Désolée pour cette longue attente mais je viens seulement de retrouver ma connexion Internet. Encore merci pour vos reviews ! Bonne Lecture !


Arizona et Callie sirotaient une boisson fraîche à l'un des bars de l'aéroport lorsque leur vol pour Chicago fut annoncé. En échangeant leurs horaires de départ lors du petit-déjeuner, elles avaient découvert que leur séparation était repoussée de quelques heures ce qui avait temporairement atténué la mélancolie qui ne les quittait pas depuis la veille au soir. A bord de l'avion, elles usèrent d'amabilité et avec un peu de courtoisie, elles parvinrent à se retrouver côte à côte.

- Toujours aussi angoissée en avion ?, demanda Callie à son ex en bouclant sa ceinture.

- Ca n'a pas changé en quatre ans mais ça ne m'empêche pas de le prendre.

Lorsque l'avion quitta le sol, Callie s'empara de la main d'Arizona et démarra une discussion destinée à distraire la jeune femme. Le vol fut court, trop au goût d'Arizona qui en avait oublié sa phobie. Cette retenue inhabituelle qui avait surgi lorsqu'elles s'étaient retrouvées s'estompait peu à peu et leur relation retrouvait progressivement tout son naturel. Callie avait caressé sa main du pouce, Arizona avait ri sur son épaule. Une fois de plus elles avaient oublié le temps présent pour vivre les souvenirs du passé mais lorsqu'elles foulèrent le sol de Chicago, la bulle d'insouciance dans laquelle elles avaient vécu depuis trois jours éclata pour laisser place à la réalité. En venant à cette conférence, elles avaient laissé une vie sentimentale derrière elles qu'il était temps à présent de retrouver mais toutes deux se posaient intérieurement la même question : Ce séjour allait-il changer la relation qu'elles entretenaient avec leur petite amie ?

En attendant leurs prochains vols, elles partagèrent une pizza puis ce fut l'heure pour Callie d'embarquer.

- Bon et bien, on se revoit le week-end prochain, rappela la jeune cubaine pour tenter d'adoucir cette séparation.

- Tu embrasses bien Sofia pour moi.

- Promis.

Elles échangèrent leurs adresses mails puis Callie se rapprocha d'Arizona et la serra dans ses bras en lui faisant promettre de prendre soin d'elle. Arizona acquiesça et renforça leur étreinte. Elle ne dura que quelques secondes mais fut suffisamment intense pour qu'elles se témoignent l'affection particulière qui continuait de les lier. Callie déposa un baiser sur sa tempe puis récupéra sa valise et préféra gagner son avion. Arizona la regarda s'éloigner sur la passerelle puis trouva un endroit où se poser pour continuer la lecture de son livre en attendant que les passagers à destination de Philadelphie soient appelés.


Depuis les bras de sa marraine, Sofia guettait impatiemment l'arrivée de sa mère alors que les passagers de son vol affluaient. Soudainement, elle aperçut le visage familier de celle-ci et le désigna du doigt en souriant.

- Là ! Mama !

Addison suivit son index et vérifia qu'elle disait vrai avant de la laisser parcourir les quelques mètres qui la séparaient de sa mère.

- Mama !

Agréablement surprise par cette venue inattendue, Callie retrouva le sourire et la souleva dans ses bras pour la couvrir de baisers.

- Ce que tu m'as manqué mon bébé !

- Yegade Mama, y ai ballon !

Elle tira sur le ruban qui était solidement accroché à son poignet pour attraper un ballon rouge où était inscrit « Welcome Home ! ».

- C'est pour Mama le ballon ?, lui demanda-t-elle avant de remarquer sa tenue.

Si elle connaissait la jupe en jean qu'elle portait pour la lui avoir achetée, il n'en était pas de même du haut rose pêche qui était typiquement le genre de vêtements sophistiqués que lui offrait sa marraine.

- T'as encore eu ta marraine toi. Elle t'a acheté de nouveaux vêtements, hein ?

Sofia confirma et c'est avec un regard gentiment réprobateur qu'elle salua Addison.

- Tu ne peux pas t'en empêcher ! Il a encore fallu que tu la gâtes.

- C'est mon rôle de marraine. Toi tu dis non à tout et moi je la couvre de cadeaux ! Elle te déteste, elle m'adore, ainsi est faite la vie ! En plus je ne la vois pas souvent.

- Ça c'est l'excuse que vous me sortez tous dès que vous faites des folies !

Addison s'occupa de la valise de Callie pour laisser son amie profiter de sa fille et la guida jusqu'à la place de parking où elle avait stationné le véhicule de la jeune femme. Afin de la laisser se remettre du décalage horaire et de la fatigue de son voyage, elle s'installa derrière le volant.

- Alors avec Arizona ?, s'empressa-t-elle de lui demander en démarrant la voiture.

- C'était magique…, lui avoua Callie d'un doux sourire. C'était comme si ces quatre dernières années n'avaient jamais existé. La seule différence, c'est que parfois il y avait cette gêne entre nous. Je crois qu'Arizona a ressenti la même chose que moi. Officiellement, on est amies mais on a toujours eu une amitié tellement fusionnelle que c'est dur de s'imposer des limites maintenant. Je te cache pas que parfois, j'ai été un peu trop tactile… Je pense pas que Sonia aurait apprécié mais c'était naturel. Il n'y avait aucune arrière-pensée de ma part. J'ai grandi avec elle alors c'est normal que j'ai toujours cette affection pour elle.

- Tu n'as pas à te justifier auprès de moi mais j'en conclus que c'est toi que tu cherches à rassurer parce que tu te sens coupable vis-à-vis de Sonia.

- Pas du tout !, lui rétorqua-t-elle de mauvaise foi avant de céder sous le regard insistant d'Addison. Bon d'accord mais je n'ai pas embrassé Arizona, je n'ai rien à me reprocher.

- Mais tu aurais voulu.

- Je t'assure que non. Simplement… Parfois je me suis demandée où en serait notre relation s'il n'y avait pas eu cet accident, c'est vrai. J'ai été en couple avec Arizona pendant dix-sept ans, c'est normal que je me pose des questions.

- Et tu ne penses pas que vous devriez avoir une conversation à propos de cette « amitié » ?

- On vient de se retrouver, ça serait précipité. Puis quoiqu'on ressente, on est en couple toutes les deux.

- C'est vrai qu'un an et deux ans de relation sont un obstacle majeur à la reprise d'une relation de dix-sept ans, reprit-elle son argument avec ironie.

Callie la réprima amicalement du regard.

- J'ai envie de prendre mon temps. Je ne dis pas que je ne retournerai jamais avec Arizona, je veux simplement faire les choses bien, étape par étape. Sonia est vraiment quelqu'un de bien, je ne vais pas tout foutre en l'air sur un coup de tête pour me rendre compte qu'au final, c'était une erreur ! Tu l'as dit toi-même, j'ai une chance de me remettre avec l'amour de ma vie et crois-moi, j'en ai conscience. Je la saisirai mais en temps voulu. Cette fois-ci, je veux que ma relation avec Arizona dure jusqu'à la fin de ma vie. Mais si ça peut te réjouir, j'ai vraiment hâte de la retrouver ce samedi, conclut-elle en souriant.

- Youpi !, s'enthousiasma avec moquerie son amie.

Dès qu'elle posa sa valise dans son appartement, Callie fut entrainée dans la chambre de sa fille par cette dernière qui tenait absolument à lui montrer le tipi personnalisé avec son initiale que lui avait confectionné sa marraine ainsi que tous les autres cadeaux auxquels elle avait eu droit. Parmi eux figurait une paire de lunettes de soleil que Sofia plaça fièrement sur son nez avant de se mettre à se déhancher ce qui fit beaucoup rire Addison qui avait en mémoire une scène pratiquement similaire.

- Là pas de doute, elle tient de toi.

Flash-Back

Addison se dirigeait vers le numéro d'appartement qu'on lui avait indiqué lorsqu'elle entendit de la musique y résonner. Elle tendit l'oreille un instant puis frappa. N'obtenant aucune réponse, elle tourna la poignée et fut surprise de constater que la porte n'était pas verrouillée. Elle entra et fut alors le témoin d'un spectacle auquel elle fut gênée d'assister. Lunettes de soleil sur le nez, Callie préparait le repas en dansant, seulement vêtue d'un T-shirt et d'une culotte particulièrement sexy. Addison se racla la gorge en cognant de nouveau à la porte. Callie sursauta en l'apercevant et se stoppa net, au comble de la gêne. Elle se dépêcha d'aller couper la musique et retira ses lunettes.

- Désolée, je ne vous avais pas entendue. Je reviens.

Callie s'éclipsa dans sa chambre le temps d'enfiler un pantalon puis revint auprès de sa collègue.

- Encore désolée. J'étais de garde cette nuit et je viens seulement de me lever. Arizona est au travail et les moments où elle n'est pas là sont les seuls moments où je peux décompresser, lui confia-t-elle en riant nerveusement. Vous souhaitiez me parler ?

- Mark m'a raconté ce que vous avez vécu, c'est lui qui m'envoie.

- Moi qui lui avais dit de ne surtout pas en parler, déclara-t-elle, agacée que son ami n'ait pas su tenir sa langue.

- Il me l'a dit parce qu'il pense certainement que je peux vous comprendre et vous aider. Il y a maintenant deux ans, j'ai avorté du bébé que je portais de lui. Ma douleur était déjà grande alors je n'imagine même pas celle causée par la perte d'un bébé qui était désiré… sans compter qu'Arizona a dû le mettre au monde... Malheureusement, ce sont des moments que j'ai déjà vus et pratiqués dans ma carrière…

Encore énervée que Mark ait divulgué une partie si intime de sa vie à une de leurs collègues qu'elle connaissait à peine, Callie continua de retourner ses légumes dans sa poêle sans adresser un regard à Addison mais mise en confiance par la jeune femme, elle céda à son besoin de parler.

- Je ne la reconnais plus… Elle n'est plus que l'ombre d'elle-même depuis que c'est arrivé. A un moment, elle va être silencieuse, celui d'après, m'accabler de tous les maux, parfois elle va jeter des objets... Ça dépend des jours, ajouta-t-elle d'un léger sourire en levant la tête vers son invitée. Je crois que c'est sa manière à elle d'évacuer sa douleur alors je l'accepte.

- Cela vous honore mais ce n'est pas bon de tout garder pour soi comme vous le faites. Vous encaissez alors que vous aussi vous souffrez. Vous avez besoin de parler et je suis là pour ça.

Callie rit légèrement.

- Quoi, vous voulez jouer les psy avec moi ?

- Non, je vous propose plutôt mon amitié. Je suis une femme, je suis peut-être plus à même de comprendre ce que vous vivez que Mark.

Callie lui sourit, signe qu'elle acceptait sa proposition.

- Après que vous m'ayez vu à moitié nue, je pense qu'on peut se tutoyer…

Fin Flash-Back

Alors qu'elle terminait de faire son sac, Addison fit un compte-rendu à Callie sur ses trois jours passés avec Sofia puis appela un taxi pour qui la conduise à l'aéroport. Une fois seule, la jeune cubaine traina sa valise pour s'attaquer à la corvée qu'étaient le tri des vêtements et le rangement des affaires en revenant d'un voyage. Un sourire aux lèvres, elle prit le sac destiné à Sofia et se rendit dans la chambre de sa fille.

- Regarde Sofia, j'ai un cadeau pour toi de la part d'Arizona.

Sofia délaissa sa poupée et se leva pour venir prendre le sac.

- C'est quoi ?

- Ah je ne sais pas ! Faut que tu ouvres et tu verras !

La petite fille se rassit par terre et sortit le paquet du sac. Elle déchira le papier et ses yeux s'illuminèrent lorsqu'elle déplia la robe destinée à sa poupée.

- Yobe pou bébé !

- Oui mais regarde, lui montra Callie en sortant l'autre robe du papier cadeau, celle-là, c'est pour toi ! T'auras la même robe que ton bébé !

Sofia fit un grand sourire et voulut la mettre immédiatement mais sa mère l'invita à déballer l'autre cadeau qui renfermait le pyjama.

- Ce week-end quand tu verras Arizona, tu lui feras plein de gros bisous pour la remercier.

Sofia hocha la tête et insista pour essayer les vêtements. Callie trouva alors un compromis : si elle prenait son bain dès maintenant, elle pourrait mettre son nouveau pyjama. Sofia fila dans la salle de bain et, les bras en l'air, attendit que sa mère vienne la déshabiller.


A l'aéroport de Philadelphie, Lauren termina son énième café de la journée et se prépara à accueillir sa petite amie. Ses nuits avaient été blanches et ses journées longues depuis qu'Arizona s'était envolée pour sa conférence. Sa petite amie lui avait terriblement manqué. Cette absence lui avait permis de faire le point sur ses sentiments et cet amour intense qui ne cessait de s'accroître au fil des mois commençait à lui faire peur. Lauren avait toujours été une femme indépendante qui avait pour principe de ne jamais s'attacher à quelqu'un. Elle avait toujours été de lit en lit, parfois elle avait même brisé des couples, mais jamais elle n'avait eu de sentiments pour quelqu'un jusqu'à ce qu'elle rencontre Arizona Robbins. Au début, elle était persuadée que c'était son inaccessibilité qui avait rendu sa conquête si excitante à ses yeux mais lorsqu'elle avait commencé à développer des sentiments pour elle sans jamais avoir couché avec elle, elle avait dû admettre l'évidence : elle s'était attachée. Depuis, elle ne se reconnaissait plus. Elle était en couple avec elle depuis plus de deux ans, elle lui était restée fidèle même pendant leur huit mois sur des continents différents et maintenant des projets de mariage et de bébés trottaient dans son esprit. Une ombre ternissait cependant ce bel avenir avec Arizona : Callie. A tout moment, elle était susceptible de lui reprendre Arizona et si jamais la jeune femme venait à la quitter, le contrecoup de leur rupture serait rude. C'était cette peur qui l'avait empêchée de vivre sereinement cet éloignement. Malgré les coups de fil quotidien d'Arizona, son instinct persistait à lui laisser penser qu'un retour de flamme entre sa petite amie et son ex était possible. Elle afficha néanmoins un sourire resplendissant en apercevant Arizona parmi le flot de passagers qui arrivait et s'empressa d'aller l'embrasser intensément.

- Wow, je devrais partir plus souvent !

- Tu m'as beaucoup manqué, se justifia Lauren en l'embrassant de nouveau.

- Ce n'était que trois jours, on a passé huit mois loin l'une de l'autre.

- Oui et justement, ces huit mois loin de toi ont renforcé mes sentiments.

Arizona eut un sourire crispé face à la confession de sa compagne. Si effectivement les huit mois qu'elles avaient passé loin l'une de l'autre avaient conforté ses sentiments, il n'en était pas de même pour ces trois jours de séparation durant lesquels son cœur s'était de nouveau ouvert à Callie, semant ainsi le trouble dans son esprit. Lauren ne fut pas dupe. Elle comprit qu'elle n'était plus la seule à occuper les pensées d'Arizona mais ne lui fit aucune remarque. Elle récupéra sa valise sur le tapis puis la conduisit jusqu'à leur véhicule tout en s'interrogeant sur les trois jours qui venaient de s'écouler. Que s'était-il donc passé à Minneapolis ?

Leur véhicule fut rapidement bloqué dans le trafic. Une main sur le volant, Lauren s'accouda contre la vitre et continua de ruminer ses pensées. Depuis l'aéroport, elle n'avait plus prononcé un mot ce qui rendait l'attente dans cet embouteillage particulièrement pesante pour Arizona qui préféra relancer le dialogue entre elles.

- Raconte-moi ce que tu as fait pendant mon absence, l'enjoignit-elle d'un doux sourire.

- Oh, j'ai commencé à me renseigner sur les hôpitaux de la ville, lui répondit Lauren sans prendre la peine de la regarder.

- J'ai une bonne nouvelle pour toi, tu n'as plus à te soucier de trouver un emploi ici. J'ai beaucoup réfléchi et je pense qu'on devrait finalement accepter ces deux postes à Seattle.

Lauren se redressa aussitôt.

- Je croyais que tu disais que ça serait une erreur de retourner vivre là-bas.

- C'est vrai, je le pensais mais j'ai profité de mon séjour à Minneapolis pour m'expliquer avec Callie et… elle me manque, lui avoua-t-elle, anxieuse quant à sa réaction. J'ai vraiment envie de retourner là-bas. Quand je suis partie, j'ai non seulement abandonné ma petite amie mais aussi des collègues qui comptent sur moi à présent. Je ne peux pas les planter encore une fois. J'ai envie de découvrir les médecins que sont devenus les étudiants que j'ai formés et je tiens vraiment à mettre mon programme en place, peu importe les difficultés que je rencontrerai. Je sais qu'il est nécessaire et qu'il sera bénéfique à de nombreux enfants à qui j'ai promis de les aider même si je n'étais plus près d'eux.

Lauren ne lui cacha pas son énervement et garda son regard concentré sur la route. Cet emménagement à Seattle ne l'enchantait plus depuis qu'elle soupçonnait sa petite amie d'avoir de nouveau des sentiments pour son ex. Arizona se risqua timidement à poser sa main sur celle de sa compagne.

- Lauren, je te promets qu'il ne s'est rien passé entre Callie et moi. C'est vrai, ces trois jours passés à ses côtés ont réveillé des sentiments en moi mais pour le moment, ils ne sont qu'amicaux. Je ne peux pas t'assurer qu'il ne se passera plus jamais rien entre nous mais s'il se passe quoique ce soit, je te promets de t'en parler. J'ai toujours été honnête et sincère avec toi et je continuerai de l'être.

- Je sais… Et c'est bien ça qui me fait peur, lui avoua-t-elle tristement en reportant son regard sur la route.

Lauren savait au fond d'elle qu'il était préférable pour elle de mettre fin à cette relation visiblement sans avenir mais elle s'accrochait à l'idée que peut-être, elle avait encore une chance infime de rivaliser avec Callie. Elle n'était pas encore prête à renoncer à Arizona. C'était faible de sa part mais elle préférait souffrir encore un peu aux côtés d'Arizona plutôt que seule. Profiter de chaque instant avec elle, c'était ainsi qu'elle allait vivre à présent en attendant une rupture qui semblait inévitable. Elle soupira et se tourna vers sa petite amie.

- On va chercher un appartement à Seattle alors ?

Arizona sourit avec soulagement. Même si elle n'était plus certaine de ses sentiments, elle ne souhaitait pas être en froid avec Lauren. Le soir venu, alors que cette dernière était dans la salle de bain, elle se connecta à Skype et ajouta Callie dans ses contacts.


Assise par terre dans la chambre de sa fille, Callie coupa une part de gâteau imaginaire et le goûta en approchant sa fourchette en plastique de ses lèvres.

- Hum il est très bon, ton repas était vraiment délicieux !

- T'en veux enco ?

- Non, merci. Mama n'a plus faim !

Elle se releva et lui tendit la main.

- Tu viens, on va prendre les billets d'avion pour aller voir Papy, c'est son anniversaire ce week-end.

Sofia retira son tablier de cuisine et prit sa poupée avant de suivre sa mère dans le salon. Elle grimpa sur le canapé et regarda Callie s'installer près d'elle avec la tablette numérique.

- Moi qui appuie !

Callie lui désigna l'icône sur lequel il fallait cliquer et lui laissa le plaisir de lancer l'application. Elle réserva ses billets d'avion puis consulta sa montre pour calculer l'heure qu'il était à Philadelphie : 21h30. Avec un peu de chance, Arizona serait connectée. Elle lança Skype et un sourire naquit instantanément sur ses lèvres lorsqu'elle vit qu'Arizona l'avait ajoutée. Elle valida l'invitation et lança une visio-conférence en constatant qu'elle était effectivement en ligne.

- Hey ! Bien rentrée ?, lui demanda Arizona en se redressant dans son lit.

- Oui, j'ai retrouvé mon petit monstre comme tu peux voir.

Callie examina attentivement l'écran, curieuse de découvrir le lieu où habitait Arizona. Malheureusement pour elle, seuls de nombreux oreillers étaient visibles. Elle apprécia néanmoins le débardeur à bordure brodée que portait Arizona pour dormir et qui découvrait légèrement le haut de sa poitrine.

- Ai mis piyama Zona ! Et bébé aussi !, s'exclama Sofia en exhibant la poupée devant la tablette.

- Ce que vous êtes jolies ! Mon cadeau t'a plu alors ?

- Oui ! Bébé aussi ête content !

- Tu n'oublies pas de dire quelque chose à Arizona ?, lui rappela sa mère en lui soufflant la réponse.

- Mèci ! Feyai bisou chez Papy !

- D'accord !, dit Arizona en souriant.

Sofia mit son pouce dans sa bouche et se blottit contre sa mère en regardant l'écran.

- Ton vol s'est bien passé ?, lui demanda Callie en caressant les cheveux de sa fille. Tu as trouvé quelqu'un pour te tenir la main ?

Arizona rit doucement.

- Non mais j'ai lu ton livre pour passer le temps donc tu m'as tenu compagnie en quelque sorte… J'avais ta voix en tête.

- Tu ne peux déjà plus t'en passer ! Heureusement pour toi qu'on se revoit bientôt. Je viens de réserver mon vol pour samedi. J'arriverai à New-York à 9h55. Je demanderai à mon père de venir me chercher.

- Je peux passer te prendre. Ça ne me dérange pas de faire un détour par New-York.

- Tu es certaine ?

- Oui, ça me rallonge à peine mon trajet puis ça sera plus sympa de faire la route ensemble.

- Ok, on fait comme ça alors.

- Je suis désolée, je vais devoir te laisser. Lauren est sous la douche et je ne préfère pas qu'elle nous surprenne en pleine conversation. Elle a assez mal vécu mon séjour à Minneapolis.

- Je comprends, on se voit samedi alors.

- Je t'appelle dans la semaine.

Arizona laissa à Sofia le temps de lui dire au revoir puis se dépêcha de se déconnecter. Dans la salle de bain, Lauren cessa d'écouter à la porte et se déshabilla pour aller sous l'eau qu'elle avait volontairement laisser couler pour faire croire à sa petite amie qu'elle se douchait. Arizona avait raison, elle ne se serait pas réjouie de la surprendre en train de parler à son ex dans son dos mais si elle avait poursuivi leur conversation devant elle, au moins, elle aurait eu la certitude qu'elle n'avait rien à lui cacher. Là, le doute était permis. Elle ne laissa rien paraître à Arizona à son retour et se glissa sous les draps alors que sa petite amie cherchait un appartement à louer à Seattle. Elle lui soumit plusieurs choix, Lauren en valida certains et posa sa tête sur son épaule. Cet amour était devenu un véritable poison contre lequel elle n'avait pas encore trouvé d'antidote.


Callie venait d'endormir Sofia lorsqu'on sonna. Elle se dépêcha d'aller ouvrir en priant que sa fille ne se soit pas réveillée et se retrouva nez à nez avec Sonia.

- Sonia, mais qu'est-ce que tu fais ici ?, lui demanda-t-elle en la laissant entrer. Je comptais t'appeler demain.

- On ne s'est pas vues pendant trois jours, je pensais que tu aurais envie qu'on passe la soirée ensemble mais apparemment ce n'est pas le cas, je vais rentrer.

- Non, reste !, la pria-t-elle en la retenant par la main.

Elle lui sourit et l'attira contre elle pour l'embrasser.

- Excuse-moi, j'aurais dû t'appeler. J'ai préféré profiter de Sofia, je pensais que tu ne m'en voudrais pas si je ne t'appelais que demain, se justifia-t-elle en refermant la porte.

- Je comprends que tu veuilles passer du temps avec ta fille mais mets-toi à ma place, tu viens de passer trois jours avec ton ex et en rentrant, tu ne me passes même pas un coup de fil. Comment je suis censée le prendre ?

- Je suis désolée, j'ai mal agi mais je t'assure qu'il ne s'est strictement rien passé entre elle et moi, c'était un séjour professionnel. On a simplement profité de ces trois jours pour discuter et mettre les choses à plat entre nous. Maintenant on est de nouveau amies et ça s'arrête là.

- Pourtant quand je t'avais suggéré l'idée de te réconcilier avec elle, tu avais piqué une colère en disant que tu n'étais pas prête de lui pardonner ce qu'elle t'avait fait endurer…, lui rappela-t-elle, soucieuse de ce rapprochement soudain.

- C'est vrai mais comme tu l'as dit, j'étais sous le coup de la colère et Arizona… Je ne peux pas la rayer de ma vie. Depuis quatre ans, je nourris cette rancune et je ne peux plus continuer à vivre comme ça. Je me suis rendue compte ces derniers jours que son amitié me manquait… Je sais que c'est difficile à entendre pour toi mais il faut que tu me fasses confiance car je ne renoncerai pas à son amitié pour être avec toi…

Sonia se trouvait face à un dilemme : supporter la présence d'Arizona pour poursuivre sa relation avec Callie ou bien tirer définitivement un trait sur leur relation. Tout comme Lauren, elle avait conscience que cette relation allait la faire souffrir et tout comme elle, elle ne trouva pas la force de renoncer à la femme qu'elle aimait mais préféra accepter la future présence envahissante de l'ex.

- Ok…

Callie sourit et la serra dans ses bras. Elle aussi était confrontée à un dilemme. Elle était attachée à Sonia mais ne l'aimait pas. Au fond d'elle, elle savait qu'elle ne pourrait la rendre heureuse. Elle avait tâché de se convaincre du contraire en se disant qu'avec le temps des sentiments amoureux naîtraient et qu'elle serait pleinement impliquée dans leur relation mais le spectre de son amour pour Arizona l'en avait toujours empêchée. Maintenant qu'Arizona était de retour dans sa vie, elle savait qu'elle allait la quitter à un moment donné, elle souhaitait simplement éviter de le faire dans la précipitation mais de la manière la moins douloureuse possible pour Sonia. Tout en leur servant un verre de vin, Callie raconta son séjour à Sonia. Seul l'aspect professionnel fut abordé, le prénom Arizona était tabou. A la fin de leur conversation, elle proposa à Sonia de rester dormir puis partit se doucher. Alors que Sonia retirait son gilet, le téléphone portable de Callie se mit à sonner. Elle se tourna vers l'appareil et jeta son gilet sur le lit. Elle lut le nom de l'interlocuteur et saisit l'appareil pour l'apporter à sa propriétaire. Elle frappa à la porte de la salle de bain.

- Callie, ton père t'appelle.

- C'est pas grave, laisse sonner, je le rappellerai, lui répondit-elle alors qu'elle rinçait ses cheveux.

Sonia reposa l'appareil à sa place mais quand il s'arrêta de sonner et qu'il indiqua un appel manqué, elle découvrit la photo de fond d'écran. Elle eut alors exactement la réaction qu'elle craignait d'avoir en poursuivant sa relation avec Callie : elle doutait d'elle. Si elle restait avec elle, c'est ainsi qu'elle vivrait : dans le doute et la suspicion. Autrement dit, elle vivrait un véritable enfer. Supporter la présence d'Arizona n'était plus dans ses capacités. Elle attendit Callie sur son lit et l'accosta dès qu'elle sortit de la salle de bain.

- Qu'est-ce qu'il se passe entre Arizona et toi ?

- Absolument rien, je te l'ai dit, c'est juste mon amie, lui répondit Callie, intriguée qu'elle aborde de nouveau le sujet.

- Pourtant c'est plus que deux amies que je vois sur cette photo, lui rétorqua-t-elle en brandissant le portable.

Callie ne chercha pas à se défendre. Cette photo ne laissait pourtant rien transparaître des sentiments plus qu'amicaux qu'elle avait pour Arizona mais derrière cette photo se cachait un séjour au cours duquel elle estimait avoir fauté.

- J'ai toujours eu une amitié très tactile avec elle. Si tu veux tout savoir, je l'ai prise dans mes bras, je l'ai embrassée sur la joue et la tempe mais je n'ai pas été plus loin.

- C'est déjà trop, lui répliqua Sonia en baissant le portable. Tu l'aimes, Callie. Tu ne guériras jamais de cet amour et moi je ne peux pas vivre avec quelqu'un qui en aimera toujours une autre plus que moi.

- Tu me quittes ?

- Je t'aime… Et je sais que cette rupture va m'anéantir mais si je reste avec toi, je souffrirais aussi et je ne veux pas d'un amour qui me fasse souffrir. Je sais que tu as été sincère avec moi, tu ne m'as jamais rien promis mais j'ai besoin d'être avec quelqu'un qui m'aime autant que je l'aime et je ne suis pas sûre qu'un jour tu puisses m'aimer comme tu l'aimes elle...

- Je suis sincèrement désolée Sonia, s'excusa la jeune cubaine au bord des larmes. Je me suis sincèrement attachée à toi et j'ai cru que je pourrais t'aimer et que ça marcherait entre nous…

- Mais Arizona reste la femme de ta vie, l'interrompit-elle. Ne sois pas désolée, je sais ce que c'est de ne pas pouvoir lutter contre ses sentiments… Mais là il faut que je me protège avant de trop souffrir.

Elle reprit ses affaires puis vint déposer un baiser affectueux sur sa joue.

- J'ai malgré tout aimé chaque moment passé avec toi, surtout ces dernières semaines... J'ai même cru qu'on allait y arriver…, lui avoua-t-elle d'un sourire empreint de regrets. J'espère sincèrement que tu retrouveras le bonheur auprès d'Arizona, tu le mérites... Embrasse bien Sofia pour moi, je m'étais beaucoup attachée à elle aussi.

Callie regarda sa désormais ex quitter la chambre et entendit la porte se fermer sur elle. Des larmes dévalèrent ses joues. Cette rupture la touchait mais au fond d'elle, elle ressentit une forme de soulagement. Elle n'avait plus à se préoccuper de la souffrance qu'elle aurait pu causer à Sonia en la quittant, cette dernière s'était montrée plus courageuse qu'elle en prenant les devants. Elle pouvait désormais se focaliser sur une seule personne : Arizona. Elle ne la récupèrerait peut-être pas mais elle était libre de l'aimer.