On va finir par ne plus savoir quel est le bon Edo ? XD

En tout cas, ne désespérez pas, la suite arrive.

Bonne Lecture !


]Chapitre Quatorzième[

POV Roy

Ça n'avait duré que quelques minutes et pourtant, c'était la première fois que les actions de son double allaient aussi loin. Ça n'empirait pas avec les jours, mais bien de secondes en secondes. Bientôt, j'avais peur qu'il ne reste d'Edward que son double maléfique. Et je comprenais enfin...

Le liquide rougeâtre administré aux victimes n'était autre que de la pierre philosophale en tube. J'ignorais totalement où les ravisseurs en avait trouvé ( si on pouvait espérer qu'ils l'ai trouvé et non créer...), mais pour prouver mes dires, il fallait absolument que quelqu'un analyse le couteau de cuisine qui avait servit à entailler la tempe de mon subordonné. J'avais peur de comprendre... Est-ce qu'ils créaient des homonculus, mi-humain ? Dans quel but ?Et pourquoi précisément des alchimistes ? Mais pour l'instant, ça m'avait tout l'air d'être ça. Les paroles d'Edward était un poison auquel je n'avais pas goûté depuis très longtemps... Depuis la mort de l'un des leurs. Depuis la mort de Lust. C'était trop ressemblant pour n'être qu'une simple coïncidence ! Mais alors pourquoi leurs yeux étaient noirs ?

Pour me rassurer, je regardais Edward. Ses yeux étaient parfaitement dorés. Mais en regardant mieux, son visage était tiré par la fatigue. Il luttait contre lui-même. Combien de temps encore ?

Assis sur ma table basse, je le braquais toujours. Je ne savais plus s'il fallait lui faire confiance et quand. Je passais ma main gauche contre ma joue encore humide. D'une certaine manière, je n'avais pas tord de penser qu'il m'observait comme un bout de viande. A ce moment là, je n'avais pas encore compris de quel sorte d'intérêt il s'agissait. Ironiquement, l'idée d'entraîner Edward dans mon lit ne me déplaisait pas le moins du monde, mais l'homonculus qui l'habitait, c'était une autre paire de manches. Je n'avais pas très envie de mourir en pleins ébats... Quoi qu'il en soit, ce n'était pas le moment de rêvasser. J'avais un blond à surveiller pour encore... huit heures. L'idée de l'assommer et de boire un café en attendant m'avais vaguement traversé l'esprit. Mais pour moi, Edward n'était pas mon ennemi.

"- La luxure, murmurait-t-il"

Il semblait prendre conscience de ce qu'il devenait. Je n'aurais peut-être pas du le formuler à voix haute car son anxiété était palpable. Il donnait l'impression de vouloir s'arracher la peau pour faire sortir cet autre individu de son corps. Il grattait sa plaie au niveau de la tempe avec fureur tout en observant le sol à nos pieds.

"- Edward, fis-je doucement"

Il releva la tête avec lenteur et grimaça. La nouvelle était très dur à avaler. Soudain la porte s'ouvrit et Riza fit irruption dans la pièce, suivit de Jean Havoc.

"- Que c'est t-il passé ? demanda t-elle alarmée, nous avons entendu du boucan !"

Ils fixaient Edward qui ne bronchait même pas à leur arrivée.

"- Une perte de conscience de courte durée, répondis-je avec aplomb, rien de grave !"

Edward releva la tête à mes dires et haussa les épaules en pointant son pouce vers moi;

"- Il me draguait, fit-il avec un tact inexistant"

Je me retournai brutalement vers lui, les yeux noirs (pas comme ma récente victime, heureusement);

"- Tiens toi à carreau sale bête."

Il grogna pour imager ce que je venais de lui dire. Jean Havoc restait pantois face à cette scène car il découvrait seulement la présence de son double qu'on pouvait qualifié de maléfique.

"- Il faut l'attacher, conseilla Riza "

Elle fit demi-tour dans la cuisine et n'en ressortit qu'une fois équipée de cordes et de scotch.

"- Ce n'est pas un peu drastique ? demandais-je, quelque peu inquiet pour Edward

- Il faut savoir ce que l'on veut dans la vie, répondit Edward à côté de moi comme si le fait d'être attaché ne le dérangeait pas le moins du monde"

Nous lui lançâmes un regard chargé de reproche. Ce double maléfique me tapais sur les nerfs, précisément car j'avais l'impression qu'il obtenait ce qu'il voulait. Riza s'approcha un peu plus afin de le ficeler. Je l'interrompais dans son geste;

"- Je vais le faire."

Je lui pris la ficelle des mains ainsi que le scotch et passait doucement mes mains sur les poignets d'Edward. J'enroulais minutieusement la ficelle autour, sans serrer. Il me regardait faire, d'abord patient. Puis son regard se mua en terreur.

"- Qu'est-ce que vous faites ?!

- Ne l'écoutez pas, Colonel, à ce rythme, nous ignorons si ce n'est pas encore une ruse de cette chose...interrompit Riza."

Mais Edward la dévisagea avec incompréhension. C'était lui. Pour un temps. Je le scrutais avec douleur. Je me sentais coupable.

"- Désolé, fis-je, mais nous n'avons pas le choix... Il faut que tu le comprennes"

D'abord tendu, il sembla se rendre à l'évidence. Il posa ses paumes l'une contre l'autre. Je serrais subitement la corde et entreprit de faire un nœud très complexe. Edward observait mes gestes avec un visage que je ne lui connaissait pas jusque là. Il était résigné et blasé. Ses yeux ne quittaient pas la corde autour de ses poignets. Quand j'eu fini, il leva vers moi des yeux déterminés et testa la solidité de ses liens.

"- C'est bon, souffla t-il

- Pas encore, répondit Riza en désignant le scotch du menton"

Que j'admirais cette femme... Mais à cet instant, j'avais envie de lui hurler dessus. Mais elle n'avait malheureusement pas tord. J'attrapais le scotch du bout des doigts. Edward commença à tourner la tête d'un air négatif. Pourtant, il ne pipa mot. Je coupais le scotch avec mes dents et l'approchais de sa bouche. Il continuait à tourner la tête et il le fit plus rapidement encore quand j'arrivais au niveau de ses lèvres. Il gesticula à tel point que Jean et Riza vinrent le bloquer contre le dossier du canapé. Je me battais avec sa tête à présent qu'il refusait de stopper.

"- Edward, arrête, on à pas le choix !"

Il pinçait les lèvres tout en continuant de se débattre.

"- Edward, si c'est toi, arrête !"

Il arrêta aussitôt de bouger la tête et je lui collais le bout de scotch sur la bouche. J'appuyais dessus une dernière fois afin d'être sûr qu'il ne se décollera pas. Ses grands yeux m'observaient comme s'il se sentait trahis. Riza et Jean le lâchèrent enfin;

"- Nous retournons faire notre ronde, m'indiqua Jean avant de passer la porte suivit de la grande blonde"

Mon sous-lieutenant semblait anéantit. Il n'avait peut-être pas imaginé que la situation était aussi horrible. Riza qui jusque là avait été la voix de la raison n'en menait pas large non plus. Elle se sentait coupable, cela se voyait. Dès qu'ils furent totalement absents de mon champs de vision, je reportais mon attention sur Edward. Il ne cessait pas de me fixer, les joues rouges et le front plissé.

Ne pas céder... Ne pas céder...

Mécaniquement, je levais mon bras vers le bout de scotch. J'avais une furieuse envie de le lui enlever. Puis je repoussais ma volonté. Ce n'était décidément pas une bonne idée...

Il gémit derrière sa barrière, mais je me refusais à le regarder. La tête basse, je détaillais mon flingue.

Il est là... Il est encore là... Je ne peux pas lui faire ça.

Je serrais fort la crosse de mon arme entre mes doigts. Mes jointures blanchissaient. Je me mordais la lèvre jusqu'au sang avant de relever subitement la tête et de lui arracher le scotch de la bouche. La douleur le réveilla de sa léthargie et je mis aussitôt ma main sur sa bouche pour ne pas qu'il cri.

"- Chut ! Si les autres t'entendent, je suis un homme mort."

Il hocha la tête avant que je n'enlève ma main. Doucement, il me dit;

"- Vous auriez pu y aller moins fort quand même ...

- Tu m'a attaqué sexuellement, alors j'ai bien le droit, répondis-je

- Non mais ! J'ai pas fais ça ! répliqua t-il aussi bas que possible "

Je m'autorisais un sourire. Qu'est-ce que c'était bon de sentir que c'était lui.

"- Est-ce que vous m'aimez bien ? me demanda t-il subitement"

Je l'observais furtivement, les yeux plissés. La dernière fois qu'il m'avait posé cette question, il m'annonçait qu'il restait ici pour deux semaines au lieu de deux jours. Qu'avait-il à me demander, cette fois ?

"- Ça dépend, répondis-je, toi ou ton double maléfique ?

- Vous êtes un bâtard fainéant qui n'a aucun principe, me répondit-il sur un ton monocorde

- D'accord, c'est bien toi."

Nous rigolâmes silencieusement. Bon sang, que ça faisait du bien ! Puis il se pencha vers moi;

"- Ne dites rien à Alphonse."

Je le regardais, incrédule.

"- Impossible, il faut qu'il vienne te voir, répondis-je rapidement, peut-être même que cela t'aidera à tenir le coup

- NO... (il se pinça les lèvres avant de reprendre plus bas) Non ! Non ! et Non ! Je ne veux surtout pas lui sauter dessus en lui promettant de l'égorgé vif lui aussi."

Cette perceptive ne m'était pas venue à l'esprit. Il me regardait avec insistance;

"- Promettez le !

- Je ne peux pas te pro...

- Promettez-le !

- Parle pas si fort !"

Il prit une grande inspiration;

"- PRO..."

Je mettais aussitôt ma main devant sa bouche que je serrais (très) fort. Il s'étouffa avec la fin de sa phrase pendant que je rapprochais mon visage du sien;

"- C'est bon ! Je te le promet, d'accord ?... Tu te comporte comme un enfant là !"

J'étais agacé, clairement agacé. Ce qui pouvait entre autre signifier que j'étais en présence du vrai Edward. Il se détendit légèrement. Fatigué, je posais mon front contre le sien, sans lâcher sa bouche pour autant. Les yeux fermés, je ne voyais rien mais je sentais son souffle chaud sur mon visage.

"- Tiens le coup, murmurais-je, fait le pour moi."

Je rouvrais les yeux et tombait nez à nez avec les siens. J'enlevais un à un mes doigts de sa bouche.

"- Pourquoi, pour vous ? demanda t-il, surpris"

Je souriais.

"- Je suis curieux de savoir si tu arrivera à me faire croire à cette chose qu'on appelle l'amour."

Il resta bouche-bée et silencieux pendant quelques secondes qui me parurent interminables. Puis il esquissa un sourire de défi;

"- J'y arriverais. J'y arrive toujours."

A cet instant, j'avais très envie d'y croire. Je posais ma main contre sa joue. Il ne reculait pas. J'avais envie... De croire. D'espérer. C'était comme si je pouvais sentir une porte s'ouvrir à l'intérieur de moi. J'espérais qu'il arrive à la franchir.

Brusquement, je claquais des doigts devant son visage;

"- Hey ! Le double maléfique ! Laisse-moi deux petites minutes avant de revenir, ok ? fis-je sur le ton de la plaisanterie"

Edward rigola, gêné;

"- Pourquoi faire ? me demanda t-il, la grimace au visage (qui prouvait encore que c'était lui sur ses airs maladroits)"

Je le fixais sans perdre une miette de sa réaction. J'avais envie de l'embrasser. Comme une princesse qui embrasse un crapaud qui, subitement se transforme en prince charmant. Est-ce que Edward se transformerait ? Subitement guérit de sa schizophrénie ? Ce serait trop beau... Et puis de toute manière, je ne suis pas une princesse. Encore heureux. Je passais mon pouce sur sa tempe, puis j'approchais mon visage du sien. Encore. Il eu un geste de recul qui me fit sourire car malgré tout, j'étais ainsi persuadé d'être en présence du bon personnage. Puis je posais délicatement mes lèvres sur les siennes. Elles étaient chaudes et douces. Ce n'était finalement pas si différent qu'une femme. Le baiser devint humide. C'était une sensation agréable. Il répondit à mon baiser de manière tout à fait timide. Je sentais ses dix doigts s'agripper à ma chemise, m'obligeant à me rapprocher et à intensifier le baiser.

Coquin...

Ma bouche recouvrait pratiquement la sienne et je me faisais fureur pour ne pas lui rouler une pelle, là, tout de suite ! Alors je reculais, lentement, pour rompre ce baiser en douceur. Je rouvrais les yeux et le regardais qui me faisait face. Il était adorable. Et j'étais heureux de ne pas y voir la lueur malveillante de l'homonculus. Non, il me regardait avec surprise et envie. Il passa sa langue sur la lèvre inférieure et pouffa de rire.

Bah quoi ? Pitié dites moi que j'ai pas embrasser la mauvaise personne !

Edward se redressa pour me regarder et tout sourire, me dit;

"- Si c'est pas de la drague, ça..."

Je laissais le mystère voler;

"- Peut-être...

- Comment c'était ? me demanda t-il de but en blanc"

Il me regardait comme s'il était prêt à prendre des notes dans un cahier afin d'écrire mes appréciations. Je me mordais la langue pour ne pas exploser de rire.

"- C'était bien, répondis-je simplement pour ne pas trop l'aider dans sa quête"

Il m'adressa une moue dubitative.

Entraîne-toi encore ! pensais-je.

Il me répondit par un regard qui semblait dire "Alors recommence."

Notre petit jeu visuel nous fit vite oublier le pourquoi il était attaché. Malheureusement, il leva les mains vers moi et il soupira.

"- Venez là !"

Je fronçais les sourcils. Depuis quand on m'appelle comme ça ? Il tapotait le canapé à côté de lui pour me presser de venir m'asseoir. Je levais un doigt vers lui;

"- Dit donc...

- Venez-là ! insista t-il, un regard amusé"

Je soupirais et m'asseyais à côté de lui. Il posa immédiatement sa tête sur mon épaule puis il ferma les yeux;

"- Je suis fatigué... Je vais essayer de dormir un peu."

J'aurais voulu lui souhaiter une bonne nuit, mais ça n'allait pas être possible. L'arme que je tenais dans ma main gauche à présent, me le rappelait que trop bien. A présent, je pouvais remercier mes années d'insomnie car ce soir, je ne dormirais pas. Je rêvasserais peut-être. Car ce baiser me laissait sur ma faim. Mais le reste de la situation me la coupait net. Mon regard se posa sur le bout de scotch sur la table. Je me redressais rapidement pour m'en saisir et me tournais vers Edward;

"- Ça ne te dérangera pas dans ton sommeil, fis-je."

Il lorgna le bout de scotch quelques secondes avant de finir par accepter. Quand j'eu fini de le lui mettre, je lui murmurais à l'oreille;

"- Il serait peut-être temps que tu me tutoie, tu ne pense pas ? Après tout, nous sommes plutôt intimes maintenant."

Je riais chaleureusement pendant qu'il rougissait comme un piment. Au bout de quelques minutes, il dormait paisiblement sur mon épaule.

J'espérais que cette nuit se passe sans plus d'action.


Premier baiser ! =D A la suite !