Bonjour à tous, voici (enfin) la quatorzième chapitre de ma fanfiction. J'ai vraiment été occupé le mois dernier et je ne pensais pas vous faire autant attendre et j'espère que ce que je vous ai écrit sera à la hauteur de votre patience. Pas d'épreuve aujourd'hui, mais un chapitre qui me permet d'avancer sur mon premier arc. Bonne lecture.


Chapitre : Avoir de la bienveillance

Lydie (dans un soupir) : La nostalgie.

Cela avait pris un certain temps à la jeune dame du temps pour trouver le sentiment qu'elle avait entraperçu chez le Docteur, mais elle était finalement parvenu à mettre un nom dessus. Elle avait passé près d'une journée entière à se demander ce qui avait transparu en lui. Elle en avait sûre dès le début, ce n'était pas de la douleur, de la tristesse ou de la peur.

L'évidence se révéla à Lydie lorsqu'elle se rendit compte qu'elle ressentait le même sentiment au vu de l'absence de sa famille. Elle était nostalgique de leur présence durant la dernière épreuve (1). Et cela était la même chose pour le Docteur : des personnes semblaient lui manquer. La simple venue des proches des candidats avait dû raviver des souvenirs chez lui et lui rappeler l'absence de ses siens. C'est ce que en tout cas la conclusion à laquelle arrivait Lydie. Celle-ci ne pouvait pas dire si cela concernait la famille gallifréenne du Docteur ou des personnes qu'il avait rencontrées au fil de ses voyages. Cependant, la jeune femme savait que ceux-ci devaient être important à ses yeux pour que cela l'amène à se renfermer sur lui-même. Ce que Lydie ne comprenait toutefois pas, c'était que le Docteur soit resté à l'écart la veille. La nostalgie (dans le cas de l'absence de proches) était plutôt une bonne raison pour aller au devant des gens et parler avec de nouvelles personnes.

Assise à son bureau, cela faisait plusieurs heures que Lydie essayait de trouver une solution pour le Docteur. Lydie voulait l'aider à ne pas se laisser à la nostalgie. Elle était elle-même passer par cela et savait très bien que se replier sur soi-même n'était pas la meilleure solution. En tant qu'apprenti-compagne, elle avait le sentiment que c'était presque une responsabilité pour elle. Lydie avait tout d'abord fait le choix de la rédaction d'une courte lettre. Seulement, cela ne se révélait pas aussi facile qu'il n'y paraissait au premier abord. La forme et le ton à utiliser ne lui posait pas de souci, mais la manière d'aborder le sujet était un défi en lui-même. Finalement, elle choisit l'honnêteté directe : il valait mieux ne pas y aller par des chemins détournés, même s'il y avait un risque que cela ne plaise pas au Docteur. Lydie ne termina sa lettre satisfaite qu'en fin de soirée, alors que les soleils de Gallifrey avaient disparu à l'horizon depuis un certain temps.

La jeune dame du temps sut que c'était le moment idéal pour aller porter sa missive au Docteur. Elle avait peut-être eu le courage de porter un point de vue sur les mœurs du Docteur, mais elle n'était pas téméraire au point de lui faire face à ce sujet. Puisqu'il était alors très tard, elle avait très peu de chance de croiser d'autres résidents du Tardis. Elle avait donc une certaine liberté pour aller déposer sa lettre dans un endroit où elle était certaine que le Docteur la découvrirait.

Silencieusement, elle se glissa hors de sa chambre puis partit vers la salle de contrôle. Arrivée à destination, elle monta sur la coursive dans le but de rejoindre les appartements privés du Docteur. Quel ne fut pas son étonnement lorsqu'elle s'aperçut que l'entrée était entrouverte. Lydie avait prévu de glisser la lettre sous la porte mais sa curiosité l'emporta. Elle voulait savoir pourquoi l'accès à cette partie du vaisseau n'était pas verrouillée comme d'habitude. Mais elle souhaitait aussi en découvrir plus à propos du Docteur. La jeune femme avait l'impression de marcher dans un ban de brouillard en ce qui concernait le légendaire seigneur du temps. Lydie avait conscience des risques encourus si le Docteur la découvrait dans ses appartements. Toutefois, il avait réussi à attirer la curiosité de Lydie et celle-ci n'avait pas pour habitude d'abandonner avant d'avoir obtenu des réponses. Avec toute la discrétion dont elle pouvait faire preuve, la jeune gallifréenne s'introduisit dans la partie interdite du Tardis. Elle arriva dans un couloir où il y avait de nombreuses portes closes (2).

Lydie : *Ce sas doit mener aux différentes pièces dont le Docteur se réserve l'usage. Il nous a souvent dit qu'il retournait dans son cabinet privé...*

La jeune dame du temps ne poursuivit pas très longtemps ses réflexions, son attention étant bientôt retenue par une faible mélodie. A l'oreille, Lydie se guida jusqu'au bout du couloir où était la pièce d'où provenait la douce musique. Au fur et à mesure qu'elle se rapprochait, Lydie distingua plus clairement les paroles qui accompagnait la mélodie.

Rest now, my warrior

Rest now, your hardship is over.

Live.

Wake up. Wake up.

And let the cloak of life cling to your bones

Cling to your bones.

Wake up, wake up.

Tout à coup, la voix du Docteur vint couvrir la musique (3). Il avait l'air en colère et il s'adressa à son vaisseau.

Le Docteur : Veux-tu bien arrêter cela ! Tu sais très bien que je ne supporte plus ce chant...

Lydie hoqueta de surprise, elle ne s'attendait pas à ce que le Docteur soit derrière cette porte (bien que cela aurait été logique en raison de la musique). Elle se couvrit la bouche de ses mains, espérant que le Docteur ne l'ait pas entendu. Heureusement pour elle, le seigneur du temps semblait concentré sur sa discussion avec le Tardis. Une fois encore, Lydie ne comprenait pas les paroles du vaisseau adressées au Docteur, elle ne suivait donc que la moitié de la conversation.

Le Docteur : Serait-il possible d'avoir quelque chose de plus reposant ? J'en ai bien besoin ces derniers temps...

Toutefois, la musique qui vint ne sembla pas faire décolérer le Docteur, bien au contraire. Le chant des Oods (4) était pourtant adapté à la médiation d'après Lydie.

Le Docteur : Suffit ! Ne vois-tu pas que tu ne fais que m'irriter avec les morceaux que tu choisis ! Depuis hier, tu ne cesses de mettre mes nerfs à rude épreuve ! Est-ce que tu le fais donc exprès ? Tu sais parfaitement que ces morceaux de musique me rendent mélancolique. Ne crois-tu pas que j'ai été assez éprouvé avec la venue de mes concitoyens hier ?

Lydie, qui était prête à repartir, se figea en entendant les derniers dires du seigneur du temps légendaire. Elle avait raison à propos de l'état d'esprit du Docteur.

Lydie : *Il avait donc bien de la peine lorsque nos familles sont venues, malgré le fait qu'il n'ait rien voulu laisser transparaître. Pourquoi a-t-il l'air de tellement appréhender les réactions de ses concitoyens à ses émotions ?*

La jeune gallifréenne se tut, poussée par la curiosité d'en apprendre plus. Pour la première fois, elle avait l'impression de réellement d'entendre le Docteur parler à cœur ouvert. Plus de mystères, elle découvrait enfin le Docteur tel qu'il était réellement.

Le Docteur : Je ne veux pas encore me quereller avec toi, mais je connais ton entêtement. Cependant, quoi que tu essayes de faire avec ces musiques, sache que rien ne fonctionnera. […] Non, je ne souhaite pas les oublier, mais je préfère ne plus me souvenir pour ne plus souffrir. Mes anciens compagnons de voyage, Clara, Donna (5) et tous les autres, ils ont fait partis de mon existence. Ils étaient même devenus ma seconde famille... (6)

Lydie s'arrêta net d'écouter cette conversation privée lorsqu'elle entendit ces dernières paroles. Elle se rendit compte qu'une fois encore, sa curiosité l'avait menée à entrer trop loin dans la vie privée du Docteur. De plus, cela concernait les anciens compagnons du Docteur et elle avait appris des noms de personnes qu'elle n'aurait jamais dû connaître.

Doucement, la jeune femme se releva et fit le chemin inverse pour repartir dans la salle de contrôle. Elle déposa sa lettre au sol, à l'entrée du couloir, comme si celle-ci avait été glissée sous la porte. Son objectif premier ayant été atteint, elle sortit des appartements privés du Docteur et referma la porte derrière elle. Bien qu'elle n'ait toujours pas compris pourquoi celle-ci avait été entrouverte, elle avait le sentiment que le Docteur n'apprécierait pas que quelqu'un d'autre vienne fouiller dans sa vie privée, comme elle l'avait fait elle même. Lydie prit soin de ne pas se faire remarquer dans la salle de contrôle. Au vu de l'heure, cela aurait été tout de même étrange qu'elle se balade dans le Tardis. Elle était sur le point de quitter la pièce principale du vaisseau lorsqu'elle fut interpellée.

? : Qu'y a-t-il dans l'enveloppe ?

Lydie (sursautant sous l'effet de la surprise, mais reconnaissant la conscience du Tardis) : Pourquoi me demandes-tu cela ? Quelle enveloppe ?

Le Tardis : J'étais peut-être concentrée sur ma conversation avec le Docteur, mais cela ne signifie pas que je ne peux pas suivre simultanément ce qui se passe à mon bord...

Lydie (comprenant que le Tardis l'avait vu entrer dans la partie réservée au Docteur) : Je m'excuse ! Je sais qu'en tant qu'apprenti-compagne l'accès à ces appartements m'est interdit. Mais cela m'a intriguée de voir que l'entrée n'était pas fermée. Tout comme je n'avais aucun droit de vous écouter avec le Docteur.

Le Tardis : Si tu savais les risques que tus encourrais si tu étais découverte, alors pourquoi avoir enfreint les règles ?

La jeune gallifréenne préféra ne pas répondre pour mieux contrer par une autre question, bien que cet affront puisse lui coûter cher.

Lydie : Pourquoi le Docteur a tant de mal que cela à s'ouvrir aux autres ? (sachant parfaitement que le vaisseau ne lui répondrait pas) Hier, le Docteur m'a paru distant et je n'ai pas résister à mon envie d'en apprendre plus pour m'expliquer cela.

Le Tardis : Et qu'as-tu appris ?

Lydie (hésitante, ne s'étant pas attendue à cette réponse de la part du Tardis) : Que le Docteur ne souhaite pas faire part à ces concitoyens de ses états d'âme et qu'il est particulièrement affecté quand quelque chose touche son passé. Je crois qu'il est en partie nostalgique de temps anciens car mes concurrents et moi lui rappelons des personnes qu'il a connues.

Le Tardis (après être restée un moment silencieuse) : As-tu appris cela en nous écoutant seulement tout à l'heure ?

Lydie : Non, votre conversation n'a fait que confirmer le pressentiment que j'avais depuis hier. C'est aussi pour cela que j'étais venue jusqu'aux appartements du Docteur.

Le Tardis : L'enveloppe ?

Lydie : Oui, j'ai écrit une lettre pour le Docteur lui expliquant qu'il n'a pas besoin de cacher ce qu'il ressentait. Je crois qu'il ne se rend pas compte qu'il garde toujours une certaine distance avec nous en n'échangeant pas à cœurs ouverts avec nous. On est ses apprenti-compagnons. D'après moi, nous sommes aptes à entendre tout ce qu'il aurait à nous dire et nous pourrions l'aider, suivant nos moyens. Après tout, l'un de nous deviendra son compagnon et son rôle sera avant tout de soutenir le Docteur dans ses aventures.

Le Tardis ne répondit rien pendant un certain laps de temps, commençant à faire regretter Lydie de s'être ainsi immiscée dans l'intimité du célèbre seigneur du temps. Finalement, la conscience du vaisseau s'adressa à nouveau à elle.

Le Tardis : Tu sais que ton entêtement pourrait te causer des ennuis.

Lydie : Je suis du genre à ne pas abandonner et à aller au bout de tout ce que je fais. Que va-t-il se passer maintenant ? Tu vas avertir le Docteur que je me trouvais dans ses appartements ?

Le Tardis : Non. Et cela n'est pas dû au fait que le Docteur n'est actuellement pas d'humeur à discuter avec qui que ce soit... Non, je pense que ta désobéissance n'est rien comparé à toute la bienveillance dont tu peux faire preuve envers le Docteur. Aujourd'hui, bien peu de personne le sont à l'égard du Docteur.

Lydie : J'ai l'impression que mes concurrents ne se rendent pas compte comme moi de l'état d'esprit du Docteur et de ce que cela implique d'être l'un de ses apprenti-compagnons.

Le Tardis : Lydie, suis le chemin que je vais t'indiquer.

La jeune femme fut quelques secondes déstabilisée par la demande de la conscience du Tardis. Elle s'efforça de cacher sa confusion et partit dans la direction que le vaisseau lui montrait grâce aux lumières. Le vaisseau la mena non loin de la salle de contrôle, proche de l'endroit où se trouvait les pièces où elle avait patienté le jour de son arrivée (7). Lydie se retrouva en face d'un mur tout à fait normal. Avant qu'elle ait eu le temps de demander au vaisseau ce qu'elle devait remarquer, une double porte apparut devant elle.

Le Tardis : Voici une pièce à laquelle je n'ai pas permis l'accès aux candidats du concours. Entre, je suis certaine que tu vas apprécier ce que tu vas découvrir.

Quelque peu septique, Lydie ouvrit doucement la double porte et resta pantoise, comme l'avait prédit le vaisseau. Sous les yeux émerveillés de la jeune femme se une révéla une immense pièce se développant sur plusieurs niveaux (autant inférieurs que supérieurs). Un escalier métallique en colimaçon permettait d'accéder aux différents étages. Presque intimidée, Lydie entra dans la salle et s'avança sur le sol où résonnaient ses pas. Où que ses yeux se posaient, Lydie apercevait des tissus de toutes les couleurs et matières inimaginables.

Lydie : Je me trouve dans ta garde-robe (8) ?!

Le Tardis : Effectivement. Fais donc le tour de la salle, je sens que tu en meurs d'envie.

Lydie : Puis-je ?

Le Tardis : Bien sûr. Sinon pourquoi t'aurais-je permis d'entrer dans cette salle ?

Lydie (partant rapidement vers les vêtements pendus non loin d'elle) : Merci beaucoup.

Pendant près de dix minutes, Lydie ne fit que s'extasier devant tous les tissus qui passaient sous les doigts. Lydie était en train de s'examiner devant un miroir, ayant placé une tenue de couleur noire de servante devant elle.

Le Tardis : Je ne vous imaginais pas aussi intéressée par les apparences. Ces costumes ont le don de vous faire briller le regard.

Lydie : Je ne suis pas plus passionnée que cela par les habits et l'art de bien se vêtir. Seulement, bien que je ne sache pas grand chose dans le domaine, je sais reconnaître des tenues qui ne viennent pas de Gallifrey. Beaucoup de vêtements de cette pièce sont originaires d'autres galaxies de l'Univers, n'est-ce pas ?

Le Tardis : En effet, je n'ai rien à vous apprendre.

Lydie : Et j'en déduis qu'ils doivent servir de déguisements à vos résidents lorsqu'ils visitent d'autres planètes. Cela doit aider quand on doit endosser un rôle. (remettant à sa place le costume de soubrette (9)) Bien que je pense qu'un guide doit se trouver quelque part dans la pièce, je n'ai aucune idée de ce que représente cette tenue.

Le Tardis : Vous avez raison, le Docteur a toujours eu l'art du déguisement. Cependant, il n'y a jamais eu de guide. Les propres connaissances du Docteur sur l'époque et du lieu de ses voyages étaient une encyclopédie suffisamment complète. Il savait éviter les anachronismes et les erreurs à ne pas faire en ce qui concerne les tendances vestimentaires de la planète visitée (10).

Lydie : Je n'ose imaginer tous les planètes et toutes les époques représentées dans cette gigantesque penderie.

Le regard de la jeune femme fut tout à coup attirée par une robe blanche, drapée à la mode gallifréenne. Celle-ci était placée à quelques mètres d'elle sur un buste de présentation. Lydie se rapprocha rapidement de la robe, l'examinant sous toutes les coutures avec un regard dubitatif.

Lydie : Cette toilette est avec certitude typiquement gallifréenne. Elle m'est vaguement familière, mais je ne me rappelle toutefois pas où j'aurai pu en voir une similaire.

Le Tardis : Peut-être est-ce que parce que vous n'en avez jamais vu de véritable mais seulement des représentations dans des livres d'Histoire ? Ceci est l'une des tenues que portait Romanadvoratrelundar lorsqu'elle voyageait avec le Docteur (11).

Lydie : LA Romanadvoratrelundar (12) ?! Nous parlons bien ici du seul seigneur du temps qui a accompagné le Docteur dans ses voyages si l'on ne prend pas en compte la petite-fille de celui-ci ?!

Le Tardis : Effectivement.

Lydie lâcha alors le tissu qu'elle avait dans ses doigts et s'écarta de la tenue, comme si celle-ci l'avait brûlée.

Le Tardis : Que se passe-t-il ? Pourquoi as-tu l'air d'avoir peur de cette robe ?

Lydie : Je n'en ai pas peur. Seulement, c'est vraiment intimidant d'avoir dans ses mains quelque chose qui a été porté par cette grande dame du temps. Elle n'est peut-être pas aussi légendaire que le Docteur sur Gallifrey mais son nom est présent dans nos manuels d'Histoire.

Le Tardis (s'apercevant que la jeune femme ne comprenait pas encore l'importance de la salle) : Lydie, lorsque je t'ai dit tout à l'heure que je n'avais pas donné l'accès à cette pièce aux apprenti-compagnons, je pensais que j'avais été limpide. Je me rends maintenant compte que je n'ai peut-être pas été assez explicite : si j'en ai interdit l'accès, c'est parce que son usage est réservé au Docteur et à ses compagnons. Une majorité des tenues ici présentes ont été portées par le passé par l'un de mes anciens résidents.

Lydie(bégayant) : Tu veux dire que ces vêtements appartiennent au Docteur ou à ses anciens compagnons ?

Le Tardis : Pourquoi cette nouvelle t'étonne-t-elle ? A qui pensais-tu quand nous parlions des personnes qui ont utilisé cette garde-robe ? Ce n'est certainement pas moi. (divaguant quelque peu) Bien que...(13)

Lydie( ne notant pas la dernière nuance du vaisseau) : Excuse-moi, j'ai seulement du mal à me faire à l'idée que ces vêtements ont une telle importance symbolique. Voilà pourquoi j'ai maintenant si peur de les manipuler, je crains de les abîmer.

Le Tardis : Ils n'en restent pas moins de simples vêtements.

Lydie : Le fait qu'ils aient été portés un jour par un compagnon du Docteur m'amène à l'émerveillement et me pousse à y prendre grand soin. Je sais que pour toi qui a dû voir ces personnes porter ces tenues, cela n'a certainement aucune signification. Mais à mes yeux, ils représentent une part du passé du Docteur. De plus, cela concerne les anciens compagnons du Docteur et celui-ci ne les évoque jamais en notre présence.

Le Tardis : Je comprends. Si cela peut te rassurer, une grande partie de ces costumes sont des copies des véritables tenues des compagnons du Docteur.

Cette déclaration laissa dans le flou la jeune dame du temps. Comment ces tenues pouvaient-elles être à la fois les répliques des véritables costumes et les vêtements ayant été portées par les anciens compagnons réguliers du Docteur ?

Lydie : Comment veux-tu dire par cela ?

Le Tardis : Veux-tu connaître un autre de mes secrets (14) ?

Lydie (sa curiosité étant une nouvelle fois piquée cette nuit-là) : Explique-moi...

Le Tardis : D'après toi, comment a été rassemblée cette garde robe ?

Lydie (quelque peu déstabilisé par la question) : Je pense... Comme le Docteur a fait avec sa bibliothèque, il a collecté ces costumes au fur et à mesure de ses voyages. (15)

Le Tardis : Tu es proche de la réponse mais ce n'est pas tout à fait exact. (un brin d'amusement dans la voix) Retourne-toi.

Lydie fit ce que la conscience du vaisseau lui demanda et son abasourdissement n'en fut que décuplé. Sur un buste de mannequin situé au bout d'un portique se trouvait maintenant un ensemble crème avec une longue veste de couleur brune par dessus. Lydie se mit alors à s'observer elle-même.

Lydie : C'est la même tenue que celle que je porte !

Le Tardis : Remarquable n'est-ce pas ? Mes scanners (16) ne permettent de visualiser un objet quelconque et de le dupliquer pour en garder une réplique.

Lydie : Toutes ses tenues sont donc des répliques de costumes que tu as copié au fil de tes voyages avec le Docteur ?

Le Tardis : De simples scans de mon environnement m'ont donné la possibilité d'étoffer au fil du temps cette garde-robe, complétant ainsi les tenues laisser par les compagnons du Docteur.

Lydie : Pourquoi as-tu dit que ta capacité était un secret ?

Le Tardis : Disons que c'est un fait plutôt méconnu à mon propos. Je pourrais parier que le Docteur ne s'est jamais interrogé sur l'origine de ses vêtements malgré qu'il y ait souvent recours.

Cette phrase conclut la discussion entre Lydie et le Tardis. La conscience du vaisseau laissa la jeune femme encore flâner dans les méandres de la penderie. Celle-ci avait l'air tellement absorbée par ce qu'elle découvrait que la machine à voyager dans le Temps et l'Espace n'avait pas le cœur à briser ce moment de naïveté et d'émerveillement.


Un silence apaisant s'installa alors dans l'immense salle, quelques fois perturbé par le déplacement des étoffes. La conscience du Tardis observait Lydie et s'attendrit en lui trouvant différentes manies et expressions uniques à elle. Le vaisseau ne parvenait pas à comprendre comme Lydie pouvait à la fois sembler si innocente et pourtant être si mature et intelligente. Les dernières déductions de la jeune dame du temps s'étaient révélées justes.

Le Tardis était sure que le Docteur serait inquiet s'il apprenait que l'un de ses apprentis l'avait en partie percé à jour. De plus que la conscience du vaisseau pressentait que Lydie n'allait pas s'arrêter là et allait vouloir en savoir davantage et ce, malgré les risques. Néanmoins, bien que le Docteur ne veuille pas que quelqu'un en apprenne trop à son sujet, le Tardis ne put se résoudre à pousser Lydie vers de fausses pistes. Il était maintenant l'heure pour le Docteur de se réconcilier avec lui-même et son passé.

C'était aussi la raison pour laquelle le Tardis avait si bien accepté l'idée de la lettre écrite par Lydie et adressée au Docteur. Celui-ci refusait de plus en plus de faire face à ses souvenirs, et distinguait passé et présent. Cependant, peut-être écouterait-il un plaidoyer à ce sujet si cela venait de quelqu'un d'autre ? La conscience du Tardis savait qu'elle n'était pas objective après avoir déjà vécu plus de deux millénaires en compagnie du Docteur, alors que Lydie avait toutes les qualités pour le faire.


La jeune dame du temps vint sortir la conscience du vaisseau de ses réflexions. Émergeant presque d'un ensemble de portiques, Lydie se posta sur le plateau métallique au centre du niveau de penderie où elle se trouvait. Elle avait enfilé un long pardessus gris anthracite où étaient cousus plusieurs galons sur les épaulettes. A cause de sa petite taille, le manteau était bien trop grand pour elle et la jeune femme nageait littéralement dans celui-ci.

Lydie : Est-ce que le Docteur a déjà porté ce vêtement ? Car si cela est effectivement le cas, je crois que j'aurai été minuscule par rapport à lui.

Le Tardis (ne retenant pas son éclat de rire, ironisant) : Oh Lydie, tu es adorable !

Lydie : Je ne suis pas sure que ce soit le terme adapté au vu de la situation. On pourrait croire que ce manteau est en train de me manger tellement je flotte dedans.

Le Tardis : Pour répondre à ta question, non, ce manteau n'a pas appartenu au Docteur, mais à l'une de ses vieilles connaissances...

Lydie mourrait d'envie d'en apprendre plus sur cet ancien compagnon (17). Peut-être avait-il déjà été évoqué pendant leurs précédentes discussions ou apparu au cours de ses propres recherches sur le Docteur ? Cependant, elle préféra taire ses interrogations, sa curiosité l'ayant déjà menée loin de cette nuit-là.

Le Tardis (la sortant de ses pensées) : Lydie, est-ce que vous voudriez réellement essayer l'une des ses tenues ?

Lydie :Est-ce que tu discutes aussi avec les autres apprenti-compagnons ?

Le Tardis (ne s'attendant pas à cette question) : Je... Tu es la seule à qui j'ai permis de communiquer avec moi...

Lydie : Alors je l'unique des apprentis à avoir cette opportunité... Mais pourquoi moi ?

Le Tardis (dorénavant déstabilisée) : Je croyais te l'avoir dis lors de notre premier échange. De cette manière, je te remercie pour m'avoir prise en considération pendant la troisième épreuve (18).

Lydie : Je sais cela. Ce que je voulais dire, c'est pourquoi m'as-tu autorisé tant de libertés ? Tu es allée à l'encontre des règles qu'avait fixées le Docteur et je doute qu'il soit heureux de ce que tu as pu faire derrière son dos.

Le Tardis : Ne t'en fais pas pour cela, le Docteur n'est jamais longtemps rancunier avec moi.

Lydie :Je ne veux pas être égoïste, mais j'ai surtout peur de ce qu'il pourrait penser de moi... Jusqu'à ce soir, nos discussions étaient une sorte d'émancipation pour moi dans le contexte du concours. Seulement, je me suis maintenant aperçue que je sais des choses que je ne devais pas connaître en tant qu'apprenti-compagne. J'ai le sentiment de tromper la confiance que l'on m'accorde.

Le Tardis : Dans ta situation, avoir de la curiosité ne signifie pas avoir des avantages secrets.

Lydie : Alors pourquoi ai-je l'impression de ne pas être honnête vis-à-vis de tout le monde ici ? Le Docteur semble souhaiter garder de la distance avec ses apprentis et je vais à l'encontre de cela en en apprenant de plus en plus à son sujet. Quant à mes concurrents, bien que l'on participe à une compétition, je ne veux pas être avantagée. Si j'ai pris part à ce concours, c'est en partie pour voir ce que je vaux. Et si je n'en sors pas victorieuse, alors cela signifie que je ne suis pas à la hauteur pour le Docteur. Si je parviens à devenir la compagne de celui-ci, je veux que ce soit pour ma personnalité et mes compétences. Il n'y a aucun mérite s'il y a tricherie.

La conscience du Tardis arrêta d'écouter Lydie à ce moment-là, elle en a assez entendu. Assez pour comprendre que la jeune femme était un modèle d'honnêteté et de bienveillance. Des valeurs qui sont chères au Docteur.

Lydie : ...c'est pour cela que je ne souhaite plus communiquer avec toi. (remarquant alors le silence du vaisseau) Enfin, cela ne signifie pas que nous n'aurons plus de conversations. Seulement, je préfère limiter nos échanges à ton simple besoin d'avoir un autre interlocuteur que le Docteur.

Le Tardis : Est-ce vraiment ce que tu veux ?

Lydie : Là n'est pas la question... Je prends cette décision dans l'intérêt de tous.

Le Tardis : Si c'est ce que tu désires, alors je ne te parlerai plus du Docteur, ni de tous ceux qui ont croisé sa route.

Lydie (reconnaissante) : Merci.

La jeune gallifréenne ne put retenir un bâillement qui la prit tout d'un coup. La nuit précédente avait été courte pour elle, son esprit étant alors en pleine réflexion à propos du Docteur. Elle ne s'était donc que peu reposée et la fatigue la rattrapait alors. Quittant le long manteau d'un certain capitaine, Lydie alla le ranger puis prit congé du Tardis. La jeune dame du temps savait qu'elle allait quelque peu regretter les longues discussions qu'elle avait eu avec la conscience du vaisseau. Sans avoir le Docteur ou les anciens compagnons de celui-ci pour sujets, leurs futurs discussions allaient rapidement tournées court. Mais elle préférait cela au sentiment de culpabilité qui l'aurait habitée si elle avait continué sans rien changer. Elle s'endormit le sourire aux lèvres, heureuse de pouvoir profiter pleinement de la compétition sans avoir à se soucier des autres habitants du Tardis.


Les jours suivants ne s'avérèrent pas similaires aux jours précédents. Contrairement à l'omniprésence du Docteur (19) la semaine d'avant, le seigneur du temps joua alors le fantôme. Il laissa seulement une note à l'intention de ses apprentis, leur expliquant qu'il devait s'absenter du Tardis quelques temps. Il avait quelques affaires à régler pour la suite de la compétition et ne savait pas quand il serait de retour.

Deux jours s'écoulèrent avant que le Docteur refasse son apparition dans son Tardis. Lydie, qui se trouvait en compagnie de quelques uns de ses camarades dans le salle de contrôle, accueillirent le Docteur. La jeune femme remarqua que celui-ci était fatigué et qu'il avait l'air d'avoir vieilli de plusieurs années. Cependant, elle aperçut aussi une lueur de satisfaction dans ses yeux. Lydie ne pouvait en expliquer la raison, mais le célèbre gallifréen était enjoué et cela était très certainement dû à ce qu'il avait fait au cours des dernières quarante-huit heures. Le Docteur les remercia de leur accueil et les pria d'aller chercher leurs camarades. Il voulait que tout le monde soit présent dans la salle de pilotage d'ici dix minutes. La demande du Docteur fut respectée : tous les concurrents furent réunis, permettant au Docteur de s'adresser à eux.

Le Docteur : Bien, puisque tout le monde est là, je vais pouvoir vous faire part des dernières nouvelles. J'ai réussi à organiser la prochaine épreuve telle que je l'entendais et celle-ci aura lieu dans trois jours. Je ne vais pas vous en révéler davantage afin que vous abordiez l'épreuve instinctivement le jour venu. Tout ce que je vous demanderai, c'est de consolider vos connaissances.

Un des apprentis : Dans quel domaine ?

Le Docteur : A vous de choisir. A votre avis, que vous ai-je réserver pour la prochaine épreuve ?

Le Docteur laissa ses apprenti-compagnons sur ces dernières paroles. Il était sur le point de rejoindre ses appartements lorsqu'il se retourna pour leur faire face.

Le Docteur : Au fait, je remercie celui ou celle qui a écrit la lettre. Et si un jour je souhaite en parler, je n'hésiterais pas, cela est une promesse. (remarquant l'étonnement des autres résidents du Tardis) Seulement, je ne pense pas que votre bienveillance soit unanime chez vos camarade, apprenez à vous affirmer en tant qu'individu.

Le légendaire gallifréen les quitta alors pour de bon, laissant la presque totalité de ses apprentis en pleine séance de réflexion. Tout d'abord, parce qu'ils tentaient de deviner le contenu de la prochaine épreuve. Et ensuite, parce qu'ils ne savaient pas ce à quoi le Docteur faisait référence. Seule Lydie savait à quoi cette histoire correspondait. Toutefois, elle fit mine d'être étonnée pour que personne ne découvre qu'elle était l'auteure de la lettre.

Lydie : *Le Docteur a raison, il faut vraiment que j'ai plus confiance en moi et que je ne me repose pas sur l'effet de groupe...*

Le seul regret de Lydie venait de la réponse du Docteur. Malgré le fait de l'avoir mis devant la réalité des choses, il n'avait pas voulu se dévoiler. Face à ses apprentis, le Docteur restait irrémédiablement distancier et ne souhaitait pas parler de lui plus que le minimum.


(1) cf. Chapitre 13

(2) Autre référence au chapitre 13. C'est une scène que je veux parallèle au passage où le Docteur entre dans l'esprit de Lydie. Je voulais montrer l'idée de l'intimité et de la vie privée par l'image de la pièce aux multiples portes. Portes qui, fermées, révèlent qu'il y a certains morceaux de la vie que l'on ne souhaite pas montrer.

(3) cf. Les Anneaux d'Akhaten. Je pense que beaucoup ont reconnu « The Long Song », chanté en même temps que le discours du Docteur au dieu. Personnellement, j'adore cette chanson qui me met les larmes aux yeux à chaque fois.

(4) cf. Le chant des Oods. Le chant de cette espèce avait une importance particulière pour le dixième Docteur à la fin de sa vie.

(5) Je cite ici les deux anciennes compagnes du Docteur auxquelles font référence les deux extraits de musique. La réminiscence chez le Docteur de Clara se fait avec « The Long Song » parce qu'elle était sa compagne qui a su trouver comment rassasier le dieu alors que lui avait échoué. Quant à Donna, le Chant des Odds est une référence directe à la reconnaissance que ce peuple a eu pour elle. Dans l'esprit Docteur, ce chant est directement lié à Donna et à la fin de l'ère du dixième Docteur.

(6) Ce qui littéralement exact puisque certains de ses compagnons sont devenus des membres de sa famille par alliance. River devenant sa femme, Amy et Rory étaient devenus ses beaux-parents.

(7) cf. Chapitre 7

(8) Personnellement, c'est l'une de mes pièces préférées du Tardis. J'ai voulu la laisser telle qu'elle était montrée dans L'invasion de Noël. Ce chapitre est un peu mon hommage pour cette pièce si utile mais que l'on ne nous montre pas assez dans la série.

(9) Pour ceux qui ne voient pas à quelle costume je fais référence, j'évoque ici la tenue de servante que portait Martha dans La famille de Sang/ Smith, la Montre et le Docteur.

(10) Ce qui est toutefois un peu inexact dans la série puisque le Docteur ne change pas de costumes aussi souvent que ses compagnons qui font l'effort de s'habiller suivant les goûts vestimentaires du lieu et de l'époque qu'ils visitent.

(11) cf. The Ribos Operation

(12) Ce personnage de l'ancienne série m'a toujours fasciné sans que je m'explique pourquoi. Cependant, j'ai trouvé que c'était l'occasion parfaite dans ce chapitre de l'aborder parce qu'en tant que dame du temps, elle est connue sur Gallifrey.

(13) J'évoque ici implicitement L'Âme du Tardis, où la conscience de celui-ci s'était retrouvée dans un corps humain.

(14) Je fais écho au chapitre 12 où le Tardis révèle à Tardis l'existence de son programme secret,Mélécaon.

(15) cf. Chapitre 13

(16) Le Tardis est en effet équipé de ce genre d'appareillage puisqu'elle fait des analyses environnementales pour le Docteur avant chaque sortie.

(17) Je crois avoir été assez descriptive pour que vous reconnaissiez le manteau du célèbre capitaine Jack Harkness, d'où l'expression « vieille connaissance » en référence à la longévité du personnage et à Face de Boe.

(18) cf. Chapitre 7

(19) cf. Chapitre 13 parce que le Docteur était beaucoup présent pour se présenter à eux via les visites de différentes pièces du Tardis.


J'espère que cela vous a plu, je travaille déjà sur le prochain chapitre qui sera l'une des dernières épreuves du concours. Avec un revirement de situation qui je suis sûre vous plaira. A bientôt.