Hello, j'avais quasiment abandonné cette fic mais les review que j'ai eu dernièrement m'ont motivées. De plus c'était un chapitre que je voulais écrire depuis le début de cette fic (j'ai fait pas mal de forshadowing pour lui) et qui contient une grosse révélation outre les bêtises habituelles.
Voila et bonne lecture.
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Chapitre 14
Le soleil vint frapper le visage de Victor qui esquissa une grimace avant de se retourner sur son matelas, maugréant entre ses dents.
Son lit de fortune n'était pas des plus confortables et lui avait donné des courbatures qui le généraient à coup sûr lors de la descente des pistes de skis que lui et ses amis dévaleraient le jour même.
Un grognement retentit à sa droite et il ouvrit un œil ensommeillé pour apercevoir le visage de Yurio, un peu plus loin, dont les lèvres entrouvertes laissaient couler un filet de bave.
Se retenant de glousser, Victor se redressa puis balaya la salle du regard pour apercevoir tous les patineurs et sorciers (excepté Sala disposant d'une chambre pour elle seule) dormir dans des positions, pour la pluparts, ridicules.
Mais le comble fut quant-il remarqua Chris ronflant avec sa barre de Kung-fool qu'il serrait presque amoureusement dans ses bras, en laissant parfois échapper des brondissements* à faire trembler les fenêtres.
Un rire qu'il étouffa derrière sa main secoua ses épaules et un éclat malicieux fit soudain briller son regard, au moment même ou une idée tordue germait dans son esprit. Il se leva, se débâti brièvement avec ses draps s'accrochant à son corps, puis porta ses mains à sa bouche de manière à former un mégaphone.
Si cela était possible, ses yeux brillèrent encore plus, et il prit une grande inspiration :
-UN TROUPEAU D'ALPAGAS EN RUT NOUS ATTAQUENT ! Beugla-t-il fier de sa connerie.
L'effet fut immédiat : Des cris surpris retentirent et les têtes se dressèrent si soudainement que des craquements de mauvaises augures se firent entendre, immédiatement suivit de gémissements de douleurs.
Quelque chose de dur percuta alors l'arrière des genoux de Victor, l'amenant à s'écrouler sur la personne du lit adjacent au moment même ou il évitait une mort par décapitation venant d'un Christophe Giacometti complètement paniqué agitant frénétiquement sa barre de kung-fool en tout sens.
L'arme l'avait manqué d'un cheveu, réalisa-t-il en même temps qu'il se rendait compte qu'il écrasait quelqu'un avec son postérieur. Il espérait juste que ce n'était pas Yurio, sinon il ne donnait pas cher de sa peau.
Par chance, il s'avéra qu'il écrabouillait Yuuri.
Il fallait avouer que même le visage enfoncer dans le matelas par les fesses de Victor, celui-ci avait toujours l'air mignon. Enfin, d'après le Russe qui le fixait avec adoration sans s'apercevoir que le Japonais suffoquait.
-PUTAIN ! Rugit soudain la voix de Yurio qui visiblement n'était pas ravis, VICTOR JE VAIS TE BUTTER !
Les cheveux en pétard, la respiration laborieuse et les yeux injectés de sang, il ressemblait à une personne échappé d'un asile. Un grognement guttural vint même compléter sa phrase tandis qu'une main apaisante appartenant à Otabek –lui aussi l'air passablement énervé- venait se poser sur son épaule.
-JE CROIS QUE JE SUIS SOURD, hurla alors Pitchit qui inclinait la tête en tapant sur ses oreilles.
-Par le string de Salazar… Bougonna Draco en plaquant un oreiller sur son crane, vous ne pouvez pas la fermer ?
-Par le string de qui ? Répéta Chris d'un air très intéressé.
Il avait finit par cesser de gesticuler pour s'assoir sur le seul lit de la pièce, occupé par Harry qui frottait ses yeux d'un air grognon.
-Victor, tu écrases Yuuri, fit remarque le jeune sorcier en montrant du doigt son cousin qui ne bougeait presque plus.
-Yuuri-kun ! S'écria Minami en surgissant de sous ses draps, le nom de son idole agissant comme une invocation pour le faire apparaitre.
-Oups, dit Victor en s'écartant et laissant enfin le japonais respirer.
-C'EST MOI OU TOUT LE MONDE PARLE VRAIMENT BAS? Brailla Pitchit rendu à moitié sourd par le hurlement précédent.
-Non, t'es le seul à gueuler, maugréa Yurio en se massant les tempes.
-Je veux rentrer chez moi… Grommela Draco d'une voix sourde depuis le dessous de son oreiller, il y a peut-être les hurlements de l'elfe ou des gens que papa torture, mais c'est préférable à la voix criarde de l'autre abrutis.
Cette affirmation laissa un blanc dans la chambre. Certains patineurs se jetèrent des regards l'air de se demander s'ils avaient bien entendus. Puis finalement Michael, qui venait de se réveiller et enlever ses boules-quies, prit la parole les yeux écarquillés :
-Attend, les elfes existent ?! Et ton père en torture? Il torture des elfes, genre Legolas **?
-Ouais, ouais, je sais. Comme tu le dis torturer c'est dégeulasse ect… Mais faut bien gagner sa vie, répondit le sorcier blond toujours la tête toujours enfouie.
-NON MAIS SERIEUSEMENT ! JE N'ENTENDS PRESQUE RIEN ! Cria Pitchit.
-Pitchit-kun, tu pourrais parler un peu moins fort ? Demanda poliment Yuuri qui venait de retrouver une respiration stable, tu ne nous entends peut-être pas très bien, mais nous oui.
Le patineur se massait la gorge en même temps que lui et Minami envoyaient des regards noirs à Victor qui leur répondait par de grands sourires niait.
-QUOI ?
-Je disais…
-TU DISAIS QUOI ? PARLE PLUS FORT !
-TA GUEULE ! Rugit Yuri à bout de nerf, IL TE DISAIS A TOI ET TON TELEPHONE A LA CON DE RETOURNER TORCHER LE CUL DE TES HAMSTERS CHEZ TOI !
-OY, PAS BESOIN DE CRIER COMME CA ! JE T'AI ENTENDU ! Répliqua furieusement le thaïlandais outré, YUURI N'AURAIT JAMAIS DIT UN TRUC AUSSI MECHANT ! JE TE SOUHAITE DE TE FAIRE MANGER PAR UN OURS QUAND NOUS SKIERONT !
-ET MOI J'ESPERE QUE CE SERA UN YETI QUI TE BOUFFERA !
-C'est sensé être un sketch ? S'enquit Harry à l'adresse de Chris en les montrant du doigt.
-Non, le quotidien, soupira celui-ci.
Et alors que Pitchit et Yurio semblaient au point d'en venir aux mains, la porte de la chambre s'ouvrit à la volé, révélant une Sala uniquement couverte d'une serviette rose, les cheveux humides et l'air absolument hors d'elle.
Tous se figèrent comme frappés par la foudre, tandis que Michael manquait de s'étrangler.
-NON MAIS VOUS AVEZ FINIT DE GUEULER ?! Vociféra finalement la jeune femme avec une ire telle que personne n'osa piper un mot, VOUS N'AVEZ PAS HONTE A VOTRE AGE ? ET LES VOISIN VOUS Y PENSEZ ?!
Elle se tut et les fusilla du regard, ignorant les borborygmes indistincts sortant de la bouche de son frère éberlué de la voir dans cette tenue.
Une fois assurée que tous était attentif, Sala reprit :
-Bien… Murmura-t-elle, maintenant vous allez vous habillez comme des grands, vous lavez et manger un bon petit déjeuner avant d'aller skier dans le calme et la bonne humeur, ok ?
Des hochements de tête précipités lui répondirent, et bien que Draco manifesta l'intention de protester en ouvrant la bouche –surement pour clamer qu'il ne prenait pas d'ordre d'une moldue- un seul regard suffit à le faire taire.
-Bien, poursuivit finalement la femme en redressant sa serviette, maintenant Victor va m'aider à préparer le déjeuner n'est-ce pas ?
-Oui maman ! Pépia Victor en sautillant vers Sala.
-Appel moi de nouveau comme ça et je te fais bouffer tes yeux et cheveux par les trous de nez.
Le russe s'arrêta en plein dans l'embrassure de la porte, une jambe levée et ses sourcils tricotant ensemble comme s'il doutait de se qu'il venait d'entendre.
Par précaution, celui-ci se tourna vers la chambre ou il affronta plusieurs paires de yeux exorbité avant que Chris hoche la tête, lui confirmant qu'il avait bien comprit.
-Oui, j'ai bien dis ça, confirma Sala en renfermant une main à la manière d'un oiseau de proie sur le bras du russe qui parut soudain terrifié.
Il voulut faire demi-tour mais, malheureusement pour lui, il se vit entrainer de force par la femme vers la cuisine.
-Donc… commença Otabek d'une voix feutré lorsque la porte fut refermé, en réalité Sala est une psychopathe ?
Aucune réponse ne lui parvint, si ce n'était les gargouillements incompréhensibles de Michael toujours pas remit du choc d'avoir vu sa sœur en serviette de bain.
-POURQUOI ELLE CRIAIT ? Hurla alors Pitchit qui n'avait rien comprit à ce qui s'était passé
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La neige ressemblait à un nappage de gâteau, et les arbres qui en étaient couvert semblaient vêtus d'une fine pellicule blanche qui se détachait en s'effritant -tel du sucre en poudre- quant-un coup de vent venait secouer les branches.
Au loin, le bruit de l'eau coulant d'une rivière se faisait entendre en même temps que celui mécanique d'un télésiège.
Le soleil brillait, les oiseaux gazouillait, Harry et Draco se menaçaient avec leurs bâtons de ski. Aujourd'hui, Yuuri trouvait la vie particulièrement belle.
Quoique, c'était peut-être le fait qu'il ait failli mourir ce matin même sous les fesse de Victor qui provoquait cette flopé de sentiments en lui.
Son fiancé sautillait d'ailleurs un peu plus loin, ses skis mauves sur ses épaules et un large sourire placardé sur son visage où une paire de lunettes de soleil tenaient par miracle sur le pond de son nez. Le suivant de près, Christophe Giacometti avançait lui aussi avec une expression semblable, sa barre de kung-fool, qu'il avait insisté pour emmener, attaché dans son dos par une ficelle d'un vert hideux (selon Victor).
Yuuri ignorait comme celui-ci allait bien pouvoir monter sur le télésiège avec la barre à cet endroit.
-Nous y sommes, déclara soudain Sala en le tirant de ses pensés.
Elle et son frère leur avaient fait remonter la route menant au village avant de bifurquer pour emprunter un petit chemin de montagne passant à coté d'un cimetière aux tombes vieillies. Ensuite, ils s'étaient contentés de monter une pente bétonnée maladroitement et avaient vus les télésièges ainsi que d'autres skieurs apparaitre.
Désormais, ils pouvaient enfin laisser l'appel de la forêt, ou plutôt des pistes la bordant, les envahir.
-Maintenant nous devons trouver Madame Panterona, déclara Michael.
-Qui ? S'enquit Chris.
-La monitrice de ski.
-Je crois qu'elle est là-bas, intervint Otabek en montrant du doigt une petite femme vêtue d'une combinaison rose qui parlait avec un individu suspect portant une cagoule lui couvrant la totalité du visage, ainsi d'une paire de lunette de soleil, et habillé d'une combinaison verte fluo blessant les yeux.
-C'est qui ce mongol ? S'exclama d'ailleurs Yurio en fronçant le nez.
-Chut ! Le tança immédiatement le Kazakh en jetant des regard furtif au « mongol » dont la seul chose visible n'étant pas des vêtements était des cheveux gras dépassant d'un bonnet à l'effigie du Real Madrid.
Yuuri haussa un sourcil en dévisageant l'individu tandis qu'il plaquait en même temps une main ganté sur la bouche de Victor, pour empêcher celui-ci de faire un scandale à propos du manque flagrant de style de l'homme.
Or, le russe ne paraissait pas être le seul qui pensait cela à voir le regard des passants et celui de ses camarades se retenant à grande peine de grimacer. Chose dont Chris ne se priva pas en se pavanant littéralement en direction de la monitrice, une expression supérieure dirigée vers l'homme qui interrompit sa conversation avec Madame Panterona pour les observer venir derrière ses lunettes de soleil.
-Hello ! S'exclama-t-il, nous sommes tous là et prêt pour cette leçon de ski !
La monitrice interrompit alors sa conversation à sens unique avec l'homme pour se tourner vers eux :
-Bonjour, grinça-t-elle visiblement irritée.
-On vient pour le cours.
-J'avais deviné.
-Vielle chouette, grommelèrent discrètement Draco et Yurio, qui pour une fois étaient d'accord sur un point.
Par chance, la femme ne parut pas les entendre et, à la place, les mena à l'entré des télésièges ou elle leur ordonna d'enfiler leurs skis.
Etrangement, Yuuri ne pouvait empêcher ses yeux de dériver vers l'homme inconnu qui grognait en tentant vainement d'accrocher sa chaussure au ski. Un drôle de sentiment de familiarité l'assaillait à chaque fois qu'il le fixait, comme s'il avait déjà rencontré cette personne avant…
-Et si nous nous présentions tous ? Gazouilla soudain Victor les yeux brillant, interrompant le concert de bruitages exaspérés causés par l'incapacité de la plupart à enfiler un ski.
Par on ne savait quel miracle, le patineur avait réussi à accrocher ses bottes à sa paire.
-Histoire de savoir à qui s'adresser, ajouta-t-il en voyant les regards dubitatifs.
-… Pourquoi pas, déclara presque prudemment la monitrice, je suis Martina Panterona… Et vous ? S'enquit-elle en désignant Sala qui lui répondit, suivie de ses amis patineurs avant d'arriver à l'étrange individu qui parut soudain mal-à-l'aise :
-Je suis… Commença-t-il d'un ton mal assuré, Robert ?
Il y avait comme une interrogation dans sa voix qui interpela Yuuri : ce gars semblait ne pas être sûr de son propre nom.
-Robert comment ? Insista Victor qui décidément n'en ratait pas une.
Robert eut alors l'air encore plus gêné si cela était possible.
-Robert… Robert Larousse ! Lâcha-t-il finalement en provocant un grand silence.
Soudain, tout sembla clair comme de l'eau de roche pour Yuuri : Voila pourquoi Robert paraissait si réticent à dire son nom ! Avec un tel nom et prénom, pas étonnant qu'il hésitait à les donner complètement.
Mais qu'avaient diable pensés ses parents en lui donnant ? Une bouffé de compassion monta en Yuuri, ainsi qu'en ses camarades dont les regards étaient plus qu'expressifs.
-Ne t'inquiète pas, renifla alors Martina, émue, en portant une main aux fesses de Robert qui se raidit : -Même si tu as un nom de merde, tu es toujours le plus beau ici.
-Quoi ?! S'étranglèrent Chris et Victor –incrédules- avant de se prendre mutuellement un coup venant de Sala et Yuuri.
A chacun ses gouts comme on le disait. Même si ceux-ci étaient parfois plus que douteux.
-Bref, coupa la patineuse tout sourire en changeant de sujet, et si nous commencions cette leçon ? Mais d'abords…
Elle se dirigea à grand pas vers les plus jeunes du groupe, à savoir Draco, Yurio et Harry, et leur arracha leurs bâtons de skis avec lesquels ils tentaient de s'entre-tuer discrètement depuis un moment. Otabek envoya un regard plus que reconnaissant à la femme.
-Eh ! Protesta immédiatement Draco, pourquoi as-tu fait ça ?!
-Les enfants apprennent à skier sans bâton, répliqua Sala.
-Nous ne sommes pas des enfants !
-Pour moi, des gens qui se piquent avec des bâtons le sont !
-Pfff, bande de gamins, pouffa Victor en se tenant le ventre.
Et dire que deux seconde plus tôt, lui et Chris s'amusaient à faire de même à renfort de petits cris perçants à chaque fois que l'un d'eux réussissait à toucher l'autre.
Il y avait des fois ou Yuuri se demandait pourquoi il s'était fiancé avec un idiot pareil.
-Bon ! Fit Martina en le sortant de ses pensés, montons aux pistes ! Robert montera avec moi, le reste débrouillez-vous.
Sans attendre, elle attrapa le bras du pauvre homme qui leur jeta un regard suppliant –comme s'il s'attendait à ce que quelqu'un l'aide- avant de se faire entrainer vers le télésiège.
-Il va se faire violer, déclara Chris d'un ton connaisseur pour ensuite leur emboiter le pas, bientôt suivit par tout le monde qui débattirent brièvement pour savoir qui monterait avec qui.
Le duo Harry/Draco et Draco/Yurio était évidemment à éviter, tout comme celui « tout-autre-personne-que-Michael » / Sala bien entendu.
C'est pour cela qu'Otabek monta avec le jeune sorcier blond, Sala avec son frère, Harry avec Minami, Victor avec Yurio, Christophe avec sa barre (celle-ci prenait bien trop de place pour que quelqu'un se mette à coté) et Yuuri avec son meilleur ami, Pitchit.
La monté fut assez ennuyeuse dans l'ensemble : Le paysage était monotone et bien que quelques petites choses intéressantes viennent égayer celui-ci –comme une rivière- il restait dans l'ensemble blanc et vide si on exceptait la forêt le bordant.
Lorsqu'ils parvinrent en haut, il s'était écoulé une quinzaine de minutes et une sorte de petite bruine neigeuse s'était mise à tomber au moment mêmes ou le brouillard se levait.
Ignorant les lamentations de Victor qui prétendait que ses cheveux allaient friser à cause de l'humidité, Yuuri jeta un regard nerveux en contrebas, scrutant le bout de la piste qui disparaissait derrière la brume cotonneuse.
Quelques vagues formes de skieurs pouvaient être aperçut zigzagant sur celle-ci, bien que le groupe de patineur soit désormais seuls sur le bord de la pente.
-Bienvenue sur la piste verte « La gastro », déclara Martina en désignant un panneau noir ou l'inscription « L'avalanche » semblait se moquer d'eux.
Un ange passa. Et durant ce temps, les regards passèrent du bras tendu de la monitrice à l'écriteau qu'elle pointait.
-Euh, excusez-moi… Commença Otabek d'un ton désabusé, mais ce panneau est noir.
-Non, il est vert, rétorqua la femme.
-Moi je vois ça noir, insista le jeune adulte bientôt rejoins par Michael :
-Il est bien noir, affirma celui-ci, même que l'année dernière la piste s'appelait « Trompe-la-mort ».
-Parfaitement, approuva Sala tandis que Martina claquait de la langue agacée.
-Alors vous êtes tous daltonien et ne savez pas lire, répliqua-t-elle en martelant ses paroles.
-C'est ça ! Prend-nous pour des quiches ! S'insurgea Yurio en agitant un poing menaçant sous le nez de la femme qui renifla dédaigneusement.
-Je suis la prof : J'ai donc raison quoiqu'il arrive ! Cette piste est verte et s'appelle « La chiase » alors maintenant bouclez-là et écoutez ma leçon !
-Je croyais que c'était « La gastro », grommela Harry.
-C'est la même chose. Allez, maintenant laissez-moi vous enseigner les bases avant de vous lancez. Je vous attendrais ici et vous donnerait des conseils.
-Ah parce qu'en plus vous comptez laisser des débutants sur une piste noire ! S'écria Yuuri d'un ton indigné doublé d'un air catastrophé visible sur son visage qui palissait de plus en plus.
Cette femme était folle ! C'était du suicide ! En plus maintenant qu'il regardait de plus près la piste couverte par le brouillard, il croyait distinguer de drôles de formes pointues sur celle-ci lui rappelant trop des cailloux pour qu'il soit à l'aise.
-J'ai peur, déclara Minami le teint livide.
-Pas d'inquiétude ! Clama Martina en déchaussant ses skis, si vous faites ce que je vous dis aucun risque qu'il vous arrive malheur !
A dire cela, elle faisait penser à Ombrage avec ses histoires de théories pouvant remplacer l'application.
-Alors écoutez-moi attentivement, poursuivit-elle, le secret pour descendre n'importe quelle piste est… Serrer les fesses !
-Vous ne feriez pas mieux de nous apprendre comment freiner ou tourner ? Dit Chris.
-Ou prendre un selfie en même temps qu'on glisse ? Intervint Pitchit qui se fit royalement ignorer.
-Non, le plus important c'est de serrer les fesses… Allons Robert ! Laissez-moi vérifier si vous le faite bien !
Le dénommé Robert parut aussitôt terrifié par la lueur lubrique qu'il aperçut dans le regard de la femme, et tourna la tête en tout sens dans l'espoir de trouver une échappatoire en voyant la main de celle-ci s'approcher dangereusement de son postérieur.
Désespéré, il voulut sauter hors de porté de Martina. Or, rendu maladroit par ses skis qui semblaient éprouver un furieux désir d'émancipation, il glissa, lâcha ses bâtons et commença à dévaler la piste noire en faisant de grands moulinets de bras, le tout agrémenté d'un long hurlement d'effrois.
-Robert ! Nooooooon ! Hurla la monitrice la main tendue dans la direction de l'homme dont les cris paniqués se fanaient dans le brouillard.
Elle tomba à genoux, croyant peut-être ressembler à une de ses héroïnes hollywoodiennes tragiques qui voyaient l'amour de leur vie se sacrifier pour elles.
-Quel homme ! Murmura Chris en un souffle, il a préféré la mort au déshonneur du viol !
Il essuya une larme sous les regards las de ses camarades patineurs et sorciers.
-On ne devrait pas aller l'aider ? S'enquit Harry en scrutant la piste.
-Sans moi ! Grogna Draco, je reprends le félésiège en sens inverse !
-Télésiège, le corrigea inutilement Minami.
-Qu'est-ce que vous attendez ! S'écria soudainement Martina en bondissant sur ses pieds, allez le chercher ! Je vous attendrais au chalet là-bas.
Elle montra du doigt une maisonnette en bois un peu plus loin, et poussa le premier venu, à savoir Sala, vers la piste.
Si celle-ci voulut protester, elle n'en eut pas le temps, se voyant lentement emportée par la pente.
Son frère bondit aussitôt à sa suite, heurtant au passage Yurio qui cogna lui-même Otabek qui tenta vainement de se rattraper à la barre de Kung-fool de Chris avant de saisir un pend de combine de Draco qui s'accrocha à Harry, l'entrainant dans sa chute, immédiatement suivit par le reste qui voulaient les secourir.
La réaction en chaine crée fut simplement incroyable et réussi à venir à bout de chacun, les tirant sur la piste qu'ils dévalèrent dans un concert de cris paniqués.
En à peine quelques secondes, le vent fouettait le visage de Yuuri, ses jambes menaçaient de céder sous les tressautements de ses skis, et il fonçait à travers le brouillard sans savoir ou il allait.
Dire qu'il avait peur serait un euphémisme. Il était tout bonnement épouvanté et complètement désorienté. Le paysage était réduit à un flou blanc et à une brume qu'il fendait à une vitesse exponentielle sans pouvoir s'arrêter ou tourner. Il était soumit au bon vouloir de la piste qui ne resterait probablement pas éternellement droite et tourneraient à un moment donné.
Moment qu'il redoutait plus que tout.
Moment qui se présenta sous la forme d'une pinède sur laquelle il se précipitait. Droit sur un sapin dont les branches basses ressemblaient à des piques sur lesquelles il allait s'embrocher d'une seconde à l'autre.
Il allait mourir d'une façon incroyablement stupide, réalisa-t-il les yeux écarquillés tandis que l'arbre se rapprochait de plus en plus.
Or, à l'instant même ou il croyait sa dernière heure venue, un long hurlement résonna proche de ses oreilles et une masse le frappa de tout son poids, l'envoyant rouler dans la neige.
Une chance qu'il portait son casque, sinon à cette vitesse, il aurait été reconnaissant de ne récolter qu'une simple commotion cérébrale.
-Aie, grognèrent, non pas une mais, deux voix familières.
Yuuri releva brusquement sa tête du sol et cracha la neige qu'il avait avalée par mégarde avant de se concentrer vers les silhouettes à deux pas de lui, emmêlés dans leurs propres skis.
Draco et Harry se grondèrent à la figure en montrant les dents.
-Harry ! Draco ! Gémit Yuuri des larmes de soulagement dans les yeux : Au moins les deux jeunes sorciers étaient en vie.
-Machin ? Grogna le sorcier blond en lui jetant un coup d'œil étonné.
Le jeune homme avait réussi à s'extraire du méli-mélo que formaient ses skis avec ceux d'Harry et se relevait.
-C'est Yuuri ! S'écria le sorcier aux yeux vert vexé que son rival ne se rappel pas de du nom de son cousin.
-Peu-importe, renifla Draco en balayant ses protestations d'un revers de la main : - Plus important. Ou sommes-nous ?
Des haussements d'épaules furent sa seule réponse. Yuuri avait le cœur qui battait à la chamade et tentait toujours de se calmer : Il était l'adulte, il ne devait pas céder à la panique bien qu'être stressé soit dans sa nature.
« Croutch-croutch »
Soudain, un bruit de pas précipité foulant la neige se fit entendre. Angoissés, Draco, Yuuri et Harry scrutèrent la végétation, essayant d'adapter leurs yeux au brouillard et repérer par la même occasion la source du son.
Quel ne fut leurs surprise de voir Robert s'écraser à leur pied –sans ses skis- l'air complètement hagard.
Mais ce qui les choqua le plus fut le morceau de bois dont la pointe luisait d'un éclat doré illuminant les alentour qu'il tenait : Une baguette magique.
-Robert ! S'étrangla le japonais, vous êtes sorcier ?!
Il en restait baba.
L'homme ne répondit pas, se contentant de jeter des coups d'œil apeuré derrière son épaule, puis il se tourna vers eux et déclara d'une voix rauque :
-Il faut fuir ! Ils arrivent !
-Qui arrivent ? Le grand méchant troll ? Ricana Draco en plissant les yeux.
Contrairement au jeune sorcier qui avait opté pour la moquerie sans prendre au sérieux son ainé, Yuuri, lui, observa de plus prêt Robert dont les pends de sa combine semblaient déchirés, comme si une griffe géante avait tenté de l'arracher. Il remarqua également que la cagoule du sorcier était de travers et ses lunettes de soleil abordaient des fissures.
Et au moment même où il ouvrait la bouche pour l'interroger, une ombre géante -perceptible grâce à la lumière que diffusait la baguette de Robert- se profila derrière lui.
L'homme couina et battit des jambes dans le but vain de reculer tandis que l'ombre devenait de plus en plus grande, se rapprochant inlassablement et figeant Yuuri dont les yeux devaient trahir la grande crainte qu'il éprouvait en ce moment même.
Il ne put même pas songer à se retourner : Une douleur sourde lui vrilla soudain le crâne, et il s'enfonça dans le néant.
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Yuuri papillonna des yeux, groggy, et voulut porter une main à son visage pour se le frotter.
C'est alors qu'il s'aperçut avec surprise qu'il ne pouvait pas bouger un seul membre. Il était entravé constata-t-il, cette réalisation achevant complètement de le réveillé.
Perdu, il se débâti brièvement avant de décider de se concentrer sur entourage, tachant par la même occasion de ne pas partir dans une crise d'hystérie lorsque les souvenirs d'avant son évanouissement lui revinrent en pleine tête tel un boomerang.
Il s'intéressa donc aux alentours, à commencer par lui-même qui était lié à un tronc d'arbre par une sorte de corde rustique avec Draco et Harry qui se trouvaient à sa gauche.
En tournant la tête à droite, il s'aperçut avec étonnement que Pitchit était présent, évanouis la tête sur sa poitrine. Il remarqua également après une deuxième inspection plus approfondie que tous les patineurs étaient ici, que ce soit à l'arrière du tronc ou il reconnu un pend de la combine de Sala, ou un peu plus à sa droite avec Victor et Yurio aux cotés de son ami thaïlandais.
Tous étaient dans les pommes, mais d'après le frémissement des paupières de Yurio, celui-ci ne tarderait pas à se réveiller.
Soulagé que tous aillent plus ou moins bien, Yuuri décida de porter son attention sur le décor dans le but de découvrir qui les avaient agressés et ficelés à un arbre. Une chose était sûr, ce n'était surement pas des animaux.
Peu rassuré par cette déduction, le japonais prit une grande inspiration puis leva la tête, prêt à affronter les ennemis.
Il cligna des yeux. Une fois. Deux fois. Voulut se les frotter mais se rappela qu'il était attaché et que, par conséquent, cette manœuvre lui était impossible.
Il rêvait n'est-ce pas ? La scène se jouant devant lui était trop absurde pour être réelle.
Le grand « OLE ! » aux accents hispaniques qui lui vrilla alors les oreilles lui prouva que, non, il ne rêvait pas.
Maintenant il avait juste envie de pleurer.
Des yétis. Il avait en face de lui ce qui semblait-êtres des yétis aux poils crasseux coiffés de chapeaux Mexicains ou bonnets péruviens. Certain abordaient même des ponchos et des sortes de lances rustiques qu'ils agitaient en tous sens en tournant autour d'un de plat géant mijotant.
Mais ce qui le choqua le plus fut Robert ficelé à une chaise en branchage devant l'assiette. Robert qui avait sa cagoule défaite ainsi que le haut de sa combine, et qui était couvert de tatouage tribaux.
Robert qui n'était en réalité pas Robert.
-Professeur Rogue ?! S'écria la voix d'Harry qui, visiblement, s'était réveillé.
-Sevy ? S'étrangla Victor lui aussi sortit de son sommeil, comme tous les autres à entendre les bruits choqués qui retentissaient autours d'eux.
-Bon dieu mais que ce passe-t-il ?
-Des yétis Mexicains ?!
-Rassurez-moi, cette marmite, c'est pas nous qui allons allez dedans n'est-ce pas ?
Leurs voix semblèrent attirer l'attention de leurs kidnappeurs qui cessèrent alors de tourner autours du plat pour braquer les yeux dans leur direction.
L'un d'eux, abordant une fausse moustache en guidon, sortit du lot, se mit dos aux patineurs et se racla la gorge :
-HOY GRANDE JOUR ! Clama-t-il d'une voix tonitruante, HOY CHACRIFICIO DE POILOS-GRASOS NOTRE DIOS !
Une vingtaine de « OLE ! » virent acclamer ses paroles, laissant les humains avec des airs éberlués. Yuuri avait l'impression de nager en plein délire.
-Je suppose que Poilos-Grasos désigne ici Rogue, déclara Otabek d'une voix neutre.
-Ils veulent le manger ? S'enquit Victor en haussant un sourcil, mais pourquoi ?
-Oh, surement les bêtises habituelles, répondit Chris en roulant des yeux, pour acquérir sa force divine ou bien pour le libérer de son enveloppe charnelle etcétéra, etcétéra…
-Du temps que c'est pas nous qui nous faisons manger, dit joyeusement Pitchit.
-Je suis le seul à me demander ce que des Yétis et mon oncle foutent ici ? Persiffla Draco qui se débâtait depuis un bon moment.
-Et moi je suis le seul qui pense qu'ont devrait faire autre choses au lieu de papoter ? Les coupa Michael, comme par exemple… Paniquer ?
-Moi j'opterais pour une fuite, déglutit Minami, les yeux tellement écarquillés qu'on y voyait les flammes de la marmite s'y refléter.
Devant eux, les yétis continuaient leur danse tribale, s'occupant à la fois du feu et de la mixture dont ils remuaient le contenu à l'aide d'une cuillère surdimensionné.
Le chef sortit alors une seconde fois du cercle que formaient ses congénères, et se campa cette fois face aux humains.
-POSTRE ! Rugit-il en les montrant du doigt.
« OLE ! » répondirent les yétis.
Et ils reprirent leurs gesticulations en laissant le chef face aux humains.
-« Postre » ça veux pas dire « dessert » en espagnol ? Bredouilla Yuuri des trémolos dans la voix.
Le visage pale de Victor un peu plus loin lui confirma que oui.
Désormais, tous avaient comprit que Rogue ne serait pas le seul à être mangé ce soir.
D'ailleurs maintenant que le japonais le remarquait : Le ciel était quasiment noir. Ce qui signifiaient que lui et ses amis étaient restés évanouis toute la journée ! Il espérait que Martina avait eut le bon reflexe d'appeler des secours en ne les voyant pas remonter.
Il eut alors un mouvement à sa gauche, et il vit Victor se trémousser mal-à-l'aise sous le regard scrutateur du yéti-en-chef qui n'avait pas bougé d'un pouce et semblait le détailler de la tête au pied en fronçant les sourcils.
Finalement, celui-ci appela un de ses amis qui abandonna sa danse pour venir à ses cotés. Il portait un bonnet péruviens lui donnant un air d'ahuri.
-Bon à comer ? Demanda soudain le yéti à la moustache sans détourner les yeux du russe.
Son ami au bonnet secoua la tête :
-Poilos-Blancos, répondit-il d'une voix graveleuse, vieux. Produit périmé. A jeter.
Puis il fit volte-face et retourna dans la ronde.
-Produit périmé ? Vieux ?! S'insurgea Victor en se débattant en tous sens, comment ce primate à-t-il osé ? D'abord mes cheveux sont argentés, pas blanc !
Yurio ricana et son ainé sembla vouloir lui envoyer une réplique cinglante. Malheureusement pour lui, il fut interrompu par Otabek qui lui plaqua difficilement une main sur la bouche avant de désigner d'un mouvement de tête les yétis qui avaient arrêtés de danser.
A la place, ils se rassemblaient derrière le siège où Rogue était attaché et le poussait vers la marmite fumante.
L'homme bougeait dans tous les sens, crachant des insultes à l'encontre des créatures et tentait d'échapper à son sort qui se rapprochait à chaque pas des monstres.
-POILOS-GASOS ! Beuglaient en cœur les yétis, CHACRIFICIO ! CHACRIFICIO, OLE !
Comprenant que leur tour viendrait aussitôt après le professeur de potion, les patineurs et jeunes sorciers n'y pensèrent pas deux fois : Ils se débattirent.
Yuuri sentait les cordes s'enfoncer sans pitié dans sa peau parcourue de fourmillements désagréables. Tous mettaient la main à la pate pour s'évader et le japonais cru même voir Yurio se mettre à ronger les liens avant qu'un flash ne l'éblouisse momentanément.
Aveuglé, il mit quelque minute à comprendre que Pitchit avait réussi par miracle à récupérer son téléphone dans sa poche et avait prit une photo pour une raison inconnue.
-J'ai du réseau ! S'exclama le thaïlandais en contemplant son portable comme s'il venait de découvrir le Saint Graal.
Les patineurs s'immobilisèrent.
-Tu appel les secours ? L'interrogea Yuuri d'un ton plein d'espoir.
-Quoi ? Non ! Je mets à jour mon profil Instagram !
Il tendit avec difficulté son bras dans la direction du japonais qui put voir un selfie avec en arrière plan la marmite et la vague forme d'un yéti coiffé d'un sombrero.
«En train de se faire sacrifier par des yétis mexicain XDDDDDD » disait la légende.
Des gémissements de désespoir retentirent au moment même ou –à la stupéfaction générale- les cordes qui les retenaient tombaient à terre comme par magie.
Par reflexe, tous portèrent leur regard sur Harry et Draco. Mais les deux jeunes sorciers semblaient aussi perplexes qu'eux.
-C'est grâce à Yurio, les éclaira Otabek en désignant l'adolescent, un morceau de corde entre les dents, dont les gencives semblaient à vif.
Ils hochèrent la tête, légèrement incrédules, mais tout de même reconnaissant envers le jeune homme.
-Nos affaires sont un peu plus loin, déclara alors Chris à mi-voix en montrant un arbre où les sacs à dos et sa barre de Kung-fool étaient rassemblés.
-Prenons-les et foutons le camp fissa ! Chuchota précipitamment Michael en vérifiant que les yétis n'avaient pas encore repérés leur évasion.
-Mais ils nous rattraperons en moins de deux ! Protesta Draco. -Ces bestioles sont très rapides vous savez ?
-Peut-être mais c'est mieux que rester sur place et se faire bouffer ! Rétorqua abruptement Minami.
Des hochements de tête virent approuver ses paroles et le sorcier ne pu que se renfrogner.
Pendant ce temps de délibérations, les yétis étaient parvenus à suspendre Rogue au-dessus de la marmite, l'un d'eux le tenant par un pend de sa combine. Le pauvre homme ne pouvait que recroqueviller ses jambes sur sa poitrine pour éviter d'être ébouillanté.
Son visage exprimait une terreur sans limite et ses yeux -exorbités- restaient fixés sur l'eau brulante qui menaçait de le tuer d'une seconde à l'autre.
Sa vie ne tenait plus qu'à un fil. Ou plutôt au bout de combine qu'un des monstres tenait entre ses longs doigts sales.
Il fallut à peine quelques secondes à Yuuri pour réaliser la situation critique du professeur :
-Il faudrait peut-être penser à le sauver non ? S'enquit-il d'une petite voix.
Plusieurs regards aux yeux écarquillés se tournèrent vers lui, passèrent du professeur de potion aux yétis, et revinrent lui vers d'une manière qui aurait pu être décrite comme saccadé.
Puis, d'un même mouvement, tous secouèrent la tête :
-Trop dangereux, déclara Minami.
-Je m'en fous complètement si quelqu'un meurt du temps que ce n'est pas Sala, dit Michael.
-J'ai déjà prit un selfie, plus besoin de s'attarder ici, gémit Pitchit, plaintif.
-Je veux juste récupérer ma barre de Kung-fool, enchaina Chris.
-Et moi je veux juste rentrer chez moi, grogna Draco.
Yuuri en resta bouche-bée : Comment pouvaient-il être aussi égoïstes et parler d'abandonner quelqu'un à son sort avec une telle nonchalance ? Surtout Draco, Rogue était son oncle après tout.
En désespoir de cause, il se tourna vers Victor dont les yeux semblaient emplis de résignations. Avec douceur, l'homme posa délicatement une main sur son l'épaule :
-On ne peut plus rien pour lui, déclara-t-il, c'est son destin de finir bouffer par des Yétis Mexicains, comme le notre est de fuir en le laissant derrière...
Face à cette réponse, une rage soudaine envahis Yuuri et son sang ne fit qu'un tour. Et prit d'une impulsion, il gifla Victor en plein milieu du visage.
Portant des moufles, le japonais ne lui causa aucun dommages ; mais le fait était là, et que pour la première fois depuis leur rencontre, il avait porté la main sur son fiancé qui en resta comme deux ronds de flanc.
-Lamentable, cracha-t-il avec une hargne qu'il ne se savait pas détenir, si c'est comme ça alors je vais m'en charger seul. Restez des lâches toutes vôtre vie qui se terrerons dans un trou au moindre problème !
La respiration rendue laborieuse par sa tirade, il se tourna vivement vers l'arbre où était rassemblés leurs affaires et tacha de repérer son sac à dos. Fit de son expérience avec Peter Pettigrew durant la final de patinage, il y conservait un livre de la bibliothèque des Black au cas où un événement imprévus survendrait.
Il avait bien fait semblait-il.
Or, à peine avait-il fait un pas dans la direction de l'arbre qu'il voyait sa progression stoppé par la main d'Otabek posé sur son épaule.
-Je viens avec toi, déclara-t-il fermement, je ne veux pas laisser Rogue terminer en tacos.
-Si Otabek viens, je vais en faire de même, intervint Yurio bientôt rejoins par Harry :
-De même, dit-il, mais je tiendrai juste à préciser que les yétis ne sont pas en train de préparer des tacos mais du couscous, ajouta-t-il.
En effet, maintenant que Yuuri y jetait un œil de plus près, les créatures versaient allégrement de grands sacs de semoule, sortis de nulle part, dans la marmite.
Des yétis mexicains qui mangeaient du couscous ? Pourquoi pas ?
-Merci ! Hoqueta-t-il en se détournant des monstres.
Il en avait presque les larmes aux yeux de savoir que certaine personnes avaient toujours des principes et que, comme le cas d'Harry, étaient capables de mettre leur rancune de cotés.
Les trois adolescents se tenaient devant lui, fier et droit, tandis qu'en retrait, des éclats de culpabilités commençaient à apparaitre dans les yeux des plus réticents au projet de sauvetage.
Minami, qui paraissait le plus touché par le coup de colère de son idole, s'avança alors timidement :
-Je suis désolé, marmonna-t-il des trémolos dans la voix, je vais vous suivre finalement…
Des toussotements se firent alors entendre, et uns à uns, le reste se joignit aux plus jeunes des japonais, grommelant des excuses bancales, dont Draco qui prétendait ne pas vouloir jouer au Griffondor.
Les yeux de Yuuri brillèrent de mille feu : Apparemment son petit discourt avait fait mouche !
Mais une personne ne s'était toujours pas prononcée sur le choix de sauver Rogue, un but devenu commun à tous. C'était Victor dont les sourcils étaient tellement froncés qu'ils semblaient se joindre en une seule et unique ligne plissant son front comme un chiffon.
Avec une certaine appréhension, Yuuri lui fit face, regrettant soudain d'avoir frappé l'homme qu'il aimait. Peut-être ne lui avait-il pas fait mal, mais le geste avait été porté avec une si grande rancœur qu'on aurait pu croire que le russe l'avait trompé après plusieurs années de mariage.
Victor soupira longuement :
-Je… Commença-t-il avant de s'interrompre, une expression sérieuse que peu lui connaissait venant prendre place sur son visage.
Il se passa une main crispé dans ses cheveux et reprit :
-Je ne veux pas que quelque chose de mal t'arrive à toi, Yurio et Harry… Alors quitte à sacrifier Sevy, je préfère savoir votre sécurité assuré…
Un lourd silence suivit sa déclaration, et une vague de culpabilité envahit Yuuri qui réalisa que Victor était loin d'avoir un comportement lâche mais voulait juste les protéger bien que ses manières soient un peu extrêmes.
Mais peu importe ce que pensait le russe, ils devaient impérativement sauver Rogue. Laisser une personne mourir alors qu'il était possible de lui éviter un tel sort ne faisait pas partis du code moral que s'imposait Yuuri.
C'est pour cela qu'avoir prit une grande inspiration, il fit fièrement face à son fiancé :
-Nous le sauvons, déclara-t-il d'un ton sans réplique.
Des hochements de tête, venant du reste des patineurs, virent affirmer ses paroles qui s'en retrouvèrent soudain dotées de bien plus d'impacte qu'à l'origine. Victor ne pouvait que s'incliner.
Ce qu'il fit de mauvaise grâce en poussant un grondement rauque :
-Très bien, dit-il, mais du coup quel est le plan ?
-Je pensais récupérer les affaires dans un premier temps, déclara Yuuri en redressant ses lunettes, j'ai dans mon sac à dos un livre de la bibliothèque des Black.
-La bibliothèque des Black ? Répéta Chris avec confusion, c'est quoi ça ?
Il n'était pas le seul à être perplexe : Tous ceux n'ayant jamais mit les pieds à Poudlard ne comprenaient pas en quoi un livre pourraient les aider, mais pour les autres, c'était l'oasis dans le déserts ; un éclat d'espoir qui leur éviteraient une mort précoce.
Yuuri ne répondit pas et, à la place, s'avança à pas de velours vers l'arbre en prenant bien garde à ne pas faire crisser la neige sous ses pieds.
Il pouvait voir du coin de l'œil les yétis s'activer et Rogue s'agiter encore plus frénétiquement depuis la corde qu'ils lui avaient enroulé autours de la taille pour le suspendre à un bâton de bois ressemblant à une branche.
Le sorcier évoquait à Yuuri un ver qu'on aurait accroché au bout d'un hameçon pour appâter les poissons.
Une fois parvenus devant les affaires, il s'en empara aussi rapidement que possible et les lança une à une en direction de ses camarades, priant pour que ceux-ci les attrapent sans un bruit.
Par chance tout se passa sans accrocs : Les yétis étaient bien trop absorbés par leur rituel pour ne serait-ce détourner le regard.
Satisfait de ce manque d'attention, le japonais eut un sourire suffisant et se saisit de son sac à dos qu'il ramena avec lui jusqu'à ses amis, fouillant dedans jusqu'à sentir la reliure de cuire légèrement rugueuse du grimoire des Black.
-C'est quel livre ? Lui murmura aussitôt Yurio des étoiles dans les yeux, celui qui invoque des monstres ? Ou celui qui invoque les armes ? On peut réutiliser l'épée pourfendeuse de Dragons ?
-Non, non et non ! Répondit Yuuri en faisant se renfrogner son cadet et confondant encore plus les autres. -Je ne sais même pas ce que fait ce livre, mais une chose est sûre : Il vient de la bibliothèque des Black donc il est très dangereux !
-Attendez, attendez ! Le coupa soudain Michael, tu es en train de me dire que tu vas vaincre les yétis avec un vieux bouquin ?
-Un bouquin... C'est pas ce truc qu'on écrivait à la main avec un stylo avant l'invention de l'ordi ?
-Pitchit tais-toi, ce n'est vraiment pas le moment ! Bref, comme je disais, je ne vois pas en quoi un livre pourrait nous être utile !
-Il est peut-être magique ? Proposa alors Sala d'un ton hasardeux, ils ont parlés d'invocations.
-Oh, donc tu peux m'invoquer un paquet de chips ? J'ai faim là.
-Pitchit par pitié... Ferme-là bon sang !
-C'est moi ou tout le monde me demande la boucler ces temps-ci, gémit dramatiquement le thaïlandais.
-Ca invoquera quelque chose d'utile, les interrompis Yuuri en sentant une dispute venir.
Ce serait terrible si, à cause de ça, les yétis s'apercevaient qu'ils étaient libres. Ils seraient aussitôt plongés dans la marmite, et cela même s'ils étaient censés être le dessert.
-Donc... poursuivit-il, préparez-vous à courir une fois que j'aurai lancé le livre : On ne sait pas ce qui vas en sortir.
Il se tût, dévisageant chaque personne en face de lui dans le but de leur faire passer le message via les yeux. Le jeune adulte ne voulait pas une répétition de l'incident Quetzalcóatl de la forêt interdite.
-... je jurerai que quand tu as dit "on ne sait pas ce qui va en sortir" j'ai cru que tu sous-entendais que le livre allait faire caca ou vomir.
-PITCHIT !
Un hurlement exaspéré mêlant une dizaine de voix résonna dans la clairière et le silence se fit. Seule la respiration haletante de ceux ayant crié pouvait être entendue.
Le chant tribale des yétis s'était tût. Les monstres les fixaient désormais avec de grands yeux, de la même manière que Rogue suspendu au-dessus de la marmite.
-Euh... Commença Minami d'une voix suraigüe, on fait quoi du coup ?
-On passe à l'attaque, déclara froidement Chris en faisant tournoyer sa barre de kung-fool.
Comme s'il s'agit d'un signal, un rugissement furieux jailli de la gorge d'une des créatures et leur chef -celui à la moustache en guidon- prit la parole :
-Attrapeles ! Attrapeles ! Hurlait-il, chacrificios s'échappent ! Postre s'échappent !
Ces confrères s'exécutèrent immédiatement, chargeant les humains qui poussèrent des cris horrifiés.
Voyant que la situation allait de mal en pis, Yuuri se vit obligé d'utiliser sa carte maitresse : Le livre de la bibliothèque des Black.
Sans hésiter une seule seconde, il le balança de toutes ses forces sur les yétis qui durent freiner en urgence, dérapant sur la neige verglacé de la nuit au moment même ou une explosion retentissait, rependant une fumée acre sur toute la clairière.
Des couinements paniqués se firent entendre suivit de toussotements.
Des larmes dans les yeux, Yuuri attendit que la brume se dissipe pour voir ce que le livre avait bien put cracher. Il espérait juste que ce n'était pas une créature des enfers qui, après avoir boulotté les yétis, déciderait de faire des humains son prochain repas.
Une bise froide se leva alors, dispersant la fumée au quatre coin de la clairière et découvrant enfin ce qu'elle cachait ; laissant des expressions ébahies sur les visages.
Des dizaines de paires d'yeux étaient focalisées sur le sol.
-... Donc tu avais réellement un livre qui se change en canard, commenta Otabek.
-Oh mon dieu, marmonna Yuuri incrédule.
Pourquoi ? Pourquoi avait-il fallut que sur la myriade de livres des Black étant à disposition, il pioche le plus inutile ? Parfois il avait l'horrible impression d'avoir été maudit à la naissance.
Malheureusement pour eux, le répit fut de courte duré et les yétis ne mirent pas longtemps à récupérer leur esprit, se jetant aussitôt vers eux en délaissant Rogue derrière.
La clairière fut plongée dans le chaos, et un combat sans merci débuta entre les patineurs et les monstres.
Yuuri remarqua immédiatement qu'une des créatures -pourvue d'une lance- lui fonçait dessus. Par reflexe, il voulut se jeter à terre mais à deux mètres à peine de lui, le yéti se vit assener un puissant coup à l'arrière du crane de sac de la part de Victor sortit de nulle-part.
-Ca va ? s'écria le russe à travers les sons de combats.
-Ou… Oui, bredouilla le japonais en jetant des coups d'œil partout autours.
Quelque soit l'endroit ou son regard tombait, des gens se battaient. Or, à son grand étonnement, les humains s'en sortaient avec succès, faisant face aux monstres avec un courage et une force remarquable.
Dans un coin de clairière, Yurio était perché sur une branche d'arbre avec Minami, Otabek, Draco et Harry. Tout les quatre bombardaient les yétis avec des pommes de pins, tel des écureuils enragés, qu'ils cueillaient à même le sapin.
Un peu plus loin, Sala cognait à main nues une des créatures s'en prenant à son frère. L'abominable homme des neiges en perdit son bonnet péruvien et bascula en arrière pour aller s'écraser à deux pas de Pitchit qui profita de ce moment pour faire un selfie.
Mais le plus choquant dans tout cela était Chris, transformé pour l'occasion en une véritable tornade humaine, il ravageait les rangs ennemis à l'aide de sa barre de Kung-fool qu'il faisait tournoyer furieusement en cognant plusieurs yétis à la fois.
Personne ne pouvait lui résister, et surement pas lorsqu'il utilisait son attaque "Dragon's strip-tease" qu'il clamait toute les cinq minute à haute voix.
-Nous ferons mieux d'en profiter pour sauver Rogue, déclara soudain Yuuri en se détournant de la scène, personne ne le garde !
Un bref hochement de tête fut sa seule réponse, et Victor prit les devant en tentant de contourner du mieux possible le champ de bataille, où la neige couvrant jadis le sol s'était transformée en une gadoue collante.
Aussi discrètement que possible, les deux patineurs contournèrent les combattants et parvinrent cahin-caha devant Rogue dont les trais furent soudain adoucit par l'immense soulagement qu'il semblait éprouver.
-Nous sommes venus vous sauvez, dit simplement Yuuri en commençant à dénouer la corde qui retenait le sorcier.
En même temps qu'il accomplissait cet acte, il scruta la progression de la mini-guerre humain/yétis pour aussitôt avoir l'impression qu'une pierre lui tombait dans l'estomac :
Ses amis avaient tous l'air échevelés avec leurs habits déchirés. Ils abordaient des expressions hagardes ou perçaient une fatigue adjacente tandis que leurs mouvements et coups se faisaient moins précis et plus maladroits.
L'équipe de Yurio était à cour de pommes de pin et avaient finis par être coincé dans l'arbre. Sala avait les poings ensanglantés et avait dû avec son frère se replier contre un pin accompagné de Pitchit qui, tout comme son téléphone, semblait avoir épuisé toute sa batterie.
Comparé aux yétis, ils étaient en sous-effectif et perdaient le combat.
Le dernier lien retenant Rogue tomba enfin, et l'homme pu être enfin libre de ses mouvements.
-Ma baguette ! S'exclama-t-il, où est-elle ?
-Ici, répondit Victor en tendant le morceau de bois au professeur, les yétis l'avaient glissé dans mon sac, ajouta-t-il en remarquant les regards interrogatifs qu'il recevait.
L'homme hocha la tête et se tourna vers le champ de bataille au même moment ou Yuuri sursautait en se tournant vers la forêt.
-Il y a quelque chose de mal ? S'enquit Victor en remarquant son étrange attitude.
-Non non... Rien...
C'était étrange : Il lui avait semblé entendre un drôle de vrombissement dans cette direction...
-Quoiqu'il en soit, intervint Rogue, nous devons nous dépêcher de fuir. Gagner est impossible.
Sans attendre de réponse, il jeta quelques sorts dans la direction des yétis -sans doute dans le but de les distraire- qui s'écartèrent promptement du passage. Malheureusement, ceux-ci ne tardèrent pas à comprendre d'ou venait les éclairs de couleur et une dizaine d'entre eux galopèrent dans leur direction.
Le chef des monstres menait la charge, la bave aux lèvres et un air enragé sur son visage crasseux.
-Bon sang... Murmura Victor d'une voix blanche.
Ils ne leurs fallut même pas une minute pour être maitrisés, et ce, malgré les sortilèges du professeur de potion fendant l'air. Même leurs camarades terminèrent les têtes enfoncées dans la neige par les créatures désormais complètement scandalisées par cette rébellion.
-CHACRIFICIOS ! Beuglèrent-ils en les soulevant.
-Et on fait quoi maintenant ? Demanda Yuuri d'une voix suraigüe en voyant la marmite se rapprocher de plus en plus.
Les regards qui lui répondirent furent sans équivoque : Personne n'en n'avait aucune idées et paniquaient autant que lui. La seule personne se débattant toujours était Chris qui assenait des coups de barre sur le crane du yéti qui le portait.
La créature ne sourcillait même pas.
Désormais, l'eau bouillante n'était plus qu'à quelques pas d'eux et il n'y avait plus aucun doute que, dessert ou pas, ils seraient tous jeter dedans en même temps.
-A MI SIGNAL ! Vociféra soudain le yéti-en-chef en brandissant sa lance.
Il fit signe à ses camarades et ceux-ci se mirent à faire de grand balancier de bras avec lesquels ils détenaient les humains. Yuuri voyait la marmite reculer et avancer aux grés de leur mouvement tandis qu'une envie subite de vomir se faisait ressentir au niveau de sa gorge.
-A LA IN ! Braillèrent-ils en terrifiant quatre fois plus le japonais.
Le début du compte à rebours accentua encore son envie de régurgiter son déjeuné.
-A LA DOS…
Il pouvait même entendre ses amis crier. Ou hurler des menaces doublés d'insultes pour certains d'entre eux.
-A LA TROUA !
Aucun doute : Ils étaient fichus.
C'est avec un désespoir presque palpable qu'il sentit son corps être balancer une dernière fois en arrière avant le décollage imminent qui se terminerait dans l'eau brulante. Ses sens lui semblaient soudain accrus et chaque sons, odeurs et sensations étaient multiplier par dix alors que la pression qui retenaient ses chevilles et poignet se relâchaient pour le projeter droit vers la marmite.
Le vent siffla à ses oreilles avec la stridence d'un couteau sur l'aiguisoir et il crut sa dernière heure arrivé au moment même ou le son aigu se changeait en un rugissement mécanique.
Une motoneige faisant un vacarme monstre jailli brutalement de la végétation environnante.
Elle saccagea buissons et arbuste avant, emporté par son élan, d'heurter une pierre qui la propulsa sur la marmite qui se renversa sur les yétis qui s'en retrouvèrent ébouillantés.
Des hurlements de douleurs retentirent tandis que Yuuri et le reste des patineurs s'écrasaient à l'endroit même ou, deux secondes plus, ils auraient dû périr.
Les membres rendus tremblants par le surplus d'émotions qu'il avait éprouvé un instant plus tôt, Yuuri planta son regard sur le véhicule, s'apercevant qu'une sorte de petit traineau y était accroché.
Ses yeux suivirent alors la carlingue de la motoneige et tombèrent sur son pilote qui n'était d'autre que Martina, des lunettes d'aviateurs sur le crane, semblant chercher quelqu'un du regard.
-Robert ! S'écria-t-elle finalement en voyant Rogue sortir de sous Chris sous lequel il s'était écrasé.
L'homme parut aussitôt partagé entre la peur et la rage en l'apercevant, mais il sembla se faire violence :
-J'espère que vous êtes là pour nous sauver, persiffla-t-il à mi-voix.
-Bien sûr ! Dépêchez-vous de monter d'ailleurs ! Les yétis se relèvent !
La vieille femme disait vrai : Avec des grognements rocailleux, les créatures se relevaient, l'air encore plus contrariées qu'avant si cela était possible. Le regard fou, il n'y avait aucun doute qu'elles tenteraient de les tuer brutalement dans les prochaines minutes.
Déglutissant, les patineurs foncèrent s'entasser dans le traineau à l'arrière et le moteur de la motoneige rugit avant qu'elle ne démarre au quart de tour en dérapant légèrement.
La clairière et les cris des monstres s'éloignèrent rapidement au soulagement général.
Pendant les minutes qui suivirent ce sauvetage, personne ne pipa un mot. Harry s'était blottis aux cotés de Yuuri qui lui même collait Victor.
-Qu'est-ce que c'était que cette mascarade ! Déclara enfin Rogue à l'adresse de Martina après un bon moment, vous étiez au courant de l'existence de ces créatures ?
-… Ouais… Répondit celle-ci, je ne sais pas trop ce que c'est mais les gens d'ici pensent que ce sont de drôles de singes venant d'Amérique s'étant adapté à notre climat… Mais de toute façon l'incident est clos désormais, inutile d'en parler.
-Inutile ?! S'offusqua le professeur de potion reprit par plusieurs des patineurs en accord avec ses propos, ces monstres ont faillis nous dévorer !
-Oui mais ce n'est pas le cas n'est-ce pas ? Au fait… Jolie tenue Robert eheheh…
Trop occupée à mater ouvertement le torse dénudé du sorcier, Martina manqua de leur faire percuter un arbre.
-Faite attention bon sang, maugréa Draco en reniflant.
Le jeune homme avait l'air totalement épuisé et ses yeux se fermaient d'eux même tout comme ceux des plus jeunes. A sa gauche, Yurio s'était même déjà endormit sur l'épaule d'un Otabek somnolant.
-En tout cas, intervint soudain Michael d'une voix tremblante, renoncez à être payer madame !
.
vVv
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Le reste des vacances fut nettement moins mouvementés et une fois rentrés à Poudlard, les choses redevinrent à peu près normales.
Ce matin là, une sorte d'effervescence régnait dans la grande salle. Même les professeurs semblaient affecter par cette ambiance qu'eux même partageaient avec les élèves s'étant encore plus repliés sur les tables respectives de leur maison en petits groupes qui murmuraient entre eux, un journal entre leurs mains.
-Que ce passe-t-il ? S'enquit Yuuri en rejoignant avec Victor, Yurio et Otabek, son cousin qui lui-même murmurait des paroles inaudibles à Ron et Hermione.
Les trois jeunes sorciers sursautèrent :
-Tu m'as fait peur ! S'exclama Harry tandis qu'en arrière plan, Yurio allait arracher des mains le journal de Neville.
-Désolé, mais que nous vaut cette atmosphère ? Ombrage à l'air contrarié.
Le japonais désigna d'un mouvement de tête la bonne femme qui beurrait une tartine avec un peu trop de passion pour que cela soit normal.
Pour toute réponse, l'adolescent aux yeux vert lui tendit le journal dont il s'empara avant de manquer de le lâcher en voyant le titre principal.
« EVASION MASSIVE A AZCABAN »
Sous l'article écrit en petite lettre, une dizaine de photos des évadés pouvaient être aperçues.
-Mon dieu… Lâcha Victor par-dessus son épaule.
-N'est-ce pas ? Déclara sombrement Hermione, en plus ils accusent Sirius d'être lier à cela…
-Comment ont-ils fait ? Demanda Otabek visiblement estomaqué.
-Bonne question.
-C'est Vous-savez-qui qui à du les délivrer d'une certaine manière, répondit Ron sur le ton de la confidence.
-Peut-être mais le ministère ne le crois pas, dit Hermione.
Ils se turent, pensif.
Rien de tout cela n'était logique, songea Yuuri une main sous le menton. Azcaban était réputé pour être inviolable et une évasion de cette ampleur était tout bonnement inenvisageable avec les détraqueurs. Et il savait de quoi il parlait.
-Yura ?
La voix teinté d'inquiétude d'Otabek le sortit soudain de ses pensés. Intrigué, il se tourna vers le plus jeune des russe qui serrait tellement fort de journal entre ses mains que celui-ci en avait été réduit à un petit tas froissé.
En observant de plus près le visage de l'adolescent, il s'aperçut également que celui-ci était pale comme un linge et que de grosse goute de sueur roulaient sur ses tempes.
Désormais, tous fixaient Yurio perplexe : Pourquoi se mettait-il dans cet état là ?
Le jeune homme prit alors une inspiration tremblante, ses yeux ne quittant pas un coin de la page du journal. Puis, il prononça un mot. Un mot qui les figea net, leur fit changer leur perception de ce qui était vrai ou faux. Un mot qui allait tout bouleverser :
-Papa…
Sur la première page de la Gazette du sorcier, Antonin Dolohov leur adressa un sourire goguenard.
…
*Brondissement… Mais qu'est-ce donc ? Allez voir sur internet ou dans un dico si vous êtes suffisamment curieux ! Et pour ceux ayant la flemme : C'est en quelque sorte un synonyme de ronflement, après le reste allez chercher vous même.
**Un elfe du bouquin de Tolkien « Le seigneur des Anneaux » il est le roi d'une forêt… C'est sensé être Swag être le roi d'une forêt ? Je veux dire y'a que des champignons à bouffer si on excepte la viande.
Bref voila. Un chapitre que je voulais écrire depuis longtemps.
Review ? Avoir l'avis des lecteurs est toujours bénéfique.
