la dernière fois qu'il avait été sérieusement blessé – le lendemain, elle apprenait que sa sœur avait été enlevée. Elle se rappelait le sang, et l'envie de vomir. Mais la dernière fois, il était en costume. Là, il ne portait qu'un costard. Ce n'était pas Batman qu'on avait voulu attaquer, c'était Bruce Wayne. Elle entendit le bruit à la porte, et Alfred lui fit signe qu'il partait elle dut se concentrer pour comprendre qu'on tentait de pénétrer dans le Manoir. Il avait refermé la porte de la chambre derrière lui, elle tourna le verrou. Ses mains tremblaient tant qu'elle essaya de se remémorer ses sentiments de la dernière fois : de mémoire, il n'y avait pas eu cette peur sourde au fond du ventre.
Bruce se redressa brusquement. Elle se précipita, lui enleva la veste de costume. Ses mains se teintèrent de pourpre au contact de la chemise, qu'elle retira également. Il voulut dire quelque chose, visiblement, mais elle ne le laissa pas – elle ne sentait que la peur, le tremblement de ses mains, encore et encore. Elle chercha la blessure.
-Ce n'est pas mon sang.
Sa voix était rauque comme s'il avait soif.
-Ce n'est pas ton sang, répéta-t-elle bêtement.
Ses mains, sans logique aucune, tremblèrent encore plus elle eut envie de le frapper. Elle s'accrocha à ses épaules, et comme s'il avait compris, il l'attira à lui, et posa sa tête sur son ventre.
-C'était les Italiens …
-Ma famille, tu veux dire.
Cela semblait naturel à dire. Elle s'était faite à l'idée que sa famille, derrière son apparence de gloire et de fortune, cachait tout autre chose. Bruce ne cachait-il pas tout autre chose, aussi ? Et elle ?
Il haussa les épaules. Elle effleura ses cheveux se la main et le lâcha. La tête de Bruce se détacha de son ventre – mais il restait terriblement près, remarqua-t-elle. Elle se recula un peu, comme si elle reprenait conscience de qui il était, de qui elle était.
-Ils pensent que la mort de Carolyna est de ma faute.
Ils ont raison ne fut pas prononcé. Elle savait que quelque part, c'était la faute de Bruce Wayne, de Batman, mais c'était aussi la faute d'Estel, alors de quel droit aurait-elle pu juger ?
Brusquement elle se souvint qu'Alfred était en bas et que des gens voulaient entrer. Mais Bruce murmura :
-Mon épaule droite est déboîtée. Il faudrait la remettre en place.
C'est ce qu'elle fit – il fallut du temps, mais au final, elle réussit à faire ce qui lui était demandé. Bruce enchaîna :
-Il faut que tu ailles au sous-sol. Tu seras en sécurité. Tu te caches, et tu attends que je vienne te chercher. Si ce soir, je ne suis pas venu, faufile-toi au garage … je vais te donner les clés … et prends une voiture. Ne discute pas.
Elle fit ce qu'il lui demandait. Mais même au sous-sol, elle entendit le bruit des deux coups de feu.
oOo
Sur ordre de Bruce Wayne, Alfred n'était pas allé chercher Mademoiselle Estel au sous-sol. Pas encore, du moins. A son âge, il ne pouvait plus assister à ce genre de choses de manière stoïque. Et pourtant, pour la famille Wayne, il fallait continuer. Il avait failli se faire tirer dessus, aujourd'hui. Les malfrats étaient entrés dans le Manoir et l'un d'eux avait tiré, mais la balle l'avait manqué – de peu. Maître Wayne n'avait pas eu cette chance. Il avait vu le sang couler de la plaie au bras et s'était émerveillé – pas pour la première fois cependant – de la fragilité du corps humain. L'homme se croit invincible, alors que son enveloppe charnelle est plus fragile que le verre.
Par un heureux concours de circonstance – disons plutôt grâce à sa grande efficacité – le Commissaire était arrivé à temps pour stopper l'émeute. Il n'aurait pas su dire, en réalité, si Gordon était arrivé avant que Bruce eût été blessé, ou après. Tout demeurait flou dans son esprit. Mais il avait fallu bien vite se ressaisir. Le Commissaire avait sécurisé la zone, pendant qu'Alfred appelait une ambulance. Bruce était parti sans opposer de résistance, en demandant simplement à ce qu'on laissât Estel en sécurité en bas autant que possible.
Alfred soupira.
Il savait que tout cela était difficile, autant pour Estel que pour Bruce. Il les voyait doucement se rapprocher et s'effleurer dans le déni le plus total, et il comprenait. Elle venait de perdre sa sœur, et – lui non plus ne se leurrait pas – c'était en partie de sa faute, et en partie de la faute de l'homme dont sa sœur était amoureuse, l'homme qui l'hébergeait à présent et par lequel elle semblait attirée. Il avait assez côtoyé la jeune femme pour comprendre qu'elle n'aimait pas revenir sur ses positions : pendant des mois, elle avait détesté Bruce. Admettre aujourd'hui, dans les circonstances actuelles, qu'elle l'appréciait, devait être un gouffre impossible à franchir. Et jamais rien ne serait définitivement réglé tant que Bruce n'aurait pas fait son deuil.
Il ne parlait jamais de Rachel, toutes les photos d'elles étaient sous clé, mais Alfred sentait sa présence, il voyait le poids du regrets et des remords peser sur les épaules de Bruce et les affaisser. De ce fardeau, Bruce devait s'alléger. Alfred aurait aimé le voir s'ouvrir à Estel. Mais s'il voyait leur attirance mutuelle, ce n'était pas leur cas, et ils étaient presque aussi fermés l'un à l'autre qu'à leur rencontre. Toutes les informations qu'ils avaient, ils les avaient extorquées par la force, en mettant l'autre au pied du mur.
Alfred vit Gordon passer sous les rubans de sécurité et s'avancer vers lui – et toujours sur son visage l'air de celui qui ne se sent pas à sa place. Le soleil s'était complètement levé. La télévision grésillait en fond, parlant de l'incendie du rez-de-chaussée de Wayne Entreprise et de l'attentat sur Bruce. La journaliste qui présentait les informations ne montra à aucun moment son visage. Gotham en était là.
-Allons la chercher.
Le Commissaire semblait préoccupé. Il se racla la gorge plusieurs fois sur le chemin. Quand il trouvèrent Estel, Alfred lui annonça de suite que Bruce était à l'hôpital, mais que son état n'était pas préoccupant. La balle avait été retirée du bras – elle ne s'était d'ailleurs pas enfoncée bien profondément. Gordon se racla la gorge une fois de plus.
-Je crains d'avoir de mauvaises nouvelles. Je vais devoir vous arrêter, Mademoiselle Rosenberg.
Elle resta calme – il avait compris depuis longtemps que pour la faire réagir, il en fallait beaucoup. Gordon toussota.
-Un des hommes qui a mené l'assaut ici a avoué l'avoir fait sur ordre de votre frère. Je vais donc devoir vous interroger.
Là, ce fut infime, et Alfred le manqua presque, mais il se passa quelque chose, dans les yeux d'Estel. Il répondit :
-Commissaire, je sais que c'est votre devoir, mais tout de même, ce n'est pas …
-Tout va bien, Alfred.
Sa voix était plate et calme. Elle ne lui accorda pas un regard, et suivit le Commissaire.
oOo
-Ne pourrait-elle pas réagir ? Non, bien sûr ! Madame se doit de rester stoïque quoi qu'il arrive !
Bruce, devant son majordome, faisait les cent pas, le bras en écharpe, et l'air énervé. Il avait tenté de convaincre Gordon qu'à son avis, Estel n'avait rien à faire avec tout cela – bien entendu qu'elle avait quelque chose à voir dans cette histoire, mais cela ne voulait pas dire qu'elle était coupable.
-Il va falloir qu'on ait une discussion, tous les deux, ajouta-t-il entre ses dents.
Ils étaient juste devant la salle d'interrogatoire, qu'ils voyaient à travers une vitre teintée. Bruce arrêta de gesticuler quand Estel fut introduite dans la pièce. Elle et Gordon prirent place.
-Bien … Ecoutez, honnêtement, je ne pense pas que vous ayez préparé un attentat sur Bruce Wayne, Mademoiselle Rosenberg. Néanmoins, nous avons eu l'occasion de nous rencontrer plusieurs fois, et il me semble que tous les deux n'étiez pas dans les meilleurs termes du monde.
Elle hocha la tête.
-Monsieur Wayne et moi ne nous entendons pas très bien.
-Et pourtant vous vivez chez lui …
-Après la mort de Maroni, mes parents ont pensé qu'il était mieux pour moi de ne pas vivre seule à Gotham.
Il y eut un moment de silence.
-Pourquoi êtes-vous revenue à Gotham ?
-Je ne sais pas, répondit-elle simplement. Mes parents le voulaient, parce qu'ils avaient l'impression que je m'entendais bien avec Monsieur Wayne. Mais je ne sais pas ce qu'ils attendaient de moi exactement.
-Et votre frère ? Etait-il content que vous reveniez ici ?
-Non.
Elle croisa les jambes – elle s'était changé, remarqua Bruce. Comme pour répondre à cette pensée, Alfred lui murmura que Gordon avait eu la décence de la laisser enfiler quelque chose d'autre que sa chemise de nuit.
-Il n'aime pas trop l'idée que je sois loin de la maison, ajouta-t-elle.
-Il est venu vous rendre visite, si je ne me trompe pas.
-Effectivement. Il voulait que je revienne à la maison.
-Vous avez refusé, je suppose. Pourquoi ?
Elle jeta un regard au miroir.
-Il n'y a que Monsieur Wayne et son majordome, Mademoiselle Rosenberg, dit doucement Gordon.
-Justement. Vous savez pourquoi je suis restée. Nous en avons discuté chez vous. Mais je ne peux pas parler de ça devant une tierce personne.
Bruce comprit qu'elle parlait de Batman. Gordon sembla saisir la référence également, et passa à autre chose.
-Pensez-vous que votre frère aurait pu être assez mécontent pour organiser ce qui est arrivé ?
Elle hésita, et Bruce sentit la colère monter en lui.
-Je ne pense pas. Pas tout seul, du moins. Je … Il n'avait rien à faire avec l'arrivée de Carolyna ici, et tout … Il m'a soutenue quand j'ai décidé de ramener Carolyna à la maison.
-Vous dites que ce n'est pas lui ?
-Ou alors, que quelqu'un lui a demandé. Mais je ne sais pas …
Elle gardait un air neutre, mais ses yeux bougeaient de droite à gauche. Bruce réalisa qu'elle était totalement perdue.
L'interrogatoire se poursuivit quelques minutes de plus, mais Bruce avait l'impression que Gordon n'avait organisé ceci que pour la forme – réellement, il ne pensait pas qu'Estel avait quoi que ce fût à voir avec cette histoire. Il était déjà presque l'heure de dîner quand elle fut relâchée. Ils l'attendirent, puis repartirent ensemble au Manoir. Une fois là-bas, alors qu'elle allait monter dans sa chambre, Bruce posa une main au bas de ses reins, et, sans un mot, la conduisit vers l'ascenseur caché. En silence, ils allèrent jusqu'au sous-sol. Elle s'assit sur une chaise, alors que Bruce examinait les derniers arrivages de son équipement.
-Tu couvres ton frère, dit-il.
-Je suis sincère quand je dis que je ne pense pas que …
-Ton frère me déteste et veut que tu reviennes chez lui. Je mettrais ma main à couper qu'il va bientôt t'appeler pour te demander si tout va bien et …
-Il l'a déjà fait.
Bruce secoua la tête, et rit d'un rire qui n'avait rien de joyeux.
-Je n'ai pas répondu, ajouta-t-elle.
-Pourquoi ?
-Je n'ai pas envie de lui parler. Ecoute, je ne pense vraiment pas qu'il aurait pu faire ça seul. Mais ça ne veut pas dire que, peut-être, mes parents lui ont demandé.
-Ce serait totalement illogique compte tenu du fait que tes parents sont ravis que tu sois là.
-Peut-être qu'ils ont changé d'avis. Depuis que je suis ici, je n'ai eu aucun contact avec eux. Quelle autre option y a-t-il ?
-Celle que c'est ton frère qui a fait ça.
Elle eut un mouvement d'impatience.
-Estel, dit-il d'une voix ferme, il t'avait frappée.
-Ce n'est pas tes affaires.
Elle se détourna un peu mais il s'approcha.
-Je n'avais rien dit à ce moment-là, mais il …
-Il est très protecteur, c'est tout.
-Pourquoi tu t'obstines à le protéger comme ça ?
-Parce que c'est mon frère !
Elle se leva brusquement, et fit face à Bruce.
-C'est mon frère et c'est lui qui a besoin de protection, pas moi.
-Donc, ton frère qui te frappe a besoin de protection, c'est ça ?
Il haussa les sourcils, railleur. Il eut envie de se saisir de son bras, et de la rapprocher de lui, de lui dire les mots au visage, pour qu'ils s'imprimassent mieux dans son cerveau, pour qu'elle comprît, mais elle fit un grand geste et cracha :
-J'ai déjà perdu ma sœur, je ne perdrai pas mon frère. Je ne veux pas perdre les gens que j'aime ! Et si j'ai bien compris, toi, t'es un spécialiste à ça, non ? Alors pourquoi tu ne me laisserais pas tranquille, hein ? Va donc voir le taré au visage colorié dans sa cellule à Arkham, rêve donc un peu de lui faire la peau, et va pleurer sur la tombe de ta bien-aimée perdue ! Rachel, c'est ça ? Tu l'as peut-être laissée crever au fond d'un hangar, mais moi, j'ai pas le même sens du sacrifice.
