"... veut dire, papa ? Pourquoi nous... cet ordre ?"
"... ence, petit idiot. Papa essaye de l'expliquer".
C'est la voix de Jâ-nii. Renzô se glissa plus près de la chambre où il avait entendu des voix et pressa son oreille contre la porte pour écouter ce qui se disait.
"...Pour le mieux. Naturellement, les Hôjô continueront de rester à nos côtés dans l'ordre afin d'amener le reste du Myôda à faire de même. Il est essentiel que chacun de nous participe si nous voulons protéger nos familles. Je m'attends à ce que vous fassiez de votre mieux et que vous nous soutiendrez à travers ces moments".
"Que pouvons-nous faire pour aider ?" Demanda Jûzô, calme comme d'habitude face aux paroles de son père.
"J'ai déjà discuté avec votre mère et nous pensons que c'est le meilleur pour vous de commencer à étudier le plus tôt possible. Heureusement, nous avons réussi à trouver un accord avec le directeur. Tandis que le reste d'entre nous va subir des formations ailleurs, nous avons la possibilité de vous inscrire à l'Académie sans frais. Vous terminez votre scolarité basique là-bas et irez à l'école d'exorcisme pour apprendre leurs techniques. Enfin, vous deux et Renzô devrez encore attendre un certain temps avant d'avoir à vous en préoccuper", expliqua Yaozô.
"Tu te fiche de moi ?"
C'était la voix de Jun.
"Je suis sur le point d' obtenir mon diplôme cette année. Tu veux sérieusement me changer d'école juste comme ça ? Ça doit être une blague !"
"Grande sœu-..."
"Shima-san ?"
Renzô sursauta loin de la porte de surprise et mordit presque sa langue en repérant Konekomaru.
"Mec ! Me surprends pas comme ça !" siffla doucement Renzô à l'autre, appuyant une main sur sa poitrine.
"Désolé..." Konekomaru avait l'air un peu solennel. C'était une expression assez fâchée et Renzô baissa les yeux sur ses pieds, se sentant coupable.
"Non... ça va. Tu as besoin de quelque chose ?"
Konekomaru leva les yeux vers lui avec un petit froncement de sourcils. Sa main tira un peu sur la manche de sa chemise, ses doigts s'enroulant autour du tissu dans un mouvement nerveux. "Je suis inquiet à propos de Bon... tu ne l'es pas ?" demanda le petit garçon.
Renzô pouvait entendre la voix de sa sœur s'élever de plus en plus de l'autre côté de la porte, et celle de son père commençait à prendre la même tonalité. Renzô réprima une grimace et attrapa le poignet de Konekomaru pour le tirer loin du corridor.
"Tout va aller mieux", lui dit-il. "Ne t'inquiète pas tellement !" Il fit un sourire rayonnant.
Renzô fit de son mieux pour essayer de détourner l'attention de son ami. Il était inutile de s'inquiéter à propos de choses comme ça. C'était des choses d'adultes. Ce qui leur arrivait ne les concernait pas.
Bon devrait vraiment apprendre à voir les choses cette façon, pensa Renzô avec exaspération.
Quand il rentra finalement dans sa chambre, ses frères n'étaient pas encore là. Il fronça les sourcils pendant une seconde, mais suivi son propre conseil et décida de se mettre au lit sans se poser de questions. Alors qu'il était en train de ses changer, il se souvint qu'ils avaient reçu leurs lettres ce matin. Il n'avait pas encore eu la chance de regarder la sienne. Profitant du fait qu'il était seul, Renzô l'ouvrit rapidement et commença à lire. Voir le bracelet qui était avec le fit sourire, et un petit frisson le parcourut une fois qu'il ait fini de le mettre. La couler rose du bracelet était plutôt stupide et un peu girly, mais il s'est fichait. Bien sûr, il était un peu gêné que Yuki-chan ait découvert l'accident, mais il avait prévu que Bon se vengerai après l'autre jour.
Il ne perdit pas de temps avant d'écrire sa réponse.
Cher Yuki-chan,
Merci pour le bracelet ! Je l'aime beaucoup. J'espère que tu aimeras ce que je t'ai envoyé aussi. As-tu déjà fait des origamis ? Nous en faisons ici de temps en temps. C'est censé nous aider à méditer parce que nous nous concentrons à faire les mêmes mouvements, encore et encore. Habituellement je déteste quand nous devons aller méditer, mais je voulais faire ça. C'est bien. Garder mes mains occupées et la seule raison pour laquelle je ne finis pas par tomber endormi comme d'habitude.
Au cas où tu ne comprendrait pas vraiment ce que c'est, ce que je t'ai envoyé est censé être une fleur de lotus. C'est le premier que nous avons appris à faire pour des raisons obscures. Je pensais que ce serait convenable, héhé. Parce que c'est rose.
Heureux que tu ne sois pas fâché d'avoir appris que je t'avais confondu avec une fille au début. Au moins, je n'ai pas mis autant de temps que Ryûji à comprendre ! Il est vraiiiiiiment lent pour ces choses. J'ai compris quand tu m'as écrit. Aussi, heureux que ça ne te dérange pas que je t'appelle encore Yuki-chan après tout ça. Ça serait un peu bizarre de passer tout à coup à autre choses. Je suis déjà complètement habitué. Tu es aussi la seule personne qui m'appelle Ren-kun, tu sais.
Quoi qu'il en soit, je dois dire que je suis d'accord avec toi. Je suis également heureux de t'avoir comme correspondant. Tu es assez impressionnant, Yuki-chan. Je suis toujours mort d'impatience quand j'attends tes lettres. Donc, ne t'inquiète pas, nous allons certainement toujours rester amis. Promis.
Eh bien, dans l'espoir de t''entendre bientôt!
À la prochaine,
Shima Renzô
