Cette longue attente est impardonnable, mais sincèrement je n'avais plus de temps ces derniers mois. C'est d'autant plus frustrant que mon imagination développe beaucoup d'idées de fanfics.
Enfin pour saluer la sortie très prochaine du dernier tome d'Alex Rider qui ne portera que sur Yassen Gregorovitch, Russian Roulette : the story of An Assassin d'Anthony Horowitz, j'ai enfin écrit les derniers chapitres de cette fiction.
En espérant que je trouverai le temps d'écrire plein d'autres fics sur Alex Rider, je vous souhaite d'apprécier la lecture de ce chapitre. Merci à tous ceux qui continuent de me lire!
Chapitre 14: On ne vit qu'une fois.
Plus John aimait Yassen et moins sa vie lui convenait. Il ne se sentait plus simplement partagé entre sa femme et son amant ou encore entre Scorpia et la vie normale à laquelle il aspirait.
Il était comme un rat pris au piège.
La naissance de son fils avait approfondi ce mal être. Il faillit se résigner à demeurer ainsi jusqu'à la fin de ses jours, mais par respect pour lui-même et pour ses proches, il devait essayer.
Il pris la décision de se défaire de Malagosto et de Scorpia une bonne fois pour toute. Il pourrait ensuite envisager une nouvelle vie. Avec Yassen.
John décida qu'il en parlerait au Russe au moment opportun mais il fallait auparavant qu'il s'assure d'avoir l'appui de la seule personne qui pouvait lui venir en aide. La première personne en laquelle il avait eu confiance dans sa vie.
Mais celle –ci était bien plus difficile à convaincre que prévu :
-Je regrette mais je ne peux pas te laisser faire ça.
John Rider poussa un profond soupir. Il se faisait tard, la fatigue commençait à gagner tout son corps et pourtant il devait y faire face. Il devait le faire céder avant de quitter l'Angleterre, autrement dit, avant la tombée de la nuit.
Alors il entama la meilleure stratégie pour affaiblir un adversaire résistant : il se leva et lui servit un verre d'alcool.
-J'ai déjà pris ma décision, rien de ce que tu diras ne me fera changer d'avis, j'aimerais juste savoir si tu marches avec moi. Dans le cas contraire, j'en serais vraiment navré, insista John.
John Rider esquissa un sourire, il savait qu'il avait déjà gagné. Il fallait juste que son adversaire s'en rende compte à son tour.
-Je ne te dis pas cela par gaîté de coeur, je serai plus qu'enchanté que tu quittes Scorpia mais il y a l'art et la manière...
-Je manque de temps. Non, en fait, j'ai atteint mes limites depuis longtemps, Ian.
Le cadet prit volontiers le verre que lui proposa son frère. D'ordinaire, il adorait le vin français mais cette fois il ne prit pas la peine de le savourer tant il était anxieux.
-John, je ne suis pas contre l'idée de t'aider...
-Faire appel au MI6 n'était pas dans mes plans. Mais c'est la seule manière de garantir ma sécurité, admis John.
-La tienne ou celle de l'autre ? demanda froidement Ian.
-Il a un nom tu sais. Et je croyais que tu commençais à l'accepter, intervint vivement John.
Ian haussa les épaules. Il mentirait en disant qu'il ne s'était pas habitué à la présence du Russe aux côtés de la famille.
Yassen avait été convié à fêter la naissance d'Alex avec la famille même si Ian avait trouvé sa présence déplacée.
Ian se demandait ce qui avait enclenché cette prise de décision chez son frère aîné.
-Tu cherches à le sauver parce que tu le crois encore en danger ?
-Non. Mais j'estime que le MI6 a une dette envers lui. Et c'est peut-être le moment de s'en acquitter.
Ian se leva avec nervosité. John venait de marquer un point.
Il finit son verre d'un trait puis s'adressa à John :
-C'était une erreur, John, aujourd'hui un tel incident ne se produirait jamais.
John eut un rictus. A la pensée du sujet qu'ils allaient évoquer, il sentit son coeur se soulever.
-Un incident ? Torturer un enfant de 10 ans sous prétexte qu'il était au mauvais endroit au mauvais moment, tu appelles cela un incident !
-Je n'y étais pas ! Je n'étais même pas au courant..., se défendit Ian.
John leva une main pour s'excuser.
-Je sais, dit-il d'une voix plus douce. J'ai du mal à comprendre leurs motivations...
-Le contexte a beaucoup joué, le coupa Ian. Ne t'imagine pas que je cherche à excuser le MI6, mais plusieurs éléments sont à prendre en compte.
-J'attends toujours ton rapport puisque tu n'as rien voulu me dire au téléphone mis à part l'implication du MI6, fit remarquer John.
-Je préférais t'en parler de vive voix, expliqua Ian.
Il se rassit sur le canapé et tendit son verre à John pour se faire resservir.
Après avoir bu une gorgée, il lui révéla toute l'histoire.
-Les parents de Yassen étaient des scientifiques de qualité. Durant la période de la guerre froide ils ont accepté de contribuer à des opérations secrètes sous la direction de l'armée rouge.
D'après les témoignages recueillis après leur mort, ils étaient vus comme de bons patriotes.
John écoutait ses paroles avec beaucoup d'attention. Il ignorait tout des parents de son amant. Plusieurs fois il avait voulu aborder le sujet avec le principal concerné mais il s'était résigné en faisant preuve de patience. Peut-être qu'un jour Yassen lui apprendrait toute son histoire de lui-même. Mais John n'en n'était pas sûr.
-Les choses se sont corsées quand ils ont voulu quitter leur mission comme l'indiquait l'accord tacite mais ce n'était pas possible. Tu n'es pas sans savoir que beaucoup de Russes ont mal digéré la fin de la guerre, il y a eu des groupes dissidents au sein de l'armée qui proposaient du travail aux scientifiques. Les parents de Yassen ont vite fait d'abdiquer à leur demande car leur fils avait été kidnappé. Ce sont eux qui ont infligé à Yassen les premières maltraitances.
Ian s'arrêta pour finir son verre. Lorsqu'il reprit son récit il semblait aussi épuisé que son frère.
-Le MI6 avait de son côté pour mission de surveiller les activités illicites des Russes. Il s'est intéressé de près au laboratoire mais lorsque l'autorisation pour une perquisition a été enfin fournie il était trop tard. On n'a jamais vraiment su si l'explosion du laboratoire était un accident ou un crime. Tous ceux qui y travaillaient en sont mort, les parents de Yassen y compris: son père est décédé sur le coup et j'ai entendu dire que sa mère avait succombée à ses blessures six mois après le drame. Il ne restait plus aucune trace des activités qui avaient pu s'y déroulées, juste un témoin.
-Yassen Gregorovitch, conclu John.
Ian hocha doucement la tête.
Le coeur de John battait de plus en plus fort au fur et à mesure que Ian avançait dans son discours.
-C'était le seul à s'être rendu dans le laboratoire et à être entré en contact avec les dissidents, même si c'était contre sa volonté.
-Qu'est-ce qui leur a fait croire que Yassen connaissait les lieux où travaillaient ses parents ?
-Après le kidnapping, sa mère a insisté pour qu'il ne la quitte plus. Elle a préféré l'emmener dans un endroit dangereux plutôt que de le confier à une tierce personne. C'était sa condition pour accepter de travailler au laboratoire.
Lorsque les agents ont voulu l'interroger, il n'a prononcé mot. Je crois qu'il était en état de choc, après tout il n'avait que 14 ans et il venait de perdre ses parents de manière brutale.
Le problème c'est que les personnes chargées de l'interrogatoire sont rarement patientes.
Ils ont enfermé Yassen dans une pièce sombre durant des jours, en s'abstenant de le nourrir jusqu'à ce qu'il parle.
-On m'a affirmé qu'il avait subi des actes de tortures, affirma John Rider.
- En plus d'être enfermé dans cette pièce il avait les poignets retenus par des chaînes. Il était suspendu plusieurs heures dans la journée. Les interrogatoires répétitifs ne donnaient rien et agents ont fini pas perdre patience.
John garda le silence durant de longues minutes. Des images de son amant hurlant de douleur, souffrant de ses blessures sans que personne ne viennent à son secours ou ne se soucient de lui défilaient dans son esprit.
Yassen agissait aujourd'hui comme si tout ce qu'il avait enduré appartenait au passé. Mais malgré tous ses efforts, son corps et son esprit en gardaient des séquelles. Il était de nature froide et méfiante bien avant son arrivée à Malagosto, et au vu du récit de Ian, John ne pouvait que le comprendre
-Je sais ce que tu penses, John. Certes, aucun enfant ne mérite cela. Mais il s'en est sorti, pire il a rejoint Malagosto de son plein gré. Tu ne peux pas faire de lui une victime. Plus maintenant, exposa Ian Rider.
-Il aurait eu une vie normale si vos putains d'agents n'avaient pas posé la main sur lui! Cria John.
-Je ne disais pas ça contre toi et encore moins contre lui, je t'exposais juste l'argument que te donnera Alan blunt.
John soupira. Il connaissait la réputation du directeur du MI6 pour l'avoir déjà rencontré plusieurs fois dans le passé.
-Yassen n'a encore commis aucun crime. Il a déjà tué mais aucune de ses victimes 'était innocente. Il peut encore s'en sortir. Quant à moi je demande l'immunité, en échange je vous donnerai des renseignements qui vous aideront à faire plonger Scorpia.
Ian hocha la tête. Il connaissait assez bien son frère pour savoir qu'il ne reculait devant rien lorsqu'il était déterminé. C'était l'une des raisons pour laquelle il l'avait toujours admiré.
-Je transmettrai ta demande, promis Ian.
-Merci, Ian. je savais que je pouvais compter sur toi.
Ils se levèrent tous les deux pour une brève étreinte.
John regagna la porte escorté par son cadet et au moment de franchir le seuil, il ressentit le besoin d'interroger Ian sur un point important:
-Ian, sais-tu ce que sont devenus les agents qui ont interrogé Yassen?
C'était une question délicate à laquelle son cadet aurait voulu éviter d'être confronté.
- L'affaire s'est réglée dans l'ombre parce que d'une part Yassen avait les yeux bandés, il n'aurait pas pu reconnaître ses agresseurs. Par ailleurs si les Russes avaient accepté le procès, ils auraient dû admettre l'existence du laboratoire clandestin. Finalement les coupables ont tous été destitués d'après ce que j'ai pu comprendre. Ils étaient assez jeunes à l'époque, des novices qui pensaient ne pas avoir à respecter les procédures et qui se sont brûlés les doigts. J'ai entendu dire que l'un des agents avait perdu son ami dans l'explosion du laboratoire, c'est ce qui lui a fait perdre son sang froid.
John n'éprouva pas le besoin de répondre. Il était l'heure de regagner l'Italie, Julia Rothman lui avait donné une permission de 24 heures en pensant qu'il rejoindrait son épouse.
Il se dépêcha de regagner l'avion pour se reposer. Se préparer serait plus approprié. S'il lui avait été aisé de convaincre son frère il n'était pas sûr de pouvoir en dire autant pour Yassen.
Une fois que son avion eût atterri, il attendit patiemment son amant dans sa chambre.
Le Russe était partit depuis trois semaines en Asie pour une mission d'infiltration. Il devait revenir ce soir si tout se passait correctement.
John réfléchissait au meilleur moyen de lui présenter la situation. Il prenait peu à peu conscience que ce qu'il avait l'intention de demander à Yassen pouvait conduire à la fin de leur relation. Le Russe avait juré fidélité à Scorpia ne serait-ce que pour rester auprès de lui mais c'était sans imaginer que son mentor voudrait un jour quitter l'organisation.
Alors qu'il était plongé dans ses pensées, l'Anglais entendit frapper à sa porte. Il se leva pour accueillir Yassen.
Alors qu'il le contemplait avec envie, John eut la sinistre pensée qu'ils passaient peut-être leur dernière soirée ensemble. S'il avait demandé à Yassen sa démission auprès de Julia dès le mois qui suivait son arrivée, le Russe aurait volontiers pris parti pour lui et ils auraient pu construire une vie bien à eux en dehors de cette île asphyxiante.
Mais en vérité Yassen avait fait son chemin depuis son arrivée sur Malagosto, John avait conscience qu'il ce qu'il allait lui demander ressemblait davantage à un sacrifice qu'à une preuve d'amour. C'était d'autant plus égoïste que Yassen n'avait jamais exigé un tel acte de sa part.
Pendant que son cerveau s'encombrait de réflexions inéluctables, ses yeux dévorait Yassen du regard. Le jeune homme avait conservé sa peau blanche alors qu'il venait de passer trois semaines en Orient et si l'entraînement qu'il avait subi lui avait permis de développer ses muscles, il gardait toujours la même silhouette svelte et élancée.
-Tu m'as tellement manqué, dit-il en l'embrassant et après avoir fermé la porte derrière lui.
-J'ai vécu les semaines les plus longues de ma vie, répondit le Russe en souriant.
Il enlaça tendrement John en enfouissant son visage au creux de son cou. Son parfum lui avait cruellement manqué. L'Anglais parcourait le corps de son amant à l'aide de ses mains, la sensation qu'il éprouvait en serrant son corps contre lui était unique. Etre toujours proche de son amant, c'était ce désir qui l'avait envahit au point de lui faire oublier Scorpia.
Les tendres caresses devinrent plus fougueuses, ils firent l'amour plusieurs fois comme pour se redécouvrir. Un sourire satisfait sur leurs visages trahissaient leur pensée: leurs sentiments restaient inchangés.
Il s'en fallut de peu pour que cette impression perdure, la conversation qui suivit déclencha une dispute sans précédant entre les deux amants.
John repoussa Yassen à contrecoeur. Le Russe sentit qu'il avait quelque chose d'important à lui dire, mais jugea que rien ne pouvait le déloger de son petit nuage alors il s'allongea contre le torse de son mentor.
-Je veux rester avec toi toute ma vie, susurra John.
-ça tombe bien, c'est exactement ce que j'avais prévu, répondit le Russe les yeux mi-clos.
-Alors quitte Scorpia, dit John en un souffle.
Le silence qui suivit sa demande l'avertit sur la tournure qu'allait prendre la conversation. Yassen avait relevé la tête et ses yeux interrogeaient John sur ses intentions.
-Tu n'es pas sérieux?
-J'y songe depuis un moment. Scorpia ne m'a rien apporté de bon et toi non plus tu ne dois pas t'attendre à grand chose, tenta de convaincre l'Anglais.
-Même si ça me tue de te l'avouer, sans Julia Rothman, je serai déjà mort à l'heure qu'il est, répliqua Yassen en se levant d'un bond.
Il enroula le drap au tour de sa taille et s'assit au bord du lit.
-Yassen, tu es quelqu'un de très intelligent, tu sais au fond de toi qu'on ne pourra pas tenir éternellement ainsi, déclara John.
-Quand j'aurais fait mes preuves, je serai libre de choisir mes missions et on aura plus de liberté pour vivre comme on l'entend, tenta de négocier Yassen.
-Tu vas tomber dans un engrenage comme tu n'as pas idée, il vaut mieux tout arrêter pendant que tu en as encore l'occasion!
-Tu n'as pas confiance en moi? S'offusqua Yassen.
-Je crois que tu sous-estimes à quel point tu vas devoir t'impliquer. Ils ne te lâcheront jamais , voulut le raisonner John.
-J'agis en homme de raison, John, ce qui est loin d'être ton cas en ce moment. Je ne te comprends pas, dit Yassen dans une tentative d'apaiser la tension, si je quitte cette île on ne fera que s'éloigner...
-Je partirai avec toi, dit John avec douceur.
Yassen était sous le choc. Il se demandait où son mentor voulait en venir.
- Tu penses que Julia va nous laisser partir tous les deux? Ironisa le Russe.
-Si elle n'a pas le choix, oui. J'ai un plan , le MI6 va nous aider, je les ai déjà informé, répondit John toujours en gardant son calme.
-Tu as contacté nos ennemis? Mais tu es devenu fou! Tu prends de tels risques pour... pour ...
-Nous. Et si tu t'y opposes, ça signifie que tu ne tiens pas à moi autant que moi je tiens à toi! Termina John.
Yassen se leva et rassembla furieusement ses affaires.
-Yassen, je t'en prie, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, s'excusa l'Anglais.
-C'est ce que tu cherches à me dire depuis le début, constata le Russe en se rhabillant.
-Je te demande simplement de réfléchir à ce que pourrait être notre vie si on était loin d'ici, dit John en se redressant subitement.
-Non, tu ne me demandes pas d'y réfléchir, tu m'imposes ton choix. Tu as déjà lancé ton plan, n'est-ce pas John? La seule chose que tu veux c'est savoir si je te suivrai. Tu n'avais pas le droit de prendre cette décision à ma place.
Il avait planter sur son amant regard accusateur. John lutta contre la fatigue pour lui fournir une explication sincère.
-Je ne pouvais pas attendre. Je n'en peux plus d'attendre . On risque nos vies chaque jour pour des êtres ignobles, adressa t-il au Russe.
-Tu te sens peut être différents d'eux mais moi j'en fais parti. Au revoir John.
John n'entendit même pas la porte claquer. Il s'allongea pendant ce qui lui parût une seconde. Ce fut en réalité une heure.
Sa raison lui criait qu'il avait tort tandis que son coeur lui hurlait que c'était son dernier recours.
Il ignora ce désaccord d'esprit et se rendit dans la chambre du Russe. Il eut beau frapper mais aucun bruit n'indiquait la présence de son amant.
Trop agité pour trouver le sommeil, John entama une promenade au bord de la falaise. Il vit une ombre qui se tenait appuyée contre un rocher: apparemment son amant avait éprouvé le même besoin.
Yassen ne témoigna pas de surprise en le voyant, mais dans le regard qu'il adressait à John il y avait un air de reproche mêlé à l'incompréhension.
-Tu es injuste, John. Tu n'as pas le droit de me demander de tout abandonner maintenant, reprocha le Russe.
L'Anglais s'adossa à son tour contre le rocher. Il cherchait ses mots pour persuader Yassen. C'était sa dernière chance.
Aucun des deux n'avait tourné le regard vers l'autre, il fixait la mer d'un oeil mélancolique.
-C'est égoïste, je l'admets.
-Alors pourquoi tu me poses un tel ultimatum!
-Tu vas me perdre si je reste ici, et je vais te perdre si tu restes sur cette voie. La vie d'un tueur à gages est courte, c'est inévitable, expliqua John.
- Tu n'en sers rien et moi non plus.
-Tu es encore jeune, tu peux changer de voie. J'ai beaucoup trop donné Yassen, je ne veux plus passer à côté de ma vie.
Yassen le regarda enfin. Et il comprit. Il comprit que John ne reviendrait pas sur cette décision. Et il savait déjà qu'il ne pourrait pas le quitter. Sa décision à lui était déjà prise en quelque sorte.
Il poussa un profond soupir.
-Comment peux-tu être sûr que le MI6 acceptera ? Je ne leur fais pas du tout confiance.
- Je sais, fit John sur un ton doux sans préciser qu'il connaissait l'histoire entre Yassen et le MI6. J'ai un contact de confiance là-bas. Il saura défendre notre cause, dit John en omettant délibérément de mentionner le nom de Ian .
-Tu leur a promis quoi en échange? continua d'interroger Yassen.
-L'immunité pour nous deux contre des informations sur Scorpia, révéla l'Anglais.
-John !
-Ne t'en fais pas. Ils ne sauront rien de notre relation, ils t'accorderont l'immunité parce que tu n'as pas tué d'innocents. Crois-moi ils préfèreront nous savoir libres plutôt que de nous savoir avec Scorpia et donc contre eux.
Il y eut un silence puis Yassen enlaça John timidement. L'Anglais se sentait rassuré. Yassen et lui allaient enfin pouvoir prendre un nouveau départ.
-Je ne te promets pas de quitter complètement le milieu, John, juste de ne pas te quitter toi.
-Je n'en te demandais pas davantage, dit John en resserrant son étreinte.
Quelques jours passèrent et Julia fournit à John et à Yassen l'occasion de mettre leur plan en marche. Ils devaient se rendre à Malte pour abattre un trafiquant de drogue. Une petite mission sans risques en apparence.
Ce fut qui Ian qui vint voir John cette fois pour lui expliquer le déroulement de l'opération. Il avait eut l'accord du MI6 pour retirer son frère de l'organisation criminelle, il devait le briefé sur la mission mais il devait se faire discret sur sa participation , d'où son exclusion de la mission sur le terrain.
Il rencontra John à Rome, dans un coin discret à l'abri des regards. Ils étaient seuls, John avait demandé au Russe lui faire confiance et de le laisser s'occuper de tout.
Ian se lança dans une explication simple et limpide:
-Au cours de ta mission à Mdina, tu accompliras ta tâche comme à ton habitude. Une dizaine d'agents seront cachés, ils feront surface après que tu auras abattu Caxero, à onze heures pile. Tu devras te séparer de Yassen pour éviter d'être une cible facile. Vous tirerez sur les agents sans viser les parties vitales, ils porteront des gilets pare-balles. Eux non plus ne vous viseront pas , ils ont pour ordre de vous capturez vivants. Ils ont tous été recrutés soigneusement, ils ne chercheront pas à vous duper. tu peux me faire confiance.
-Je ne m'inquiète pas pour ça , confirma John.
-Lorsque vous serez capturés, Julia Rothman essaiera sûrement de vous récupérer,elle proposera un échange mais on refusera catégoriquement et on mettra en scène votre mort. Alex et Hélène seront à l'abri, ils prendront l'avion pour la France. Quant à Toi et Yassen vous aurez une nouvelle identité. Vous pourrez aller où vous voudrez après avoir fournis les informations sur Scorpia, conclu Ian.
A peine John eut-il fini de le remercier que Ian retourna prendre son avion.
Tout avait été planifié parfaitement, aucun détail n'avait été laissé au hasard. Il n'y avait aucune raison pour que ça échoue.
Et pourtant rien ne s'était passé comme prévu.
